Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5713. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5713. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
C'est pourquoi on appela ces jours-là Pourim, du nom du pour, etc.
C'est pourquoi on appela ces jours-là Pourim, du nom du pour. Or, on sait que le nom de toute chose indique sa nature. On en comprend que, si l'on a appelé ces jours-là Pourim du nom du pour, c'est parce que l'essentiel du Yom Tov de Pourim est le tirage au sort [héb. goral] (« pour, c'est-à-dire le sort »). Il faut cependant comprendre (comme le relève avec précision le Torah Or, dans le maamar commençant par ces mots) : à première vue, ce n'était pas là [l'essentiel du] miracle.
Ajoutons que le sort qu'a jeté Haman (non seulement n'était pas le miracle, mais au contraire) faisait partie du décret [selon les termes de la Meguila : « il jeta le pour, c'est-à-dire le sort, pour les mettre en déroute et les faire périr »]. Or, du fait que ces jours-là portent le nom de Pourim, d'après le pour, il ressort que c'est cela (le tirage au sort) qui est l'essentiel du miracle de Pourim, au point que le miracle est appelé d'après lui.
À première vue, on aurait pu l'expliquer d'après ce que rapporte la Guemara. Quand le sort tomba sur le mois d'Adar, (Haman) se réjouit d'une grande joie. Il dit : « Le sort m'est tombé sur le mois où Moché est mort. » Il ne savait pas qu'il est mort le sept Adar et qu'il est né le sept Adar. On aurait donc pu dire que, si ces jours-là sont appelés du nom du pour, c'est parce que le miracle de Pourim a consisté en ceci : le sort est tombé sur le mois d'Adar, le mois où naquit Moché, le sauveur d'Israël.
Mais cette explication demande encore examen. En effet, puisque le Yom Tov est appelé Pourim du nom du pour, il en ressort que le miracle est lié au pour (non seulement parce que le sort est tombé sur le mois d'Adar, mais aussi) par la notion même du pour. Bien plus, l'essentiel du miracle est venu du pour, c'est-à-dire du sort. Le tirage au sort est en effet une chose extrêmement élevée, et c'est de là que le miracle a été attiré. Que le sort soit tombé sur le mois d'Adar, où naquit le sauveur d'Israël, est donc (comme toutes les choses qui se sont produites dans le miracle de Pourim, et qui sont) une conséquence de son essence même : Pourim, du nom du pour.
Cela se comprendra d'après ce qui est expliqué dans le Torah Or : Pourim et Yom Kippour sont liés l'un à l'autre. Le sens de « Yom Kippourim » est en effet « un jour comme Pourim » [ki-Pourim] [et plus encore : puisque Yom HaKippourim n'est que « ki-Pourim » (avec le seul khaf de comparaison), il est démontré que Pourim est plus élevé que Yom Kippour].
Parmi les liens entre Yom Kippour et Pourim, il y a celui-ci : dans les deux, il est question du tirage au sort. À Yom Kippour, on tirait au sort entre les deux boucs. Pourim, de son côté, est appelé du nom du pour, c'est-à-dire du sort.
Un autre point lie Pourim et Yom Kippour : tous deux sont au-dessus du Nom Havayé. À propos de Yom Kippour, le verset [passouk] dit : « Devant Havayé vous serez purifiés », c'est-à-dire au-dessus de Havayé. À propos de Pourim aussi, on sait pourquoi le Nom Havayé n'est mentionné nulle part dans la Meguilat Esther : c'est qu'à Pourim se révèle l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui est au-dessus de Havayé.
Ce qui unit les deux points communs à Yom Kippour et à Pourim [dans les deux il est question du tirage au sort, et tous deux sont au-dessus du Nom Havayé] se comprendra si l'on pose d'abord que la notion de tirage au sort est au-dessus de l'intellect. En effet, on tire au sort (en règle générale) entre deux choses égales [comme les deux boucs de Yom Kippour, qui étaient égaux d'aspect, de taille et de prix]. Lorsque l'une des deux est meilleure, il n'y a pas lieu de tirer au sort. C'est seulement lorsque les deux choses sont égales, et que l'intellect ne peut donc pas trancher laquelle choisir, que l'on s'en remet au sort, qui est au-dessus de l'intellect.
Il en va de même en haut : le tirage au sort est au-dessus de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout] [la 'Hokhma est le commencement de l'hichtalchelout, et le sort, qui est au-dessus de la 'Hokhma, est au-dessus de l'hichtalchelout]. Dès lors, ce que Pourim et Yom Kippour ont en commun, puisque dans les deux il est question du tirage au sort, c'est la révélation de l'Or Ein Sof qui est au-dessus de l'hichtalchelout.
Tel est le lien entre les deux points communs à Yom Kippour et à Pourim : dans les deux il est question du tirage au sort, et tous deux sont au-dessus de Havayé. Havayé, en effet, c'est l'hichtalchelout (le youd est la 'Hokhma, le hé la Bina, etc.). Si Yom Kippour et Pourim sont au-dessus de Havayé, c'est que la révélation de Yom Kippour et de Pourim est au-dessus de l'hichtalchelout. Telle est la notion du tirage au sort.
Or, on connaît22 la supériorité du tirage au sort : il est au-dessus (non seulement de l'intellect, mais) aussi de la volonté, qui est au-dessus de l'intellect. En effet, quand un homme jette le sort, il décide que sa volonté sera conforme à la manière dont le sort tombera. Cela prouve que le sort atteint un degré qui est au-dessus même de la volonté. C'est pour cela que la volonté se règle sur le sort.
Dès lors, on peut dire que le lien entre les deux points communs à Yom Kippour et à Pourim (dans les deux il est question du tirage au sort, et tous deux sont au-dessus de Havayé) est le suivant. Le Nom Havayé commence par la pointe [kots] au-dessus du youd, qui fait allusion à la volonté située au-dessus de la 'Hokhma. Si Yom Kippour et Pourim sont au-dessus de Havayé (au-dessus même de la pointe du youd), c'est qu'à Yom Kippour et à Pourim ont lieu l'épanchement et la révélation du degré du Maître de la volonté (qui est au-dessus de la volonté). Telle est la notion du sort.
D'après cela, on peut expliquer le lien entre les deux interprétations de « Yom HaKippourim ». Selon la première, en ce jour toutes les choses indésirables obtiennent le pardon (Kippourim au sens simple). Selon la seconde, ce jour est comme Pourim [Ki-Pourim] : la ressemblance entre Yom Kippour et Pourim réside en ce qu'à Yom Kippour on procédait à un tirage au sort [héb. goral], de même que Pourim est ainsi nommé d'après le Pour, c'est-à-dire le sort. Le lien est le suivant : le pardon complet des actes commis à l'encontre de la volonté exprimée dans la Torah et les mitsvot est atteint quand l'épanchement du pardon provient de l'Or Ein Sof [lumière infinie], le Maître de la volonté (qui est au-dessus de la volonté exprimée dans la Torah et les mitsvot).
Tel est le lien entre les deux interprétations de « Yom Kippourim ». Yom Kippour est comme Pourim, ainsi nommé d'après le Pour, c'est-à-dire le sort : autrement dit, à Yom Kippour aussi l'épanchement provient du Maître de la volonté (à l'image de l'épanchement de Pourim). C'est précisément ce qui donne la raison et l'explication du fait qu'il est Yom Kippourim au sens simple, un jour où les choses indésirables obtiennent le pardon.
C'est aussi pourquoi le pardon de Pourim est plus élevé que celui de Yom Kippour. Yom Kippour n'apporte le pardon qu'avec la téchouva. Le pardon accordé à tous les Juifs aux jours de Pourim, en revanche, c'est un jour de joie. En effet, l'essentiel du tirage au sort (l'épanchement du niveau du Maître de la volonté) se situe aux jours de Pourim, puisque ces jours eux-mêmes sont appelés Pourim d'après le Pour. Voilà pourquoi le pardon accordé aux jours de Pourim ne connaît pas de limites. Yom HaKippourim, lui, n'est « Ki-Pourim » qu'avec le khaf de comparaison, et Yom Kippour n'apporte le pardon qu'avec la téchouva.
Mais il faut comprendre. D'après ce qui a été dit plus haut, le Pour, c'est-à-dire le sort, attire l'épanchement de l'Or Ein Sof, le Maître de la volonté, et c'est par là que toutes les choses indésirables ont obtenu le pardon. Quel était alors le raisonnement de Haman, le racha [celui qui fait le mal] (qui portait des accusations contre les Juifs), quand il « jeta le Pour, c'est-à-dire le sort » ?
Il faut aussi comprendre ce qui est écrit : « C'est pourquoi on a appelé ces jours Pourim, d'après le nom du Pour. » « Le Pour » (avec le hé de l'article défini) renvoie au pour mentionné plus haut, c'est-à-dire au pour que Haman avait jeté. Or le pour qu'avait jeté Haman était une chose indésirable. Pourquoi donc ces jours sont-ils appelés Pourim d'après ce pour-là ?
Le point central de l'explication est le suivant. Au niveau de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout], les actes des êtres d'en bas comptent. À ce niveau, l'essentiel de l'influence va donc à Israël, puisque ce sont les enfants d'Israël qui accomplissent la Torah et les mitsvot ; même ceux qui sont l'opposé des tsadikim sont remplis de mitsvot comme une grenade. Comme il est dit : « Regarde de Ta sainte demeure, du ciel, et bénis Ton peuple, Israël » : c'est du niveau du ciel que les bénédictions s'épanchent sur Israël [chamayim, « ciel », est chem mayim, « le nom de l'eau », et l'eau, c'est la 'Hokhma, commencement de l'ordre naturel de la création].
Or Haman le racha savait lui aussi qu'après toutes les accusations qu'il avait portées contre Israël, il n'y avait aucune ressemblance entre lui et Israël [c'est pourquoi, au niveau de l'ordre naturel de la création, il était exclu que Haman le racha l'emporte, à D.ieu ne plaise, sur Israël, dont même les moindres sont remplis de mitsvot comme une grenade]. Voilà pourquoi il jeta le Pour, c'est-à-dire le sort. Au niveau qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création (le sort), les actes des êtres d'en bas ne comptent pas : tous y sont égaux, « les ténèbres comme la lumière ». Il pensa donc qu'au niveau du sort, qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création, il lui était possible de l'emporter, à D.ieu ne plaise, sur Israël.
6) On peut relier cela à ce qui est expliqué ailleurs au sujet d'A'hachvéroch : A'hachvéroch se décompose en « A'hach » et « Roch ». 'Hach signifie le silence [comme le dit la Guemara : « Que signifie 'hachmal ? (...) Tantôt elles se taisent ['hachot], tantôt elles parlent [memalelot] »]. Or le silence de 'hach est au-dessus de la parole, à l'image de l'adage : « Une parole vaut un sela, le silence en vaut deux. » En effet, la racine de la parole se trouve dans 'Hokhma, tandis que le silence se trouve dans le Kéter, qui est au-dessus de 'Hokhma. C'est ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « La haie de la sagesse, c'est le silence » ; la haie [syag] de la sagesse (syag au sens de clôture et de ce qui entoure [makif]) est le Kéter, qui est au-dessus de 'Hokhma.
On peut aussi relier cela à ce que rapporte le Midrach : A'hachvéroch, c'est HaKadoch Barou'h Hou, à qui appartiennent la fin et le commencement [a'harit veréchit chelo]. En effet, le Kéter est (de manière générale) l'Or HaSovev [la lumière qui englobe], qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]. Or l'Or HaSovev englobe à égalité la fin et le commencement : « la fin et le commencement sont à Lui ».
Il faut cependant comprendre : la Guemara rapporte que le nom d'A'hachvéroch vient de ce que les visages d'Israël se sont noircis [houch'harou] en ses jours. Comment cela s'accorde-t-il avec l'explication selon laquelle A'hachvéroch désigne Celui à qui appartiennent la fin et le commencement ?
L'explication est que c'est précisément là la raison. Puisque, du point de vue du Sovev qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création, la lumière et l'obscurité sont égales devant Lui (comme on l'a vu plus haut, au paragraphe 5), le niveau du silence ('hach d'A'hachvéroch), qui est au-dessus de la parole, a pu descendre de degré en degré (par une multitude de tsimtsoumim [contractions], etc.) jusqu'au silence qui est au-dessous de la parole. Là, la Divinité est dans le voilement (un voilement au sens simple, qui est au-dessous de la révélation), jusqu'au silence de « comme une brebis muette devant ceux qui la tondent » : non seulement la Divinité ne brille pas de façon révélée, mais la klipa elle-même occulte la Divinité. C'est la klipat noga, appelée 'hach, qui va jusqu'à s'unir aux trois klipot impures, appelées roch.
7) On peut proposer l'explication suivante. Haman a jeté le pour [sort] pour atteindre le niveau du tirage au sort [héb. goral], qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création. Pourtant, à cette époque déjà [aux jours d'A'hachvéroch, avant même qu'il ne jette le pour], la conduite du monde procédait de ce qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création. Pourquoi alors ? Parce que le niveau du tirage au sort est plus élevé encore que le niveau d'A'hachvéroch, Celui à qui appartiennent la fin et le commencement.
L'explication : le nom même d'A'hachvéroch, Celui à qui appartiennent la fin et le commencement, prouve que la fin et le commencement existent aussi pour Lui. Simplement, pour Lui, ils sont égaux.
[On peut signaler ce qui est écrit : « Il fit un festin pour tous ses ministres et ses serviteurs », puis « pour tout le peuple qui se trouvait à Suse ». Le Likouteï Torah explique que la révélation accordée à tout le peuple était d'un degré inférieur à celle accordée à ses ministres et à ses serviteurs. Ajoutons que la révélation accordée à tout le peuple comportait elle-même de nombreux degrés : celui qui était digne de la cour, dans la cour ; celui qui était digne du jardin, dans le jardin ; celui qui était digne du pavillon, dans le pavillon.
On peut dire que, du point de vue de l'ordre naturel de la création, la révélation n'est accordée qu'aux ministres et aux serviteurs. Si la révélation a atteint aussi tout le peuple (jusqu'à ceux qui n'étaient dignes que de la cour), c'est qu'elle procédait du niveau d'A'hachvéroch, à qui appartiennent la fin et le commencement. Néanmoins, la révélation accordée au peuple restait inférieure à celle accordée à ses ministres et à ses serviteurs (et la révélation accordée au peuple comportait elle-même plusieurs degrés). En effet, dire que la fin et le commencement Lui appartiennent signifie que, pour Lui, la fin et le commencement sont égaux. Mais pour ce qui est de Sa révélation dans les mondes, Il est plus révélé dans les mondes supérieurs (le commencement) que dans les mondes inférieurs (la fin).]
Au niveau du tirage au sort, en revanche, la notion de commencement et de fin n'existe pas au départ. On le comprend du fait que le tirage au sort porte (de manière générale) sur deux choses égales (comme on l'a vu plus haut, au paragraphe 2).
De même que pour les notions de début et de fin (haut et bas), il en va de même pour la sainteté et la sitra a'hra [l'autre côté] : en raison de son élévation, c'est-à-dire du point de vue du degré d'A'hachvéroch, la distinction entre sainteté et sitra a'hra n'occupe pas (une si grande) place. C'est pourquoi la sitra a'hra, elle aussi, peut puiser sa subsistance [yenika] [« a'hach » de la klipat noga et « roch » des trois klipot totalement impures], au point que la sitra a'hra prenne le dessus sur la sainteté : « les visages d'Israël furent noircis ». [On peut l'expliquer à la manière de « l'araignée [semamit] se saisit avec les mains, et elle est dans les palais du roi » (bien qu'elle salisse le palais) : en raison de son élévation, le roi ne prend pas la peine de s'en offusquer pour la chasser.] Mais non pas pour les exterminer, à D.ieu ne plaise.
Et lorsque Haman voulut exterminer tous les Juifs (à D.ieu ne plaise, cela n'arrivera jamais), « il jeta le pour, c'est-à-dire le sort [goral] ». Au niveau du sort, en effet, il n'y a au départ aucune distinction entre sainteté et sitra a'hra [d'autant plus selon ce qui a été expliqué plus haut (sections 3 et 4) : le sort se situe non seulement au-dessus de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout], mais encore au-dessus de la volonté exprimée dans la Torah et les mitsvot]. Il pensa donc pouvoir ainsi, à D.ieu ne plaise, mettre son dessein à exécution.
Or, de même que le sort est au-dessus de l'intellect, et au-dessus même de la volonté, il en va de même du choix [be'hira] : lui aussi est au-dessus de l'intellect, et au-dessus même de la volonté. Lorsque son intellect établit qu'une chose mérite d'être choisie, et aussi lorsqu'il désire une chose (d'une volonté qui transcende l'intellect), l'homme y est contraint : ce n'est pas là un libre choix. Le choix véritable, c'est lorsqu'il ne choisit ni en vertu de l'intellect, ni en vertu de la volonté, mais simplement parce qu'il choisit ainsi, par son libre choix.
La différence entre le sort et le choix est la suivante. Lorsqu'un homme tire au sort en décidant que sa volonté sera conforme à l'issue du sort, sa volonté ne vient pas de lui, mais de ce que le sort est tombé ainsi. Dans le choix, en revanche, c'est l'homme qui choisit. On en comprend que le choix est supérieur au sort. Le sort est en effet un degré du Néfech qui est délimité, et contraint en ceci que les deux choses lui sont égales. Le choix, lui, consiste à n'être ni délimité ni contraint par quoi que ce soit, y compris par des choses qui lui sont égales : il a la faculté de choisir ce qu'il veut.
On peut dire que le choix comporte les deux aspects. Le degré du Néfech supérieur à l'intellect, pour lequel les deux choses sont égales, c'est le degré du sort. Et le fait qu'il choisisse comme il le veut (bien que les deux choses lui soient égales) provient de l'essence de l'âme.
Par le choix, c'est-à-dire par l'épanchement de l'essence dans le degré du sort (le degré pour lequel les deux choses sont égales), le sort lui-même (bien qu'en soi il puisse tomber dans un sens comme dans l'autre) se conforme au choix. C'est dans la ligne de ce qui est dit : « Tu soutiens [toumikh] mon sort » : HaKadoch Barou'h Hou soutient le sort pour qu'il soit conforme au choix de l'Essence [atsmout]. Tel est le sens de ce qui est dit : « Il choisit pour nous notre héritage, la fierté de Yaakov… ». De Yaakov, en effet, il est dit : « Yaakov est la part ['hevel] de Son héritage », ce que le Targoum Onkelos rend par « Yaakov, le sort ['adav] de Son héritage », et 'adav signifie le sort. Le sens de « Il choisit… la fierté de Yaakov » est donc que, même au degré du sort qui transcende l'ordre naturel de la création, là où tout est égal, le choix se porte précisément sur Israël.
Tel est le sens de « C'est pourquoi on a appelé ces jours Pourim, d'après le nom du pour » : en haut, le sort est tombé selon l'intention et le choix de l'Essence. Car bien qu'« Essav [soit] le frère de Yaakov », néanmoins « J'ai aimé Yaakov, et Essav, Je l'ai haï ».
Car la mesirout néfech [don total de soi] d'Israël tout au long de l'année (la mesirout néfech procède de l'essence de la Nechama, c'est-à-dire du choix que l'essence de la Nechama fait de l'Essence) a attiré et révélé le choix que l'Essence a fait d'Israël. Dès lors, le sort d'en haut, lui aussi, fut que « pour les Juifs il y eut lumière, joie, allégresse et honneur », et que Haman et ses fils seraient pendus au bois.
Le texte précise « le pour », avec le hé de détermination, car il désigne le pour qu'avait jeté Haman (comme on l'a vu plus haut, section 5) : le miracle de Pourim a révélé que le pour jeté par Haman était lui aussi destiné, dès le départ, à révéler le choix que l'Essence a fait d'Israël.
C'est pourquoi le pour est tombé au mois d'Adar, le mois où naquit le sauveur d'Israël. La chute du pour visait en effet, dès le départ, à révéler que le pour lui-même, bien qu'il laisse place aux deux possibilités [et plus encore : extérieurement, le pour semblait favorable à Haman, au point que le décret fut promulgué], était en son intériorité conforme, dès le départ, au choix de l'Essence : « J'ai aimé Yaakov, et Essav, Je l'ai haï ».
Il en va de même pour la potence [héb. ets] « qu'il avait préparée pour lui » [lo] : pour lui-même. S'il fit une potence haute de cinquante coudées, c'est qu'il voulait atteindre la cinquantième porte [litt. : « la porte du Noun »], qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout] et où « l'obscurité est comme la lumière ». Le miracle de Pourim fut que, même du côté du degré qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création (le tirage au sort [héb. goral], la porte du Noun), on pendit Haman sur la potence. Il se révéla alors que cela aussi, le fait même qu'il ait préparé la potence dès l'origine, était « pour lui » : pour lui-même.
Tel est le sens de Pourim. Aux jours de Pourim, chaque année, un épanchement est attiré : même au degré du Pour [le sort], qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création, s'accomplira « Il choisit pour nous notre héritage, la fierté de Ya'akov », etc., et « J'effacerai, oui, J'effacerai le souvenir d'Amalek », etc., dans la guéoula complète, très bientôt.