HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5716
MAAMARמאמר
וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שִׁמְשֹׁתַיִךְ
« Je ferai tes créneaux de rubis »
Chabbat Re'eh, Chabbat Mevarkhim Eloul 5716 [1956]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשט"ז · 1956
MAAMARמאמר

וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שִׁמְשֹׁתַיִךְ

« Je ferai tes créneaux de rubis »

Chabbat Re'eh, Chabbat Mevarkhim Eloul 5716 [1956]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ ראה, מבה"ח אלול, ה'תשט"ז. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ ראה, מבה"ח אלול, ה'תשט"ז. Traduction française littérale en regard.

Chapitre 1 · Deux pierres, deux cheminsא

« Je ferai tes créneaux de rubis [kadkod] »1. Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit à ce propos : « L'un dit : [c'est du] choham ; l'autre dit : [c'est du] yachfé. HaKadoch Barou'h Hou a dit : Qu'il en soit comme celui-ci et comme celui-là [kedein ou-khedein]. » Ce passouk est l'une des promesses qui s'accompliront lors de la guéoula, qui viendra par Machia'h, notre juste, rapidement et de nos jours. Il y a là deux modes, le choham et le yachfé, et HaKadoch Barou'h Hou a dit : « Qu'il en soit comme celui-ci et comme celui-là. » Pour comprendre ces deux modes sur le plan spirituel, c'est-à-dire dans la révélation de la Divinité qui aura lieu dans le futur, on partira de ceci : ces deux pierres faisaient partie des douze pierres précieuses du pectoral ['hochen] du Kohen Gadol, selon le nombre des tribus des enfants d'Israël, et le choham correspond à Yossef, le yachfé à Binyamin. Or Yossef et Binyamin sont le tsadik supérieur et le tsadik inférieur. L'aspect de Yossef est l'épanchement de la Divinité d'en haut vers en bas : Yossef est « celui qui distribue le blé », celui qui attire la Divinité d'en haut vers en bas. Autrement dit, même lorsque le monde n'est pas encore affiné [zikoukh] au point de pouvoir recevoir en lui la révélation d'une lumière élevée, la lumière est néanmoins attirée par la voie qui va d'en haut vers en bas. L'aspect de Binyamin, lui, est l'affinement et l'élévation d'en bas vers en haut : il opère le birour [tri du bien], l'affinement, l'élévation et l'attachement dans les âmes d'Israël et dans leur part du monde, et par là même dans l'ensemble de la création, afin qu'ils puissent recevoir la lumière. Par analogie : le cerveau de l'animal n'est pas un récipient [keli] pour l'intellect, tandis que le cerveau de l'homme est un récipient pour l'intellect, parce qu'il est plus affiné. De même, le service de Binyamin est l'élévation d'en bas vers en haut, qui affine le cerveau et l'intellect de l'homme jusqu'à ce qu'il devienne un récipient pour une lumière divine élevée. Or chacun de ces deux modes a une qualité particulière. La qualité du service de Binyamin, qui est le yachfé, est que l'inférieur s'unit davantage à la lumière divine : l'épanchement venant de l'affinement par lequel il est devenu récipient pour la lumière, il se trouve dès lors en union totale avec elle. La qualité du service de Yossef, qui est le choham, est qu'une lumière extrêmement élevée est attirée, non pas à la mesure de l'inférieur, mais telle qu'elle est du point de vue du supérieur. C'est à ce propos que HaKadoch Barou'h Hou a dit : « Qu'il en soit comme celui-ci et comme celui-là » : dans le futur, il y aura les deux qualités. Tout ce qui précède est expliqué longuement dans Likouteï Torah, dans les discours « Vesamti kadkod ». Or on sait que toutes les révélations du futur dépendent de nos actes et de notre service pendant toute la durée de la galout. Puisque dans le futur il y aura les deux modes, d'en haut vers en bas et d'en bas vers en haut, il faut nécessairement dire que ces modes existent aussi dans le service pendant la durée de la galout. Il faut donc comprendre ce que sont, dans le service, ces deux modes du choham et du yachfé.
וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שִׁמְשֹׁתַיִךְ, ואמרז"ל חַד אמר שֹׁהַם וְחַד אמר יָשְׁפֵה אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא להוי כדין וכדין. הִנֵּה פָּסוּק זֶה הוּא אֶחָד הַיִּעוּדִים שֶׁיִּהְיוּ בְּהַגְּאֻלָּה הָעֲתִידָה לָבוֹא עַל יְדֵי מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ. וְיֵשׁ בָּזֶה ב' אוֹפַנִּים, שֹׁהַם וְיָשְׁפֵה, וְאָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא להוי כדין וכדין. וּלְהָבִין ב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ בְּרוּחָנִיּוּת, הַיְנוּ בְּהַגִּילּוּי אֱלֹקוּת שֶׁיִּהְיֶה לֶעָתִיד לָבוֹא, יוּבַן זֶה מִזֶּה שב' אֲבָנִים אֵלּוּ הָיוּ מִשְּׁתֵּים עֶשְׂרֵה הָאֲבָנִים טוֹבוֹת אֲשֶׁר בְּהַחֹשֶׁן שֶׁל כְּהַאי גונא, לְמִסְפַּר שִׁבְטֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, שֹׁהַם כְּנֶגֶד יוֹסֵף וְיָשְׁפֵה כְּנֶגֶד בִּנְיָמִין. וְהִנֵּה, יוֹסֵף וּבִנְיָמִין הֵם צַדִּיק עֶלְיוֹן וְצַדִּיק תַּחְתּוֹן, דִּבְחִינַת יוֹסֵף הוּא הַמְשָׁכַת אֱלֹקוּת מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, יוֹסֵף הוּא הַמַּשְׁבִּיר בַּר, שֶׁמַּמְשִׁיךְ אֱלֹקוּת מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, וְהַיְינוּ דְּגַם כַּאֲשֶׁר הָעוֹלָם לֹא נִזְדַּכֵּךְ עֲדַיִין עַד כְּדֵי כָּךְ שֶׁיּוּכַל לְקַבֵּל בְּתוֹכוֹ גִּילּוּי אוֹר נַעֲלֶה, מִכָּל מָקוֹם נִמְשָׁךְ אוֹר בְּדֶרֶךְ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה. וּבְחִינַת בִּנְיָמִין הוּא זִיכּוּךְ וַעֲלִיָּה מלמטלמ"ע, הַיְנוּ שֶׁפּוֹעֵל בֵּירוּר זִיכּוּךְ עֲלִיָּה וְהִתְקַשְּׁרוּת בְּנִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל וְחֶלְקָם בָּעוֹלָם, וּבְמֵילָא גַּם בִּכְלָלוּת הַבְּרִיאָה, שֶׁיּוּכְלוּ לְקַבֵּל אֶת הָאוֹר. וְעַל דֶּרֶךְ מָשָׁל כְּמוֹ שֶׁמֹּחַ הַבַּעַל חַיִּים אֵינוֹ כְּלִי לְשֵׂכֶל וּמוֹחַ הָאָדָם הוּא כְּלִי לְשֵׂכֶל, לְפִי שֶׁהוּא מְזֻכָּךְ יוֹתֵר, הִנֵּה עֲבוֹדָתוֹ שֶׁל בִּנְיָמִין הוּא הַעֲלָאָה מלמטלמ"ע שֶׁפּוֹעֵל זִיכּוּךְ בַּמּוֹחַ וְשֵׂכֶל הָאָדָם עַד שֶׁיִּהְיֶה כְּלִי לְאוֹר אֱלֹקִי נַעֲלֶה. וְהִנֵּה, בב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ יֵשׁ בְּכָל אֶחָד מֵהֶם מַעֲלָה מְיוּחֶדֶת. הַמַּעֲלָה בַּעֲבוֹדָתוֹ שֶׁל בִּנְיָמִין, שֶׁהוּא עִנְיַן יָשְׁפֵה, שֶׁהַמַּטָּה מִתְיַחֵד יוֹתֵר עִם הָאוֹר אֱלֹקִי, דְּלִהְיוֹת אֲשֶׁר הַהַמְשָׁכָה הִיא מִצַּד הַזִּיכּוּךְ שֶׁנַּעֲשָׂה כְּלִי לְהָאוֹר, בְּמִלֵּא הֲרֵי הוּא בְּיִחוּד גָּמוּר עִם הָאוֹר. וְהַמַּעֲלָה בַּעֲבוֹדָתוֹ שֶׁל יוֹסֵף, שֶׁהוּא עִנְיַן שֹׁהַם, שֶׁנִּמְשָׁךְ אוֹר נַעֲלֶה בְּיוֹתֵר שֶׁאֵינוֹ כְּפִי אוֹפֶן הַתַּחְתּוֹן כִּי אִם כְּפִי שֶׁהוּא מִצַּד הָעֶלְיוֹן. וְעַל זֶה אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא להוי כדין וכדין, אֲשֶׁר לֶעָתִיד לָבוֹא יִהְיוּ ב' הַמַּעֲלוֹת. וְכַמְבֹאָר כָּל הַנִּזְכָּר לְעֵיל בַּאֲרִיכוּת בְּלִקּוּטֵי תּוֹרָה בְּהַדְּרוּשִׁים וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד. וְהִנֵּה, יָדוּעַ שֶׁכָּל הֲגִלּוּיָם שֶׁיִּהְיוּ לֶעָתִיד תְּלוּיִים בְּמַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ כָּל זְמַן מֶשֶׁךְ הַגָּלוּת, וּמֵאַחַר שֶׁלֶּעָתִיד יִהְיוּ הָאוֹפַנִּים דמלמעלמ"ט ומלמטלמ"ע, בְּהֶכְרֵחַ לוֹמַר שֶׁגַּם בְּהָעֲבוֹדָה בִּזְמַן מֶשֶׁךְ הַגָּלוּת יֶשְׁנָם גַּם כֵּן אוֹפַנִּים אֵלּוּ. וְצָרִיךְ לְהָבִין מֵהוּא עִנְיַן ב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ דְּשֹׁהַם וְיָשְׁפֵה בַּעֲבוֹדָה.
Pour comprendre cela, il faut d'abord rappeler ce qui a été expliqué plus haut : « Et il adviendra, en conséquence [ekev] » se rapporte à l'époque des talons du Machia'h [ikveta dimechi'ha]. Alors, « vous écouterez » à coup sûr, car c'est la dernière génération, et « nul exilé ne sera rejeté loin de Lui » ; c'est pourquoi, dans cette génération, « vous écouterez » à coup sûr. L'ensemble du service est « vous écouterez, vous garderez et vous accomplirez », c'est-à-dire la pensée, la parole et l'action. Lorsque sa pensée, sa parole et son action seront uniquement celles de l'âme divine, à savoir la pensée, la parole et l'action de la Torah et des mitsvot, alors « Hachem ton D.ieu gardera pour toi l'alliance, la bonté et le serment » : la pensée, la parole et l'action d'en haut seront attirées vers lui. Globalement, par son service se réalise l'union de celui qui sert avec Celui qu'il sert, l'union des âmes d'Israël avec HaKadoch Barou'h Hou, une union face à face ; et par l'amour « de tout ton pouvoir » [bekhol meodekha], il attire les révélations qui sont au-delà de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout]. Toutefois, s'il attire par son service la révélation d'en haut, c'est uniquement du fait de la conclusion de l'alliance, car « Il n'est absolument d'aucun de ces attributs ». Que l'acte des créatures ait une portée [tofess makom] ne vient que de l'alliance.
וּלְהָבִין זֶה צָרִיךְ לְהַקְדִּים תְּחִלָּה מִשֶּׁנִּתְבָּאֵר לְעֵיל דוהי' עֵקֶב קָאֵי עַל הַזְּמַן דעקבתא דִּמְשִׁיחָא, דְּאָז הִנֵּה תִּשְׁמְעוּן וַדַּאי, לְפִי שֶׁהוּא דּוֹר הָאַחֲרוֹן, וְלֹא יִדַּח מִמָּנוֹנְדַּח, וְלָזֹאת הִנֵּה בְּדוֹר זֶה תִּשְׁמְעוּן וַדַּאי. וּכְלָלוּת הָעֲבוֹדָה הוּא תִּשְׁמְעוּן וּשְׁמַרְתֶּם וַעֲשִׂיתֶם, שֶׁהוּא מַחֲשָׁבָה דִּבּוּר וּמַעֲשֶׂה, וְכַאֲשֶׁר המחדומ"ע שֶׁלּוֹ יִהְיוּ מחדומ"ע שֶׁל נֶפֶשׁ הָאֱלוֹקִית לְבַדּוֹ, וְהוּא מחדומ"ע דְּתוֹרָה וּמִצְוֹת, אֲזַי הִנֵּה וְשָׁמַר ה"א לְךָ אֶת הַבְּרִית וְאֶת הַחֶסֶד וְאֶת הַשְּׁבוּעָה, שֶׁיּוּמְשַׁךְ המחדומ"ע שֶׁמִּלְּמַעְלָה אֵלָיו. דְּבִכְלָלוּת הוּא שֶׁעַל יְדֵי עֲבוֹדָתוֹ נַעֲשֶׂה יִחוּד הָעוֹבֵד עִם הַנֶּעֱבָד, יִחוּד נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל עִם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, יִחוּד פב"פ, וְעַל יְדֵי הָאַהֲבָה דִּבְכָל מְאֹדֶךָ מַמְשִׁיךְ הַגִּילּוּיִים שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת. אָמְנָם זֶה שֶׁעַל יְדֵי עֲבוֹדָתוֹ מַמְשִׁיךְ הַגִּילּוּי שֶׁמִּלְּמַעְלָה, הוּא רַק מִצַּד הַכְּרִיתַת בְּרִית בִּלְבַד, שֶׁהֲרֵי לָאו מכל אִלֵּין מִדּוֹת אִיהוּ כלל, וּבִכְדֵי שֶׁמַּעֲשֵׂה הַנִּבְרָאִים יִהְיֶה תּוֹפֵס מָקוֹם, הוּא רַק מִצַּד הַבְּרִית.

Chapitre 2 · La Torah relie le haut et le basב

Or, l'alliance, c'est la Torah, comme il est dit : « l'alliance qu'Il a conclue avec nous au 'Horev ». Dans le Yalkout, sur « Voici les paroles de l'alliance », on lit : « Il n'est d'alliance que la Torah. » Autrement dit, la Torah est l'alliance qui unit les âmes d'Israël à HaKadoch Barou'h Hou, comme il est dit : « Je [Anokhi] me tiens entre Havayé et vous. » Anokhi, « Celui que Je suis », qui n'est évoqué ni par aucune lettre ni par aucun trait, ce qui globalement est la couronne [Kéter], relie Israël et HaKadoch Barou'h Hou par la Torah. Voici l'explication. On sait que tout intermédiaire qui relie deux choses comporte deux aspects : l'un appartient au supérieur, l'autre à l'inférieur, et c'est par ces deux aspects qu'il devient un intermédiaire qui relie. On comprendra de même la Torah, intermédiaire qui relie les âmes d'Israël et HaKadoch Barou'h Hou : il y a dans la Torah un aspect qui appartient aux créatures et un aspect qui appartient à HaKadoch Barou'h Hou, et c'est ainsi qu'elle relie les âmes d'Israël et HaKadoch Barou'h Hou. En effet, la Torah s'est revêtue de choses matérielles, etc., et à ce titre elle appartient aux créatures ; globalement, c'est la partie révélée de la Torah [galya deTorah]. Il y a aussi un aspect de la Torah telle qu'elle est dans les réalités spirituelles : c'est la partie cachée de la Torah [stim deTorah], qui parle des réalités divines. Elle est cachée (pour nous), puisque la Torah est la sagesse et la volonté de HaKadoch Barou'h Hou. Par ces deux aspects, la Torah est l'intermédiaire qui relie l'Or Ein Sof [lumière infinie], béni soit-Il, et les âmes d'Israël.
ב) וְהִנֵּה עִנְיַן הַבְּרִית הוּא הַתּוֹרָה, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב אֶת הַבְּרִית אֲשֶׁר כָּרַת עִמָּנוּ בְּחֹרֵב, וּבְיַלְקוּט עַל פִּי אֵלֶּה דִּבְרֵי הַבְּרִית אִיתָא אֵין בְּרִית אֶלָּא תּוֹרָה, וְהַיְינוּ שֶׁהַתּוֹרָה הוּא הַבְּרִית הַמְאַחֵד נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל עִם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב אָנֹכִי עוֹמֵד בֵּין הוי' וּבֵינֵיכֶם, דְּאָנֹכִי מִי שֶׁאָנֹכִי, דלא אתרמיז לֹא בְּשׁוּם אוֹת וְלֹא בְּשׁוּם קוֹץ, דְּבִכְלָלוּת הוּא הַכֶּתֶר, הִנֵּה הוּא מְחַבֵּר יִשְׂרָאֵל וקדשא בְּרִיךְ הוּא עַל יְדֵי הַתּוֹרָה. וּבֵאוּר הָעִנְיָן הוּא, עַל פִּי הַיָּדוּעַ שֶׁבְּכָל מְמוּצָּע הַמְחַבֵּר שְׁנֵי דְּבָרִים יֵשׁ ב' בְּחִינַת, בְּחִינַת א' הַשַּׁיֶּיכֶת לְהָעֶלְיוֹן, וּבְחִינַת ב' הַשַּׁיֶּיכֶת לְהַתַּחְתּוֹן, וְעַל יְדֵי ב' הַבְחִינַת שֶׁבּוֹ נַעֲשֶׂה מְמוּצָּע הַמְחַבֵּר. וּכְמוֹ כֵּן יוּבַן גַּם בְּהַתּוֹרָה שֶׁהִיא מְמוּצָּע הַמְחַבֵּר נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל וקדשא בְּרִיךְ הוּא, שֶׁיֵּשׁ בְּהַתּוֹרָה בְּחִינַת הַשַּׁיֶּיכֶת לְנִבְרָאִים, וּבְחִינַת הַשַּׁיֶּיכֶת לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וְעַל יְדֵי זֶה הִיא מְחֻבֶּרֶת נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל וקדשא בְּרִיךְ הוּא. דְּהִנֵּה, הַתּוֹרָה נִתְלַבְּשָׁה בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים וְכוּלֵּי, וּמִצַּד זֶה הִיא שַׁיֶּיכֶת לְנִבְרָאִים, וּבִכְלָלוּת הוּא עִנְיַן גליא דְּתוֹרָה. וְיֵשׁ בְּחִינַת בְּהַתּוֹרָה כְּמוֹ שֶׁהִיא בְּעִנְיָנִים רוּחָנִיִּים, וְהוּא בְּחִינַת סתים דְּתוֹרָה שֶׁמְּדַבֶּרֶת בְּעִנְיְנֵי אֱלֹקוּת, שֶׁלָּכֵן הוּא סתים (לְגַבֵּינוּ), שֶׁהֲרֵי הַתּוֹרָה הִיא חָכְמָתוֹ וּרְצוֹנוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא. וְעַל יְדֵי ב' בְּחִינַת אֵלּוּ הַתּוֹרָה הִיא מְמוּצָּע הַמְחַבֵּר אוֹר אֵין סוֹף בָּרוּךְ הוּא וּנְשָׁמוֹת יִשְׂרָאֵל.
Expliquons plus en profondeur ces deux aspects de la Torah. Il est connu que, lorsqu'on dit « la Torah est issue de la 'Hokhma [sagesse] », il ne s'agit pas seulement de la 'Hokhma inférieure [tataa] et de la 'Hokhma supérieure [ilaa], mais de la 'Hokhma setimaa [sagesse cachée] : c'est la 'Hokhma setimaa qui est l'intermédiaire véritable. En effet, la couronne, dans son ensemble, est l'intermédiaire entre l'Or Ein Sof, l'Émanateur, et les êtres émanés. Il l'est par les deux aspects du Kéter : l'aspect inférieur de l'Émanateur et l'aspect premier de l'Atsilout [Émanation]. Par ces deux aspects (l'aspect inférieur de l'Émanateur, et la racine et source des êtres émanés), le Kéter devient un intermédiaire qui relie l'Or Ein Sof, l'Émanateur, à l'Atsilout. Cependant, ces deux aspects, tels qu'ils se trouvent dans le Kéter, sont deux degrés distincts, et ce n'est pas là la véritable notion d'intermédiaire. L'intermédiaire véritable est la 'Hokhma setimaa : en elle, ces deux aspects (celui qui relève de l'Émanateur et celui qui relève de l'Atsilout) ne sont pas deux degrés distincts, ils ne font qu'un. C'est pourquoi elle est l'intermédiaire véritable. On le comprendra par une analogie tirée de ce que nous observons en bas, dans l'âme de l'homme. La faculté de 'Hokhma comporte deux choses opposées : la faculté d'abstraction et de transcendance [hafla'a], et la faculté de descente et de revêtement. La transcendance de la 'Hokhma, c'est son pouvoir d'abstraire l'intellect des représentations matérielles, puis des représentations corporelles, et même des représentations spirituelles. Elle dépouille l'intellect de toutes ses représentations, longueur, largeur et profondeur, et il ne reste que le point : c'est le point qui est dans la 'Hokhma. La descente et le revêtement de la 'Hokhma, c'est son pouvoir de faire descendre la notion intellectuelle jusqu'au plus bas, comme dans « Il prononça trois mille paraboles », et plus bas encore. Or ces deux choses présentes dans la 'Hokhma ne sont pas séparées l'une de l'autre : c'est une seule et même chose. La faculté de descente procède de la faculté de transcendance. Si la 'Hokhma peut faire descendre la notion intellectuelle jusqu'au plus bas, c'est parce qu'elle saisit l'essence même du point intellectuel, abstrait de toute représentation ; et c'est précisément pour cela qu'elle a le pouvoir de faire descendre l'intellect jusqu'au plus bas. On comprendra de la même manière qu'en haut, dans la 'Hokhma setimaa, les deux aspects, celui qui relève de l'Émanateur et celui qui relève de l'Atsilout, ne sont pas deux choses séparées l'une de l'autre, mais une seule chose. C'est pourquoi la 'Hokhma setimaa est l'intermédiaire véritable. Il en va de même pour la Torah. Ses deux aspects, le fait qu'elle soit la sagesse de HaKadoch Barou'h Hou et le fait qu'elle se soit revêtue de choses matérielles, ne sont pas deux aspects séparés l'un de l'autre, partie révélée de la Torah d'un côté et partie cachée de la Torah de l'autre. Au contraire, « la Torah est issue de la 'Hokhma (setimaa) », et c'est précisément en raison de son aspect supérieur qu'elle est descendue en bas et s'est revêtue de choses matérielles. C'est pourquoi la Torah est appelée alliance [berit] : elle est l'intermédiaire véritable entre les âmes d'Israël et l'Or Ein Sof, béni soit-Il.
וּבֵאוּר ב' בְּחִינַת אֵלּוּ בְּהַתּוֹרָה בְּעוֹמֶק יוֹתֵר, הִנֵּה יָדוּעַ דְּמַה שֶׁאוֹרָיְתָא מֵחָכְמָה נָפְקַת אֵין הַכַּוָּונָה עַל חָכְמָה תַּתָּאָה וְחָכְמָה עִילָּאָה בִּלְבַד, כִּי אִם עַל חָכְמָה סְתִימָאָה, דח"ס הוּא הַמְּמוּצָּע הָאֲמִיתִּי. דְּהִנֵּה, כְּלָלוּת הַכֶּתֶר הוּא מְמוּצָּע בֵּין אוֹר אֵין סוֹף הַמַּאֲצִיל וְהַנֶּאֱצָלִים, וְהוּא עַל יְדֵי ב' הַבְחִינַת שֶׁבְּהַכֶּתֶר, בְּחִינַת תַּחְתּוֹנָה שֶׁבַּמַּאֲצִיל, וּבְחִינַת רִאשׁוֹנָה שֶׁבָּאֲצִילוּת, דְּעַל יְדֵי ב' בְּחִינַת אֵלּוּ (בְּחִינַת תַּחְתּוֹנָה שֶׁבַּמַּאֲצִיל וְשֹׁרֶשׁ וּמְקוֹר הַנֶּאֱצָלִים) נַעֲשָׂה הַכֶּתֶר מְמוּצָּע לְחַבֵּר אוֹר אֵין סוֹף הַמַּאֲצִיל עִם הָאֲצִילוּת. אָמְנָם ב' בְּחִינַת אֵלּוּ כְּמוֹ שֶׁהֵם בְּכֶתֶר, הֲרֵי הֵם ב' מַדְרֵיגוֹת מְיוּחָדוֹת, וְאֵין זֶה אֲמִיתִּית עִנְיַן הַמְּמוּצָּע,וְהַמְמֻצָּע הָאֲמִיתִּי הוּא בְּחִינַת חָכְמָה סְתִימָאָה, לְפִי שבח"ס הִנֵּה ב' בְּחִינַת אֵלּוּ (הַשַּׁיָּיכוּת לְהַמַּאֲצִיל וְהַשַּׁיָּיכוּת לָאֲצִילוּת) אֵינָם ב' מַדְרֵיגוֹת מְיוּחָדוֹת, אֶלָּא הֵם כְּאֶחָד, וְלָכֵן הוּא הַמְּמוּצָּע הָאֲמִיתִּי. וְיוּבַן זֶה עַל דֶּרֶךְ מָשָׁל כְּמוֹ שֶׁאָנוּ רוֹאִים לְמַטָּה בְּנֶפֶשׁ הָאָדָם, דִּבְכֹחַ הַחָכְמָה יֵשׁ ב' עִנְיָנִים הַפְכִּיִּים, כֹּחַ הַהַפְשָׁטָה וְהַהַפְלָאָה, וְכֹחַ הַיְרִידָה וְהַהַלְבָּשָׁה. עִנְיַן הַהַפְלָאָה שֶׁבְּחָכְמָה הוּא מַה שֶׁבְּכֹחוֹ לְהַפְשִׁיט אֶת הַשֵּׂכֶל מֵהַצִּיּוּרִים הַחוֹמְרִים וְגַם מֵהַצִּיּוּרִים הַגַּשְׁמִיִּים וַאֲפִילוּ מֵהַצִּיּוּרִים הָרוּחָנִיִּים, וְהַיְינוּ שֶׁמַּפְשִׁיט אֶת הַשֵּׂכֶל מִכָּל הַצִּיּוּרִים שֶׁבּוֹ, אֹרֶךְ רוֹחַב וְעֹמֶק, וְנִשְׁאַר רַק הַנְּקֻדָּה, שֶׁזּוֹהִי בְּחִינַת הַנְּקֻדָּה שֶׁבְּחָכְמָה. וְעִנְיַן הַיְרִידָה וְהַהַלְבָּשָׁה דְּחָכְמָה הוּא שֶׁבְּכֹחַ הַחָכְמָה לְהוֹרִיד אֶת הַמּוּשְׂכָּל עַד לְמַטָּה מַטָּה, כְּמוֹ וַיְדַבֵּר שְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים מָשָׁל וּלְמַטָּה יוֹתֵר. וְהִנֵּה, ב' עִנְיָנִים אֵלּוּ שֶׁבְּחָכְמָה אֵינָם ב' עִנְיָנִים נִבְדָּלִים זֶה מִזֶּה, אֶלָּא הוּא עִנְיָן אֶחָד. דְּכֹחַ הַיְרִידָה הוּא מִצַּד כֹּחַ הַהַפְלָאָה, דְּמַה שֶׁבְּכֹחוֹ לְהוֹרִיד אֶת הַמּוּשְׂכָּל עַד לְמַטָּה מַטָּה הוּא לְפִי שֶׁתּוֹפֵס אֶת עֶצֶם נְקוּדַּת הַשֵּׂכֶל הַמֻּפְשָׁט מִכָּל צִיּוּר, וּמִשּׁוּם זֶה דַּוְקָא בִּיכָלְתּוֹ לְהוֹרִיד אֶת הַשֵּׂכֶל עַד לְמַטָּה מַטָּה. וְעַל דֶּרֶךְ זֶה יוּבַן לְמַעְלָה בִּבְחִינַת ח"ס, דב' הַבְחִינַת שבח"ס, הַבְחִינַת הַשַּׁיֶּיכֶת לְהַמַּאֲצִיל וְהַבָּחִינַת הַשַּׁיֶּיכֶת לְהָאֲצִילוּת, אֵינָם ב' עִנְיָנִים נִבְדָּלִים זמ"ז, אֶלָּא הוּא עִנְיָן אֶחָד, וְלָכֵן הִנֵּה ח"ס הוּא הַמְּמוּצָּע הָאֲמִיתִּי. וּכְמוֹ כֵּן יוּבַן בַּתּוֹרָה, דב' הָעִנְיָנִים שֶׁבַּתּוֹרָה, מַה שֶׁהִיא חָכְמָתוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וּמַה שֶׁנִּתְלַבְּשָׁה בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים, אֵינָם ב' בְּחִינַת נִבְדָּלִים זמ"ז, גליא דְּתוֹרָה וסתים דְּתוֹרָה, כִּי אִם שֶׁאוֹרָיְתָא מֵחָכְמָה (סְתִימָאָה) נָפְקַת, וּמִצַּד בְּחִינַת הָעֶלְיוֹנָה שֶׁבַּתּוֹרָה הִנֵּה מִשּׁוּם זֶה דַּוְקָא יָרְדָה לְמַטָּה וְנִתְלַבְּשָׁה בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים. וְלָכֵן נִקְרֵאת הַתּוֹרָה בְּרִית, שֶׁהוּא הַמְּמוּצָּע הָאֲמִיתִּי בֵּין נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל וְאוֹר אֵין סוֹף בָּרוּךְ הוּא.
Or, de même, les mitsvot sont appelées alliance [berit], car elles aussi comportent deux aspects. D'une part, elles s'accomplissent elles-mêmes avec des choses matérielles ; d'autre part, en elles s'opère l'épanchement de la Volonté suprême, et la volonté est au-dessus de la 'Hokhma. Ces deux aspects des mitsvot ne sont pas deux choses séparées, mais une seule. En effet, les mitsvot qui se revêtent de choses matérielles sont elles-mêmes la Volonté suprême, puisqu'il est monté dans Sa volonté que les mitsvot s'accomplissent précisément dans la matière. Et parce qu'il s'agit de la Volonté suprême, qui est au-dessus même de la 'Hokhma, elle descend en bas, précisément dans des choses matérielles. Cependant, que la Torah et les mitsvot puissent réaliser l'union des âmes d'Israël avec l'Or Ein Sof, cela précisément fait question. Apparemment, puisque l'Or Ein Sof « n'est absolument aucun de ces attributs », comment l'action des êtres d'en bas aurait-elle la moindre portée, au point qu'il y ait une union face à face [panim bepanim] ? Puisqu'« Il n'est absolument aucun de ces attributs », une union face à face est impossible, tant du côté de l'Or Ein Sof que du côté des âmes d'Israël. C'est à ce propos qu'il est dit : « Je [Anokhi] me tiens entre Havayé et vous, pour vous dire la parole de Havayé ». Anokhi, « Je suis Celui que Je suis », désigne le Kéter, qui est au-dessus de l'un et de l'autre ; et c'est par la force du Kéter que l'union se réalise, au moyen de la Torah.
וְהִנֵּה כְּמוֹ כֵן הַמִּצְווֹת נִקְרָאִים בְּרִית, לְפִי שֶׁבְּהַמְּצָווֹת יֵשׁ גַּם כֵּן ב' בְּחִינַת, שֶׁהֲרֵי הֵם עַצְמָן נַעֲשִׂים מִדְּבָרִים גַּשְׁמִיִּים, וּבָהֶם הוּא הַמְשָׁכַת רָצוֹן הָעֶלְיוֹן, דְּרָצוֹן הוּא לְמַעְלָה מֵחָכְמָה. וב' בְּחִינַת אֵלּוּ בְּהַמִּצְווֹת אֵינָם ב' עִנְיָנִים נִבְדָּלִים, אֶלָּא הוּא עִנְיָן אֶחָד, שֶׁהֲרֵי הַמִּצְווֹת הַמִּתְלַבְּשִׁים בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים, הֵן הֵן עַצְמָם הוּא רָצוֹן הָעֶלְיוֹן, שֶׁכָּךְ עָלָה בִּרְצוֹנוֹ לְקַיֵּים הַמִּצְווֹת בְּגַשְׁמִיּוּת דַּוְקָא. וּלְפִי שֶׁהוּא רצה"ע שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מֵהֶחָכְמָה, לָכֵן הוּא יוֹרֵד לְמַטָּה בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים דַּוְקָא. אָמְנָם זֶה גּוּפָא שֶׁעַל יְדֵי תּוֹרָה וּמִצְוֹת יִהְיֶה אֶפְשָׁר לִהְיוֹת הַיִּחוּד דנש"י עִם אוֹר אֵין סוֹף, דְּלִכְאוֹרָה, כֵּיוָן שֶׁאוֹר אֵין סוֹף לָאו מִכָּל אִלֵּין מִדּוֹת אִיהוּ כְּלָל, אֵיךְ יִהְיֶה תּוֹפֵס מָקוֹם מַעֲשֵׂה הַתַּחְתּוֹנִים שֶׁיִּהְיֶה יִחוּד פב"פ, דְּמֵאַחַר שֶׁלָּאו מִכָּל אִלֵּין מִדּוֹת אִיהוּ כְּלָל, אִי אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיֶה יִחוּד פב"פ, הֵן מִצַּד אוֹר אֵין סוֹף וְהֵן מִצַּד נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל, הִנֵּה עַל זֶה נֶאֱמַר אָנֹכִי עוֹמֵד בֵּין הוי' וּבֵינֵיכֶם לְהַגִּיד לָכֶם אֶת דְּבַר הוי', דְּאָנֹכִי מִי שֶׁאָנֹכִי הוּא בְּחִינַת הַכֶּתֶר שֶׁלְּמַעְלָה מִשְּׁנֵיהֶם, וּבְכֹחַ הַכֶּתֶר נַעֲשֶׂה הַיִּחוּד עַל יְדֵי הַתּוֹרָה.

Chapitre 3 · Rassembler l'âme disperséeג

Tel est le sens de « Et il adviendra, parce que [ékev] vous écouterez [tichmeoun] ces lois [michpatim] ». En effet, le Targoum [traduction araméenne] de michpat est halakhta, c'est-à-dire les halakhot de la Torah. Puisque ce passouk explique l'union des âmes d'Israël avec HaKadoch Barou'h Hou, comme on l'a dit plus haut, il est dit « ces michpatim » : l'union se fait par les halakhot de la Torah. Tichmeoun est un terme de rassemblement, comme dans « Chaoul rassembla [vayechama] », etc. Il s'agit de réunir et de rassembler toutes les étincelles dispersées de son âme divine, qui s'est attachée à des désirs étrangers par la multitude des pensées et la dispersion de l'âme. Il est certes écrit : « Havayé ton D.ieu te bénira dans tout ce que tu feras », précisément « feras », car l'action doit se faire dans la matière. Mais la pensée, elle, ne doit pas y être plongée, comme il est écrit : « Quand tu mangeras du labeur de tes mains » : il ne doit y avoir que le labeur des mains, non le labeur du cerveau et du cœur. Il faut donc rassembler les étincelles qui se sont dispersées dans la dispersion de l'âme, comme il est écrit : « Si ton exilé se trouve à l'extrémité des cieux, de là Il te rassemblera. » Et de même qu'il faut rassembler les étincelles dispersées de son âme, il faut aussi rassembler les halakhot de la Torah. Car, du fait de la dispersion survenue dans son âme, il se produit chez lui un voilement et une occultation dans la Torah aussi : il ne parvient pas à clarifier et à trancher la halakha selon sa vérité. C'est à ce propos qu'il est dit « tichmeoun ces michpatim », c'est-à-dire les halakhot. Tichmeoun signifie rassemblement : il faut le rassemblement dans son âme et le rassemblement dans les halakhot de la Torah. Tel est aussi le sens de ce qui est écrit : « Tu rassembleras [veassafta] ton blé, ton vin et ton huile ». Les âmes d'Israël sont appelées « ton blé, ton vin et ton huile » : ce sont trois catégories de degrés parmi les âmes d'Israël, les kohanim, les léviim et les israélim. « Ton blé », ce sont les israélim. Dans le monde matériel, le pain est l'essentiel, car « le pain soutient le cœur de l'homme », et les autres aliments ne sont qu'un complément au pain. De même, parmi les âmes d'Israël, l'essentiel, ce sont les israélim : les kohanim et les léviim aussi sont des israélim, mais ils possèdent en plus la qualité propre aux kohanim et aux léviim. C'est pourquoi les israélim sont appelés « ton blé ». « Ton vin », ce sont les léviim : leur service consiste à dire le chant, et l'on ne dit de chant que sur le vin. « Et ton huile », ce sont les kohanim, dont le service est de l'ordre de l'huile : en silence et dans le désir du cœur. Tel est le sens de « Tu rassembleras ton blé, ton vin et ton huile » : le rassemblement des étincelles dispersées dans les trois catégories d'âmes d'Israël. En outre, « Tu rassembleras ton blé, ton vin et ton huile » désigne aussi le rassemblement qui doit se faire dans la Torah. Car la Torah, elle aussi, est appelée « ton blé, ton vin et ton huile », qui sont ses différents degrés. « Ton blé », c'est la partie révélée de la Torah ; « ton vin », c'est la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah], les secrets de la Torah ; « et ton huile », ce sont les secrets des secrets, comme l'huile qui flotte au-dessus du vin, ainsi que l'explique longuement l'Imrei Bina. Tel est le sens de « Tu rassembleras ton blé », etc. : le rassemblement qui doit se faire dans toutes les parties de la Torah. Et tel est le sens de « Et il adviendra, parce que vous écouterez ces michpatim ». Lorsque se fera le rassemblement des étincelles dispersées de son âme et le rassemblement dans la Torah (d'une manière générale, le service de « vous écouterez, vous garderez et vous accomplirez », qui correspondent à la pensée, à la parole et à l'action), alors seront attirées aussi, d'en haut vers le bas, la pensée, la parole et l'action. Ainsi se réalisera l'union face à face des âmes d'Israël et de l'Or Ein Sof, béni soit-Il.
ג) וְזֶהוּ וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן אֵת הַמִּשְׁפָּטִים הָאֵלֶּה, דְּהִנֵּה, הַתַּרְגּוּם דְּמִשְׁפַּט הוּא הלכתא, שֶׁהוּא עִנְיַן הִלְכוֹת הַתּוֹרָה, וְהַיְינוּ דְּכֵיוָן שֶׁבַּפָּסוּק זֶה מְבָאֵר הַיִּחוּד דנש"י עִם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כַּנִּזְכָּר לְעֵיל, לָכֵן נֶאֱמַר אֵת הַמִּשְׁפָּטִים הָאֵלֶּה, שֶׁהַיִּחוּד הוּא עַל יְדֵי הִלְכוֹת הַתּוֹרָה. וְתִשְׁמְעוּן הַיְנוּ לְשׁוֹן אֲסִיפָה, כְּמוֹ וַיְשַׁמַּע שָׁאוּל וְכוּלֵּי, וְהָעִנְיָן הוּא לְקִבְץוֹלַאסוּף כָּל פְּזוּרֵי נִיצוֹצֵי נַפְשׁוֹ הָאֱלֹקִית שֶׁנִּתְקַשְּׁרָה בִּרְצוֹנוֹת זָרוֹת, עַל יְדֵי רִיבּוּי הַמַּחֲשָׁבוֹת וּפִזּוּר הַנֶּפֶשׁ, דַּהֲגַם דִּכְתִיב וּבֵרַכְךָ הוי' אֱלֹקֶיךָ בְּכֹל אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה דַּוְקָא, שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת הָעֲשִׂיָּה בְּגַשְׁמִיּוּת, מִכָּל מָקוֹם, הַמַּחֲשָׁבָה אֵינָהּ צְרִיכָה לִהְיוֹת שְׁקוּעָה בָּזֶה, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב יְגִיעַ כַּפֶּיךָ כִּי תֹאכֵל, שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת יְגִיעַ כַּפַּיִם בִּלְבַד, אֲבָל לֹא יְגִיעַת הַמּוֹחַ וְהַלֵּב, וְלָכֵן צָרִיךְ לְקַבֵּץ אֶת הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁנִּתְפַּזְּרוּ בְּפִזּוּר הַנֶּפֶשׁ, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב אִם יִהְיֶה נִדַּחֲךָ בִּקְצֵה הַשָּׁמָיִם מִשָּׁם יְקַבֶּצְךָ. וּכְשֵׁם שֶׁצָּרִיךְ לֶאֱסֹף פְּזוּרֵי נִיצוֹצֵי נַפְשׁוֹ, כָּךְ צָרִיךְ לִהְיוֹת הָאֲסִיפָה גַּם בְּהִלְכוֹת הַתּוֹרָה, דְּמִצַּד הַפִּזּוּר שֶׁנַּעֲשָׂה בְּנַפְשׁוֹ, נַעֲשָׂה אֶצְלוֹ הֶעְלֵם וְהֶסְתֵּר גַּם בְּהַתּוֹרָה, שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְבָרֵר וְלִפְסֹק הֲלָכָה לַאֲמִתָּתָהּ, וְעַל זֶה נֶאֱמַר תִּשְׁמְעוּן אֵת הַמִּשְׁפָּטִים, אֵלּוּ הַהֲלָכוֹת, דְּתִשְׁמְעוּן הוּא אֲסִיפָה, שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת הָאֲסִיפָה בְּנַפְשׁוֹ וְהָאֲסִיפָה בְּהִלְכוֹת הַתּוֹרָה. וְזֶהוּ גַּם כֵּן מַה שֶׁכָּתוּב וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ, דנש"י נִקְרָאִים בְּשֵׁם דְגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ, וְהֵם ג' חִלּוּקֵי דְּרָגוֹת בְּנִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל, כֹּהֲנִים לְוִיִּים וְיִשְׂרְאֵלִים. דְגָנֶךָ אֵלּוּ יִשְׂרְאֵלִים, דִּכְמוֹ שֶׁבְּגַשְׁמִיּוּת הֲרֵי הַלֶּחֶם הוּא הָעִיקָּר, דְּלֶחֶם לְבַב אֱנוֹשׁ יִסְעָד, וּשְׁאָר הַמַּאֲכָלִים הֵם רַק תּוֹסָפוֹת עַל הַלֶּחֶם, כְּמוֹ כֵן גַּם בְּנִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל הָעִיקָּר הוּא יִשְׂרְאֵלִים, דְּגַם כֹּהֲנִים וּלְוִיִּים הֵם יִשְׂרְאֵלִים, אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם תּוֹסֶפֶת מַעֲלָה דְּכֹהֲנִים וּלְוִיִּים, וְלָכֵן יִשְׂרְאֵלִים נִקְרָאִים דְגָנֶךָ. תִּירוֹשְׁךָ אֵלּוּ לְוִיִּים, דַּעֲבוֹדַת הַלְּוִיִּים הוּא בַּאֲמִירַת שִׁירָה, וְאֵין אוֹמְרִים שִׁירָה אֶלָּא עַל הַיַּיִן. וְיִצְהָרֶךָ אֵלּוּ כֹּהֲנִים, שֶׁעֲבוֹדָתָם הִיא בִּבְחִינַת שֶׁמֶן, בַּחֲשַׁאי וברעותא דלבא. וְזֶהוּ וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ, שֶׁהוּא עִנְיַן אֲסִיפַת פִּזּוּרֵי הַנִּיצוֹצִים בְּכָל הג' סוּגִים שֶׁבְּנִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל. גַּם פֵּירוּשׁ וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ תִּירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ הוּא עִנְיַן הָאֲסִיפָה שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת בְּהַתּוֹרָה, דְּהַתּוֹרָה נִקְרֵאת גַּם כֵּן בְּשֵׁם דְגָנֶךָ תִּירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ, וְהֵם חִילּוּקֵי הַמַּדְרֵיגוֹת שֶׁיֵּשׁ בַּתּוֹרָה. דְגָנֶךָ הוּא גליא דְּתוֹרָה, תִּירוֹשְׁךָ הוּא פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה, רזין דאורייתא, וְיִצְהָרֶךָ הוּא רזין דְּרָזִין, וּכְמוֹ שֶׁמֶן שֶׁצָּף ע"ג הַיַּיִן, כַּמְבוֹאָר בְּאִמְרֵי בִּינָה בַּאֲרִיכוּת. וְזֶהוּ וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְגוֹמֵר, שֶׁהוּא עִנְיַן הָאֲסִיפָה שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת בְּכָל חֶלְקֵי הַתּוֹרָה. וְזֶהוּ וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן אֵת הַמִּשְׁפָּטִים הָאֵלֶּה, שֶׁכַּאֲשֶׁר יִהְיֶה הָאֲסִיפָה דְּפִזּוּרֵי נִיצוֹצֵי נַפְשׁוֹ וְהָאֲסִיפָה בְּהַתּוֹרָה, וּבִכְלָלוּת הוּא הָעֲבוֹדָה דְּתִשְׁמְעוּן וּשְׁמַרְתֶּם וַעֲשִׂיתֶם שֶׁהֵם מחדומ"ע, עַל יְדֵי זֶה יוּמְשַׁךְ גַּם המחדומ"ע מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, שֶׁיִּהְיֶה יִחוּד פב"פ דנש"י וְאוֹר אֵין סוֹף בָּרוּךְ הוּא.

Chapitre 4 · Un désir plus fort que la raisonד

Toutefois, tout cela concerne le service de la pensée, de la parole et de l'action, tel qu'il procède de la volonté inférieure, celle qui naît de l'intellect. Il en va autrement du service tel qu'il procède de la volonté suprême, c'est-à-dire le service de réouta deliba [le désir profond du cœur], qui est au-delà de la raison et de la compréhension. De manière générale, c'est l'amour « de tout ton pouvoir » [bekhol meodekha], énoncé dans la première section de Kriat Chéma. Or, dans cette section, le passouk « Tu recueilleras ton blé, ton vin nouveau et ton huile » n'est pas mentionné (il procède de la notion de « Quand bien même tes dispersés seraient… »), alors qu'il l'est dans la deuxième section de Kriat Chéma. La raison en est la suivante. Du point de vue de l'amour « de tout ton pouvoir », c'est-à-dire de la notion de « ils font la volonté de l'Omniprésent », il s'agit de l'épanchement de la volonté suprême, qui est au-delà de l'enchaînement des mondes : c'est ce qu'on a rapporté plus haut au nom du Maguid. Du point de vue de l'épanchement de ce degré, le service de « tu recueilleras » n'est pas nécessaire. Il suffit de ce qui est écrit : « Il bénira… ton blé, ton vin nouveau et ton huile », c'est-à-dire qu'il n'y ait en eux aucune dispersion de l'âme dans des volontés étrangères, etc. Cette notion ne relève que de la hichtalchelout. Mais du point de vue de l'amour « de tout ton pouvoir », par lequel on attire la volonté qui est au-delà de la hichtalchelout, elle n'a pas lieu d'être. Telle est la véritable signification de l'alliance de la Torah. La Torah consiste en un épanchement d'en haut vers en bas : l'épanchement de la lumière supérieure telle qu'elle est (sans commune mesure avec les créatures), c'est-à-dire la lumière qui est au-delà de la hichtalchelout. La prière est une élévation d'en bas vers en haut, « tu recueilleras ton blé… ». La Torah, elle, est un épanchement d'en haut vers en bas, l'épanchement de la lumière qui est au-delà de la hichtalchelout. On y parvient par le service préalable de réouta deliba, le degré de « de tout ton pouvoir » : alors, par la Torah, est attirée la lumière qui est au-delà de la hichtalchelout. Telle est la véritable signification de l'alliance de la Torah : la Torah est ce qui relie et unit les âmes d'Israël au degré qui est au-delà de la hichtalchelout.
ד) אָמְנָם כָּל זֶה הוּא בַּעֲבוֹדָה דמחדומ"ע כְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד רָצוֹן הַתַּחְתּוֹן הַנּוֹלָד מֵהַשֵּׂכֶל. אָמְנָם בְּהָעֲבוֹדָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד רָצוֹן הָעֶלְיוֹן, דְּהַיְינוּ הָעֲבוֹדָה דרעו"ד שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת, דְּבִכְלָלוּת הוּא הָאַהֲבָה דִּבְכָל מְאֹדֶךָ שֶׁנֶּאֶמְרָה בפ'רִאשׁוֹנָה דק"ש, הִנֵּה בפ' זוֹ לֹא נִזְכַּר הַפָּסוּק וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ תִּירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ (שֶׁנַּעֲשֶׂה מִצַּד הָעִנְיָן דְּאִם יִהְיֶה נִדַּחֲךָ וְגוֹמֵר) כְּמוֹ בפ' שני' דק"ש, לְפִי שֶׁמִּצַּד הָאַהֲבָה דִּבְכָל מְאֹדֶךָ, שֶׁהוּא עִנְיָן עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם, כַּנִּזְכָּר לְעֵיל בְּשֵׁם הַמַּגִּיד שֶׁהוּא עִנְיַן הַמְשָׁכַת רצה"ע שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, הִנֵּה מִצַּד הַמְשָׁכַת בְּחִינַת זוֹ אֵין צָרִיךְ לִהְיוֹת הָעֲבוֹדָה דִּוְאַסֶּפֶת, כִּי אִם כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב וּבֵרַךְ וְגוֹמֵר דְגָנֶךָ תִּירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ, שֶׁלֹּא יִהְיֶה בָּהֶם בְּחִינַת פִּזּוּר הַנֶּפֶשׁ בִּרְצוֹנוֹת זָרוֹת וְכוּלֵּי, שֶׁעִנְיָן זֶה שַׁיָּיךְ בְּהִשְׁתַּלְשְׁלוּת דַּוְקָא, אֲבָל מִצַּד הָאַהֲבָה דִּבְכָל מְאֹדֶךָ שֶׁמַּמְשִׁיכִים הָרָצוֹן שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, אֵין שַׁיָּיךְ עִנְיָן זֶה. וְזֶהוּ אֲמִיתִּית עִנְיַן הַבְּרִית דְּתוֹרָה, דְּתוֹרָה עִנְיָנָהּ הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, הַיְנוּ הַמְשָׁכַת הָאוֹר עֶלְיוֹן כְּמוֹ שֶׁהוּא (שֶׁלֹּא לְפִי עֵרֶךְ הַנִּבְרָאִים), וְהוּא הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, דִּתְפִלָּה הִיא הַעֲלָאָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְגוֹמֵר, אֲבָל הַתּוֹרָה הִיא הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, הַמְשָׁכַת הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, וְהוּא עַל יְדֵי הַקְדָּמַת הָעֲבוֹדָה דרעו"ד, בְּחִינַת בְּכָל מְאֹדֶךָ, שֶׁאָז נִמְשָׁךְ עַל יְדֵי הַתּוֹרָה הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, וְזֶהוּ אֲמִיתִּית עִנְיַן הַבְּרִית דְּתוֹרָה, שֶׁהַתּוֹרָה הוּא הַמְחַבֵּר וּמְיַחֵד נִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל בְּהַבְחִינַת שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת.

Chapitre 5 · L'alliance coupée en deuxה

La racine de la différence entre ces deux degrés est la suivante. On sait que la conclusion d'une alliance peut se faire de deux manières. La première est celle dont Avraham, notre père, conclut une alliance avec Avimelekh au moyen de sept brebis : tous deux eurent part aux brebis, chacun en possédant une part, et c'est ainsi qu'ils s'unissent. La seconde consiste à prendre une chose entière et à la couper en deux ; ceux qui concluent l'alliance passent alors entre les morceaux. Or, couper une chose en deux semble à première vue le contraire de l'intégrité, une séparation, etc. Mais en vérité, c'est là l'union véritable : chacun, à lui seul, n'est que la moitié d'une chose et n'a aucune existence sans l'autre. On comprendra de la même manière ce qui se passe en haut. L'alliance de la Torah, au degré du service de « Tu recueilleras ton blé… », produit certes un épanchement de la lumière. Elle reste néanmoins une existence à part entière. La Torah qui vient après le service préalable de réouta deliba et de la téchouva se situe en revanche à un niveau plus élevé, car la téchouva est elle aussi une alliance, comme il est écrit : « pour te faire entrer dans l'alliance de Hachem ton D.ieu ». Elle n'est aucune existence par elle-même, etc., et c'est par là qu'est attirée la lumière qui est au-delà de la hichtalchelout. Cela permet aussi de comprendre l'alliance conclue à Roch Hachana, comme il est écrit : « Vous vous tenez aujourd'hui… pour te faire entrer dans l'alliance ». À première vue, ce n'est pas compréhensible : toute l'année aussi, une alliance est conclue entre la lumière infinie et les âmes d'Israël. En quoi consiste donc l'alliance de Roch Hachana ? Voici l'explication. L'alliance de toute l'année est à l'image de celle des sept brebis. Mais à Roch Hachana, il s'agit du service de la téchouva, où l'on n'est aucune existence par soi-même, etc. C'est l'union avec l'Or Ein Sof lui-même, le Maître de la volonté.
ה) וְשֹׁרֶשׁ הַהֶפְרֵשׁ בֵּין ב' בְּחִינַת אֵלּוּ, הִנֵּה יָדוּעַ שֶׁבְּעִנְיַן כר"ב יֶשְׁנָם ב' אוֹפַנִּים. אוֹפֶן א' הוּא כְּמוֹ שֶׁכָּרַת אַבְרָהָם אָבִינוּ עִם אֲבִימֶלֶךְ עַל יְדֵי שֶׁבַע כְּבָשׂוֹת, שֶׁשְּׁנֵיהֶם נִשְׁתַּתְּפוּ בְּהַכְּבָשׂוֹת, שֶׁלְּכָל אֶחָד מֵהֶם הָיָה חֵלֶק בָּזֶה, וְעַל יְדֵי זֶה הֵם מִתְיַחֲדִים. וְאוֹפֶן הב' הוּא, שֶׁלּוֹקְחִים דָּבָר א' שָׁלֵם וְחוֹתְכִים לִשְׁנַיִם וְהַכּוֹרְתִים אֶת הַבְּרִית עוֹבְרִים בֵּין הַבְּתָרִים. וְהִנֵּה, כַּאֲשֶׁר חוֹתְכִים דָּבָר א' לִשְׁנַיִם הֲרֵי זֶה לִכְאוֹרָה הֵיפֶךְ הַשְּׁלֵימוּת וּפִירוּד וְכוּלֵּי, אַךְ בֶּאֱמֶת הִנֵּה זֶהוּ אֲמִיתִּית הַיִּחוּד, הַיְנוּ שֶׁכָּל אֶחָד לְעַצְמוֹ הוּא רַק חֲצִי דָּבָר, וְאֵינוֹ שׁוּם מְצִיאוּת מִבַּלְעֲדֵי הַשֵּׁנִי. וְעַל דֶּרֶךְ זֶה יוּבַן גַּם לְמַעְלָה, שֶׁבְּחִינַת הַבְּרִית דְּתוֹרָה בְּהָעֲבוֹדָה דִּוְאִסְפֶּת דְגָנֶךָ וְגוֹמֵר, הִנֵּה אַף שֶׁנַּעֲשָׂה עַל יְדֵי זֶה הַמְשָׁכַת הָאוֹר, מִכָּל מָקוֹם הֲרֵי הוּא מְצִיאוּת לְעַצְמוֹ. אָמְנָם הַתּוֹרָה שֶׁאַחֲרֵי הַקְדָּמַת הָעֲבוֹדָה דרעו"ד וּתְשׁוּבָה, דִּתְשׁוּבָה הוּא גַּם כֵּן בְּרִית, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב לְעָבְרְךָ בִּבְרִית ה"א, הֲרֵי זֶה בְּאוֹפֶן נַעֲלֶה יוֹתֵר, שֶׁאֵינוֹ שׁוּם מְצִיאוּת לְעַצְמוֹ וְכוּלֵּי, וְעַל יְדֵי זֶה הוּא הַמְשָׁכַת הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת. וּבָזֶה יוּבַן גַּם כֵּן בְּעִנְיַן הכר"ב דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב אַתֶּם נִצָּבִים הַיּוֹם וְגוֹמֵר לְעָבְרְךָ בִּבְרִית, דְּלִכְאוֹרָה אֵינוֹ מוּבָן, הֲרֵי גַּם בְּכָל הַשָּׁנָה יֵשׁ כר"ב דאוא"ס וּנְשָׁמוֹת יִשְׂרָאֵל, וּמַהוּא עִנְיַן הכר"ב דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה. אַךְ הָעִנְיָן הוּא, שהכר"ב דְּכָל הַשָּׁנָה הִיא עַל דֶּרֶךְ הכר"ב דְּשֶׁבַע כְּבָשׂוֹת, אָמְנָם בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה הוּא הָעֲבוֹדָה דִּתְשׁוּבָה, שֶׁאֵינוֹ שׁוּם מְצִיאוּת לְעַצְמוֹ וְכוּלֵּי, וְהוּא הַיִּחוּד בְּאוֹר אֵין סוֹף עַצְמוֹ בַּעַל הָרָצוֹן.

Chapitre 6 · Les mitsvot légères comme les gravesו

Cela permet également de comprendre ce que Rachi explique sur le passouk « Et ce sera, parce que [ékev] vous écouterez » : « Si les mitsvot légères, que l'homme foule de ses talons, vous les écoutez. » Cela rejoint ce qui est écrit dans le Zohar sur le passouk « Pourquoi craindrais-je aux jours de malheur ? La faute de mes talons m'environne » : il s'agit des transgressions légères que l'homme foule de ses talons. En effet, à propos de Yaakov il est écrit : « et sa main tenait le talon [ékev] d'Essav ». Le nom de Yaakov s'interprète en effet youd-ékev [un youd et un talon] : il illumine tous les degrés jusqu'au niveau des talons. C'est la vigilance en toutes choses, même dans la plus légère des choses légères : voilà ce qu'est youd-ékev. La racine de l'épanchement de Yaakov, youd-ékev, qui le rend vigilant même dans la plus légère des choses légères, se trouve dans ce qui est écrit : « La voix [hakol] est la voix [kol] de Yaakov ». La première voix est écrite sans vav [défective], la seconde avec un vav [pleine]. La seconde voix, pleine, est la Torah. La première voix, défective, est « la voix qui ne s'entend pas » : c'est le service de réouta deliba. Et lorsque « la voix est la voix », la première voix avec la seconde, c'est-à-dire la Torah qui vient après le service de réouta deliba, alors existe la notion de Yaakov, youd-ékev : la vigilance même dans la plus légère des choses légères. Autrement dit, lorsque le service d'un homme suit la raison et la compréhension, il fait une distinction entre la plus légère des choses légères et la plus grave des choses graves. Mais lorsqu'il y a en lui l'épanchement de la Torah, après le service préalable de réouta deliba, qui est au-delà de la raison et de la compréhension, il ne fait plus aucune distinction entre les choses légères et les choses graves. C'est le sens de « la voix est la voix de Yaakov ». Et lorsque « la voix est la voix de Yaakov », alors « les mains, mains d'Essav » ne dominent pas. C'est ce que dit le passouk : « Pourquoi craindrais-je aux jours de malheur ? La faute de mes talons m'environne » : parce que fait défaut le degré de Yaakov, youd-ékev, et que « sa main tenait », etc. C'est aussi pourquoi Rachi explique, sur le passouk « Et ce sera, parce que vous écouterez » : « Si les mitsvot légères, que l'homme foule de ses talons… » Ce passouk expose en effet l'épanchement qui est au-delà de la hichtalchelout, obtenu par la Torah qui vient après le service préalable de réouta deliba. Rachi explique donc qu'il faut être vigilant même dans les mitsvot légères. C'est le signe que son service est au-delà de la raison et de la compréhension, puisqu'il est aussi vigilant pour les légères que pour les graves. Et puisque son service est au-delà de la raison et de la compréhension, alors « Hachem ton D.ieu te gardera l'alliance, la bonté » et le serment : la lumière qui est au-delà de la hichtalchelout sera attirée.
ו) וּבָזֶה יוּבַן גַּם כֵּן מַה שפירש"י עַל פִּי וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן, אִם הַמִּצְווֹת קַלּוֹת שֶׁהָאָדָם דָּשׁ בַּעֲקֵבָיו תִּשְׁמְעוּן. וְעִנְיָן זֶה הוּא כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בַּזֹּהַר עַל פִּי לָמָּה אִירָא בְּיָמִירַע עֲוֹן עֲקֵבַי יְסֻבֵּנִי, שֶׁהוּא עִנְיַן הָעֲבֵירוֹת קַלּוֹת שֶׁהָאָדָם דָּשׁ בַּעֲקֵבָיו. דְּהִנֵּה, בְּיַעֲקֹב כְּתִיב וְיָדוֹ אֹחֶזֶת בַּעֲקֵב עֵשָׂו, דְּיַעֲקֹב פֵּירוּשׁוֹ יו' ד עֵקֶב, שֶׁהוּא מֵאִיר בְּכָל הַמַּדְרֵיגוֹת עַד בְּחִינַת הָעִקְבִיִּים, וְהוּא עִנְיַן הַזְּהִירוּת בְּכָל הָעִנְיָנִים, גַּם בְּקַלּוֹת שֶׁבְּקַלּוֹת, שֶׁזֶּהוּ יו' ד עֵקֶב. וְשֹׁרֶשׁ הַהַמְשָׁכָה דְּיַעֲקֹב יו' ד עֵקֶב, שֶׁתִּהְיֶה בּוֹ הַזְּהִירוּת גַּם בְּקַלּוֹת שֶׁבְּקַלּוֹת, הוּא כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב, קָלָא קַדְמָאָה חָסֵר וקלא בָּתְרָאָה מָלֵא, קָלָא בָּתְרָאָה מָלֵא הוּא הַתּוֹרָה, וקלא קַדְמָאָה חָסֵר הוּא קָלָא דלא אִשְׁתְּמַע, וְהוּא עִנְיַן הָעֲבוֹדָה דרעו"ד. וְכַאֲשֶׁר הַקֹּל קוֹל, קָלָא קַדְמָאָה וקלא בָּתְרָאָה, וְהוּא הַתּוֹרָה שֶׁאַחֲרֵי הָעֲבוֹדָה דרעו"ד, אֲזַי יֶשְׁנוֹ הָעִנְיָן דְּיַעֲקֹב, יו' ד עֵקֶב, שֶׁהוּא עִנְיַן הַזְּהִירוּת גַּם בְּקַלּוֹת שֶׁבְּקַלּוֹת. וְהַיְינוּ שֶׁכַּאֲשֶׁר עֲבוֹדָתוֹ הִיא עַל פִּי טַעַם וָדַעַת, אֲזַי יֵשׁ חִילּוּק בֵּין קַלּוֹת שֶׁבְּקַלּוֹת וַחֲמוּרוֹת שֶׁבַּחֲמוּרוֹת, אֲבָל כַּאֲשֶׁר יֵשׁ בּוֹ הַהַמְשָׁכָה דְּתוֹרָה אַחֲרֵי הַקְדָּמַת הָעֲבוֹדָה דרעו"ד שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת, אֲזַי אֵין חִילּוּק כְּלָל בֵּין קַלּוֹת וַחֲמוּרוֹת, וְזֶהוּ הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב, וְכַאֲשֶׁר הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב אֲזַי אֵין הַיָּדַיִם יְדֵי עֵשָׂו שׁוֹלְטוֹת. וְזֶהוּ שֶׁכָּתוּב לָמָּה אִירָא בִּימֵי רָע עֲוֹן עֲקֵבַי יְסוּבֵּנִי, לְפִי שֶׁחָסֵר בְּחִינַת יַעֲקֹב יו' ד עֵקֶב, וְיָדוֹ אוֹחֶזֶת וְכוּלֵּי. וְזֶהוּ מַה שפירש"י עַל פִּי וְהָיָה עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן, אִם הַמִּצְווֹת קַלּוֹת שֶׁהָאָדָם דָּשׁ בַּעֲקֵבָיו, לְפִי שֶׁפָּסוּק זֶה מְבָאֵר עִנְיַן הַהַמְשָׁכָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁהוּא עַל יְדֵי הַתּוֹרָה שֶׁאַחֲרֵי הַקְדָּמַת הָעֲבוֹדָה דרעו"ד, וְלָכֵן פירש"י שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת הַזְּהִירוּת גַּם בְּמִצְווֹת קַלּוֹת, שֶׁזֶּהוּ הוֹרָאָה שֶׁעֲבוֹדָתוֹ הִיא לְמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת שֶׁלָּכֵן נִזְהָר בְּקַלּוֹת כְּמוֹ בַּחֲמוּרוֹת. וְכֵיוָן שֶׁעֲבוֹדָתוֹ הִיא לְמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת, אֲזַי וְשָׁמַר ה"א לְךָ אֶת הַבְּרִית וְאֶת הַחֶסֶד וְאֶת הַשְּׁבוּעָה, שֶׁיּוּמְשַׁךְ הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת.

Chapitre 7 · La prière monte, la Torah descendז

Or, ces deux modes dans la avoda, le service de « la voix, c'est la voix [de Yaakov] », à savoir la prière et la Torah, correspondent au service qui procède de bas en haut et à celui qui procède de haut en bas, comme cela est longuement expliqué en plusieurs endroits. Et puisque, dans la sainteté, tout s'inclut et s'unifie, le service de la prière lui-même comporte lui aussi ces deux modes : le service de la nuit et le service du jour. On peut dire que telle est aussi la différence entre le service « de tout ton cœur et de toute ton âme » et le service « de tout ton pouvoir [bekhol meodekha] ». Et dans le service « de tout ton pouvoir » lui-même, on retrouve ces deux modes, car « de tout ton pouvoir » comporte le degré de la volonté [ratson] et le degré du délice [taanoug]. De même, la Torah elle-même comporte les deux modes : ce sont la Torah écrite et la Torah orale, comme cela est expliqué ailleurs. Par ces deux modes de notre service, pendant toute la durée de la galout, il y aura dans le futur à venir les deux modes de choham et de yachfé. Car maintenant, au temps de la galout, tout est dans le voilement : l'élévation qui s'opère dans le monde comme l'épanchement de la lumière dans le monde sont voilés. Dans le futur à venir se révélera ce que l'on a accompli par le service au temps de la galout : « Je ferai [tes créneaux] de kadkod », choham et yachfé, « qu'il en soit ainsi et ainsi ».
ז) וְהִנֵּה ב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ בַּעֲבוֹדָה, הָעֲבוֹדָה דְּהַקֹּל קוֹל, תְּפִלָּה וְתוֹרָה, הוּא הָעֲבוֹדָה שֶׁבְּדֶרֶךְ מלמטלמ"ע וּבְדֶרֶךְ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, וְכַמְבֹאָר בַּאֲרֻכָּה בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת. וְלִהְיוֹת דְּבִקְדֻשָּׁה הוּא הִתְכַּלְּלוּת וְהִתְאַחְדּוּת, הֲרֵי גַּם בַּעֲבוֹדַת הַתְּפִלָּה עַצְמָהּ יֶשְׁנָם ב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ, עֲבוֹדַת הַלַּיְלָה וַעֲבוֹדַת הַיּוֹם. וְיֵשׁ לוֹמַר שֶׁעַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא גַּם כֵּן הַחִילּוּק דְּהָעֲבוֹדָה דִּבְכָל לְבָבְךָ וּבְכָל נַפְשְׁךָ וְהָעֲבוֹדָה דִּבְכָל מְאֹדֶךָ, וְגַם בְּהָעֲבוֹדָה דִּבְכָל מְאֹדֶךָ יֶשְׁנָם ב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ, דִּבְכָל מְאֹדֶךָ יֵשׁ בְּחִינַת רָצוֹן וּבְחִינַת תַּעֲנוּג. וְכֵן בַּתּוֹרָה עַצְמָהּ יֶשְׁנָם ב' הָאוֹפַנִּים, וְהֵם תושב"כ ותושבע"פ, כַּמְבוֹאָר בְּמָקוֹם אַחֵר. וְעַל יְדֵי ב' אוֹפַנִּים אֵלּוּ בַּעֲבוֹדָתֵינוּ בִּזְמַן מֶשֶׁךְ הַגָּלוּת, יִהְיוּ לֶעָתִיד לָבוֹא ב' הָאוֹפַנִּים דְּשֹׁהַם וְיָשְׁפֵה. כִּי עַכְשָׁיו בִּזְמַן הַגָּלוּת הוּא בְּהֶעְלֵם, דְּבֵין הָעֲלִיָּה שֶׁנַּעֲשָׂה בְּהָעוֹלָם וּבֵין הַמְשָׁכַת הָאוֹר שֶׁבָּעוֹלָם הוּא בְּהֶעְלֵם, וְלֶעָתִיד לָבוֹא יִתְגַּלֶּה זֶה שֶׁפָּעֲלוּ בְּהָעֲבוֹדָה בִּזְמַן הַגָּלוּת, וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שֹׁהַם וְיָשְׁפֵה, ולהוי כְּדִין וכדין.