Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יום ד' פ' שופטים, אור לאדר"ח אלול ה'תשל"ב. Traduction française littérale en regard.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יום ד' פ' שופטים, אור לאדר"ח אלול ה'תשל"ב. Traduction française littérale en regard.
« Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi »1 [Ani ledodi vedodi li] : les initiales de ces mots forment Eloul. Le Likouteï Torah explique, dans le maamar qui commence par ces mots, qu'en Eloul a lieu l'éveil d'en bas, « Je suis à mon bien-aimé », tandis qu'à Roch Hachana et à Yom Kippour a lieu l'épanchement d'en haut vers le bas (l'éveil d'en haut), « et mon bien-aimé est à moi ». Une question se pose alors. Au début du maamar, il est dit qu'Eloul est formé des initiales de « Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi ». Pourtant, aussitôt après, le maamar explique qu'en Eloul il n'y a (que) « Je suis à mon bien-aimé », et que « mon bien-aimé est à moi » se situe à Roch Hachana et à Yom Kippour.
Le maamar poursuit : Eloul est le temps où se révèlent les treize attributs de miséricorde. Il explique que cette révélation des treize attributs de miséricorde en Eloul s'adresse à chacun, même aux plus éloignés. Il en va comme d'un roi : avant qu'il n'arrive dans la ville, les habitants sortent à sa rencontre et l'accueillent dans le champ. Alors, quiconque le souhaite est autorisé [et a la possibilité] d'aller l'accueillir, et le roi les reçoit tous avec affabilité et leur montre à tous un visage souriant. Il reste à comprendre comment cela s'accorde avec ce qu'écrit le Tour : à partir de Roch 'Hodech Eloul, on sonne du shofar chaque jour afin d'avertir le peuple de faire téchouva, ainsi qu'il est dit : « Sonne-t-on du shofar dans la ville sans que le peuple tremble ? » En effet, à première vue, puisqu'en Eloul le roi les reçoit tous avec affabilité et leur montre à tous un visage souriant, l'essentiel du service d'Eloul devrait être l'amour (semble-t-il), et la téchouva d'Eloul devrait elle aussi être (semble-t-il) une téchouva par amour. Pourquoi donc sonne-t-on alors du shofar, afin d'éveiller la crainte et le tremblement ?
On peut proposer l'explication suivante. L'une des différences entre l'amour et la crainte tient à ceci : l'amour vient d'une révélation de lumière d'en haut, alors que la crainte vient (principalement) du service de l'homme. Il en va de même de la crainte qu'inspire un roi de chair et de sang : si les habitants du pays craignent le roi, c'est parce qu'ils l'ont accepté pour régner sur eux. L'acceptation de la royauté est en effet le fait du peuple : « Tu établiras sur toi un roi ». Puisqu'en Eloul se déroule le service de « Je suis à mon bien-aimé », le service de l'homme, il doit donc y avoir alors de la crainte. On peut ajouter que l'essentiel du service d'Eloul, « Je suis à mon bien-aimé », est la kabalat ol [acceptation du joug] de la royauté céleste [malkhout chamayim]. C'est ce qu'écrit le Likouteï Torah : le service d'Eloul consiste à sortir dans le champ pour accueillir le roi. Si l'on sonne du shofar (en Eloul) pour éveiller la crainte et le tremblement, c'est donc que « Tu établiras sur toi un roi » signifie « que sa crainte soit sur toi ». Pour que l'acceptation de la royauté soit complète, il faut précisément l'éveil de la crainte.
On comprendra ce sujet plus en détail à partir de ce qu'écrit le Tséma'h Tsédek dans un maamar qui explique la sonnerie du shofar à Roch 'Hodech Eloul : si l'on sonne du shofar au mois d'Eloul, c'est en préparation à la sonnerie du shofar de Roch Hachana. La différence entre la sonnerie du shofar d'Eloul et celle de Roch Hachana est la suivante : la crainte (et le tremblement) que suscite la sonnerie du shofar d'Eloul est la crainte inférieure [yira tataa], tandis que la crainte (et le tremblement) que suscite la sonnerie du shofar de Roch Hachana est la crainte supérieure [yira ila'a]. C'est pourquoi on a institué de sonner du shofar à Roch 'Hodech Eloul et pendant tout le mois : pour parvenir à la crainte supérieure, il faut d'abord la crainte inférieure. Une autre raison pour laquelle on sonne du shofar au mois d'Eloul, avant Roch Hachana, est la suivante : Pendant les Dix jours de téchouva, qui commencent à Roch Hachana, il faut attirer de l'englobant [makif] afin de combler ce qui a été altéré tout au long de l'année ; or l'épanchement de l'englobant ne se fait que par l'annulation de soi [bitoul]. C'est ce qu'explique Torah Or sur le passouk : « Les cieux sont Mon trône et la terre est le marchepied de Mes pieds ; quelle est la maison, etc. Et c'est vers celui-ci que Je regarde : vers le pauvre, à l'esprit abattu. » Les cieux et la terre sont la Torah et les mitsvot : l'épanchement qu'attirent la Torah et les mitsvot est une lumière intérieure [or pnimi], « Mon trône » et « le marchepied de Mes pieds ». Et pour attirer les englobants [makifim], « quelle est la maison, etc. » (car la maison est un englobant, et parmi les englobants eux-mêmes, l'englobant éloigné [makif hara'hok]), cela se fait par le bitoul : « le pauvre, à l'esprit abattu, qui tremble à Ma parole ». C'est pourquoi on sonne du shofar en Eloul : pour que l'épanchement de l'englobant ait lieu à Roch Hachana, il faut être « à l'esprit abattu » et « tremblant », et c'est par la sonnerie du shofar que l'on parvient au tremblement.
Il faut cependant comprendre : la sonnerie du shofar de Roch Hachana conduit, elle aussi, au tremblement. Bien plus, le tremblement de Roch Hachana est plus grand que celui d'Eloul, comme le dit plus haut le maamar : le tremblement que suscite la sonnerie du shofar d'Eloul est la crainte inférieure, et celui que suscite la sonnerie du shofar de Roch Hachana est la crainte supérieure. Et malgré cela, l'épanchement de l'englobant à Roch Hachana se fait par le tremblement que suscite la sonnerie du shofar d'Eloul.
On comprendra cela en expliquant d'abord pourquoi la crainte d'Eloul est la crainte inférieure et celle de Roch Hachana la crainte supérieure. La différence entre la crainte inférieure et la crainte supérieure est la suivante, comme l'expliquent le Tanya et d'autres textes. La crainte inférieure naît de Sa grandeur, béni soit-Il, dans la création et la venue à l'existence des mondes ; l'annulation que comporte cette crainte est l'annulation de l'être [bitoul hayech]. La crainte supérieure naît de Sa grandeur et de Son élévation, béni soit-Il, qui transcendent les mondes, au regard desquelles « tout, devant Lui, est considéré comme néant » ; l'annulation que comporte cette crainte est l'annulation de l'existence même [bitoul bimetsiout]. C'est pourquoi on ne parvient à la crainte supérieure que par une révélation d'en haut. Ce que l'homme peut saisir par la contemplation [hitbonenout], c'est la Divinité dans son rapport aux mondes ; pour qu'il ressente l'élévation de la lumière infinie [Or Ein Sof], qui transcende les mondes, il faut une révélation d'en haut. C'est le sens de ce que dit le passouk : « Hachem nous a ordonné d'accomplir tous ces statuts, pour craindre Havayé. » Pour parvenir à craindre Havayé, la crainte supérieure, la contemplation ne suffit pas : on n'y parvient que par une révélation d'en haut, attirée par les mitsvot. Voilà pourquoi la crainte d'Eloul est la crainte inférieure et celle de Roch Hachana la crainte supérieure. En Eloul, « le roi est dans les champs » ; lorsqu'il est dans les champs, sa grandeur et son élévation ne se ressentent pas, et la crainte vient alors (non d'une révélation d'en haut, mais) du service de l'homme : c'est pourquoi la crainte est alors la crainte inférieure. À Roch Hachana, en revanche, le roi est dans son palais royal ; son élévation se ressent alors, car il est élevé et séparé du peuple, ce qui, dans la réalité évoquée par l'image [nimchal], correspond à la révélation de l'élévation de la lumière infinie qui transcende les mondes. La crainte de Roch Hachana est donc la crainte supérieure.
Et l'on peut dire ceci. Il faut sonner du shofar à Roch Hachana pour parvenir à la crainte supérieure [yira ila'a], bien que ce soit alors le temps de la révélation de Sa royauté, qu'Il soit béni, c'est-à-dire que le temps de Roch Hachana, par lui-même, fait briller la révélation de l'élévation de la lumière infinie [Or Ein Sof], qui est au-dessus des mondes. La raison en est que le temps fait partie des limites du monde. C'est pourquoi l'élévation de l'Or Ein Sof qui se révèle à Roch Hachana du fait du temps de Roch Hachana se rattache aux mondes. La révélation de l'Or Ein Sof tel qu'il est saint et séparé des mondes vient, elle, principalement par les mitsvot, « qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot ». Et puisque la sonnerie du shofar à Roch Hachana est une mitsva, la crainte et l'effroi que suscite la voix du shofar de Roch Hachana sont une crainte et un annulation de soi [bitoul] absolus : la crainte supérieure. Cela permet d'expliquer encore pourquoi la crainte qui vient de la voix du shofar d'Eloul n'est (que) la crainte inférieure [yira tata'a]. Si la voix du shofar de Roch Hachana amène à une crainte aussi immense, un bitoul de l'existence même [bitoul bimetsiout] (la crainte supérieure), c'est en vertu de la mitsva de la sonnerie du shofar. Or la sonnerie du shofar en Eloul n'est pas une mitsva (et l'on ne récite pas sur elle « qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot ») : la crainte (et le bitoul) qui vient de la voix du shofar d'Eloul n'est donc (que) le bitoul du yech [annulation de l'existence propre], la crainte inférieure. Cette crainte n'en est pas moins un préalable et une préparation à la crainte supérieure de Roch Hachana, car pour parvenir à la crainte supérieure, il faut d'abord la crainte inférieure (comme il a été dit plus haut dans le maamar).
ה) Or, il est connu que pour passer de la crainte inférieure à la crainte supérieure, il faut d'abord l'amour. L'ordre du service est en effet : crainte, amour, amour et crainte [de'hilou r'himou, r'himou oude'hilou]. La (première) crainte est la crainte inférieure. Viennent ensuite deux degrés dans l'amour : le petit amour [ahava zouta] et le grand amour [ahava raba]. Puis vient la crainte, la crainte supérieure. On en comprend que si l'on passe de la crainte inférieure d'Eloul à la crainte supérieure de Roch Hachana, c'est grâce à l'amour qui la précède. On peut l'expliquer d'après ce qui est écrit dans le Likouteï Torah : lorsque le roi est au champ, il reçoit chacun avec affabilité et montre à tous un visage souriant. Le visage avenant et le visage souriant relèvent de l'amour. Parce que le roi reçoit chacun avec affabilité, et surtout parce qu'il montre à tous un visage souriant, il éveille en eux (« comme dans l'eau, le visage répond au visage ») l'amour du roi. On peut donc dire que les détails de la parabole du Likouteï Torah font allusion aux quatre points mentionnés plus haut. Sortir à la rencontre du roi pour l'accueillir relève de la crainte inférieure. Ensuite, le roi les reçoit avec affabilité et leur montre un visage souriant : ce sont les deux degrés de l'amour (le visage avenant, le petit amour ; le visage souriant, le grand amour). Vient enfin le moment où il entre dans son palais royal : la crainte supérieure.
ו) Or, dans les degrés de la crainte, la crainte d'Eloul est inférieure à celle de Roch Hachana : la crainte d'Eloul est la crainte inférieure, celle de Roch Hachana la crainte supérieure. La crainte d'Eloul a pourtant une supériorité sur celle de Roch Hachana. En effet, à Roch Hachana, c'est le temps de la révélation de Sa royauté, qu'Il soit béni : la crainte et le bitoul de ce moment ne sont donc pas une nouveauté ['hidouch]. Puisque « tout, devant Lui, est considéré comme néant », et que plus une chose est proche de Lui, plus elle est néant, il n'y a rien de nouveau à ce qu'Israël soit dans le bitoul de la crainte supérieure au temps de Roch Hachana, lorsqu'ils se trouvent dans Son palais royal. [Il en va de même du bitoul d'Atsilout, qui n'est pas une nouveauté, puisqu'en Atsilout brille la révélation de l'Or Ein Sof. De même, au sein d'Atsilout, le bitoul de la séfira de 'Hokhma, où réside l'essentiel du bitoul, n'est pas une nouveauté, car en 'Hokhma se révèle que « Lui seul est, et il n'est rien d'autre que Lui ». À plus forte raison le bitoul du Kéter : bien qu'il soit « une lumière éclatante, etc., il est noir face à la Cause des causes ». « Noir » signifie que le Kéter est en bitoul (comme la couleur noire, qui n'a pas d'éclat face à la couleur blanche) à l'égard de l'Or Ein Sof, qui est au-dessus du Kéter (la Cause des causes). Ce n'est pas une nouveauté, puisque le Kéter saisit qu'il est sans commune mesure avec l'Or Ein Sof.] En Eloul, au contraire, le roi est au champ (et sa grandeur et son élévation ne se font alors pas sentir) ; il existe néanmoins le bitoul d'Israël, qui prennent sur eux Sa royauté, qu'Il soit béni, et qui, plus encore, sonnent aussi du shofar pour éveiller la crainte et l'effroi (afin que l'acceptation de la royauté soit complète). Ce bitoul, la crainte et le bitoul d'Eloul, bien qu'il soit un bitoul du yech, est très précieux aux yeux de Havayé. Et l'on peut dire que, par le délice [taanoug] que le roi éprouve de ce qu'on sort à sa rencontre pour l'accueillir (l'acceptation de Sa royauté, qu'Il soit béni) alors qu'il est au champ, s'accroît encore davantage le fait qu'il reçoit chacun avec affabilité et montre à tous un visage souriant. Il faut ajouter que la supériorité de la crainte et du bitoul d'Eloul sur la crainte et le bitoul de Roch Hachana ne tient pas seulement à leur nouveauté : elle touche aussi au bitoul lui-même. Le bitoul qui naît d'une révélation vient de ce que l'on reconnaît et ressent l'élévation de la révélation (qui est sans commune mesure avec soi) ; ce bitoul reste donc lié à l'existence de l'homme (à sa propre compréhension). La vérité du bitoul, elle, se trouve dans le service de la kabalat ol [acceptation du joug] : comme un serviteur qui, sous le joug que son maître lui impose, est contraint d'accomplir la volonté de ce maître.
7) Sur cette base, on peut expliquer ce que dit le maamar : l'épanchement du makif [lumière enveloppante] de Roch Hachana se fait (principalement) par la crainte et le tremblement [harada] qui viennent de la sonnerie du shofar d'Eloul. Si le tremblement (« et qui tremble à Ma parole ») attire le makif (la « maison » [bayit]), c'est en effet (principalement) quand ce tremblement prend la forme de l'annulation de soi [bitoul] et de l'humilité [chiflout] : « pauvre et à l'esprit brisé ». Le maamar l'explique : plus l'homme s'abaisse, plus le makif qui est attiré est élevé. C'est pourquoi l'épanchement du makif se fait principalement par la crainte et le tremblement d'Eloul. La crainte et le tremblement de Roch Hachana viennent de ce que l'on ressent la révélation d'en haut, et le bitoul né du sentiment de cette révélation n'est pas de l'ordre de l'humilité. Ce qu'est essentiellement « pauvre et à l'esprit brisé », un bitoul de l'ordre de l'humilité, se trouve dans la crainte et le tremblement d'Eloul.
On peut ajouter une autre explication à la supériorité de la crainte d'Eloul sur celle de Roch Hachana. La crainte et le bitoul d'Eloul viennent du service d'Israël, « Je suis à mon bien-aimé », et la racine d'Israël se trouve dans l'essence [Atsmout]. C'est pourquoi l'épanchement qu'attirent cette crainte et ce bitoul est l'épanchement de l'essence. On peut dire que c'est là la raison intérieure pour laquelle, de la crainte inférieure [yira tataa] d'Eloul, on parvient ensuite, à Roch Hachana, à la crainte supérieure [yira ilaa] : par la crainte d'Eloul se produit l'épanchement de l'essence, et par là sont attirées (ensuite) aussi les révélations.
8) Il en va de même pour la téchouva d'Eloul. Si l'on sonne du shofar en Eloul, c'est (comme cité plus haut d'après le Tour) pour exhorter Israël à faire téchouva, et cela comporte une supériorité sur la téchouva de Roch Hachana. Certes, la téchouva d'Eloul porte sur des choses indésirables. On le comprend de ce qui est écrit dans les écrits de l'Arizal : אלול [Eloul] est formé des initiales de אנה לידו ושמתי לך, « [D.ieu] l'a fait tomber entre ses mains, et Je fixerai pour toi », et les villes de refuge sont une réparation [tikoun] de choses indésirables. [On peut dire que si la téchouva d'Eloul est évoquée par « l'a fait tomber sous sa main, et Je fixerai pour toi », alors que le pardon des villes de refuge porte sur celui qui a frappé mortellement une personne par inadvertance, c'est que la téchouva de Roch 'Hodech Eloul fait des fautes intentionnelles l'équivalent de fautes involontaires, et que la téchouva d'Eloul sert à réparer les fautes involontaires.] Quant à la téchouva de Roch Hachana, qui vient après que la téchouva d'Eloul a déjà réparé les choses indésirables (y compris les fautes involontaires), elle est (principalement) une téchouva supérieure [techouva ilaa]. Néanmoins, la téchouva d'Eloul l'emporte sur celle de Roch Hachana. En effet, la téchouva de Roch Hachana est une allusion contenue dans la mitsva de la sonnerie du shofar, comme l'écrit le Rambam : « Bien que la sonnerie du shofar à Roch Hachana soit un décret du texte [guezérat hakatouv], elle renferme une allusion, à savoir : "Éveillez-vous, dormeurs, de votre sommeil, etc.", et revenez en téchouva. » La téchouva évoquée par le shofar se situe certes au-dessus de la mitsva de la sonnerie du shofar. On sait en effet, au sujet de l'allusion, que la chose évoquée est au-dessus de ce qui l'évoque, au point de ne pas s'y revêtir : elle n'y est qu'une simple allusion. Néanmoins, si la chose est au moins évoquée dans l'objet, c'est qu'il existe entre eux une ressemblance. Et puisque la sonnerie du shofar à Roch Hachana est une mitsva, la téchouva qui y est évoquée a, elle aussi, un lien avec le service de la Torah et des mitsvot. Or ce qui fait la véritable grandeur de la téchouva, qui atteint le Maître de la volonté [Baal haratson] (au-dessus de la volonté des mitsvot), c'est la téchouva d'Eloul. Car si la téchouva atteint au-dessus de la volonté des mitsvot, c'est parce qu'Israël a précédé la Torah. C'est pourquoi la supériorité de la téchouva se manifeste surtout quand la téchouva vient de l'homme (Israël) lui-même : la téchouva d'Eloul, « Je suis à mon bien-aimé ».
Tel est donc le sens de « Je suis à mon Bien-Aimé et mon Bien-Aimé est à moi », dont les initiales forment Eloul. Si « mon Bien-Aimé est à moi » est lui aussi inclus dans les initiales d'Eloul, c'est pour la raison suivante. Par le service de « Je suis à mon Bien-Aimé » (en Eloul) s'accomplit l'épanchement de « mon Bien-Aimé est à moi » à Roch Hachana et à Yom Kippour, et cela parce que le service de « Je suis à mon Bien-Aimé » atteint l'essence [Atsmout], d'où sont attirés tous les dévoilements (comme on l'a vu plus haut, à la fin du paragraphe 7). Il en ressort que « Je suis à mon Bien-Aimé », le service d'Eloul, inclut aussi l'épanchement de « mon Bien-Aimé est à moi ». On peut dire que c'est là la raison pour laquelle les sonneries du mois d'Eloul (selon la coutume 'Habad) sont tachrat, tachat et tarat [tekia-chevarim-terou'a-tekia, tekia-chevarim-tekia, tekia-terou'a-tekia], c'est-à-dire tous les sons que l'on sonne à Roch Hachana : les sonneries d'Eloul contiennent en effet tous les éléments des sonneries de Roch Hachana. Quant au fait qu'en Eloul on sonne dix sons et non cent, peut-être peut-on dire que c'est parce que les sonneries d'Eloul (étant la racine des éléments qui sont attirés à Roch Hachana) sont au-delà de toute division.
Puisse-t-il être Sa volonté que nos actes et notre service, et en particulier le service d'Eloul, rapprochent et hâtent encore davantage la guéoula [délivrance]. C'est ce que suggère le fait qu'Eloul forme les initiales de « à Havayé, et ils dirent ainsi : je chanterai » : car alors toutes les étincelles sortiront de la galout.
Et puisqu'en Eloul le Roi accueille chacun avec affabilité et montre à tous un visage souriant, il est certain que le Roi exauce la demande de chacun en Israël : qu'il soit inscrit et scellé pour une bonne et douce année, dans un bien visible et manifeste, tant dans les domaines spirituels (l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot) que dans les domaines matériels (des enfants, la vie et une subsistance abondante). Et à plus forte raison pour la demande principale : la guéoula véritable et complète par notre juste Machia'h. Qu'il vienne nous délivrer et nous conduise la tête haute vers notre terre, très bientôt.