HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5729
MAAMARמאמר
בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת
« Quand tu allumeras les lampes »
Chabbat Béhaalotekha, 21 Sivan 5729 [1969]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשכ"ט · 1969
MAAMARמאמר

בהעלותך את הנרות

« Quand tu allumeras les lampes »

Chabbat Béhaalotekha, 21 Sivan 5729 [1969]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5729. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5729. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

21 Sivan 5729 [1969], Chabbat de la paracha Behaalotékha
כ"א סִיוָן ה'תשכ"ט, ש"פ בְּהַעֲלוֹתְךָ
Avec l'aide du Ciel. Chabbat de la paracha Behaalotekha, 21 Sivan 5729 [1969]. « Parle à Aharon et dis-lui : Quand tu allumeras [litt. : « feras monter »] les lampes, c'est face à la menora que les sept lampes éclaireront. »
בס"ד. ש"פ בהעלותך, כ"א סיון ה'תשכ"ט — דַּבֵּר אֶל אַהֲרֹן וְאָמַרְתָּ אֵלָיו בְּהַעֲלֹתְךָ אֶת הַנֵּרֹת אֶל מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה יָאִירוּ שִׁבְעַת הַנֵּרוֹת
« Quand tu feras monter les lampes » [behaalotekha et hanerot]. Le Likouteï Torah enseigne que les lampes [nerot] sont les âmes, comme le dit le verset [passouk] : « La lampe de Havayé est l'âme [Nechama] de l'homme. » [Les sept lampes de la menora sont les sept catégories d'enfants d'Israël dans le service de Hachem : l'un sert par un amour qui s'écoule comme l'eau ('Hessed), un autre par un amour semblable à des braises de feu (Guevoura), et ainsi de suite.]
בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת, וְאִיתָא בלקו"ת דְּנֵרוֹת הֵם הַנְּשָׁמוֹת כמ"ש נֵר הוי' נִשְׁמַת אָדָם [וז' הַנֵּרוֹת דְּהַמְנוֹרָה הֵם ז' סוּגֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בַּעֲבוֹדַת ה', יֵשׁ עוֹבֵד מֵאַהֲבָה מָשׁוּךְ כַּמַּיִם (חֶסֶד) וְיֵשׁ מֵאַהֲבָה כְּרִשְׁפֵּי אֵשׁ (גְּבוּרָה) וכו'].
L'Admour Maharach explique, dans son maamar commençant par les mots « Vayedaber… Behaalotekha et hanerot », prononcé il y a cent ans, que les âmes sont appelées « lampes » selon la parole de nos Sages, de mémoire bénie : HaKadoch Barou'h Hou dit à l'homme : « Ma lampe est dans ta main, et ta lampe est dans Ma main. Ma lampe dans ta main, c'est la Torah, comme le dit le passouk : "Car la mitsva est une lampe, et la Torah est lumière" ; et ta lampe dans Ma main, c'est l'âme [Néfech], comme le dit le passouk : "La lampe de Havayé est l'âme de l'homme". Si tu gardes Ma lampe, Je garde ta lampe ; et si tu éteins Ma lampe, J'éteins ta lampe. »
וּמְבֹאָר אדמו"ר מהר"ש בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה וַיְדַבֵּר גו' בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת שֶׁנֶּאֱמַר לִפְנֵי מֵאָה שָׁנָה, דְּזֶה שֶׁהַנְּשָׁמוֹת נִקְרָאִים נֵרוֹת הוּא כְּמַאֲמַר רז"ל אָמַר הקב"ה לָאָדָם נֵרִי בְּיָדְךָ וְנֵרְךָ בִּידֵי, נֵרִי בְּיָדְךָ זוֹ הַתּוֹרָה דִּכְתִיב כִּי נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר וְנֵרְךָ בִּידֵי זוֹ הַנֶּפֶשׁ דִּכְתִיב נֵר הוי' נִשְׁמַת אָדָם, אִם שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי אֲנִי מְשַׁמֵּר אֶת נֵרְךָ וְאִם כְּבֵית אֶת נֵרִי אֲנִי מְכַבֶּה אֶת נֵרְךָ.
Il faut comprendre : le fait que les âmes sont appelées « lampes » est explicite dans le passouk (« La lampe de Havayé est l'âme de l'homme »). Pourquoi donc le maamar cite-t-il les paroles du Midrach : « Ma lampe est dans ta main, et ta lampe est dans Ma main » ?
וְצָרִיךְ לְהָבִין, הֲרֵי זֶה שֶׁהַנְּשָׁמוֹת נק' נֵרוֹת הוּא מְפוֹרָשׁ בִּקְרָא (נֵר הוי' נִשְׁמַת אָדָם), וְלָמָּה מֵבִיא בְּהַמַּאֲמָר אֶת דִּבְרֵי הַמִּדְרָשׁ נֵרִי בְּיָדְךָ וְנֵרְךָ בִּידֵי.
Il faut aussi comprendre ceci : le passouk dit « La lampe de Havayé est l'âme de l'homme », donc l'âme est la lampe de Havayé. Or le Midrach cité plus haut dit que l'âme est « ta lampe » (celle de l'homme), et que c'est la Torah qui est « Ma lampe » (celle de HaKadoch Barou'h Hou).
גַּם צָרִיךְ לְהָבִין, דְּבַפָּסוּק נֶאֱמַר נֵר הוי' נִשְׁמַת אָדָם, שֶׁהַנְּשָׁמָה הִיא נֵר הוי', וּבַמִּדְרָשׁ הנ"ל אוֹמֵר שֶׁהַנְּשָׁמָה הִיא נֵרְךָ (דְּהָאָדָם) וְהַתּוֹרָה הִיא נֵרִי (דהקב"ה).
On peut l'expliquer en posant d'abord ce qui est exposé en plusieurs endroits : le sens de « Quand tu feras monter les lampes » est qu'Aharon éveille les âmes, pour qu'elles aient la volonté de monter vers le haut, jusqu'à s'inclure dans l'Essence [atsmout] de l'Or Ein Sof [lumière infinie].
ב) וְיֵשׁ לְבָאֵר זֶה בְּהַקְדִּים הַמְבֹאָר בכ"מ דְּעִנְיַן בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת הוּא שֶׁאַהֲרֹן מְעוֹרֵר אֶת הַנְּשָׁמוֹת שיהי' בָּהֶם הָרָצוֹן לַעֲלוֹת לְמַעְלָה, וְעַד לִכְלַל בְּעַצְמוּת אוא"ס.
Certes, cette volonté est la nature de l'âme. Le Tanya l'explique : si les âmes sont appelées « lampes », c'est que, de même que la lampe a pour nature de monter vers le haut et de s'attacher à sa racine (l'élément général du feu, qui se trouve sous la sphère de la lune), de même l'âme a pour nature l'élan [ratso] de monter vers le haut, pour s'inclure dans la source d'où elle a été taillée. Il faut néanmoins qu'Aharon fasse monter les lampes (les âmes) : par la descente de l'âme ici-bas et par son revêtement dans le corps, la nature d'élan qui est en elle se trouve voilée.
והֲגַם דְּרָצוֹן זֶה הוּא טֶבַע דְּהַנְּשָׁמָה, וְכִמְבוֹאָר בְּתַנְיָא, דְּהַטַּעַם שֶׁהַנְּשָׁמוֹת נִקְרָאִים בְּשֵׁם נֵרוֹת, הוּא, כִּי כְּמוֹ שֶׁהַנֵּר טִבְעוֹ לַעֲלוֹת לְמַעְלָה וְלִדָּבֵק בְּשָׁרְשׁוֹ (בִּיסוֹד הָאֵשׁ הַכְּלָלִי שֶׁתַּחַת גַּלְגַּל הַיָּרֵחַ) כֵּן הַנְּשָׁמָה הִיא בְּטֶבַע הָרָצוֹא לַעֲלוֹת לְמַעְלָה לְהִכָּלֵל בִּמְקוֹר חֻצְּבָה, מ"מ צָרִיךְ שֶׁאַהֲרֹן יַעֲלֶה אֶת הַנֵּרוֹת (הַנְּשָׁמוֹת), כִּי ע"י יְרִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה וְהִתְלַבְּשׁוּתָהּ בַּגּוּף מִתְעַלֵּם טֶבַע הָרָצוֹא שֶׁבָּהּ.
Comme il est longuement expliqué dans les discours [derouchim], les âmes d'Atsilout [Émanation] sont appelées « semence d'homme », et les âmes de Beria-Yetsira-Création, Formation, Action [Assia] « semence de bête ». L'une des raisons en est la suivante. Chez les âmes d'Atsilout, même lors de leur descente ici-bas, la nature d'élan et d'élévation [aliya] qui est en elles reste manifeste. C'est pourquoi elles portent le nom d'« homme » [adam], d'après « l'esprit de l'homme, qui monte vers le haut ». Les âmes de Beria-Yetsira-Assia (qui sont la majorité des âmes), lorsqu'elles descendent ici-bas et se revêtent dans le corps, se laissent entraîner à la suite du corps et des affaires de ce monde matériel. C'est pourquoi elles portent le nom de « bête » [behema], d'après « l'esprit de la bête, qui descend vers le bas ».
וְכִמְבוֹאָר בַּאֲרוּכָה בְּהַדְּרוּשִׁים, דְּמֵהַטְּעָמִים עַל זֶה שֶׁהַנְּשָׁמוֹת דַּאֲצִילוּת נִקְרָאִים זֶרַע אָדָם וְהַנְּשָׁמוֹת דבי"ע נִקְרָאִים זֶרַע בְּהֵמָה, הוּא, כִּי הַנְּשָׁמוֹת דַּאֲצִילוּת, גַּם בִּירִידָתָם לְמַטָּה, טֶבַע הָרָצוֹא והעלי' שֶׁבָּהֶם הוּא בְּגִילּוּי, וְלָכֵן נִקְרָאִים בְּשֵׁם אָדָם עַל שֵׁם רוּחַ הָאָדָם הָעֹלָה הִיא לְמָעְלָה, וְהַנְּשָׁמוֹת דבי"ע (שֶׁהֵם רוֹב הַנְּשָׁמוֹת), כְּשֶׁהֵן יוֹרְדוֹת לְמַטָּה וּמִתְלַבְּשׁוֹת בַּגּוּף, הֵן נִמְשָׁכוֹת אַחַר הַגּוּף וְעִנְיְנֵי עוה"ז הַגַּשְׁמִי, וְלָכֵן נִקְרָאִים בְּשֵׁם בְּהֵמָה עַל שֵׁם רוּחַ הַבְּהֵמָה הַיּוֹרֶדֶת הִיא לְמַטָּה.
Le service d'Aharon consiste à éveiller et à révéler la nature d'élan et d'élévation qui existe aussi dans les âmes de Beria-Yetsira-Assia. C'est « Quand tu feras monter les lampes » : que leur nature d'élévation devienne manifeste.
וַעֲבוֹדָתוֹ שֶׁל אַהֲרֹן הִיא לְעוֹרֵר וּלְגַלּוֹת אֶת טֶבַע הָרָצוֹא והעלי' שֶׁיֶּשְׁנוֹ גַּם בַּנְּשָׁמוֹת דבי"ע, בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת, שֶׁטֶּבַע העלי' שֶׁבָּהֶם יהי' בְּגִילּוּי.
Les discours expliquent pourquoi la montée des lampes [la révélation de la nature d'élan et d'élévation des âmes] se fait précisément par Aharon. C'est qu'à propos d'Aharon, le passouk dit : « Comme l'huile bonne sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aharon, qui descend sur le bord de ses vêtements. » La barbe d'Aharon désigne les halakhot de la Torah. Or c'est par la Torah, « la Torah est lumière », que se révèle et brille la nature d'élévation de l'âme (qui existe aussi lors de sa descente ici-bas et de son revêtement dans le corps) : « Quand tu feras monter les lampes ».
וּמְבֹאָר בְּהַדְּרוּשִׁים, דְּהַטַּעַם שֶׁהַעֲלָאַת הַנֵּרוֹת [גִּילּוּי טֶבַע הָרָצוֹא והעלי' דְּהַנְּשָׁמוֹת] הוּא ע"י אַהֲרֹן דַּוְקָא, כִּי בְּאַהֲרֹן כְּתִיב כַּשֶּׁמֶן הַטּוֹב עַל הָרֹאשׁ יוֹרֵד עַל הַזָּקָן זְקַן אַהֲרֹן שֶׁיּוֹרֵד עַל פִּי מִדּוֹתָיו, וְעִנְיָן זְקַן אַהֲרֹן הוּא הִלְכוֹת הַתּוֹרָה, וע"י הַתּוֹרָה, תּוֹרָה אוֹר, מִתְגַּלֶּה וּמֵאִיר טֶבַע העלי' דְּהַנְּשָׁמָה (שֶׁיֶּשְׁנוֹ גַּם בִּירִידָתָהּ לְמַטָּה וְהִתְלַבְּשׁוּתָהּ בַּגּוּף), בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת.
Cela permet d'expliquer le lien entre la parole de nos Sages (citée dans le maamar) « Si tu gardes Ma lampe, Je garde ta lampe » et « Quand tu feras monter les lampes ». « Je garde ta lampe » (garder la lampe pour qu'elle ne s'éteigne pas) signifie en effet que la lampe de l'âme (sa nature d'élan et d'élévation) soit manifeste. Et si la garde de la lampe de l'âme passe par la garde de la lampe de la Torah, c'est à l'image de « Quand tu feras monter les lampes », qui se fait par Aharon, c'est-à-dire par la Torah.
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר הַשַּׁיְיכוּת דמארז"ל (הַמּוּבָא בְּהַמַּאֲמָר) אִם שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי אֲנִי מְשַׁמֵּר אֶת נֵרְךָ לְבַהֲעָלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת, כִּי עִנְיָן אֲנִי מְשַׁמֵּר אֶת נֵרְךָ (שְׁמִירַת הַנֵּר שֶׁלֹּא תִּכָּבֶה) הוּא שֶׁהַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה (טֶבַע הָרָצוֹא והעלי' שֶׁלָּהּ) יהי' בְּגִילּוּי, וְזֶה שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה הוּא ע"י שְׁמִירַת הַנֵּר דְּתוֹרָה הוּא ע"ד הָעִנְיָן דִּבְהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת שע"י אַהֲרֹן, תּוֹרָה.
Le maamar poursuit : il faut comprendre, dans « Si tu gardes Ma lampe, Je garde ta lampe », quel lien unit les deux, et plus encore, comment ils en viennent à dépendre l'un de l'autre.
ג) וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, דְּצָרִיךְ לְהָבִין בְּאִם שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי אֲנִי מְשַׁמֵּר אֶת נֵרְךָ, מַהִי שַׁיָּכוּתָם זֶה לְזֶה וְעוֹד וְעַד שֶׁהֵם תְּלוּיִים זֶה בָּזֶה.
Il l'explique d'après ce que rapporte le Midrach : « Par le mérite de qui ont été créés "Voici les engendrements des cieux et de la terre", et par le mérite de qui subsistent-ils ? Par le mérite de "Voici les noms des enfants d'Israël". Et ceux-ci, par le mérite de qui subsistent-ils ? Par le mérite de "Voici les témoignages, les décrets et les lois". » Autrement dit, l'intention de la création du monde, c'est Israël ; et la plénitude d'Israël s'obtient par la Torah. En accomplissant les six cent treize mitsvot, Israël s'élève en effet à un degré plus élevé que celui où il se trouve par lui-même.
וּמְבֹאָר זֶה ע"פ מַה דאיתא בַּמִּדְרָשׁ בִּזְכוּת מִי נִבְרְאוּ אֵלֶּה תּוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ וּבִזְכוּת מִי הֵם עוֹמְדִים, בִּזְכוּת אֵלֶּה שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאֵלֶּה בִּזְכוּת מִי עוֹמְדִים, בִּזְכוּת אֵלֶּה הָעֵדוּת וְהַחֻקִּים וְהַמִּשְׁפָּטִים. שֶׁהַכַּוָּנָה דִּבְרִיאַת הָעוֹלָם הִיא בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל, וְהַשְּׁלֵימוּת דְּיִשְׂרָאֵל הִיא ע"י הַתּוֹרָה. דע"י שֶׁיִּשְׂרָאֵל מְקַיְּמִים התרי"ג מִצְווֹת הֵם מִתְעַלִּים לְמַדְרֵיגָה נַעֲלֵית יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהֵם מִצַּד עַצְמָם.
C'est pourquoi l'âme descend ici-bas et se revêt d'un corps matériel afin d'accomplir la Torah et les mitsvot : par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, l'âme s'élève plus haut qu'elle n'était avant sa descente. Tel est le sens de « Si tu gardes Ma lampe, Je garde ta lampe » : la garde de la lampe de l'âme passe par la garde de la lampe de la Torah.
וְזֶהוּ מַה שֶׁהַנְּשָׁמָה יוֹרֶדֶת לְמַטָּה וּמִתְלַבֶּשֶׁת בְּגוּף גַּשְׁמִי בִּכְדֵי לְקַיֵּים תומ"צ, כִּי ע"י קִיּוּם התומ"צ מִתְעַלֵּית הַנְּשָׁמָה לְמַעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיְתָה קֹדֶם יְרִידָתָהּ. וְזֶהוּ אִם שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי אֲנִי מְשַׁמֵּר אֶת נֵרְךָ, שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה הִיא ע"י שְׁמִירַת הַנֵּר דְּתוֹרָה.
D'après ce qu'écrit le maamar, « Si tu gardes Ma lampe, Je garde ta lampe » signifie que, par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, l'âme s'élève plus haut qu'elle n'était avant sa descente. On peut alors dire que, s'il relie cela à « Quand tu feras monter les lampes », c'est parce que « Quand tu feras monter les lampes » désigne, lui aussi, l'élévation qui se produit dans les âmes, plus haut même que ce qu'elles étaient avant leur descente ici-bas.
וע"פ מש"כ בְּהַמַּאֲמָר דְּעִנְיַן אִם שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי אֲנִי מְשַׁמֵּר אֶת נֵרְךָ הוּא שע"י קִיּוּם התומ"צ מִתְעַלֵּית הַנְּשָׁמָה לְמַעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיְתָה קֹדֶם יְרִידָתָהּ, יֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁמְּקַשֵּׁר עִנְיָן זֶה עִם בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת, הוּא, כִּי גַּם עִנְיָן בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת הוּא העלי' שֶׁנַּעֲשָׂה בְּהַנְּשָׁמוֹת לְמַעְלָה יוֹתֵר גַּם מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ קֹדֶם יְרִידָתָם לְמַטָּה.
Pour expliquer la chose plus en détail, il faut d'abord poser ceci. Le maamar précise : « pourquoi sont-elles [la garde de la lampe de l'âme et la garde de la lampe de la Torah] dépendantes l'une de l'autre ? » Cette précision s'explique ainsi : « tu as gardé Ma lampe » ne signifie pas seulement que l'homme ne transgresse pas, à D.ieu ne plaise, l'ordre de la Torah, mais aussi qu'il accomplit les mitsvot de la Torah. C'est pourquoi le maamar précise : pourquoi sont-elles dépendantes l'une de l'autre ? Car si la garde de la lampe de l'âme dépend du fait que l'on ne transgresse pas, à D.ieu ne plaise, l'ordre de la Torah, c'est que transgresser l'ordre de la Torah, à D.ieu ne plaise, porte atteinte à l'âme. Or la précision du maamar porte sur ceci : la garde de la lampe de l'âme dépend de l'accomplissement de la Torah.
ד) וּבֵאוּר הָעִנְיָן בִּפְרָטִיּוּת יוֹתֵר, יֵשׁ לְהַקְדִּים דְּהַדִּיּוּק בְּהַמַּאֲמָר מִפְּנֵי מַה הֵם [שְׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה וּשְׁמִירַת הַנֵּר דְּתוֹרָה] תְּלוּיִים זֶה בָּזֶה הוּא, כִּי שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי הוּא לֹא רַק זֶה שֶׁהָאָדָם אֵינוֹ עוֹבֵר ח"ו עַל צִוּוּי הַתּוֹרָה אֶלָּא שֶׁהוּא מְקַיֵּים אֶת מִצְווֹת הַתּוֹרָה, וְלָכֵן מְדַיֵּיק מִפְּנֵי מַה הֵם תְּלוּיִים זֶה בָּזֶה. דְּזֶה שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה תלוי' בָּזֶה שֶׁאֵינוֹ עוֹבֵר ח"ו עַל צִוּוּי הַתּוֹרָה, הוּא, כִּי כְּשֶׁעוֹבֵר ח"ו עַל צִוּוּי הַתּוֹרָה נַעֲשֶׂה פְּגָם בְּהַנְּשָׁמָה. וְהַדִּיּוּק בְּהַמַּאֲמָר הוּא מַה שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה תלוי' בְּקִיּוּם הַתּוֹרָה.
On peut ajouter que la précision du maamar concerne surtout les âmes d'Atsilout. Pour les âmes de Beria-Yetsira-Assia (qui sont la majorité des âmes), on peut dire que, si la garde de la lampe de l'âme dépend de la lampe de la Torah, c'est parce que chez elles le corps et le Néfech habahamit [âme animale] voilent et occultent l'âme. La garde de la lampe de leur âme se fait donc par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot (comme on l'a vu au paragraphe 2). La précision et la question du maamar portent, elles, surtout sur les âmes d'Atsilout : puisque chez elles l'âme est dévoilée, pourquoi ont-elles besoin de la lampe de la Torah ?
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, שֶׁהַדִּיּוּק בְּהַמַּאֲמָר הוּא בְּעִיקָר בְּנוֹגֵעַ נְשָׁמוֹת דַּאֲצִילוּת. דְּבַנּוֹגֵעַ נְשָׁמוֹת דבי"ע (שֶׁהֵם רוֹב הַנְּשָׁמוֹת) יֵשׁ לוֹמַר דְּזֶה שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה תלוי' בְּהַנֵּר דְּתוֹרָה הוּא דְּכֵיוָן שֶׁאֶצְלָם הַגּוּף וְנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית מַעֲלִים וּמַסְתִּיר עַל הַנְּשָׁמָה, לָכֵן שְׁמִירַת הַנֵּר דְּנִשְׁמָתָם הוּא ע"י קִיּוּם התומ"צ (כנ"ל סְעִיף ב), וְהַדִּיּוּק וְהַשְּׁאֵלָה בְּהַמַּאֲמָר הוּא בְּעִיקָר בַּנְּשָׁמוֹת דַּאֲצִילוּת, דְּכֵיוָן שֶׁאֶצְלָם הַנְּשָׁמָה הִיא בְּגִילּוּי, לָמָּה צְרִיכִים הֵם לְהַנֵּר דְּתוֹרָה.
Cela posé, il faut comprendre ce que dit le maamar : si la garde de la lampe [ner] de l’âme passe par la garde de la lampe de la Torah, c’est parce que « voici les noms des enfants d’Israël » subsistent par le mérite de « voici les témoignages, les statuts et les lois ». À première vue, si Israël subsiste par le mérite de la Torah et des mitsvot, cela signifie qu’en accomplissant la Torah et les mitsvot, ils s’élèvent à un degré plus haut (mais le degré des âmes d’Israël, telles qu’elles sont en elles-mêmes, ne dépend apparemment pas de la Torah). Or le sens de « Si tu gardes Ma lampe, Je garderai ta lampe » est que la garde de la lampe de l’âme (c’est-à-dire du degré de la lampe de l’âme telle qu’elle est en elle-même) passe par la garde de la lampe de la Torah.
ועפ"ז צָרִיךְ לְהָבִין מ"ש בְּהַמַּאֲמָר דְּזֶה שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה הִיא ע"י שְׁמִירַת הַנֵּר דְּתוֹרָה הוּא כִּי אֵלֶּה שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל עוֹמְדִים בִּזְכוּת אֵלֶּה הָעֵדוּת וְהַחֻקִּים וְהַמִּשְׁפָּטִים, דְּלִכְאוֹרָה, זֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹמְדִים בִּזְכוּת הַתּוֹרָה וְהַמִּצְווֹת הוּא שע"י קִיּוּם התומ"צ הֵם מִתְעַלִּים לְמַדְרֵיגָה נַעֲלֵית יוֹתֵר (אֲבָל הַדַּרְגָּא דנש"י שֶׁמִּצַּד עַצְמָם אֵינָהּ תלוי' לִכְאוֹרָה בְּהַתּוֹרָה), וּפֵרוּשׁ אִם שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי אֲנִי מִשְׁמָר אֶת נֵרְךָ הוּא שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה (הַיְנוּ דַּרְגַּת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה מִצַּד עַצְמָהּ) הוּא ע"י שְׁמִירַת הַנֵּר דְּתוֹרָה.
On peut l’expliquer à partir du propos du Zohar cité dans le Tanya : de même que la flamme de la lampe ne peut briller ni prendre à la mèche sans huile, de même la Chekhina [Présence divine] ne réside sur le corps de l’homme, comparé à une mèche, que par les mitsvot, comparées à l’huile.
וְיֵשׁ לְבָאֵר זֶה ע"פ מַאֲמַר הַזֹּהַר הַמּוּבָא בְּתַנְיָא, דִּכְמוֹ שְׂאוֹר הַנֵּר אֵינוֹ מֵאִיר וְנֶאֱחַז בַּפְּתִילָה בְּלִי שֶׁמֶן כֵּן אֵין הַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה עַל גּוּף הָאָדָם שֶׁנִּמְשַׁל לִפְתִילָה אֶלָּא ע"י מַעֲשִׂים טוֹבִים שֶׁנִּמְשְׁלוּ לְשֶׁמֶן.
Le Tanya explique pourquoi (la Chekhina réside sur le corps de l’homme précisément par l’accomplissement des mitsvot (les mitsvot), et pourquoi) son âme, « une parcelle de D.ieu d’en haut », ne lui suffit pas pour être comme l’huile pour la mèche. C’est que l’âme de l’homme, même quand il est un tsadik accompli qui sert Hachem dans la crainte et dans un amour fait de délices, n’est pas totalement annulée dans son existence : elle reste une chose à part, qui craint Hachem et L’aime.
וּמְבֹאָר בְּתַנְיָא, דְּהַטַּעַם עַל זֶה ש(הַשְׁרָאַת הַשְּׁכִינָה עַל גּוּף הָאָדָם הִיא דַּוְקָא ע"י קִיּוּם הַמִּצְווֹת (מַעֲשִׂים טוֹבִים), ו)לֹא דַּי לוֹ בְּנִשְׁמָתוֹ שֶׁהִיא חֵלֶק אֱלוֹקַה מִמַּעַל לִהְיוֹת הִיא כְּשֶׁמֶן לִפְתִילָה, כִּי נִשְׁמַת הָאָדָם, אֲפִילוּ כְּשֶׁהוּא צַדִּיק גָּמוּר עוֹבֵד ה' בְּיִרְאָה וְאַהֲבָה בְּתַּעֲנוּגִים, אֵינָהּ בְּטֵלָה בִּמְצִיאוּת לְגַמְרֵי, רַק הוּא דָּבָר בִּפְנֵי עַצְמוֹ יָרֵא ה' וְאוֹהֲבוֹ.
Les mitsvot, en revanche, sont l’intériorité de Sa volonté, béni soit-Il : la vitalité qu’elles renferment n’est nullement une chose séparée, existant par elle-même. Elle est unie à Sa volonté, béni soit-Il, et incluse en elle. C’est pourquoi la Chekhina réside sur le corps de l’homme précisément par l’accomplissement des mitsvot. Que la Chekhina réside en une chose, cela signifie en effet que cette chose est incluse dans la lumière de Hachem et Lui est totalement annulée dans son existence. Alors seulement, Hachem, l’Unique, y réside, s’y révèle et y brille.
וְהַמִּצְווֹת שֶׁהֵן פְּנִימִיּוּת רְצוֹנוֹ ית', אֵין הַחַיּוּת שֶׁבָּהֶם דָּבָר נִפְרָד בפ"ע כְּלָל אֶלָּא הוּא מְיוּחָד וְנִכְלָל בִּרְצוֹנוֹ ית'. וְלָכֵן הַשְׁרָאַת הַשְּׁכִינָה עַל גּוּף הָאָדָם הִיא ע"י קִיּוּם הַמִּצְווֹת דַּוְקָא, כִּי עִנְיַן הַשְׁרָאַת הַשְּׁכִינָה בְּאֵיזֶה דָּבָר הוּא שֶׁאוֹתוֹ הַדָּבָר נִכְלַל בְּאוֹר ה' וּבָטֵל לוֹ בִּמְצִיאוּת לְגַמְרֵי, שֶׁאָז דַּוְקָא שׁוֹרָה וּמִתְגַּלָּה וּמֵאִיר בּוֹ ה' אֶחָד.
Cela permet d’expliquer que la garde de la lampe de l’âme passe par la garde de la lampe de la Torah. La lampe de l’âme, c’est son annulation de soi [bitoul], et l’annulation de l’âme n’atteint sa plénitude (une annulation totale de son existence) que par l’accomplissement des mitsvot.
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר זֶה שֶׁשְּׁמִירַת הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה הִיא ע"י שְׁמִירַת הַנֵּר דְּתוֹרָה, כִּי עִנְיַן הַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה הוּא הַבִּיטּוּל שֶׁלָּהּ, וּשְׁלֵימוּת הַבִּיטּוּל דְּהַנְּשָׁמָה (בִּיטּוּל בִּמְצִיאוּת לְגַמְרֵי) הוּא ע"י קִיּוּם הַמִּצְווֹת.
C’est pourquoi la lampe de l’âme est appelée « ta lampe » (celle de l’homme), et la lampe de la Torah et des mitsvot « Ma lampe » (celle de HaKadoch Barou'h Hou). L’annulation de l’âme (telle qu’elle est en elle-même) n’est pas une annulation absolue : c’est « ta lampe », celle de l’homme. La lampe des mitsvot, qui est l’intériorité de Sa volonté, béni soit-Il, est « Ma lampe », celle de HaKadoch Barou'h Hou. Lorsque l’homme accomplit les mitsvot, cette annulation est attirée dans l’âme elle aussi : « Je garderai ta lampe ».
וְזֶהוּ שֶׁהַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה נק' נֵרְךָ (דְּהָאָדָם) וְהַנֵּר דתומ"צ נק' נֵרִי (דהקב"ה), כִּי הַבִּיטּוּל דְּהַנְּשָׁמָה (שֶׁמִּצַּד עַצְמָהּ) אֵינוֹ בִּיטּוּל בְּתַכְלִית – נֵרְךָ דְּהָאָדָם, וְהַנֵּר דְּמִצְווֹת שֶׁהוּא פְּנִימִיּוּת רְצוֹנוֹ ית' הוּא נֵרִי דהקב"ה. וע"י שֶׁהָאָדָם מְקַיֵּים אֶת הַמִּצְווֹת, נִמְשָׁךְ בִּיטּוּל זֶה גַּם בְּהַנְּשָׁמָה, אֲנִי מִשְׁמָר אֶת נֵרְךָ.
Notons que le maamar cité se rattache à la fête de Chavouot. D’abord, on lit la paracha « Lorsque tu allumeras les lampes » (les premiers mots du maamar) après la fête de Chavouot. Ensuite, il est indiqué au début du maamar qu’il se rattache au maamar commençant par « Vaydaber… Anokhi » [« Il prononça… Je suis »]. On peut donc dire que ce qu’explique le maamar, à savoir que l’accomplissement de la Torah et des mitsvot produit une élévation dans l’âme, ressemble à l’élévation d’Israël, qui fut une nouveauté de Matan Torah [le don de la Torah].
ה) וּלְהָעִיר, דְּמַאֲמַר הנ"ל שַׁיָּךְ לְחַג הַשָּׁבוּעוֹת. דְּנוֹסָף לְזֶה שֶׁפָּרָשַׁת בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת (הַתְחָלַת הַמַּאֲמָר) קוֹרִין לְאַחֲרֵי חַג הַשָּׁבוּעוֹת, נִרְשַׁם בְּהַתְחָלַת הַמַּאֲמָר שֶׁהוּא שַׁיָּךְ לד"ה וַיְדַבֵּר אָנֹכִי. ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁמְּבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר שע"י קִיּוּם התומ"צ נַעֲשָׂה עלי' בְּהַנְּשָׁמָה, הוּא ע"ד הָעִילּוּי דְּיִשְׂרָאֵל שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ בְּמַתַּן תּוֹרָה.
Voici l’explication. Chaque Juif porte en lui un amour naturel : il veut être attaché à Hachem et ne se séparer de Lui, béni soit-Il, d’aucune façon, fût-ce au prix d’un véritable don total de soi [mesirout nefech]. Cet amour existait déjà avant Matan Torah, puisqu’il est pour nous un héritage de nos pères.
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּהָאַהֲבָה הַטִּבְעִית שֶׁבְּכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל לִהְיוֹת דָּבוּק בה' וְלֹא לִפָּרֵד מִמֶּנּוּ ית' בְּשׁוּם אוֹפֶן אֲפִילוּ בִּמְסִירַת נֶפֶשׁ מַמָּשׁ הָיְתָה גַּם קֹדֶם מַתַּן תּוֹרָה, שֶׁהֲרֵי אַהֲבָה זוֹ הִיא יְרוּשָּׁה לָנוּ מֵאֲבוֹתֵינוּ.
D’après le Tanya, si les Patriarches ont légué cet amour à chaque Juif, c’est parce que les Patriarches « sont eux-mêmes la merkava [char divin] ». Or le propre de la merkava est d’être annulée devant celui qui la conduit [si le char (les chevaux) avance selon la volonté de celui qui le conduit, ce n’est pas que les chevaux veuillent avoir un lien avec lui (à la manière de l’amour naturel dont on a parlé, qui est la volonté d’être attaché à Hachem) ; c’est qu’ils sont annulés devant lui]. On peut donc dire que l’amour naturel hérité des Patriarches, qui « sont eux-mêmes la merkava », inclut aussi (en voilement) l’amour de l’ordre de l’annulation : l’homme ne veut rien pour lui-même, et toute sa volonté est que la Divinité se révèle dans le monde et que s’accomplisse le dessein d’une demeure pour Lui, béni soit-Il, dans les mondes inférieurs.
וע"פ מ"ש בְּתַנְיָא דְּזֶה שֶׁהָאָבוֹת הוֹרִישׁוּ לְכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל אַהֲבָה זוֹ שַׁיָּךְ לְזֶה שֶׁהָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה, דְּעִנְיַן הַמֶּרְכָּבָה הִיא שֶׁהִיא בְּטֵלָה לְהָרוֹכֵב [דְּזֶה שֶׁהֲלִיכַת הַמֶּרְכָּבָה (הַסּוּסִים) הִיא כְּפִי רְצוֹן הָרוֹכֵב הוּא לֹא מִפְּנֵי שֶׁרוֹצִים שתהי' לָהֶם שַׁיְיכוּת לְהָרוֹכֵב (ע"ד אַהֲבָה הַטִּבְעִית הנ"ל שֶׁהִיא הָרָצוֹן שֶׁהוּא יהי' דָּבוּק בה') אֶלָּא מִפְּנֵי בִּטּוּלָם לְהָרוֹכֵב], יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁבְּהַאֶהְבָּה הַטִּבְעִית הַבָּאָה בִּירוּשָּׁה מֵהָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה כְּלוּלָה (בְּהֶעְלֵם) גַּם הָאַהֲבָה שֶׁבִּבְחִינַת בִּיטּוּל, שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לְעַצְמוֹ כְּלָל וְכָל רְצוֹנוֹ הוּא שיהי' גִּילּוּי אֱלֹקוּת בָּעוֹלָם וְשֶׁתֻּשְׁלַם הַכַּוָּנָה דְּדִירָה לוֹ ית' בַּתַּחְתּוֹנִים.
Or, on le sait, l’amour est l’amour et la volonté de l’homme (de celui qui aime). C’est pourquoi, même quand son amour et sa volonté tendent à l’accomplissement de la volonté suprême, l’amour et la volonté, par leur nature même, restent une existence propre [metsiout]. L’annulation véritable se trouve dans le service de kabalat ol [acceptation du joug] : l’homme est alors comme un serviteur qui n’a aucune volonté à lui. Tout ce qu’il fait procède du joug de son maître, qui pèse sur lui, et c’est ce joug qui l’oblige à accomplir la volonté du maître.
וְהִנֵּה יָדוּעַ דְּאַהֲבָה הִיא הָאַהֲבָה וְהָרָצוֹן דְּהָאָדָם (הָאוֹהֵב), וְלָכֵן, גַּם כְּשֶׁהָאַהֲבָה וְהָרָצוֹן שֶׁלּוֹ הוּא שֶׁיֻּשְׁלַם רָצוֹן הָעֶלְיוֹן, מ"מ, עֶצֶם עִנְיָן הָאַהֲבָה וְהָרָצוֹן הוּא מְצִיאוּת. וַאֲמִתִּית עִנְיַן הַבִּיטּוּל הוּא בְּהָעֲבוֹדָה דְּקַבָּלַת עוֹל, שֶׁהוּא כְּמוֹ עֶבֶד שֶׁאֵין לוֹ שׁוּם רְצוֹנוֹת, וְכָל מַה שֶׁעוֹשֶׂה הוּא מִצַּד עוֹל הָאָדוֹן שֶׁמֻּטָּל עָלָיו, שֶׁמִּצַּד זֶה הוּא מוּכְרָח לְקַיֵּים רְצוֹן הָאָדוֹן.
On peut dire que l’annulation de la merkava devant celui qui la conduit ne vient pas de la volonté de la merkava (qui voudrait être annulée devant lui et lui servir de char) : elle vient de celui qui la conduit. C’est pourquoi l’héritage des Patriarches, qui « sont eux-mêmes la merkava », inclut aussi, en voilement, l’annulation propre à la kabalat ol.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּכֵיוָן שֶׁבִּטּוּל הַמֶּרְכָּבָה לְהָרוֹכֵב הוּא לֹא מִצַּד הָרָצוֹן דְּהַמֶּרְכָּבָה (שֶׁרוֹצֶה לִהְיוֹת בְּטֵלָה לְהָרוֹכֵב וּמֶרְכָּבָה אֵלָיו) אֶלָּא מִצַּד הָרוֹכֵב, לָכֵן בְּהַיְּרֻשָּׁה מֵהָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה כָּלוּל בְּהֶעְלֵם גַּם הַבִּיטּוּל דְּקַבָּלַת עוֹל.
[À rapprocher du propos de nos Sages, de mémoire bénie : « Au moment où Israël a fait passer "nous ferons" avant "nous entendrons"… "Qui a révélé à Mes enfants ce secret ?" » La 'Hassidout explique que s’ils ont fait passer "nous ferons" avant "nous entendrons" [car au sein même de l’annulation propre à la kabalat ol se trouve une annulation plus haute encore, l’annulation devant le Maître de la volonté], c’est grâce à la révélation de l’amour caché.
[וּלְהָעִיר מִמַּאֲמַר רז"ל בְּשָׁעָה שֶׁהִקְדִּימוּ יִשְׂרָאֵל נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע כו' מִי גִּלָּה לִבְנֵי רַזַ זֶה וּמְבֹאָר בַּחֲסִידוּת דְּזֶה שֶׁהִקְדִּימוּ נַעֲשָׂה לְנִשְׁמָע [שֶׁבְּהַבִּטּוּל דְּקַבָּלַת עוֹל עַצְמוֹ הוּא בִּיטּוּל נַעֲלֶה בְּיוֹתֵר, בִּיטּוּל לְבַעַל הָרָצוֹן] הוּא ע"י גִּילּוּי אַהֲבָה הַמְסֻתֶּרֶת, רַזַ.
On peut dire que le lien entre l'amour caché (qui est une existence [metsiout]) et le fait d'avoir fait précéder « nous entendrons » de « nous ferons » (un annulation de soi [bitoul] de kabalat ol [acceptation du joug]) tient à ceci : l'amour caché est un héritage des Patriarches, et « les Patriarches sont eux-mêmes la merkava »].
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהַשַּׁיָּכוּת דְּאַהֲבָה מְסֻתֶּרֶת (מְצִיאוּת) לְהַקְדָּמַת נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע (בִּיטּוּל דְּקַבָּלַת עוֹל), הוּא, כִּי אַהֲבָה הַמְסֻתֶּרֶת הִיא בִּירוּשָּׁה מֵהָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה].
On en comprend que le bitoul qui s'est communiqué à Israël lors du Matan Torah [le don de la Torah] (après qu'ils eurent fait précéder « nous entendrons » de « nous ferons ») est un bitoul plus élevé même que le bitoul de la merkava.
וּמִזֶּה מוּבָן, דְּהַבִּטּוּל שֶׁנִּמְשַׁךְ לְיִשְׂרָאֵל בְּמַתַּן תּוֹרָה (לְאַחֲרֵי שֶׁהִקְדִּימוּ נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע) הוּא בִּיטּוּל נַעֲלֶה יוֹתֵר גַּם מֵהַבִּטּוּל דְּמֶרְכָּבָה.
Voici l'explication. Il est rapporté dans la Guemara : « On disait de Rabbi Yo'hanan ben Zakaï qu'il n'avait délaissé ni chose grande ni chose petite. Chose grande : le Maassé Merkava [l'œuvre du Char] ; chose petite : les discussions [havayot] d'Abayé et de Rava. »
ו) וְהָעִנְיָן הוּא, דְּאִיתָא בַּגְּמָרָא אָמְרוּ עָלָיו עַל ריב"ז שֶׁלֹּא הִנִּיחַ דָּבָר גָּדוֹל וְדָבָר קָטָן, דָּבָר גָּדוֹל מַעֲשֵׂה מֶרְכָּבָה דָּבָר קָטָן הֲוָיוֹת דְּאַבָּיֵי וְרָבָא.
Le maamar explique que le Maassé Merkava est appelé « chose grande » pour la raison suivante : grâce au char, l'homme qui le monte parvient à un lieu qu'il ne peut atteindre par lui-même. Il en va de même pour la Merkava d'en haut : les 'Hayot portent le Trône, ainsi que l'« homme » assis sur le Trône, jusqu'au niveau de « non-homme » [lo adam].
וּמְבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר, דְּהַטַּעַם שֶׁמַּעֲשֵׂה מֶרְכָּבָה נק' דָּבָר גָּדוֹל הוּא, כִּי ע"י הַמֶּרְכָּבָה מַגִּיעַ הָאָדָם הָרוֹכֵב עַל הַמֶּרְכָּבָה לְמָקוֹם שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהַגִּיעַ לְשֵׁם מִצַּד עַצְמוֹ, וכמו"כ הוּא בַּמֶּרְכָּבָה הָעֶלְיוֹנָה, שֶׁהַחַיּוֹת נוֹשְׂאוֹת אֶת הַכִּסֵּא וְאֶת הָאָדָם שֶׁעַל הַכִּסֵּא לִבְחִינַת לֹא אָדָם.
L'élévation principale au niveau de « non-homme » s'opère par la merkava des Patriarches (« les Patriarches sont eux-mêmes la merkava »), la merkava d'Atsilout [Émanation]. En effet, l'élévation du niveau « homme » au niveau « non-homme » qu'opère la merkava de Beria-Yetsira-Assia consiste en ceci : l'« homme » assis sur le Trône (l'« homme » de Beria-Yetsira-Assia) s'élève à un degré qui n'est « non-homme » que par rapport à l'« homme » de Beria-Yetsira-Assia. Par la merkava des Patriarches, la merkava d'Atsilout, s'accomplit en revanche l'élévation du niveau « homme » d'Atsilout au niveau « non-homme » qui se trouve au-dessus d'Atsilout : Arikh.
וְעִיקָר הַהַעֲלָאָה לִבְחִינַת לֹא אָדָם הוּא בְּהַמֶּרְכָּבָה דְּהָאָבוֹת (הָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה), מֶרְכָּבָה דַּאֲצִילוּת. כִּי העלי' דִּבְחִינַת אָדָם לִבְחִינַת לֹא אָדָם שע"י מֶרְכָּבָה דבי"ע הִיא שֶׁהָאָדָם שֶׁעַל הַכִּסֵּא (אָדָם דבי"ע) מִתְעַלֶּה לְדַרְגָּא שֶׁהִיא בְּחִינַת לֹא אָדָם לְגַבֵּי אָדָם דבי"ע, וע"י הַמֶּרְכָּבָה דְּהָאָבוֹת, מֶרְכָּבָה דַּאֲצִילוּת, נַעֲשֶׂה העלי' דבחי' אָדָם דַּאֲצִילוּת לִבְחִינַת לֹא אָדָם שֶׁלְּמַעְלָה מֵאֲצִילוּת, אֲרִיךְ.
C'est pourquoi le Maassé Merkava est appelé « chose grande » : l'« homme », Zeïr Anpin, est un état de petitesse [katnout] et de contraction [tsimtsoum], et par la merkava il s'élève au niveau d'Arikh, « grand ».
וְזֶהוּ שֶׁמַּעֲשֵׂה מֶרְכָּבָה נִקְרָא דָּבָר גָּדוֹל, כִּי אָדָם, זְעֵיר אַנְפִּין, הוּא בְּחִינַת קַטְנוּת וְצִמְצוּם, וע"י הַמֶּרְכָּבָה הוּא מִתְעַלֶּה לִבְחִינַת אֲרִיךְ, גָּדוֹל.
La raison pour laquelle les débats [havayot] d'Abayé et Rava sont appelés « une petite chose » (bien qu'ils soient l'essentiel de la Torah orale) est que les lois de la Torah se sont revêtues de petites choses. Outre que les mitsvot se sont revêtues de choses matérielles, chaque mitsva comporte en effet plusieurs détails de loi. Or la division (en détails) est contraction et limitation : petitesse.
וְהַטַּעַם שֶׁהַוָּיוֹת דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא נק' דָּבָר קָטָן (אַף שֶׁהוּא עִקָּר בתושבע"פ) הוּא, כִּי הִלְכוֹת הַתּוֹרָה נִתְלַבְּשׁוּ בִּדְבָרִים קְטַנִּים. דְּנוֹסָף לְזֶה שֶׁהַמִּצְווֹת נִתְלַבְּשׁוּ בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים, יֵשׁ בְּכָל מִצְוָה כַּמָּה פְּרָטֵי דִּינִים, דְּעִנְיַן הַהִתְחַלְּקוּת (פְּרָטִים) הוּא צִמְצוּם וְהַגְבָּלָה, קַטְנוּת.
[Dès lors, la différence entre le maassé merkava [l'œuvre du Char] et les débats d'Abayé et Rava va d'un extrême à l'autre. Le principe de la merkava est la sortie du niveau de la limitation (« homme ») vers le niveau de l'illimité (« non-homme ») : « une grande chose » (car la vraie grandeur réside dans ce qui n'est pas limité). Dans les débats d'Abayé et Rava, c'est l'inverse : la Volonté suprême, illimitée, se revêt de choses limitées, « une petite chose ».]
[ועפ"ז, הַחִילּוּק בֵּין מַעֲשֵׂה מֶרְכָּבָה לְהַוָּיוֹת דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא הוּא מִן הַקָּצֶה אֶל הַקָּצֶה. דְּעִנְיַן מֶרְכָּבָה הוּא הַיְצִיאָה מִבְּחִינַת הַגְבָּלָה (אָדָם) לִבְחִינַת בל"ג (לֹא אָדָם) – דָּבָר גָּדוֹל (דַּאֲמִתִּית עִנְיַן הַגַּדְלוּת הוּא בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מוּגְבָּל), וּבְהַוָּיוֹת דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא הוּא לְהֵפֶךְ, הִתְלַבְּשׁוּת רָצוֹן הָעֶלְיוֹן, בְּלִי גְּבוּל, בִּדְבָרִים מוּגְבָּלִים – דָּבָר קָטָן].
Le maamar donne ensuite une autre raison pour laquelle les débats d'Abayé et Rava sont appelés « une petite chose » : la Torah d'à présent est une petite chose par rapport à la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah], qui se révélera dans le futur. Et aussi parce que la Torah est une parabole [machal] et un vêtement pour l'Or Ein Sof [lumière infinie] qui s'y revêt. C'est pourquoi la Torah est appelée « la parabole de l'Ancien » [machal hakadmoni] : elle est parabole et vêtement pour le niveau de « l'Ancien du monde » [kadmono chel olam]. Or une parabole, comparée à ce qu'elle illustre [nimchal], est une petite chose.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר עוֹד טַעַם עַל זֶה שֶׁהַוָּיוֹת דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא נק' דָּבָר קָטָן, כִּי הַתּוֹרָה דְּעַכְשָׁו הִיא דָּבָר קָטָן לְגַבֵּי פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה שֶׁתִּתְגַּלֶּה לֶעָתִיד. וְגַם לְפִי שֶׁהַתּוֹרָה הִיא מָשָׁל וּלְבוּשׁ לאוא"ס הַמְלוּבָּשׁ בָּהּ. שֶׁלָּכֵן נִקְרֵאת הַתּוֹרָה בְּשֵׁם מָשָׁל הַקַּדְמוֹנִי, שֶׁהִיא מָשָׁל וּלְבוּשׁ לבחי' קַדְמוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם. וּמָשָׁל לְגַבֵּי נִמְשָׁל הוּא דָּבָר קָטָן.
On peut proposer l'explication suivante. Selon la raison qui fait appeler les débats d'Abayé et Rava « une petite chose » parce que la Torah s'est revêtue de petites choses, le qualificatif « petite chose » relève des vêtements de la Torah. C'est pourquoi il ajoute que la Torah d'à présent est une petite chose par rapport à la dimension intérieure de la Torah qui se révélera dans le futur [et aussi qu'elle est une petite chose par rapport à l'Or Ein Sof qui s'y revêt] : selon cette raison, le qualificatif « petite chose » concerne (aussi) la Torah elle-même.
וְיֵשׁ לוֹמַר דִּלְהִטָּעֵם שֶׁהַוָּיוֹת דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא נק' דָּבָר קָטָן מִפְּנֵי שֶׁהַתּוֹרָה נִתְלַבְּשָׁה בִּדְבָרִים קְטַנִּים, הַתּוֹאַר דָּבָר קָטָן הוּא מִצַּד הַלְּבוּשִׁים דְּתוֹרָה. וְלָכֵן מוֹסִיף שֶׁהַתּוֹרָה דְּעַכְשָׁו הִיא דָּבָר קָטָן לְגַבֵּי פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה שֶׁתִּתְגַּלֶּה לע"ל [וְגַם שֶׁהִיא דָּבָר קָטָן לְגַבֵּי אוא"ס הַמְלוּבָּשׁ בָּהּ], דע"פ טַעַם זֶה, הַתּוֹאַר דָּבָר קָטָן הוּא (גַּם) בְּנוֹגֵעַ לְהַתּוֹרָה עַצְמָהּ.
[S'il cite aussi la première raison, selon laquelle la Torah s'est revêtue de petites choses, c'est, peut-on dire, que cette raison fait ressortir que la différence entre les débats d'Abayé et Rava et le maassé merkava va d'un extrême à l'autre, comme on l'a vu plus haut.]
[וּמַה שֶׁמֵּבִיא גַּם טַעַם הָרִאשׁוֹן שֶׁהַתּוֹרָה נִתְלַבְּשָׁה בִּדְבָרִים קְטַנִּים, יֵשׁ לוֹמַר, כִּי בְּטַעַם זֶה מוּדְגָּשׁ שֶׁהַחִלּוּק בֵּין הֲוָיוֹת דְּאַבַּיֵּי וְרָבָא לְמַעֲשֵׂה מֶרְכָּבָה הוּא חִילּוּק מִן הַקָּצֶה אֶל הַקָּצֶה, כנ"ל].
7) Le maamar poursuit par une autre explication de l'appellation « petite chose » donnée à la Torah : elle vient de l'intensité de l'annulation de soi [bitoul] de la halakha devant l'Or Ein Sof qui s'y revêt. De même que l'étude de la Torah par l'homme doit se faire dans le bitoul, « Que ma langue réponde [ta'an] à Ta parole », comme celui qui répond après le lecteur, de même en va-t-il des lois de la Torah elles-mêmes, qui sont en état de bitoul devant l'Or Ein Sof qui s'y revêt, comme on le verra plus loin.
ז) וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר עוֹד בֵּיאוּר בָּזֶה שֶׁהַתּוֹרָה נק' דָּבָר קָטָן, שֶׁהוּא עַל שֵׁם עוֹצֶם בִּיטּוּל הַהֲלָכָה לְגַבֵּי אוא"ס הַמְלוּבָּשׁ בָּהּ. דִּכְמוֹ שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה דְּהָאָדָם צ"ל בְּבִיטּוּל, תַּעַן לְשׁוֹנִי אִמְרָתֶךָ, כְּעוֹנֶה אַחַר הַקּוֹרֵא, עד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לְהִלְכוֹת הַתּוֹרָה עַצְמָם שֶׁהֵם בְּבִיטּוּל לאוא"ס הַמְלוּבָּשׁ בָּהֶם, כְּדִלְקַמָּן.
[On peut dire que, selon l'interprétation de « petit » au sens simple, le qualificatif « petite chose » est relatif à d'autres réalités. Selon l'interprétation de « petit » au sens de bitoul [à la manière de « Je suis trop petit [katonti] pour toutes les bontés »], la petitesse (le bitoul) réside dans la chose elle-même.]
[וְיֵשׁ לוֹמַר, דִּלְהַפֵּרוּשׁ קָטָן כִּפְשׁוּטוֹ, הַתּוֹאַר דָּבָר קָטָן הוּא בְּיַחַס לְעִנְיָנִים אֲחֵרִים. וּלְהַפֵּרוּשׁ קָטָן עַל שֵׁם הַבִּיטּוּל [ע"ד קָטֹנְתִּי מִכָּל הַחֲסָדִים], הַקְּטַנּוֹת (בִּיטּוּל) הוּא בּוֹ עַצְמוֹ].
Il faut cependant comprendre (selon l'interprétation où « petit » désigne le bitoul) : la merkava, elle aussi, est en état de bitoul devant celui qui la monte, et pourtant elle est appelée « une grande chose ».
וְצָרִיךְ לְהָבִין (לְהַפֵּרוּשׁ ש"קטן" הוּא עַל שֵׁם הַבִּיטּוּל), הֲרֵי גַּם מֶרְכָּבָה הִיא בְּבִיטּוּל לְהָרוֹכֵב, ואעפ"כ נק' דָּבָר גָּדוֹל.
Le point de l'explication est, peut-on dire, le suivant : le bitoul appelé « petite chose » (katonti) consiste à être entièrement batel [annulé], sans aucune qualité. Comme il est écrit dans l'Iggeret HaKodech, au passage qui commence par « Katonti » : on se considère véritablement comme des restes et du superflu, dont on n'a aucun besoin.
וּנְקֻדַּת הַבִּיאוּר בָּזֶה יֵשׁ לוֹמַר, דְּהַבִּטּוּל שנק' בְּשֵׁם דָּבָר קָטָן (קָטֹנְתִּי), הוּא, שֶׁהוּא בָּטֵל לְגַמְרֵי וְאֵין בּוֹ שׁוּם מַעֲלָה. וכמ"ש באגה"ק ד"ה קָטֹנְתִּי, שֶׁמֵּשִׂים עַצְמוֹ כְּשִׁירַיִם וּמֻתָּרוֹת מַמָּשׁ שֶׁאֵין בּוֹ שׁוּם צוֹרֶךְ.
Or, puisque la merkava est une existence [metsiout], au point qu'elle a même un avantage sur celui qui la monte [comme on l'a vu, grâce à la merkava, celui qui la monte peut atteindre un lieu qu'il ne peut atteindre par lui-même], elle n'est pas une petite chose. [Bien au contraire : en raison de l'élévation qui est en elle, par laquelle s'opère l'ascension vers le niveau de « grand » (Arikh), la merkava elle aussi est appelée « une grande chose ».]
וְכֵיוָן שֶׁהַמֶּרְכָּבָה הִיא מְצִיאוּת, וְעַד שֶׁיֵּשׁ בָּהּ יִתְרוֹן לְגַבֵּי הָרוֹכֵב [וכנ"ל שע"י הַמֶּרְכָּבָה יָכוֹל הָרוֹכֵב לְהַגִּיעַ לְמָקוֹם שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְהַגִּיעַ לְשֵׁם מִצַּד עַצְמוֹ], לָכֵן אֵינָהּ דָּבָר קָטָן. [וְאַדְּרַבָּה מִצַּד הָעִילּוּי שֶׁבָּהּ, שֶׁעַל יָדוֹ הִיא העלי' לִבְחִינַת גָּדוֹל (אֲרִיךְ), נק' גַּם הַמֶּרְכָּבָה בְּשֵׁם דָּבָר גָּדוֹל].
Quant aux lois de la Torah, qui se sont revêtues de choses matérielles [première interprétation de « petite chose »] : puisque les choses matérielles sont sans commune mesure avec Sa sagesse et Sa volonté, béni soit-Il, qui s'y revêtent, elles sont dans l'ultime bitoul, « une petite chose ».
וְהִלְכוֹת הַתּוֹרָה שֶׁנִּתְלַבְּשׁוּ בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים [פֵּירוּשׁ הָרִאשׁוֹן בְּדָבָר קָטָן], כֵּיוָן שֶׁדְּבָרִים גַּשְׁמִיִּים אֵין לָהֶם עֵרֶךְ לְחָכְמָתוֹ וּרְצוֹנוֹ ית' הַמְלוּבָּשִׁים בָּהֶם, הֲרֵי הֵם בְּתַכְלִית הַבִּיטּוּל, דָּבָר קָטָן.
Le bitoul inhérent aux lois de la Torah elles-mêmes se communique aussi à l'homme qui s'adonne à la Torah : son étude de la Torah se fera sur le mode de « Que ma langue réponde à Ta parole », comme celui qui répond après le lecteur.
וע"י הַבִּיטּוּל שֶׁבְּהִלְכוֹת הַתּוֹרָה עַצְמָם, נִמְשָׁךְ הַבִּיטּוּל גַּם בְּהָאָדָם הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה, שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה שֶׁלּוֹ יהי' בְּאוֹפֶן דְּתַעַן לְשׁוֹנִי אִמְרָתֶךָ, כְּעוֹנֶה אַחַר הַקּוֹרֵא.
8) Tel est le sens de « Et D.ieu prononça toutes ces paroles, pour dire [lemor] ». Il est expliqué dans la 'Hassidout qu'au Matan Torah [le don de la Torah] fut donnée la force pour que l'étude de la Torah par l'homme se fasse sur le mode de lemor : répéter les paroles que dit HaKadoch Barou'h Hou, « Que ma langue réponde à Ta parole ». Car, à première vue, avant le Matan Torah déjà, Israël avait fait précéder « nous ferons » à « nous entendrons », et faire précéder « nous ferons » à « nous entendrons » est le bitoul de celui qui a une volonté propre. Quelle est donc la nouveauté du bitoul de lemor, apparu au Matan Torah, par rapport au bitoul de « nous ferons et nous entendrons » ?
ח) וְזֶהוּ וַיְדַבֵּר אֱלֹקִים אֶת כָּל הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה לֵאמֹר, וּמְבֹאָר בַּחֲסִידוּת, דִּבְמַתַּן תּוֹרָה נִתַּן הַכֹּחַ שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה שֶׁל הָאָדָם יהי' בְּאוֹפֶן דְּלֵאמֹר, לַחֲזוֹר הַדְּבָרִים שהקב"ה אוֹמֵר, תַּעַן לְשׁוֹנִי אִמְרָתֶךָ, דְּלִכְאוֹרָה, הֲרֵי גַּם לִפְנֵי מַתַּן תּוֹרָה הִקְדִּימוּ יִשְׂרָאֵל נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע, דְּהַקְדָּמַת נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע הוּא בִּיטּוּל דְּבַעַל הָרָצוֹן, וּמַהוּ הַחִדּוּשׁ בְּהַבִּטּוּל דִּלְאָמַר שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ בְּמַתַּן תּוֹרָה לְגַבֵּי הַבִּיטּוּל דְּנַעֲשָׂה וְנִשְׁמַע.
Et c'est là le sens de : « Et D.ieu prononça toutes ces paroles, pour dire [lémor] ». La 'Hassidout explique qu'au Matan Torah [le don de la Torah] la force fut donnée pour que l'étude de la Torah par l'homme se fasse sur le mode de « lémor » : répéter les paroles que dit HaKadoch Barou'h Hou, selon « Ma langue répétera Ta parole ». Or, en apparence, déjà avant le Matan Torah, Israël avait fait passer « nous ferons » avant « nous comprendrons » [naassé lenichma]. Faire passer naassé avant nichma, c'est l'annulation de soi [bitoul] de celui qui possède une volonté [baal haratson]. Quelle est donc la nouveauté du bitoul de « lémor », apparu au Matan Torah, par rapport au bitoul de « naassé venichma » ?
וְזֶהוּ וַיְדַבֵּר אֱלֹקִים אֶת כָּל הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה לֵאמֹר, וּמְבֹאָר בַּחֲסִידוּת, דִּבְמַתַּן תּוֹרָה נִתַּן הַכֹּחַ שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה שֶׁל הָאָדָם יהי' בְּאוֹפֶן דְּלֵאמֹר, לַחֲזוֹר הַדְּבָרִים שהקב"ה אוֹמֵר, תַּעַן לְשׁוֹנִי אִמְרָתֶךָ, דְּלִכְאוֹרָה, הֲרֵי גַּם לִפְנֵי מַתַּן תּוֹרָה הִקְדִּימוּ יִשְׂרָאֵל נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע, דְּהַקְדָּמַת נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע הוּא בִּיטּוּל דְּבַעַל הָרָצוֹן, וּמַהוּ הַחִדּוּשׁ בְּהַבִּטּוּל דִּלְאָמַר שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ בְּמַתַּן תּוֹרָה לְגַבֵּי הַבִּיטּוּל דְּנַעֲשָׂה וְנִשְׁמַע.
Voici l'explication : le bitoul qui consiste à faire passer naassé avant nichma a une qualité. Faire passer naassé avant nichma, c'est la kabalat ol Malkhout [acceptation du joug de la royauté] ; or c'est parce que le peuple accepte le joug de sa Malkhout que le roi devient roi [à la manière du bitoul de la merkava : par son bitoul envers celui qui la monte, la merkava porte et élève celui qui la monte]. Le bitoul de « lémor », apparu au Matan Torah, est en revanche un bitoul absolu.
וְהַבִּיאוּר בָּזֶה, שֶׁהַבִּטּוּל דְּהַקְדָּמַת נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע יֵשׁ בּוֹ מַעֲלָה. דְּהַקְדָּמַת נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע הוּא קַבָּלַת עוֹל מַלְכוּת, וע"י שֶׁהָעָם מְקַבְּלִים אֶת עוֹל מַלְכוּתוֹ נַעֲשֶׂה מֶלֶךְ [וע"ד הַבִּיטּוּל דְּמֶרְכָּבָה, שע"י הַבִּיטּוּל דְּהַמֶּרְכָּבָה לְהָרוֹכֵב עי"ז הִיא נוֹשֵׂאת וּמַגְבִּיהָהּ אֶת הָרוֹכֵב]. וְהַבִּטּוּל דִּלְאָמַר שֶׁנִּתְחַדֵּשׁ בְּמַתַּן תּוֹרָה הוּא בִּיטּוּל בְּתַכְלִית.
Il en va de même pour l'accomplissement des mitsvot. Au Matan Torah la force fut donnée pour que l'accomplissement des mitsvot par l'homme se fasse dans un bitoul absolu. Autrement dit, il accomplit les mitsvot (non parce qu'il a accepté sur lui le joug de la royauté céleste [Malkhout chamayim] et le joug des mitsvot, mais) parce que l'ordre de HaKadoch Barou'h Hou décrète sur lui qu'il soit conforme à cet ordre.
ועד"ז הוּא בְּקִיּוּם הַמִּצְווֹת, שֶׁבְּמַתַּן תּוֹרָה נִתַּן הַכֹּחַ שֶׁקִּיּוּם הַמִּצְווֹת שֶׁל הָאָדָם יהי' בְּתַכְלִית הַבִּיטּוּל, הַיְנוּ שֶׁקִּיּוּם הַמִּצְווֹת שֶׁלּוֹ יהי' (לֹא מִפְּנֵי שֶׁהוּא קִבֵּל עָלָיו עוֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם וְעֹל מִצְווֹת, אֶלָּא) מִפְּנֵי שֶׁצִּוּוּי הקב"ה גוֹזֵר עָלָיו לִהְיוֹת כְּפִי הַצִּוּוּי.
Comme l'explique le Likouteï Torah au sujet des Dix Paroles prononcées au Matan Torah [et il en va de même de tous les ordres de la Torah] : elles ont été dites à l'impératif et aussi au futur, car la parole elle-même décrète sur l'homme et sur le monde (et les contraint) qu'il en soit ainsi.
וְכִמְבוֹאָר בלקו"ת בְּנוֹגֵעַ לַעֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת שֶׁנֶּאֶמְרוּ בְּמַתַּן תּוֹרָה [ועד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ כָּל הֲצִוּוּיָם שֶׁבַּתּוֹרָה] שֶׁנֶּאֶמְרוּ בִּלְשׁוֹן צִוּוּי וְגַם בִּלְשׁוֹן עָתִיד, כִּי הַדִּיבּוּר עַצְמוֹ גוֹזֵר עַל הָאָדָם וְהָעוֹלָם (וּמַכְרִיחַ אוֹתָם) לִהְיוֹת כֵּן.
On peut proposer que la supériorité du bitoul propre à l'accomplissement des mitsvot sur ce mode, par rapport au bitoul de la kabalat ol, porte sur deux points. Le bitoul de la kabalat ol vient en effet de ce que l'homme a accepté sur lui d'être le serviteur du Roi des rois des rois, HaKadoch Barou'h Hou.
וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהַיִּתְרוֹן בְּהַבִּטּוּל דְּקִיּוּם הַמִּצְווֹת בְּאוֹפֶן זֶה לְגַבֵּי הַבִּיטּוּל דְּקַבָּלַת עוֹל, הוּא בִּשְׁנֵי עִנְיָנִים. לְפִי שֶׁהַבִּטּוּל דְּקַבָּלַת עוֹל הוּא ע"י שֶׁהוּא קִבֵּל עָלָיו לִהְיוֹת עַבְדּוֹ שֶׁל מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הקב"ה.
Plus encore : le bitoul du serviteur envers son maître [même quand il est né serviteur] est lié à son existence propre, puisque ce qu'il est, c'est justement d'être le serviteur du maître. Le bitoul décrit plus haut, lui, ne vient pas (de ce qu'est l'homme, mais) de ce qu'il est impossible qu'existe dans le monde une réalité contraire à l'ordre de HaKadoch Barou'h Hou.
וִיתֵירָה מִזּוֹ, שֶׁהַבִּטּוּל דְּעֶבֶד לַאֲדוֹנוֹ [גַּם כְּשֶׁהוּא נוֹלָד עֶבֶד] קָשׁוּר עִם מְצִיאוּתוֹ, שֶׁעִנְיָנוֹ הוּא זֶה שֶׁהוּא עֶבֶד שֶׁל הָאָדוֹן, וְהַבִּטּוּל בְּאוֹפֶן הנ"ל הוּא (לֹא מִצַּד עִנְיָנוֹ שֶׁל הָאָדָם, אֶלָּא) שֶׁאִי אֶפְשָׁר שתהי' מְצִיאוּת בָּעוֹלָם הֵפֶךְ צִוּוּי הקב"ה.
Or, le bitoul de l'étude de la Torah et de l'accomplissement des mitsvot décrit plus haut est certes un bitoul absolu. Néanmoins, puisque « Israël et HaKadoch Barou'h Hou ne font qu'un », ce bitoul ne nie pas leur existence. Au contraire, c'est cela même qui est leur existence.
ט) וְהִנֵּה הֲגַם שֶׁהַבִּטּוּל דְּלִימּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּם הַמִּצְווֹת בְּאוֹפֶן הנ"ל הוּא בִּיטּוּל בְּתַכְלִית, מ"מ כֵּיוָן שֶׁיִּשְׂרָאֵל וקוב"ה כּוֹלָּא חַד, לָכֵן בִּיטּוּל זֶה אֵינוֹ שׁוֹלֵל אֶת מְצִיאוּתָם אֶלָּא אַדְּרַבָּה זֶה גּוּפָא הוּא מְצִיאוּתָם.
C'est là le sens de : « Si tu gardes Ma lampe, Je garderai ta lampe ». « Je garderai ta lampe » signifie certes que l'homme parvient au bitoul absolu (supérieur même au bitoul de la merkava). Néanmoins, cela ne nie pas son existence ; au contraire : « Je garderai ta lampe ».
וְזֶהוּ אִם שָׁמַרְתָּ אֶת נֵרִי אֲנִי מִשְׁמָר אֶת נֵרֶךָ, דַּהֲגַם שֶׁעִנְיַן אֲנִי מִשְׁמָר אֶת נֵרְךָ הוּא שֶׁהָאָדָם בָּא לְתַכְלִית הַבִּיטּוּל (שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מִבִּטּוּל דְּמֶרְכָּבָה), מ"מ אֵין זֶה שׁוֹלֵל אֶת מְצִיאוּתוֹ אֶלָּא אַדְּרַבָּה מִשְׁמָר אֶת נֵרְךָ.
C'est aussi le sens de l'explication de Rachi sur le verset [passouk] « Quand tu élèveras les lampes » : « que la flamme monte d'elle-même ». L'élévation des âmes [nechamot] (« quand tu élèveras les lampes ») consiste certes en ce qu'elles parviennent au bitoul absolu. Néanmoins, elle se fait d'une manière qui appartient aux lampes (les âmes) elles-mêmes : « la flamme monte d'elle-même ».
וְזֶהוּ גַּם זֶה שֶׁפֵּירֵשׁ רש"י עה"פ בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת שֶׁתְּהֵא שַׁלְהֶבֶת עוֹלָה מאלי', דַּהֲגַם שהעלי' דְּהַנְּשָׁמוֹת (בְּהַעֲלוֹתְךָ אֶת הַנֵּרוֹת) הִיא שֶׁהֵם בָּאִים לְתַכְלִית הַבִּיטּוּל, מ"מ, הוּא בְּאוֹפֶן שֶׁשַּׁיָּךְ לְהַנֵּרוֹת (נְשָׁמוֹת) עַצְמָם, שַׁלְהֶבֶת עוֹלָה מאלי'.
Autrement dit, l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot se font dans le bitoul, et en même temps avec vitalité et avec joie. Et puisque la joie brise les limites, la joie de la Torah et la joie de la mitsva attirent toutes les choses spirituelles et matérielles, sans limites.
וְהַיְינוּ, שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּם הַמִּצְווֹת הוּא בְּבִיטּוּל וּבְיַחַד עִם זֶה גַּם בְּחַיּוּת וּבְשִׂמְחָה. וְכֵיוָן שֶׁשִּׂמְחָה פּוֹרֶצֶת גָּדֵר, לָכֵן, ע"י שִׂמְחָה שֶׁל תּוֹרָה וְשִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה נִמְשָׁכִים כָּל הָעִנְיָנִים הָרוּחָנִיִּים וְהַגַּשְׁמִיִּים בְּלִי הַגְבָּלוֹת.
Avec l'aide de D.ieu - À l'élévation de l'âme du Rav, 'hassid et tamim, homme craignant D.ieu, honorable et éminent, qui se consacrait aux besoins de la communauté, Rabbi Daniel Yits'hak, que la paix soit sur lui, fils de Rabbi Ephraïm Moskowitz - puisse-t-il vivre de longs jours et de bonnes années, amen -, émissaire de Sa Sainteté l'Admour, que son mérite nous protège, amen, dans l'État de l'Illinois. Il a quitté ce monde le 2 Adar II 5774 [2014]. Que son âme soit liée au faisceau de la vie.
ב"ה — לע"נ הרה"ח הרה"ת אי"א נו"נ עוֹסֵק בצ"צ ר' דָּנִיֵּאל יִצְחָק ע"ה בֶּן יבלחט"א ר' אֶפְרַיִם שליט"א מאסקאוויץ, שָׁלִיחַ כ"ק אדמו"ר זי"ע לִמְדִינַת אִילִינוֹי, נלב"ע ב' אֲדָר שְׁנֵי ה'תשע"ד. ת.נ.צ.ב.ה.