HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5716
MAAMARמאמר
הללוי' שִׁירוּ להוי' שִׁיר חָדָשׁ
« Hallelouya ! Chantez à Havayé un chant nouveau »
Chabbat Matot-Massé, Chabbat Mevarkhim Mena'hem Av 5716 [1956]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשט"ז · 1956
MAAMARמאמר

הללויה שירו להוי' גו'

« Hallelouya ! Chantez à Havayé un chant nouveau »

Chabbat Matot-Massé, Chabbat Mevarkhim Mena'hem Av 5716 [1956]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ מטות ומסעי, מבה"ח מנחם-אב, ה'תשט"ז. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ מטות ומסעי, מבה"ח מנחם-אב, ה'תשט"ז. Traduction française littérale en regard.

Chapitre 1 · Un chant nouveau et une épéeא

Hallelouya ! « Chantez à Havayé un chant nouveau, Sa louange dans l'assemblée des 'hassidim ». Il conclut ainsi : « Les exaltations de D.ieu sont dans leur gosier, et une épée à deux tranchants dans leur main ». Les passoukim qui suivent expliquent en effet ce qu'ils feront de l'épée, etc. Or, le Midrach Tehilim enseigne, sur ce passage, que ce psaume parle de l'avenir à venir [le'atid lavo] : « Qui sont les 'hassidim ? C'est Israël. Chaque fois qu'ils voient HaKadoch Barou'h Hou, ils deviennent 'hassidim, etc. Ils L'ont vu à la mer : ils sont devenus 'hassidim et ont dit un chant, ainsi qu'il est dit : "Alors chanta, etc." Et quand ils Le verront dans le monde à venir, ils deviendront 'hassidim, ainsi qu'il est dit : "Sa louange dans l'assemblée des 'hassidim". » De même, la Mekhilta et le Yalkout, sur la paracha Bechala'h, enseignent que ce chant appartient à l'avenir à venir. C'est pourquoi il dit « chir 'hadach » [un chant nouveau], au masculin, alors qu'en plusieurs endroits il est dit « chira 'hadacha », au féminin. Même pour la guéoula d'Égypte, il dit « hachira hazot » [ce chant], au féminin. C'est ce qu'explique le Midrach Chir HaChirim Rabba (sur le passouk « Je suis noire mais belle ») : une femme [nekeva] reçoit le dixième des biens, etc. ; de même, Israël a hérité du pays des sept nations, qui est le dixième des soixante-dix nations, etc. ; ils ont dit le chant au féminin, etc., ainsi qu'il est dit, etc. : « ce chant [hachira hazot] à Havayé ». Mais dans l'avenir à venir, ils hériteront comme un homme [zakhar] qui hérite de tous les biens de son père, etc. : ils diront le chant au masculin. Il faut toutefois comprendre pourquoi il dit « les exaltations de D.ieu sont dans leur gosier, et une épée à deux tranchants dans leur main ». Puisqu'il parle de la guéoula future, que vient faire l'épée ? N'est-il pas écrit, à propos de l'avenir : « Ils briseront leurs épées pour en faire des socs, etc. ; une nation ne lèvera plus l'épée contre une autre nation » ?
הללוי' שִׁירוּ להוי' שִׁיר חָדָשׁ תְּהִלָּתוֹ בִּקְהַל חֲסִידִים, וְחוֹתֵם רוֹמְמוֹת אֶל בִּגְרוֹנָם וְחֶרֶב פִּיפִיּוֹת בְּיָדָם, דְּבַהַפְּסוּקִים שֶׁלְּאַחַר זֶה הוּא מְבָאֵר מַה יַעֲשׂוּ בְּחֶרֶב וְכוּלֵּי. וְהִנֵּה אִיתָא בְּמִדְרַשׁ תְּהִלִּים בִּמְקוֹמוֹ דְּמִזְמוֹר זֶה מְדַבֵּר בְּלַעֲתִיד לָבוֹא: מִי הֵם הַחֲסִידִים אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, כָּל זְמַן שֶׁרוֹאִים אֶת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הֵם נַעֲשִׂים חֲסִידִים וְכוּלֵּי, רָאוּהוּ בַּיָּם נַעֲשׂוּ חֲסִידִים וְאָמְרוּ שִׁירָה שֶׁנֶּאֱמַר אָז יָשִׁיר וְכוּלֵּי, וּכְשֶׁיִּרְאוּ אוֹתוֹ לָעוֹלָם הַבָּא הֵם נַעֲשִׂים חֲסִידִים שֶׁנֶּאֱמַר תְּהִלָּתוֹ בִּקְהַל חֲסִידִים. וְכֵן אִיתָא בִּמְכִילְתָּא וְיַלְקוּט פ' בְּשַׁלַּח דְּשִׁיר זֶה הוּא לֶעָתִיד לָבוֹא, וְלָכֵן אוֹמֵר שִׁיר חָדָשׁ לְשׁוֹן זָכָר, וּבְכַמָּה מְקוֹמוֹת נֶאֱמַר שִׁירָה חֲדָשָׁה לְשׁוֹן נְקֵבָה, וַאֲפִילוּ בִּגְאֻלַּת מִצְרַיִם אוֹמֵר הַשִּׁירָה הַזֹּאת לְשׁוֹן נְקֵבָה. וּכְדִמְבָאֵר בשה"ש רַבָּה (עַל הַפָּסוּק שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה) נְקֵבָה זוֹ נוֹטֶלֶת עִשּׂוּר נְכָסִים וְכוּלֵּי כָּךְ יָרְשׁוּ יִשְׂרָאֵל אֶרֶץ ז' עַמְמִין שֶׁהוּא עִשּׂוּר ע' אוּמּוֹת וְכוּלֵּי אָמְרוּ שִׁירָה בִּלְשׁוֹן נְקֵבָה וְכוּלֵּי שֶׁנֶּאֱמַר וְכוּלֵּי הַשִּׁירָה הַזֹּאת לה', אֲבָל לעת"ל הֵן עֲתִידִין לִירַשׁ כְּזָכָר הַיּוֹרֵשׁ לְכָל נִכְסֵי אָבִיו וְכוּלֵּי אוֹמְרִין בִּלְשׁוֹן זָכָר. וְצָרִיךְ לְהָבִין אוֹמְרוֹ רוֹמְמוֹת א-ל בִּגְרוֹנָם וְחֶרֶב פִּיפִיּוֹת בְּיָדָם, דְּמֵאַחַר שֶׁמְּדַבֵּר בַּגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה, אִם כֵּן מַהוּ עִנְיַן הַחֶרֶב, וַהֲרֵי לֶעָתִיד כְּתִיב וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים וְגוֹמֵר לֹא יִשָּׂא גּוֹי אֶל גּוֹי חֶרֶב.

Chapitre 2 · Cinq armes pour sortir d'Égypteב

Pour comprendre cela, il faut d'abord rappeler ce qu'enseigne la Michna (traité Chabbat, chapitre 6, michna 4) : « Un homme ne sortira pas (le Chabbat) avec une épée [sayif], ni avec un arc, ni avec un bouclier, ni avec une massue [ala], ni avec une lance, etc. Rabbi Eliezer dit : ce sont pour lui des parures. Et les Sages disent : ce n'est rien d'autre que, etc., ainsi qu'il est dit : "Ils briseront leurs épées pour en faire des socs". » Cette michna énumère donc cinq armes. Le sayif est une épée, qui est une arme ; de même l'arc. Le bouclier, dont la fonction est de protéger contre les flèches et les projectiles des balistes, fait lui aussi partie des armes. De même la ala, que la Guemara explique : « Qu'est-ce que la ala ? Une koulpa », c'est-à-dire un bâton dont on frappe et dont la tête est épaisse ; c'est donc, elle aussi, une arme. Or, le Talmud de Jérusalem enseigne, sur le passouk « Et les enfants d'Israël montèrent va'hamouchim du pays d'Égypte », que le mot va'hamouchim a deux sens : « cinq » ['hamech] et « armés ». Autrement dit, ils étaient armés des cinq armes que compte la michna (telle est en effet la leçon correcte du Talmud de Jérusalem). Il faut alors comprendre la différence entre la guéoula d'Égypte et la guéoula future. À propos de la guéoula future, il est écrit : « Ils briseront leurs épées pour en faire des socs » ; tandis que lors de la guéoula d'Égypte, on avait besoin d'armes. À première vue en effet, puisqu'il s'agit d'une guéoula, pourquoi faut-il des armes ?
ב) וּלְהָבִין זֶה יֵשׁ לְהַקְדִּים תְּחִלָּה דְּאִיתָא בַּמִּשְׁנָה (שַׁבָּת פֶּרֶק ו' מ"ד) לֹא יֵצֵא הָאִישׁ (בְּשַׁבָּת) לֹא בְּסַיִף לֹא בְּקֶשֶׁת וְלֹא בִּתְרִיס וְלֹא בְּאַלָּה וְלֹא בְּרֹמַח וְכוּלֵּי, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר תַּכְשִׁיטִין הֵן לוֹ, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵינוֹ אֶלָּא וְכוּלֵּי שֶׁנֶּאֱמַר וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים. וְהִנֵּה בַּמִּשְׁנָה זוֹ נִמְנוּ חֲמִשָּׁה כְּלֵי זַיְין, דְּסַיִף הוּא חֶרֶב שֶׁהוּא כְּלִזַיֵּן, וְכֵן קֶשֶׁת, וְגַם תְּרִיס שֶׁעִנְיָנוֹ לְהָגֵן בְּעַד הַחִצִּים וּבַלִּיסְטְרָאוֹת הוּא גַּם כֵּן בִּכְלַל הַכְּלִי זַיְין, וְכֵן אַלָּה פֵּירוּשׁ בַּגְּמָרָא מַאי אַלָּה קֻלְפָּא, שֶׁהוּא שֵׁבֶט שֶׁמַּכִּין בּוֹ וְרֹאשׁוֹ עָב, וְאִם כֵּן הוּא גַּם כֵּן כְּלֵי זַיְין. וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי עַל פִּי וַחֲמֻשִׁים עָלוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, שֶׁבְּתֵבַת וַחֲמוּשִׁים יֵשׁ ב' פֵּירוּשִׁים, פֵּירוּשׁ חָמֵשׁ וּפֵירוּשׁ מְזֻיָּנִים, וְהַיְינוּ שֶׁהָיוּ מְזֻיָּנִים בְּהַחֲמִשָּׁה כְּלֵי זַיְין שֶׁחוֹשֵׁב בְּהַמִּשְׁנָה (דְּכֵן הוּא הַגִּרְסָא הַנְּכוֹנָה בִּירוּשַׁלְמִי). וְצָרִיךְ לְהָבִין הַהֶפְרֵשׁ בֵּין גְּאֻלַּת מִצְרַיִם לַגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה, דְּבַגְּאֻלָּה הָעֲתִידָה כְּתִיב וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים, וּבִגְאֻלַּת מִצְרַיִם הָיָה צָרִיךְ לִכְלִי זַיְין, דְּלִכְאוֹרָה, מֵאַחַר שֶׁהוּא עִנְיָן שֶׁל גְּאֻלָּה, אִם כֵּן לָמָּה צָרִיךְ לִכְלִי זַיְין.

Chapitre 3 · Deux tranchants contre deux sources du malג

Pour comprendre cela, il faut d'abord expliquer ce qu'est l'épée sur le plan spirituel. Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Quiconque récite le Chéma, etc., c'est comme s'il tenait une épée à deux tranchants. » On en déduit qu'il existe une qualité particulière précisément dans l'épée à deux tranchants. Voici l'explication. Le Zohar enseigne : « L'épée, c'est Havayé. » La tête de l'épée est le youd de Havayé ; le corps de l'épée est le vav ; les deux hé sont ses deux tranchants ; et le fourreau de l'épée est le Nom Ado-naï. En voici le sens. Il est écrit : « Havayé, ceux qui Lui cherchent querelle seront brisés. » Autrement dit, il existe ceux qui combattent contre Havayé, et la victoire dans cette guerre s'obtient par le Nom Havayé lui-même, car « l'épée, c'est Havayé ». C'est par l'épée de Havayé qu'on remporte la guerre contre ceux qui combattent contre Havayé.
ג) וּלְהָבִין זֶה, צָרִיךְ לְהַקְדִּים תְּחִלָּה עִנְיַן הַחֶרֶב בְּרוּחָנִיּוּת. דְּהִנֵּה אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה כָּל הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע וְכוּלֵּי כְּאִלּוּ אוֹחֵז חֶרֶב שֶׁל שְׁתֵּי פִּיּוֹת, דְּמַשְׁמַע מִזֶּה שֶׁיֵּשׁ אֵיזֶה מַעֲלָה בְּחֶרֶב שֶׁל שְׁתֵּי פִּיּוֹת דַּוְקָא. וְהָעִנְיָן הוּא, כִּדְאִיתָא בַּזֹּהַר דְּחֶרֶב דָּא הוי', רֵישָׁא דְּחַרְבָּא הוּא יו' ד דהוי', גּוּפָא דְּחַרְבָּא הוּא וא"ו, ה"א ה"א הֵן תְּרֵין פִּיּוֹת דִּילֵיהּ, נַרְתְּקָא דְּחַרְבָּא הוּא שֵׁם א דני. וְהָעִנְיָן הוּא, דְּהִנֵּה כְּתִיב הוי' יֵחַתּוּ מְרִיבָיו, הַיְנוּ, שֶׁיֶּשְׁנָם אֵלּוּ הַלּוֹחֲמִים עַל הוי', וְנִצּוּחַ הַמִּלְחָמָה הוּא עַל יְדֵי שֵׁם הוי' גּוּפָא, דְּחֶרֶב דָּא הוי', וְעַל יְדֵי חֶרֶב הוי' מְנַצְּחִים הַמִּלְחָמָה כְּנֶגֶד אֵלּוּ הַלּוֹחֲמִים עַל הוי'.
Voici l'explication : l'aspiration [yeni'ka] des forces extérieures ['hitsonim] peut se produire de deux manières. La première provient de la multiplicité des tsimtsoumim [contractions]. Lorsque l'Or Ein Sof [lumière infinie] éclaire de façon révélée, elles ne peuvent rien en recevoir, car l'Or Ein Sof ne réside que dans l'annulation de soi [bitoul]. Dans l'état de yech [existence affirmée], en revanche, il ne peut y avoir de révélation de l'Or Ein Sof, car « Moi et lui ne pouvons demeurer [ensemble] ». C'est pourquoi les klipot [écorces, forces d'occultation], qui sont un yech et une chose séparée, ne peuvent pas recevoir du niveau de la révélation. Mais lorsque [la lumière] s'est contractée par une multiplicité de tsimtsoumim, elles peuvent en tirer une aspiration, car il y a malgré tout en elles un peu de bitoul : elles L'appellent en effet « le D.ieu des dieux ». Seulement, elles se tiennent aussi elles-mêmes pour une existence. Mais un peu de bitoul se trouve en elles, et c'est pourquoi elles peuvent recevoir une aspiration de la multiplicité des tsimtsoumim. La seconde manière : elles reçoivent leur aspiration de l'élévation et de l'arrogance, c'est-à-dire du monde du Tohou, qui a précédé le Tikoun. Là, cela n'occupe aucune place, et « les ténèbres sont comme la lumière », à égalité. Comme il est dit : « L'araignée [semamit], on la saisit avec les mains, et elle est dans les palais du roi ». Puisqu'elle se trouve dans les palais du roi, où cela n'occupe aucune place, même l'araignée, « que l'on saisit avec les mains », [s'y trouve]. C'est le sens du passouk : « Si tu t'élèves comme l'aigle » : elles s'élèvent elles-mêmes très haut, à la manière de « la voie de l'aigle dans les cieux ».
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּהִנֵּה יְנִיקַת הַחִיצוֹנִים יָכוֹל לִהְיוֹת מִשְּׁנֵי אוֹפַנִּים. אוֹפֶן א' הוּא מֵרִבּוּי הַצִּמְצוּמִים, דִּכְשֶׁמֵּאִיר אוֹר אֵין סוֹף בִּבְחִינַת גִּילּוּי מִשָּׁם אֵינָם יְכוֹלִים לְקַבֵּל, לְפִי שֶׁאֵין הַשְׁרָאַת אוֹר אֵין סוֹף אֶלָּא בִּבְחִינַת בִּיטּוּל, אֲבָל בִּבְחִינַת יֵשׁ אֵינוֹ יָכוֹל לִהְיוֹת גִּילּוּי אוֹר אֵין סוֹף, כִּי אֵין אֲנִי וְהוּא יְכוֹלִים לָדוּר, וְלָכֵן הַקְּלִיפּוֹת שֶׁהֵם יֵשׁ וְדָבָר נִפְרָד אֵינָם יְכוֹלִים לְקַבֵּל מִבְּחִינַת גִּילּוּי, אֲבָל כְּשֶׁנִּתְצַמְצֵם בִּבְחִינַת רִיבּוּי הַצִּמְצוּמִים, יְכוֹלִים הֵם לְקַבֵּל יְנִיקָה, לְפִי שֶׁעַל כָּל פָּנִים מְעַט בִּיטּוּל יֵשׁ בָּהֶם, דקרו ליה אלקא דאלקיא, אֶלָּא שֶׁהֵם מַחֲזִיקִים גַּם אֶת עַצְמָם לִמְצִיאוּת, אֲבָל מְעַט בִּיטּוּל יֵשׁ בָּם, וְלָכֵן יְכוֹלִים הֵם לְקַבֵּל יְנִיקָה מֵרִבּוּי הַצִּמְצוּמִים. וְאוֹפֶן הב' הוּא שֶׁמְּקַבְּלִים יְנִיקָתָם מֵהַגְבָּהָה וְהִתְנַשְּׂאוּת, הַיְנוּ מֵעוֹלָם הַתֹּהוּ שֶׁקֹּדֶם לְתִקּוּן, שֶׁשָּׁם אֵינוֹ תּוֹפֵס מָקוֹם כְּלָל, וְכַחֲשֵׁיכָה כָּאוֹרָה בְּשָׁוֶה, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב שְׂמָמִית בְּיָדַיִם תְּתַפֵּשׂ וְהִיא בְּהֵיכְלֵי מֶלֶךְ, דְּכֵיוָן שֶׁנִּמְצֵאת בְּהֵיכְלֵי מֶלֶךְ שֶׁשָּׁם אֵינוּתוּפֵס מָקוֹם כְּלָל, לָכֵן הִנֵּה גַּם שְׂמָמִית בְּיָדַיִם תְּתַפֵּשׂ. וְזֶהוּ מַה שֶׁכָּתוּב אִם תַּגְבִּיהַּ כַּנֶּשֶׁר, שֶׁמַּגְבִּיהִים אֶת עַצְמָם לְמַעְלָה מְאֹד, וּכְמוֹ דֶּרֶךְ הַנֶּשֶׁר בַּשָּׁמַיִם.
Or, le fait même qu'elles puissent recevoir une aspiration de ces deux manières dépend du service de l'homme. Il est écrit en effet : « Yaakov est la corde [hevel] de Son héritage ». C'est comme une corde dont une extrémité est attachée en haut et l'autre en bas : quand on agite l'extrémité inférieure, l'extrémité supérieure s'agite elle aussi. Il en va de même du service des âmes d'Israël : selon la manière dont l'homme sert en bas, il en est fait de même en haut. Ainsi, lorsque l'homme s'abaisse dans les choses matérielles, c'est-à-dire qu'au lieu de porter l'intériorité de sa volonté vers la Divinité, dans l'étude de la Torah et la prière, il s'abaisse à la place dans les choses matérielles, il provoque par là, en haut aussi, une multiplicité de tsimtsoumim, au point que les forces extérieures peuvent en tirer leur aspiration. De même, lorsque l'homme s'élève dans l'arrogance et la grossièreté, et que, tout en connaissant parfaitement sa propre bassesse, il s'enorgueillit néanmoins sans raison ni bon sens, alors « un souffle attire un souffle » : il provoque l'aspiration des forces extérieures depuis un lieu très élevé. Tel est le sens de Pharaon [Par'o], dont les lettres sont celles de ha'oref [la nuque] : il reçoit du niveau de la nuque d'Arikh [Anpin], un niveau très élevé. Et cela dépend du service : lorsque « ils M'ont tourné la nuque et non la face » (comme il est dit dans la haftara), le niveau de Pharaon, qui aspire de la nuque d'Arikh Anpin, là où « les ténèbres sont comme la lumière », etc., se trouve attiré par là. C'est le sens de l'« épée à deux bouches » : retrancher leur aspiration de ces deux manières.
וְהִנֵּה עִנְיָן זֶה גּוּפָא שֶׁיְּכוֹלִים לְקַבֵּל יְנִיקָה עַל יְדֵי ב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ, הֲרֵי זֶה תָּלוּי בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם. דְּהִנֵּה כְּתִיב יַעֲקֹב חֶבֶל נַחֲלָתוֹ, וּכְמוֹ לְמָשָׁל הַחֶבֶל שֶׁרֹאשׁוֹ אֶחָד קָשׁוּר לְמַעְלָה וְרֹאשׁוֹ א' לְמַטָּה, הִנֵּה כְּשֶׁמִּתְנַעְנֵעַ הַקָּצֶה הַתַּחְתּוֹן מִתְנַעְנֵעַ גַּם קָצֶה הָעֶלְיוֹן. וְעַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא גַּם בַּעֲבוֹדַת נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל, שֶׁלְּפִי אוֹפֶן עֲבוֹדַת הָאָדָם לְמַטָּה נַעֲשֶׂה גַּם כֵּן לְמַעְלָה. וְהַיְינוּ שֶׁכַּאֲשֶׁר הָאָדָם מַשְׁפִּיל אֶת עַצְמוֹ בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים, דִּתְמוּרַת זֶה שֶׁהָיָה צָרִיךְ לִהְיוֹת פְּנִימִיּוּת רְצוֹנוֹ לֶאֱלֹקוּת בְּתַלְמוּד תּוֹרָה וּתְפִלָּה, הִנֵּה תְּמוּרַת זֶה מַשְׁפִּיל אֶת עַצְמוֹ בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים, עַל יְדֵי זֶה הוּא גּוֹרֵם גַּם לְמַעְלָה רִיבּוּי הַצִּמְצוּמִים עַד שֶׁיּוּכַל לִהְיוֹת מִזֶּה יְנִיקַת הַחִיצוֹנִים. וְכֵן כְּשֶׁאָדָם מגבי' אֶת עַצְמוֹ בִּבְחִינַת הִתְנַשְּׂאוּת וְגַסּוּת, דַּהֲגַם שֶׁיּוֹדֵעַ בְּעַצְמוֹ הֵיטֵב אֶת הַפְּחִיתוּת שֶׁלּוֹ, מִכָּל מָקוֹם הוּא מִתְנַשֵּׂא בְּלֹא טַעַם וָדַעַת, הִנֵּה רוּחַ איתי רוּחַ, שֶׁגּוֹרֵם יְנִיקַת הַחִיצוֹנִים מִמָּקוֹם גָּבוֹהַּ מְאֹד. וְזֶהוּ עִנְיַן פַּרְעֹה אוֹתִיּוֹת הָעֹרֶף, שֶׁמְּקַבֵּל מִבְּחִינַת עֹרֶף דַּאֲרִיךְ, שֶׁהוּא בְּחִינַת גָּבוֹהַּ מְאֹד, וְעִנְיָן זֶה תָּלוּי בַּעֲבוֹדָה, שֶׁכַּאֲשֶׁר פָנוּ אֵלַי עֹרֶף וְלֹא פָנִים (כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בַּהַפְטָרָה), הִנֵּה עַל יְדֵי זֶה נִמְשָׁךְ בְּחִינַת פַּרְעֹה שֶׁיּוֹנֵק מֵעֹרֶף דא"א, שֶׁשָּׁם כַּחֲשֵׁיכָה כָּאוֹרָה וְכוּלֵּי. וְזֶהוּ עִנְיַן חֶרֶב שֶׁל שְׁתֵּי פִּיּוֹת, כְּדֵי לְהַכְרִית יְנִיקָתָם מב' הָאוֹפַנִּים.

Chapitre 4 · La Torah et la prière tranchentד

Pour comprendre la chose en détail : les ouvrages de Kabbalah et de 'Hassidout expliquent, dans les discours sur l'Égypte et la sortie d'Égypte, que l'Égypte est le meitsar [étroitesse] de la gorge. La gorge comporte trois éléments, la trachée, l'œsophage et les veines [veridin], qui correspondent aux trois ministres de Pharaon : le chef des échansons, le chef des bouchers [sar hatab'him] et le chef des panetiers. Or, de même qu'il existe une Égypte et trois ministres de Pharaon du côté opposé [à la sainteté], il existe aussi une Égypte et trois ministres dans la sainteté. Le chef des échansons est l'épanchement du délice [taanoug], car l'eau fait croître toutes sortes de délices. Il s'agit de l'épanchement du délice divin dans tout l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]. Dans le corps de l'homme, c'est la trachée : la trachée contient les nerfs du cerveau, et par ces nerfs le délice est attiré du cerveau dans tout le corps. Comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Il y a trois tubes : l'un se sépare vers le cœur, l'un vers le poumon et l'un vers le foie », qui sont des organes principaux. Tel est le rôle de la trachée : elle attire le délice du cerveau, par les nerfs du cerveau, dans tout le corps. Dans le service [divin], c'est l'étude de la Torah avec délice, car le délice est l'intériorité de la Torah ; et de même le délice dans la prière. Voilà ce qu'est le chef des échansons. Le chef des bouchers, dans le service, c'est le bouillonnement du sang dans la sainteté, c'est-à-dire l'amour « comme des flammes de feu ». Le chef des échansons est l'amour dans les délices, un amour qui s'écoule comme l'eau ; le chef des bouchers est l'amour comme des flammes de feu. Le chef des panetiers est la Torah. Il a certes été dit plus haut que le chef des échansons est la Torah, mais il s'agit là du délice de la Torah ; la Torah tout court correspond au chef des panetiers. En effet, la Torah est appelée « blé » ['hita], dont la valeur numérique est vingt-deux : les vingt-deux lettres de la Torah. Or, avec le blé, il faut faire du pain, comme il est dit : « Venez, mangez de mon pain ». Et pour que le blé devienne du pain, il faut le cuire, comme il est dit : « Dix femmes cuiront votre pain dans un seul four ». Le four est la chaleur de l'amour comme des flammes de feu ; « un seul » [e'had] désigne l'Unique du monde ; et « un seul four », c'est la ferveur [kokh] et les flammes de feu à l'égard de l'Unique du monde. Il y a donc ici deux choses : le four, qui est les flammes de feu, et l'Unique du monde, qui est extrêmement élevé. Tel est le chef des panetiers, la Torah : il est l'intermédiaire entre les deux lignes, celle du chef des échansons et celle du chef des bouchers.
ד) וּלְהָבִין הָעִנְיָן בִּפְרָטִיּוּת, הִנֵּה מְבוֹאָר בְּסִפְרֵי קַבָּלָה וַחֲסִידוּת בְּהַדְּרוּשִׁים דְּמִצְרַיִם וִיצִיאַת מִצְרַיִם, דְּמִצְרַיִם הוּא מֵיצַר הַגָּרוֹן, שֶׁבַּגָּרוֹן יֵשׁ ג' בְּחִינַת, קָנֶה וֵשֶׁט וְרִידִין, שֶׁהוּא עִנְיַן ג' שָׂרֵי פַּרְעֹה, שַׂר הַמַּשְׁקִים שַׂר הַטַּבָּחִים וְשַׂר הָאֹפִים. וְהִנֵּה, כְּשֵׁם שֶׁיֵּשׁ מִצְרַיִם וג' שָׂרֵי פַּרְעֹה בִּלְעוּמַת זֶה, כְּמוֹ כֵן יֵשׁ מִצְרַיִם וג' הַשָּׂרִים גַּם בִּקְדוּשָּׁה. דְּשַׂר הַמַּשְׁקִים הוּא הַמְשָׁכַת הַתַּעֲנוּג, שֶׁהֲרֵי מַיִם מַצְמִיחִים כָּל מִינֵי תַּעֲנוּג, וְהוּא עִנְיַן הַמְשָׁכַת הַתַּעֲנוּג הָאֱלֹקִי בְּכָל סֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת. וּבְגוּף הָאָדָם הוּא הַקָּנֶה, דִּבְקָנֶה יֵשׁ גִּידֵי הַמּוֹחַ וְעַל יְדֵי הַגִּידִים נִמְשָׁךְ הַתַּעֲנוּג מֵהַמּוֹחַ בְּכָל הַגּוּף, כְּמַאֲמַר רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה תלת קני הוי חד פריש ללבא וְחַד פריש לְרֵאָה וְחַד פריש לכבדא, שֶׁהֵם אֵבָרִים כְּלָלִים, וְזֶהוּ עִנְיַן הַקָּנֶה שֶׁהוּא מַמְשִׁיךְ אֶת הַתַּעֲנוּג מֵהַמּוֹחַ עַל יְדֵי גִּידֵי הַמּוֹחַ בְּכָל הַגּוּף. וּבַעֲבוֹדָה הוּא לִימּוּד הַתּוֹרָה בְּתַעֲנוּג, שֶׁהַתַּעֲנוּג הוּא הַפְּנִימִיּוּת שֶׁמֵּהַתּוֹרָה, וּכְמוֹ כֵּן הַתַּעֲנוּג בִּתְפִלָּה, דזהו"ע שַׂר הַמַּשְׁקִים. וְשַׂר הַטַּבָּחִים בַּעֲבוֹדָה הוּא עִנְיַן רְתִיחַת הַדָּמִים בִּקְדוּשָּׁה, שהואבחי' אַהֲבָה כְּרִשְׁפֵּי אֵשׁ, דְּשַׂר הַמַּשְׁקִים הוּא עִנְיַן אַהֲבָה בְּתַעֲנוּגִים שֶׁהִיא אַהֲבָה שֶׁנִּמְשֶׁכֶת כַּמַּיִם, וְשַׂר הַטַּבָּחִים הוּא אַהֲבָה כְּרִשְׁפֵּי אֵשׁ. וְשַׂר הָאֹפִים הוּא תּוֹרָה, וְהַיְינוּ דַּהֲגַם שֶׁנִּתְבָּאֵר לְעֵיל דְּשַׂר הַמַּשְׁקִים הוּא תּוֹרָה, הִנֵּה זֶהוּ הַתַּעֲנוּג דְּתוֹרָה, אֲבָל תּוֹרָה סְתָם הוּא עִנְיַן שַׂר הָאֹפִים, דְּתוֹרָה נִקְרֵאת חִטָּה, בְּגִימַטְרִיָּא כ"ב, כ"ב אתון דאורייתא, וּמֵהַחִטָּה צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת לֶחֶם, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב לְכוּ לַחֲמוּ בְּלַחֲמִי, וּבִכְדֵי שֶׁמֵּהַחִטָּה תִּהְיֶה לֶחֶם הֲרֵי זֶה עַל יְדֵי אֲפִלּוּ, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב וְאָפוּ עֶשֶׂר נָשִׁים לַחְמְכֶם בְּתַנּוּר אֶחָד, דְּתַנּוּר הוּא חֲמִימוּת הָאַהֲבָה כְּרִשְׁפֵּי אֵשׁ, וְאֶחָד הוּא יְחִידוֹ שֶׁל עוֹלָם, וְתַנּוּר אֶחָד הַיְנוּ הקאך וְהָרִשְׁפֵּי אֵשׁ בְּעִנְיַן יְחִידוֹ שֶׁל עוֹלָם, הֲרֵי שֶׁיֵּשׁ כָּאן ב' עִנְיָנִים, עִנְיַן הַתַּנּוּר שֶׁהוּא הָרִשְׁפֵּי אֵשׁ, וְעִנְיַן יְחִידוֹ שֶׁל עוֹלָם שֶׁהוּא נַעֲלֶה בְּיוֹתֵר, וְזֶהוּ עִנְיַן שַׂר הָאוֹפִים שֶׁהוּא הַתּוֹרָה, שֶׁהוּא מְמוּצָּע בֵּין הב' קַוִּים דְּשַׂר הַמַּשְׁקִים וְשַׂר הַטַּבָּחִים.
Or, ces trois officiers de la sainteté retranchent la vitalité des trois officiers du côté opposé [le'oumat zé]. Car le côté opposé, lui aussi, a trois officiers de Pharaon. Dans le côté opposé, le chef des échansons est le délice pris aux choses matérielles : bien qu'il s'agisse d'un désir permis, celui qui s'y enfonce en vient néanmoins à n'avoir plus aucun lien avec ce qui est divin. Le chef des bouchers [sar hatabba'him] est l'ébullition du sang pour des choses matérielles, et même pour des choses grossières. Quant au chef des panetiers, il désigne celui qui, dans l'ensemble, n'est pas plongé dans la Torah mais seulement dans la matérialité. Par les trois officiers tels qu'ils sont dans la sainteté, on retranche la yenika [le fait de puiser sa subsistance] des trois officiers de Pharaon du côté opposé. Par le chef des échansons de la sainteté, d'abord, qui est le service de l'amour dans les délices. Ce service consiste à attirer le délice dans l'enchaînement des mondes par la séfira de 'Hokhma [sagesse] : c'est l'aspect de la trachée [kané], « Acquiers [kené] la sagesse, acquiers l'intelligence ». Par là, on retranche la yenika qu'ils tirent d'un lieu élevé. En effet, quand l'épanchement passe par la 'Hokhma, qui est annulation de soi, il leur est impossible de recevoir. S'ils puisent dans un lieu élevé, c'est précisément lorsque [la lumière] reste à l'état d'enveloppant [makif] ; mais lorsqu'elle est attirée de façon intérieure, ils ne peuvent plus puiser, comme l'explique longuement le Kountrass OuMaayan. Voilà ce qu'est le chef des échansons, qui retranche la yenika tirée du lieu élevé. Par le chef des bouchers de la sainteté, ensuite, on retranche la yenika qui provient de la multiplicité des contractions et qui se produit lorsque l'homme s'abaisse dans des choses matérielles. Autrement dit, l'amour semblable à des braises de feu et l'ébullition du sang dans la sainteté consument l'ébullition du sang du côté opposé. C'est ce que traduit [le Targoum] pour « chef des bouchers » : rav katolaya [chef des tueurs]. Il faut l'entendre selon ce que rapporte la Guemara sur le passouk « Celui qui immole [zovéa'h] la reconnaissance M'honore » : « Quiconque immole son yétser, etc. ». En d'autres termes, l'ébullition du sang dans la sainteté consume l'ébullition du sang du côté opposé, et de ce fait la yenika qui provient de la multiplicité des contractions est annulée.
וְהִנֵּה ג' שָׂרִים אֵלּוּ דִּקְדֻשָּׁה כּוֹרְתִים אֶת הַחַיּוּת מהג' שָׂרִים דִּלְעֻמַּת זֶה. דְּהִנֵּה גַּם בִּלְעוּמַת זֶה יֵשׁ ג' שָׂרֵי פַּרְעֹה, דְּשַׂר הַמַּשְׁקִים בִּלְעוּמַת זֶה הוּא הַתַּעֲנוּג בְּעִנְיָנִים גַּשְׁמִיִּים, דַּהֲגַם שֶׁהוּא תַּאֲוַת הֶיתֵּר, מִכָּל מָקוֹם, הַשָּׁקוּעַ בָּהֶם גּוֹרֵם שֶׁאֵינוֹ שַׁיָּיךְ כְּלָל לְעִנְיָן אֱלֹקִי. וְשַׂר הַטַּבָּחִים הוּא רְתִיחַת הַדָּמִים בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים וְגַם בִּדְבָרִים חָמְרִיִּים. וְשַׂר הָאוֹפִים הוּא שֶׁבִּכְלָלוּת עִנְיָנוֹ אֵינוֹ מֻנָּח בַּתּוֹרָה כִּי אִם בְּגַשְׁמִיּוּת. וְעַל יְדֵי הג' שָׂרִים כְּמוֹ שֶׁהֵם בִּקְדוּשָּׁה מַכְרִיתִים אֶת הַיְּנִיקָה מהג' שָׂרֵי פַּרְעֹה דִּלְעֻמַּת זֶה. דְּהִנֵּה, עַל יְדֵי שַׂר הַמַּשְׁקִים בִּקְדוּשָּׁה שֶׁהוּא הָעֲבוֹדָה דְּאַהֲבָה בְּתַעֲנוּגִים, שֶׁעִנְיָנוֹ הוּא הַמְשָׁכַת הַתַּעֲנוּג בְּהִשְׁתַּלְשְׁלוּת עַל יְדֵי סְפִירַת הַחָכְמָה, שֶׁזֶּהוּ עִנְיַן הַקָּנֶה, קְנֵה חָכְמָה קְנֵה בִינָה, הִנֵּה עַל יְדֵי זֶה הוּא מַכְרִית אֶת הַיְּנִיקָה שֶׁיּוֹנְקִים מִמָּקוֹם גָּבוֹהַּ, דְּכַאֲשֶׁר הַהַמְשָׁכָה הִיא עַל יְדֵי הַחָכְמָה שֶׁעִנְיָנָהּ בִּיטּוּל, אֲזַי אִי אֶפְשָׁר לָהֶם לְקַבֵּל, כִּי, מַה שֶׁיּוֹנְקִים מִמָּקוֹם הַגָּבוֹהַּ, הֲרֵי זֶה כְּשֶׁהוּא בִּבְחִינַת מַקִּיף דַּוְקָא, אֲבָל כַּאֲשֶׁר נִמְשָׁךְ בִּפְנִימִיּוּת, אֲזַי אֵין יְכוֹלִים לִינֹק, כַּמְבוֹאָר בַּקּוּנְטְרֵס וּמַעְיָן בַּאֲרֻכָּה. וְזֶהוּ עִנְיַן שַׂר הַמַּשְׁקִים שֶׁכּוֹרֵת הַיְּנִיקָה מִמָּקוֹם הַגָּבוֹהַּ. וְעַל יְדֵי שַׂר הַטַּבָּחִים בִּקְדוּשָּׁה הוּא כּוֹרֵת אֶת הַיְּנִיקָה מֵרִבּוּי צִמְצוּמִים, שֶׁנַּעֲשֶׂה עַל יְדֵי זֶה שֶׁהָאָדָם מַשְׁפִּיל אֶת עַצְמוֹ בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים, וְהַיְינוּ שֶׁעַל יְדֵי הָאַהֲבָה כְּרִשְׁפֵּי אֵשׁ וּרְתִיחַת הַדָּמִים בִּקְדוּשָּׁה, נִכְלָה רְתִיחוֹת הַדָּמִים שֶׁבִּלְעוּמַת זֶה, שֶׁזֶּהוּ מַה שֶׁתִּרְגֵּם עַל פִּי שַׂר הַטַּבָּחִים, רַב קָטוּלַיָּא, שֶׁעִנְיָנוֹ הוּא כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא עַל פִּי זוֹבֵחַ תּוֹדָה יְכַבְּדָנְנִי, כָּל הַזֹּבֵחַ אֶת יִצְרוֹ וְכוּלֵּי, וְהַיְינוּ שֶׁעַל יְדֵי רְתִיחוֹת הַדָּמִים שֶׁבִּקְדוּשָּׁה הֲרֵי הוּא מְכַלֶּה אֶת רְתִיחוֹת הַדָּמִים שֶׁבִּלְעוּמַת זֶה, וּבְמֵילָא מִתְבַּטֶּלֶת הַיְּנִיקָה שֶׁמִּצַּד רִיבּוּי הַצִּמְצוּמִים.
Telle est l'« épée à deux tranchants » : le service de l'amour dans les délices et celui de l'amour semblable à des braises de feu. Dans l'ensemble, c'est la différence entre la Torah et la prière. La Torah va d'en haut vers en bas, et par elle on retranche la yenika qui provient de l'enveloppant. La prière va d'en bas vers en haut, sur le mode d'un combat, car « le moment de la prière est un moment de combat », et par elle on retranche la yenika qui provient de la multiplicité des contractions. C'est le sens de « l'épée, c'est Havayé » : les deux modes par lesquels les klipot [écorces, forces d'occultation] puisent leur parnassa [subsistance] ne sont retranchés que par Havayé. La yenika qui provient de l'enveloppant est retranchée par Havayé, comme il est écrit : « Même si tu t'élèves comme l'aigle, de là Je te ferai descendre, parole de Havayé ». La yenika qui provient de la multiplicité des contractions est retranchée, elle aussi, par le Nom Havayé. En effet, les klipot ne puisent qu'en raison de la multiplicité des contractions du Nom Elokim. Et là encore, cela ne vient pas de l'aspect Elé [אלה] mais de l'aspect Yam [ים] : c'est de ces quarante-huit combinaisons que puise « la terre des fils de 'Ham ». Mais la révélation du Nom Havayé annule cette yenika. Ainsi, « l'épée, c'est Havayé » : c'est une épée à deux tranchants, qui retranche leur yenika selon ses deux modes. Dans la avoda, ce sont le service de la Torah et le service de la prière. La prière, qui va d'en bas vers en haut, l'emporte en un point sur la Torah, qui va d'en haut vers en bas. Il en est comme de la supériorité de l'itkafia sur l'it'hapkha [transformation], ou de celle des baalei téchouva sur les tsadikim : c'est pourquoi « Machia'h vient amener les tsadikim à la téchouva ». C'est le sens de « Quiconque récite le Chéma, etc., est comme s'il tenait une épée à deux tranchants » : le Kriat Chéma est appelé « épée à double tranchant » parce qu'il retranche la yenika des trois officiers de Pharaon, et c'est par là que se fait la sortie d'Égypte. Voilà pourquoi le Kriat Chéma s'achève par : « Je suis Havayé votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte, etc. ».
וְזֶהוּ חֶרֶב שֶׁל שְׁתֵּי פִּיּוֹת, שֶׁהוּא עִנְיַן הָעֲבוֹדָה דְּאַהֲבָה בְּתַעֲנוּגִים וְאַהֲבָה כְּרִשְׁפֵּי אֵשׁ. וּבִכְלָלוּת הוּא הַהֶפְרֵשׁ בֵּין תּוֹרָה לִתְפִלָּה, דְּתוֹרָה הִיא מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, שעי"זמכרית הַיְּנִיקָה שֶׁמִּצַּד הַמַּקִּיף, וּתְפִלָּה הִיא מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, בְּדֶרֶךְ מִלְחָמָה, דשעת צְלוֹתָא שְׁעַת קְרָבָא, וְעַל יְדֵי זֶה מַכְרִית הַיְּנִיקָה מֵרִבּוּי הַצִּמְצוּמִים. וְזֶהוּ חֶרֶב דָּא הוי', דב' הָאוֹפַנִּים בִּינִיקַת הַקְּלִיפּוֹת נִכְרָתִים עַל יְדֵי הוי' דַּוְקָא, דְּהַיְּנִיקָה שֶׁמִּצַּד הַמַּקִּיף נִכְרֶתֶת עַל יְדֵי הוי', כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב אִם תַּגְבִּיהַּ כַּנֶּשֶׁר מִשָּׁם אוֹרִידְךָ נְאוּם הוי', וְגַם הַיְּנִיקָה שֶׁמִּצַּד רִיבּוּי הַצִּמְצוּמִים נִכְרֶתֶת עַל יְדֵי שֵׁם הוי', שֶׁהֲרֵי יְנִיקַת הַקְּלִיפּוֹת הִיא מִצַּד רִיבּוּי הַצִּמְצוּמִים דְּשֵׁם אֱלֹקִים דַּוְקָא, וּבָזֶה גּוּפָא אֵין זֶה מִבְּחִינַת אל"ה, כִּי אִם מִבְּחִינַת י"ם, דממ"ח צֵרוּפִים אֵלּוּ יוֹנְקִים אַדְמַת בְּנֵי חָם, אַךְ מִצַּד הַגִּילּוּי דְּשֵׁם הוי' מִתְבַּטֶּלֶת הַיְּנִיקָה. וְזֶהוּ חֶרֶב דָּא הוי', שֶׁהוּא חֶרֶב שֶׁל שְׁתֵּי פִּיּוֹת לְהַכְרִית יְנִיקָתָם בב' הָאוֹפַנִּים. וּבַעֲבוֹדָה הוּא הָעֲבוֹדָה דְּתוֹרָה וְהָעֲבוֹדָה דִּתְפִלָּה, וְיֵשׁ מַעֲלָה בִּתְפִלָּה שֶׁהִיא מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה עַל הַתּוֹרָה שֶׁהִיא מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, וְעַל דֶּרֶךְ הַמַּעֲלָה דאתכפיא עַל אתהפכא, וּכְמוֹ מַעֲלַת הַבַּעֲלֵי תְּשׁוּבָה עַל צַדִּיקִים, שֶׁלָּכֵן מָשִׁיחַ אתא לאתבא צַדִּיקַיָּא בתיובתא. וְזֶהוּ כָּל הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע וְכוּלֵּי כְּאִלּוּ אוֹחֵז חֶרֶב שֶׁל שְׁתֵּי פִּיּוֹת, דק"ש נִקְרֵאת חֶרֶב פִּיפִיּוֹת לְהַכְרִית הַיְּנִיקָה מג' שָׂרֵי פַּרְעֹה, שֶׁעַל יְדֵי זֶה הִיא הַיְּצִיאָה מִמִּצְרַיִם, וְלָכֵן מְסַיֵּים בִּקְרִיאַת שְׁמַע אֲנִי הוי' אֱלֹקֵיכֶם אֲשֶׁר הוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם וְגוֹמֵר.

Chapitre 5 · L'épée d'abord, les socs ensuiteה

Voici l'explication détaillée des cinq armes dans « le service du cœur, c'est-à-dire la prière ». Le glaive [sayif], qui est l'épée, se rapporte aux Pessoukei deZimra, du verbe « tailler [lezamer] les tyrans » : en méditant sur « Qu'ils louent le Nom de Havayé, car Il a ordonné et ils furent créés », on taille les tyrans. L'arc [kéchet] est la Chemoné Essré, comme il est écrit : « par mon épée et par mon arc », que [le Targoum] traduit « par ma prière et par ma supplication ». La force de l'arc est d'agir même à distance, et cela en tirant la corde : plus on tire la corde vers le bas, plus la flèche porte loin. L'arc a encore une supériorité sur le glaive : il tue même l'ennemi qu'il ne voit pas. Il en va de même dans le service de la Chemoné Essré. La Chemoné Essré est une requête : plus on ressent le manque, plus la requête et son exaucement gagnent en profondeur. Autrement dit, plus on souffre amèrement d'être éloigné de la Divinité (c'est tirer la corde plus bas), plus l'exaucement de la requête sera profond. Il y a plus : l'arc tue même l'ennemi qu'on ne voit pas, c'est-à-dire le mal subtil. Avant la prière, en effet, « toute voie de l'homme est droite à ses yeux » : il n'a transgressé ni mitsva positive ni interdit, et surtout, s'il a étudié un peu de Torah et accomplit des mitsvot, il est un tsadik à ses propres yeux. Mais lorsqu'il en arrive au service de la Chemoné Essré, il s'aperçoit [yiddish : khapt er zikh] : il découvre qu'il y a du mal en lui et il le regrette. C'est la requête « Pardonne-nous » de la Chemoné Essré. Et après la Chemoné Essré, on dit « Achamnou, bagadnou [nous avons fauté, nous avons trahi], etc. », selon chacune des vingt-deux lettres. On retire ainsi la vitalité des vingt-deux lettres où puise le côté opposé, comme cela est expliqué ailleurs. Tout cela tient à ce que la révélation y est plus grande. Dans la Chemoné Essré, on dit « Béni sois-Tu, Havayé » : c'est l'épanchement de Havayé, qui est au-delà de l'enchaînement des mondes, et cet épanchement se fait dans « notre D.ieu, Roi du monde ». Aussi, grâce à l'abondance de la lumière, écarte-t-on même le mal subtil, comme il est écrit : « Et aussi le frelon, etc. … un D.ieu grand et redoutable ». Parce qu'Il est « un D.ieu grand », même le mal subtil est retranché. La massue [ala], qui est un bâton pour châtier, correspond dans le service à l'enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Que l'homme irrite [yarguiz] toujours son yétser tov contre son yétser hara ». « Toujours », parce que la racine du mal et du bien est dans les guevourot et les 'hassadim, et qu'en raison des guevourot la colère [rogez] doit être constante. La lance [roma'h] est le Kriat Chéma : רמח correspond aux deux cent quarante-huit [rama'h] mots du Kriat Chéma, et le vav fait allusion aux six mots du Chéma et de Barou'h Chem. Or, la différence entre la massue et la lance est que la lance ôte entièrement la vitalité, alors que la massue ne fait que frapper. Dans le service, cela s'applique aux attributs affectifs de l'âme [midot], qui sont de deux sortes : les midot qui portent sur le permis et celles qui portent sur l'interdit. Celles de l'interdit, il faut les bannir entièrement [le'ha'harim] par la lance. Pour celles du permis, en revanche, il faut la massue : les frapper, puis s'en servir dans la sainteté. Le bouclier [tris], qui protège des flèches et des projectiles [balistraot], correspond dans le service au fait de revêtir le talit et les téfilines avant la prière et pendant la prière. Pendant la prière, en effet, le côté opposé se renforce pour troubler l'homme dans son service, comme le dit le Tanya : c'est comme un incirconcis qui se tient face à lui pour le troubler dans son service. C'est à cela que répond le fait de revêtir le talit et les téfilines : ils deviennent pour l'âme des vêtements qui la protègent des flèches, etc.
ה) וּבֵאוּר עִנְיַן הַחֲמִשָּׁה כְּלֵי זַיְין בִּפְרָטִיּוּת בַּעֲבוֹדָה שֶׁבַּלֵּב זוֹ תְּפִלָּה, הִנֵּה סַיִף שֶׁהוּא חֶרֶב קָאֵי עַל פְּסוּקֵי דְּזִמְרָה, מִלְּשׁוֹן לְזַמֵּר עָרִיצִים, דְּהַיְינוּ שֶׁעַל יְדֵי הַהִתְבּוֹנְנוּת בְּעִנְיַן יְהַלְלוּ אֶת שֵׁם הוי' כִּי הוּא צִוָּה וְנִבְרָאוּ, הֲרֵי הוּא מְזַמֵּר אֶת הֶעָרִיצִים. וְקֶשֶׁת הוּא שמו"ע, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בְּחַרְבִּי וּבְקַשְׁתִּי, וְתִרְגֵּם בצלותי ובבעותי, דְּמַעֲלַת הַקֶּשֶׁת הוּא שֶׁפּוֹעֵל גַּם לְמֵרָחוֹק, וְהוּא עַל יְדֵי שֶׁמּוֹשְׁכִין אֶת הֶיתֵּר, דְּכָל מַה שֶׁיִּמָּשְׁכוּ אֶת הֶיתֵּר לְמַטָּה יוֹתֵר יַגִּיעַ הַחֵץ לְמֵרָחוֹק יוֹתֵר, וְעוֹד מַעֲלָה יֵשׁ בַּקֶּשֶׁת עַל סַיִף, שֶׁהוּא הוֹרֵג גַּם לְשׂוֹנֵא שֶׁאֵינוֹ רוֹאֵהוּ. וּכְמוֹ כֵּן הוּא גַּם בְּהָעֲבוֹדָה דשמו"ע, דשמו"ע הוּא בַּקָּשָׁה, הִנֵּה כָּל מַה שֶׁיֻּרְגַּשׁ אֶצְלוֹ הַחִסָּרוֹן בְּיוֹתֵר, אֲזַי תִּהְיֶה הַבַּקָּשָׁה וּמִילּוּי הַבַּקָּשָׁה בְּעוֹמֶק יוֹתֵר, וְהַיְינוּ דְּכָל שֶׁיִּתְמַרְמֵר יוֹתֵר עַל רִחוּקוֹ מֵאֱלֹקוּת, שֶׁזֶּהוּ שֶׁמּוֹשְׁכִין אֶת הֶיתֵּר לְמַטָּה יוֹתֵר, עַל יְדֵי זֶה יִהְיֶה מִילּוּי הַבַּקָּשָׁה בְּעוֹמֶק יוֹתֵר. וְעוֹד זֹאת, שֶׁהוֹרֵג גַּם לְשׂוֹנֵא שֶׁאֵינוֹ רוֹאֵהוּ, שֶׁהוּא עִנְיָן דַּקּוּת הָרַע, שֶׁהֲרֵי קֹדֶם הַתְּפִלָּה הִנֵּה דֶּרֶךְ אִישׁ יָשָׁר בְּעֵינָיו, שֶׁהֲרֵי לֹא עָבַר עַל מִצְוַת עֲשֵׂה וּמִצְוֹת לֹא תַּעֲשֶׂה, וּבִפְרָט כְּשֶׁלָּמַד תּוֹרָה מְעַט וּמְקַיֵּם מִצְווֹת הֲרֵי הוּא צַדִּיק בְּעֵינֵי עַצְמוֹ, אָמְנָם, כְּשֶׁמַּגִּיעַ לְהָעֲבוֹדָה דשמו"ע, כַאפְּט עֶר זִיךְ שֶׁיֵּשׁ בּוֹ רַע וּמִתְחָרֵט עָלָיו, שֶׁזּוֹהִי הַבַּקָּשָׁה בשמו"ע סְלַח לָנוּ, וְאַחֲרֵי שמו"ע אוֹמְרִיםְאָשְׁמְנוּ בָּגַדְנוּ וְכוּלֵּי, בְּכָל פְּרָטֵי כ"ב הָאוֹתִיּוֹת, שֶׁעַל יְדֵי זֶה מוֹצִיאִים הַחַיּוּת מכ"ב הָאוֹתִיּוֹת שֶׁמֵּהֶם הִיא יְנִיקַת הַלְּעֻמַּת זֶה, כַּמְבוֹאָר בְּמָקוֹם אַחֵר. וְכָל זֶה הוּא לְפִי שֶׁהַגִּילּוּי הוּא בְּיוֹתֵר, דבשמו"ע אוֹמְרִים בָּרוּךְ אַתָּה הוי', שֶׁהוּא עִנְיַן הַהַמְשָׁכָה דהוי' שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, וְהַהַמְשָׁכָה הוּא בֶּאֱלֹקֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, וְלָכֵן מִצַּד רִיבּוּי הָאוֹר מַעֲבִירִים גַּם אֶת דַּקּוּת הָרַע, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב וְגַם אֶת הַצִּרְעָה וְגֹמֵר אֶל גָּדוֹל וְנוֹרָא, דִּלְפִי שֶׁהוּא אֶל גָּדוֹל, לָכֵן נִכְרָת גַּם אֶת דַּקּוּת הָרַע. וְאֵלֶּה שֶׁהוּא מַקֵּל לִרְדּוֹת, עִנְיָנוֹ בַּעֲבוֹדָה הוּא כְּמַאֲמַר רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה לְעוֹלָם יַרְגִּיז אָדָם יֵצֶר טוֹב עַל יֵצֶר הָרַע, וּפֵירוּשׁ לְעוֹלָם הוּא לְפִי שֶׁשֹּׁרֶשׁ הָרַע וְטוֹב הוּא מִבְּחִינַת גְּבוּרוֹת וַחֲסָדִים, וּמִצַּד הַגְּבוּרוֹת צָרִיךְ לִהְיוֹת תָּמִיד עִנְיַן הָרֹגֶז. וְרֹמַח הוּא קְרִיאַת שְׁמַע, דְּרֹמַח הוּא רמח תִּבֵּן דק"ש, והוא"ו רוֹמֵז עַל הוא"ו תֵּיבוֹת דִּשְׁמַע וּבָרוּךְ שֵׁם. וְהִנֵּה הַהֶפְרֵשׁ בֵּין אֵלֶּה לְרֹמַח הוּא, שֶׁעַל יְדֵי רֹמַח נַעֲשֶׂה נְטִילַת הַחַיּוּת לְגַמְרֵי, מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּאֵלֶּה שֶׁהוּא הַכָּאָה בִּלְבַד. וְעִנְיָנוֹ בַּעֲבוֹדָה, דִּבְמִדּוֹת יֵשׁ ב' בְּחִינַת, מִדּוֹת דְּהֶתֵּר וּמִדּוֹת דְּאִסּוּר, הִנֵּה הַמִּדּוֹת דְּאִסּוּר צָרִיךְ לְהַחֲרִימָם מִכָּל וְכָל עַל יְדֵי רֹמַח, מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּמִדּוֹת דְּהֶתֵּר צָרִיךְ לִהְיוֹת הָאֵלֶּה, לְהַכּוֹתָם וּלְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶם בִּקְדוּשָּׁה. וְהַתְּרִיס שֶׁעִנְיָנוֹ לְהָגֵן בְּעַד הַחִצִּים וּבְלִסְתְּרָאוֹת, עִנְיָנוֹ בַּעֲבוֹדָה הוּא לְבִישַׁת הטו"ת קֹדֶם הַתְּפִלָּה וּבִשְׁעַת הַתְּפִלָּה, דְּהִנֵּה בִּשְׁעַת הַתְּפִלָּה יֵשׁ הִתְגַּבְּרוּת הַלְּעֻמַּת זֶה לְבַלְבְּלוֹ מֵעֲבוֹדָתוֹ, כִּדְאִיתָא בְּתַנְיָא שֶׁהוּא כִּמְשַׁל עָרֵל הָעוֹמֵד לְנֶגְדּוֹ לְבַלְבְּלוֹ מֵעֲבוֹדָתוֹ, וְעַל זֶה הוּא עִנְיַן לְבִישַׁת טו"ת שֶׁנַּעֲשִׂים לְבוּשִׁים לְהַנֶּפֶשׁ לְהָגֵן בְּעַד הַחִצִּים וְכוּלֵּי.
Dès lors, on comprendra pourquoi [nos Sages] ont dit que, le Chabbat, l'homme ne sortira pas avec une épée. En effet, dans le service des six jours profanes, le moment de la prière est un moment de combat : pour lutter contre le mal qui est dans son âme. Cependant, la veille du Chabbat, à la tombée de la nuit, le mal se sépare du bien, selon la parole : « et tous les jugements s'écartent d'elle, et il n'est aucune domination, etc., et elle se sépare, etc. ». C'est pourquoi, le Chabbat, la notion de combat évoquée plus haut ne s'applique pas. Tel est le sens de leur parole : l'homme ne sortira pas avec les cinq armes mentionnées plus haut, car le Chabbat n'est pas le temps de ce combat. Rabbi Eliézer dit pourtant que ce sont malgré tout pour lui des parures. Autrement dit, les birourim [tri du bien et du mal] accomplis pendant les six jours profanes sont, même le Chabbat, des parures dont on se pare : les prières des jours de semaine s'élèvent dans la prière du Chabbat, et c'est là une parure pour l'homme qui a vaincu pendant les jours de semaine. Les Sages, eux, disent que ce ne sont pas des parures, et ils en donnent la preuve : pour l'avenir, il est écrit « Ils forgeront de leurs épées des socs ». Si elles étaient une parure, on s'en parerait dans l'avenir. Elles ne sont donc pas du tout une parure, et bien au contraire, etc. La raison en est que quiconque lutte avec un être répugnant devient lui aussi répugnant ; c'est pourquoi ce n'est pas du tout une parure. On comprendra ainsi la différence entre la guéoula d'Égypte et la guéoula future. Bien que, pour la guéoula future, il soit écrit « Ils forgeront de leurs épées des socs », pour la guéoula d'Égypte il est néanmoins écrit « Et c'est armés [va'hamouchim] qu'ils montèrent ». Cela vient de ce que, pour l'avenir, il est écrit : « Et l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre », tandis que lors de la guéoula d'Égypte le mal était encore dans toute sa force. C'est ce qu'explique le Tanya à propos de « car le peuple s'était enfui » : il en fut ainsi parce que le mal était dans sa force. Mais comme la délivrance devait se faire en un clin d'œil, ils ne voulurent pas s'occuper (s'empêtrer [yiddish : tchépen zikh]) de cela. Et puisqu'il y avait encore du mal, ils eurent besoin d'armes. Il n'en va pas de même pour l'avenir : puisque « l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre », alors « ils forgeront de leurs épées des socs ».
וּמֵעַתָּה יוּבַן הַטַּעַם שֶׁאָמְרוּ שֶׁבְּשַׁבָּת לֹא יֵצֵא הָאִישׁ בְּסַיִף, דְּהִנֵּה בַּעֲבוֹדָה דְּשֵׁשֶׁת יְמֵי הַחוֹל הִנֵּה שְׁעַת צְלוֹתָא הִיא שְׁעַת קְרָבָא לְהִלָּחֵם עִם הָרַע שֶׁבְּנַפְשׁוֹ, אָמְנָם בְּעֶרֶב שַׁבָּת עִם חֲשֵׁכָה נִפְרָד הָרַע מִן הַטּוֹב, וּכְמַאֲמַר וְכָל דינין מִתְעַבְּרִין מנה ולית שלטנא וְכוּלֵּי ואיהי אתפרשת וְכוּלֵּי, וְלָכֵן בְּשַׁבָּת אֵינוֹ שַׁיָּיךְ עִנְיַן מִלְחָמָה הַנִּזְכָּר לְעֵיל, וְזֶהוּ שֶׁאָמְרוּ לֹא יֵצֵא הָאִישׁ בַּחֲמִשָּׁה כְּלֵי זַיְין הַנִּזְכָּר לְעֵיל, כִּי בְּשַׁבָּת אֵינוֹ זְמַן הַמִּלְחָמָה הַנִּזְכָּר לְעֵיל. אֲבָל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר שֶׁמִּכָּל מָקוֹם תַּכְשִׁיטִין הֵן לוֹ, וְהַיְינוּ שֶׁהַבֵּרוּרִים דְּשֵׁשֶׁת יְמֵי הַחוֹל הִנֵּה גַּם בְּשַׁבָּת הֵם תַּכְשִׁיטִין לְהִתְקַשֵּׁט בָּהֶן, דְּהַתְּפִלּוֹת דִּימֵי הַחוֹל מִתְעַלִּים בְּהַתְּפִלָּה דְּשַׁבָּת, וְהוּא קִשּׁוּט לְהָאָדָם שֶׁנִּצַּח בִּימֵי הַחוֹל. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים שֶׁאֵינָם תַּכְשִׁיטִים, וּרְאִיָּה עַל זֶה, שֶׁהֲרֵי לֶעָתִיד כְּתִיב וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים, וְאִם הָיוּ תַּכְשִׁיט הָיוּ מִתְקַשְּׁטִים בָּהֶם לֶעָתִיד, אֶלָּא שֶׁאֵינָם תַּכְשִׁיט כְּלָל, וְאַדְּרַבָּה וְכוּלֵּי, וְטַעַם הַדָּבָר הוּא לְפִי שֶׁכָּל הַמִּתְאַבֵּק עִם מְנֻוָּל מִתְנַוֵּל גַּם כֵּן, וְלָכֵן אֵין זֶה תַּכְשִׁיט כְּלָל.וְעַל פִּי זֶה יוּבַן הַהֶפְרֵשׁ בֵּין גְּאֻלַּת מִצְרַיִם לַגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה, דְּעִם הֱיוֹת שֶׁבַּגְּאֻלָּה הָעֲתִידָה כְּתִיב וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים, מִכָּל מָקוֹם, בִּגְאֻלַּת מִצְרַיִם כְּתִיב וַחֲמוּשִׁים עָלוּ, וְהַיְינוּ לְפִי שֶׁלֶּעָתִיד כְּתִיב וְאֶת רוּחַ הַטּוּמְאָה אַעֲבִיר מִן הָאָרֶץ, מַה שֶׁאֵין כֵּן בִּגְאֻלַּת מִצְרַיִם הָיָה הָרַע בְּתָקְפּוֹ עֲדַיִין, כַּמְבוֹאָר בְּתַנְיָא בְּעִנְיַן כִּי בָּרַח הָעָם שֶׁזֶּהוּ לְפִי שֶׁהָרָע הָיָה בְּתָקְפּוֹ, אֶלָּא שֶׁכֵּיוָן שֶׁהַגְּאֻלָּה הָיְתָה צְרִיכָה לִהְיוֹת כְּהֶרֶף עַיִן, לֹא רָצוּ לְהִתְעַסֵּק (טְשֶׁעפֶען זִיךְ) עִם זֶה, וְכֵיוָן שֶׁהָיָה עֲדַיִין רַע לָכֵן הִצְטָרְכוּ לִכְלִי זַיְין, מַה שֶׁאֵין כֵּן לֶעָתִיד שֶׁאֶת רוּחַ הַטּוּמְאָה אַעֲבִיר מִן הָאָרֶץ, אֲזַי וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים.
Or57, dans la guéoula future, il y aura, globalement, deux degrés, aussi bien dans le temps que dans l'âme. Pour les gens simples [amei haaretz], ou, comme l'écrit l'Iguéret HaKodech, pour l'érev rav [la multitude mêlée] (et, au début de l'époque de la délivrance, il en sera ainsi pour tout Israël), il en ira selon ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Il n'y a de différence entre ce monde-ci et les jours de Machia'h que l'asservissement aux royaumes, seulement », et l'on aura besoin de l'épée, etc. Mais pour les érudits [talmidei 'hakhamim], ou, comme l'écrit l'Iguéret HaKodech, pour Israël qui ne fait pas partie de l'érev rav (et ensuite il en sera ainsi pour tous), puisque « l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre », on n'aura pas besoin d'épée. C'est de cela qu'il est dit : « Ils forgeront de leurs épées des socs, etc. » Tel est le sens de sa parole : « Les louanges exaltées de D.ieu dans leur gosier, et une épée à double tranchant dans leur main. » Certes, il parle de l'avenir à venir, comme il est dit à l'ouverture du psaume : « Chantez à l'Éternel un chant nouveau, Sa louange dans l'assemblée des 'hassidim », ainsi qu'on l'a vu plus haut. Néanmoins, au début de l'époque de la délivrance, on aura besoin d'armes. C'est pourquoi il dit qu'il y aura « les louanges exaltées de D.ieu dans leur gosier, et une épée à double tranchant dans leur main, pour exercer la vengeance sur les nations » : il y aura encore les nations, avant qu'elles ne soient affinées pour « Le servir d'un même épaule ». Et aussi au sens de ce qu'explique le Likouteï Torah sur le passouk « Toutes les nations m'ont entouré » : il s'agit de « la nation qui est en ton sein », le corps et l'âme animale, et l'on aura besoin d'une épée à double tranchant dans la main. Ensuite, dans la plénitude de la délivrance, « ils forgeront de leurs épées des socs, etc. ; une nation ne lèvera pas l'épée contre une autre nation », car « l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre », et « Je mettrai la paix sur la terre », par le « Prince de la paix », David, le roi Machia'h, lors de la guéoula future, bientôt et de nos jours.
וְהִנֵּה בַּגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה יִהְיֶה, בִּכְלָלוּת, ב' מַדְרֵיגוֹת, בִּזְמַן וְגַם בְּנֶפֶשׁ. דִּלְעַמֵּי הָאָרֶץ אוֹ כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בְּאִגֶּרֶת הַקֹּדֶשׁ לְעֵרֶב רַב, וּבְהַתְחָלַת זְמַן הַגְּאוּלָּה יִהְיֶה כֵּן בְּכָל יִשְׂרָאֵל, עַל דֶּרֶךְ מֵרַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה אֵין בֵּין הָעוֹלָם הַזֶּה לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ אֶלָּא שִׁעְבּוּד מַלְכֻיּוֹת בִּלְבַד וְיִהְיֶה צוֹרֶךְ בְּחֶרֶב וְכוּלֵּי, אָמְנָם תַּלְמִיד חָכָם וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב בְּאִגֶּרֶת הַקֹּדֶשׁ לְיִשְׂרָאֵל שֶׁאֵינָם מֵעֵרֶב רַב, וְאַחַר כָּךְ יִהְיֶה כֵּן בִּכְלָל, אֲשֶׁר אֶת רוּחַ הַטּוּמְאָה אַעֲבִיר מִן הָאָרֶץ לֹא יִצְטָרְכוּ לְחֶרֶב, וְעַל זֶה נֶאֱמַר וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים וְגוֹמֵר. וְזֶהוּ אוֹמְרוֹ רוֹמְמוֹת אֶל בִּגְרוֹנָם וְחֶרֶב פִּיפִיּוֹת בְּיָדָם, דְּאַף אֲשֶׁר מְדַבֵּר בִּלְעַתִּיד לָבוֹא, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בִּפְתִיחַת הַמִּזְמוֹר שִׁירוּ להוי' שִׁיר חָדָשׁ תְּהִלָּתוֹ בִּקְהַל חֲסִידִים וְכַנִּזְכָּר לְעֵיל, מִכָּל מָקוֹם הִנֵּה בִּתְחִלַּת זְמַן הַגְּאוּלָּה יִהְיֶה צוֹרֶךְ בִּכְלִי זַיְין. וְעַל זֶה אוֹמֵר שֶׁיִּהְיֶה רוֹמְמוֹת א-ל בִּגְרוֹנָם וְחֶרֶב פִּיפִיּוֹת בְּיָדָם, לַעֲשׂוֹת נְקָמָה בַּגּוֹיִם, שֶׁיִּהְיוּ עוֹד הַגּוֹיִם קֹדֶם שֶׁיִּתְבָּרְרוּ לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד, וְגַם עַל דֶּרֶךְ הַמְבוֹאָר בְּלִקּוּטֵי תּוֹרָה עַל פִּי כָּל גּוֹיִם סְבָבוּנִי שֶׁהוּא גּוֹי אֲשֶׁר בְּקִרְבְּךָ הַגּוּף וְנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית, וְיִצְטָרְכוּ לְחֶרֶב פִּיפִיּוֹת בְּיָדָם. וְאַחַר כָּךְ בִּשְׁלֵימוּת הַגְּאוּלָּה וְכִתְּתוּ חַרְבוֹתָם לְאִתִּים וְגוֹמֵר וְלֹא יִשָּׂא גּוֹי אֶל גּוֹי חֶרֶב, כִּי אֶת רוּחַ הַטּוּמְאָה אַעֲבִיר מִן הָאָרֶץ, וְנָתַתִּי שָׁלוֹם בָּאָרֶץ עַל יְדֵי שַׂר שָׁלוֹם דָּוִד מֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ, בְּהַגְּאֻלָּה הָעֲתִידָה, בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ.