HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5725
MAAMARמאמר
בַּלַּיְלָה הַהוּא
« En cette nuit-là »
Pourim 5725 [1965]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתשכ"ה · 1965
MAAMARמאמר

בַּלַּיְלָה הַהוּא

« En cette nuit-là »

Pourim 5725 [1965]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5725. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5725. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit. Il faut comprendre pourquoi il est dit « cette nuit-là » [BaLayla HaHou]. Apparemment, même s'il avait dit simplement « la nuit », on aurait su qu'il s'agit de la nuit où se sont produits les événements rapportés dans les passoukim [versets] qui précèdent.
בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ, וְצָרִיךְ לְהָבִין, אוֹמְרוֹ בַּלַּיְלָה הַהוּא, דְּלִכְאוֹרָה, גַּם כשהי' אוֹמֵר בַּלַּיְלָה סְתָם הָיוּ יוֹדְעִים שֶׁקָּאֵי עַל הַלַּיְלָה שֶׁבָּהּ הָיוּ הַמְאֹרָעוֹת הַכְּתוּבִים בַּפְּסוּקִים שֶׁלְּפָנָיו.
On peut l'expliquer d'après ce que rapporte Sa Sainteté mon beau-père l'Admour dans son maamar qui commence par ces mêmes mots : il est écrit dans les Minhaguei Maharil qu'à partir de « Cette nuit-là », on doit élever la voix pendant la lecture, car c'est là l'essentiel du miracle.
וְיֵשׁ לְבָאֵר זֶה ע"פ מַה שֶׁמֵּבִיא כ"ק מו"ח אדמו"ר בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה זֶה דְּאִיתָא בְּמִנְהֲגֵי מהרי"ל דְּמִבְּלִילָה הַהוּא צָרִיךְ להגבי' אֶת קוֹלוֹ בִּקְרִיאָתוֹ לְפִי שֶׁזֶּהוּ עִקַּר הַנֵּס.
Le maamar l'explique d'après ce qui est écrit dans le Yalkout : « le sommeil du roi s'enfuit », il s'agit du Roi du monde. Car lorsque Israël est dans un état de sommeil, il se produit pour ainsi dire un sommeil chez le Roi du monde.
וּמְבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר ע"פ מ"ש בַּיַּלְקוּט דְּנִדְּדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ זֶה מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם. דִּכְשֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם בְּמַצָּב שֶׁל שֵׁינָה, נַעֲשֶׂה שֵׁינָה כִּבְיָכוֹל בְּמַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם.
C'est ce qui est écrit : « Je dors », et le Zohar précise : « dans la galout ». Par leur sommeil au temps de la galout, les Juifs provoquent pour ainsi dire un sommeil en haut.
וכמ"ש אֲנִי יֶשְׁנָהּ וְאִיתָא בַּזֹּהַר בְּגָלוּתָא, דע"י הַשֵּׁנָה דְּיִשְׂרָאֵל בִּזְמַן הַגָּלוּת, הֵם גּוֹרְמִים שֵׁינָה כִּבְיָכוֹל לְמַעְלָה.
Voilà pourquoi « cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit » est l'essentiel du miracle. La nuit, c'est le temps de la galout, qui est un temps de sommeil (en haut). Que cette nuit-là (la galout), le sommeil du Roi, le Roi du monde, se soit enfui : c'est là l'essentiel du miracle.
וְזֶהוּ שֶׁבַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ הוּא עִיקָרוֹ שֶׁל נֵס, לַיְלָה הוּא זְמַן הַגָּלוּת, שֶׁהוּא זְמַן שֶׁל שֵׁינָה (לְמַעְלָה), וְזֶה שֶׁבַּלַּיְלָה הַהוּא (גָּלוּת) נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם הוּא עִיקָרוֹ שֶׁל נֵס.
À partir de là, on peut expliquer la précision du verset « cette nuit-là » [BaLayla HaHou]. « Hou » [celui-là] est une forme de troisième personne [litt. : « langage caché », lachon nistar] et indique le voilement (deux fois l'occultation : « nuit » et « hou »). En plus du voilement et de l'occultation de la galout (la « nuit ») en général, il y avait alors, aux jours d'A'hachvéroch, un voilement et une occultation plus grands encore : une occultation redoublée.
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר דִּיּוּק הַכָּתוּב בַּלַּיְלָה הַהוּא, הוּא לְשׁוֹן נִסְתָּר מוֹרֶה עַל הֶעְלֵם (שְׁנֵי פְּעָמִים הֶסְתֵּר, לַיְלָה וְהוּא), שֶׁנּוֹסָף עַל הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר דְּגָלוּת (לַיְלָה) בִּכְלָל, הִנֵּה אָז, בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, הי' הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר עוֹד יוֹתֵר, הֶסְתֵּר כָּפוּל.
Comme le dit la Guemara : « Esther, où la trouve-t-on dans la Torah ? "Et Moi, Je cacherai, oui, Je cacherai [haster astir]" ».
וְכִדְאִיתָא בַּגְּמָרָא אֶסְתֵּר מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִן וְאָנֹכִי הֶסְתֵּר אַסְתִּיר.
Selon l'enseignement du Baal Chem Tov, « haster astir » (deux fois) signifie que l'occultation elle-même est cachée. On peut dire que tel est aussi le sens de « cette nuit-là » : la nuit de la galout est d'une nature telle qu'elle est « hou », occultation. Autrement dit, on ne ressent pas que la galout est nuit et ténèbres : on prend les ténèbres pour la lumière.
וע"פ תּוֹרַת הבעש"ט דְּפֵרוּשׁ הֶסְתֵּר אַסְתִּיר (שְׁתֵּי פְּעָמִים) שֶׁהַהֶסְתֵּר הוּא מֻסְתָּר, יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁכֵּן הוּא גַּם הַפֵּרוּשׁ דְּבַלַּיְלָה הַהוּא, שֶׁהַלַּיְלָה דְּגָלוּת הוּא בְּאוֹפֶן דְּהוּא הֶסְתֵּר, הַיְנוּ שֶׁאֵין מַרְגִּישִׁים שֶׁהַגָּלוּת הוּא לַיְלָה וְחוֹשֵׂךְ, שָׁמַיִם חוֹשֶׁךְ לְאוֹר.
Le verset précise « cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit » pour souligner davantage la grandeur et la force du miracle. Le sommeil d'Israël était alors un sommeil total [selon la différence expliquée ailleurs entre le sommeil et la torpeur : celui qui dort sait que le rêve n'est qu'un rêve, c'est-à-dire un mensonge, alors que celui qui est plongé dans la torpeur tient le mensonge pour vrai], et cela provoque pour ainsi dire un tel sommeil en haut aussi. Néanmoins, le sommeil du Roi, le Roi du monde, s'enfuit : même un sommeil ordinaire s'enfuit.
וְהַכָּתוּב מְדַיֵּיק בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ, לְהַדְגִּישׁ יוֹתֵר גּוֹדֶל וְתוֹקֶף הַנֵּס. דַּהֲגַם שֶׁהַשֵּׁנָה דְּיִשְׂרָאֵל אָז הָיְתָה שֵׁינָה בְּתַכְלִית [וע"ד הַמְבֹאָר במק"א הַחִילּוּק בֵּין שֵׁינָה לְתַרְדֵּמָה, שֶׁהַיְּשָׁנִים יוֹדְעִים שֶׁהַחֲלוֹם אֵינוֹ אֶלָּא חֲלוֹם שֶׁהוּא שֶׁקֶר משא"כ הַנִּרְדָּמִים חוֹשְׁבִים אֶת הַשֶּׁקֶר לְאַמַּת], שֶׁזֶּה גּוֹרֵם שֵׁינָה כָּזוֹ כִּבְיָכוֹל גַּם לְמַעְלָה, מ"מ, נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם, אֲפִילוּ שֵׁינָה סְתָם, נָדְדָה.
2) Le maamar poursuit : si cette nuit-là le sommeil du Roi, le Roi du monde, s'est enfui (l'essentiel du miracle de Pourim), c'est grâce à la mesirout néfech [don total de soi] d'Israël tout au long de l'année.
ב) וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, דְּזֶה שֶׁבַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם (עִקַּר הַנֵּס דְּפוּרִים) נַעֲשֶׂה ע"י המס"נ דְּיִשְׂרָאֵל בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה.
Il faut comprendre : quand Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent [Makom], alors (selon l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]), « Il ne sommeille ni ne dort ». Puisque Israël se tenait alors dans la mesirout néfech tout au long de l'année, où est le miracle, et plus encore la force du miracle, dans le fait que le sommeil du roi s'est enfui ?
וְצָרִיךְ לְהָבִין, הֲרֵי בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם, אֲזַי (מִצַּד סֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת) לֹא יָנוּם וְלֹא יִישָׁן, וְכֵיוָן שֶׁיִּשְׂרָאֵל עָמְדוּ אָז במס"נ בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה, מַהוּ הַנֵּס וִיתֵירָה מִזֶּה תּוֹקֶף הַנֵּס בָּזֶה שֶׁנִּדְּדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ.
Il faut aussi comprendre ceci. Selon le pchat [sens littéral], qui rapporte « cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit » au roi A'hachvéroch, le sens est que ce sont les événements survenus cette nuit-là qui ont fait fuir le sommeil du roi.
גַּם צָרִיךְ לְהָבִין, דְּפֵרוּשׁ בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ לְפִי פְּשׁוּטוֹ שֶׁקָּאֵי עַל הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, הוּא, שֶׁהַדְּבָרִים שֶׁאֵרְעוּ בַּלַּיְלָה הַהוּא הֵם גָּרְמוּ שֶׁנִּדְּדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ.
Or on sait que les réalités d'en bas découlent de leur correspondant en haut. On comprend donc qu'il en va de même lorsque le sommeil du Roi, le Roi du monde, s'enfuit : c'est l'aspect de « cette nuit-là » qui a provoqué la fuite du sommeil du Roi.
וע"פ הַיָּדוּעַ שֶׁהָעִנְיָנִים דִּלְמַטָּה מִשְׁתַּלְשְׁלִים מֵעִנְיָנָם לְמַעְלָה, מוּבָן, דכמו"כ הוּא בְּנוֹגֵעַ לְזֶה שֶׁנִּדְּדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם, שֶׁהָעִנְיָן דְּבַלַּיְלָה הַהוּא הוּא שֶׁגָּרַם לִהְיוֹת נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ.
Il faut comprendre : « cette nuit-là » désigne (comme on l'a vu plus haut, section 1) le voilement et l'occultation, dans toute leur ampleur. C'est le contraire de l'idée que cette nuit-là amène le sommeil du Roi, le Roi du monde, à s'enfuir.
וְצָרִיךְ לְהָבִין, הֲרֵי לַיְלָה הַהוּא מוֹרֶה (כנ"ל סְעִיף א) עַל הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר וְגָדְלוֹ, הֵפֶךְ הָעִנְיָן שְׁלִילָה הַהוּא מֵבִיא שיהי' נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם.
3) On le comprendra en partant de ce qui est expliqué dans le Torah Or, dans les discours de Pourim, et longuement dans un discours de l'Admour HaEmtsaï : dans le jour (révélation) comme dans la nuit (voilement), en chacun d'eux, se trouvent les deux aspects de révélation et de voilement.
ג) וְיוּבַן זֶה בְּהַקְדִּים הַמְבֹאָר בתו"א בִּדְרוּשֵׁי פּוּרִים, וּבַאֲרוּכָה בִּדְרוּשׁ אדמו"ר הָאֶמְצָעִי, דְּבַיּוֹם (גִּילּוּי) וּבַלַּיְלָה (הֶעְלֵם), בְּכָל אֶחָד מֵהֶם, יֵשׁ שְׁנֵי הָעִנְיָנִים דְּגִלּוּי וְהֶעְלֵם.
C'est pourquoi il est écrit tantôt « ce jour-ci » [yom hazé], « zé » indiquant la révélation, tantôt « ce jour-là » [yom hahou], « hou » indiquant le voilement (comme on l'a vu plus haut). De même pour la nuit : il est écrit tantôt « cette nuit-ci » [laïla hazé], tantôt « cette nuit-là » [laïla hahou].
וְזֶהוּ שֶׁלִּפְעָמִים כְּתִיב יוֹם הַזֶּה, דְּזֶה מוֹרֶה עַל גִּילּוּי, וְלִפְעָמִים כְּתִיב יוֹם הַהוּא, דְּהוּא מוֹרֶה עַל הֶעְלֵם (כנ"ל), וְכֵן בַּלַּיְלָה לִפְעָמִים כְּתִיב לַיְלָה הַזֶּה וְלִפְעָמִים כְּתִיב לַיְלָה הַהוּא.
Voici le point central de l'explication (tel qu'il ressort de ces discours). Il y a une différence entre le jour et la nuit en eux-mêmes : le jour est lumière et la nuit ténèbres, comme il est écrit : « D.ieu appela la lumière jour, et les ténèbres, Il les appela nuit ». Et il y a une autre différence, dans la manière d'être du jour et de la nuit : selon qu'ils sont sur le mode de la révélation (« zé ») ou sur celui du voilement (« hou »).
וּנְקֻדַּת הַבִּיאוּר בָּזֶה (כַּמּוּבָן מֵהַדְּרוּשִׁים), דְּהַחִלּוּק בֵּין יוֹם וָלַיְלָה הוּא בָּהֶם עַצְמָם, דְּיוֹם הוּא אוֹר וָלַיְלָה הוּא חוֹשֶׁךְ כמ"ש וַיִּקְרָא אֱלֹקִים לְאוֹר יוֹם וְלַחֹשֶׁךְ קְרָא לָיְלָה, וְעוֹד חִילּוּק בְּאוֹפֶן הַיּוֹם וְהַלַּיְלָה, אִם הֵם בְּאוֹפֶן שֶׁל גִּילּוּי (זֶה) אוֹ בְּאוֹפֶן שֶׁל הֶעְלֵם (הוּא).
Le terme « zé », appliqué au jour et à la nuit, désigne le jour et la nuit tels qu'ils ont été attirés en bas, de façon révélée. Le terme « hou » désigne le jour et la nuit tels qu'ils sont dans leur essence (avant d'avoir été attirés de façon révélée), et plus haut encore, tels qu'ils sont dans leur racine.
דְּלָשׁוֹן זֶה בְּנוֹגֵעַ לְיוֹם וָלַיְלָה מוֹרֶה עַל הַיּוֹם וְהַלַּיְלָה כְּמוֹ שֶׁנִּמְשְׁכוּ לְמַטָּה בְּגִילּוּי, וּלְשׁוֹן הוּא מוֹרֶה עַל הַיּוֹם וְהַלַּיְלָה כְּמוֹ שֶׁהֵם בְּעֶצֶם (לִפְנֵי שֶׁנִּמְשְׁכוּ בְּגִילּוּי), וּלְמַעְלָה יוֹתֵר – כְּמוֹ שֶׁהֵם בְּשָׁרְשָׁם.
C'est pourquoi, pour la guéoula de la sortie d'Égypte, il est écrit : « En ce jour même [hayom hazé], toutes les armées de Havayé sortirent du pays d'Égypte ». De même, pour la Torah et les mitsvot (telles qu'elles sont aujourd'hui), il est écrit : « Ce jour-ci [hayom hazé], Havayé ton D.ieu te commande », etc. Mais pour la guéoula future, il est écrit : « On dira en ce jour-là [bayom hahou] », etc.,
וְזֶהוּ שֶׁבְּהַגְּאוּלָה דִּיצִיאַת מִצְרַיִם כְּתִיב בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה יָצְאוּ כָּל צִבְאוֹת הוי' מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, וְכֵן בתומ"צ (כְּמוֹ שֶׁהֵם עַכְשָׁיו) כְּתִיב הַיּוֹם הַזֶּה ה' אֱלֹקֶיךָ מְצַוְּךָ גו', וּבִגְאוּלָּה הָעֲתִידָה כְּתִיב וְאָמַר בַּיּוֹם הַהוּא גו',
car la révélation qui eut lieu lors de la guéoula de la sortie d'Égypte est la révélation de la lumière telle qu'elle a été attirée en bas : « ce jour-ci ». Alors que lors de la guéoula future se révélera l'essence même de la lumière, telle qu'elle est au-delà de l'épanchement et de la révélation : « ce jour-là ».
כִּי הַגִּילּוּי שהי' בְּהַגְּאֻלָּה דיצי"מ הוּא הַגִּילּוּי דְּהָאוֹר כְּמוֹ שֶׁנִּמְשַׁךְ לְמַטָּה, יוֹם הַזֶּה, וּבִגְאוּלָּה הָעֲתִידָה יהי' גִּילּוּי עֶצֶם הָאוֹר כְּמוֹ שֶׁהוּא לְמַעְלָה מֵהַמְשָׁכָה וְגִילּוּי, יוֹם הַהוּא.
Il en va de même pour la nuit, c'est-à-dire l'obscurité qui est au-dessus de la lumière (et même au-dessus de l'essence de la lumière). L'obscurité elle-même, avant d'être attirée dans la révélation (et à plus forte raison telle qu'elle est dans sa racine), est appelée « cette nuit-là » [layla hahou]. Lorsqu'elle est attirée vers le bas, elle est appelée « cette nuit-ci » [layla hazé].
ועד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לַלַּיְלָה, בְּחִינַת הַחוֹשֶׁךְ שֶׁלְּמַעְלָה מֵאוֹר (לְמַעְלָה גַּם מֵעֶצֶם הָאוֹר), דְּהַחֹשֶׁךְ עַצְמוֹ לִפְנֵי שֶׁנִּמְשַׁךְ בְּגִילּוּי (ומכש"כ כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּשָׁרְשׁוֹ) נִקְרָא לַיְלָה הַהוּא, וְכַאֲשֶׁר נִמְשַׁךְ לְמַטָּה נִקְרָא לַיְלָה הַזֶּה.
Seulement, dans le cas de la nuit, « cette nuit-là » est plus bas que « cette nuit-ci ». L'obscurité de la nuit qui est au-dessus de la lumière est en effet la racine et la cause de l'obscurité au sens simple. Le voilement et l'occultation (l'obscurité au sens simple) produits par l'épanchement de l'essence même de l'obscurité (celle d'en haut), « cette nuit-là », forment donc une obscurité plus grande que celle que produit l'épanchement de l'obscurité telle qu'elle se présente dans l'épanchement, « cette nuit-ci ».
אֶלָּא שֶׁבְּנוֹגֵעַ לַלַּיְלָה, לַיְלָה הַהוּא הוּא לְמַטָּה מִלַּיְלָה הַזֶּה. דְּכֵיוָן שֶׁהַחֹשֶׁךְ דְּלַיְלָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵאוֹר הוּא הַשֹּׁרֶשׁ וְהַסִּבָּה שעי"ז נַעֲשֶׂה חוֹשֶׁךְ כִּפְשׁוּטוֹ, לָכֵן הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר (חוֹשֶׁךְ כִּפְשׁוּטוֹ) שֶׁנַּעֲשָׂה ע"י הַמְשָׁכַת עֶצֶם הַחוֹשֶׁךְ (שֶׁלְּמַעְלָה), לַיְלָה הַהוּא, הוּא חוֹשֶׁךְ גָּדוֹל יוֹתֵר מֵהַחֹשֶׁךְ שֶׁנַּעֲשָׂה ע"י הַמְשָׁכַת הַחוֹשֶׁךְ כְּמוֹ שֶׁבָּא בְּהַמְשָׁכָה, לַיְלָה הַזֶּה.
Car dans « cette nuit-ci », la nuit est sur le mode du « ceci » [zé] : on ressent de manière manifeste qu'il fait nuit [au point de pouvoir le montrer du doigt et dire « ceci »]. Dans « cette nuit-là », la nuit est sur le mode du caché (« celui-là » [hou]) : on ne ressent pas qu'il fait nuit.
דְּלַיְלָה הַזֶּה הוּא שֶׁהַלַּיְלָה הוּא בְּאוֹפֶן דְּזֶה, שֶׁנִּרְגָּשׁ בְּגִילּוּי [וְעַד לְגִילּוּי שֶׁאֶפְשָׁר לְהַרְאוֹת בְּאֶצְבַּע וְלוֹמַר זֶה] שֶׁהוּא לַיְלָה, וָלַיְלָה הַהוּא הוּא שֶׁהַלַּיְלָה הוּא בְּאוֹפֶן דְּהַסֵּתֶר (הוּא), שֶׁאֵין נִרְגָּשׁ שֶׁהוּא לַיְלָה.
[Il faut noter que les discours cités plus haut expliquent autrement « cette nuit-ci » et « cette nuit-là ». Le jour, c'est lorsqu'il y a une vision de la Divinité, ou du moins une compréhension de la Divinité. En revanche, lorsqu'il n'y a que l'émouna, on parle de « nuit ».
[וּלְהָעִיר, דִּבְהַדְּרוּשִׁים הנ"ל מְבוּאָר הָעִנְיָן דְּלַיְלָה הַזֶּה וָלַיְלָה הַהוּא בְּאוֹפֶן אַחֵר. דְּעִנְיַן יוֹם הוּא שֶׁיֶּשְׁנָהּ ראי' בֵּאלֹקוּת אוֹ עכ"פ הַשָּׂגָה בֵּאלֹקוּת, משא"כ כְּשֶׁיְּשַׁנֶּה רַק אֱמוּנָה נק' בְּשֵׁם לַיְלָה.
« Cette nuit-ci », c'est une émouna d'une grande force et d'une évidence absolue, à l'image de l'évidence de la vision. C'est ce qui est écrit : « Une nuit de veille [leil chimourim]… c'est cette nuit-ci. » La révélation qui eut lieu alors (« ceci ») n'abolissait pas l'obscurité de la nuit, puisqu'ils étaient encore en galout. Mais leur émouna était alors d'une certitude totale, comme la certitude de la vision.
וְעִנְיַן לַיְלָה הַזֶּה הוּא שֶׁהָאֱמוּנָה הִיא בְּתוֹקֶף גָּדוֹל וּבְתַכְלִית הַהִתְאַמְּתוּת, בְּדוּגְמַת הַהִתְאַמְּתוּת דראי'. וְזֶהוּ שֶׁכָּתוּב לֵיל שִׁמּוּרִים גו' הוּא הַלַּיְלָה הַזֶּה, דְּהַגִּלּוּי שהי' אָז (זֶה) לֹא הי' בְּאוֹפֶן שֶׁנִּתְבַּטֵּל חוֹשֶׁךְ הַלַּיְלָה, שֶׁהֲרֵי עֲדַיִין הָיוּ בַּגָּלוּת, אֶלָּא שֶׁהָאֱמוּנָה שֶׁלָּהֶם אָז הָיְתָה בְּוַדָּאוּת גְּמוּרָה, כְּהַוַּדַּאי דראי'.
[Ces discours expliquent que leur accession au degré de « cette nuit-ci » fut obtenue par leur service en Égypte, « avec le mortier et les briques ». Il en va de même aujourd'hui : pour qu'il y ait « cette nuit-ci », c'est-à-dire que le degré du « ceci » existe même au temps de la galout, il faut le labeur et l'effort dans l'étude de la Torah. « Avec le mortier [bé'homer] », c'est le kal va'homer ; « et avec les briques [ouvilvénim] », c'est le liboun hilkheta [la clarification de la halakha],
[וּמְבֹאָר שָׁם, דְּזֶה שֶׁהִגִּיעוּ לִבְחִינַת לַיְלָה הַזֶּה הוּא ע"י עֲבוֹדָתָם בְּמִצְרַיִם בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים. ועד"ז הוּא עַכְשָׁיו, שֶׁבִּכְדֵי שיהי' לַיְלָה הַזֶּה, שֶׁגַּם בִּזְמַן הַגָּלוּת יהי' בְּחִינַת זֶה, הוּא ע"י הֶעָמָל וְהַיְּגִיעָה בְּעֵסֶק הַתּוֹרָה, בְּחֹמֶר דָּא קַל וָחֹמֶר וּבִלְבֵנִים דָּא לִיבּוּן הִלְכְתָא,
De même, c'est par le labeur et l'effort au milieu des soucis de la parnassa [subsistance] - « À la sueur de ton front tu mangeras du pain » - que l'on y parvient, comme pour « cette nuit-ci » de la sortie d'Égypte, à laquelle ils parvinrent par leur service avec le mortier et les briques, au sens simple des mots.
ועד"ז ע"י הֶעָמָל וְהַיְּגִיעָה בְּטִרְדוֹת הַפַּרְנָסָה בְּזֵעַת אַפֶּיךָ תֹּאכַל לֶחֶם, וּכְמוֹ לַיְלָה הַזֶּה דִּיצִיאַת מִצְרַיִם שֶׁהִגִּיעוּ לְזֶה ע"י עֲבוֹדָתָם בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים, חוֹמֶר וּלְבֵנִים כִּפְשׁוּטָם.
C'est ce qui a été dit : « Quiconque prend sur lui le joug de la Torah, on lui retire le joug des occupations du monde [derekh érets] ; et quiconque rejette le joug de la Torah, on lui impose le joug des occupations du monde. » Car le joug des occupations du monde, lui aussi, conduit au degré de « cette nuit-ci »].
וְזֶהוּ שֶׁאָמְרוּ כָּל הַמְקַבֵּל עָלָיו עוֹל תּוֹרָה מַעֲבִירִין מִמֶּנּוּ עוֹל דֶּרֶךְ אֶרֶץ וְכָל הַפּוֹרֵק מִמֶּנּוּ עוֹל תּוֹרָה נוֹתְנִין עָלָיו עוֹל דֶּרֶךְ אֶרֶץ, כִּי גַּם ע"י עוֹל דֶּרֶךְ אֶרֶץ מַגִּיעִים לִבְחִינַת לַיְלָה הַזֶּה].
Selon cette explication de « cette nuit-ci » (celle des discours), il faut dire que « cette nuit-là » désigne l'état où la certitude de l'émouna elle-même fait défaut.
וע"פ פֵּירוּשׁ זֶה (שֶׁבַּהֲדִרוֹשִׁים) בַּלַּיְלָה הַזֶּה, צָרִיךְ לוֹמַר, דְּלַיְלָה הַהוּא הוּא שֶׁחָסֵר גַּם בְּוַדָּאוּת הָאֱמוּנָה.
On peut proposer une autre explication de « cette nuit-ci » et de « cette nuit-là » : les mots « ceci » et « celui-là » se rapportent à la nuit elle-même. Ou bien la nuit est manifeste (« ceci ») et l'on ressent qu'il fait nuit, ou bien elle est cachée (« celui-là ») et l'on ne ressent pas qu'il fait nuit].
וְיֵשׁ לוֹמַר עוֹד פֵּירוּשׁ בַּלַּיְלָה הַזֶּה וָלַיְלָה הַהוּא, שֶׁהַלָּשׁוֹן זֶה וְהוּא קָאֵי עַל הַלַּיְלָה. אִם הַלַּיְלָה הוּא בְּגִילּוּי (זֶה) שֶׁנִּרְגָּשׁ שֶׁהוּא לַיְלָה, אוֹ שֶׁהַלַּיְלָה הוּא בְּהֶסְתֵּר (הוּא) שֶׁאֵין נִרְגָּשׁ שֶׁהוּא לַיְלָה].
On le comprendra grâce à ce qui est expliqué en plusieurs endroits sur la parole : « L'Or Ein Sof [lumière infinie] est en haut, tout en haut, sans limite, et en bas, tout en bas, sans fin. » « En bas, tout en bas, etc. » désigne l'expansion et la révélation de l'Or Ein Sof, qui se répand et se révèle jusqu'en bas, tout en bas. « En haut, tout en haut, etc. » désigne le voilement et l'élévation qui sont dans l'Or Ein Sof : il s'élève et se voile, voilement après voilement et élévation après élévation, en haut, tout en haut.
וְיוּבַן זֶה ע"פ הַמְבֹאָר בכ"מ בְּפֵירוּשׁ הַמַּאֲמָר אוא"ס לְמַעְלָה מַעְלָה עַד אֵין קֵץ וּלְמַטָּה מַּטָּה עַד אֵין תַּכְלִית, דִּלְמַטָּה מַּטָּה כו' הו"ע הַהִתְפַּשְּׁטוּת וְהַגִּילּוּי דאוא"ס, שֶׁהוּא מִתְפַּשֵּׁט וּמִתְגַּלָּה עַד לְמַטָּה מַּטָּה, וּלְמַעְלָה מַעֲלֶה כו' הו"ע הַהִתְעַלְּמוּת והעלי' שבאוא"ס, שֶׁהוּא מִתְעַלֶּה וּמִתְעַלֵּם בְּהֶעְלֵם אַחַר הֶעְלֵם וּבְעִלּוּי אַחַר עִילּוּי, לְמַעְלָה מַעֲלֶה.
Or, même le « en bas, tout en bas, etc. », tel qu'il est dans l'Or Ein Sof, relève du voilement. En effet, la lumière d'avant la contraction, occultation [tsimtsoum], prise dans son ensemble, est une lumière incluse dans Son essence ; et une lumière incluse dans sa source [maor] est au-dessus de la révélation.
וְהִנֵּה גַּם הָעִנְיָן דִּלְמַטָּה מַּטָּה כו' כְּמוֹ שֶׁהוּא באוא"ס הוּא בחי' הֶעְלֵם. שֶׁהֲרֵי כְּלָלוּת הָאוֹר שֶׁלִּפְנֵי הַצִּמְצוּם הוּא אוֹר הַכָּלוּל בְּעַצְמוּתוֹ, וְאוֹר הַכָּלוּל בַּמָּאוֹר הוּא לְמַעְלָה מִגִּילּוּי.
Lorsqu'il se répand et se révèle jusqu'en bas, tout en bas, il n'en émane après le tsimtsoum - la lumière du kav [rayon], et même la lumière sovev [qui englobe] - qu'un rayonnement de la lumière d'avant le tsimtsoum.
וְזֶה שֶׁהוּא מִתְפַּשֵּׁט וּמִתְגַּלָּה עַד לְמַטָּה מַּטָּה, הֲרֵי הַגִּילּוּי שֶׁנִּמְשַׁךְ מִמֶּנּוּ לְאַחֲרֵי הַצִּמְצוּם (אוֹר הַקַּו, וַאֲפִילוּ אוֹר הַסּוֹבֵב) הוּא רַק הֶאָרָה מֵהָאוֹר שֶׁלִּפְנֵי הַצִּמְצוּם.
Néanmoins, puisque le « en bas, tout en bas, etc. » de l'Or Ein Sof est sa faculté d'expansion et de révélation, il relève de la révélation même tel qu'il est dans sa racine. Comme l'explique le hemchekh de la Hilloula, il est de l'ordre de la révélation jusque dans son essence même.
אֲבָל מ"מ, כֵּיוָן דְּזֶה שאוא"ס הוּא לְמַטָּה מַּטָּה כו' הוּא כֹּחַ הַהִתְפַּשְּׁטוּת וְהַגִּילּוּי דאוא"ס, הֲרֵי גַּם כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּשָׁרְשׁוֹ, הו"ע הַגִּילּוּי. וְכִמְבוֹאָר בְּהֶמְשֵׁךְ הַהִילוּלָא, שֶׁבְּעַצְמוּתוֹ גּוּפָא הוּא בִּבְחִינַת גִּילּוּי.
Tandis que le « en haut, tout en haut, etc. » de l'Or Ein Sof signifie que, même dans son essence, il n'est pas du domaine de la révélation.
משא"כ זֶה שאוא"ס הוּא לְמַעְלָה מַעֲלֶה כו' הוּא שֶׁגַּם בְּעַצְמוּתוֹ אֵינוֹ בְּגֶדֶר גִּילּוּי.
On peut dire que les deux aspects du jour, « ce jour-là » [yom hahou] et « ce jour-ci » [yom hazé], ont leur racine dans le « en bas, tout en bas, etc. ». La révélation effective (après le tsimtsoum) est la racine de « ce jour-ci », et la faculté de révélation de l'Or Ein Sof (avant le tsimtsoum) est la racine de « ce jour-là ».
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהַשֹּׁרֶשׁ דִּשְׁנֵי הָעִנְיָנִים דְּיוֹם, יוֹם הַהוּא וְיוֹם הַזֶּה, הוּא בְּהָעִנְיָן דִּלְמַטָּה מַּטָּה כו'. שֶׁהַגִּלּוּי בְּפוֹעַל (לְאַחֲרֵי הַצִּמְצוּם) הוּא הַשֹּׁרֶשׁ דְּיוֹם הַזֶּה, וְכֹחַ הַגִּילּוּי דאוא"ס (לִפְנֵי הַצִּמְצוּם) הוּא הַשֹּׁרֶשׁ דְּיוֹם הַהוּא.
La racine de la nuit (qui est au-dessus même de « ce jour-là ») est dans le « en haut, tout en haut, etc. ».
וְהַשֹּׁרֶשׁ דְּלַיְלָה (שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מִיּוֹם הַהוּא) הוּא בְּהָעִנְיָן דִּלְמַעְלָה מַעְלָה כו'.
Or, on sait que le tsimtsoum comporte deux aspects. D'une part, le tsimtsoum a pour but la révélation [et cela même comporte deux aspects : c'est précisément par le tsimtsoum que l'Or Ein Sof se révélera, dans le temps à venir, jusque dans les mondes ; et c'est par le tsimtsoum que se révéleront l'intériorité et l'essence de l'Or Ein Sof, qui sont au-dessus même de la lumière qui brillait avant le tsimtsoum],
וְהִנֵּה יָדוּעַ דִּבְצִמְצוּם שְׁנֵי עִנְיָנִים. זֶה שֶׁהַצִּמְצוּם הוּא בִּשְׁבִיל הַגִּילּוּי [וּבָזֶה גּוּפָא שְׁנֵי עִנְיָנִים. זֶה שע"י הַצִּמְצוּם דַּוְקָא יהי' לע"ל הַגִּילּוּי דאוא"ס גַּם בְּעוֹלָמוֹת, וְזֶה שע"י הַצִּמְצוּם יהי' הַגִּילּוּי דִּפְנִימִיּוּת וַעֲצָמוֹת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מֵהָאוֹר שֶׁהֵאִיר לִפְנֵי הַצִּמְצוּם],
et d'autre part, le tsimtsoum lui-même révèle la perfection de l'Or Ein Sof : il n'est pas limité, à D.ieu ne plaise, à la révélation, et il possède aussi la faculté de voilement.
וְזֶה שֶׁבְּהַצִּמְצוּם עַצְמוֹ מִתְגַּלֶּה הַשְּׁלֵימוּת דאוא"ס שֶׁאֵינוֹ מוּגְבָּל ח"ו בְּעִנְיַן הַגִּילּוּי וְיֵשׁ לוֹ גַּם כֹּחַ הַהֶעְלֵם.
On peut dire que, si le tsimtsoum comporte deux aspects, c'est parce que la faculté de voilement de l'Or Ein Sof, racine du tsimtsoum, comporte deux degrés.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁבַּצִּמְצוּם יֶשְׁנָם שְׁנֵי עִנְיָנִים, הוּא, כִּי בְּכֹחַ הַהֶעְלֵם דאוא"ס, שֹׁרֶשׁ הַצִּמְצוּם, שְׁתֵּי מַדְרֵיגוֹת.
La faculté de voilement, d'abord, en tant qu'elle se rapporte à la révélation [ce degré de la faculté de voilement de l'Or Ein Sof est lui aussi au-dessus de la faculté de révélation, mais il se rapporte néanmoins à la révélation] : le tsimtsoum qui s'épanche de ce degré a pour but la révélation.
כֹּחַ הַהֶעְלֵם כְּמוֹ שֶׁשַּׁיָּךְ לְעִנְיַן הַגִּילּוּי [שֶׁגַּם דַּרְגָּא זוֹ בְּכֹחַ הַהֶעְלֵם דאוא"ס הִיא לְמַעְלָה מִכֹּחַ הַגִּילּוּי, אֲבָל מ"מ הִיא שַׁיֶּכֶת לְגִילּוּי], דְּהַצִּמְצוּם שֶׁנִּמְשַׁךְ מִדַּרְגָּא זוֹ הוּא בִּשְׁבִיל הַגִּילּוּי.
Et le pouvoir essentiel de voilement (qui est au-delà de la révélation) : le tsimtsoum qui est attiré depuis ce degré existe (non pas en vue de la révélation, mais) pour que, dans le tsimtsoum lui-même, se révèle le pouvoir de voilement.
וְעֶצֶם כֹּחַ הַהֶעְלֵם (שֶׁלְּמַעְלָה מִגִּילּוּי), דְּהַצִּמְצוּם שֶׁנִּמְשַׁךְ מִדַּרְגָּא זוֹ הוּא (לֹא בִּשְׁבִיל הַגִּילּוּי, אֶלָּא) זֶה שֶׁבְּהַצִּמְצוּם עַצְמוֹ מִתְגַּלֶּה כֹּחַ הַהֶעְלֵם.
Sur cette base, on peut ajouter une explication à ceci : les deux aspects de la nuit (« cette nuit-là » [laïla hahou] et « cette nuit-ci » [laïla hazé]) se présentent, en bas, à l'inverse de ce qu'ils sont dans leur racine. En haut, « cette nuit-là » est au-dessus de « cette nuit-ci ». Mais tels qu'ils sont attirés en bas, l'occultation (au sens d'un manque) de « cette nuit-là » est une occultation plus grande que celle de « cette nuit-ci »,
ועפ"ז יֵשׁ לְהוֹסִיף בֵּיאוּר בָּזֶה שֶׁשְּׁנֵי הָעִנְיָנִים דְּלַיְלָה (לַיְלָה הַהוּא וָלַיְלָה הַזֶּה) כְּמוֹ שֶׁהֵם לְמַטָּה הֵם בְּאוֹפֶן הָפוּךְ מִכְּמוֹ שֶׁהֵם בְּשָׁרְשָׁם, דִּלְמַעְלָה לַיְלָה הַהוּא הוּא לְמַעְלָה מִלַּיְלָה הַזֶּה וּכְמוֹ שֶׁהֵם נִמְשָׁכִים לְמַטָּה הַהֶסְתֵּר (לִגְרִיעוּתָא) דְּלַיְלָה הַהוּא הוּא הֶסְתֵּר גָּדוֹל יוֹתֵר מֵהַהֶסְתֵּר דְּלַיְלָה הַזֶּה,
car les deux aspects de la nuit d'en haut sont, peut-on dire, les deux degrés mentionnés plus haut dans le pouvoir de voilement de l'Or Ein Sof [lumière infinie] :
כִּי שְׁנֵי הָעִנְיָנִים דְּלַיְלָה שֶׁלְּמַעְלָה, יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהֵם שְׁתֵּי דְּרָגוֹת הנ"ל בְּכֹחַ הַהֶעְלֵם דאוא"ס,
« Cette nuit-ci » est le pouvoir de voilement (« nuit ») qui est lié à la révélation (« ci »). Et puisque le tsimtsoum attiré depuis ce degré existe en vue de la révélation, la nuit (le voilement et l'occultation d'en bas) est de la nature de « ci » [zé] : on ressent de façon manifeste qu'elle est nuit.
לַיְלָה הַזֶּה הוּא כֹּחַ הַהֶעְלֵם (לַיְלָה) שֶׁשַּׁיָּךְ לְגִילּוּי (הַזֶּה), וְכֵיוָן שֶׁהַצִּמְצוּם שֶׁנִּמְשַׁךְ מִדַּרְגָּא זוֹ הוּא בִּשְׁבִיל הַגִּילּוּי, לָכֵן, הַלַּיְלָה (הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר שֶׁלְּמַטָּה) הוּא בְּאוֹפֶן דְּזֶה, שֶׁנִּרְגָּשׁ בְּגִילּוּי שֶׁהוּא לַיְלָה.
Car le voilement ne conduit à la révélation que lorsque le voilement est ressenti [à l'instar de la soif de Divinité au temps de la galout (« nuit »), plus grande qu'au temps du Beth HaMikdach : c'est la révélation qui vient par le voilement, et elle ne se produit précisément que parce que le voilement et l'occultation de la galout sont ressentis].
כִּי זֶה שֶׁהַהֶעְלֵם מֵבִיא לְגִילּוּי הוּא דַּוְקָא כְּשֶׁנִּרְגָּשׁ הַהֶעְלֵם [וע"ד הַצִּמָּאוֹן לֵאלֹקוּת שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת (לַיְלָה) שֶׁהוּא יוֹתֵר מִבִּזְמַן הַבַּיִת, שֶׁהוּא הַגִּילּוּי הַבָּא ע"י הַהֶעְלֵם, שֶׁזֶּהוּ דַּוְקָא ע"י שֶׁנִּרְגָּשׁ הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר דְּהַגָּלוּת].
Et « cette nuit-là » est le pouvoir essentiel de voilement, au-delà de tout lien avec la révélation. Le tsimtsoum attiré depuis ce degré existe (non pas en vue de la révélation, mais) pour qu'en lui se révèle le pouvoir de voilement. C'est pourquoi la nuit d'en bas, attirée depuis cet aspect du tsimtsoum, est de la nature de « là » [hou] : on ne ressent pas qu'elle est voilement et occultation.
וָלַיְלָה הַהוּא הוּא עֶצֶם כֹּחַ הַהֶעְלֵם שֶׁלְּמַעְלָה מִשַּׁיָּכוּת לְגִילּוּי, דְּהַצִּמְצוּם שֶׁנִּמְשַׁךְ מִדַּרְגָּא זוֹ הוּא (לֹא בִּשְׁבִיל הַגִּילּוּי, אֶלָּא) שֶׁבּוֹ מִתְגַּלֶּה כֹּחַ הַהֶעְלֵם, וְלָכֵן הַלַּיְלָה שֶׁלְּמַטָּה הַנִּמְשָׁךְ מֵעִנְיַן זֶה דְּהַצִּמְצוּם הוּא בְּאוֹפֶן דְּהוּא שֶׁאֵין נִרְגָּשׁ שֶׁהוּא הֶעְלֵם וְהֶסְתֵּר.
La différence entre ces deux aspects, dans le service de l'homme, est la suivante. Le service dans la nuit (les ténèbres de la galout, et de même les ténèbres de ce monde dans son ensemble), lorsqu'il procède du tsimtsoum qui existe en vue de la révélation, consiste dans le désir ardent et la soif de sortir des ténèbres de la nuit.
וְהַחִילוּק שֶׁבֵּין שְׁנֵי עִנְיָנִים אֵלֶּה בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם, הוּא, שֶׁהָעֲבוֹדָה בַּלַּיְלָה (חוֹשֶׁךְ הַגָּלוּת, ועד"ז הַחוֹשֶׁךְ דִּכְלָלוּת עוה"ז) מִצַּד הַצִּמְצוּם שֶׁבִּשְׁבִיל הַגִּילּוּי הִיא הַתְּשׁוּקָה וְהַצִּמָּאוֹן לָצֵאת מֵחֹשֶׁךְ הַלַּיְלָה.
Et le service dans la nuit, lorsqu'il procède de ce que, dans le tsimtsoum, se révèle le pouvoir de voilement, consiste dans la méditation, etc., sur la racine des ténèbres de la nuit elles-mêmes, dont la racine se trouve dans le voilement essentiel.
וְהָעֲבוֹדָה בַּלַּיְלָה מִצַּד זֶה שֶׁבְּהַצִּמְצוּם מִתְגַּלֶּה כֹּחַ הַהֶעְלֵם הִיא הַהִתְבּוֹנְנוּת וכו' בְּהַשֹּׁרֶשׁ דְּחֹשֶׁךְ הַלַּיְלָה עַצְמוֹ, שֶׁשָּׁרְשׁוֹ הוּא בְּהֶעְלֵם הָעַצְמִי.
Tel est le sens de « Cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit » - « il s'agit du Roi de l'univers ». C'est « cette nuit-là » qui a fait que « le sommeil du roi s'enfuit », car la racine de « cette nuit-là » d'en bas provient de l'aspect de « cette nuit-là » d'en haut, qui est au-delà du voilement de « ce jour-là », et même au-delà du voilement de « cette nuit-ci ».
ז) וְזֶהוּ בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ זֶה מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם, דְּלַיְלָה הַהוּא הוּא שֶׁגָּרַם לִהְיוֹת נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ, כִּי הַשֹּׁרֶשׁ דְּלַיְלָה הַהוּא שֶׁלְּמַטָּה הוּא מִבְּחִינַת לַיְלָה הַהוּא דִּלְמַעְלָה, שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַהֶעְלֵם דְּיוֹם הַהוּא וַאֲפִילוּ מֵהַהֶעְלֵם דְּלַיְלָה הַזֶּה.
Et parce qu'Israël se tint alors dans la mesirout néfech [don total de soi] toute l'année durant, une mesirout néfech qui procédait de l'occultation [à l'instar de ce qui est expliqué ailleurs : au temps de la galout, la force de mesirout néfech se révèle davantage qu'au temps du Beth HaMikdach], l'aspect de « cette nuit-là » d'en haut fut attiré (de manière révélée) dans « cette nuit-là » d'en bas.
וע"י שֶׁיִּשְׂרָאֵל עָמְדוּ אָז במס"נ בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה, שהמס"נ שֶׁלָּהֶם הָיְתָה מִצַּד הַהֶסְתֵּר [וע"ד הַמְבֹאָר במק"א שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת גִּילּוּי כֹּחַ המס"נ הוּא יוֹתֵר מִבִּזְמַן הַבַּיִת], נִמְשָׁךְ (בְּגִילּוּי) בְּחִינַת לַיְלָה הַהוּא דִּלְמַעְלָה בַּלַּיְלָה הַהוּא דִּלְמַטָּה.
Tel est le lien entre les deux interprétations de « Cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit ». Selon la première, « cette nuit-là » provoque le sommeil (et si le passouk dit « Cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit », c'est pour souligner le miracle : bien que ce fût « cette nuit-là », néanmoins « le sommeil du roi s'enfuit ») ; selon la seconde, « cette nuit-là » a fait que « le sommeil du roi s'enfuit ». Car si « cette nuit-là » provoque le sommeil, c'est telle qu'elle est par elle-même ; mais lorsque sa racine, l'aspect de « cette nuit-là » d'en haut, est attirée en elle, alors, tout au contraire, elle fait que « le sommeil du roi s'enfuit ».
וְזֶהוּ הַקֶּשֶׁר דִּשְׁנֵי הַפֵּרוּשִׁים בִּבְלִילָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ, שְׁלִילָה הַהוּא גּוֹרֵם עִנְיַן הַשֵּׁנָה (ומ"ש בַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ הוּא לְהַדְגִּישׁ הַנֵּס, דַּהֲגַם שהי' בַּלַּיְלָה הַהוּא מ"מ נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ) וּשְׁלִילָה הַהוּא גָּרַם לִהְיוֹת נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ, כִּי זֶה שְׁלִילָה הַהוּא גּוֹרֵם עִנְיַן הַשֵּׁנָה הוּא כְּמוֹ שֶׁהוּא מִצַּד עַצְמוֹ, אֲבָל ע"י שֶׁנִּמְשַׁךְ בּוֹ שָׁרְשׁוֹ, בְּחִינַת לַיְלָה הַהוּא דִּלְמַעְלָה, הֲרֵי אַדְּרַבָּה, הוּא גּוֹרֵם לִהְיוֹת נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ.
On peut ajouter que « le sommeil du roi s'enfuit » est plus élevé encore que « cette nuit-là » d'en haut [et « cette nuit-là » ne fait que causer l'épanchement de « le sommeil du roi s'enfuit »].
ח) וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דְּנִדְּדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ הוּא לְמַעְלָה יוֹתֵר גַּם מִלַּיְלָה הַהוּא שֶׁלְּמַעְלָה [וָלַיְלָה הַהוּא הוּא רַק גּוֹרֵם לְהַמְשָׁכַת נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ].
L'explication en est la suivante. Le jour et la nuit, c'est-à-dire le pouvoir de voilement et le pouvoir de révélation qui sont dans l'Or Ein Sof, sont deux choses distinctes. C'est pourquoi, même après l'épanchement de l'aspect de « cette nuit-là » d'en haut dans « cette nuit-là » d'en bas, celle-ci reste nuit [et plus encore : « cette nuit-là »], car ce qui y est attiré, c'est le pouvoir de voilement, et non le pouvoir de révélation.
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּיוֹם וָלַיְלָה, כֹּחַ הַהֶעְלֵם וְכֹחַ הַגִּילּוּי שבאוא"ס, הֵם שְׁנֵי עִנְיָנִים, וְלָכֵן, גַּם לְאַחֲרֵי הַמְשָׁכַת בְּחִינַת לַיְלָה הַהוּא דִּלְמַעְלָה בַּלַּיְלָה הַהוּא דִּלְמַטָּה, הוּא נִשְׁאַר לַיְלָה [וְעוֹד יוֹתֵר, לַיְלָה הַהוּא], כִּי זֶה שֶׁנִּמְשַׁךְ בּוֹ הוּא כֹּחַ הַהֶעְלֵם וְלֹא כֹּחַ הַגִּילּוּי.
Il en va de même du fait qu'ils se tinrent dans la mesirout néfech toute l'année durant. Leur mesirout néfech procédait de l'occultation (comme on l'a vu au paragraphe 7) : c'est par l'occultation que s'éveille ce qui, dans l'âme, est voilé et se tient au-delà de la révélation. Aussi cela ne touche-t-il pas (tellement) les facultés manifestes ; et quant aux facultés manifestes, ils se trouvaient (même après la mesirout néfech) dans l'état de « cette nuit-là ».
ועד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לְזֶה שֶׁעָמְדוּ במס"נ בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה, דְּכֵיוָן שהמס"נ שֶׁלָּהֶם בָּאָה מִצַּד הַהֶסְתֵּר (כנ"ל סְעִיף ז), שע"י הַהֶסְתֵּר מִתְעוֹרֵר הַהֶעְלֵם דִּנְשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה מִגִּילּוּי, אֵין זֶה שַׁיָּךְ (כ"כ) לְכֹחוֹת הַגְּלוּיִים, וּבַנּוֹגֵעַ לְכֹחוֹת הַגְּלוּיִים הָיוּ (גַּם לְאַחֲרֵי המס"נ) בְּמַצָּב דְּלַיְלָה הַהוּא.
C'est ce qu'explique le maamar : si, pendant le sommeil, la supériorité des facultés les unes sur les autres n'est pas perceptible, c'est à l'image des facultés telles qu'elles sont incluses dans l'essence de l'âme, où toutes les facultés sont à égalité.
וע"ד הַמְבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר דְּזֶה שֶׁבְּעֵת הַשֵּׁנָה אֵין נִיכָּר מַעֲלַת הַכֹּחוֹת זֶה עַל זֶה הוּא בְּדוּגְמַת הַכֹּחוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵם כְּלוּלִים בְּעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ, שֶׁשָּׁם כָּל הַכֹּחוֹת הֵם בְּהַשְׁוָאָה.
On en comprend que le sommeil comporte une supériorité : c'est alors précisément que les facultés s'élèvent vers leur source. Seulement, cette supériorité ne concerne pas les facultés manifestes (les révélations) ; bien au contraire, il se produit dans les facultés manifestes un amoindrissement et un manque.
וּמִזֶּה מוּבָן, שֶׁיֵּשׁ מַעֲלָה בְּשֵׁנָה, שֶׁאָז דַּוְקָא מִתְעַלִּים הַכֹּחוֹת לִמְקוֹרָם, אֶלָּא שֶׁמַּעֲלָה זוֹ אֵינָהּ שַׁיֶּכֶת לְכֹחוֹת הַגְּלוּיִים (גִילּוּיִים), וְאַדְּרַבָּה, בְּכֹחוֹת הַגְּלוּיִים נַעֲשֶׂה גֵרָעוֹן וְחֶסְרוֹן.
Et le fait que « cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit » (« le sommeil du roi s'enfuit » désignant les révélations qui découlent de ce que l'Or Ein Sof s'étend vers le bas, toujours plus bas, sans fin : la ligne de la révélation) est la jonction du voilement et de la révélation.
וְזֶה שֶׁבַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ, דְּנָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ הו"ע הַגִּילּוּיִים הַנִּמְשָׁכִים מִזֶּה שאוא"ס הוּא לְמַטָּה מַּטָּה עַד אֵין תַּכְלִית (קַו הַגִּילּוּי), הוּא הַחִיבּוּר דְּהֶעְלֵם וְגִילּוּי.
Comme il est expliqué dans l'exposé [droush] susmentionné de l'Admour HaEmtsaï : « cette nuit-là, le sommeil du roi s'enfuit » est semblable à la parabole de la gazelle, qui a un œil ouvert et un œil fermé - révélation et voilement ensemble.
וְכִמְבוֹאָר בִּדְרוּשׁ הנ"ל לאדמו"ר הָאֶמְצָעִי דְּזֶה שֶׁבַּלַּיְלָה הַהוּא נָדְדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ הוּא כִּמְשַׁל הַצְּבִי שֶׁעֵינוֹ אַחַת פְּתוּחָה וְעֵינוֹ אַחַת קְמוּצָה, גִּילּוּי וְהֶעְלֵם בְּיַחַד.
Il y est expliqué que, si la jonction des deux contraires, le voilement et la révélation, s'opéra alors, c'est parce qu'il y eut alors une révélation de l'Essence [Atsmout] ; or, au regard de l'Essence, le voilement et la révélation ne sont pas des contraires. Ainsi qu'il est expliqué ailleurs : le pouvoir de l'Essence d'éclairer et son pouvoir de ne pas éclairer ne font qu'une seule et même chose.
וּמְבֹאָר שָׁם, דְּזֶה שהי' אָז הַחִיבּוּר דִּשְׁנֵי הַהֲפָכִים דְּהֶעְלֵם וְגִילּוּי הוּא לְפִי שֶׁאָז הי' גִּילּוּי הָעֲצָמוֹת, שֶׁלְּגַבֵּי הָעֲצָמוֹת, הַהֶעְלֵם וְהַגִּילּוּי אֵינָם הֲפָכִים. וְכִמְבוֹאָר במק"א דְּזֶה שֶׁהָעֲצָמוֹת בִּיכָלְתּוֹ לְהָאִיר וּבִיכָלְתּוֹ שֶׁלֹּא לְהָאִיר, שְׁנֵיהֶם הֵם עִנְיָן אֶחָד.
Et l'on peut dire que, lorsque le maamar affirme que « le sommeil du roi fut troublé » grâce à la mesirout néfech [don total de soi] d'Israël tout au long de l'année, il vise aussi l'épanchement de l'Essence [Atsmout] qui eut lieu alors. En effet, la mesirout néfech provient de l'essence même de l'âme ; c'est pourquoi, par la mesirout néfech, ils attirèrent l'Essence.
וְיֵשׁ לוֹמַר דמ"ש בְּהַמַּאֲמָר דְּזֶה שֶׁנִּדְּדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ נַעֲשָׂה עַל יְדֵי המס"נ דְּיִשְׂרָאֵל בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה, הַכַּוָּנָה הִיא גַּם לְהַמְשָׁכַת הָעֲצָמוֹת שֶׁהָיְתָה אָז, כִּי מס"נ בָּאָה מֵעֶצֶם הַנְּשָׁמָה, וְלָכֵן, ע"י המס"נ הִמְשִׁיכוּ הָעֲצָמוֹת.
Et l'on peut relier cela à ce qu'explique le maamar : du fait que « le sommeil du roi fut troublé », se réalisa l'union de la lumière enveloppante [makif] avec la lumière intérieure [pnimi], si bien que même la lumière qui se tient au-delà de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout] (le makif) s'épancha de manière intérieure,
ט) וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם הַמְבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר דע"י שֶׁנִּדְּדָה שְׁנַת הַמֶּלֶךְ נַעֲשָׂה חִיבּוּר הַמַּקִּיף עִם הַפְּנִימִי, שֶׁגַּם הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת (מַקִּיף) נִמְשָׁךְ בִּפְנִימִיּוּת,
Car la racine du makif et du pnimi, c'est le dévoilement et le voilement [le makif relève du dévoilement, tandis que le pnimi, qui s'épanche par un contraction, occultation [tsimtsoum], relève du voilement]. Or, par l'épanchement de l'Essence qui eut lieu alors, et par lequel le voilement et le dévoilement s'unirent, se réalise aussi l'union du makif et du pnimi.
כִּי הַשֹּׁרֶשׁ דְּמַקִּיף וּפְנִימִי הוּא גִּילּוּי וְהֶעְלֵם [דְּמַקִּיף הוּא מִצַּד הַגִּילּוּי, וְהַפְּנִימִי שֶׁנִּמְשַׁךְ ע"י צִמְצוּם הוּא מִצַּד הַהֶעְלֵם], וע"י הַמְשָׁכַת הָעֲצָמוֹת שֶׁהָיְתָה אָז, שעי"ז נִתְחַבֵּר הַהֶעְלֵם וְהַגִּילּוּי, נַעֲשֶׂה גַּם הַחִיבּוּר דְּמַקִּיף וּפְנִימִי.
Et par là s'épancha une yechoua [délivrance] générale pour l'ensemble d'Israël. Car les klipot [écorces, forces d'occultation] ont davantage de prise sur le niveau du makif, pour y puiser. C'est le sens de l'arbre que fit Haman, « haut de cinquante coudées » : il s'éleva pour recevoir de la porte du Noun [la cinquantième porte], qui se tient au-delà de l'hichtalchelout (le makif). Et parce que le makif s'épancha de manière intérieure, se réalisa : « Pour les Juifs, il y eut lumière et joie, allégresse et honneur. » Qu'il en soit ainsi pour nous.
ועי"ז נִמְשָׁךְ יְשׁוּעָה כְּלָלִית לִכְלַל יִשְׂרָאֵל, דְּבִבְחִינַת הַמַּקִּיף, יֵשׁ שַׁיְיכוּת יוֹתֵר לְהַקְּלִפּוֹת לְקַבֵּל מִשָּׁם, דְּזֶהוּ שֶׁעָשָׂה הַמָּן אֶת הָעֵץ גָּבוֹהַּ חֲמִשִּׁים אֻמָּה שהגבי' עַצְמוֹ לְקַבֵּל מִשַּׁעַר הנו"ן שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת (מַקִּיף), וע"י שֶׁנִּמְשַׁךְ הַמַּקִּיף בִּפְנִימִיּוּת, נַעֲשֶׂה לַיְּהוּדִים הָיְתָה אוֹרָה וְשִׂמְחָה וְשָׂשֹׂן וְיֹקֶר, כֵּן תהי' לָנוּ.
B.H. [Barou'h Hachem] Au mérite de le Rav, le Tamim, Aharon ben 'Hanna, pour une guérison complète et prochaine, et qu'il recouvre entièrement ses forces
ב"ה לִזְכּוֹת הרה"ת אַהֲרֹן בֶּן חַנָּה לִרְפוּאָה שְׁלֵמָה וּקְרוֹבָה וְיַחֲזוֹר לְאֵיתָנוֹ לְגַמְרֵי