Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5742. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5742. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte
5742 [1981-1982]
כִּימֵי צֵאתְךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם
תשמ"ב
Discours commençant par « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles »
« Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles. » On connaît la précision que relève ici le Zohar (elle est rapportée dans les discours des Rebbeïm précédents) : il est écrit « comme aux jours », au pluriel. Or la sortie d'Égypte eut lieu en un seul jour. De même, pour le souvenir de la sortie d'Égypte, il est écrit : « Souviens-toi de ce jour où vous êtes sortis d'Égypte », et « afin que tu te souviennes du jour de ta sortie du pays d'Égypte ». Pourquoi donc est-il dit « comme aux jours », au pluriel ?
Il faut aussi comprendre le contenu du passouk « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles ». Son sens simple est le suivant : la guéoula qui doit venir, bientôt et vraiment de nos jours, par Machia'h notre juste, se fera sur le mode de « Je lui montrerai des merveilles », comme ce fut le cas lors de la guéoula de la sortie d'Égypte. Or cela ne se comprend pas. De très nombreux pessoukim et paroles de nos Sages, de mémoire bénie, expliquent en effet que seule la guéoula future sera une guéoula complète, qu'aucune galout ne suivra, ce qui n'est pas le cas de la guéoula de la sortie d'Égypte. La guéoula future sera donc bien plus élevée que la guéoula de la sortie d'Égypte. C'est pourquoi, selon une opinion, on ne mentionne pas la sortie d'Égypte aux jours de Machia'h ; et même selon l'opinion qui la mentionne aux jours de Machia'h, il faut pour cela un enseignement particulier. Que signifie alors « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles », puisque la grandeur de la guéoula future consiste en ce que, même alors, il y aura « Je lui montrerai des merveilles », comme il y en eut lors de la sortie d'Égypte ?
Bien plus, la formulation du passouk « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles » laisse entendre que les merveilles survenues aux jours de ta sortie du pays d'Égypte sont le commencement et la racine des merveilles mêmes qui se produiront lors de la guéoula future. On en déduit que la guéoula de la sortie d'Égypte possède une supériorité sur la guéoula future.
Le point central de l'explication : ce passouk (« Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles ») admet deux interprétations. Première interprétation : la guéoula future sera semblable à la guéoula de la sortie d'Égypte, en ce qu'alors aussi il y aura « Je lui montrerai des merveilles », comme lors de la guéoula de la sortie d'Égypte.
Seconde interprétation : les merveilles de la guéoula future seront des merveilles même au regard des merveilles survenues aux jours de ta sortie du pays d'Égypte. Autrement dit, bien que, d'une manière générale, les merveilles de la guéoula future ressemblent à celles de la guéoula d'Égypte (selon le sens simple), les merveilles du futur auront néanmoins une supériorité, au point d'être des merveilles même au regard des merveilles de la sortie d'Égypte.
L'explication, dans la langue de la Kabbalah, de la supériorité des merveilles à venir sur celles de la sortie d'Égypte est la suivante. On sait que, lors de la sortie d'Égypte, il fallut faire sortir Israël des quarante-neuf portes du côté opposé [le'oumat zé]. C'est pourquoi, aussitôt après la sortie d'Égypte, commencent les jours du compte de l'Omer : chaque jour du compte, on sort d'une porte du côté opposé. Cela (la sortie des portes du côté opposé) se fit par l'épanchement des cinquante portes de Bina. C'est aussi pourquoi la Torah mentionne la sortie d'Égypte cinquante fois, en correspondance avec les cinquante portes de Bina.
Or, on sait que les cinquante portes de Bina comportent plusieurs degrés. Il y a les cinquante portes de Bina telles qu'elles s'épanchent dans Malkhout : c'est ce qui, du côté du Yovel [jubilé] (Bina), s'épanche dans Malkhout. À un degré supérieur, elles sont en leur lieu, dans Bina. Plus haut encore, elles sont incluses dans la cinquantième porte, au degré du Kéter (et dans le Kéter lui-même, au degré d'Atik).
C'est ce qui explique que les révélations du futur à venir seront des merveilles même au regard des merveilles de la sortie d'Égypte. Les cinquante portes de Bina épanchées lors de la sortie d'Égypte sont en effet les portes du degré de Bina (et cela même, telles qu'elles s'épanchent par le degré de Malkhout), tandis qu'à l'avenir, les cinquante portes de Bina s'épancheront telles qu'elles sont dans le Kéter. Bien plus, dans le Kéter lui-même, l'épanchement viendra alors du degré d'Atik, et dans Atik lui-même, du degré de l'intériorité d'Atik. Ainsi qu'il est écrit au sujet de Machia'h : « Voici, Mon serviteur agira avec sagesse, il sera élevé, exalté et très [meod] haut. » « Très » (qui est écrit au sujet de Machia'h) correspond au degré de l'intériorité d'Atik. Selon les termes du Peri Ets 'Haïm, tous les épanchements actuels ne viennent que du degré de l'extériorité d'Atik, tandis qu'à l'avenir, il y aura épanchement et révélation du degré de l'intériorité d'Atik.
Néanmoins, le passouk compare les merveilles de la guéoula future aux merveilles de la sortie d'Égypte, selon son sens simple : lors de la guéoula future, il y aura « Je lui montrerai des merveilles », comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte. Car lors de la sortie d'Égypte aussi, il y eut des révélations extrêmement élevées. C'est ce qu'explique le Hemchekh 5672 [1911-1912] à propos de « Le Roi des rois des rois, HaKadoch Barou'h Hou, Se révéla à eux dans Sa gloire et en Lui-même » : « dans Sa gloire » et « en Lui-même » sont des degrés extrêmement élevés. Mais lors de la sortie d'Égypte, ce degré se révéla en se revêtant du degré de Malkhout, « et Hachem passera par-dessus l'entrée [péta'h] », l'entrée étant le degré de Malkhout. Dans le futur à venir, en revanche, cela se dévoilera sans aucun vêtement, ainsi qu'il est écrit : « Et ton Maître ne se voilera plus. »
Cependant, d'après cela, il faut comprendre ce que dit le passouk : « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles ». Pourquoi le passouk compare-t-il les merveilles de la guéoula future à celles qui eurent lieu aux jours de ta sortie du pays d'Égypte ?
Et c'est d'autant moins compréhensible selon l'opinion qui veut que l'on mentionne la sortie d'Égypte même aux jours de Machia'h. À première vue en effet, les révélations du futur seront bien plus élevées que celles qui eurent lieu lors de la sortie d'Égypte. Pourquoi alors mentionnerait-on encore la sortie d'Égypte à cette époque ?
L'explication en est connue (comme il est exposé dans le maamar commençant par « Kimei tsetekha » de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour). Lors de la guéoula d'Égypte fut introduite pour la première fois la notion même de guéoula dans son ensemble, et le canal fut ouvert pour toutes les délivrances (des galouyot qui suivirent la galout d'Égypte), y compris pour la guéoula future, bien que celle-ci doive être une guéoula plus élevée.
C'est à l'image de ce que l'on sait : la sortie d'Égypte fut une préparation à Matan Torah [le don de la Torah], comme le dit le passouk : « Quand tu feras sortir le peuple d'Égypte, vous servirez D.ieu sur cette montagne ». L'essentiel de la guéoula et de la liberté eut lieu précisément au moment de Matan Torah. En effet, avant Matan Torah, le décret était encore en vigueur selon lequel « ceux d'en haut ne descendront pas vers ceux d'en bas, et ceux d'en bas ne monteront pas vers ceux d'en haut ». On comprend donc que jusqu'à Matan Torah (même après la sortie d'Égypte), il n'y avait pas encore de guéoula ni de liberté véritables pour ceux d'en bas. Et pourtant, au moment de la guéoula de la sortie d'Égypte, la force fut donnée aussi pour la guéoula (l'annulation du décret) qui s'accomplit à Matan Torah.
De même, en ce qui concerne la guéoula future, la force fut donnée dans la guéoula de la sortie d'Égypte aussi pour la guéoula future. En effet, au moment de Matan Torah, il y eut déjà un reflet [héb. méein] de la révélation du futur. Mais au moment de Matan Torah, la révélation ne fut que passagère, alors qu'au futur elle sera permanente et éternelle. Car la révélation ne viendra pas alors seulement d'en haut, comme au moment de Matan Torah, mais aussi d'en bas. Les créatures seront alors parvenues à l'achèvement du birour [tri] et de l'affinement [zikoukh], et elles seront des récipients [kelim] pour la révélation de la Divinité, capables de saisir la connaissance de leur Créateur selon la capacité de l'homme. Cela devient un « lieu parfait » [atar chelim] pour la résidence de la lumière infinie [Or Ein Sof], qui est au-delà de la capacité de l'homme.
C'est aussi le sens de ce que dit le passouk : « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte », « jours » au pluriel. Tous les jours, depuis ceux de la première guéoula de la galout d'Égypte, jusqu'à la guéoula future, bientôt et de nos jours, sont des « jours de ta sortie du pays d'Égypte », comme l'explique le maamar cité. Autrement dit, lors de la sortie d'Égypte, le canal fut ouvert aussi pour la guéoula future, et cela se fait selon l'ordre suivant : chaque jour (depuis la sortie d'Égypte jusqu'à la guéoula future), la sortie d'Égypte s'accomplit d'une manière plus élevée, jusqu'à atteindre l'élévation ultime lors de la guéoula future.
Voici de quoi il s'agit. Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « En chaque génération et chaque jour, l'homme doit se voir comme s'il était lui-même sorti aujourd'hui d'Égypte. » Chaque jour en effet doit avoir lieu la sortie d'Égypte, et en particulier au moment de la Kriat Chéma. L'Admour Hazakène écrit ainsi que si l'on a institué la section de la sortie d'Égypte précisément au moment de la Kriat Chéma, c'est parce qu'elles (la Kriat Chéma et la sortie d'Égypte) sont une seule et même chose. Cela (le fait que la Kriat Chéma doit comporter le service de la sortie d'Égypte) vaut aussi pour la Kriat Chéma de l'office du soir [arvit]. Le Rambam écrit en ce sens que si l'on lit la section des tsitsit aussi dans la Kriat Chéma du soir, bien que la mitsva des tsitsit ne s'applique pas la nuit, c'est parce que cette section contient le rappel de la sortie d'Égypte.
Tel est le sens de « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte », « jours » au pluriel, bien que la sortie d'Égypte ait eu lieu en un seul jour. Parce que l'on mentionne chaque jour la sortie d'Égypte (qui eut lieu, la première fois, en un seul jour), les « jours de ta sortie du pays d'Égypte » deviennent des « jours » au pluriel. Chaque jour, on sort de détroits [meitsarim] et de limites plus élevés, et l'on s'installe dans un état de « tu te répandras » [oufaratsta], au-delà de la mesure et de la limitation, jusqu'à parvenir à ce « tu te répandras » dans sa perfection ultime, lors de la guéoula véritable et complète, par Machia'h, notre juste, dont le passouk dit : « Celui qui ouvre la brèche monte devant eux ».
C'est là le sens de ce que Machia'h est fils de David. Et le signe distinctif de Machia'h est, lui aussi, qu'il « médite la Torah et s'occupe des mitsvot comme David son père, etc. » et « mène les guerres de Hachem ». Car David descend de Pérets, dont il est dit : « Quelle brèche [parats] tu as ouverte pour toi ! » Pérets : la percée de toutes les clôtures, de toutes les mesures et de toutes les limitations.
Or, cet ordre de la guéoula [délivrance] [qui commence par la sortie d'Égypte au sens simple, jusqu'à ce que l'on parvienne, par le service du rappel quotidien de la sortie d'Égypte, à la guéoula complète, par « Celui qui ouvre la brèche montera devant nous »] trouve son équivalent chaque jour.
En effet, au début de la journée, avant la prière, l'homme se trouve en Égypte, dans les étroitesses [meitsarim] et les limites du corps. C'est ce que dit le verset [passouk] : « Écartez-vous de l'homme, dont le souffle [Nechama] est dans ses narines, car à quoi [bamé] est-il estimé ? » Ne lis pas bamé [à quoi], mais bama [haut-lieu]. Au début de la journée, en effet, la Nechama n'est que « dans ses narines » et ne se répand pas dans le corps. C'est pourquoi l'homme est alors considéré comme une bama : c'est la pleine force des étroitesses et des limites de la matérialité du corps.
C'est pourquoi le début du service se situe au degré d'itkafia [soumission] : l'homme domine la matérialité du corps et la Néféch habéhamit, ainsi que le côté opposé [le'oumat zé], au point d'obtenir que le corps et la Néféch habéhamit, eux aussi, répondent Amen malgré eux et l'aident à servir Hachem. Mais cela aussi ne se fait encore que sur le mode de l'itkafia.
Ensuite, il parvient au degré d'it'hapkha [transformation]. Et dans ce degré même, il en est d'abord à « mon cœur est vide en moi ». Puis il atteint « Tu aimeras Hachem, ton D.ieu, de tout ton cœur [levavekha] », c'est-à-dire avec tes deux penchants : le mauvais penchant lui-même se transforme en bien. C'est à l'image d'une téchouva complète (la téchouva par amour), par laquelle les fautes délibérées deviennent comme des mérites, et jusqu'à devenir de véritables mérites.
Car ces deux dimensions de chaque jour (itkafia et it'hapkha) sont à l'image de la guéoula de la sortie d'Égypte et de la guéoula future. Au sujet de la sortie d'Égypte, le passouk dit : « car le peuple s'était enfui ». Le mal était dans toute sa force, et il fallait fuir le mal : c'est le degré d'itkafia.
Et dans l'avenir, il y aura : « Et l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre » (à l'image de « mon cœur est vide en moi »). Plus encore, le mal lui-même se transformera en bien (à l'image de « de tout ton cœur, avec tes deux penchants »), comme le dit le passouk : « Alors Je donnerai aux peuples une langue claire, pour qu'ils invoquent tous le Nom de Hachem et Le servent d'un commun accord [litt. : « d'une seule épaule »] ». Les peuples eux-mêmes se transformeront pour Le servir, béni soit-Il, et « des étrangers se tiendront là et feront paître vos troupeaux ».
Il en sera de même pour les animaux : « Je ferai cesser [hichbati] la bête mauvaise de la terre », c'est-à-dire qu'Il les fera cesser de nuire. Car même si, alors aussi, les bêtes sauvages existeront, elles ne nuiront pas. Bien plus, elles aideront au service de Hachem et Le serviront, comme le dit le passouk : « Le loup séjournera avec l'agneau [kevès], etc., et le lion, comme le bœuf [bakar], etc. » : on tirera profit du loup comme d'un mekhabech, et du lion comme d'un mevaker. Au point que même le serpent (péten, tsif'oni) sera un « grand serviteur » [chamach gadol]. Non seulement le serpent, lui aussi, servira au service de Hachem, mais plus encore, son service se fera sur un mode de grandeur : un « grand serviteur ».
Or, bien que l'aspect d'it'hapkha soit, de manière générale, beaucoup plus élevé que celui d'itkafia, l'aspect d'itkafia possède néanmoins, lui aussi, une supériorité par rapport à celui d'it'hapkha. On le comprend d'après ce qui est dit dans le Tanya : la notion de « celui qui sert D.ieu » [oved Elokim] ne s'applique précisément que lorsqu'on contraint et transforme sa propre nature, et cette supériorité n'existe pas chez le tsadik parfait. C'est précisément par le service d'itkafia que « s'élève [istalek] la gloire de HaKadoch Barou'h Hou dans tous les mondes », c'est-à-dire que s'opère l'épanchement et la révélation de la lumière qui relève de l'élévation [romemout],
Comme il est expliqué longuement dans la série de maamarim [hemchekh] du jour de la hilloula, on donne à ce sujet la parabole d'un roi de chair et de sang qui, pour remporter la victoire dans la guerre, dilapide tous ses trésors. En temps ordinaire, non seulement il ne s'en sert pour rien, mais ils restent cachés et scellés à l'œil de quiconque. C'est précisément au temps de la guerre que non seulement il ouvre tous les trésors, mais, plus encore, il les dilapide sans aucune mesure ni limite et les donne aux soldats, afin de gagner la guerre.
L'équivalent de cela en haut : il existe un aspect de trésor caché et scellé à l'œil de quiconque, « aucun œil ne l'a vu, ô D.ieu, hormis Toi ». Pour gagner la guerre contre le yétser, c'est-à-dire par le service d'itkafia, on donne aussi ce trésor, et on le dilapide [bizbouz]. Ce trésor est donné précisément aux simples soldats : leur service s'accomplit avec mesirout néfech [don total de soi], au-delà de la mesure et de la limite de l'intellect, c'est pourquoi le trésor leur est donné, lui aussi, sur le mode de la dilapidation, au-delà de toute mesure et de toute limite.
Cela permet de comprendre pourquoi l'on mentionnera la sortie d'Égypte même dans le temps à venir [le'atid lavo], bien que les révélations du temps à venir soient plus élevées (des « merveilles ») que celles qui eurent lieu lors de la sortie d'Égypte. L'épanchement de l'aspect du trésor n'a lieu que pour remporter la victoire dans la guerre. Or, dans le temps à venir, il n'y aura plus aucune guerre contre le yétser, puisque « l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre ». C'est pourquoi on mentionnera alors aussi la sortie d'Égypte : afin que soit présente également la supériorité propre à l'itkafia, c'est-à-dire l'épanchement de l'aspect du trésor. Et cet épanchement aussi se fera alors dans la plénitude de la révélation (comme tout ce qui concerne le temps à venir), « et ton Maître ne se dérobera plus ».
Tel est le sens de « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles » : dans la guéoula future, les deux supériorités seront présentes, celle de l'itkafia, « comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte », et celle de l'it'hapkha, « Je lui montrerai des merveilles ».
C'est par nos actes et notre service au temps de la galout que l'on sort de la galout. L'ensemble du service de ce temps s'accomplit sur le mode de la mesirout néfech, au-delà de la mesure et de la limite : au temps de la galout, et en particulier à l'époque des talons du Machia'h [ikveta dimchi'ha], se dressent des obstacles, des entraves et de nombreuses épreuves, jusqu'à l'épreuve de ne pas avoir honte devant les gens qui se moquent de lui. Malgré cela, on ne tient compte d'aucun obstacle, on étudie la Torah et on accomplit les mitsvot sans aucun calcul, au point que même « ceux qui sont vides parmi toi sont remplis de mitsvot comme une grenade » : non seulement ils accomplissent des mitsvot, mais ils en sont remplis.
Par là, on sort de la galout avec de « grandes richesses » de mitsvot et de grandes richesses de Torah [car l'étude de la Torah est elle aussi une mitsva, et elle équivaut même à toutes les mitsvot réunies]. Ces grandes richesses de Torah et de mitsvot ajoutent au mérite, et accélèrent donc aussi le « Je la hâterai », sur le mode de « voici, avec les nuées du ciel ». Ainsi viendra très bientôt, réellement, la guéoula véritable et complète, sur le mode de « comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles », c'est-à-dire avec les deux supériorités.
Puisque la guéoula vient de nos actes et de notre service au temps de la galout, et en particulier à l'époque des talons du Machia'h, elle sera donc « comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte », avec la supériorité de l'itkafia. En même temps, il y aura aussi « Je lui montrerai des merveilles » : des merveilles même au regard des merveilles (signes et prodiges) de la sortie d'Égypte, y compris celles qui eurent lieu lors de l'ouverture de la mer des Joncs [keriat Yam Souf]. Lors de l'ouverture de la mer, il y eut certes des révélations extrêmement élevées : chacun montrait du doigt et disait « Voici mon D.ieu, je Le glorifierai », au point qu'une servante a vu sur la mer ce que les prophètes n'ont pas vu. Pourtant, tout cela était « sur la mer », revêtu dans l'aspect de Malkhout [à l'instar de la révélation de la sortie d'Égypte (avant l'ouverture de la mer), qui était « sur l'entrée »]. De plus, la révélation de l'ouverture de la mer ne fut que passagère, car elle venait alors d'en haut et le bas n'en était pas un récipient [keli] : dans l'ensemble, c'est une affaire d'itkafia et non d'it'hapkha [à l'instar de la sortie d'Égypte, qui se fit sur le mode de « car le peuple s'était enfui »], puisque cela ne venait pas du service du bas.
Cependant, dans le temps à venir, il y aura « Je lui montrerai des merveilles », des merveilles même au regard de celles de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer : la révélation se fera sans aucun vêtement, et elle viendra aussi du côté du bas. En même temps, il y aura aussi la supériorité de « comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte », rapidement et réellement, de nos jours, par la venue de notre juste Machia'h.
Car, dans l'ensemble, il s'agit là d'itkafia et non d'it'hapkha [transformation], puisque cela ne vient pas du service d'en bas. Mais dans les temps à venir s'accomplira « Je lui ferai voir des merveilles » : des merveilles même au regard des merveilles qui eurent lieu lors de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer des Joncs. Car la révélation se fera sans aucun vêtement, et elle viendra aussi d'en bas. En même temps, on aura aussi la qualité propre à « comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte ». Que ce soit bientôt, de nos jours, concrètement, avec la venue de Machia'h, notre juste.
Avec l'aide de D.ieu
Pour l'élévation de l'âme
du Rav, 'hassid et tamim, homme craignant D.ieu, honnête en affaires, dévoué aux besoins de la communauté,
Rav Daniel Yits'hak, de mémoire bénie,
fils de Rav Ephraïm chlita, qu'il soit séparé de lui pour une vie longue et heureuse,
Maskovits,
chalia'h de Sa Sainteté l'Admour, que son mérite nous protège,
pour l'État de l'Illinois,
qui a quitté ce monde le 2 Adar Cheni 5774 [2014].
Que son âme soit liée au faisceau de la vie.
ב"ה
לע"נ
הרה"ח הרה"ת אי"א נו"נ עוֹסֵק בצ"צ
ר' דָּנִיֵּאל יִצְחָק ע"ה
בֵּן יבלחט''א ר' אֶפְרַיִם שליט''א
מַאסְקָאוויץ
שָׁלִיחַ כ"ק אדמו"ר זי"ע
לִמְדִינַת אִילִינוֹי
נלב"ע ב' אֲדָר שֵׁנִי ה'תשע"ד
ת.נ.צ.ב.ה
🙥🙧
« Et moi, Daniel, je défaillis … puis je me levai et accomplis l'ouvrage du roi. »
(Daniel 8, 27)