Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יום ה', וא"ו תשרי ה'תשל"ז. Traduction française littérale en regard.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יום ה', וא"ו תשרי ה'תשל"ז. Traduction française littérale en regard.
Chapitre 1 · Trois difficultés dans « Reviens, Israël »א
Reviens, Israël, jusqu'à Havayé ton D.ieu [Elokékha]. On connaît la précision relevée ici : il est dit « jusqu'à [ad] Havayé ton D.ieu », alors qu'il aurait apparemment fallu dire « vers [le-] Havayé ton D.ieu ». Il faut aussi comprendre pourquoi le passouk mentionne ici les deux Noms, Havayé et Elokim. Il faut encore expliquer pourquoi le passouk poursuit par « car tu as trébuché par tes fautes ». Que la téchouva (« reviens ») porte sur un manquement et une faute, cela va de soi : qu'apporte donc de nouveau le passouk en disant « car tu as trébuché par tes fautes » ?
Voici l'explication. Dans le service de l'homme, il y a, de façon générale, deux aspects : « écarte-toi du mal et fais le bien ». On sait que le service de « écarte-toi du mal » se rattache (principalement) au Nom Elokim, et le service de « fais le bien » au Nom Havayé. En voici la raison. Comme le rapporte le Choul'han Aroukh, lorsqu'on mentionne le Nom Havayé, on doit avoir l'intention qu'Il était, est et sera ; lorsqu'on mentionne le Nom Elokim, on doit avoir l'intention qu'Il est fort et puissant, Lui qui a le pouvoir sur les êtres supérieurs et inférieurs. La différence entre ces deux aspects est la suivante. Avoir « le pouvoir sur les êtres supérieurs et inférieurs » relève de la Divinité qui est à la mesure des mondes, c'est-à-dire, globalement, « Celui qui remplit tous les mondes » [memalé kol almin]. « Il était, est et sera tout à la fois » relève en revanche de la Divinité qui est au-dessus des mondes, « Celui qui entoure tous les mondes » [sovev kol almin]. Explication : la définition du monde, c'est l'espace et le temps. Il en est de même des mondes spirituels : eux aussi sont définis par l'espace et le temps, si ce n'est que l'espace et le temps y sont spirituels. Et puisque la lumière qui remplit [or hamemalé] est une lumière à la mesure des mondes, on comprend que, dans la lumière qui remplit aussi, il existe quelque chose comme l'espace et le temps [comme on le sait, la lumière du kav [rayon], qui est globalement la lumière qui remplit, comporte les notions de haut et de bas (l'espace), d'antériorité et de postériorité (le temps)] : c'est la racine de l'espace et du temps des mondes. Si Havayé est « Il était, est et sera tout à la fois », au-dessus de la division du temps, c'est parce que Havayé est la lumière qui est au-dessus des mondes. Néanmoins, du fait même que l'on dise de Havayé qu'Il « était, est et sera tout à la fois » [car « était, est et sera », c'est la notion même du temps, si ce n'est qu'elle est au-dessus de la division], on comprend que Havayé aussi se rattache au temps (aux mondes). C'est aussi pourquoi « Havayé » signifie « qui fait être » [mehavé] : la venue à l'être de tous les mondes provient du Nom Havayé. Seulement, les mondes, tels qu'ils viennent à l'être à partir du Nom Havayé, ne sont pas aussi limités ; c'est pourquoi le passé, le présent et l'avenir y sont tout à la fois. Tel est le sens de ce que Havayé et Elokim sont « Celui qui entoure tous les mondes » et « Celui qui remplit tous les mondes ». La venue à l'être qui procède de la lumière qui remplit, puisque celle-ci est à la mesure des mondes et leur source, se fait par voie de revêtement [hitlabchout]. C'est pourquoi les mondes qui en sont issus sont une entité [metsiout] : le revêtement consiste en ce qu'elle se revêt pour faire être les mondes. La venue à l'être qui procède de la lumière qui entoure, en revanche, puisque les mondes n'ont aucune commune mesure avec elle, se fait comme d'elle-même, à l'image d'une action qui découle de la volonté (la volonté est une image du sovev) : la volonté n'est que la cause de l'action, elle ne s'y revêt pas. C'est pourquoi les mondes issus de la lumière qui entoure ne sont pas au niveau d'une entité. De même que la volonté elle-même n'est pas une entité et n'est que la révélation de l'essence [comme la volonté dans l'âme de l'homme, qui n'est qu'une inclination et un épanchement de l'âme], de même en est-il de la venue à l'être qui procède de la volonté : ce qu'elle signifie, ce n'est pas que des mondes viennent à l'être, mais que, par cette venue à l'être, la volonté s'accomplit. Tel est le lien entre la lumière qui entoure et la lumière qui remplit, d'une part, et les Noms Havayé et Elokim, d'autre part. La lumière qui remplit porte le Nom Elokim, au sens de « force », car elle est comme une force dont le rôle est d'agir. Toutefois, puisque l'existence des mondes résulte de ce que la force divine les fait être à chaque instant, du néant à l'être, le Nom Elokim désigne « Celui qui a le pouvoir sur les êtres supérieurs et inférieurs » : Sa domination et Sa maîtrise (Elokim, au sens de souveraineté) sur les supérieurs et les inférieurs s'exercent aussi après qu'ils sont venus à l'être, et Sa maîtrise sur eux porte même sur leur existence propre (les faire être ou non). La lumière qui entoure est appelée du Nom Havayé, « Il était, est et sera tout à la fois » : puisque la venue à l'être qui procède de la lumière qui entoure signifie que, par cette venue à l'être, la volonté s'accomplit, il n'y a là aucune différence entre passé, présent et avenir : « Il était, est et sera tout à la fois ». Tel est le lien entre les deux services, « écarte-toi du mal » et « fais le bien », et les deux Noms Elokim et Havayé. On sait en effet que « écarte-toi du mal » inclut aussi la vigilance à ne pas transgresser les mitsvot positives (négliger une mitsva positive est un interdit, un mal). Seulement, dans « écarte-toi du mal », puisque sa vigilance à accomplir les mitsvot vient de ce qu'il craint de transgresser l'ordre du Roi, il n'accomplit les mitsvot que dans la mesure où il y est obligé. La nouveauté du service de « fais le bien », c'est qu'il accomplit les mitsvot (non seulement parce qu'il y est contraint, pour ne pas transgresser l'ordre, mais) de manière active : « et fais le bien ». Comme l'explique le Likouteï Torah, « et fais le bien » signifie que l'on se donne de la peine dans la Torah et les mitsvot, jusqu'à un effort qui dépasse sa nature et son habitude. C'est pourquoi le service de « écarte-toi du mal » se rattache au Nom Elokim, et le service de « et fais le bien » au Nom Havayé. S'il craint de transgresser l'ordre du Roi, au point que sa crainte lui fait dompter son yétser (même quand son yétser brûle comme un feu), parce qu'il craint de transgresser l'ordre du Roi, c'est parce qu'il ressent que Lui, béni soit-Il, le domine et le maîtrise : Elokim. Quant au service de « et fais le bien », où l'on se donne de la peine dans la Torah et les mitsvot au-delà de sa nature et de son habitude, il provient de la révélation de la lumière qui entoure, celle qui est au-dessus des mondes : Havayé, qui est au-dessus de la nature.
Expliquons plus en détail le lien entre le service de « et fais le bien » et la lumière qui entoure. On a expliqué plus haut que la lumière qui entoure a, elle aussi, un lien avec les mondes. Seulement, ce que les mondes représentent pour la lumière qui entoure, ce n'est pas leur existence : c'est uniquement que, par eux, la volonté s'accomplit. Il en est de même du service de « et fais le bien ». Puisque ce service vient de ce que l'homme aime Havayé et désire s'attacher à Lui, son service de Hachem est lié à l'existence propre de l'homme, à son amour et à sa volonté. Mais son amour pour Havayé est tel que cela (l'amour de Hachem) devient tout son être ; c'est pourquoi il sert Hachem sans tenir compte des limites de sa nature. Telle est la supériorité du service de « recherche la paix », qui est l'étude de la Torah, sur le service de « et fais le bien ». La Torah est appelée « la parabole de l'Ancien » [machal hakadmoni] : elle est une parabole et un vêtement pour le degré du « Primordial du monde » [kadmono chel olam], c'est-à-dire pour l'Essence [Atsmout] même de l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui n'entre absolument pas dans la catégorie des mondes. C'est pourquoi l'annulation de soi de l'étude de la Torah est un bitoul absolu. Comme l'explique le Torah Or à propos de la différence entre la Torah et les mitsvot : dans l'accomplissement des mitsvot, l'homme qui les accomplit est comme un serviteur qui exécute l'ordre du Roi, et l'existence du serviteur n'est pas l'existence du maître. Même lorsqu'il accomplit les mitsvot par un amour fait de délices, il y a malgré tout quelqu'un qui aime. Il n'en va pas de même dans l'étude de la Torah : là, c'est le Roi Lui-même. Car lorsque l'étude de la Torah se fait dans le bitoul, alors « J'ai mis Mes paroles dans ta bouche » : Mes paroles, littéralement. Autrement dit, ce n'est pas l'homme qui parle, mais « la parole de Havayé, c'est la halakha » qui parle à travers sa gorge.
Chapitre 4 · Vouloir se donner, ne pas pouvoir se séparerד
Or, il en va de même dans le service de l’amour de Havayé, qui comporte trois degrés : « de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir [meodekha] ». Il est expliqué en plusieurs endroits que l’amour « de tout ton cœur » naît de la contemplation de la lumière divine qui se revêt dans les créatures pour les faire vivre; il s’agit, de manière générale, de la lumière qui emplit les mondes [Or HaMemalé]. En effet, lorsque l’homme contemple le fait que la vitalité de toute chose est Divinité, et que sa contemplation est telle que cela soit compris même par l’intellect de l’âme animale, il parvient par là à aimer Havayé « de tout ton cœur », « avec tes deux penchants ». L’amour « de toute ton âme » naît de la contemplation du fait que la lumière qui fait vivre les mondes n’est qu’un simple rayonnement, et que ce rayonnement est sans commune mesure avec l’Or Ein Sof; il s’agit, de manière générale, de la lumière qui entoure les mondes [Or HaSovev]. Il parvient par là à l’amour « de toute ton âme » : son amour pour Havayé prend la forme de la mesirout néfech, « même s’Il te prend ton âme ». Quant à l’amour « de tout ton pouvoir », il vient de la révélation de l’Essence de l’Or Ein Sof, qui n’appartient aucunement au domaine des mondes ; par cette révélation, l’amour est au-delà de toute mesure et de toute limite. Certes, l’amour « de toute ton âme » va lui aussi jusqu’à « même s’Il te prend ton âme », et la mesirout néfech est au-delà de la mesure et de la limite. Mais la mesirout néfech propre à l’amour « de toute ton âme », qui relève globalement du niveau de 'Haya, consiste en ce que l’homme veut livrer son âme [bien plus : cette volonté est semblable à une volonté fondée sur la raison, du fait que toutes choses sont sans commune mesure avec l’Or Ein Sof]. L’amour « de tout ton pouvoir », qui relève globalement du niveau de niveau le plus essentiel de l’âme [Yé'hida], ne procède pas, lui, de sa volonté, mais de ce qu’il ne peut se séparer, à D.ieu ne plaise, de Son unité, béni soit-Il. Une mesirout néfech de cette sorte est la vérité même de l'annulation de soi, puisqu’elle ne procède pas de sa volonté (de son existence propre) mais de la Divinité. Cela rejoint ce qui a été expliqué plus haut (section 3) sur la supériorité du service de « recherche la paix » sur le service de « fais le bien ».
On peut dire que telle est la raison pour laquelle, dans la deuxième section du Kriat Chéma, il est dit seulement « de tout votre cœur et de toute votre âme » : l’amour « de tout ton pouvoir », parce qu’il vient de la révélation de l’Or Ein Sof qui n’appartient aucunement au domaine des mondes, n’est pas à la portée de chacun. Ce que l’on exige de chacun, c’est l’amour qui procède de la lumière qui emplit les mondes et de la lumière qui entoure les mondes. Il en va de même pour les trois aspects « écarte-toi du mal, fais le bien et recherche la paix » : en de très nombreux endroits, seuls deux d’entre eux sont mentionnés, « écarte-toi du mal » et « fais le bien ».
Or, il est connu46 que, si la téchouva obtient le pardon des fautes (la véritable nature du pardon étant que l’homme soit agréé devant Lui, béni soit-Il, comme avant la faute), c’est parce que, par la téchouva, on attire une volonté nouvelle de l’Or Ein Sof, le Maître de la volonté, qui est au-dessus de la volonté de la Torah et des mitsvot. Cet épanchement s’opère du fait que sa téchouva est accomplie sur le mode « de tout ton pouvoir », au-delà de la mesure et de la limite. On sait en effet que, par l’amour « de tout ton pouvoir », « on fait la volonté de HaMakom » ; et « faire la volonté de HaMakom » signifie faire la volonté [au sens de la produire]. Car par l’amour « de tout ton pouvoir », on atteint l’Or Ein Sof qui est au-dessus de la volonté, et par là on en attire une volonté nouvelle. Or, d’après ce qui est connu, le service de l’homme par lequel s’opère l’épanchement doit être à l’image de cet épanchement. On peut donc dire que les deux aspects de « on fait la volonté de HaMakom » (d’une part, l’épanchement provient de l’Or Ein Sof, qui est au-dessus du niveau de la volonté ; d’autre part, la volonté attirée de là est elle aussi plus élevée que la volonté telle qu’elle est en elle-même) s’opèrent par deux aspects semblables dans l’amour « de tout ton pouvoir ». Du fait que l’amour « de tout ton pouvoir » est au-dessus de la volonté (comme on l’a vu plus haut, section 4 : la mesirout néfech « de tout ton pouvoir » ne consiste pas à vouloir livrer son âme, mais à ne pas pouvoir se séparer, à D.ieu ne plaise, de Son unité, béni soit-Il), il atteint le Maître de la volonté. Et du fait que l’amour « de tout ton pouvoir » élève aussi l’amour « de tout ton cœur » et « de toute ton âme », la volonté attirée du Maître de la volonté est, elle aussi, plus élevée.
Tel est le sens de « Reviens, Israël, jusqu’à Havayé ton Elokim [Elokékha] ». Si les deux Noms, Havayé et Elokim, sont mentionnés ici, c’est parce que la nature et le service de chaque Juif se situent dans ces deux Noms. Et puisque la téchouva consiste à revenir, à retourner à sa place, les deux Noms Havayé et Elokim sont mentionnés ici. Quant au fait qu’il dise « jusqu’à [ad] Havayé ton Elokim » (et non « vers [lé-] Havayé ton Elokim »), c’est que, selon l’explication de l’Admour Hazakène, la mesure de la téchouva va jusqu’à ce que Havayé devienne ton Elokim. Autrement dit, la téchouva doit se faire sur le mode de « de tout ton pouvoir [bekhol meodekha] », au-delà de toute mesure et de toute limite ; c’est par là que l’épanchement provient de l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé. Ce point (que l’épanchement provient de l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé) se révèle en ce que Havayé est ton Elokim, ta force et ta vitalité. Car la jonction de la lumière qui englobe [sovev] (Havayé) et de celle qui remplit [memalé] (Elokim) s’opère grâce à l’épanchement provenant de l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé. C’est pourquoi le passouk poursuit : « car tu as trébuché par tes fautes ». Il donne là la raison pour laquelle la téchouva doit se faire de cette manière : puisque tu as trébuché par tes fautes, le service « de tout ton cœur » et « de toute ton âme », qui relève des Noms Elokim et Havayé, ne suffit pas. Il faut le service « de tout ton pouvoir », pour que l’épanchement provienne de l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé.
Autre explication de « Reviens, Israël, jusqu’à Havayé ton Elokim » : la téchouva doit aller jusqu’à ce que Havayé ne soit plus que le degré d’Elokim et de contraction, occultation [tsimtsoum] par rapport à l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé. La différence entre les deux explications est la suivante. Selon l’explication de « jusqu’à Havayé ton Elokim » comme « que Havayé devienne ton Elokim, ta force et ta vitalité », ce qui est attiré de façon révélée, ce sont les Noms Havayé et Elokim ; seulement, la jonction des deux Noms se fait par un épanchement issu de l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé et d’Elokim. Selon l’explication de « jusqu’à Havayé ton Elokim » comme « que Havayé ne soit plus que le degré d’Elokim et de tsimtsoum par rapport à l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé », c’est la lumière elle-même (qui est au-dessus de Havayé) qui est attirée de façon révélée. Car Havayé ne devient le degré d’Elokim et de tsimtsoum par rapport à l’Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé que précisément lorsque cette lumière brille de façon révélée.
On peut dire que la différence entre les deux explications est semblable à celle qui sépare la sonnerie du shofar de la récitation des pessoukim des Shofarot. En effet, il est expliqué dans le Hemchekh 5666 [1905-1906] que les Malkhouyot et les Zikhronot relèvent de la lumière qui remplit [Or haMemalé] et de la lumière qui englobe [Or haSovev]. L’épanchement opéré par le shofar, lui, provient de l’Or Ein Sof qui est au-dessus du memalé et du sovev, et va jusqu’à l’épanchement issu du voilement essentiel [héèlem ha’atsmi] ; c’est par cet épanchement que se fait l’union du sovev et du memalé. Quant à l’épanchement opéré par la récitation des pessoukim des Shofarot, il est plus élevé encore que celui qu’opère la sonnerie du shofar. Car l’épanchement opéré par la sonnerie du shofar n’est que la lumière qui englobe et la lumière qui remplit ; seulement, du fait que l’épanchement provient de l’Or Ein Sof, elles se joignent et s’unissent. Alors que par la récitation des pessoukim des Shofarot est attiré le voilement essentiel lui-même, à l’image de la révélation qui aura lieu dans le futur. C’est pourquoi, dans les Shofarot, on récite les pessoukim du shofar de Matan Torah et l’on conclut par l’évocation du shofar futur : car à l’avenir aura lieu la révélation du voilement essentiel. Telle fut aussi la révélation de Matan Torah.
Or, le shofar du futur est plus élevé que le shofar de Matan Torah. Il est en effet rapporté dans les Pirkei de-Rabbi Eliezer, au sujet des deux cornes du bélier d'Yits'hak, que la corne de droite est plus grande que celle de gauche : avec celle de gauche, HaKadoch Barou'h Hou a sonné sur le mont Sinaï, et avec celle de droite, Il sonnera dans l'avenir. Dans le shofar du futur lui-même, il existe plusieurs degrés : « Ado-naï Havayé sonnera du shofar », et « on sonnera [yitaka] d'un grand shofar ». Ado-naï Havayé sont des Noms, mais ces Noms-là (Ado-naï Havayé, vocalisé comme Elokim) sont extrêmement élevés, comme l'explique longuement Likouteï Torah. Ce dévoilement-là aura lieu au début de la guéoula. Ensuite, « on sonnera d'un grand shofar » : yitaka, sans plus, sans qu'il soit dit qui sonne, car cette sonnerie est un épanchement et un dévoilement issus du niveau de Stima dekhol stimin [le plus caché de tous les cachés]. On peut dire que si, dans les passoukim des Chofarot de Roch Hachana, on récite aussi le passouk « on sonnera d'un grand shofar », c'est que, par la avoda de Roch Hachana, on attire aussi ce niveau-là. Cela permet de dire ceci : dans la haftara de Chabbat Téchouva, on lit « Reviens, Israël, jusqu'à Havayé ton D.ieu » ; or ce Havayé inclut aussi le niveau de Havayé Ado-naï vocalisé comme Elokim, qui est un degré extrêmement élevé. Et pourtant, on dit que la téchouva doit aller jusqu'à ce que Havayé ne soit plus que le niveau d'Elokim et de contraction, occultation par rapport à l'Or Ein Sof qui est au-dessus de Havayé. C'est que, par la avoda de Roch Hachana, on attire aussi le niveau de « on sonnera d'un grand shofar », et par rapport à ce degré, même le Nom Havayé Ado-naï est considéré comme Elokim.
Or, on connaît ce qu'écrit l'Iguéret HaTéchouva : la téchouva supérieure [téchouva ila'a] se fait dans une grande joie. On en comprend a fortiori que la téchouva de Chabbat Téchouva, degré extrêmement élevé au sein même de la téchouva supérieure, au point que même Havayé Ado-naï y est considéré comme Elokim, doit se faire dans une joie grande et immense. Et puisque la joie brise les limites, par la joie des Dix jours de téchouva, et en particulier de Chabbat Téchouva, on brise toutes les mesures et toutes les limitations : « Ya-H m'a répondu dans un vaste espace [merhav] ». Cela se prolonge tout au long de l'année. Dans les domaines spirituels : que la avoda dans la Torah et les mitvot se fasse avec ampleur, à la manière de « tu te répandras [oufaratsta] ». Dans les domaines matériels aussi : des enfants, la vie et une subsistance en abondance. Et jusqu'à l'élargissement véritable qui aura lieu à la venue de Machia'h, notre juste : « Elle s'élargissait (...) vers le haut », Jérusalem est appelée à s'élargir, etc. ; Jérusalem est appelée à s'étendre à toute la terre d'Israël, et la terre d'Israël est appelée à s'étendre à tous les pays, à la venue de Machia'h, notre juste, très bientôt, vraiment.