HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5731
MAAMARמאמר
בְּיוֹם עַשְׁתֵּי עָשָׂר
« Le onzième jour »
11 Nissan 5731 [1971]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתשל"א · 1971
MAAMARמאמר

בְּיוֹם עַשְׁתֵּי עָשָׂר

« Le onzième jour »

11 Nissan 5731 [1971]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5731. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5731. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Avec l'aide du Ciel. 11 Nissan 5731 [1971]. « Le onzième jour, le prince des enfants d'Acher, Paguiel fils d'Okhran. »
בס"ד. י"א ניסן ה'תשל"א בְּיוֹם עַשְׁתֵּי עָשָׂר יוֹם נָשִׂיא לִבְנֵי אָשֵׁר פַּגְעִיאֵל בֶּן עָכְרָן
« Le onzième jour, le prince des enfants d'Acher. » Le Midrach rapporte que toutes les tribus reçurent leur nom en vue de la guéoula d'Israël et de sa louange. Acher, lui, reçut son nom en vue de la guéoula d'Israël, comme il est dit :
בְּיוֹם עַשְׁתֵּי עָשָׂר יוֹם נָשִׂיא לִבְנֵי אָשֵׁר, ואיתא בַּמִּדְרָשׁ כָּל הַשְּׁבָטִים לְשֵׁם גְּאוּלָּתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל וּלְשֵׁם שִׁבְחָן נִקְרְאוּ שְׁמוֹתָם, וְאָשֵׁר נִקְרָא שְׁמוֹ לְשֵׁם גְּאוּלָּתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל כמה דתימא
« Toutes les nations vous diront heureux [veichrou etkhem], car vous serez une terre de délices, dit Hachem Tsevaot. »
וְאִשְּׁרוּ אֶתְכֶם כָּל הַגּוֹיִם כִּי תִהְיוּ אַתֶּם אֶרֶץ חֵפֶץ אָמַר ה' צְבָאוֹת
« Heureux le peuple [achrei ha'am] à qui il en est ainsi, heureux le peuple dont Hachem est le D.ieu. »
אַשְׁרֵי הָעָם שֶׁכָּכָה לּוֹ אַשְׁרֵי הָעָם שֶׁה' אֱלֹקָיו
Le bonheur [ichouran] d'Israël tient uniquement à ceci : ils ont choisi HaKadoch Barou'h Hou pour qu'Il soit leur D.ieu, et HaKadoch Barou'h Hou les a choisis pour qu'ils soient Son peuple précieux [héb. am segoula].
אֵין אִשּׁוּרָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל אֶלָּא עַל שֶׁבָּחֲרוּ בהקב"ה לִהְיוֹת לָהֶם לֵאלֹקִים והקב"ה בָּחַר בָּהֶם לִהְיוֹת לוֹ לְעַם סְגוּלָּה,
C'est pourquoi, quand le prince d'Acher vint présenter son offrande, il présenta son offrande en référence au choix que HaKadoch Barou'h Hou a fait d'Israël parmi toutes les nations, comme il est dit : « Et c'est toi qu'Hachem ton D.ieu a choisi pour être Son peuple précieux. »
וּלְפִיכָךְ כְּשֶׁבָּא נָשִׂיא אָשֵׁר לְהַקְרִיב, הִקְרִיב קָרְבָּנוֹ ע"ש הַבְּחִירָה שֶׁבָּחַר הקב"ה בְּיִשְׂרָאֵל מִכָּל הָאוּמּוֹת, כמה דתימא וּבְךָ בָּחַר ה' אֱלֹקֶיךָ לִהְיוֹת לוֹ לְעַם סְגוּלָּה.
Il faut comprendre. Au début du passage, le Midrach dit que le bonheur d'Israël vient de ce qu'ils ont choisi HaKadoch Barou'h Hou (la suite, selon laquelle HaKadoch Barou'h Hou les a choisis, semble ne venir que comme un élément supplémentaire). Ensuite pourtant, il dit qu'Acher (nommé d'après le bonheur d'Israël) présenta son offrande au nom du choix que HaKadoch Barou'h Hou a fait d'Israël.
וְצָרִיךְ לְהָבִין, דְּבִתְחִלַּת הָעִנְיָן אוֹמֵר דְּאִשּׁוּרָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל הוּא שֶׁבָּחֲרוּ בהקב"ה (וְזֶה שֶׁמַּמְשִׁיךְ שהקב"ה בָּחַר בָּהֶם הוּא לִכְאוֹרָה כְּמוֹ דָּבָר נוֹסָף), ולאח"ז אוֹמֵר דְּאָשֵׁר (עַל שֵׁם אִשּׁוּרָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל) הִקְרִיב קָרְבָּנוֹ עַל שֵׁם הַבְּחִירָה שֶׁבָּחַר הקב"ה בְּיִשְׂרָאֵל.
Il faut aussi comprendre ceci : on ne parle de choix [be'hira] qu'entre deux choses équivalentes, ou dont chacune possède une qualité que l'autre n'a pas. Mais entre HaKadoch Barou'h Hou et, toute distinction gardée, les dieux étrangers, comment peut-on dire qu'Israël a choisi HaKadoch Barou'h Hou ? Il en va de même du choix que HaKadoch Barou'h Hou a fait d'Israël : Israël est incomparablement plus élevé que toutes les nations. Que signifie alors que HaKadoch Barou'h Hou a choisi Israël ?
גַּם צָרִיךְ לְהָבִין, דִּבְחִירָה שַׁיָּךְ דַּוְקָא בִּשְׁנֵי דְּבָרִים שֶׁשְּׁנֵיהֶם שָׁוִים, אוֹ שֶׁבְּכָל אֶחָד מֵהֶם יֵשׁ מַעֲלָה שֶׁאֵין בְּזוּלָתוֹ, אֲבָל בְּנוֹגֵעַ להקב"ה וּלְהַבְדִּיל אֱלֹקֵי הַנֵּכָר, הַאֵיךְ שַׁיָּךְ לוֹמַר שֶׁיִּשְׂרָאֵל בָּחֲרוּ בהקב"ה. ועד"ז בָּזֶה שהקב"ה בָּחַר בְּיִשְׂרָאֵל, הֲרֵי יִשְׂרָאֵל הֵם נַעֲלִים בְּאֵין עָרוּךְ מִכָּל הָאוּמּוֹת, וּמַהוּ שהקב"ה בָּחַר בְּיִשְׂרָאֵל.
De même, ce qui est écrit dans le Tanya demande une explication. Selon le Tanya, « c'est nous que Tu as choisis parmi tout peuple et toute langue » désigne le corps matériel, semblable par sa matérialité aux corps des nations du monde. Or que le corps juif ressemble (extérieurement) aux corps des nations du monde n'explique (apparemment) rien du côté de HaKadoch Barou'h Hou.
גַּם מ"ש בְּתַנְיָא דְּבָנוּ בָחַרְתָּ מִכָּל עַם וְלָשׁוֹן הוּא הַגּוּף הֶחָמְרִי הַנִּדְמֶה בְּחוּמְרִיּוּתוֹ לְגוּפֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם, צָרִיךְ בֵּיאוּר, דְּזֶה שֶׁהַגּוּף דְּיִשְׂרָאֵל נִדְמֶה (בְּחִיצוֹנִיּוּת) לְגוּפֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם אֵין זֶה בֵּיאוּר (לִכְאוֹרָה) בְּנוֹגֵעַ להקב"ה.
« Hachem est ma part, dit mon âme, c'est pourquoi j'espérerai en Lui. »
חֶלְקִי ה' אָמְרָה נַפְשִׁי עַל כֵּן אוֹחִיל לוֹ
b) Cela se comprendra si l'on commence par ce qui est écrit : « Havayé est ma part, dit mon âme. » Le Midrach rapporte cette parabole. Un roi entra dans une province, accompagné de ducs, de gouverneurs et de généraux, etc. L'un dit : « Moi, je prends un duc pour moi. » Un autre dit : « Moi, je prends un gouverneur pour moi. » Un autre encore : « Moi, je prends un général pour moi. » Il se trouvait là un homme avisé, qui dit : « Moi, je prends le roi, car tous les autres sont remplacés, mais le roi n'est pas remplacé. » Il en va ainsi des nations du monde : certaines servent le soleil, d'autres la lune, etc., mais Israël ne sert que HaKadoch Barou'h Hou. C'est ce qui est écrit : « Havayé est ma part, dit mon âme. »
ב) וְיוּבַן זֶה בְּהַקְדִּים מ"ש חֶלְקִי הוי' אָמְרָה נַפְשִׁי, ואיתא בַּמִּדְרָשׁ מָשָׁל לְמֶלֶךְ שֶׁנִּכְנָס לִמְדִינָה וְהָיוּ עִמּוֹ דוכסין ואפרכין ואיסטרטילוטין כו', חד אמר אנא נסב דוכסין לגבי חד אמר אנא נסב אפרכין לגבי וחד אמר אנא נסב איסטרטילוטין לגבי, הי' פִּקֵּחַ אֶחָד לְשָׁם אמר אנא נסב מלכא דכולהו מתחלפין ומלכא אֵינוֹ מתחלף, כֵּן אוה"ע מֵהֶן עוֹבְדִין לַחַמָּה וּמֵהֶן עוֹבְדִין לַלְּבָנָה כו' אֲבָל יִשְׂרָאֵל אֵינָן עוֹבְדִין אֶלָּא להקב"ה, הה"ד חֶלְקִי הוי' אָמְרָה נַפְשִׁי.
On connaît la difficulté que soulève ce texte. À première vue, même celui qui n'est pas avisé, et même un petit enfant, sait que le roi est plus grand que les ducs, etc. Pourquoi faudrait-il être avisé pour choisir le roi ?
וְיָדוּעַ הַדִּיּוּק בָּזֶה, דְּלִכְאוֹרָה, הֲרֵי גַּם מִי שֶׁאֵינוֹ פִּקֵּחַ וַאֲפִילוּ תִּינוֹק קָטָן יוֹדֵעַ שֶׁהַמֶּלֶךְ הוּא גָּדוֹל יוֹתֵר מהדכסין וכו', וּמַה צְרִיכִים לְפִקְּחוּת בִּכְדֵי לִבְחֹר בְּהַמֶּלֶךְ.
De plus, même si les ducs, etc., n'étaient pas remplacés, il irait de soi que le roi est plus grand qu'eux [surtout selon l'explication connue du verset [passouk] « des épaules et au-dessus, il dépassait tout le peuple » : même les épaules du roi, c'est-à-dire ses attributs affectifs [midot], qui procèdent de l'intellect logé dans la tête et se situent plus bas que lui, sont plus élevées que la tête (l'intellect) de tout le peuple, et « tout le peuple » inclut même les plus grands ministres]. Pourquoi donc invoquer la raison « car tous les autres sont remplacés » ?
וְגַם, הֲרֵי גַּם אִם הדכסין וכו' לֹא הָיוּ מתחלפין הי' מוּבָן בְּפַשְׁטוּת שֶׁהַמֶּלֶךְ הוּא גָּדוֹל מֵהֶם [וּבִפְרָט לְפִי הַיָּדוּעַ בְּפֵירוּשׁ הַכָּתוּב מִשִּׁכְמוֹ וָמַעְלָה גָּבֹהַּ מִכָּל הָעָם, שֶׁגַּם שִׁכְמוֹ שֶׁל הַמֶּלֶךְ, הַיְנוּ הַמִּדּוֹת שֶׁנִּמְשָׁכִים מֵהַשֵּׂכֶל שֶׁבָּרֹאשׁ וּלְמַטָּה מִמֶּנּוּ, הוּא גָּבוֹהַּ יוֹתֵר מֵהָרֹאשׁ (הַשֵּׂכֶל) שֶׁל כָּל הָעָם, שֶׁבָּזֶה (כָּל הָעָם) נִכְלָלִים גַּם הַשָּׂרִים הכי גְּדוֹלִים], וְלָמָּה צָרִיךְ לְהַטַּעַם דכולהו מתחלפין.
c) Or, on pourrait apparemment l'expliquer d'après ce que l'on sait des premières générations. Ceux qui servaient les astres et les constellations savaient que l'abondance [chéfa] qui s'épanche sur la terre par l'intermédiaire des astres et des constellations (« les fruits précieux du soleil et les fruits précieux que font pousser les lunes ») n'est pas une influence qu'ils exercent eux-mêmes : c'est HaKadoch Barou'h Hou qui l'exerce par leur intermédiaire. Mais ils se trompèrent : ils pensèrent que l'abondance qui s'épanche de Lui, béni soit-Il, par l'intermédiaire des astres et des constellations dépend de leur libre choix. Ils ignoraient la vérité : les astres n'ont aucun libre choix et ne sont que comme la hache dans la main de celui qui taille.
ג) וְהִנֵּה לִכְאוֹרָה הי' אֶפְשָׁר לְבָאֵר זֶה עַל פִּי הַיָּדוּעַ שֶׁבְּדוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים, אֵלּוּ שֶׁעָבְדוּ לְכוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת, יָדְעוּ שֶׁהַשֶּׁפַע שֶׁנִּשְׁפָּע בָּאָרֶץ ע"י הכו"מ (מִמֶּגֶד תְּבוּאוֹת שָׁמֶשׁ וּמִמֶּגֶד גֶּרֶשׁ יְרָחִים) הוּא (לֹא שֶׁהֵם עַצְמָם מַשְׁפִּיעִים, אֶלָּא) שהקב"ה מַשְׁפִּיעַ עַל יָדָם, אֶלָּא שֶׁטָּעוּ וְחָשְׁבוּ שֶׁהַשֶּׁפַע שֶׁנִּשְׁפָּע מִמֶּנּוּ ית' ע"י הכו"מ הוּא בִּבְחִירָתָם, וְלֹא יָדְעוּ אֶת הָאֱמֶת שֶׁאֵין לָהֶם בְּחִירָה כְּלָל, וְהֵם רַק כַּגַּרְזֶן בְּיַד הַחוֹצֵב.
C'est pourquoi ils se prosternèrent devant les astres et les constellations et les servirent. Selon leur erreur (l'abondance qui s'épanche par l'intermédiaire des astres et des constellations dépendrait de leur choix), il convenait de les en remercier, selon l'adage : « Le vin est au maître, la reconnaissance à l'échanson. » Et puisque, selon leur erreur, les astres et les constellations sont doués de libre choix, ils pensaient aussi qu'en les servant, ils en recevraient une influence plus grande.
וְלָכֵן הִשְׁתַּחֲווּ להכו"מ וַעֲבָדוּ אוֹתָם, כִּי לְפִי טָעוּתָם (שֶׁהַשֶּׁפַע שֶׁנִּשְׁפָּע ע"י הכו"מ הוּא בִּבְחִירָתָם) רָאוּי לְהוֹדוֹת לָהֶם עַל זֶה, ע"ד חמרא למרא טיבותא לשקיי'. וְגַם כִּי לְפִי טָעוּתָם שהכו"מ הֵם בַּעֲלֵי בְּחִירָה חָשְׁבוּ שע"י שֶׁיַּעַבְדוּ אוֹתָם יַשְׁפִּיעוּ לָהֶם יוֹתֵר.
De là découla ensuite une erreur plus grave encore : ils pensèrent qu'Hachem avait abandonné la terre aux mains des astres et des constellations, et que la conduite de la terre ne dépendait que d'eux. C'est comme un roi qui a nommé des ministres pour gouverner la province : s'ils ont le pouvoir de la gouverner, c'est certes parce que le roi les y a nommés ; néanmoins, une fois nommés, ce sont eux qui gouvernent la province, et le roi ne s'en mêle pas (sauf de loin en loin, pour un besoin important).
וּמִזֶּה נִשְׁתַּלְשֵׁל אח"כ שֶׁבָּאוּ לְטָעוּת גְּדוֹלָה יוֹתֵר, שֶׁחָשְׁבוּ שֶׁעָזַב ה' אֶת הָאָרֶץ בִּידֵי הַכּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת, וְהַנְהָגַת הָאָרֶץ תלוי' רַק בָּהֶם. וּבְדוּגְמַת מֶלֶךְ שֶׁמִּנָּה שָׂרִים לְהַנְהִיג אֶת הַמְּדִינָה, דַּהֲגַם שֶׁזֶּה שֶׁבְּכֹחָם לְהַנְהִיג אֶת הַמְּדִינָה הוּא מִפְּנֵי שֶׁהַמֶּלֶךְ מִנָּה אוֹתָם עַל זֶה, מ"מ, לְאַחֲרֵי שֶׁנִּתְמַנּוּ, הַנְהָגַת הַמְּדִינָה הִיא ע"י הַשָּׂרִים, וְאֵין הַמֶּלֶךְ מִתְעָרֵב בָּזֶה (מִלְּבַד לִפְרָקִים רְחוֹקִים, בִּשְׁבִיל צוֹרֶךְ גָּדוֹל).
[On peut dire que lorsque les nations du monde L'appellent, béni soit-Il, « D.ieu des dieux » [Eloka deElokaya], les deux catégories y sont incluses. Ceux-là mêmes qui pensent qu'Hachem a abandonné la terre aux mains des astres et des constellations L'appellent « D.ieu des dieux ». Car Il est, béni soit-Il, plus élevé qu'eux et domine sur eux ; mais en outre, si les astres et les constellations sont des « dieux » (à leur avis), c'est-à-dire s'ils ont le pouvoir de conduire la terre et d'y exercer une influence, ce pouvoir ne leur vient pas d'eux-mêmes : c'est HaKadoch Barou'h Hou qui le leur a donné. C'est comme les ministres du roi, qui gouvernent la province parce que le roi les y a nommés.
[וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁאוּמּוֹת הָעוֹלָם קוֹרְאִין אוֹתוֹ ית' בְּשֵׁם אלקא דאלקיא נִכְלָלִים בָּזֶה שְׁנֵי הַסּוּגִים. שֶׁגַּם אֵלּוּ שֶׁחוֹשְׁבִים שֶׁעָזַב ה' אֶת הָאָרֶץ בִּידֵי הכו"מ קוֹרְאִין אוֹתוֹ ית' בְּשֵׁם אלקא דאלקיא, דְּנוֹסָף לְזֶה שֶׁהוּא ית' גָּבוֹהַּ מֵהֶם וְשַׁלִּיט עֲלֵיהֶם, הִנֵּה גַּם בָּזֶה גּוּפָא שהכו"מ הֵם "אלקייא" (לְדַעְתָּם), הַיְנוּ שֶׁיֵּשׁ לָהֶם כֹּחַ לְהַנְהִיג אֶת הָאָרֶץ וּלְהַשְׁפִּיעַ בָּהּ, הוּא לֹא מִצַּד עַצְמָם אֶלָּא מִפְּנֵי שהקב"ה נָתַן לָהֶם כֹּחַ עַל זֶה, בְּדוּגְמַת שָׂרֵי הַמֶּלֶךְ שֶׁמַּנְהִיגִים אֶת הַמְּדִינָה מִפְּנֵי שֶׁהַמֶּלֶךְ מִנָּה אוֹתָם עַל זֶה.
Inversement, l’erreur qui consiste à croire que le flux épanché par HaKadoch Barou'h Hou au moyen des astres et des constellations dépend de leur libre choix est elle aussi incluse (de façon subtile) dans « le D.ieu des dieux » [Elaha DeElahaya]. En effet, pouvoir agir à sa guise (exercer ou non une influence), c’est là aussi une forme de domination, de divinité [Elahaya]. Or la négation absolue de la notion d’« autres dieux » ne s’obtient précisément que par la connaissance que tous les intermédiaires ne sont que « comme la hache dans la main du bûcheron »].
ולאידך, גַּם הַטָּעוּת שֶׁהַשֶּׁפַע שֶׁנִּשְׁפָּע מהקב"ה ע"י הכו"מ הוּא בִּבְחִירָתָם נִכְלָל (בְּדַקּוּת) באלקא דאלקיא, כִּי גַּם זֶה שֶׁיְּכוֹלִים לַעֲשׂוֹת כִּרְצוֹנָם (לְהַשְׁפִּיעַ אוֹ לאו) הו"ע שֶׁל שְׁלִיטָה, אלקייא, וּשְׁלִילַת הָעִנְיָן דְּאֱלֹקִים אֲחֵרִים בְּתַכְלִית הוּא דַּוְקָא ע"י הַיְדִיעָה שֶׁכָּל הַמְמֻצָּעִים הֵם רַק כַּגַּרְזֶן בְּיַד הַחוֹצֵב].
Sur cette base, on aurait pu expliquer ainsi la sagacité de celui qui a dit « Moi, je prends le roi » [Ana nassev Malka] (dans l’application de la parabole). Israël sait la vérité : tous les intermédiaires par lesquels vient l’influence ne sont que comme la hache dans la main du bûcheron. Ce savoir viendrait de la grandeur de leur connaissance, qui leur fait voir la pnimiyout. Car à l’extérieur, il semble que si l’influence passe par les astres et les constellations, c’est qu’ils possèdent une qualité qui les rend dignes d’être des intermédiaires. Qu’Israël sache qu’ils ne sont que comme la hache dans la main du bûcheron, cela tient donc à la grandeur de sa connaissance.
ועפ"ז הי' אֶפְשָׁר לְבָאֵר פִּקְחוּתוֹ שֶׁל זֶה שֶׁאָמַר אנא נסב מלכא (בְּהַנִּמְשָׁל), דְּזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל יוֹדְעִים אֶת הָאֱמֶת שֶׁכָּל הַמְמֻצָּעִים שֶׁעַל יָדָם בָּאָה הַהַשְׁפָּעָה הֵם רַק כַּגַּרְזֶן בְּיַד הַחוֹצֵב, הוּא מִצַּד גּוֹדֶל הַדַּעַת שֶׁלָּהֶם, שֶׁהֵם רוֹאִים אֶת הַפְּנִימִיּוּת. שֶׁהֲרֵי בְּחִיצוֹנִיּוּת נִרְאֶה דְּזֶה שֶׁהַהַשְׁפָּעָה הִיא ע"י הכו"מ, הוּא מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם מַעֲלָה שֶׁמִּצַּד זֶה הֵם רְאוּיִים לִהְיוֹת מְמֻצָּעִים, וְזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל יוֹדְעִים שֶׁהֵם רַק כַּגַּרְזֶן בְּיַד הַחוֹצֵב הוּא מִצַּד גּוֹדֶל הַדַּעַת שֶׁלָּהֶם.
Cependant, le Midrash illustre cela par la parabole d’un roi et de ses gouverneurs [doukhsin]. Or, dans la parabole, les gouverneurs disposent du libre choix. Il est donc logique de dire que choisir les gouverneurs (« Moi, je prends les gouverneurs » [Ana nassev doukhsin]) peut les amener à accorder davantage à ceux qui les ont choisis [contrairement à l’application de la parabole, où le culte rendu aux astres et aux constellations ne sert à rien, puisqu’ils ne disposent pas du libre choix]. On en déduit que si l’homme avisé a dit « Moi, je prends le roi », c’est que servir le roi compte davantage à ses yeux que le profit (l’influence) qu’il tirerait des ministres.
ד) אָמְנָם מִזֶּה שֶׁהַמִּדְרָשׁ מֵבִיא מָשָׁל עַל זֶה מִמֶּלֶךְ ודוכסין, אַף שֶׁבְּהַמָּשָׁל, הדכסין הֵם בַּעֲלֵי בְּחִירָה, שֶׁלָּכֵן מִסְתַּבֵּר לוֹמַר שֶׁהַבְּחִירָה בהדכסין (אנא נסב דוכסין) יְכוֹלָה לִגְרוֹם שֶׁיַּשְׁפִּיעוּ יוֹתֵר לְאֵלּוּ שֶׁבָּחֲרוּ בָּהֶם [ודלא כְּבַהַנְמָשָׁל, שֶׁהָעֲבוֹדָה להכו"מ אֵינָהּ מוֹעֶלֶת כְּלָל, מֵאַחַר שֶׁאֵינָם בַּעֲלֵי בְּחִירָה], מוּבָן, שֶׁזֶּה שֶׁהַפִּקֵּחַ אָמַר אנא נסב מלכא הוּא מִפְּנֵי שֶׁעֲבוֹדַת הַמֶּלֶךְ הִיא חֲשׁוּבָה אֶצְלוֹ יוֹתֵר מֵהַתּוֹעֶלֶת (הַהַשְׁפָּעָה) שיהי' לוֹ ע"י הַשָּׂרִים.
Cela permet de comprendre aussi l’application de la parabole. Les nations du monde servent le soleil, la lune, etc., alors qu’Israël ne sert que HaKadoch Barou'h Hou. La raison principale n’en est pas que les nations du monde se trompent en croyant que les astres et les constellations disposent du libre choix, tandis qu’Israël sait la vérité, à savoir qu’ils ne sont que comme la hache dans la main du bûcheron. Elle est que l’essentiel, pour les nations du monde, est de recevoir l’influence, tandis que pour Israël l’essentiel est de servir le roi.
וּמִזֶּה מוּבָן גַּם בְּהַנִּמְשָׁל, דְּעִקַּר הַטַּעַם עַל זֶה שאוה"ע עובדין לַחַמָּה וְלַלְּבָנָה וכו' וְיִשְׂרָאֵל אֵינָם עובדין אֶלָּא להקב"ה, הוּא (לֹא מִפְּנֵי שאוה"ע טוֹעִים שהכו"מ הֵם בַּעֲלֵי בְּחִירָה וְיִשְׂרָאֵל יוֹדְעִים אֶת הָאֱמֶת שֶׁהֵם רַק כַּגַּרְזֶן בְּיַד הַחוֹצֵב, אֶלָּא) מִפְּנֵי שאוה"ע, הָעִיקָּר אֶצְלָם הוּא שֶׁיְּקַבְּלוּ הַהַשְׁפָּעָה, וְאֵצֶל יִשְׂרָאֵל הָעִיקָּר הוּא לַעֲבוֹד אֶת הַמֶּלֶךְ.
Voici l’explication. La raison principale pour laquelle on servait les astres et les constellations est la suivante (comme l’expliquent les drouchim [discours de 'Hassidout]) : pour recevoir l’influence de la sainteté, il faut être dans l'annulation de soi [bitoul]. Ne voulant pas s’annuler, ils servaient donc les astres et les constellations, dont on reçoit l’influence sans avoir besoin de bitoul. C’est ce que dit le Zohar : « l’esprit d’impureté se tient toujours prêt, gratuitement et à vide » [Rou'ha Messaba izdaman tadir bemagana ouverekania], selon le passouk : « que nous mangions en Égypte gratuitement » [’hinam]. L’influence qui vient de l’autre côté [le'oumat zé] (l’Égypte) est gratuite.
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּעִקַּר הַטַּעַם עַל זֶה שֶׁעָבְדוּ לכו"מ הוּא (כִּמְבוֹאָר בְּהַדְּרוּשִׁים), כִּי בִּכְדֵי לְקַבֵּל הַשְׁפָּעָה מֵהַקְּדוּשָּׁה צ"ל בְּבִיטּוּל, וְלִהְיוֹת שֶׁלֹּא רָצוּ לְבַטֵּל אֶת עַצְמָם, לָכֵן עַבְדּוֹ להכו"מ, שֶׁבִּכְדֵי לְקַבֵּל הַהַשְׁפָּעָה מֵהֶם אֵין צָרִיךְ לְבִטּוּל, וכדאיתא בַּזֹּהַר דרוח מסאבא אזדמן תָּדִיר במגנא ובריקניא, כמ"ש אֲשֶׁר נֹאכַל בְּמִצְרַיִם חִנָּם, דְּהַהַשְׁפָּעָה מלעו"ז (מִצְרַיִם) הִיא חִנָּם.
Autre raison pour laquelle ils voulaient recevoir leur influence des astres et des constellations : l’influence elle-même (celle qui est attirée par les astres et les constellations) est plus grande. En effet, la sitra a'hra [l’autre côté] puise sa subsistance dans l’enveloppant [makif] qui transcende l’ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]. Or l’influence qui vient de là est hors de toute mesure, et elle est donc d’une très grande abondance.
וְעוֹד טַעַם עַל זֶה שֶׁרָצוּ לְקַבֵּל הַשְׁפָּעָתָם מהכו"מ, כִּי גַּם הַהַשְׁפָּעָה עַצְמָהּ (הַנִּמְשֶׁכֶת ע"י הכו"מ) הִיא גְּדוֹלָה יוֹתֵר. דְּמִכֵּיוָן שֶׁיְּנִיקַת הסט"א הוּא מֵהַמַּקִּיף שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁהַהַשְׁפָּעָה מִשָּׁם הִיא שֶׁלֹּא ע"פ חֶשְׁבּוֹן, הֲרֵי הַהַשְׁפָּעָה הִיא בְּרִיבּוּי גָּדוֹל.
On comprend dès lors combien Israël est digne d’éloge et sage, qui ne sert que HaKadoch Barou'h Hou. Pour recevoir de la sainteté, il faut un service et un effort. Et même alors, l’influence est (d’emblée) mesurée et limitée, selon la mesure du service. Malgré cela, ils renoncent à l’abondance du flux (matériel) [bien qu’Israël aussi puisse recevoir (pour un temps) un flux de l’autre côté, et même qu’ils en reçoivent une part en premier, ils y renoncent malgré tout]. L’influence restreinte qui est attirée de la sainteté leur est plus chère.
וּמִזֶּה מוּבָן גּוֹדֶל הַשֶּׁבַח וְהַפִּקְּחוּת דְּיִשְׂרָאֵל שֶׁאֵינָם עובדין אֶלָּא להקב"ה, דַּהֲגַם שֶׁבִּכְדֵי לְקַבֵּל מֵהַקְּדוּשָּׁה צָרִיךְ לַעֲבוֹדָה וִיגִיעָה, וְגַם אָז הַהַשְׁפָּעָה הִיא (מִלְּכַתְּחִלָּה) בִּמְדִידָה וְהַגְבָּלָה לְפִי מִדַּת הָעֲבוֹדָה, מ"מ, הֵם מְוַתְּרִים עַל רִיבּוּי הַשֶּׁפַע (בְּגַשְׁמִיּוּת) [אַף שֶׁגַּם יִשְׂרָאֵל יְכוֹלִים לְקַבֵּל (לְפִי שָׁעָה) שֶׁפַע מלעו"ז, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁהֵם נוֹטְלִים חֵלֶק בְּרֹאשׁ, מ"מ הֵם מְוַתְּרִים עַל זֶה] וְחָבִיב לָהֶם יוֹתֵר הַהַשְׁפָּעָה הַמְצֻמְצֶמֶת שֶׁנִּמְשֶׁכֶת מֵהַקְּדוּשָּׁה.
Or, la raison que donne l’homme avisé (de choisir le roi et non les ministres) est que « tous ceux-là changent, mais le roi ne change pas » [koulhou mit'halfin oumalka la mit'halef]. À première vue, on pourrait dire que cela signifie ceci : l’influence qui vient de l’autre côté (bien qu’elle soit plus abondante que celle qui vient de la sainteté) est une chose changeante, sans permanence. Car après le birour [tri et élévation des étincelles], quand les étincelles tombées dans les klipot [écorces, forces d’occultation] auront été triées (c’est d’elles que les klipot tirent leur vitalité), les klipot s’annuleront entièrement. [À plus forte raison en ce qui concerne Israël : même maintenant, s’il peut recevoir une vitalité de l’autre côté, ce n’est que pour un temps.]
ה) וְהִנֵּה הַטַּעַם שֶׁל הַפִּקֵּחַ (לְזֶה שֶׁבּוֹחֵר בְּהַמֶּלֶךְ וְלֹא בְּהַשָּׂרִים) הוּא מִפְּנֵי דכולהו מתחלפין ומלכא לֹא מתחלף. וְלִכְאוֹרָה הי' אֶפְשָׁר לוֹמַר הַכַּוָּנָה בָּזֶה, שֶׁהַהַשְׁפָּעָה הַבָּאָה מלעו"ז (עִם הֱיוֹתָהּ בְּרִיבּוּי יוֹתֵר מֵהַהַשְׁפָּעָה הַבָּאָה מֵהַקְּדוּשָּׁה) הוּא דָּבָר הַמִּתְחַלֵּף שֶׁאֵין לוֹ קִיּוּם. כִּי לְאַחֲרֵי הַבִּירוּר, כְּשֶׁיִּתְבָּרְרוּ הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁנָּפְלוּ בִּקְלִיפּוֹת (שֶׁמִּזֶּה הוּא הַחַיּוּת שֶׁלָּהֶם) יִתְבַּטְּלוּ לְגַמְרֵי. [ומכ"ש בְּנוֹגֵעַ לְיִשְׂרָאֵל, שֶׁגַּם עַכְשָׁיו, זֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל יְכוֹלִים לְקַבֵּל חַיּוּת מהלעו"ז, הוּא רַק לְפִי שָׁעָה].
De même, à l’inverse, si l’influence qui vient de la sainteté est mesurée et limitée, ce n’est que maintenant. Une fois révélée la racine du degré de pnimiyout, dont la racine est dans la pnimiyout de l’enveloppant, l’influence de la sainteté sera d’une abondance plus grande encore que celle qui s’épanche de l’extériorité de l’enveloppant (laquelle peut aussi influencer les klipot). C’est ce que disent nos Sages, de mémoire bénie : « Si [Il agit] ainsi envers ceux qui transgressent Sa volonté, à plus forte raison envers ceux qui accomplissent Sa volonté. »
וְכֵן הוּא לאידך גיסא, דְּזֶה שֶׁהַהַשְׁפָּעָה הַבָּאָה מֵהַקְּדוּשָּׁה הִיא בִּמְדִידָה וְהַגְבָּלָה, הוּא רַק עַכְשָׁיו, אֲבָל לְאַחֲרֵי שֶׁיִּתְגַּלֶּה הַשֹּׁרֶשׁ דִּבְחִינַת הַפְּנִימִיּוּת, שֶׁשָּׁרְשׁוֹ הוּא מִפְּנִימִיּוּת הַמַּקִּיף, הַהַשְׁפָּעָה מֵהַקְּדוּשָּׁה תהי' בְּרִיבּוּי גָּדוֹל יוֹתֵר מֵהָרִבּוּי שֶׁנִּשְׁפָּע מֵחִיצוֹנִיּוּת הַמַּקִּיף (הַשַּׁיָּיךְ גַּם לְהַשְׁפִּיעַ בִּקְלִיפּוֹת), כְּמַאֲמַר רז"ל אִם לְעוֹבְרֵי רְצוֹנוֹ כָּךְ לְעוֹשֵׂי רְצוֹנוֹ עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Mais cette explication ne suffit pas. Selon elle en effet, l'avisé lui aussi choisirait le roi pour l'influence qu'il en recevrait. Il ne se distinguerait de ceux qui ont choisi les ministres (les ducs, etc.) qu'en ceci : eux ne pensent qu'à la situation présente, tandis que l'avisé pense à ce qui sera dans l'avenir, selon ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Qui est sage ? Celui qui voit ce qui va naître. »
אֲבָל, בֵּיאוּר זֶה אֵינוֹ מַסְפִּיק, דְּלְפִי זֶה, גַּם בְּחִירָתוֹ שֶׁל הַפִּקֵּחַ בְּהַמֶּלֶךְ הוּא בִּשְׁבִיל הַהַשְׁפָּעָה שתהי' לוֹ עי"ז, וְהַחִילוּק בֵּינוֹ וּבֵין אֵלּוּ שֶׁבָּחֲרוּ בְּהַשָּׂרִים (דוכסין וכו') הוּא שֶׁהֵם חוֹשְׁבִים רַק בְּמַצָּב הַהֹוֶה, וְהַפִּקֵּחַ חוֹשֵׁב מַה שיהי' בֶּעָתִיד, ע"ד מארז"ל אֵיזֶהוּ חָכָם הָרוֹאֶה אֶת הַנּוֹלָד.
Mais le Midrach dit que, si Israël ne sert que HaKadoch Barou'h Hou, c'est parce que « Havayé est ma part, dit mon âme » [חֶלְקִי הוי' אָמְרָה נַפְשִׁי]. On en déduit que l'avisé choisit le roi non pour le profit qu'il en tirera, mais pour le roi lui-même.
אֲבָל מִזֶּה שֶׁאוֹמֵר בַּמִּדְרָשׁ, דְּזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל אֵין עובדין אֶלָּא להקב"ה הוּא מִפְּנֵי כִּי חֶלְקִי הוי' אָמְרָה נַפְשִׁי, מוּכָח, דְּזֶה שֶׁהַפִּקֵּחַ בּוֹחֵר בְּהַמֶּלֶךְ הוּא לֹא מִפְּנֵי הַתּוֹעֶלֶת שיהי' לוֹ מִזֶּה, אֶלָּא מִצַּד הַמֶּלֶךְ.
C'est-à-dire : Israël choisit HaKadoch Barou'h Hou, alors même qu'aujourd'hui une abondance d'influence est accordée à ceux qui transgressent Sa volonté. Ce choix ne vient pas de ce que l'influence accordée plus tard à ceux qui font Sa volonté sera plus grande. Il vient de ce que l'influence accordée à ceux qui font Sa volonté procède de l'intériorité de Sa volonté, béni soit-Il, et de Son désir véritable. L'influence accordée à ceux qui transgressent Sa volonté est, elle, « comme celui qui jette par-dessus son épaule » [כמאן דשדי בתר כתפוי], vers son ennemi, sans le vouloir. C'est pourquoi ils veulent précisément l'influence réservée à ceux qui font Sa volonté. Elle est restreinte, mais elle est attirée de l'intériorité de Sa volonté, béni soit-Il.
וְהַיְינוּ דְּזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל בּוֹחֲרִים בהקב"ה, אַף שֶׁעַכְשָׁו רִיבּוּי הַהַשְׁפָּעָה הִיא לְעוֹבְרֵי רְצוֹנוֹ הוּא (לֹא מִפְּנֵי שאח"כ תהי' הַהַשְׁפָּעָה לְעוֹשֵׂי רְצוֹנוֹ גְּדוֹלָה יוֹתֵר, אֶלָּא) מִפְּנֵי שֶׁהַהַשְׁפָּעָה לְעוֹשֵׂי רְצוֹנוֹ הִיא מִפְּנִימִיּוּת רְצוֹנוֹ ית' וְחֶפְצוֹ הָאֲמִיתִּי, וְהַהַשְׁפָּעָה לְעוֹבְרֵי רְצוֹנוֹ הִיא כמאן דשדי בתר כתפוי לְשׂוֹנְאוֹ שֶׁלֹּא בִּרְצוֹנוֹ, וְלָכֵן רוֹצִים הֵם דַּוְקָא בְּהַהַשְׁפָּעָה לְעוֹשֵׂי רְצוֹנוֹ, עִם הֱיוֹתָהּ הַשְׁפָּעָה מְצוּמְצֶמֶת, לִהְיוֹתָהּ נִמְשֶׁכֶת מִפְּנִימִיּוּת רְצוֹנוֹ ית'.
Quant à ce qu'il dit, « tous changent [מתחלפין], etc. », il veut dire ceci : puisqu'ils changent ensuite, c'est la preuve que dès maintenant ils ne sont pas une existence véritable. S'ils ont une vitalité qui leur permet d'en dispenser aux animaux et aux nations du monde, ce n'est pas d'eux-mêmes, à D.ieu ne plaise : c'est parce qu'ils puisent à la sainteté. Or la vitalité de sainteté qui est en eux ne s'unit pas à eux (bien au contraire, elle est en eux comme en galout). Par leur essence même, ils relèvent donc de la mort. [Il en va de même pour ceux qui reçoivent d'eux leur vitalité. Comme l'explique le Tanya, si les rechaïm [ceux qui font le mal] sont appelés morts de leur vivant, c'est parce que leur vie est attirée du lieu de la mort et de l'impureté.]
וּמַה שֶׁאוֹמֵר דכולהו מתחלפין כו', הַכַּוָּנָה בָּזֶה הִיא, דְּמִזֶּה שֶׁהֵם מתחלפין אח"כ מוּכָח שֶׁגַּם עַכְשָׁיו אֵינָם מְצִיאוּת אֲמִיתִּית. וְזֶה שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם חַיּוּת לְהַשְׁפִּיעַ חַיּוּת לבע"ח ולאוה"ע, הוּא לֹא מִצַּד עַצְמָם ח"ו אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁהֵם יוֹנְקִים מֵהַקְּדוּשָּׁה, וּמִכֵּיוָן שֶׁהַחַיּוּת דִקְדוּשָּׁה שֶׁבָּהֶם אֵינוֹ מִתְאַחֵד עִמָּהֶם (וְאַדְּרַבָּא הוּא בִּבְחִינַת גָּלוּת בְּתוֹכָם), הֲרֵי מִצַּד מַהוּתָם הֵם בְּחִינַת מָוֶת. [ועד"ז הוּא גַּם אֵלּוּ שֶׁמְּקַבְּלִים הַשְׁפָּעַת הַחַיּוּת מֵהֶם, כַּמְבוֹאָר בְּתַנְיָא, דְּזֶה שֶׁרְשָׁעִים בְּחַיֵּיהֶם קְרוּיִים מֵתִים הוּא מִפְּנֵי שֶׁחַיֵּיהֶם נִמְשָׁכִים מִמְּקוֹם הַמָּוֶת וְהַטֻּמְאָה].
Tel est le sens de « moi, je prends le roi [אנא נסב מלכא], parce que tous changent [דכולהו מתחלפין] » : l'avisé ne veut pas d'une influence attirée du lieu de la mort et de l'impureté, si abondante soit-elle. Il veut précisément l'influence qui vient de la sainteté, si restreinte soit-elle.
וְזֶהוּ אנא נסב מלכא מִשּׁוּם דכולהו מתחלפין, שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה בְּהַשְׁפָּעָה שֶׁנִּמְשֶׁכֶת מִמְּקוֹם הַמָּוֶת וְהַטֻּמְאָה עִם הֱיוֹתָהּ הַשְׁפָּעָה בְּרִיבּוּי, וְרוֹצֶה דַּוְקָא בְּהַהַשְׁפָּעָה שֶׁמִּצַּד הַקְּדֻשָּׁה עִם הֱיוֹתָהּ הַשְׁפָּעָה מְצוּמְצֶמֶת.
Il faut cependant comprendre. Selon cette explication, l’homme avisé ne choisit pas le roi pour l’utilité qu’il en tirera, mais en raison de la grandeur du roi, et c’est pourquoi il renonce à l’abondance d’influence qui vient par leur intermédiaire. Or, apparemment, même selon cette explication, son choix du roi procède de l’intellect : puisque « tous changent, et le roi ne change pas », il convient de renoncer à l’abondance d’influence qui vient par les ministres et de choisir l’influence restreinte qui vient du roi. Mais le Midrach relie ce point (« Moi, je prends le roi ») à « Ma part est Havayé », dit mon âme. On en déduit que si Israël choisit HaKadoch Barou'h Hou, c’est en vertu de l’âme [néchama] (qui est « une part de Havayé »), laquelle est au-dessus de l’intellect.
ו) וְצָרִיךְ לְהָבִין, דְּלִכְאוֹרָה, גַּם לְבֵאוּר זֶה שֶׁבְּחִירַת הַפִּקֵּחַ בְּהַמֶּלֶךְ הִיא לֹא מִצַּד הַתּוֹעֶלֶת שיהי' לוֹ מִזֶּה אֶלָּא מִצַּד מַעֲלַת הַמֶּלֶךְ, שֶׁלָּכֵן הוּא מְווַתֵּר עַל רִיבּוּי הַהַשְׁפָּעָה הַבָּאָה עַל יָדָם, בְּחִירָתוֹ בְּהַמֶּלֶךְ הִיא מִצַּד הַשֵּׂכֶל, דְּמִכֵּיוָן שכולהו מתחלפין ומלכא לא מתחלף רָאוּי לְוַתֵּר עַל רִיבּוּי הַהַשְׁפָּעָה הַבָּאָה ע"י הַשָּׂרִים וְלִבְחֹר בְּהַהַשְׁפָּעָה הַמְצֻמְצֶמֶת שֶׁבָּאָה מֵהַמֶּלֶךְ, וּמִזֶּה שֶׁמְּקַשֵּׁר בַּמִּדְרָשׁ עִנְיָן זֶה (אנא נסב מלכא) עִם חֶלְקִי הוי' אָמְרָה נַפְשִׁי, מַשְׁמַע, דְּזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל בּוֹחֲרִים בהקב"ה הוּא מִצַּד הַנְּשָׁמָה (שֶׁהִיא חֵלֶק הוי') שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל.
Le point central de l’explication est le suivant. L’intellect de l’homme, tel qu’il est en lui-même, impose de ne vouloir que ce qui lui est bon. C’est pourquoi les nations du monde choisissent les ministres. Elles aussi peuvent pourtant comprendre que le roi est l’essentiel (« tous changent, et le roi ne change pas »). Mais, comme elles se tiennent au niveau du yech [existence affirmée pour soi], elles ne veulent pas renoncer à l’utilité qu’elles tireront de ce qu’elles recevront des ministres.
וּנְקֻדַּת הַבִּיאוּר בָּזֶה, דְּשֵׂכֶל הָאָדָם כְּמוֹ שֶׁהוּא מִצַּד עַצְמוֹ מַכְרִיחַ לִרְצוֹת רַק בָּזֶה שְׁטוּבּ לוֹ. דְּזֶהוּ שֶׁאוּמּוֹת הָעוֹלָם בּוֹחֲרִים בְּהַשָּׂרִים, אַף שֶׁגַּם הֵם יְכוֹלִים לְהָבִין שֶׁהַמֶּלֶךְ הוּא הָעִיקָר (דכולהו מתחלפין ומלכא לא מתחלף), כִּי לִהְיוֹתָם בִּבְחִינַת יֵשׁ, אֵינָם רוֹצִים לְוַתֵּר עַל הַתּוֹעֶלֶת שיהי' לָהֶם ע"י שֶׁיְּקַבְּלוּ מֵהַשָּׂרִים.
Si Israël a conscience qu’il faut renoncer à son utilité et à son existence propre [metsiout] pour choisir la Divinité, c’est en vertu de l’âme (« une part de Havayé »). Le choix que l’âme fait de la Divinité est un choix essentiel, au-dessus de l’intellect (ce choix ne procède pas de la grandeur de la Divinité, de ce que « le roi ne change pas », mais de l’Essence [Atsmout]). Et cela agit sur tous, au point que l’intellect lui aussi reconnaît que la Divinité est la vérité qui vit et subsiste d’une existence éternelle (« le roi ne change pas ») : il doit donc renoncer à son existence propre et choisir la Divinité.
וְזֶה שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל יֶשְׁנָהּ הַהַכָּרָה שֶׁצָּרִיךְ לְוַתֵּר עַל הַתּוֹעֶלֶת וְהַמְּצִיאוּת שֶׁלָּהֶם וְלִבְחֹר בֵּאלֹקוּת, הוּא מִצַּד הַנְּשָׁמָה (חֵלֶק הוי') שֶׁבְּחִירָתָהּ בֵּאלֹקוּת הִיא בְּחִירָה עַצְמִית שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל (דִּבְחִירָה זוֹ הִיא לֹא מִצַּד הָעִילּוּי דְּאֱלֹקוּת, שמלכא לא מתחלף, אֶלָּא מִצַּד הָעַצְמוּת), וְזֶה פּוֹעֵל עַל שֶׁכֻּלָּם, שֶׁגַּם הַשֵּׂכֶל מַכִּיר דְּמִכֵּיוָן שֶׁאֱלֹקוּת הוּא הָאֱמֶת שֶׁחַי וְקַיָּם בְּקִיּוּם נִצְחִי (מלכא לא מתחלף), צָרִיךְ הוּא לְוַתֵּר עַל הַמְּצִיאוּת שֶׁלּוֹ וְלִבְחֹר בֵּאלֹקוּת.
On peut peut-être ajouter que, lorsque le choix de l’âme, qui est au-dessus de l’intellect, est attiré et agit dans l’intellect, ce choix acquiert une élévation plus haute que celle qu’il possède par lui-même.
ז) וְאוּלַי יֵשׁ לְהוֹסִיף, דע"י שֶׁהַבְּחִירָה דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל נִמְשֶׁכֶת וּפוֹעֶלֶת בְּהַשֵּׂכֶל, מִתּוֹסַף בָּהּ עִילּוּי נַעֲלֶה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד עַצְמָהּ.
On le comprendra en partant de ce qu’explique le Siddour, dans le maamar commençant par « Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte ». Il y traite de l’influence attirée vers ceux qui transgressent Sa volonté : elle ne leur parvient que de manière accessoire, « comme celui qui jette par-dessus son épaule ». C’est l’image d’un roi qui donne un festin et un banquet pour les grands ministres et les serviteurs importants, et qui y dépense une grande fortune. Les gens de moindre valeur profitent aussi des restes du festin, comme les serviteurs et les servantes « qui sont derrière la meule », et même les chiens, qui mangent les os jetés à terre. Le roi n’avait assurément pas l’intention de faire des dépenses pour eux. S’ils reçoivent des restes (car même les restes du festin représentent une grande richesse), ce n’est que de manière accessoire.
וְיוּבַן זֶה בְּהַקְדִּים הַמְבֹאָר בְּסִדּוּר ד"ה עֲבָדִים הָיִינוּ לְפַרְעֹה בְּמִצְרַיִם, בְּעִנְיַן הַהַשְׁפָּעָה הַנִּמְשֶׁכֶת לְעוֹבְרֵי רְצוֹנוֹ שֶׁהִיא רַק בְּדֶרֶךְ אַגַּב כמאן דשדי בתר כתפוי, שֶׁהוּא בְּדוּגְמַת מֶלֶךְ שֶׁעוֹשֶׂה סְעוּדָה וּמִשְׁתֶּה בִּשְׁבִיל הַשָּׂרִים הַגְּדוֹלִים וַעֲבָדִים הַחֲשׁוּבִים וּמוֹצִיא עַל זֶה מָמוֹן רַב, וּמֵהַשִּׁירַיִם שֶׁל הַסְּעוּדָה מְקַבְּלִים גַּם פְּחוּתֵי הָעֵרֶךְ כְּמוֹ עֲבָדִים וּשְׁפָחוֹת שֶׁאַחֲרֵי הָרֵחַיִם, וְעַד שֶׁגַּם הַכְּלָבִים אוֹכְלִים אֶת הָעֲצָמוֹת שֶׁמַּשְׁלִיכִים לְמַטָּה. שֶׁבֶּטַח לֹא כִּיוֵּן הַמֶּלֶךְ לְהוֹצִיא בִּשְׁבִילָם הוֹצָאוֹת, וְזֶה שֶׁנִּשְׁפָּע לָהֶם שִׁירַיִם (שֶׁגַּם הַשִּׁירַיִם שֶׁל הַסְּעוּדָה הֵם הוֹן רַב) הוּא רַק בְּדֶרֶךְ אַגַּב.
Il en va de même de la réalité que l’image illustre [nimchal] : l’influence vers ceux qui transgressent Sa volonté n’est qu’accessoire, « comme celui qui jette par-dessus son épaule ». Le texte l’explique longuement.
ועד"ז הוּא בְּהַנִּמְשָׁל שֶׁהַהַשְׁפָּעָה לְעוֹבְרֵי רְצוֹנוֹ הִיא רַק בְּדֶרֶךְ אַגַּב, כמאן דשדי בתר כתפוי, כִּמְבוֹאָר שָׁם בַּאֲרוּכָה.
On peut proposer l’explication suivante. Le texte donne deux exemples de ceux qui ne reçoivent l’influence que de manière accessoire (et qui ne siègent pas à la table du roi) : les serviteurs et servantes, et les chiens. Il en donne deux autres parmi ceux qui siègent à la table du roi : les grands ministres et les serviteurs importants. Ces quatre exemples correspondent à quatre degrés dans la réalité que l’image illustre.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁמֵּבִיא שְׁנֵי דוּגְמָאוֹת שֶׁהַהַשְׁפָּעָה לָהֶם הִיא רַק בְּדֶרֶךְ אַגַּב (וְאֵינָם יוֹשְׁבִים בְּשׁוּלְחָן הַמֶּלֶךְ), עֲבָדִים וּשְׁפָחוֹת וּכְלָבִים, וּשְׁנֵי דוּגְמָאוֹת בְּאֵלּוּ שֶׁיּוֹשְׁבִים בְּשׁוּלְחָן הַמֶּלֶךְ, שָׂרִים גְּדוֹלִים וַעֲבָדִים חֲשׁוּבִים, הוּא, בְּהֶתְאֵם לד' דְּרָגוֹת בְּהַנִּמְשָׁל.
Le degré le plus bas, ce sont les chiens. Ils ne servent pas le roi, et leur désir est de recevoir de la matérialité, toujours plus, comme le dit le passouk : « Les chiens sont voraces, ils ne connaissent pas la satiété ». On peut relier cela à ce que l’on sait : kelev [chien] vient de l’expression koulo lev [« tout entier cœur »]. La nature de l’homme, telle qu’elle est dès sa naissance et dans sa constitution même, veut que le cerveau domine le cœur. Celui qui se trouve au niveau du « chien » est à l’extrême opposé : non seulement son cœur domine son cerveau, mais plus encore, il est tout entier cœur. C’est pourquoi toute sa préoccupation est d’assouvir le désir de son cœur.
שֶׁדַּרְגָּא הכי תַּחְתּוֹנָה הֵם הַכְּלָבִים שֶׁאֵינָם עוֹבְדִים אֶת הַמֶּלֶךְ וּרְצוֹנָם הוּא שֶׁיֻּשְׁפַּע לָהֶם גַּשְׁמִיּוּת, עוֹד וְעוֹד, כמ"ש הַכְּלָבִים עַזֵּי נֶפֶשׁ לֹא יָדְעוּ שָׂבְעָה. וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם הַיָּדוּעַ שֶׁכֶּלֶב הוּא מִלְּשׁוֹן כּוּלּוֹ לֵב. דְּטֶבַע הָאָדָם בְּתוֹלְדָתוֹ וְטֶבַע יְצִירָתוֹ שֶׁהַמּוֹחַ שַׁלִּיט עַל הַלֵּב, וְזֶה שֶׁהוּא בִּבְחִינַת כֶּלֶב הוּא בִּקְצֵה הַהַפְכִּי. דְּלֹא רַק שֶׁהַלֵּב שַׁלִּיט עַל הַמּוֹחַ, אֶלָּא יְתֵירָה מִזּוֹ שֶׁהוּא כּוּלּוֹ לֵב. וְלָכֵן כָּל עִנְיָנוֹ הוּא לְמַלֹּאות תַּאֲוַת לִבּוֹ.
Au-dessus viennent les serviteurs de rang inférieur (les serviteurs et les servantes qui sont derrière la meule). Ils servent le roi, mais seulement par contrainte (par crainte d’être frappés du bâton), contre leur désir et leur délice [taanoug], car « l’esclave se plaît dans la licence » [litt. : « l’esclave, l’absence de maître lui convient »]. Leur désir et leur délice résident dans les convoitises de ce monde-ci, et s’ils ne transgressent pas Sa volonté, béni soit-Il, c’est par crainte du châtiment. C’est pourquoi leur place est hors de la table du roi.
וּלְמַעְלָה מִזֶּה הֵם הָעֲבָדִים הַפְּחוּתִים (הָעֲבָדִים וְהַשְּׁפָחוֹת שֶׁאַחֲרֵי הָרֵחַיִם), שֶׁהֵם עוֹבְדִים אֶת הַמֶּלֶךְ אֶלָּא שֶׁעֲבוֹדָתָם הִיא רַק מִצַּד הַהֶכְרֵחַ (מִפְּנֵי אֵימַת הַכָּאַת הַשֵּׁבֶט), הֵפֶךְ הָרָצוֹן וְהַתַּעֲנוּג שֶׁלָּהֶם, דעבדא בהפקירא ניחא לי'. וּמִכֵּיוָן שֶׁהָרָצוֹן וְהַתַּעֲנוּג שֶׁלָּהֶם הוּא בְּתַאֲווֹת עוה"ז, וְזֶה שֶׁאֵינָם עוֹבְרִים עַל רְצוֹנוֹ ית' הוּא מִפְּנֵי יִרְאַת הָעוֹנֶשׁ, מְקוֹמָם הוּא מִחוּץ לְשֻׁלְחַן הַמֶּלֶךְ.
Il n’en va pas ainsi des serviteurs importants : ils servent le roi avec désir et ardeur. Certes, leur service procède avant tout de la kabalat ol [acceptation du joug] [on connaît la différence entre le fils et le serviteur : le fils fait la volonté de son père par amour, le serviteur accomplit la volonté de son maître par kabalat ol]. Mais cela même se fait avec désir et ardeur : ils veulent prendre sur eux le joug de la royauté céleste [Malkhout chamayim]. C’est pourquoi leur place est à la table du roi.
משא"כ עֲבָדִים הַחֲשׁוּבִים, עֲבוֹדָתָם אֶת הַמֶּלֶךְ הִיא בִּרְצוֹן וְחֵשֶׁק. דַּהֲגַם שֶׁעִקַּר עֲבוֹדָתָם הִיא מִצַּד קַבָּלַת עוֹל [כַּיָּדוּעַ הַחִילּוּק בֵּין בֵּן לְעֶבֶד, דְּזֶה שֶׁהַבֵּן עוֹשֶׂה רְצוֹן אָבִיו הוּא מִפְּנֵי הָאַהֲבָה וְזֶה שֶׁהָעֶבֶד מְמַלֵּא רְצוֹן אֲדוֹנוֹ הוּא בְּדֶרֶךְ קַבָּלַת עוֹל], מ"מ, זֶה גופא הוּא בִּרְצוֹן וְחֵשֶׁק, שֶׁרוֹצִים לְקַבֵּל עֲלֵיהֶם עוֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם. וְלָכֵן מְקוֹמָם הוּא בְּשׁוּלְחָן הַמֶּלֶךְ.
Au-dessus d’eux viennent les ministres. Ils connaissent la conduite du royaume [c’est pourquoi bien des affaires de cette conduite se règlent selon leur avis]. Ils saisissent aussi la grandeur du roi, et cela leur inspire de l’amour pour lui : leur service ne procède donc pas seulement de la kabalat ol, mais aussi de l’amour. Parmi les ministres eux-mêmes, il existe bien des degrés, qui se répartissent globalement en deux : les ministres (simples) et les grands ministres.
וּלְמַעְלָה מֵהֶם הֵם הַשָּׂרִים, שֶׁיֵּשׁ לָהֶם יְדִיעָה בְּהַנְהָגַת הַמְּלוּכָה [שֶׁלָּכֵן כו"כ עִנְיָנִים בְּהַהַנְהָגָה מִתְנַהֲגִים עַל פִּיהֶם], וְגַם יֵשׁ לָהֶם הַשָּׂגָה בְּמַעֲלַת הַמֶּלֶךְ וּמִפְּנֵי זֶה יֵשׁ לָהֶם אַהֲבָה אֵלָיו, וַעֲבוֹדָתָם הִיא לֹא רַק מִצַּד קַבָּלַת עוֹל אֶלָּא גַּם מִצַּד אַהֲבָה. וּבְשָׂרִים גופא יֶשְׁנָם כו"כ דְּרָגוֹת, שֶׁנֶּחְלָקוֹת בִּכְלָלוּת לִשְׁתַּיִם. שָׂרִים (סְתָם) וְשָׂרִים גְּדוֹלִים.
On peut proposer que ces trois catégories présentes à la table du roi [serviteurs importants, ministres et grands ministres] correspondent aux trois catégories du Midrach : les ducs, les préfets et les généraux. Ceux-là se trouvent avec le roi, selon l’expression du Midrach « et ils étaient avec lui », à l’image des serviteurs importants et des ministres qui se trouvent à la table du roi.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דג' סוּגִים אֵלּוּ שֶׁנִּמְצָאִים בְּשׁוּלְחָן הַמֶּלֶךְ [עֲבָדִים חֲשׁוּבִים, שָׂרִים וְשָׂרִים גְּדוֹלִים] הֵם בְּהֶתְאֵם לג' הַסּוּגִים שֶׁבַּמִּדְרָשׁ, דוכסין ואפרכין ואיסטרטילוטין, שֶׁנִּמְצָאִים יַחַד עִם הַמֶּלֶךְ, כִּלְשׁוֹן הַמִּדְרָשׁ "וְהָיוּ עִמּוֹ", בְּדוּגְמַת עֲבָדִים הַחֲשׁוּבִים וְהַשָּׂרִים שֶׁנִּמְצָאִים בְּשׁוּלְחָן הַמֶּלֶךְ.
Sur cette base, on peut dire ceci. Au sens simple, « les ducs, etc. » désignent les soixante-dix princes de Noga (comme on l'a cité plus haut d'après les dérouchim). Pourtant, si le texte précise que les ducs « étaient avec lui », c'est pour laisser entendre qu'il parle ici [non seulement des soixante-dix princes, qui sont une existence et une entité à part entière [yech vedavar bifné atsmo], à l'image des serviteurs de rang inférieur, dont la place est hors de la table du roi, mais] aussi des anges, qui sont batel [annulés] devant la Divinité, et plus haut encore, des séfirot d'Atsilout, dont il est dit : « Lui, Sa vitalité et Ses récipients ne font qu'un ». Ceux-là sont toujours avec le roi.
ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר, דַּהֲגַם שֶׁהַכַּוָּנָה (בְּפַשְׁטוּת) בדוכסין וכו' הִיא להע' שָׂרִים דְּנֹגַהּ (כְּמוּבָא לְעֵיל מֵהַדְּרוּשִׁים), מ"מ, זֶה שֶׁמְּדַיֵּק שֶׁהַדֻּכָּסִין "הָיוּ עִמּוֹ" הוּא בִּכְדֵי לְרַמֵּז שֶׁמְּדַבֵּר כַּאן [לֹא רַק בהע' שָׂרִים, שֶׁהֵם יֵשׁ וְדָבָר בפ"ע, דוּגְמַת עֲבָדִים הַפְּחוּתִים שֶׁמְּקוֹמָם הוּא מִחוּץ לְשֻׁלְחָן הַמֶּלֶךְ, אֶלָּא] גַּם בַּמַּלְאָכִים שֶׁהֵם בְּטֵלִים לֵאלֹקוּת, וּלְמַעְלָה יוֹתֵר – בִּסְפִירוֹת דַּאֲצִילוּת שאיהו וחיוהי וגרמוהי חד, שֶׁהֵם תָּמִיד עִם הַמֶּלֶךְ.
Dès lors, on comprend mieux encore à quel point est avisé celui qui a dit : « Moi, je prends le roi » [ana nassiv malka]. Il ne veut pas recevoir l'influence à la manière des chiens. Il ne veut pas non plus la recevoir comme les serviteurs de rang inférieur, qui se tiennent hors de la table du roi (même si l'influence qui leur est accordée est très abondante) : il veut être à la table du roi. Mais ce n'est pas tout. Il ne veut même pas « les ducs, etc. » (les anges, les séfirot d'Atsilout, et plus haut encore). Il veut le roi : « Moi, je prends le roi ».
ועפ"ז מוּבָן עוֹד יוֹתֵר גּוֹדֶל פִּקְּחוּתוֹ שֶׁל זֶה שֶׁאָמַר אנא נסב מלכא, דְּנוֹסָף לְזֶה שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לְקַבֵּל הַהַשְׁפָּעָה בְּדוּגְמַת הַכְּלָבִים וְגַם לֹא כַּעֲבָדִים הַפְּחוּתִים שֶׁמִּחוּץ לְשֻׁלְחָן הַמֶּלֶךְ (הֲגַם שֶׁהַהַשְׁפָּעָה שֶׁנִּשְׁפָּע לָהֶם הִיא בְּרִיבּוּי גָּדוֹל) וְרוֹצֶה לִהְיוֹת בְּשׁוּלְחָן הַמֶּלֶךְ, אֶלָּא שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה גַּם בהדכסין וכו' (מַלְאָכִים, סַפִּירוּת דַּאֲצִילוּת וּלְמַעְלָה יוֹתֵר), אֶלָּא בְּהַמֶּלֶךְ, אנא נסב מלכא.
C'est ce qu'enseigne le Baal Chem Tov dans son commentaire bien connu du passouk : « Prière du pauvre lorsqu'il est accablé, et devant Havayé il épanche sa parole [si'ho] ». Le pauvre ne demande rien du tout. Sa prière, c'est que « devant Havayé il épanche sa parole ».
וּכְתוֹרַת הבעש"ט הַיְּדוּעָה עה"פ תְּפִלָּה לֶעָנִי כִּי יַעֲטֹף וְלִפְנֵי הוי' יִשְׁפֹּךְ שִׂיחוֹ, שֶׁאֵינוֹ מְבַקֵּשׁ שׁוּם דָּבָר וּתְפִלָּתוֹ הִיא שֶׁלִּפְנֵי הוי' יִשְׁפֹּךְ שִׂיחוֹ.
Pour cela, il faut être très avisé. Il en va comme d'un roi de chair et de sang. Pour entrer dans la chambre où il se trouve et voir sa face, il faut d'abord traverser de nombreuses salles [heikhalot], et chacune renferme des trésors précieux. Certains voient les trésors précieux de la salle extérieure, en éprouvent un délice merveilleux et s'y attardent. D'autres trouvent leur délice dans une salle plus intérieure. Seul celui qui est un grand sage reste insensible [litt. : « cela ne le touche pas »] à l'importance et au prix des immenses trésors qui se trouvent même dans la salle la plus intérieure. Tout son désir et toute son aspiration sont d'entrer dans la chambre où se trouve le roi et de voir la face du roi.
וְלָזֶה צָרִיךְ פִּקְחוּת גְּדוֹלָה. וּבְדוּגְמַת מֶלֶךְ בו"ד, שֶׁבִּכְדֵי לִכָּנֵס לְהַקִּיטוֹן שֶׁבּוֹ נִמְצָא הַמֶּלֶךְ וְלִרְאוֹת אֶת פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, צָרִיךְ לַעֲבוֹר תְּחִלָּה דֶּרֶךְ כַּמָּה וְכַמָּה הֵיכָלוֹת שֶׁבְּכָל אֶחָד מֵהֶם יֵשׁ הוֹן יָקָר, וְיֶשְׁנָם כְּאִלּוּ שֶׁכְּשֶׁרוֹאִים אֶת הַהוֹן יָקָר שֶׁבַּהֵיכָל הַחִיצוֹן, הֵם מִתְעַנְּגִים מִזֶּה בְּתַעֲנוּג נִפְלָא וּמִתְעַכְּבִים שָׁם. וְיֵשׁ כְּאִלּוּ שֶׁמִּתְעַנְּגִים בְּהֵיכַל פְּנִימִי יוֹתֵר. וְדַוְקָא מִי שֶׁהוּא חָכָם גָּדוֹל, גָּיֵט אִים נִיט אָן הַחֲשִׁיבוּת וְהַיֹּקֶר שֶׁל הַהוֹן עָצוּם הַנִּמְצָא גַּם בְּהֵיכַל הכי פְּנִימִי, וְכָל רְצוֹנוֹ וּתְשׁוּקָתוֹ הִיא לִכָּנֵס לְהַקִּיטוֹן בּוֹ נִמְצָא הַמֶּלֶךְ וְלִרְאוֹת אֶת פְּנֵי הַמֶּלֶךְ.
ח) On peut dire que c'est là l'amour dont parle le passouk : « Qui ai-je dans les cieux ? Hormis Toi, je ne désire rien ». Ou encore, selon les mots de l'Admour Hazakène : « Je ne veux rien du tout ; je ne veux pas Ton Gan Éden, je ne veux pas Ton Monde à venir, etc. ; je ne veux rien d'autre que Toi seul. »
ח) וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁעִנְיָן זֶה הוּא הָאַהֲבָה דְּמִי לִי בַשָּׁמָיִם וְעִמְּךָ לֹא חָפַצְתִּי, וְכִלְשׁוֹן אדמו"ר הַזָּקֵן "אֵיךְ ווִיל זָע גָאר נִיסַּט אֵיךְ ווִיל נִיט דְּאַיַּיִן ג"ע אֵיךְ ווִיל נִיט דְּאַיַּיִן עוה"ב כו' אֵיךְ ווִיל מֶער נִיט אָז דַּיֶּךָ אַלֵיין".
Car les révélations du Gan Éden, et à plus forte raison celles du Monde à venir, sont des révélations extrêmement élevées. L'Admour Hazakène les saisissait, et d'une compréhension véritable, où l'intellect ne fait plus qu'un avec ce qu'il comprend. Et pourtant, il ne veut ni les révélations du Gan Éden ni celles du Monde à venir. Tout son désir porte uniquement sur l'Essence [Atsmout] : « Toi seul ».
דַּהֲגַם שֶׁהַגִּלּוּיִים שבג"ע ומכ"ש הַגִּילּוּיִים דעוה"ב הֵם גִּילּוּיִים נַעֲלִים בְּיוֹתֵר, ואדמו"ר הַזָּקֵן הָיְתָה לוֹ הַשָּׂגָה בָּזֶה, הַשָּׂגָה אֲמִיתִּית בְּאוֹפֶן שֶׁהַשֵּׂכֶל נִתְאַחֵד עִם הַמּוּשְׂכָּל, אעפ"כ אֵינוֹ רוֹצֶה לֹא בְּהַגִּלּוּיִים דג"ע וְלֹא בְּהַגִּלּוּיִים דעוה"ב, וְכָל רְצוֹנוֹ הוּא רַק בְּהָעַצְמוּת, דַּיֶּךָ אַלֵיין.
On peut ajouter une chose : s'il ne veut pas « les ducs, etc. » (les degrés de l'ordre naturel de la création [héb. seder hahichtalchelout], et aussi ceux qui sont au-dessus de l'hichtalchelout), ce qui le rend avisé avant tout est ceci. Les séfirot (mot apparenté à sapirout et behirout, « éclat » et « clarté ») ne voilent pas l'Or Ein Sof [lumière infinie]. Dans l'influence attirée par les séfirot (les récipients [kelim]), on voit de façon manifeste qu'elle ne vient pas des séfirot elles-mêmes, à D.ieu ne plaise, mais que l'Or Ein Sof exerce son influence par leur intermédiaire. C'est plus vrai encore des lumières [orot] des séfirot, par lesquelles se révèle la lumière qui est au-dessus d'elles, et à plus forte raison des degrés supérieurs à Atsilout, où la lumière révèle tout ce qui peut se révéler de la source de lumière [maor]. Et pourtant, il ne les veut pas. Il veut le roi : « Moi, je prends le roi ».
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דְּעִקַּר הַפִּקְחוּת בָּזֶה שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה בהדכסין וכו' (הַמַּדְרֵיגוֹת שֶׁבְּסֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, וְגַם שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת) הוּא, דַּהֲגַם שֶׁהַסְּפִירוֹת (מִלְּשׁוֹן סַפִּירוּת וּבְהִירוּת) אֵין מַסְתִּירִים עַל אוא"ס, דִּבְהַהַשְׁפָּעָה שֶׁנִּמְשֶׁכֶת ע"י הַסְּפִירוֹת (הַכֵּלִים) נִרְאֶה בְּגִילּוּי שֶׁהַהַשְׁפָּעָה הִיא לֹא מֵהַסְּפִירוֹת עַצְמָם ח"ו אֶלָּא שאוא"ס מַשְׁפִּיעַ עַל יָדָם, וּבְיוֹתֵר הוּא בְּהָאוֹרוֹת דְּהַסְּפִירוֹת, שֶׁעַל יָדָם מִתְגַּלֶּה הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵהֶם, ומכ"ש בְּהַמַּדְרֵיגוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מֵאֲצִילוּת, שע"י הָאוֹר מִתְגַּלֶּה כָּל מַה שֶׁאֶפְשָׁר לְהִתְגַּלּוֹת מֵהַמָּאוֹר, מ"מ, אֵינוֹ רוֹצֶה בָּהֶם אֶלָּא בְּהַמֶּלֶךְ, אנא נסב מלכא.
On peut dire que c'est aussi ce que veut dire le choix exact des mots de l'Admour Hazakène : « je ne veux pas Ton Gan Éden, je ne veux pas Ton Monde à venir ». Le Gan Éden et le Monde à venir sont bien « Ton Gan Éden », « Ton Monde à venir ». Leurs révélations sont en elles-mêmes extrêmement élevées, et de plus, tout ce qui peut se révéler de la source de lumière se révèle par elles. Et pourtant, il ne les veut pas. Tout son désir porte uniquement sur l'Essence : « Toi seul ».
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁזֶּהוּ גַּם דִּיּוּק לְשׁוֹן אדמו"ר הַזָּקֵן "אֵיךְ ווִיל נִיט דַּאְיִין ג"ע אֵיךְ ווִיל נִיט דַּאְיִין עוה"ב", דַּהֲגַם שהג"ע והעוה"ב הֵם "דַּאְיִין ג"ע", "דַּאְיִין עוה"ב", דְּנוֹסָף לָזֶה שֶׁהַגִּלּוּיִים דג"ע ודעוה"ב עַצְמָם הֵם גִּילּוּיִים נַעֲלִים בְּיוֹתֵר מִתְגַּלֶּה עַל יָדָם כָּל מַה שֶׁאֶפְשָׁר לְהִתְגַּלּוֹת מֵהַמָּאוֹר, מ"מ אֵינוֹ רוֹצֶה בָּהֶם, וְכָל רְצוֹנוֹ הוּא רַק בְּהָעַצְמוּת, דַּיֶּךָ אַלֵיין.
…L'Admour Hazakène a dit : « Je ne veux pas Ton Gan Éden, je ne veux pas Ton Monde à venir. » Le Gan Éden et le Monde à venir sont pourtant « Ton Gan Éden », « Ton Monde à venir ». De plus, les révélations du Gan Éden et du Monde à venir sont en elles-mêmes des révélations extrêmement élevées : tout ce qui peut se révéler de la source de lumière [hamaor] s'y révèle. Il n'en veut pourtant pas. Toute sa volonté ne porte que sur l'Essence, « Toi seul ».
…אָמַר אדמו"ר הַזָּקֵן "אֵיךְ ווִיל נִיט דְּאַיַּיִן ג"ע אֵיךְ ווִיל נִיט דְּאַיַּיִן עוה"ב", דַּהֲגַם שהג"ע והעוה"ב הֵם "דְּאַיַּיִן ג"ע", "דְּאַיַּיִן עוה"ב", דְּנוֹסָף לְזֶה שֶׁהַגִּלּוּיִים דג"ע ודעוה"ב עַצְמָם הֵם גִילּוּיִים נַעֲלִים בְּיוֹתֵר מִתְגַּלֶּה עַל יָדָם כָּל מַה שֶׁאֶפְשָׁר לְהִתְגַּלּוֹת מֵהַמָּאוֹר, מ"מ אֵינוֹ רוֹצֶה בָּהֶם, וְכָל רְצוֹנוֹ הוּא רַק בְּהָעֲצָמוֹת, דַּיֶּךָ אַלֵיין.
Or, on peut dire que deux sens de « Ana nassiv malka » [« Moi, je prends le roi »] sont liés l'un à l'autre : le sens que nous venons de voir, ne pas vouloir les gradations (de sainteté) d'en haut mais l'Essence, et le sens littéral de « Ana nassiv malka » (ne pas servir les astres et les constellations).
ט) וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּפֵרוּשׁ זֶה באנא נסב מַלְכָּא שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה בַּהַדְרָגוֹת (דִקְדוּשָּׁה) שֶׁלְּמַעְלָה אֶלָּא בְּהָעֲצָמוֹת, וְהַפֵּרוּשׁ דאנא נסב מַלְכָּא כִּפְשׁוּטוֹ (שֶׁאֵינוֹ עוֹבֵד להכו"מ), שַׁיָּכִים זֶה לְזֶה.
Cela se comprendra à partir de ce que l'on sait de l'amour de « Qui ai-je au ciel [mi li bachamayim] » : celui qui aime ainsi ne veut pas les révélations du Gan Éden, mais l'Essence de l'Or Ein Sof [lumière infinie]. Au Gan Éden, il demeurerait pourtant dans son existence propre et aurait de la Divinité une compréhension [hassaga] et un délice [taanoug] (« ils jouissent de l'éclat de la Chekhina »). Face à la révélation de l'Essence de l'Or Ein Sof, en revanche, il s'annulerait et quitterait son degré. Malgré cela, la révélation du Gan Éden n'est qu'un simple rayonnement (« l'éclat de la Chekhina »), sans commune mesure avec l'Essence de l'Or Ein Sof. Il choisit donc l'essentiel et non l'accessoire.
וְיוּבַן זֶה ע"פ הַיָּדוּעַ שֶׁהָאַהֲבָה דְּמִי לִי בַּשָּׁמַיִם שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה בְּהַגִּלּוּיִים דג"ע אֶלָּא בְּעַצְמוּת אוא"ס, אַף שבג"ע יִשָּׁאֵר בִּמְצִיאוּתוֹ ויהי' לוֹ הַשָּׂגָה וְתַעֲנוּג בֵּאלֹקוּת (נֶהֱנִים מִזִּיו הַשְּׁכִינָה) משא"כ מִצַּד הַגִּילּוּי דְּעַצְמוּת אוא"ס יִתְבַּטֵּל מִמַּדְרֵיגָתוֹ, מ"מ, מִכֵּיוָן שֶׁהַגִּלּוּי דג"ע הוּא רַק הֶאָרָה בִּלְבָד (זִיו הַשְּׁכִינָה), שֶׁבְּאֵין עָרוּךְ לְגַבֵּי עַצְמוּת אוא"ס, הוּא בּוֹחֵר בְּהָעִקָּר וְלֹא בְּהַטָּפֵל.
On en déduit ceci. Supposons qu'il choisisse les révélations du Gan Éden (qui sont considérées comme rien [kela 'hachiv] au regard de l'Essence de l'Or Ein Sof) dans son propre intérêt [legarmei], afin de demeurer dans son existence et de jouir de l'éclat de la Chekhina. Il peut alors en résulter (par les multiples degrés de l'enchaînement des mondes [riboui hichtalchelout], etc.) qu'il sache que l'influence transmise par les soixante-dix princes est attirée du lieu de la mort (comme expliqué plus haut, à la fin de la section 5), et que malgré cela il veuille cette influence plus que l'influence qui vient de la sainteté, afin d'avoir une abondance considérable.
וּמִזֶּה מוּבָן, דְּכַאֲשֶׁר הוּא בּוֹחֵר בְּהַגִּלּוּיִים דג"ע (שֶׁהֵם כְּלָא חשיב לְגַבֵּי עַצְמוּת אוא"ס) בִּשְׁבִיל הלגרמי' שֶׁלּוֹ, בִּכְדֵי שֶׁיִּשָּׁאֵר בִּמְצִיאוּתוֹ וְיֵהָנֶה מִזִּיו הַשְּׁכִינָה, אֶפְשָׁר שֶׁיָּבוֹא מִזֶּה (ע"י רִיבּוּי הִשְׁתַּלְשְׁלוּת וכו') דַּהֲגַם שֶׁיּוֹדֵעַ שֶׁהַהַשְׁפָּעָה שע"י הע' שָׂרִים הִיא נִמְשֶׁכֶת מִמְּקוֹם הַמָּוֶת (כנ"ל סוֹף סְעִיף ה), מ"מ יִרְצֶה בְּהַשְׁפָּעָה זוֹ יוֹתֵר מִבַּהַהְשָׁפָעָה שֶׁמֵּהַקְּדֻשָּׁה, בִּכְדֵי שיהי' לוֹ שֶׁפַע בְּרִיבּוּי.
Il en va de même des erreurs de ceux qui servent les astres et les constellations et qui les tiennent pour une réalité (ils pensent que l'influence vient des astres et des constellations eux-mêmes, ou du moins que ceux-ci ont le libre choix d'influencer). Celui qui veut les révélations du Gan Éden et non l'Essence de l'Or Ein Sof accorde en effet de l'importance à une chose extérieure à l'Essence. Il peut en résulter (par de multiples enchaînements, etc.) qu'il accorde de l'importance aux astres et aux constellations : ils auraient le libre choix dans leur influence, et plus encore, l'influence viendrait d'eux-mêmes, à D.ieu ne plaise.
ועד"ז הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְהַטָּעוֹת שֶׁל הָעוֹבְדִים לכו"מ שֶׁמְּחַשְּׁבִים אוֹתָם לִמְצִיאוּת (שֶׁהַהַשְׁפָּעָה בָּאָה מהכו"מ עַצְמָם, אוֹ שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בְּחִירָה עכ"פ לְהַשְׁפִּיעַ). דְּמִזֶּה שֶׁרוֹצֶה בְּהַגִּלּוּיִים דג"ע וְלֹא בְּעַצְמוּת אוא"ס, הַיְנוּ שֶׁהוּא נוֹתֵן חֲשִׁיבוּת לְעִנְיַן שֶׁמִּחוּץ לְהָעַצְמוּת, אֶפְשָׁר שֶׁיָּבוֹא מִזֶּה (ע"י רִיבּוּי הִשְׁתַּלְשְׁלוּת וכו') שֶׁיִּתֵּן חֲשִׁיבוּת להכו"מ, שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בְּחִירָה בְּהַשְׁפָּעָתָם, וִיתֵירָה מִזּוֹ שֶׁהַהַשְׁפָּעָה הִיא מֵהֶם עַצְמָם ח"ו.
Il faut ajouter ceci. Même quand il veut le Gan Éden parce que c'est le Gan Éden de HaKadoch Barou'h Hou (« Ton Gan Éden »), il peut encore en résulter l'erreur selon laquelle ils (les astres et les constellations) ont le libre choix d'influencer, et jusqu'à l'erreur selon laquelle l'influence vient d'eux-mêmes. Car même selon cette erreur, le pouvoir d'influencer qu'ils détiennent leur vient (non d'eux-mêmes, mais) de ce que HaKadoch Barou'h Hou les a désignés pour cela, comme expliqué plus haut, section 3 (à l'image de « Ton Gan Éden »).
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דְּגַם כְּשֶׁרְצוֹנוֹ בג"ע הוּא מִפְּנֵי שֶׁהוּא ג"ע שֶׁל הקב"ה ("דְּאַיַּיִן ג"ע"), גַּם אָז אֶפְשָׁר שֶׁיָּבוֹא מִזֶּה הַטָּעוּת שֶׁיֵּשׁ לָהֶם (להכו"מ) בְּחִירָה לְהַשְׁפִּיעַ וְעַד לְהַטָּעוּת שֶׁהַהַשְׁפָּעָה הִיא מֵהֶם עַצְמָם, מִכֵּיוָן שֶׁגַּם לְפִי טָעוּת זוֹ הַכֹּחַ שֶׁיֵּשׁ לָהֶם לְהַשְׁפִּיעַ הוּא (לֹא מִצַּד עַצְמָם אֶלָּא) מִפְּנֵי שהקב"ה מִנָּה אוֹתָם עַל זֶה כנ"ל ס"ג (בְּדוּגְמַת "דְּאַיַּיִן ג"ע").
Pour ne laisser aucune place à « Ana nassiv doukhsin » [« Moi, je prends les ducs »], etc., il faut éveiller en soi (au moins un reflet, une parcelle [méèïn vechémets], ce qui est au pouvoir de chaque Juif, comme on le verra plus loin) cette disposition : ne pas vouloir même « Ton Gan Éden », mais « rien d'autre que Toi seul ».
וּבִכְדֵי שֶׁלֹּא יהי' שׁוּם נְתִינַת מָקוֹם לאנא נסב דוכסין וכו' הוּא ע"י שֶׁיְּעוֹרֵר אֶצְלוֹ (מֵעֵין וְשֶׁמֶץ עכ"פ, שֶׁזֶּהוּ בְּכֹחוֹ שֶׁל כאו"א מִיִּשְׂרָאֵל, כְּדִלְקַמָּן) שֶׁלֹּא לִרְצוֹת אֲפִילוּ "דְּאַיַּיִן ג"ע", כ"א "מֶער נִיט אָז דַּיֶּךָ אַלֵיין".
On peut ajouter une explication du lien entre « Ana nassiv malka » et l'amour de « Qui ai-je au ciel », par lequel on veut l'Or Ein Sof. Posons d'abord ce qui fait le fond du culte des astres et des constellations : on y tient pour l'essentiel une chose qui n'est qu'un intermédiaire. C'est vrai d'abord des astres et des constellations eux-mêmes. En vérité, ils ne sont qu'un intermédiaire (une « hache ») par lequel l'influence est attirée, mais ceux qui les servent pensent qu'ils sont l'essentiel. C'est vrai aussi des influences matérielles qu'ils transmettent. L'influence matérielle est donnée pour qu'on l'emploie au service de D.ieu, mais ceux qui servent les astres et les constellations tiennent la matière pour l'essentiel (c'est pourquoi ils veulent l'influence qui vient de l'autre côté [le'oumat zé], afin d'avoir une abondance matérielle considérable, comme expliqué plus haut, section 4).
יו"ד) וְיֵשׁ לְהוֹסִיף בֵּיאוּר בְּהַשַּׁיָּכוּת דאנא נסב מַלְכָּא לְהָאַהֲבָה דְּמִי לִי בַּשָּׁמַיִם שֶׁרוֹצֶה באוא"ס, בְּהַקְדִּים שֶׁעִקַּר הָעִנְיָן דַּעֲבוֹדַת כו"מ הוּא שֶׁחוֹשְׁבִים דָּבָר שֶׁהוּא רַק אֶמְצָעִי לְעִקָּר. הֵן בְּנוֹגֵעַ להכו"מ, דְּהָאֱמֶת הוּא שֶׁאֵינָם אֶלָּא אֶמְצָעִי (גַּרְזֶן) שֶׁעַל יָדָם נִמְשֶׁכֶת הַהַשְׁפָּעָה, וְהָעוֹבְדִים לכו"מ חוֹשְׁבִים שֶׁהֵם עִקָּר, וְהֵן בְּנוֹגֵעַ לַהַשְׁפָּעוֹת הַגַּשְׁמִיּוּת הַנִּשְׁפָּעוֹת עַל יָדָם, שֶׁהַשְׁפָּעַת הַגַּשְׁמִיּוּת הִיא בִּכְדֵי שֶׁיִּשְׁתַּמְּשׁוּ בָּהֶם לַעֲבוֹדַת ה', וְהָעוֹבְדִים לכו"מ מְחַשְּׁבִים אֶת הַגַּשְׁמִיּוּת לְעִקָּר (שֶׁלָּכֵן הֵם רוֹצִים בְּהַהַשְׁפָּעָה מהלעו"ז, בִּכְדֵי שיהי' לָהֶם רִיבּוּי שֶׁפַע גַּשְׁמִי, כנ"ל סְעִיף ד).
Or, les révélations, même les plus élevées, ne sont pas elles-mêmes le but ultime. Elles ne sont qu'un moyen par lequel s'accomplira l'intention intérieure : la demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim]. C'est pourquoi, quand on désire les révélations (et non la lumière infinie [Or Ein Sof]), c'est-à-dire quand on les tient pour l'essentiel, il peut y avoir place pour que l'on tienne aussi les moyens (les astres et les constellations, et l'abondance matérielle) pour l'essentiel.
וְהִנֵּה הַגִּילּוּיִים, גַּם הַגִּילּוּיִים הֲכִי נַעֲלִים, הַתַּכְלִית הוּא לֹא בָּהֶם עַצְמָם, וְהֵם רַק אֶמְצָעִי שֶׁעַל יָדָם תֻּשְׁלַם הַכַּוָּנָה הַפְּנִימִית דְּדִירָה בַּתַּחְתּוֹנִים. וְלָכֵן, כְּשֶׁרוֹצֶה בְּהַגִּלּוּיִים (וְלֹא באוא"ס), הַיְנוּ שֶׁמַּחְשִׁיב אוֹתָם לְעִקָּר, אֶפְשָׁר לִהְיוֹת נְתִינַת מָקוֹם שֶׁיַּחְשִׁיב גַּם הָאֶמְצָעִים (הכו"מ וְהַשֶּׁפַע הַגַּשְׁמִי) לְעִקָּר.
Sur cette base, on peut dire ceci. Parmi les nations du monde, les unes servent le soleil et les autres la lune, alors qu'Israël ne sert que HaKadoch Barou'h Hou. Cela vient de ce que la racine des nations du monde est issue de l'extériorité de la volonté (où l'on veut une chose en vue d'une autre). Or le niveau de l'extériorité de la volonté (tel qu'il est la source des nations du monde) est tel qu'on n'y ressent pas que la volonté vise autre chose : c'est cela même qui y est la finalité. Il en découle que les nations du monde tiennent pour l'essentiel les intermédiaires, les astres et les constellations.
ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שאוה"ע מֵהֶן עוֹבְדִין לַחַמָּה וּמֵהֶן לַלְּבָנָה וְיִשְׂרָאֵל אֵינָן עוֹבְדִין אֶלָּא להקב"ה, הוּא, כִּי הַשֹּׁרֶשׁ דאוה"ע הוּא מֵחִיצוֹנִיּוּת הָרָצוֹן (שֶׁרוֹצֶה בְּאֵיזֶה דָּבָר בִּשְׁבִיל עִנְיָן אַחֵר), וְהַבְּחִינָה דְּחִיצוֹנִיּוּת הָרָצוֹן (כְּמוֹ שֶׁהִיא מָקוֹר לאוה"ע) הִיא בְּאוֹפֶן שֶׁאֵין נִרְגָּשׁ בָּהּ שֶׁהָרָצוֹן הוּא בִּשְׁבִיל עִנְיָן אַחֵר אֶלָּא שֶׁזֶּה גּוּפָא הוּא הַתַּכְלִית, וְלָכֵן מִסְתַּעֵף מִזֶּה שאוה"ע מְחַשְּׁבִים אֶת הַמְמֻצָּעִים דכו"מ לְעִקָּר.
La racine d'Israël, elle, est issue de la pnimiyout de la volonté, et du côté de la pnimiyout de la volonté, il n'y a place pour aucune autre chose. C'est pourquoi Israël a conscience que les astres et les constellations ne sont qu'un moyen, « comme la hache dans la main de celui qui taille » (et de même, l'abondance matérielle n'a d'autre but que la avoda [service de D.ieu]). C'est pourquoi ils ne servent que HaKadoch Barou'h Hou : « Moi, je prends le Roi ».
וְהַשֹּׁרֶשׁ דְּיִשְׂרָאֵל הוּא מִפְּנִימִיּוּת הָרָצוֹן, שֶׁמִּצַּד פְּנִימִיּוּת הָרָצוֹן אֵין נְתִינַת מָקוֹם לְאֵיזֶה עִנְיָן אַחֵר, וְלָכֵן יֵשׁ לְיִשְׂרָאֵל הַהַכָּרָה שהכו"מ הֵם רַק אֶמְצָעִי כַּגַּרְזֶן בְּיַד הַחוֹצֵב (וְכֵן הַשֶּׁפַע הַגַּשְׁמִי הוּא רַק בִּשְׁבִיל עֲבוֹדַת ה'), וְלָכֵן אֵינָן עוֹבְדִין אֶלָּא להקב"ה, אנא נסב מלכא.
11) Sur cette base, on peut aussi expliquer l'élévation du choix qu'Israël porte sur HaKadoch Barou'h Hou non seulement par la volonté de la Nechama, qui est au-delà de l'intellect, mais aussi par l'intellect (comme dit plus haut, section 7). Si la racine d'Israël se trouve dans la pnimiyout de l'enveloppant [makif] (la pnimiyout de la volonté), c'est en effet parce qu'Israël relève du niveau de l'intérieur [pnimi], et l'on sait que la racine de l'intérieur se trouve dans la pnimiyout de l'enveloppant. C'est pourquoi le choix qu'Israël fait de HaKadoch Barou'h Hou atteint sa véritable élévation quand la volonté de la Nechama qui est au-delà de l'intellect (l'enveloppant) s'épanche et agit aussi dans l'intellect (l'intérieur). C'est précisément ainsi que s'épanche ce qui vient de l'essence de la Nechama (la pnimiyout de l'enveloppant), qui est au-delà même de la volonté située au-delà de l'intellect (l'extériorité de l'enveloppant).
יָא) ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר גַּם הַמַּעֲלָה בָּזֶה דִּבְחִירַת יִשְׂרָאֵל בהקב"ה הִיא לֹא רַק מִצַּד הָרָצוֹן דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל אֶלָּא גַּם מִצַּד הַשֵּׂכֶל (כנ"ל סְעִיף ז), כִּי זֶה שֶׁהַשֹּׁרֶשׁ דְּיִשְׂרָאֵל הוּא בִּפְנִימִיּוּת הַמַּקִּיף (פְּנִימִיּוּת הָרָצוֹן) הוּא מִפְּנֵי שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם בְּחִינַת פְּנִימִי, וְכַיָּדוּעַ דְּשֹׁרֶשׁ הַפְּנִימִי הוּא בִּפְנִימִיּוּת הַמַּקִּיף, וְלָכֵן, עִקַּר הָעִילּוּי דִּבְחִירַת יִשְׂרָאֵל בהקב"ה הוּא כְּשֶׁהָרָצוֹן דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל (מַקִּיף) נִמְשָׁךְ וּפוֹעֵל גַּם בְּהַשֵּׂכֶל (פְּנִימִי), שעי"ז דַּוְקָא נִמְשָׁךְ מֵעֶצֶם הַנְּשָׁמָה (פְּנִימִיּוּת הַמַּקִּיף), שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מֵהָרָצוֹן שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל (חִיצוֹנִיּוּת הַמַּקִּיף).
On peut dire que c'est aussi le sens de ce qui est écrit : « Havayé est ma part [ʼhelki], dit mon âme » (« ma part », précisément). La part [ʼhélek] relève en effet du niveau de l'intérieur (comme on le sait à propos de « Combien est bonne notre part, combien agréable notre sort, combien beau notre héritage »). Le choix qu'Israël fait de HaKadoch Barou'h Hou atteint son élévation quand le choix de la Nechama s'épanche dans la pnimiyout, dans la compréhension et la saisie, de telle sorte qu'il agisse dans la pensée, la parole et l'action : c'est ainsi que se produit l'épanchement de la pnimiyout de l'enveloppant.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶהוּ גַּם מ"ש חֶלְקִי הוי' אָמְרָה נַפְשִׁי (חֶלְקִי דַּוְקָא), דְּחֵלֶק הוּא בְּחִינַת פְּנִימִי (כַּיָּדוּעַ בְּעִנְיַן מַה טוֹב חֶלְקֵנוּ וּמַה נָּעִים גּוֹרָלֵנוּ וּמַה יָפָה יְרֻשָּׁתֵנוּ), וְהָעִלּוּי דִּבְחִירַת יִשְׂרָאֵל בהקב"ה הוּא כְּשֶׁהַבְּחִירָה דְּהַנְּשָׁמָה נִמְשֶׁכֶת בִּפְנִימִיּוּת, בַּהֲבָנָה וְהַשָּׂגָה, וּבְאוֹפֶן שֶׁזֶּה פּוֹעֵל בְּמַחֲשָׁבָה דִּבּוּר וּמַעֲשֶׂה, שעי"ז הוּא הַהַמְשָׁכָה דִּפְנִימִיּוּת הַמַּקִּיף.
12) On peut relier cela à ce qui est dit dans le Midrach Tehilim sur le verset [passouk] « Au chef de chœur, de David, pour rappeler » : C'est comparable à un roi qui avait des moutons. Il se mit en colère contre eux, chassa les moutons, défit l'enclos et renvoya le berger. Au bout d'un temps, il rassembla les moutons et rebâtit l'enclos, mais du berger il ne fit pas mention. Le berger dit : « Voici que les moutons sont rassemblés et que l'enclos est bâti, et de moi on ne se souvient pas. » Ainsi David a-t-il dit, dans le psaume précédent : « Car D.ieu sauvera Tsion et rebâtira les villes de Yehouda » : voilà l'enclos bâti. « Ils s'y établiront et en hériteront, la descendance de Ses serviteurs l'aura en partage, et ceux qui aiment Son Nom y demeureront » : voilà les moutons rassemblés. « Et de moi on ne se souvient pas » : c'est pourquoi « Au chef de chœur, de David, pour rappeler ».
יב) וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם מ"ש בְּמִדְרַשׁ תְּהִלִּים עה"פ לַמְנַצֵּחַ לְדָוִד לְהַזְכִּיר, מָשָׁל לְמֶלֶךְ שהי' לוֹ צֹאן וְכָעַס עֲלֵיהֶם גֵּרֵשׁ אֶת הַצֹּאן וְהִתִּיר אֶת הַדִּיר וְהֶעֱבִיר אֶת הָרוֹעֶה, אַחַר זְמַן כִּנֵּס הַצֹּאן וּבָנָה אֶת הַדִּיר וְלָרוֹעֶה לֹא הִזְכִּיר, אָמַר הָרוֹעֶה הֲרֵי הַצֹּאן מְכֻנָּסוֹת וְהַדִּיר בָּנוּי וַאֲנִי אֵינִי נִזְכָּר. כָּךְ אָמַר דָּוִד לְמַעְלָה מִן הַמִּזְמוֹר כִּי אֱלֹקִים יוֹשִׁיעַ צִיּוֹן וְיִבְנֶה עָרֵי יְהוּדָה, הֲרֵי הַדִּיר בָּנוּי, וְיָשְׁבוּ שָׁם וִירֵשׁוּהָ וְזֶרַע עֲבָדָיו יִנְחָלוּהָ וְאוֹהֲבֵי שְׁמוֹ יִשְׁכְּנוּ בָהּ, הֲרֵי הַצֹּאן מְכֻנָּסוֹת, וַאֲנִי אֵינִי נִזְכָּר, לְכָךְ לַמְנַצֵּחַ לְדָוִד לְהַזְכִּיר.
Il faut comprendre : s'il a rassemblé les moutons après s'être mis en colère contre eux (alors qu'ils ne lui étaient pas agréables), c'est que sa volonté envers eux s'est de nouveau éveillée. Pourquoi donc n'a-t-il pas fait mention du berger (de lui-même), au point qu'une requête particulière soit nécessaire à ce sujet ?
וְצָרִיךְ לְהָבִין, הֲרֵי זֶה שֶׁכָּנַס הַצֹּאן לְאַחֲרֵי שֶׁכָּעַס עֲלֵיהֶם (וְלֹא הָיוּ מְרֻצִּים לְפָנָיו) הוּא מִפְּנֵי שֶׁנִּתְעוֹרֵר שׁוּב הָרָצוֹן אֲלֵיהֶם, וְלָמָּה לֹא הִזְכִּיר (מֵעַצְמוֹ) לְהָרוֹעֶה, וְצָרִיךְ לְבַקָּשָׁה מְיוּחֶדֶת עַל זֶה.
Voici l'explication : la volonté est un enveloppant, et l'épanchement de la volonté peut se faire dans l'extériorité. C'est pourquoi David a demandé que l'on se souvienne du berger : le berger correspond à l'influence intérieure (comme on connaît la distinction entre « bergers » et « princes »). Tant que l'influence intérieure (le berger) fait défaut, l'essentiel manque. Car l'épanchement de l'enveloppant lui-même provient de l'extériorité de l'enveloppant, alors que la racine de l'intérieur se trouve dans la pnimiyout de l'enveloppant.
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּרָצוֹן הוּא מַקִּיף, וְאֶפְשָׁר שֶׁהַמְשָׁכַת הָרָצוֹן יהי' בְּחִיצוֹנִיּוּת. וְזֶהוּ שֶׁבִּקֵּשׁ דָּוִד שֶׁהָרוֹעֶה יהי' נִזְכָּר, דְּרוֹעֶה הו"ע הַשְׁפָּעָה פְּנִימִית (כַּיָּדוּעַ הַחִילּוּק בֵּין רוֹעִים לִנְסִיכִים). וְכָל זְמַן שֶׁלֹּא יֶשְׁנָהּ הַהַשְׁפָּעָה פְּנִימִית (הָרוֹעֶה), חָסֵר הָעִיקָר. כִּי הַמְשָׁכַת הַמַּקִּיף עַצְמוֹ הִיא מֵחִיצוֹנִיּוּת הַמַּקִּיף, וְשֹׁרֶשׁ הַפְּנִימִי הוּא מִפְּנִימִיּוּת הַמַּקִּיף.
Mais, une fois les moutons rassemblés, on leur donne tout ce dont ils ont besoin : comment peut-on dire alors qu'ils n'ont pas de berger ?
והֲגַם שֶׁכְּשֶׁהַצֹּאן מְכֻנָּסוֹת נוֹתְנִים לָהֶם כָּל צָרְכֵיהֶם, וְהַאֵיךְ שַׁיָּךְ לוֹמַר שֶׁאֵין לָהֶם רוֹעֶה,
On peut répondre que l'épanchement intérieur qui passe par le berger, c'est l'étude de la Torah. Or la Torah d'aujourd'hui n'est que vanité [hével] au regard de la Torah de Machia'h. Il en résulte que la vérité de ce que représente le berger (la pnimiyout) manque encore.
יֵשׁ לוֹמַר, דְּהַהַמְשָׁכָה פְּנִימִית שע"י הָרוֹעֶה הוּא לִימּוּד הַתּוֹרָה, וּמִכֵּיוָן שֶׁהַתּוֹרָה דְּעַכְשָׁו הִיא הֶבֶל לְגַבֵּי תּוֹרָתוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ, נִמְצָא שֶׁחָסֵר עֲדַיִין אֲמִיתִּית הָעִנְיָן דְּרוֹעֶה (פְּנִימִיּוּת).
Et bien qu'il soit question ici de ce qui vient après « D.ieu sauvera Tsion et rebâtira les villes de Yehouda, etc. », ce qui aura lieu lors de la guéoula à venir,
והֲגַם שֶׁהַמְדֻבָּר כַּאן הוּא לְאַחֲרֵי שֶׁאֱלֹקִים יוֹשִׁיעַ צִיּוֹן וְיִבְנֶה עָרֵי יְהוּדָה וגו' שֶׁזֶּה יהי' בִּגְאוּלָּה הָעֲתִידָה,
Or, la révélation principale qui se produira lors de la guéoula future est la révélation de l'Essence même de l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui est au-delà de toute compréhension. Telle était la requête de David (David, le roi Machia'h [araméen : David malka Mechi'ha]), et c'est par sa requête que cela s'accomplit : qu'il y ait aussi la dimension de « berger » [ro'é], c'est-à-dire la compréhension et la saisie de la Torah dans leur perfection absolue.
הֲרֵי עִקַּר הַגִּילּוּי שיהי' בִּגְאוּלָּה הָעֲתִידָה הוּא הַגִּילּוּי דְּעַצְמוּת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשָּׂגָה, וְזוֹ הָיְתָה בַּקָּשָׁתוֹ שֶׁל דָּוִד (דָּוִד מַלְכָּא מְשִׁיחָא), וע"י בַּקָּשָׁתוֹ נַעֲשָׂה זֶה, שיהי' גַּם הָעִנְיָן דְּרוֹעֶה, הֲבָנַת וְהַשָּׂגַת הַתּוֹרָה בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת.
13) D'après tout ce qui précède, on peut expliquer le lien et le rapport entre le choix qu'Israël fait de HaKadoch Barou'h Hou et le choix que HaKadoch Barou'h Hou fait d'Israël. HaKadoch Barou'h Hou a choisi Israël pour qu'ils soient pour Lui Son peuple précieux [héb. am segoula], c'est-à-dire que la volonté intérieure de HaKadoch Barou'h Hou porte sur Israël (et non qu'ils soient un moyen en vue d'autre chose). Ce choix est la racine du choix qu'Israël fait de HaKadoch Barou'h Hou, et c'est lui qui en donne la force [netinat koa'h]. On l'a expliqué longuement plus haut : si Israël choisit HaKadoch Barou'h Hou, c'est parce que sa racine se trouve dans l'intériorité de la volonté [pnimiyout haratson].
יג) וע"פ כָּל הנ"ל יֵשׁ לְבָאֵר הַקֶּשֶׁר וְהַשַּׁיָּכוּת דִּבְחִירַת יִשְׂרָאֵל בהקב"ה וּבְחִירַת הקב"ה בְּיִשְׂרָאֵל, דִּבְחִירַת הקב"ה בְּיִשְׂרָאֵל לִהְיוֹת לוֹ לְעַם סְגוּלָּה, שֶׁרְצוֹנוֹ הַפְּנִימִי דהקב"ה הוּא בְּיִשְׂרָאֵל (וְלֹא שֶׁהֵם אֶמְצָעִי לְעִנְיָן אַחֵר), הוּא הַשֹּׁרֶשׁ וְהַנְּתִינַתְּ כֹּחַ לִבְחִירַת יִשְׂרָאֵל בהקב"ה, כנ"ל בַּאֲרוּכָה דְּזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל בּוֹחֲרִים בהקב"ה הוּא מִפְּנֵי שֶׁשָּׁרְשָׁם הוּא בִּפְנִימִיּוּת הָרָצוֹן.
[On peut dire que, du fait que le choix d'Israël porte sur le corps, une force leur est attirée : même dans les choses matérielles se manifestera la révélation de l'intériorité de la volonté. Ils ressentent ainsi que la matérialité elle-même existe pour la avoda [service de D.ieu].]
[וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁהַבְּחִירָה בְּיִשְׂרָאֵל הוּא בְּהַגּוּף, מִזֶּה נִמְשָׁךְ לָהֶם הַכֹּחַ, שֶׁגַּם בְּעִנְיָנִים הַגַּשְׁמִיִּים יהי' הַגִּילּוּי דִּפְנִימִיּוּת הָרָצוֹן, שעי"ז נִרְגָּשׁ בָּהֶם שֶׁגַּם הַגַּשְׁמִיּוּת הוּא בִּשְׁבִיל עֲבוֹדַת ה'].
Cela permet d'expliquer pourquoi les offrandes [korbanot] d'Acher étaient offerts au nom du choix que HaKadoch Barou'h Hou a fait d'Israël, alors que la félicité [ichouran] d'Israël tient uniquement à ce qu'ils ont choisi HaKadoch Barou'h Hou. C'est que ce qui fait la véritable élévation d'Israël n'est pas ce qu'ils possèdent du côté d'en haut, mais ce qu'ils accomplissent par leur service. C'est précisément en cela (ce qu'ils accomplissent par leur service) que résident l'essentiel de la satisfaction [na'hat Roua'h] et du délice [taanoug] de HaKadoch Barou'h Hou. Seulement, la force d'y parvenir leur vient de l'épanchement et de la révélation du choix que HaKadoch Barou'h Hou a fait d'Israël, et cette révélation est attirée par les korbanot qu'offrit Acher. De plus, chacun d'Israël possède déjà une force du fait que sa racine se trouve dans l'intériorité de la volonté ; en plus de cela, les korbanot d'Acher attirent cette force de façon plus révélée.
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר זֶה שֶׁהַקָּרְבָּנוֹת שֶׁל אֲשֶׁר הָיוּ עַל שֵׁם הַבְּחִירָה שֶׁבָּחַר הקב"ה בְּיִשְׂרָאֵל, אַף שֶׁאֵין אִשּׁוּרָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל אֶלָּא עַל שֶׁבָּחֲרוּ בהקב"ה, כִּי עִקַּר הָעִילּוּי דְּיִשְׂרָאֵל הוּא (לֹא זֶה שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם מִצַּד לְמַעְלָה, אֶלָּא) זֶה שֶׁפּוֹעֲלִים ע"י עֲבוֹדָתָם, וּבָזֶה דַּוְקָא (מַה שֶׁפּוֹעֲלִים ע"י עֲבוֹדָתָם) הוּא עִקַּר הֲנָחַת רוּחַ וְהַתַּעֲנוּג דהקב"ה, אֶלָּא שֶׁבִּכְדֵי שיהי' לָהֶם הַנְּתִינַת כֹּחַ עַל זֶה הוּא ע"י הַהַמְשָׁכָה וְהַגִּילּוּי דִּבְחִירַת הקב"ה בְּיִשְׂרָאֵל, וְגִילּוּי זֶה נִמְשָׁךְ ע"י הַקָּרְבָּנוֹת שֶׁהִקְרִיב אֲשֶׁר. דְּנוֹסָף לְהַכֹּחַ שבכ"א מִיִּשְׂרָאֵל מִצַּד שָׁרְשׁוֹ בִּפְנִימִיּוּת הָרָצוֹן, הִנֵּה ע"י הַקָּרְבָּנוֹת דַּאֲשֶׁר, נִמְשָׁךְ כֹּחַ זֶה בְּגִילּוּי יוֹתֵר.
On peut dire que l'Admour Hazakène, en disant « Ikh vil mer nit az Daikh aleyn » [yiddish : « Je ne veux rien d'autre que Toi seul »], et surtout depuis que le Tséma'h Tsédek a rendu cette parole publique, a donné (plus encore) la force à chacun d'Israël, et surtout à ceux qui marchent sur ses traces et dans ses voies. Chacun a beau avoir une multitude de volontés, y compris des volontés qui proviennent de l'âme animale [Néfech habahamit], toutes ses volontés seront sans duplicité [litt. : « sans un cœur et un cœur »]. Sa volonté principale sera de mener à son accomplissement l'intention de l'Essence : faire pour Lui, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim] (à la manière et à l'image de ce qu'il en était chez l'Admour Hazakène, qui ne voulait « rien d'autre que Toi seul »). Et sa volonté dans la matérialité, elle aussi, visera (principalement) à faire de la matérialité un récipient [keli] pour la Divinité.
וְיֵשׁ לוֹמַר דע"י שֶׁאָמַר אדמו"ר הַזָּקֵן אֵיךְ ווִיל מֶער נִיט אָז דַּיֶּךָ אַלֵיין, וּבִפְרָט לְאַחֲרֵי שֶׁנִּתְפַּרְסֵם זֶה ע"י הצ"צ, נִתַּן הַכֹּחַ (עוֹד יוֹתֵר) לכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל, וּבִפְרָט לְהַהוֹלְכִים בְּעִקְבוֹתָיו וּבִדְרָכָיו, דַּהֲגַם שֶׁיֵּשׁ לוֹ רִיבּוּי רְצוֹנוֹת, וְעַד לִרְצוֹנוֹת שֶׁמִּצַּד נה"ב, שֶׁכָּל הָרְצוֹנוֹת שֶׁלּוֹ יִהְיוּ בְּלֹא לֵב וָלֵב, וְעִיקָר רְצוֹנוֹ יהי' לְהַשְׁלִים כַּוָּנַת הָעֲצָמוֹת לַעֲשׂוֹת לוֹ ית' דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים (ע"ד וּמֵעֵין שהי' אֵצֶל אדמו"ר הַזָּקֵן שֶׁלֹּא רָצָה מֶער נִיט אָז דַּיֶּךָ אַלֵיין), וְגַם רְצוֹנוֹ בְּגַשְׁמִיּוּת יהי' (בְּעִיקָר) בִּכְדֵי לַעֲשׂוֹת אֶת הַגַּשְׁמִיּוּת כְּלִי לֵאלֹקוּת.
Par là, une abondante influence lui sera attirée aussi dans la matérialité, selon la parole de l'Admour Hazakène : « Az der Eybershter git Yidn gachmiyous oun Yidn makhn foun di gachmiyous rou'haniyous » [yiddish : « Le Très-Haut donne aux Juifs du matériel, et les Juifs font de ce matériel du spirituel »]. On en comprend que, lorsque HaKadoch Barou'h Hou donne à Israël une abondance de matérialité, Israël produit une abondance de spiritualité, en quantité comme en qualité, jusqu'à la perfection absolue, et au point de se lier et de s'unir à HaKadoch Barou'h Hou : « Israël (la Torah [Oraïta]) et HaKadoch Barou'h Hou ne font qu'un ».
ועי"ז יֻמְשַׁךְ לוֹ גַּם רִיבּוּי הַשְׁפָּעָה בְּגַשְׁמִיּוּת, כְּמַאֲמַר אדמו"ר הַזָּקֵן אָז דֶער אוֹיבֶּערְשְׁטֶער גִיט אִידְן גַּשְׁמִיּוֹת אוּן אִידְן מַאכְן פוּן דַּי גַּשְׁמִיּוּת רוּחָנִיּוֹת, דְּמִזֶּה מוּבָן, דכשהקב"ה נוֹתֵן לְיִשְׂרָאֵל רִיבּוּי גַּשְׁמִיּוּת עוֹשִׂים יִשְׂרָאֵל רִיבּוּי רוּחָנִיּוֹת, רִיבּוּי בְּכַמּוּת וְרִיבּוּי בְּאֵיכוּת, וְעַד לְתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת, וְעַד שֶׁמִּתְקַשְּׁרִים וּמִתְאַחֲדִים בהקב"ה, יִשְׂרָאֵל (אוֹרָיְתָא) וקוב"ה כּוֹלָּא חַד.
Et tout cela s'accomplit dans la joie et le contentement du cœur, pendant les jours de préparation au « temps de notre liberté » [zman 'hérouténou]. Cela amène aussi le temps de notre liberté effectif : la guéoula véritable et complète, par Machia'h notre juste, très bientôt.
וְכָל זֶה נַעֲשֶׂה מִתּוֹךְ שִׂמְחָה וְטוֹב לֵבָב, בִּימֵי הַהֲכָנָה לִזְמַן חֵרוּתֵנוּ, וְזֶה מֵבִיא גַּם אֶת זְמַן חֵרוּתֵנוּ בְּפוֹעַל, גְּאֻלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה ע"י מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, בְּקָרוֹב מַמָּשׁ.
Avec l'aide de D.ieu [Barou'h Hachem]. À l'élévation de l'âme du Rav, le 'hassid, le Rav, le tamim, homme craignant D.ieu, [נו"נ], qui s'occupait des besoins de la communauté, Rav Daniel Yits'hak, que la paix soit sur lui, fils de Rav Efraïm Moscowitz (qu'il soit préservé pour une vie longue et heureuse, qu'il vive de longs et bons jours), émissaire de Sa Sainteté l'Admour, que son mérite nous protège, dans l'État de l'Illinois, rappelé à son repos éternel le 2 Adar II 5774 [2014]. Que son âme soit liée au faisceau de la vie. Dédié à la mémoire du Rav Daniel Moscowitz, de mémoire bénie, directeur régional de Loubavitch Chabad de l'Illinois. « Et moi, Daniel, je défaillis... puis je me levai et j'accomplis l'œuvre du roi » (Daniel 8, 27).
ב"ה. לע"נ הרה"ח הרה"ת אי"א נו"נ עוֹסֵק בצ"צ ר' דָּנִיֵּאל יִצְחָק ע"ה בֶּן יבלחט''א ר' אֶפְרַיִם שליט''א מאסקאוויץ, שָׁלִיחַ כ"ק אדמו"ר זי"ע לִמְדִינַת אִילִינוֹי, נלב"ע ב' אֲדָר שְׁנֵי ה'תשע"ד. ת.נ.צ.ב.ה. DEDICATED IN MEMORY OF RABBI DANIEL MOSCOWITZ ז"ל, LUBAVITCH CHABAD OF ILLINOIS REGIONAL DIRECTOR. וַאֲנִי דָּנִיֵּאל נִהְיֵיתִי ...וָאָקוּם וָאֶעֱשֶׂה אֶת מְלֶאכֶת הַמֶּלֶךְ (DANIEL 8:27)