Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu vocalisé : Lessons in Sefer HaMaamarim (Sichos in English, Kehot), chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard, vérifiée sur la traduction anglaise de Sichos in English ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus et de Lessons in Sefer HaMaamarim.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu vocalisé : Lessons in Sefer HaMaamarim (Sichos in English, Kehot), chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard, vérifiée sur la traduction anglaise de Sichos in English ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus et de Lessons in Sefer HaMaamarim.
« Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, et les fleuves ne le submergeront pas. Si un homme donnait toute la richesse de sa maison pour l'amour, on ne ferait que le mépriser. »
« Les grandes eaux [mayim rabim] ne pourront éteindre l'amour, et les fleuves ne le submergeront pas », etc. Il est dit dans les discours des Rebbeïm précédents que les « grandes eaux [mayim rabim] » désignent tous les tracas de la parnassa [subsistance] et les pensées qui touchent aux affaires de ce monde. Et malgré tout, elles ne pourront éteindre l'amour caché qui se trouve dans toute âme d'Israël,
« et les fleuves ne le submergeront pas » : même lorsque ces pensées accaparent à l'extrême, au point de vagabonder en une course perpétuelle, sans la moindre interruption, comme les fleuves qui jaillissent sans cesse et s'écoulent en un grand flot, elles ne submergeront pourtant pas l'amour (et ne pourront l'éteindre).
Voici l'explication du choix précis de l'expression « tracas de la parnassa ». Il est écrit : « Le labeur de tes mains, quand tu en mangeras », etc. On connaît la précision que l'on relève ici : le labeur de tes mains précisément, et non le labeur du cerveau et du cœur.
En d'autres termes : il faut certes une action dans laquelle viendra se revêtir l'abondance d'en haut (car, en ce monde-ci, l'abondance est attirée à travers le vêtement de la nature), comme il est écrit : « Havayé ton D.ieu te bénira dans tout ce que tu feras » (précisément). Parfois même (tant le voilement et l'occultation sont grands), un labeur est nécessaire. Néanmoins, on n'a à employer à cette action que ses forces extérieures, « le labeur de tes mains » [les mains et les autres membres extérieurs], et non ses forces intérieures et élevées (celles du cerveau et du cœur). Ces forces-là, en effet, doivent être consacrées au service de son Créateur, qui est la finalité même de sa création.
Et bien que, l'abondance étant occultée et dissimulée dans les vêtements de la nature, il faille aussi user de son intelligence pour les besoins de l'affaire, cela se borne à ce qui doit nécessairement être fait, et non à un labeur fait de subtilités et de stratagèmes.
En particulier, puisque « c'est la bénédiction de Havayé qui enrichit » et que l'affaire n'est qu'un vêtement pour la bénédiction de Havayé (et non que l'affaire soit la source de sa parnassa, à D.ieu ne plaise), on comprend dès lors qu'il en va comme des vêtements au sens simple : « Qui multiplie les vêtements ne gagne rien de plus ; bien au contraire, il cause davantage de dommage. »
Tel est donc le sens précis de l'expression « tracas de la parnassa ». Même si l'homme se trouve dans un état inférieur, où il a des tracas de la parnassa [ce qui montre qu'il ne médite pas comme il le faudrait, en son for intérieur, sur le fait que « c'est la bénédiction de Havayé qui enrichit »], même ces tracas ne pourront éteindre, à D.ieu ne plaise, l'amour caché qui se trouve en chacun d'Israël.
Or, ce que l'affirmation « les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour » apporte de nouveau est ceci. On sait que la racine des grandes eaux [ce sont les soucis de la parnassa] se situe au niveau du Tohou, qui a précédé le Tikoun. C'est pourquoi elles sont appelées « grandes eaux » [héb. mayim rabim, litt. : « eaux nombreuses »] : elles sont « nombreuses » (aussi) du point de vue de leur racine et de leur source.
C'est là la nouveauté en ceci : « les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, et les fleuves ne le submergeront pas ». Bien que la racine des grandes eaux et des fleuves se situe au niveau du Tohou, qui a précédé le Tikoun (racine de l'âme divine), elles ne pourront pourtant pas éteindre, à D.ieu ne plaise, l'amour que renferme l'âme divine.
La raison en est (comme il est écrit juste avant) : « Ses étincelles sont des étincelles de feu, flamme de Ya-H ». La racine de l'âme, et de l'amour caché qu'elle renferme, se trouve dans l'Essence de l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui transcende même le niveau du Tohou. En effet, la racine de l'amour de l'âme divine se situe au niveau de la « flamme de Ya-H » telle qu'elle est liée et enfouie dans la braise (« étincelles de feu ») et, plus haut encore, telle qu'elle se trouve au niveau du silex [tsour] (qui transcende Havayé), là où est la racine de l'âme. C'est ce qu'explique le Likouteï Torah à propos du verset [passouk] « et le souffle retournera à Elokim qui l'a donné » : le niveau d'Elokim (« qui l'a donné ») est le niveau du silex dont il vient d'être question.
Or, non seulement ces grandes eaux n'ont pas le pouvoir d'éteindre, à D.ieu ne plaise, l'amour de l'âme, mais plus encore : elles donnent à cet amour une supériorité [héb. yitron]. Par sa descente ici-bas, dans ce monde-ci, et par son enveloppement dans ces grandes eaux, l'âme atteint en effet un degré plus élevé que celui qui était le sien avant de descendre.
[C'est là le but ultime de ces grandes eaux. C'est pourquoi, en fin de compte, elles n'ont pas le pouvoir d'éteindre l'amour : le but le plus profond des grandes eaux elles-mêmes est, bien au contraire, de conférer à l'amour une supériorité.]
Dans le service, l'élévation que l'âme acquiert par sa descente ici-bas et son enveloppement dans ces grandes eaux consiste en ce qu'elle parvient à la téchouva. On sait en effet qu'avant de descendre dans le corps, les âmes sont au niveau de tsadikim parfaits. La supériorité qu'elles acquièrent par leur descente dans le corps est de devenir des personnes qui reviennent vers Hachem [baalei téchouva]. Or « à l'endroit où se tiennent les baalei téchouva, les tsadikim parfaits ne se tiennent pas » ; bien plus, ils ne peuvent pas s'y tenir : cela n'est (même) pas en leur pouvoir.
Telle est la raison pour laquelle l'âme est descendue ici-bas. La téchouva [qui ne porte pas nécessairement sur des transgressions, mais consiste à ramener l'âme à sa source et à sa racine] n'a précisément lieu d'être que lorsqu'on ne se trouve pas à sa place véritable (sa source et sa racine). Alors seulement il devient possible de revenir à sa racine et à sa source — au sens de « et le souffle retournera à Elokim qui l'a donné ».
Et puisque la grandeur du baal téchouva dépasse celle des tsadikim [au point que la différence entre eux est sans commune mesure ; c'est pourquoi, comme on l'a vu, les tsadikim parfaits ne peuvent pas se tenir à l'endroit où se tiennent les baalei téchouva], la téchouva qui apparaît de façon nouvelle dans l'âme lors de sa descente ici-bas l'élève au-delà même de ce qu'elle était dans sa racine, au niveau d'« Elokim qui l'a donné ».
Et bien que la racine des âmes se trouve dans Son Essence, béni soit-Il, qui est au-delà de toutes les révélations, on peut néanmoins dire que par la téchouva (lors de leur descente ici-bas), elles connaissent une élévation, même par rapport au degré qui était le leur dans leur racine. Que la racine des âmes soit au-delà de toutes les révélations ressort (aussi) de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des tsadikim ». La notion de consultation [hamlakha] s'applique en effet même aux révélations les plus élevées (puisqu'elles procèdent de la volonté et non de la nécessité, à D.ieu ne plaise). On comprend donc que les âmes avec lesquelles Il a pris conseil sont au-dessus de toutes les révélations.
Cela se comprendra à la lumière de ce qu'a écrit le Rav, le Maguid, pour expliquer la parole de nos Sages, de mémoire bénie : « Israël est monté dans la Pensée ». C'est comme l'image d'un homme qui a un fils : même quand le fils a quitté sa vue et s'est éloigné de lui, la forme du fils reste gravée dans la pensée du père. Seulement, chez les hommes, cela ne vaut que pour celui qui a déjà un fils, etc. Mais pour Hachem, béni soit-Il, on peut dire que même avant la création d'Israël, leur forme était gravée dans la Pensée, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Israël est monté dans la Pensée ». Car pour Lui, béni soit-Il, le passé et l'avenir ne font qu'un.
On en déduit ceci. Les âmes sont enracinées dans Son Essence, béni soit-Il, et c'est avec elles qu'Il a pris conseil, etc. : il s'agit là des âmes telles qu'elles sont en tant que créatures (et telles qu'elles descendent ici-bas). Simplement, cette forme (elle aussi) est gravée dans Sa pensée, béni soit-Il, puisque pour Lui, béni soit-Il, le passé et l'avenir ne font qu'un. C'est ce que l'on sait de l'explication de « Avec qui a-t-Il pris conseil, etc. » : ce qui est monté devant Lui, béni soit-Il, c'est le délice qu'Il prendrait, pour ainsi dire, au service des âmes ici-bas.
Cela permet de comprendre l'élévation que les âmes acquièrent par leur descente ici-bas, alors que même avant leur descente, elles sont enracinées dans Son Essence, béni soit-Il. En effet, si elles sont enracinées dans Son Essence, béni soit-Il (et si c'est avec elles qu'Il a pris conseil, etc.), c'est parce qu'Il sait, béni soit-Il, qu'elles descendront ensuite ici-bas, etc., et qu'elles mèneront l'intention à son accomplissement.
Et bien que, dès le départ, on sache avec une certitude absolue qu'elles mèneront l'intention à son accomplissement, cela n'est encore qu'en puissance. Or le sommet de l'élévation (et de l'intention), c'est l'acte.
[C'est aussi ce qu'implique la formulation précise « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des tsadikim ». Tant qu'elles se trouvent au stade de la consultation [où leur élévation n'est qu'en puissance, puisque l'on sait qu'elles mèneront l'intention à son accomplissement], elles sont au niveau de tsadikim. Après leur descente ici-bas [où elles accomplissent l'intention en acte], elles accèdent au niveau de baalei téchouva.]
On peut rattacher cela à « Et Yaakov alla son chemin » (que l'on dit à la sortie du chabbat de la paracha Noa'h). Après le mois de Tichri, il va son chemin (aussi) dans les affaires facultatives [inyanei hareshout] et les activités profanes, jusqu'au niveau des « grandes eaux » [mayim rabim] mentionné plus haut. Et pourtant, c'est précisément par là qu'il s'élève davantage : il devient « celui qui marche » [mehalekh], selon les termes mêmes du verset [passouk] : « Et Yaakov alla son chemin ».
Cette connaissance [que la descente (en suivant son chemin dans les affaires facultatives, etc.) est au service d'une élévation] fait que la marche s'accomplit dans la joie et de bon cœur [à l'instar de ce qui est écrit à propos de Yaakov : « Yaakov leva ses pieds, etc. » — dès qu'il eut reçu une bonne nouvelle, etc.]. Son service atteint alors une perfection totale et va au-delà de toute mesure et de toute limite (le niveau de « de tout ton pouvoir » [bekhol meodekha]), car la joie brise toutes les barrières.
Et du fait qu'il accomplit son service [dans les trois lignes (les trois fils de Noa'h) que sont la Torah, la avoda [service de D.ieu] et les actes de bonté [guemilout 'hassadim]] dans la plus parfaite plénitude, dans la joie et dans le contentement du cœur, la bénédiction de Havayé est aussi attirée vers lui pour tout ce dont il a besoin [dans les trois domaines des enfants, de la vie et de la subsistance [bané, 'hayé oumezoné]], dans la plus parfaite plénitude, dans la joie et dans le contentement du cœur, tant dans le spirituel que dans le matériel, et dans le spirituel et le matériel à la fois.