HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5735
MAAMARמאמר
אַךְ בְּגוֹרָל יֵחָלֵק אֶת הָאָרֶץ
« Mais c'est par le sort que le pays sera partagé »
Mercredi de la semaine de Pin'has, 16 Tamouz 5735 [1975]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשל"ה · 1975
MAAMARמאמר

אַךְ בְּגוֹרָל

« Mais c'est par le sort que le pays sera partagé »

Mercredi de la semaine de Pin'has, 16 Tamouz 5735 [1975]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ד' פ' פינחס, ט"ז תמוז, תשל"ה.. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ד' פ' פינחס, ט"ז תמוז, תשל"ה.. Traduction française littérale en regard.

Chapitre 1 · Trois façons de partager le paysא

« Mais c'est par tirage au sort [héb. goral] que le pays sera partagé ». Il s'agit du partage de la Terre sainte, lorsqu'ils conquirent le pays de Canaan et en firent la terre d'Israël. Et cela va si loin qu'alors même que les enfants d'Israël étaient encore dans le désert (avant leur entrée en terre d'Israël), il fut déjà dit d'elle : « un pays sur lequel, etc., les yeux de Hachem ton D.ieu sont posés, du commencement de l'année jusqu'à la fin de l'année ». Or le passouk précise que le partage de la Terre sainte se fit par le sort. Il y ajoute : « selon la parole de Hachem », ce que Rachi explique ainsi : par Roua'h hakodech [l'inspiration divine]. Le partage du pays comportait encore un autre élément : « au plus nombreux tu augmenteras son héritage, et au moins nombreux tu diminueras son héritage », ce qui relève de la raison. En effet, le sens simple de « au plus nombreux tu augmenteras, etc. » est celui qu'en donne Rachi [dont le commentaire sur la Torah est le sens simple du verset] : « à la tribu nombreuse en population, on donnait une grande part, de sorte que les parts n'étaient pas égales, etc. ». Or un tel partage se fait selon la raison. [Certes, le Ramban conteste ce point, et il existe aussi d'autres manières de comprendre Rachi ; mais le Ramban lui-même comprend l'intention de Rachi selon son sens simple. Et même selon le Ramban, comme selon les commentateurs qui lisent les paroles de Rachi conformément à l'opinion du Ramban, le fait même que, d'après leur explication, le passouk ait eu besoin d'exclure un partage selon la raison prouve que ce partage a un rapport avec la raison. Mais ce dont il est question ici, c'est avant tout du sens simple du passouk et du sens simple de l'explication de Rachi et du Sifri : le partage se fit selon le nombre des personnes, ce qui est un partage selon la raison.] Il en ressort que le partage du pays comporta trois éléments : le sort, l'inspiration divine, et une raison compréhensible même pour l'âme intellective [Néfech hassikhlit].
אַךְ בְּגוֹרָל יֵחָלֵק אֶת הָאָרֶץ, חֲלוּקַּת ארה"ק, שֶׁכָּבְשׁוּ אֶת אֶרֶץ כְּנַעַן וְעָשׂוּ אוֹתָהּ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְעַד שֶׁעוֹד בִּהְיוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר (טֶרֶם שֶׁבָּאוּ לא"י) נֶאֱמַר עָלֶיהָ אֶרֶץ אֲשֶׁר וְגוֹמֵר עֵינֵי ה"א בָּהּ מֵרֵשִׁית הַשָּׁנָה וְעַד אַחֲרִית שָׁנָה, הִנֵּה מְבֹאָר אֲשֶׁר חֲלוּקַּת ארה"ק הָיְתָה עַל פִּי הַגּוֹרָל. וְהוֹסָפָה בָּזֶה עַל פִּי ה' וּמְפָרֵשׁ רש"י בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ. וְעוֹד עִנְיָן הָיָה בַּחֲלֻקַּת הָאָרֶץ לָרַב תַּרְבֶּה נַחֲלָתוֹ וְלַמְעַט תַּמְעִיט נַחֲלָתוֹ, שֶׁהוּא עִנְיָן עַל פִּי שֵׂכֶל. שֶׁהֲרֵי פֵּירוּשׁ הַפָּשׁוּט בְּלָרַב תַּרְבֶּה וְגוֹמֵר הוּא כְּמוֹ שֶׁמְּפָרֵשׁ רש"י [אֲשֶׁר פֵּירוּשׁ רש"י עַל הַתּוֹרָה הוּא פְּשׁוּטוֹ שֶׁל מִקְרָא] לְשֵׁבֶט שֶׁהָיָה מְרוּבָּה בְּאֻכְלוּסִין נָתְנוּ חָלַק רַב שֶׁלֹּא הָיוּ הַחֲלָקִים שָׁוִים וְכוּלֵּי, דַּחֲלוּקָה זוֹ הִיא עַל פִּי שֵׂכֶל. [וַהֲגַם דהרמב"ן פָּלִיג עַל זֶה וְכֵן יֵשׁ פֵּירוּשִׁים אֲחֵרִים ברש"י, הֲרֵי הָרַבִּי מֹשֶׁה בֶּן נַחְמָן מְפָרֵשׁ כַּוָּונַת רש"י כִּפְשׁוּטָהּ. וַאֲפִילוּ לְהָרַבִּי מֹשֶׁה בֶּן נַחְמָן וְכֵן לְפִי מְפָרְשִׁים אֵלּוּ שֶׁמְּפָרְשִׁים אֶת דִּבְרֵי רש"י כְּדַעַת הָרַבִּי מֹשֶׁה בֶּן נַחְמָן, הִנֵּה מִזֶּה גּוּפָא שֶׁלְּפִי פֵּרוּשָׁם הוּצְרַךְ הַכָּתוּב לִשְׁלוֹל הַחֲלוּקָּה עַל פִּי שֵׂכֶל מוּכָח שֶׁיֵּשׁ לַחֲלֻקָּה זוֹ שַׁיָּכוּת לְשֵׂכֶל. אֲבָל עִיקַּר הַמְדוּבָּר כָּאן הוּא פַּשְׁטוּת הַכָּתוּב וּפַשְׁטוּת פֵּירוּשׁ רש"י וְהַסִּפְרֵי. שֶׁהַחֲלֻקָּה הָיְתָה לְפִי מִסְפַּר הָאֲנָשִׁים, שֶׁהִיא חֲלוּקָה עַל פִּי שֵׂכֶל]. נִמְצָא שֶׁבַּחֲלֻקַּת הָאָרֶץ הָיוּ ג' עִנְיָנִים. עַל פִּי גּוֹרָל, עַל פִּי רוּחַ הַקֹּדֶשׁ, וְעַל פִּי שֵׂכֶל הַמּוּבָן גַּם בַּנֶּפֶשׁ הַשִּׂכְלִית.

Chapitre 2 · Le sort touche le fond de l'âmeב

Or, le partage du pays par le sort, Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek l'explique en s'appuyant sur un maamar de Sa Sainteté l'Admour Hazakène au sujet de la parole de Rabban Yo'hanan ben Zakaï : « Je ne sais pas par quel chemin l'on me conduit ». À première vue, c'est étonnant : Rabban Yo'hanan ben Zakaï ne parcourut jamais quatre coudées sans Torah et sans téfilines, il étudia et enseigna la Torah pendant quatre-vingts ans, etc. Quelle place reste-t-il donc pour un doute sur le chemin par lequel on le conduit ? L'Admour Hazakène explique à ce propos que ce doute tient à l'essence de l'âme [étsem hanéfech], c'est-à-dire au niveau de l'âme qui est au-delà de la raison et de l'entendement. C'est pourquoi Rabban Yo'hanan ben Zakaï dit : « Je ne sais pas, etc. », bien qu'il se fût consacré à la Torah, etc. : s'être consacré à la Torah relève de ce qui touche à la raison et à l'entendement, et l'on ne peut en tirer aucune preuve pour le niveau qui est au-delà de la raison et de l'entendement. Or ce niveau aussi comporte récompense et punition (comme on le comprend du fait même que Rabban Yo'hanan ben Zakaï ait dit : « Je ne sais pas par quel chemin l'on me conduit »). Il en ressort qu'il existe une possibilité, une capacité, et que « la liberté [rechout] est donnée à tout homme », y compris pour ce niveau de l'âme. Autrement dit, il existe un service qui agit jusque dans l'essence de l'âme, et par lequel elle sera comme il se doit. Ce niveau de l'âme, ainsi que le service qui s'y rapporte, est appelé « sort ». C'est sur cette base que le Tséma'h Tsédek explique le partage du pays par le sort.
ב) וְהִנֵּה הָעִנְיָן דַּחֲלֻקַּת הָאָרֶץ עַל פִּי גּוֹרָל מְבָאֵר כְּבוֹד קְדֻשַּׁת אדמו"ר הַצֶּמַח צֶדֶק, מְיוּסָּד עַל מַאֲמַר כְּבוֹד קְדֻשַּׁת אדמו"ר הַזָּקֵן בְּמַה שֶׁאָמַר ריב"ז אֵינִי יוֹדֵעַ בְּאֵיזוֹ דֶּרֶךְ מוֹלִיכִים אוֹתִי, דְּלִכְאוֹרָה תָּמוּהַּ, וַהֲרֵי ריב"ז לֹא הָלַךְ דָּבָר אַחֵר בְּלֹא תּוֹרָה וּבְלֹא תְּפִילִּין, ופ' שָׁנָה לָמַד וְלִמֵּד תּוֹרָה וְכוּלֵּי, וּמַה מָקוֹם לְסָפֵק בְּאֵיזוֹ דֶּרֶךְ מוֹלִיכִין אוֹתוֹ, וּמְבָאֵר בָּזֶה כְּבוֹד קְדֻשַּׁת אדמו"ר הַזָּקֵן שֶׁזֶּהוּ מִצַּד עֶצֶם הַנֶּפֶשׁ, הַיְנוּ מִצַּד בְּחִינַת הַנֶּפֶשׁ שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת. וְלְכָןְאֵמֵר ריב"ז אֵינִי יוֹדֵעַ וְכוּלֵּי, אַף עַל פִּי שֶׁעָסַק בַּתּוֹרָה וְכוּלֵּי, כִּי זֶה שֶׁעָסַק בַּתּוֹרָה הוּא עִנְיָן הַשַּׁיָּיךְ לְטַעַם וָדַעַת וְאֵין מִזֶּה רְאָיָה לְהַבְחִינַת שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת. וְהִנֵּה גַּם בְּחִינָה זוֹ, מִכֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה הָעִנְיָן דְּשָׂכָר וְעוֹנֶשׁ (כַּמּוּבָן מִזֶּה גּוּפָא שֶׁאָמַר ריב"ז אֵינִי יוֹדֵעַ בְּאֵיזוֹ דֶּרֶךְ מוֹלִיכִין אוֹתִי), מוּכָח מִזֶּה, שֶׁיֵּשׁ אֶפְשָׁרִיּוּת וִיכוֹלֶת וּרְשׁוּת לְכָל אָדָם נְתוּנָה גַּם בְּנוֹגֵעַ לַבְּחִינָה זוֹ שֶׁבַּנֶּפֶשׁ. וְהַיְינוּ שֶׁיֵּשׁ עֲבוֹדָה כָּזוֹ שֶׁפּוֹעֶלֶת גַּם בְּעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ וְשֶׁעַל יָדָהּ תִּהְיֶה כִּדְבָעֵי. וּבְחִינָה זוֹ שֶׁבַּנֶּפֶשׁ, וְכֵן הָעֲבוֹדָה הַשַּׁיֶּיכֶת לַבְּחִינָה זוֹ, נִקְרֵאת בְּשֵׁם גּוֹרָל. וְעַל פִּי זֶה מְבָאֵר הַצֶּמַח צֶדֶק הָעִנְיָן דַּחֲלֻקַּת הָאָרֶץ שֶׁעַל פִּי גּוֹרָל.

Chapitre 3 · Le pays reflète le peupleג

Et l'explication du lien entre ces trois choses (le sort dans l'âme, dans le service de l'homme et dans le partage du pays) est la suivante. Tout ce qui existe dans le monde se trouve en Israël. C'est vrai en particulier de la partie du monde qui appartient tout spécialement à Israël, selon la parole de nos Sages : « Quand Il créa le monde, Il répartit les pays, etc., et Il choisit la terre d'Israël, etc. ; et Il choisit Israël pour Sa part, etc. Que viennent Israël, échus à Ma part, et qu'ils héritent du pays échu à Ma part. » C'est pourquoi HaKadoch Barou'h Hou donna tout le pays de Canaan à Avraham, notre père, « à lui et à sa descendance après lui, en possession perpétuelle ». On en comprend que ce qui est en terre d'Israël correspond à ce qui est en Israël, et inversement, que ce qui est en Israël correspond à ce qui est en terre d'Israël. Or, pour la terre d'Israël, lors de la conquête du pays de Canaan pour en faire la terre d'Israël, il y eut ces trois choses : le sort, l'inspiration divine et la raison (à savoir : « au plus nombreux tu augmenteras, etc., et au moins nombreux tu diminueras, etc. »). On comprend donc que ces trois choses existent en Israël, c'est-à-dire dans la dimension spirituelle d'Israël. [Cela vaut aussi pour « nombreux » et « peu nombreux » : puisque cela existe (dans le partage de la terre d'Israël) pour le corps, qui est secondaire, à plus forte raison cela existe-t-il pour ce qui est spirituel, l'âme [Nechama], qui est l'essentiel.] Et puisque la finalité d'Israël est, selon la parole de nos Sages : « J'ai été créé pour servir mon Créateur », on comprend que ces trois choses se retrouvent aussi dans le fait de « servir mon Créateur », dans la avoda.
ג) וּבֵאוּר הַשַּׁיָּיכוּת שֶׁל ג' הַדְּבָרִים (הַגּוֹרָל בְּנֶפֶשׁ וּבַעֲבוֹדַת הָאָדָם וּבַחֲלֻקַּת הָאָרֶץ), הִנֵּה כָּל הַדְּבָרִים שֶׁבָּעוֹלָם יֶשְׁנָם בְּיִשְׂרָאֵל. וּבִפְרָט הַחֵלֶק שֶׁבָּעוֹלָם הַשַּׁיָּיךְ בִּפְרָט לְיִשְׂרָאֵל, וּכְמַאֲמַר חֲכָמֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה כְּשֶׁבָּרָא הָעוֹלָם חָלַק הָאֲרָצוֹת וְכוּלֵּי וּבָחַר בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְכוּלֵּי וּבָחַר לְחֶלְקוֹ יִשְׂרָאֵל וְכוּלֵּי יָבוֹאוּ יִשְׂרָאֵל שֶׁבָּאוּ לְחֶלְקִי וְיִנְחֲלוּ אֶת הָאָרֶץ שֶׁבָּאָה לְחֶלְקִי, שֶׁלָּכֵן נָתַן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת כָּל אֶרֶץ כְּנַעַן לְאַבְרָהָם אָבִינוּ לוֹ וּלְזַרְעוֹ אַחֲרָיו לַאֲחֻזַּת עוֹלָם. וּמִזֶּה מוּבָן שֶׁהַדְּבָרִים שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הֵם בְּהֶתְאֵם לְהַדְּבָרִים שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל, וְכֵן לְאִידָךְ גיסא שֶׁהַדְּבָרִים שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל הֵם בְּהֶתְאֵם לְהַדְּבָרִים שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. וּמִכֵּיוָן שֶׁבְּנוֹגֵעַ לא"י, בְּכִבּוּשׁ אֶרֶץ כְּנַעַן לַעֲשׂוֹת אוֹתָהּ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, הָיוּ בָּהּ ג' הַדְּבָרִים דְּגוֹרָל רוּחַ הַקֹּדֶשׁ וְשֵׂכֶל (שֶׁהוּא עִנְיָן לָרַב תַּרְבֶּה וְגוֹמֵר וְלַמְעַט תַּמְעִיט וְגוֹמֵר), הֲרֵי מוּבָן שג' דְּבָרִים אֵלּוּ יֶשְׁנָם בְּיִשְׂרָאֵל, הַיְנוּ בְּרוּחָנִיּוּת דְּיִשְׂרָאֵל [וְגַם זֶה דְּרַב וּמְעַט, מִכֵּיוָן שֶׁיֶּשְׁנוֹ (בַּחֲלֻקַּת א"י) בְּנוֹגֵעַ לְהַגּוּף (שֶׁהוּא טָפֵל), הֲרֵי עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּנוֹגֵעַ לְהָרוּחָנִי, הַנְּשָׁמָה, שֶׁזֶּה הָעִיקָּר]. וּמִכֵּיוָן שֶׁהַתַּכְלִית דְּיִשְׂרָאֵל הוּא כְּמַאֲמַר רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה אֲנִי נִבְרֵאתִי לְשַׁמֵּשׁ אֶת קוֹנִי, הֲרֵי מוּבָן, שֶׁכֹּל ג' דְּבָרִים הַנִּזְכָּר לְעֵיל יֶשְׁנָם גַּם בְּהָעִנְיָן דִּלְשַׁמֵּשׁ אֶת קוֹנִי, בַּעֲבוֹדַת ה'.

Chapitre 4 · Noire et pourtant belleד

Et voici l'explication. Les maamarim des jours de la délivrance, le 12 et le 13 Tamouz (ces jours-ci venant à la suite des jours de la délivrance), ont expliqué qu'il y a en Israël trois degrés : tels qu'ils sont au niveau de « source des jardins », tels qu'ils sont au niveau de « puits d'eaux vives », et tels qu'ils parviennent (par « Monte, puits ! Chantez-lui ! ») au niveau de « ruisselant [nozlim] du Liban ». Or nozlim vient de la même racine que mazal ; et le mazal, qui se situe au-dessus de 'Hokhma et Bina [sagesse et compréhension], correspond au tirage au sort, comme il est expliqué en plusieurs endroits. Il y a été expliqué que « source des jardins » désigne les âmes telles qu'elles sont en haut, avant de descendre ici-bas. Elles sont alors appelées « filles de Jérusalem », car Jérusalem indique la perfection de la crainte. Les Tossafot rapportent en effet que Jérusalem est nommée d'après yira [crainte] et d'après chalem [parfait], et que c'est pourquoi nous ne mettons pas de youd dans Yerouchalayim (entre le lamed et le mem). Aussi les âmes, telles qu'elles sont en haut, sont-elles appelées « filles de Jérusalem » : elles sont alors dans la perfection de la crainte. « Puits (d'eaux vives) » désigne les âmes telles qu'elles sont descendues ici-bas, revêtues de corps matériels, à l'image du puits qui se trouve dans les profondeurs de la terre, etc. Cette descente a cependant pour but une élévation : c'est précisément par son service ici-bas que l'âme s'élève à un niveau plus haut que celui qui était le sien avant sa descente. Tel est le sens de « Je suis noire et belle, filles de Jérusalem ». Les âmes descendues ici-bas pour se revêtir d'un corps et d'une âme animale disent aux âmes d'en haut, appelées « filles de Jérusalem » : bien que je sois noire (car, par sa descente dans ce monde inférieur, au-dessous duquel il n'en est pas de plus bas quant à l'occultation de Sa lumière, béni soit-Il, elle devient noirceur, c'est-à-dire absence totale de lumière), néanmoins, du fait que je suis noire, c'est précisément par là que je suis belle. Elle s'élève en effet plus haut qu'elle n'était en haut, lorsqu'elle était appelée « filles de Jérusalem ». Prenons le puits : ses eaux traversent les veines de la terre, qui voilent et occultent l'eau ; elles s'y affinent [zikoukh], etc., au point de devenir des eaux vives. C'est là une élévation supérieure au niveau de « source », comme l'enseigne la michna : seules les eaux vives (et non une source) purifient des trois impuretés graves, jusqu'à l'impureté du mort, qui est le père des pères de l'impureté. Il en va de même de l'âme. Elle descend ici-bas et se revêt d'un corps et d'une âme animale, qui voilent et occultent sa lumière. Puis elle se dégage de cette couverture et de cette occultation par le service de « Puits que des princes ont creusé, que les nobles du peuple ont foré ». Creuser et forer, c'est écarter le voilement et l'occultation du corps et de l'âme animale, qui voilent et occultent la lumière de l'âme (à l'image du creusement et du forage du puits, qui écartent la terre, etc., laquelle voile et occulte l'eau). Ce service comporte deux aspects : premièrement, la méditation [hitbonenout], appelée « princes » ; deuxièmement, les attributs affectifs de l'âme [midot] du cœur, appelées « nobles du peuple », grâce auxquelles on en vient à « s'écarter du mal et faire le bien » dans les actes. C'est précisément par là que l'âme s'élève plus haut qu'elle n'était avant sa descente : elle devient « eaux vives » (niveau supérieur à celui de « source des jardins »), au point de parvenir, précisément par là, au niveau de « ruisselant du Liban ». Tel est le sens de « Je suis noire et belle » : c'est précisément par « je suis noire » que l'on devient « belle ». Toutefois, la force dont dispose l'âme dans le corps pour ce service lui est attirée de sa racine en haut. C'est pourquoi cette parole s'adresse aux filles de Jérusalem : « Je suis noire et belle, filles de Jérusalem ». La force qu'a l'âme dans le corps d'opérer le birour [tri du bien et du mal] de la noirceur, etc., et d'être « belle », lui vient de l'aide qui lui est attirée (à l'âme dans le corps) de sa racine en haut, appelée « filles de Jérusalem ».
ד) וְהָעִנְיָן הוּא, דְּהִנֵּה נִתְבָּאֵר בְּהַמַּאֲמָרִים דִּימֵי הַגְּאוּלָּה שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה וי' ג תַּמּוּז (אֲשֶׁר הַיָּמִים הָאֵלֶּה בָּאִים בְּהֶמְשֵׁךְ לִימֵי הַגְּאוּלָּה), שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל יֵשׁ ג' דְּרָגוֹת. כְּמוֹ שֶׁהֵם בִּבְחִינַת מַעְיַן גַּנִּים, כְּמוֹ שֶׁהֵם בִּבְחִינַת בְּאֵר מַיִם חַיִּים, וּכְמוֹ שֶׁהֵם בָּאִים (עַל יְדֵי עֲלִי בְאֵר עֱנוּ לָהּ) לִבְחִינַת וְנוֹזְלִים מִן לְבָנוֹן, וְנוֹזְלִים הוּא מִלְּשׁוֹן מַזָּל, דְּמַזָּל שֶׁעִנְיָנוֹ לְמַעְלָה מֵחָכְמָה וּבִינָה הוּא עִנְיַן הַגּוֹרָל כַּמְבוֹאָר בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת. וְנִתְבָּאֵר בָּזֶה שֶׁמֵּעֵין גַּנִּים קָאֵי עַל הַנְּשָׁמוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵם לְמַעְלָה קֹדֶם שֶׁיָּרְדוּ לְמַטָּה. וְאָז הֵם נִקְרָא בְּשֵׁם בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁיְּרוּשָׁלַיִם מוֹרֶהֶעֶל שְׁלֵימוּת הַיִּרְאָה, וְכִדְאִיתָא בְּתוֹסָפוֹת שֶׁיְּרוּשָׁלַיִם נִקְרָא עַל שֵׁם יִרְאָה וְעַל שֵׁם שָׁלֵם וּלְכָךְ אֵין אָנוּ נוֹתְנִין יו' ד בִּירוּשָׁלַיִם (בֵּין למאן דאמר למ"ם). וְלָכֵן הַנְּשָׁמוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵם לְמַעְלָה נִקְרָא בְּשֵׁם בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם לְפִי שֶׁאָז הֵם בִּשְׁלֵימוּת הַיִּרְאָה. וּבֵאֵר (מַיִם חַיִּים) קָאֵי עַל הַנְּשָׁמוֹת כְּמוֹ שֶׁיָּרְדוּ לְמַטָּה וּמְלֻבָּשׁוֹת בְּגוּפִים גַּשְׁמִיִּים, בְּדֻגְמַת הַבְּאֵר שֶׁנִּמְצָא בְּעוֹמֶק הָאָרֶץ וְכוּלֵּי. אָמְנָם יְרִידָה זוֹ הִיא צוֹרֶךְ עֲלִיָּה, שֶׁעַל יְדֵי עֲבוֹדַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה דַּוְקָא הִיא מִתְעַלֵּית בִּבְחִינַת נַעֲלֵית יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיְיתָה קֹדֶם יְרִידָתָהּ. וְזֶהוּ שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁהַנְּשָׁמוֹת שֶׁיָּרְדוּ לְמַטָּה לְהִתְלַבֵּשׁ בְּגוּף וְנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית אוֹמְרוֹת לְהַנְּשָׁמוֹת שֶׁלְּמַעְלָה שֶׁנִּקְרָאוֹת בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם, הֲגַם שֶׁשְּׁחֹרָה אֲנִי, כִּי עַל יְדֵי יְרִידָתָהּ לָעוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ בְּעִנְיַן הֶסְתֵּר אוֹרוֹ יִתְבָּרֵךְ הִיא נַעֲשֵׂית בִּבְחִינַת שַׁחֲרוּת שֶׁהוּא הֶעְדֵּר הָאוֹר לְגַמְרֵי, מִכָּל מָקוֹם עַל יְדֵי שֶׁשְּׁחֹרָה אֲנִי הִנֵּה דַּוְקָא עַל יְדֵי זֶה וְנָאוָה, שֶׁהִיא מִתְעַלֵּית יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיְיתָה לְמַעְלָה בִּהְיוֹתָהּ נִקְרֵאת בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם. דִּכְמוֹ שֶׁהַבְּאֵר עַל יְדֵי שֶׁמֵּימָיו עוֹבְרִים אֶת גִּידֵי הָאֲדָמָה הַמַּעֲלִימִים וּמַסְתִּירִים עַל הַמַּיִם נַעֲשָׂה בָּהֶם זִיכּוּךְ וְכוּלֵּי עַד שֶׁנַּעֲשִׂים מַיִם חַיִּים, שֶׁהוּא עִילּוּי נַעֲלֶה יוֹתֵר מִבְּחִינַת מַעְיָן, וְכִדְאִיתָא בַּמִּשְׁנָה שֶׁדַּוְקָא מַיִם חַיִּים (מַה שֶׁאֵין כֵּן מַעְיָן) מְטַהֲרִים אֶת ג' טוּמְאוֹת הַחֲמוּרוֹת עַד לְטֻמְאַת מֵת שֶׁהִיא אָבִי אָבוֹת הַטּוּמְאָה, עַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְהַנְּשָׁמָה, שֶׁעַל יְדֵי יְרִידָתָהּ לְמַטָּה וְהִתְלַבְּשׁוּתָהּ בְּגוּף וְנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית הַמַּעֲלִימִים וּמַסְתִּירִים עַל אוֹר הַנְּשָׁמָה כְּשֶׁהִיא מִתְגַּלֵּית מֵהַכִּסּוּי וְהַהֶסְתֵּר עַל יְדֵי הָעֲבוֹדָה דַּחֲפָרוּהָ שָׂרִים כָּרוּהָ נְדִיבֵי הָעָם, שֶׁעִנְיַן הַחֲפִירָה והכרי' הוּא הֲסָרַת הַהֶעְלֵם וְהֶסְתֵּר שֶׁל הַגּוּף וְנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית הַמַּעֲלִימִים וּמַסְתִּירִים עַל אוֹר הַנְּשָׁמָה (בְּדֻגְמַת חֲפִירַת וּכְרִיַּת הַבְּאֵר שֶׁהִיא הֲסָרַת הֶעָפָר וְכוּלֵּי הַמַּעְלִים וּמַסְתִּיר עַל הַמַּיִם), שֶׁבַּעֲבוֹדָה זוֹ שְׁנֵי עִנְיָנִים. א' עִנְיַן הַהִתְבּוֹנְנוּת הַנִּקְרָא שָׂרִים, ב' עִנְיַן הַמִּדּוֹת שֶׁבַּלֵּב הַנִּקְרָא נְדִיבֵי הָעָם, שֶׁעַל יָדָם בָּא לָסוּר מֵרָע וַעֲשֵׂה טוֹב בְּפוֹעַל, הִנֵּה עַל יְדֵי זֶה דַּוְקָא מִתְעַלֵּית הַנְּשָׁמָה לְמַעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיְיתָה קֹדֶם יְרִידָתָהּ, שֶׁנַּעֲשִׂים בְּחִינַת מַיִם חַיִּים (שֶׁלְּמַעְלָה יוֹתֵר מִבְּחִינַת מַעְיַן גַּנִּים), וְעַד שֶׁעַל יְדֵי זֶה דַּוְקָא בָּאָה לִבְחִינַת וְנוֹזְלִים מִן לְבָנוֹן. דְּזֶהוּ שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה, שֶׁדַּוְקָא עַל יְדֵי שְׁחוֹרָה אֲנִי נַעֲשֶׂה וְנָאוָה. אֶלָּא שֶׁהַכֹּחַ שֶׁיֵּשׁ לְהַנְּשָׁמָה שֶׁבַּגּוּף לַעֲבוֹדָה זוֹ נִמְשָׁךְ לָהּ מִשָּׁרְשָׁהּ שֶׁלְּמַעְלָה. דְּזֶהוּ הָאֲמִירָה לבנו"י שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁהַכֹּחַ לְהַנְּשָׁמָה שֶׁבַּגּוּף לְבָרֵר אֶת הַשַּׁחֲרוּת וְכוּלֵּי וְלִהְיוֹת וְנָאוָה הוּא עַל יְדֵי הַסִּיּוּעַ שֶׁנִּמְשָׁךְ (לְהַנְּשָׁמָה שֶׁבַּגּוּף) מִשָּׁרְשָׁהּ שֶׁלְּמַעְלָה הַנִּקְרָא בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם.

Chapitre 5 · Le chant du puits attend l'entréeה

Cela permet de comprendre30 pourquoi Israël dit le chant « Monte, puits ! Chantez-lui ! » à la fin des quarante ans, alors que le puits leur avait été donné dès le début des quarante ans (comme le rapporte le commentaire de Rachi sur la Torah). Les Israélites qui étaient dans le désert étaient certes la « génération de la connaissance », et la Kabbalah explique longuement la grandeur de leur élévation : ils étaient des âmes du monde de la Pensée, c'est-à-dire que, même ici-bas, ils se tenaient au niveau du monde de la Pensée. Néanmoins (et en raison même de ce fait), ils n'avaient pas l'élévation du niveau de « puits d'eaux vives » et de « ruisselant du Liban », car cette élévation ne se réalise que par le birour des choses matérielles. C'est pourquoi le chant « Monte, puits ! Chantez-lui ! » fut dit précisément par la génération qui entra dans le pays (à la fin des quarante ans, avant l'entrée dans le pays). La Terre d'Israël, en effet, c'est précisément le birour des choses matérielles, par lequel se réalise l'élévation dont il a été question : « le pays est très, très bon ». Or la génération qui entra dans le pays faisait preuve de mesirout néfech et de la volonté d'entrer dans « un pays bon et vaste ». C'était le cas en particulier à la fin des quarante ans : ils avaient alors déjà toute la préparation nécessaire, au point que la conquête du pays de Si'hon et d'Og, début de l'entrée en Terre d'Israël, avait déjà eu lieu (non pas seulement une préparation et un préalable à l'entrée, mais déjà le début de l'entrée, puisque le pays de Si'hon et d'Og est assimilé à la Terre d'Israël pour plusieurs lois). C'est pourquoi, précisément à la fin des quarante ans, eurent lieu ces miracles, qui amenèrent Israël à dire le chant « Monte, puits ! », etc.
ה) וּבָזֶה מוּבָן שֶׁהַשִּׁירָה עֲלִי בְאֵר עֱנוּ לָהּ אָמְרוּ יִשְׂרָאֵל לְסוֹף מ' שָׁנָה, אַף שֶׁהַבְּאֵר נִיתְּנָה לָהֶם מִתְּחִלַּת אַרְבָּעִים (כַּמּוּבָא בפירש"י עַל הַתּוֹרָה), כִּי יִשְׂרָאֵל שֶׁהַיּוֹבַמְדְּבָר, אַף שֶׁהָיוּ דּוֹר דֵּיעָה וְכַמְבֹאָר בַּאֲרֻכָּה בְּקַבָּלָה גּוֹדֶל הָעִילּוּי שֶׁלָּהֶם, שֶׁהָיוּ נְשָׁמוֹת דְּעוֹלָם הַמַּחֲשָׁבָה, הַיְנוּ שֶׁגַּם בִּהְיוֹתָם לְמַטָּה הָיוּ בִּבְחִינַת עוֹלָם הַמַּחֲשָׁבָה, מִכָּל מָקוֹם (מִצַּד זֶה גּוּפָא) לֹא הָיָה בָּהֶם הָעִילּוּי דִּבְחִינַת בְּאֵר מַיִם חַיִּים וְנֹזְלִים מִן לְבָנוֹן, כִּי עִילּוּי זֶה נַעֲשֶׂה עַל יְדֵי בֵּירוּר דְּבָרִים הַגַּשְׁמִיִּים דַּוְקָא. וְזֶהוּ מַה שֶׁהַשִּׁירָה עֲלִי בְאֵר עֱנוּ לָהּ אָמְרוּ הַדּוֹר שֶׁנִּכְנְסוּ לָאָרֶץ דַּוְקָא (בְּסוֹף אַרְבָּעִים, לִפְנֵי הַכְּנִיסָה לָאָרֶץ), כִּי הָעִנְיָן דא"י הוּא עִנְיָן בֵּירוּר דְּבָרִים הַגַּשְׁמִיִּים דַּוְקָא שֶׁעַל יְדֵי זֶה נַעֲשֶׂה עִילּוּי הַנִּזְכָּר לְעֵיל, טוֹבָה הָאָרֶץ מְאֹד מְאֹד. וּמִכֵּיוָן שֶׁדּוֹר שֶׁנִּכְנְסוּ לָאָרֶץ עָמְדוּ בִּמְסִירַת הַנֶּפֶשׁ וְהָרָצוֹן לִכָּנֵס לְאֶרֶץ טוֹבָה וּרְחָבָה, וּבִפְרָט בְּסוֹף אַרְבָּעִים שָׁנָה שֶׁאָז כְּבָר הָיָה לָהֶם כָּל הַהֲכָנָה שֶׁצְּרִיכִים לָזֶה, וְעַד שֶׁכְּבָר הָיָה גַּם כִּיבּוּשׁ אֶרֶץ סִיחוֹן וְעוֹג שֶׁהִיא הַתְחָלַת עִנְיַן הַכְּנִיסָה לא"י (לֹא רַק הֲכָנָה וְהַקְדָּמָה לְהַכְנִיסָהּ אֶלָּא גַּם הַתְחָלַת הַכְּנִיסָה. שֶׁהֲרֵי אֶרֶץ סִיחוֹן וְעוֹג הִיא שָׁוָה לא"י בְּנוֹגֵעַ לְכַמָּה דִּינִים), לָכֵן הִנֵּה בְּסוֹף אַרְבָּעִים שָׁנָה דַּוְקָא הָיוּ נִסִּים אֵלּוּ שֶׁפָּעֲלוּ בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁיֹּאמְרוּ הַשִּׁירָה עֲלִי בְּאֵר וְגוֹמֵר.

Chapitre 6 · On monte en partant du basו

Or, ce chant fut dit à la suite des voyages des enfants d'Israël (comme il est écrit juste avant : « De là ils partirent et campèrent au-delà de l'Arnon… C'est pourquoi il est dit… »). Il en va de même de l'ensemble de la Torah et des mitsvot, qui passe précisément par un déplacement, comme il est dit au Matan Torah : « Havayé descendit sur le mont Sinaï » (le déplacement de HaKadoch Barou'h Hou) et « à Moché, Il dit : Monte vers Havayé » (le déplacement des enfants d'Israël). Il en est encore ainsi du service de chacun en Israël. Ce service commence par « Va pour toi, hors de ton pays, de ton lieu natal et de la maison de ton père » : sortir de sa nature, de ses habitudes et de sa grossièreté (le Hemchekh 5666 [1905-1906] explique en détail ce que sont « ton pays », « ton lieu natal » et « la maison de ton père »). Et c'est précisément par là que vient « Je te bénirai, Je grandirai ton nom, et tu seras une bénédiction », jusqu'à « et en toi seront bénies toutes les familles de la terre ». Il en est de même de la révélation de la guéoula future. Alors, « en toi seront bénies toutes les familles de la terre » se réalisera de manière révélée et dans une perfection totale, comme il est dit : « Alors Je donnerai aux peuples une langue claire, pour qu'ils invoquent tous le Nom de Havayé et Le servent d'une seule épaule ». Or la révélation de la guéoula future vient précisément par l'exil qui la précède. Le chant « Monte, puits ! », etc. (au début de l'entrée dans le pays) est venu précisément par les voyages, comme on l'a vu. Il en va de même du chant « Chantez à Havayé un chant nouveau » [Tehilim 96, psaume du Baal HaGuéoula, commencé le 12 Tamouz], qui se rapporte au chant de la guéoula future [c'est pourquoi il est dit chir 'hadach, au masculin : la guéoula future est une délivrance complète et éternelle, qu'aucun exil ne suit]. Lui aussi vient précisément par l'exil qui le précède. En effet, l'exil procède (à l'instar de, et) découle de « Il chassa l'homme », par la faute de l'arbre de la connaissance, et, avant cela, de la diminution de la lune. Cette descente était voulue dès l'origine (comme l'explique longuement Sa Sainteté l'Admour HaEmtsaï à propos de « redoutable en Ses actions envers les fils d'Adam »). Le but : que la descente amène ensuite l'élévation et la perfection ultimes en Israël, et par là, d'elles-mêmes, l'élévation et la perfection ultimes dans tout l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout], à commencer par ce monde inférieur, au-dessous duquel il n'en est pas de plus bas. C'est l'exemple du levier. Lorsqu'on veut s'en servir pour soulever une maison ou une chose semblable, il faut placer le levier sous la partie la plus basse de la maison ; et c'est précisément en soulevant la partie inférieure que toute la maison sera soulevée. Il en va de même de l'élévation des mondes : c'est précisément par l'élévation de ce monde inférieur que se réalise une élévation dans tous les mondes, et une élévation sans commune mesure. C'est dans le sens de ce qu'explique le Hemchekh du jour de la hilloula (du Baal HaGuéoula) : ce qui est « en bas jusqu'à l'infini » est lié à ce qui est « en haut sans fin ».
ו) וְהִנֵּה אֲמִירַת שִׁירָה הַנִּזְכָּר לְעֵיל בָּאָה עַל יְדֵי מַסְעֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל (וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב לִפְנֵי זֶה מִשָּׁם נָסָעוּ וַיַּחֲנוּ מֵעֵבֶר אַרְנוֹן וְגוֹמֵר עַל כֵּן יֹאמַר וְגוֹמֵר). וְהוּא בְּדֻגְמַת מַה שֶׁכְּלָלוּת עִנְיַן הַתּוֹרָה וּמִצְוֹת הוּא עַל יְדֵי נְסִיעָה דַּוְקָא, וּכְמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּמַתַּן תּוֹרָה וַיֵּרֶד הוי' עַל הַר סִינַי (הַנְּסִיעָה שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא) וְאֶל מֹשֶׁה אָמַר עֲלֵה אֶל הוי' (הַנְּסִיעָה שֶׁל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל), וְכֵן הוּא בְּהָעֲבוֹדָה שֶׁל כָּל אֶחָד וְאֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁהַתְחָלַת הָעֲבוֹדָה הִיא לֶךְ לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ הַיְצִיאָה מֵהַטֶּבַע וְהָרְגִילוּת וְהַגַּסּוּת שֶׁלּוֹ (וְכַמְבֹאָר בְּהֶמְשֵׁךְ תרס"ו פְּרָטֵי הָעִנְיָנִים דְּאַרְצְךָ מוֹלַדְתְּךָ וּבֵית אָבִיךָ), וְעַל יְדֵי זֶה דַּוְקָא וַאֲבָרֶכְךָ וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ וֶהְיֵה בְּרָכָה עַד אֲשֶׁר וְנִבְרְכוּ בְךָ כָּל מִשְׁפְּחוֹת הָאֲדָמָה. וְכֵן הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְהַגִּלּוּי דִּגְאוּלָּה הָעֲתִידָה, שֶׁאָז יִהְיֶה הָעִנְיָן דִּוְנִבְרְכוּ בְךָ כָּל מִשְׁפְּחוֹת הָאֲדָמָה בְּגִילּוּי וּבְתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת וּכְמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר אָז אֶהְפּוֹךְ אֶל עַמִּים שָׂפָה בְרוּרָה לִקְרוֹא כֻלָּם בְּשֵׁם ה' לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד, שֶׁהַגִּילּוּי דִּגְאוּלָּה הָעֲתִידָה הוּא עַל יְדֵי הַקְדָּמַת הַגָּלוּת דַּוְקָא. וְעַל דֶּרֶךְ הַשִּׁירָה עֲלִי בְּאֵר וְגוֹמֵר (בְּהַתְחָלַת הַכְּנִיסָה לָאָרֶץ) שהייתהע"י עִנְיַן הַמַּסָּעוֹת דַּוְקָא כַּנִּזְכָּר לְעֵיל, עַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְהַשִּׁירָה דְּשִׁירוּ להוי' שִׁיר חָדָשׁ [תְּהִלִּים צַו, שֶׁהוּא הַמִּזְמוֹר שֶׁל בַּעַל הַגְּאוּלָּה שֶׁהֻתְחַל בִּשְׁתֵּים עֶשְׂרֵה תַּמּוּז] שֶׁקָּאֵי עַל הַשִּׁיר שֶׁבַּגְּאֻלָּה הָעֲתִידָה [שֶׁלָּכֵן נֶאֱמַר שִׁיר חָדָשׁ לְשׁוֹן זָכָר, כִּי גְּאֻלָּה הָעֲתִידָה הִיא גְּאֻלָּה שְׁלֵימָה וְנִצְחִית שֶׁאֵין אחרי' גָּלוּת], שֶׁזֶּה בָּא עַל יְדֵי קְדִימַת הַגָּלוּת דַּוְקָא. דְּעִנְיַן הַגָּלוּת הוּא (בְּדֻגְמַת ו)מִשְׁתַּלְשֵׁל מֵעִנְיָן דִּוְיִגְרְשֵׁהוּ עַל יְדֵי חֵטְא עֵץ הַדַּעַת, וְלִפְנֵי זֶה הָעִנְיָן דְּמִעוּט הַיָּרֵחַ, אֲשֶׁר יְרִידָה זוֹ הָיְתָה בְּכַוָּנָה תְּחִילָּה (כְּמוֹ שֶׁמְּבָאֵר כְּבוֹד קְדֻשַּׁת אדמו"ר הָאֶמְצָעִי בַּאֲרֻכָּה בְּעִנְיַן נוֹרָא עֲלִילָה עַל בְּנֵי אָדָם) בִּכְדֵי שֶׁעַל יְדֵי הַיְרִידָה יִהְיֶה אַחַר כָּךְ תַּכְלִית הָעִילּוּי וְהַשְּׁלֵימוּת בְּיִשְׂרָאֵל, שֶׁעַל יְדֵי זֶה יִהְיֶה בִּמְלֹא תַּכְלִית הָעִילּוּי וְהַשְּׁלֵימוּת בְּכָל סֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, מַתְחִיל מֵעוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ, וּכְמָשָׁל הליווע"ר, שֶׁכְּשֶׁרוֹצִים לְהַגְבִּיהַּ עַל יָדוֹ בַּיִת וכיו"ב, צָרִיךְ לֶאֱחֹז אֶת הליווע"ר בְּחֵלֶק הֲכִי תַּחְתּוֹן שֶׁל הַבַּיִת, וְעַל יְדֵי הַגְבָּהַת חֵלֶק הַתַּחְתּוֹן דַּוְקָא יֻגְבַּהּ כָּל הַבַּיִת. וְעַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא גַּם בַּעֲלִיַּת הָעוֹלָמוֹת, אֲשֶׁר עַל יְדֵי עֲלִיַּית עוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן דַּוְקָא נַעֲשֶׂה עֲלִיָּה בְּכָל הָעוֹלָמוֹת, וַעֲלִיָּה בְּאוֹפֶן דְּאֵין עֲרוֹךְ, וְעַל דֶּרֶךְ הַמְבוֹאָר בְּהַהֶמְשֵׁךְ דְּיוֹם הַהִילּוּלָא (שֶׁל בַּעַל הַגְּאוּלָּה), שֶׁהָעִנְיָן דִּלְמַטָּה עַד אֵין תַּכְלִית שַׁיָּיךְ לְהָעִנְיָן דִּלְמַעְלָה עַד אֵין קֵץ.

Chapitre 7 · Seul le corps est en exilז

Et d'après ce qui précède, on comprendra la parole du Baal HaGuéoula [Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, « celui de la délivrance »] : seul le corps est allé en galout, non l'âme. Car, à première vue, il est rapporté dans la Guemara que la galout trouble la compréhension et la saisie, et à plus forte raison la compréhension et la saisie qui permettent de trancher une question conformément à la halakha [litt. : « pour conclure un enseignement selon la halakha »]. S'il en est ainsi, la galout agit apparemment aussi sur les âmes. L'une des explications repose sur ce qui est rapporté dans le traité Erouvin : « Puisqu'il est écrit à leur sujet : "Sur l'ordre de Hachem ils campaient, et sur l'ordre de Hachem ils partaient", ils sont considérés comme établis à demeure. » Puisque le campement se fait sur l'ordre de Hachem, il mérite (bien qu'il ne soit que provisoire) d'être tenu pour fixe. Il en va de même du temps de la galout : puisqu'il est lui aussi sur l'ordre de Hachem, le service de la Torah et des mitsvot accompli pendant la galout se fait lui aussi sur le mode de la permanence et de l'éternité. Ce n'est pas là un 'houka [décret sans raison accessible] : on peut l'expliquer aussi à l'intellect de l'âme divine, d'après ce qui est expliqué dans le Tanya. L'union accomplie par l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot est éternelle, à tout jamais ; autrement dit, cette union éternelle (d'en haut) existe aussi en bas. On peut l'expliquer aussi à l'intellect de l'âme animale [car le but de l'étude de la Torah est que, par l'intellect de l'âme divine, l'intellect de l'âme animale soit lui aussi uni d'une union merveilleuse, etc.]. Puisque l'intention suprême de la descente est en vue de l'élévation, il est évident que Celui qui a fait descendre est maître aussi bien de la descente que de l'élévation. On comprend dès lors que le principe de la descente en vue de l'élévation est d'une perfection absolue : chaque détail de la descente n'existe que pour l'élévation. Or, Lui, béni soit-Il, est l'essence du bien, et la nature du bien est de faire du bien, au point qu'on emploie à ce propos, pour ainsi dire, le mot « nature ». On comprend donc que, s'Il a choisi une descente aussi grande, c'est parce que c'est la seule voie par laquelle, précisément, on peut parvenir à une élévation aussi grande. Par cette méditation, on agit aussi sur l'âme animale, afin qu'elle soit dans la sérénité [menou'hat hanéfech]. Alors, non seulement l'âme divine n'est pas en galout, mais l'âme animale non plus n'est pas en galout, car les forces de l'âme animale elles aussi (y compris la faculté intellectuelle) sont dans leur pleine perfection. De ce fait, il peut avoir la compréhension et la saisie de la Torah, jusqu'à trancher une question conformément à la halakha (même au temps de la galout), car du côté de son âme animale aussi, il est dans un état de sérénité.
ז) וְעַל פִּי הַנִּזְכָּר לְעֵיל יוּבַן מַאֲמַר בַּעַל הַגְּאוּלָּה שֶׁרַק הַגּוּף הָלַךְ בְּגָלוּת וְלֹא הַנְּשָׁמָה. דְּלִכְאוֹרָה הֲרֵי אִיתָא בַּגְּמָרָא שֶׁהַגָּלוּת מְבַלְבֵּל לַהֲבָנָה וְהַשָּׂגָה, וְעַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה לַהֲבָנָה וְהַשָּׂגָה בְּאוֹפֶן דִּלְאַסּוֹקֵי שמעתתא אליבא דהילכתא, וְאִם כֵּן הֲרֵי הַגָּלוּת פּוֹעֵל לִכְאוֹרָה גַּם עַל הַנְּשָׁמוֹת. אַךְ אֶחָד הַבֵּאוּרִים בָּזֶה, עַל פִּי מַה שֶּׁאִיתָא במס' עֵירוּבִין כֵּיוָן דִּכְתִיב בהו עַל פִּי ה' יַחֲנוּ וְעַל פִּי ה' יִסָּעוּ כמאן דקביע להו דמי, דְּמִכֵּיוָן שהחני' הִיא עַל פִּי ה', לָכֵן (הֲגַם שֶׁהִיא רַק לְפִי שָׁעָה) חֲשׁוּבָה הִיא לִהְיוֹת נִדּוֹנַת קֶבַע. דִּכְמוֹ כֵּן הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לִזְמַן הַגָּלוּת, מִכֵּיוָן שֶׁהוּא עַל פִּי ה', לָכֵן גַּם הָעֲבוֹדָה דְּתוֹרָהוֹמְצוּות שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת הוּא בְּאוֹפֶן שֶׁל קְבִיעוּת וְנִצְחִיּוּת. וְעִנְיָן זֶה הוּא לֹא חֻקָּה כִּי אִם אֶפְשָׁר לְהַסְבִּירוֹ גַּם בְּשֵׂכֶל דְּנֶפֶשׁ הָאֱלֹקִית עַל פִּי הַמְבוֹאָר בְּתַנְיָא שֶׁהַיִּחוּד הַנַּעֲשֶׂה עַל יְדֵי לִימּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּם הַמִּצְווֹת הוּא נִצְחִי לְעוֹלָם וָעֶד, וְהַיְינוּ שֶׁיִּחוּד נִצְחִי זֶה (שֶׁלְּמַעְלָה) הוּא גַּם לְמַטָּה. וְעִנְיָן זֶה אֶפְשָׁר לְהַסְבִּיר גַּם בְּהַשֵּׂכֶל דְּנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית [שֶׁהַתַּכְלִית דְּלִימּוּד הַתּוֹרָה הוּא שֶׁעַל יְדֵי הַשֵּׂכֶל דנפה"א, יִהְיֶה גַּם הַשֵּׂכֶל דנפה"ב מְיוּחָד בְּיִחוּד נִפְלָא וְכוּלֵּי], שֶׁמִּכֵּיוָן שֶׁכַּוָּנָה הָעֶלְיוֹנָה בְּהַיְרִידָה הִיא לְצוֹרֶךְ עֲלִיָּה, הֲרֵי פָּשׁוּט שֶׁזֶּה שֶׁהוֹרִיד הוּא בַּעַל הַבַּיִת הֵן עַל הַיְרִידָה וְהֵן עַל הָעֲלִיָּה, וּמוּבָן שֶׁהָעִנְיָן דִּירִידָה צוֹרֶךְ עֲלִיָּה הוּא בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת, הַיְנוּ שֶׁכָּל פְּרָט שֶׁבְּהֵרִידָה הוּא רַק בִּשְׁבִיל הָעֲלִיָּה. וּמִכֵּיוָן שֶׁהוּא יִתְבָּרֵךְ הוּא עֶצֶם הַטּוֹב וּמַטְבֵּעַ הַטּוֹב לְהֵטִיב, וְעַד שֶׁאוֹמְרִים עַל זֶה הַלָּשׁוֹן טֶבַע כִּבְיָכוֹל, הֲרֵי מוּבָן שֶׁזֶּה מַה שֶׁבָּחַר בִּירִידָה גְּדוֹלָה כָּזוֹ הוּא לְפִי שֶׁזּוֹהִי הַדֶּרֶךְ הַיְחִידָה שֶׁעַל יָדָהּ דַּוְקָא אֶפְשָׁר לָבוֹא לַעֲלִיָּה גְּדוֹלָה הַלֵּזוּ. וְעַל יְדֵי הִתְבּוֹנְנוּת זוֹ פּוֹעֲלִים גַּם בַּנֶּפֶשׁ הַבַּהֲמִית שֶׁתִּהְיֶה בִּמְנוּחַת הַנֶּפֶשׁ, וְאָז הִנֵּה לֹא רַק שֶׁהַנֶּפֶשׁ הָאֱלוֹקִית אֵינָהּ בְּגָלוּת אֶלָּא שֶׁגַּם נֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית אֵינָהּ בְּגָלוּת, כִּי גַּם הַכֹּחוֹת דְּנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית (כּוֹלֵל גַּם כֹּחַ הַשֵּׂכֶל) הֵם בְּתַכְלִית שְׁלֵמוּתָם, שֶׁמִּצַּד זֶה אפ"ל אֶצְלוֹ הֲבָנָה וְהַשָּׂגָה בַּתּוֹרָה וְעַד לְאַסּוֹקֵי שמעתתא אליבא דהילכתא (גַּם בִּזְמַן הַגָּלוּת), כִּי גַּם מִצַּד נַפְשׁוֹ הַבַּהֲמִית הוּא בְּמַצָּב שֶׁל מְנוּחַת הַנֶּפֶשׁ.

Chapitre 8 · On est là où l'on penseח

Or, même lorsqu'on n'est pas encore parvenu au degré susdit, parce que l'explication susdite n'a pas encore pénétré son intellect. Selon cette explication, la descente dans ce monde-ci, le plus bas, dont il n'est pas de plus bas, et en particulier la descente au temps des « talons du Machia'h » [ikveta dimechi'ha] (à l'intérieur même du monde inférieur), descente extrêmement grande, comme l'explique le Chass et comme on le voit aussi concrètement, de ses yeux de chair, n'existe que pour l'élévation ; c'est pourquoi ce n'est pas une véritable descente. Même alors, puisqu'il veut se trouver au degré de l'élévation et y aspire, par cela même il se trouve à ce degré, selon la parole du Baal Chem Tov : là où sont la pensée et la volonté d'un homme, là il se trouve. Toutefois, comme il existe des choses extérieures qui troublent et occultent, le conseil donné en la matière est : « On ne se met à prier qu'avec gravité [koved roch]. » La prière, c'est l'attachement [hitkachrout] [c'est ce qu'on a dit : « Puisse l'homme prier toute la journée », c'est-à-dire être toute la journée dans un attachement semblable à celui du moment de la prière, « Sache devant Qui tu te tiens »] ; et la préparation, c'est la gravité, car la gravité annule les choses qui troublent. Il en est ainsi en particulier selon l'enseignement du Rav HaMaguid : la « gravité » [litt. : « lourdeur de tête »] désigne la lourdeur de la « Tête de toutes les têtes » [Reicha dekhol Reichin]. Ce sentiment vient de la méditation sur le fait que l'âme est « une partie de D.ieu d'en haut » [dans l'enseignement du Rav HaMaguid, à cet endroit, l'expression citée est « une partie de D.ieu d'en haut », sans l'ajout du mot « véritablement » (mamach). On voit en cela la nouveauté apportée par notre Rabbi, l'Admour Hazakène, dans le Séfer HaTanya, qui est la Torah écrite de la 'Hassidout 'Habad]. Par là s'annulent toutes les choses qui voilent et occultent, et aussitôt se révèle sa pensée [là où il se trouve, comme on l'a vu plus haut] : du côté de sa pensée, il est au niveau de l'élévation. Cette pensée se situe essentiellement au degré de l'âme qui est au-dessus de la raison et de la connaissance [ta'am vadaat], car elle est l'essence même de l'homme, comme il est rapporté dans les Tikounei Zohar : « Ma [מ"ה], c'est l'homme [Adam], la pensée ; la pensée a pensé Ma, etc., car c'est l'homme, la pensée. » Ainsi, à partir du niveau de la pensée, c'est-à-dire du niveau de l'âme qui est au-dessus de la raison et de la connaissance, [la chose] est ensuite attirée aussi dans son intellect : son intellect lui aussi s'imprègne de l'explication selon laquelle, puisque « sur l'ordre de Hachem ils campaient », « ils sont considérés comme établis à demeure ». Et cela est attiré ensuite jusque dans l'action concrète.
ח) וְהִנֵּה גַּם כְּשֶׁלֹּא הִגִּיעַ לְדַרְגָּא הַנִּזְכָּר לְעֵיל, כִּי לֹא נִקְלְטָה עֲדַיִין בְּשִׂכְלוֹ הַסְבָּרָה הַנִּזְכָּר לְעֵיל שֶׁהַיְרִידָה בָּעוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ, וּבִפְרָט הַיְרִידָה שבעקבתא דמשיחא (שֶׁבָּעוֹלָם הַתַּחְתּוֹן גּוּפָא) שֶׁהִיא יְרִידָה גְּדוֹלָה בְּיוֹתֵר כַּמְבוֹאָר בש"ס וּכְפִי שֶׁרוֹאִים זֶה גַּם בְּמוּחָשׁ בְּעֵינֵי בָּשָׂר, הִיא רַק בִּשְׁבִיל הָעֲלִיָּה שֶׁלָּכֵן אֵינְהֵירֵידָהּ אֲמִיתִּית, אַף עַל פִּי כֵן מִכֵּיוָן שֶׁהוּא רוֹצֶה וּמְצַפֶּה לִהְיוֹת בְּדַרְגַּת הָעֲלִיָּה, הֲרֵי עַל יְדֵי זֶה גּוּפָא הוּא נִמְצָא בְּדַרְגָּא זוֹ, כְּמַאֲמַר הַבַּעַל שֵׁם טוֹב שֶׁבְּמָקוֹם שֶׁמַּחֲשַׁבְתּוֹ וּרְצוֹנוֹ שֶׁל אָדָם שָׁם הוּא נִמְצָא. אָמְנָם לִהְיוֹת שֶׁיֶּשְׁנָם עִנְיָנִים חִיצוֹנִיִּים הַמְבַלְבְּלִים וּמַסְתִּירִים, הִנֵּה בָּזֶה הָעֵצָה הַיְּעוּצָה אֵין עוֹמְדִין לְהִתְפַּלֵּל אֶלָּא מִתּוֹךְ כּוֹבֶד רֹאשׁ. תְּפִלָּה הוּא עִנְיַן הַהִתְקַשְּׁרוּת [דְּזֶהוּ מַה שֶׁאָמְרוּ הַלְוַאי שֶׁיִּתְפַּלֵּל אָדָם כָּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, הַיְנוּ שֶׁכָּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ יִהְיֶה בְּהִתְקַשְּׁרוּת כָּזוֹ כְּמוֹ בְּעֵת הַתְּפִלָּה, דַּע לִפְנֵי מִי אַתָּה עוֹמֵד], וְהַהֲכָנָה הוּא עִנְיַן הַכֹּבֶד רֹאשׁ, כִּי עַל יְדֵי הַכֹּבֶד רֹאשׁ מִתְבַּטְּלִים הַדְּבָרִים הַמְבַלְבְּלִים. וּבִפְרָט עַל פִּי תּוֹרַת הָרַב הַמַּגִּיד שֶׁהַכַּוָּונָה בְּכֹבֶד רֹאשׁ הִיא כּוֹבֶד שֶׁל רֵישָׁא דְּכָל רישין שֶׁהֶרְגֵּשׁ זֶה בָּא עַל יְדֵי הַהִתְבּוֹנְנוּת שֶׁהַנְּשָׁמָה הִיא חֵלֶק אֱלֹקַה מִמַּעַל [בְּתוֹרַת הָרַב הַמַּגִּיד שָׁם מוּבָא הַלָּשׁוֹן חֵלֶק אֱלֹקַה מִמַּעַל, בְּלִי הוֹסָפַת תֵּיבַת מַמָּשׁ. וּבָזֶה רוֹאִים אֶת הַחִדּוּשׁ שֶׁל רַבֵּינוּ הַזָּקֵן בְּסֵפֶר הַתַּנְיָא שֶׁהוּא התושב"כ דַּחֲסִידוּת חָכְמָה בִּינָה דַּעַת], הִנֵּה עַל יְדֵי זֶה מִתְבַּטְּלִים כָּל הָעִנְיָנִים הַמַּעֲלִימִים וּמַסְתִּירִים, וְתֵכֶף וּמִיָּד מִתְגַּלֶּה מַחֲשַׁבְתּוֹ [שֶׁשָּׁם הוּא נִמְצָא, כַּנִּזְכָּר לְעֵיל], שֶׁמִּצַּד מַחֲשַׁבְתּוֹ הוּא בִּבְחִינַת עֲלִיָּה. וּמִבְּחִינַת הַמַּחֲשָׁבָה, שֶׁעִקַּר מַחֲשָׁבָה זוֹ הוּא בְּדַרְגַּת הַנֶּפֶשׁ שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת, כִּי מַחֲשָׁבָה זוֹ הִיא עֶצֶם עִנְיַן הָאָדָם וְכִדְאִיתָא בתקו"ז מ"ה אִיהוּ אָדָם מַחֲשָׁבָה חָשַׁב מ"ה וְכוּלֵּי דְּאִיהוּ אָדָם מַחֲשָׁבָה, הִנֵּה מִבְּחִינַת הַנֶּפֶשׁ שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת נִמְשָׁךְ אַחַר כָּךְ גַּם בְּהַשֵּׂכֶל שֶׁלּוֹ, שֶׁגַּם בְּשִׂכְלוֹ נִקְלְטָה הַהַסְבָּרָה שֶׁמִּכֵּיוָן שֶׁעַל פִּי ה' יַחֲנוּ כמאן דקביע להו דמי, וְעַד שֶׁזֶּה נִמְשָׁךְ אַחַר כָּךְ גַּם בְּמַעֲשֶׂה בְּפוֹעַל.

Chapitre 9 · Les trois partages dans le serviceט

Or, il en va de même dans l'ensemble du service [divin], qui comporte trois modes. Le premier est le service qui consiste à « s'écarter du mal et faire le bien » concrètement, où l'action est l'essentiel. De même : « Au plus grand nombre tu donneras davantage… et au plus petit tu donneras moins… » : le service de chacun dépend de la part du monde qui lui a été donnée, dans laquelle il doit agir selon les deux lignes, s'écarter du mal et faire le bien. Plus haut se trouve le service selon l'esprit saint [Roua'h hakodech], qui inclut deux aspects. On sait en effet que l'esprit saint est le niveau de Malkhout, la dixième séfira. Parfois cependant il est expliqué (dans le maamar commençant par « Ouchavtem » de Sa Sainteté l'Admour (Rachab), que son âme repose en Eden) que l'esprit saint est le niveau de 'Hokhma, d'où l'on puise l'esprit saint du niveau de Malkhout [à l'image de ce qu'on sait de l'explication de « Béréchit » : « deux Réchit », car les deux niveaux de Réchit, « commencement » ('Hokhma et Malkhout), forment un seul mot]. En cela sont incluses toutes les dix séfirot : l'esprit saint inclut aussi les niveaux et les degrés intermédiaires entre 'Hokhma et Malkhout de l'âme. Plus haut encore se trouve le service du tirage au sort [héb. goral], qui comporte lui aussi deux aspects, comme Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek explique deux interprétations du sort : la première, l'émouna ; la seconde, l'annulation de soi [bitoul] qui est au-dessus de l'intellect. Ces deux modes sont deux extrêmes. L'émouna se situe surtout dans la séfira de Malkhout, qui est en bas, « la fin de tous les degrés » ; le bitoul qui est au-dessus de la raison et de la connaissance procède de l'essence de l'âme, qui est au-dessus de l'intellect. Par cette émouna ou par ce bitoul, il ne reste plus aucun doute sur la voie par laquelle on le conduit : il est clair qu'on le conduit vers tout bien, jusqu'à la perfection ultime du bien, au point qu'il a le mérite de « tu verras ton monde de ton vivant ». Se révèle alors chez lui le niveau de « Mais c'est par le sort que le pays sera partagé » : en dessous de dix palmes, une âme dans un corps.
ט) וְהִנֵּה עַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא גַּם בִּכְלָלוּת עִנְיַן הָעֲבוֹדָה, שֶׁיֵּשׁ בָּהּ ג' אוֹפַנִּים: הָעֲבוֹדָה בְּנוֹגֵעַ לָסוּר מֵרָע וַעֲשֵׂה טוֹב בְּפוֹעַל, שֶׁהַמַּעֲשֶׂה הוּא הָעִיקָּר, וְעַל דֶּרֶךְ זֶה לָרַב תַּרְבֶּה וְגוֹמֵר וְלַמְעַט תַּמְעִיט וְגוֹמֵר, שֶׁעֲבוֹדָתוֹ שֶׁל כָּל אֶחָד הִיא לְפִי אוֹפֶן חֶלְקוֹ בָּעוֹלָם שֶׁנִּתַּן לוֹ שֶׁצָּרִיךְ לִפְעוֹל בּוֹ בִּשְׁנֵי הַקְוִין דְּסוּר מֵרָע וַעֲשֵׂה טוֹב. לְמַעְלָה יוֹתֵר הִיא הָעֲבוֹדָה שֶׁעַל פִּי רוּחַ הַקּוֹדֶשׁ, וּבָזֶה נִכְלְלוּ שְׁנֵי עִנְיָנִים. וְכַיָּדוּעַ שֶׁרוּחַ הַקֹּדֶשׁ הוּא בְּחִינַת מַלְכוּת שֶׁהִיא סְפִירָה הָעֲשִׂירִית, וְלִפְעָמִים מְבוֹאָר (בְּדִבּוּר הַמַּתְחִיל וּשְׁאַבְתֶּם מִכְּבוֹד קְדֻשַּׁת אדמו"ר (מֵהוֹרַבִּי שָׁלוֹם בֶּער) נִשְׁמָתוֹ עֵדֶן), שֶׁרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ הִיא בְּחִינַת חָכְמָה, שֶׁמִּשָּׁם שׁוֹאֲבִים רוּחַ הַקֹּדֶשׁ דִּבְחִינַת מַלְכוּת, [וְדֻגְמַת הַיָּדוּעַ בְּפֵרוּשׁ רֵאשִׁית, וּבְרֵאשִׁית ב' רֵאשִׁית, שֶׁשְּׁתֵּי הַבְּחִינוֹת דְּרֵאשִׁית (חָכְמָה וּמַלְכוּת) נַעֲשִׂים תֵּיבָה אַחַת], שֶׁבָּזֶה נִכְלָלוֹת כָּל הָעֶשֶׂר סְפִירוֹת, וְהַיְינוּ שֶׁהָעִנְיָן דרוה"ק כּוֹלֵל גְּםַהֲבַחְיָנוּת וְהַדְרָגוֹת שֶׁבֵּינְתַיִם דחכ' וּמַלְכוּת דִּבְנֶפֶשׁ. וּלְמַעְלָה יוֹתֵר הִיא הָעֲבוֹדָה דְּגוֹרָל, שֶׁגַּם בָּזֶה שְׁנֵי עִנְיָנִים, כְּמוֹ שֶׁמְּבָאֵר כְּבוֹד קְדֻשַּׁת אדמו"ר הַצֶּמַח צֶדֶק שְׁנֵי פֵּירוּשׁ בְּעִנְיַן הַגּוֹרָל, א' אֱמוּנָה, ב' בִּיטּוּל שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל. שֶׁשְּׁנֵי אוֹפַנִּים אֵלּוּ הֵם ב' קְצָווֹת, דְּעִנְיַן הָאֱמוּנָה הִיא בְּעִקָּר בִּסְפִירַת הַמַּלְכוּת שֶׁהִיא לְמַטָּה וְסוֹפָא דְּכָל דַּרְגִין, וְהַבִּטּוּל שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת הוּא מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל, שֶׁעַל יְדֵי אֱמוּנָה זוֹ אוֹ בִּיטּוּל זֶה לֹא נִשְׁאַר שׁוּם סָפֵק בְּאֵיזוֹ דֶּרֶךְ מוֹלִיכִין אוֹתוֹ, וְדָבָר בָּרוּר הוּא שֶׁמּוֹלִיכִין אוֹתוֹ לְכָל טוֹב, וְעַד לְתַכְלִית שְׁלֵימוּת הַטּוֹב, וְעַד שֶׁזּוֹכֶה לְעוֹלָמְךָ תִּרְאֶה בְּחַיֶּיךָ, שֶׁמִּתְגַּלֶּה אֶצְלוֹ בְּחִינַת אַךְ בְּגוֹרָל יֵחָלֵק אֶת הָאָרֶץ, לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים, נְשָׁמָה בְּגוּף.

Chapitre 10 · Ainsi et pas autrementי

Or, lors du partage de la Terre d'Israël, quand on y entra pour la première fois, il y avait les trois choses mentionnées plus haut : « Toutefois, c'est par le sort que le pays sera partagé », selon la parole de Hachem, par l'esprit saint, et « au plus nombreux tu augmenteras… et au moins nombreux tu diminueras… ». C'est par ces trois choses qu'on partagea le pays, de sorte que chacun avait sa vigne et son figuier, et que les enfants d'Israël vivaient dans le repos et la tranquillité, « chacun sous sa vigne et sous son figuier ». Il en sera de même maintenant aussi, par nos actes et notre service, et même « avec un surcroît d'élévation et un surcroît de force » par rapport à ce qui fut alors. En effet, la descente a été extrêmement grande au « talon du Machia'h » [ikveta dimechi'ha], et en particulier l'emprisonnement et l'exil des âmes générales, les chefs d'Israël, jusqu'à l'emprisonnement et l'exil du chef d'Israël de notre génération (avant le 12-13 Tamouz). Or, par sa guéoula [délivrance] - HaKadoch Barou'h Hou n'a pas délivré que lui, mais aussi « tous ceux qui chérissent notre sainte Torah, qui observent les mitsvot, et aussi ceux qui sont appelés du nom d'Israël » - cette guéoula est une préparation proche, un canal et un récipient [keli] pour attirer la guéoula générale de tous les enfants d'Israël, où qu'ils se trouvent : la Terre d'Israël sera de nouveau conquise, à la manière de « Je mettrai la paix dans le pays… et Je vous ferai marcher la tête haute [komemiyout] », par les trois modes du service : le sort, l'esprit saint, et « au plus nombreux tu augmenteras… ». L'essentiel et le fondement : par la décision ferme, avec mesirout néfech. Comme l'a dit celui dont on célèbre la joie [baal hasim'ha], la mesirout néfech, c'est la décision « ainsi et pas autrement » ; et lorsqu'un Juif dit qu'il en décide ainsi, peu importe quels étaient son état et sa situation l'instant d'avant. C'est ce que tranche le Rambam : dès que l'on dit « je veux », se révèle sa volonté véritable, à savoir que chaque Juif veut accomplir la volonté du Créateur et faire tout ce qui dépend de lui pour que s'accomplisse la volonté du Créateur,
י) וְהִנֵּה כְּמוֹ שֶׁבַּחֲלֻקַּת א"י שֶׁבְּהַכְנִיסָה לא"י בַּפַּעַם הָרִאשׁוֹנָה הָיוּ ג' הַדְּבָרִים הַנִּזְכָּר לְעֵיל (אַךְ בְּגוֹרָל יֵחָלֵק אֶת הָאָרֶץ, עַל פִּי ה' בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ, וְלָרַב תַּרְבֶּה וְגוֹמֵר וְלַמְעַט תַּמְעִיט וְגוֹמֵר), וְעַל יְדֵי ג' דְּבָרִים הַנִּזְכָּר לְעֵיל חִלְּקוּ אֶת הָאָרֶץ וּבְאוֹפֶן שֶׁלַּכִּי אִם הָיָה גַּפְנוֹ וּתְאֵנָתוֹ, וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל הָיוּ בִּמְנוּחָה וְשַׁלְוָה אִישׁ תַּחַת גַּפְנוֹ וְתַחַת תְּאֵנָתוֹ, עַל דֶּרֶךְ זֶה יִהְיֶה גַּם עַכְשָׁיו עַל יְדֵי מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ, וְעוֹד בְּיֶתֶר שְׂאֵת וְיֶתֶר עֹז מִכְּמוֹ שֶׁהָיָה אָז, מִכֵּיוָן שֶׁהָיָה יְרִידָה גְּדוֹלָה בְּיוֹתֵר בְּעִקְבְתָא דִּמְשִׁיחָא, וּבִפְרָט הַמַּאֲסָר וְהַגָּלוּת שֶׁל נְשָׁמוֹת כְּלָלִיּוֹת נְשִׂיאֵי יִשְׂרָאֵל, וְעַד לְהַמַּאֲסָר וְגָלוּת שֶׁל נְשִׂיא יִשְׂרָאֵל דְּדוֹרֵנוּ (לִפְנֵי יב-יג תַּמּוּז), הִנֵּה עַל יְדֵי הַגְּאוּלָּה שֶׁלּוֹ, אֲשֶׁר לֹא אוֹתוֹ בִּלְבַד גָּאַל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כִּי אִם גַּם אֶת כָּל מְחַבְּבֵי תּוֹרָתֵנוּ הק' שׁוֹמְרֵי מִצְוָה וְגַם אֶת אֲשֶׁר בְּשֵׁם יִשְׂרָאֵל יְכֻנֶּה, הֲרֵי גְּאֻלָּה זוֹ הִיא הֲכָנָה קְרוֹבָה וְצִנּוֹר וּכְלִי לְהַמְשִׁיךְ גְּאֻלָּה הַכְּלָלִית שֶׁל כָּל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בְּכָל מָקוֹם שֶׁהֵם, שֶׁיִּהְיֶה שׁוּב פַּעַם כִּיבּוּשׁ א"י וּבְאוֹפֶן דִּוְנָתַתִּי שָׁלוֹם בָּאָרֶץ וְגוֹמֵר וָאוֹלֵךְ אֶתְכֶם קוֹמְמִיּוּת, עַל יְדֵי ג' אוֹפַנֵּי הָעֲבוֹדָה דְּגוֹרָל רוּחַ הַקֹּדֶשׁ וְלָרַב תַּרְבֶּה וְגוֹמֵר. וְהָעִקָּר וְהַיְּסוֹד – עַל יְדֵי הַהַחְלָטָה בְּתוֹקֶף וּבִמְסִירוּת נֶפֶשׁ וּכְמַאֲמַר בַּעַל הַשִּׂמְחָה שֶׁעִנְיַן הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ הוּא הַהַחְלָטָה אַזוֹי אוּן נִיט אַנְדֶערְשׁ, אוּן אָז א אִיד זָאגְט (כַּאֲשֶׁר יְהוּדִי אוֹמֵר) שֶׁהוּא מַחְלִיט כֵּן, אֵין נפק"מ אֵיךְ הָיָה מַצָּבוֹ וּמַעֲמָדוֹ בְּרֶגַע שֶׁלִּפְנֵי זֶה, וְכִפְסַק הָרַבִּי מֹשֶׁה בֶּן מַיְמוֹן שֶׁמִּיָּד כְּשֶׁאוֹמֵר רוֹצֶה אֲנִי מִתְגַּלֶּה רְצוֹנוֹ הָאֲמִתִּי מַה שֶׁכָּל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל רוֹצֶה לְקַיֵּים אֶת רְצוֹן הַבּוֹרֵא וְלַעֲשׂוֹת כָּל הַתָּלוּי בּוֹ שֶׁיְּקֻיַּם רְצוֹן הַבּוֹרֵא,
et par là s'accomplira aussi la volonté du Créateur (qui est l'essence du bien, et il est dans la nature du bien de faire le bien) : faire sortir chaque Juif de l'exil, où qu'il se trouve, à la manière de « et vous, vous serez glanés un à un, enfants d'Israël ». Cette manière montre la grandeur de l'affection, la grandeur de l'amour et la grandeur de la hachga'ha pratit [l'attention que D.ieu porte à chaque détail de la création] envers chaque Juif. « Et Il nous conduira la tête haute vers notre terre », très bientôt, réellement, par la venue de Machia'h, notre juste.
שֶׁבָּזֶה גַּם שֶׁיְּקֻיַּם רְצוֹן הַבּוֹרֵא (שֶׁהוּא עֶצֶם הַטּוֹב וּמַטְבֵּעַ הַטּוֹב לְהֵטִיב) לְהוֹצִיא אֶת כָּל אֶחָד וְאֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל מֵהַגָּלוּת בְּכָל מָקוֹם שֶׁהוּא, וּבְאוֹפֶן דְּוְאַתֶּם תְּלֻקְּטוּ לְאַחַד אֶחָד בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, שֶׁאוֹפֶן זֶה מַרְאֶה גּוֹדֶל הַחֲבִיבוּת וְגוֹדֶל הָאַהֲבָה וְגֻדְלַהְהָשְׁגָּחָהּ פְּרָטִית עַל כָּל אֶחָד וְאֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל, וְיוֹלִיכֵנוּ קוֹמְמִיּוּת לְאַרְצֵנוּ בְּקָרוֹב מַמָּשׁ בְּבִיאַת מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ.