HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5738
MAAMARמאמר
מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה
« Dès que le soleil se couche »
Zot 'Hanoucca 5738 [1977]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשל"ח · 1977
MAAMARמאמר

מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה

« Dès que le soleil se couche »

Zot 'Hanoucca 5738 [1977]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Avec l’aide du Ciel. Zot 'Hanoucca 5738 [1977]. Sa mitsva (celle de la lumière de 'Hanoucca) s’accomplit « à partir du coucher du soleil, jusqu’à ce que les passants aient disparu du marché », etc. : « jusqu’à ce que disparaisse le pied des Tarmodaï ». Les discours des Rebbeïm précédents expliquent la différence entre les lumières de 'Hanoucca et celles du Beth HaMikdach et de Chabbat. Les lumières du Beth HaMikdach et celles de Chabbat s’allument quand il fait encore jour [en effet, on allumait les lumières du Beth HaMikdach dès le plag hamin'ha, bien avant (une heure et quart) le coucher du soleil. Les lumières de Chabbat doivent elles aussi être allumées avant le coucher du soleil, pour respecter le Chabbat]. La mitsva de la lumière de 'Hanoucca, elle, s’accomplit à partir du coucher du soleil. On a pourtant institué la lumière de 'Hanoucca à cause du miracle survenu avec les lumières du Beth HaMikdach. Il aurait donc convenu de l’allumer à la même heure que les lumières du Beth HaMikdach, d’autant que « tout ce que nos Sages ont institué, ils l’ont institué sur le modèle de la Torah ». Et néanmoins, sa mitsva s’accomplit précisément à partir du coucher du soleil. On en connaît l’explication : « à partir du coucher du soleil » renvoie au temps de la galout, que l’on appelle « obscurité ». La cause de l’obscurité de la galout est l’obscurité spirituelle, c’est-à-dire les fautes, l’inverse de « la mitsva est une lampe et la Torah, lumière ». C’est ce que nous disons : « À cause de nos fautes, nous avons été exilés. » Voilà pourquoi la mitsva de la lumière de 'Hanoucca s’accomplit à partir du coucher du soleil : la lumière de 'Hanoucca a pour fonction d’éclairer l’obscurité de la galout [car l’époque du miracle de 'Hanoucca porte elle aussi le nom de galout, la galout grecque, bien que le Beth HaMikdach fût alors debout. C’était surtout le cas en ces jours-là (avant le miracle), quand l’obscurité gagnait en force, comme on le comprend de la formule de Al HaNissim, qui évoque la gravité des épreuves, etc., subies à cette époque]. C’est aussi pourquoi le temps de la lumière de 'Hanoucca court « jusqu’à ce que les passants aient disparu du marché », « jusqu’à ce que disparaisse le pied des Tarmodaï ». Les Tarmodaï sont ceux qui se révoltent contre la royauté céleste [malkhout chamayim] (תרמוד a les mêmes lettres que מורדת, « révoltée »). Ils s’attardent au marché, c’est-à-dire au niveau du domaine public [rechout harabim], les « montagnes de la séparation » [touréi difrouda]. « Jusqu’à ce que disparaisse [dekhalia] le pied des Tarmodaï » se comprend dans les deux sens du mot. D’une part, l’éclat des lumières de 'Hanoucca fait disparaître et annule le pied des Tarmodaï. D’autre part, l’éclat des lumières de 'Hanoucca suscite l’aspiration ardente [kilayon] jusque dans le pied des Tarmodaï : les révoltés eux-mêmes s’annuleront, se transformeront et parviendront à l’aspiration ardente de l’âme [kelot hanéfech], au point que leur soif et leur aspiration seront « d’une force plus grande » [car la soif des ceux qui reviennent vers Hachem [baalei téchouva] est d’une force plus grande que celle des tsadikim]. En effet, « l’avantage de la lumière » vient précisément « de l’obscurité ».
בס"ד. זֹאת חֲנוּכָּה, ה'תשל"ח מִצְוָתָהּ (שֶׁל נ"ח) מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק כו' עַד דכליא רִגְלָא דתרמודאי, וּמְבֹאָר בִּדְרוּשֵׁי רַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ הַחִילּוּק שֶׁבֵּין נֵרוֹת חֲנוּכָּה לְנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ וְנֵרוֹת שַׁבָּת, דְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ וְנֵרוֹת שַׁבָּת זְמַן הַדְלָקָתָם הוּא מִבְּעוֹד יוֹם [דְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ הִדְלִיקוּ מִפְּלַג הַמִּנְחָה, שֶׁהוּא הַרְבֵּה (שָׁעָה וּרְבִיעַ) קֹדֶם שְׁקִיעַת הַחַמָּה. וְגַם נֵרוֹת שַׁבָּת צָרִיךְ לְהַדְלִיקָן קֹדֶם שְׁקִיעַת הַחַמָּה, מִצַּד שְׁמִירַת שַׁבָּת], משא"כ נֵר חֲנוּכָּה מִצְוָתָהּ הִיא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה. דַּהֲגַם דְּזֶה שֶׁתִּקְּנוּ נ"ח הוּא מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וא"כ הי' רָאוּי שתהי' זְמַן הַדְלָקָתָהּ כְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וּבִפְרָט דְּכָל דתקון רבנן כְּעֵין דאורייתא תקון, ומ"מ מִצְוָתָהּ הִיא דַּוְקָא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה. וְיָדוּעַ הַבֵּיאוּר בָּזֶה, שֶׁעִנְיַן מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה קאי עַל זְמַן הַגָּלוּת שֶׁנִּקְרָא בְּשֵׁם חוֹשֶׁךְ. וְהַסִּבָּה לְחֹשֶׁךְ הַגָּלוּת הִיא הַחוֹשֶׁךְ הָרוּחָנִי – עִנְיַן הַחֲטָאִים שֶׁהֵם הֵפֶךְ נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר, כְּמוֹ שֶׁאוֹמְרִים וּמִפְּנֵי חֲטָאֵינוּ גָּלִינוּ. וְזֶהוּ מַה שנ"ח מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה, כִּי עִנְיַן נ"ח הוּא לְהָאִיר אֶת חוֹשֶׁךְ הַגָּלוּת [שֶׁהֲרֵי הַזְּמַן דְּנֵס חֲנוּכָּה (אַף שֶׁאָז הי' ביהמ"ק קַיָּם) נִקְרָא ג"כ בְּשֵׁם גָּלוּת, גָּלוּת יָוָן, וּבִפְרָט בַּיָּמִים הָהֵם (שֶׁלִּפְנֵי הַנֵּס) שהי' הִתְגַּבְּרוּת הַחוֹשֶׁךְ, וְכַמּוּבָן מִנּוּסַח וְעַל הַנִּסִּים גּוֹדֶל הַצָּרוֹת וכו' שֶׁהָיוּ אָז]. וְזֶהוּ ג"כ מַה שֶׁזְּמַנָּהּ שֶׁל נ"ח הוּא עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק עַד דכליא רִגְלָא דתרמודאי, תַּרְמוֹדָאֵי הֵם הַמּוֹרְדִים בְּמַלְכוּת שָׁמַיִם (תַּרְמוֹד אוֹתִיּוֹת מוֹרֶדֶת) וְהֵם מִתְעַכְּבִים בשוקבחי' רה"ר טורי דפרודא. וְעַד דכליא רִגְלָא דתרמודאי בב' הַפֵּירוּשִׁים. שֶׁהָאוֹר דנ"ח מְכַלֶּה וּמְבַטֵּל אֶת רִגְלָא דתרמודאי, וְשֶׁהָאוֹר דנ"ח פּוֹעֵל עִנְיַן הַכִּלָּיוֹן גַּם בְּרִגְלָא דתרמודאי, שֶׁגַּם הַמּוֹרְדִים יִתְבַּטְּלוּ וְיִתְהַפְּכוּ וְיָבוֹאוּ לִכְלוֹת הַנֶּפֶשׁ, וְעַד שֶׁהַצִּמָּאוֹן וְהַכִּלָּיוֹן שֶׁלָּהֶם הוּא בְּיֶתֶר עֹז שֶׁהַצִּמָּאוֹן שֶׁל בע"ת הוּא בְּיֶתֶר עֹז מִצִּמְאוֹן הַצַּדִּיקִים], כִּי יִתְרוֹן הָאוֹר הוּא מִן הַחוֹשֶׁךְ דַּוְקָא.
Or, on sait que toute existence dans le monde, y compris le côté opposé [le'oumat zé], a un commencement et une racine dans la sainteté. (Nos Sages, de mémoire bénie, vont plus loin encore : « Il n’y a rien d’autre en dehors de Lui », pas même les sortilèges, qui contredisent la cour céleste.) Seulement, certaines choses ne peuvent pas être attirées depuis leur source par voie d’enchaînement [hichtalchelout], même par un enchaînement d’un très grand nombre de degrés. Il faut en outre une interruption, un contraction, occultation [tsimtsoum], un écran, une brisure, etc. On comprend ainsi ce qu’il en est des choses évoquées plus haut : leur commencement et leur source sont dans la sainteté, mais elles proviennent d’un tsimtsoum, d’une interruption, etc., et d’une brisure, etc. [Ainsi de Pharaon (dont parle notre paracha) : à sa racine, il est ce qu’il y a de plus élevé dans la sainteté. On sait en effet que Pharaon désigne « ce dont toutes les lumières se dégagent et se révèlent ». C’est ainsi que, par de nombreux degrés d’enchaînement et par la brisure, etc., est né Pharaon, roi d’Égypte., « le grand crocodile couché au milieu de ses fleuves, qui dit : “Mon fleuve est à moi, c’est moi qui me suis fait” ».] Le fait même qu’elles soient tombées si bas prouve que leur racine est d’un niveau extrêmement élevé : plus une chose est haute, plus elle descend bas. C’est pourquoi, lorsqu’on opère le birour [tri, clarification] des choses tombées le plus bas [comme le birour de Pharaon, qui ne s’accomplit que par Moché Rabbénou, grâce à la force particulière qui lui fut donnée pour cela : « Viens vers Pharaon »], elles s’élèvent jusqu’à leur racine, qui est extrêmement haute. Plus encore : toute descente a pour but une élévation. Leur élévation après le birour dépasse donc ce qu’elles étaient dans leur racine avant la descente et la chute.
וְהִנֵּה יָדוּעַ שֶׁכָּל מְצִיאוּת שֶׁבָּעוֹלָם, גַּם הלעו"ז, יֵשׁ לָהּ הַתְחָלָה וְשֹׁרֶשׁ בִּקְדוּשָּׁה (וִיתֵירָה מִזֶּה ארז"ל אֵין עוֹד מִלְּבַדּוֹ וַאֲפִילוּ כְּשָׁפִים שֶׁמַּכְחִישִׁין פָּמַלְיָא שֶׁל מַעְלָה). אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ דְּבָרִים שֶׁאִי אֶפְשָׁר שֶׁיּוּמְשְׁכוּ מִמְּקוֹרָם ע"י הִשְׁתַּלְשְׁלוּת (גַּם הִשְׁתַּלְשְׁלוּת שֶׁל רִיבּוּי דְּרָגוֹת בְּיוֹתֵר), כִּי אִם צ"ל גַּם הֶפְסֵק אוֹ צִמְצוּם אוֹ מָסָךְ אוֹ שְׁבִירָה וכו'. וּמִזֶּה מוּבָן בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיָנִים הנ"ל שֶׁהַתְחָלָתָם וּמְקוֹרָם בִּקְדוּשָּׁה, אֶלָּא שֶׁבָּאִים ע"י צִמְצוּם וְהֶפְסֵק וכו' וּשְׁבִירָה וכו'. [וּבְדוּגְמַת עִנְיַן פַּרְעֹה (שֶׁבְּפַרְשָׁתֵנוּ), שֶׁבְּשָׁרְשׁוֹ הו"ע הכי נַעֲלֶה בִּקְדוּשָּׁה, כַּיָּדוּעַ שֶׁפַּרְעֹה הוּא דְּאִתְפַּרִיעוּ ואתגלין מיני' כָּל נהורין, וע"י רִיבּוּי הִשְׁתַּלְשְׁלוּת וּשְׁבִירָה וכו' בָּא מִזֶּה פַּרְעֹה מֶלֶךְ מִצְרַיִם, הַתַּנִּים הַגָּדוֹל הָרֹבֵץ בְּתוֹךְ יְאֹרָיו וְאוֹמֵר לִי יְאֹרִי וַאֲנִי עֲשִׂיתִנִי]. וּמִזֶּה גּוּפָא שֶׁנָּפְלוּ לְמַטָּה כ"כ מוּכָח שֶׁשָּׁרְשָׁם הִיא בְּחִינָה נַעֲלֵית בְּיוֹתֵר, דְּכָל הַגָּבוֹהַּ גָּבוֹהַּ יוֹתֵר יוֹרֵד לְמַטָּה מַטָּה יוֹתֵר. וְלָכֵן ע"י שֶׁמְּבָרְרִים הָעִנְיָנִים שֶׁנָּפְלוּ לְמַטָּה בְּיוֹתֵר [וּכְמוֹ הַבֵּירוּר דְּפַרְעֹה שֶׁהוּא דַּוְקָא ע"י מֹשֶׁה רַבֵּינוּ, וע"י שֶׁנִּתַּן לוֹ עַל זֶה כֹּחַ מְיוּחָד, בָּא אֶל פַּרְעֹה] מִתְעַלִּים הֵם לְשָׁרְשָׁם שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ גָּבוֹהַּ בְּיוֹתֵר. וִיתֵירָה מִזּוֹ, מִכֵּיוָן שֶׁכָּל יְרִידָה הִיא צוֹרֶךְ עלי', הֲרֵי עֲלִיָּתָם לְאַחֲרֵי הַבֵּירוּר הִיא לְמַעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ בְּשָׁרְשָׁם קֹדֶם הַיְרִידָה וְהַנְּפִילָה.
Cela permet de comprendre pourquoi, à propos de « à partir du coucher du soleil », on cite la parole du Zohar sur le verset [passouk] « et vers son lieu il aspire ; là il se lève » : « Quand le soleil s’en va vers l’occident, cet occident est appelé “son lieu” du soleil », etc. On en connaît l’explication. L’occident est royauté [Malkhout] (selon l’adage : « la Chekhina est à l’occident »). « Quand le soleil s’en va vers l’occident », c’est l’épanchement et la descente de Zeïr Anpin (le soleil) dans Malkhout, et jusque dans Malkhout en tant qu’elle devient la source de Beria-Yetsira-Création, Formation, Action [Assia], au point que « la lumière d’Atsilout [Émanation] se couche ». Et pourtant, « cet occident est appelé “son lieu” du soleil », etc. : c’est là son vrai lieu (car l’intention véritable de l’émanation d’Atsilout est la venue à l’existence de Beria-Yetsira-Assia). Bien plus, c’est précisément « là qu’il se lève » : l’essentiel et la vérité du lever se trouvent précisément dans Beria-Yetsira-Assia. Comme l’explique le livre du Tanya
ועפ"ז יוּבַן מַה שֶׁמּוּבָא בְּעִנְיַן מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה מַאֲמַר הַזֹּהַר עה"פ וְאֶל מְקוֹמוֹ שׁוֹאֵף זוֹרֵחַ הוּא שָׁם, כַּד אזיל שמשא לַמַּעֲרָב האי מַעֲרָב אקרי מְקוֹמוֹ דשמשא כו'. וְיָדוּעַ הַבֵּיאוּר בָּזֶה, מַעֲרָב הוּא מַלְכוּת (כְּמַאֲמַר שְׁכִינָה בַּמַּעֲרָב), וכד אזיל שמשא לַמַּעֲרָב הוּא הַמְשָׁכַת וִירִידַת ז"א (שֶׁמֶשׁ) בְּמַלְכוּת, עַד בְּהַמַּלְכוּת כְּמוֹ שֶׁנַּעֲשֵׂית מָקוֹר לבי"ע וְעַד ש"נשקע אוֹר הָאֲצִילוּת", ואעפ"כ האי מַעֲרָב אקרי מְקוֹמוֹ דשמשא כו', שֶׁזֶּה הוּא מְקוֹמוֹ הָאֲמִיתִּי (כִּי הַכַּוָּונָה הָאֲמִיתִּית בְּהַאֲצָלַת הָאֲצִילוּת הִיא בִּשְׁבִיל הִתְהַוּוּת בי"ע), וְעַד שֶׁשָּׁם דַּוְקָא זוֹרֵחַ הוּא, שֶׁעִקָּר וַאֲמִתִּית עִנְיַן הַזְּרִיחָה הוּא בבי"ע דַּוְקָא. וְכַמְבוֹאָר בְּסֵפֶר תניא
Avec l’aide du Ciel. Zot 'Hanoucca, 5738 [1977]. Sa mitsva (celle de la lumière de 'Hanoucca) s’accomplit « à partir du coucher du soleil jusqu’à ce que les pas aient disparu du marché », etc., « jusqu’à ce que disparaissent les pas des Tarmodaï »,
בס"ד. זֹאת חֲנוּכָּה, ה'תשל"ח. מִצְוָתָהּ (שֶׁל נ"ח) מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק כו' עַד דכליא רִגְלָא דתרמודאי,
Il est expliqué dans les discours des Rebbeïm précédents la différence entre les lumières de 'Hanoucca et celles du le Temple [Beth HaMikdach] et de Chabbat. Les lumières du Beth HaMikdach et celles de Chabbat s’allument quand il fait encore jour [car on allumait les lumières du Beth HaMikdach à partir de plag ha-min'ha, bien avant (une heure et quart) le coucher du soleil. Les lumières de Chabbat, elles aussi, doivent être allumées avant le coucher du soleil, en raison de l’observance du Chabbat]. La lumière de 'Hanoucca, en revanche, a pour mitsva d’être allumée à partir du coucher du soleil.
וּמְבֹאָר בִּדְרוּשֵׁי רַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ הַחִילּוּק שֶׁבֵּין נֵרוֹת חֲנוּכָּה לְנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ וְנֵרוֹת שַׁבָּת, דְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ וְנֵרוֹת שַׁבָּת זְמַן הַדְלָקָתָם הוּא מִבְּעוֹד יוֹם [דְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ הִדְלִיקוּ מִפְּלַג הַמִּנְחָה, שֶׁהוּא הַרְבֵּה (שָׁעָה וּרְבִיעַ) קֹדֶם שְׁקִיעַת הַחַמָּה. וְגַם נֵרוֹת שַׁבָּת צָרִיךְ לְהַדְלִיקָן קֹדֶם שְׁקִיעַת הַחַמָּה, מִצַּד שְׁמִירַת שַׁבָּת], משא"כ נֵר חֲנוּכָּה מִצְוָתָהּ הִיא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה.
Car bien que la lumière de 'Hanoucca ait été instituée en raison du miracle survenu avec les lumières du Beth HaMikdach, il aurait donc été logique de l’allumer à la même heure que ces lumières. C’est d’autant plus vrai que « tout ce qu’ont institué nos Sages, ils l’ont institué à l’image de ce qui est prescrit par la Torah ». Et pourtant, sa mitsva s’accomplit précisément à partir du coucher du soleil.
דַּהֲגַם דְּזֶה שֶׁתִּקְּנוּ נ"ח הוּא מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וא"כ הי' רָאוּי שתהי' זְמַן הַדְלָקָתָהּ כְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וּבִפְרָט דכל דתקון רבנן כְּעֵין דאורייתא תקון, ומ"מ מִצְוָתָהּ הִיא דַּוְקָא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה.
L’explication en est connue : « à partir du coucher du soleil » se rapporte au temps de la galout, qui porte le nom d’« obscurité ». Or l’obscurité de la galout a pour cause l’obscurité spirituelle, c’est-à-dire les fautes. Celles-ci sont l’opposé de « la mitsva est une lampe et la Torah, lumière », comme nous le disons : « À cause de nos fautes, nous avons été exilés ».
וְיָדוּעַ הַבֵּיאוּר בָּזֶה, שֶׁעִנְיַן מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה קאי עַל זְמַן הַגָּלוּת שֶׁנִּקְרָא בְּשֵׁם חוֹשֶׁךְ. וְהַסִּבָּה לְחֹשֶׁךְ הַגָּלוּת הִיא הַחוֹשֶׁךְ הָרוּחָנִי – עִנְיַן הַחֲטָאִים שֶׁהֵם הֵפֶךְ נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר, כְּמוֹ שֶׁאוֹמְרִים וּמִפְּנֵי חֲטָאֵינוּ גָּלִינוּ.
Voilà pourquoi la lumière de 'Hanoucca a pour mitsva d’être allumée à partir du coucher du soleil : elle a pour rôle d’éclairer l’obscurité de la galout [car l’époque du miracle de 'Hanoucca (bien que le Beth HaMikdach existât alors) porte elle aussi le nom de galout, la galout de Grèce. C’est particulièrement vrai de ces jours-là (avant le miracle), où l’obscurité s’était renforcée, comme on le comprend de la formule de « Al HaNissim » : la gravité des détresses, etc., qui régnaient alors].
וְזֶהוּ מַה שנ"ח מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה, כִּי עִנְיַן נ"ח הוּא לְהָאִיר אֶת חוֹשֶׁךְ הַגָּלוּת [שֶׁהֲרֵי הַזְּמַן דְּנֵס חֲנוּכָּה (אַף שֶׁאָז הי' ביהמ"ק קַיָּם) נִקְרָא ג"כ בְּשֵׁם גָּלוּת, גָּלוּת יָוָן, וּבִפְרָט בַּיָּמִים הָהֵם (שֶׁלִּפְנֵי הַנֵּס) שהי' הִתְגַּבְּרוּת הַחוֹשֶׁךְ, וְכַמּוּבָן מִנּוּסַח וְעַל הַנִּסִּים גּוֹדֶל הַצָּרוֹת וכו' שֶׁהָיוּ אָז].
Cela explique aussi que le temps de la lumière de 'Hanoucca dure « jusqu’à ce que les pas aient disparu du marché », « jusqu’à ce que disparaissent les pas des Tarmodaï ». Les Tarmodaï sont ceux qui se révoltent contre la royauté céleste [malkhout chamayim] (les lettres de תרמוד sont celles de מורדת, « révoltée »). Ils s’attardent au marché, qui est le domaine public [rechout harabim], « les montagnes de la séparation ».
וְזֶהוּ ג"כ מַה שֶׁזְּמַנָּהּ שֶׁל נ"ח הוּא עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק עַד דכליא רִגְלָא דתרמודאי, תַּרְמוֹדָאֵי הֵם הַמּוֹרְדִים בְּמַלְכוּת שָׁמַיִם (תַּרְמוֹד אוֹתִיּוֹת מוֹרֶדֶת) וְהֵם מִתְעַכְּבִים בַּשּׁוּק בחי' רה"ר טורי דפרודא.
Et « jusqu’à ce que disparaissent [dekhalya] les pas des Tarmodaï » s’entend selon les deux interprétations. D’une part, la lumière de 'Hanoucca fait disparaître et annule les pas des Tarmodaï ;
וְעַד דכליא רִגְלָא דתרמודאי בב' הַפֵּירוּשִׁים. שֶׁהָאוֹר דנ"ח מְכַלֶּה וּמְבַטֵּל אֶת רִגְלָא דתרמודאי,
d’autre part, la lumière de 'Hanoucca fait naître la consumation [kilayon] jusque dans les pas des Tarmodaï : même les révoltés seront annulés et transformés, ils parviendront à la consumation de l’âme [kelot hanéfech], au point que leur soif et leur consumation seront « d’une force plus grande » [car on sait que la soif des ceux qui reviennent vers Hachem [baalei téchouva] est d’une force plus grande que celle des tsadikim]. En effet, « l’avantage de la lumière » vient précisément « de l’obscurité ».
וְשֶׁהָאוֹר דנ"ח פּוֹעֵל עִנְיַן הַכִּלָּיוֹן גַּם בְּרִגְלָא דתרמודאי, שֶׁגַּם הַמּוֹרְדִים יִתְבַּטְּלוּ וְיִתְהַפְּכוּ וְיָבוֹאוּ לִכְלוֹת הַנֶּפֶשׁ, וְעַד שֶׁהַצִּמָּאוֹן וְהַכִּלָּיוֹן שֶׁלָּהֶם הוּא בְּיֶתֶר עֹז [וְכַיָּדוּעַ שֶׁהַצִּמָּאוֹן שֶׁל בע"ת הוּא בְּיֶתֶר עֹז מִצִּמְאוֹן הַצַּדִּיקִים], כִּי יִתְרוֹן הָאוֹר הוּא מִן הַחוֹשֶׁךְ דַּוְקָא.
2) Or, on sait que toute réalité de ce monde, même ce qui relève du côté opposé [lé'oumat zé], a un commencement et une racine dans la sainteté (bien plus, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Il n’y a rien d’autre que Lui », « même la sorcellerie, qui contredit la cour céleste »). Seulement, certaines choses ne peuvent pas être attirées depuis leur source par la voie de l’ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout] (même une hichtalchelout d’une multitude extrême de degrés). Il faut en plus une interruption, une contraction [tsimtsoum], un écran ou une brisure, etc.
ב) וְהִנֵּה יָדוּעַ שֶׁכָּל מְצִיאוּת שֶׁבָּעוֹלָם, גַּם הלעו"ז, יֵשׁ לָהּ הַתְחָלָה וְשֹׁרֶשׁ בִּקְדוּשָּׁה (וִיתֵירָה מִזֶּה ארז"ל אֵין עוֹד מִלְּבַדּוֹ וַאֲפִילוּ כְּשָׁפִים שֶׁמַּכְחִישִׁין פָּמַלְיָא שֶׁל מַעְלָה). אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ דְּבָרִים שֶׁאִי אֶפְשָׁר שֶׁיּוּמְשְׁכוּ מִמְּקוֹרָם ע"י הִשְׁתַּלְשְׁלוּת (גַּם הִשְׁתַּלְשְׁלוּת שֶׁל רִיבּוּי דְּרָגוֹת בְּיוֹתֵר), כִּי אִם צ"ל גַּם הֶפְסֵק אוֹ צִמְצוּם אוֹ מָסָךְ אוֹ שְׁבִירָה וכו'.
On comprend ainsi, à propos des notions évoquées plus haut [le coucher du soleil, le marché et les Tarmodaï], que leur commencement et leur source sont dans la sainteté, mais qu’elles viennent par le biais d’une contraction, d’une interruption, etc., et d’une brisure, etc. [Il en va de même de Pharaon (dont parle notre paracha) : dans sa racine, il est ce qu’il y a de plus élevé dans la sainteté. On sait en effet que Pharaon est celui « par qui se dévoilent et se révèlent toutes les lumières ». Puis, par une multitude de degrés de hichtalchelout et par une brisure, etc., est issu « Pharaon, roi d’Égypte, le grand crocodile tapi au milieu de ses fleuves, qui dit : Mon fleuve est à moi, c’est moi qui me suis fait »].
וּמִזֶּה מוּבָן בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיָנִים הנ"ל [מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה, שׁוּק ותרמודאי] שֶׁהַתְחָלָתָם וּמְקוֹרָם בִּקְדוּשָּׁה, אֶלָּא שֶׁבָּאִים ע"י צִמְצוּם וְהֶפְסֵק וכו' וּשְׁבִירָה וכו'. [וּבְדוּגְמַת עִנְיַן פַּרְעֹה (שֶׁבְּפַרְשָׁתֵנוּ), שֶׁבְּשָׁרְשׁוֹ הו"ע הכי נַעֲלֶה בִּקְדוּשָּׁה, כַּיָּדוּעַ שֶׁפַּרְעֹה הוּא דְּאִתְפַּרִיעוּ ואתגלין מיני' כָּל נהורין, וע"י רִיבּוּי הִשְׁתַּלְשְׁלוּת וּשְׁבִירָה וכו' בָּא מִזֶּה פַּרְעֹה מֶלֶךְ מִצְרַיִם, הַתַּנִּים הַגָּדוֹל הָרֹבֵץ בְּתוֹךְ יְאֹרָיו וְאוֹמֵר לִי יְאֹרִי וַאֲנִי עֲשִׂיתִנִי].
Le fait même qu’elles soient tombées si bas prouve que leur racine est un degré extrêmement élevé, car « tout ce qui est plus haut descend plus bas ».
וּמִזֶּה גּוּפָא שֶׁנָּפְלוּ לְמַטָּה כ"כ מוּכָח שֶׁשָּׁרְשָׁם הִיא בְּחִינָה נַעֲלֵית בְּיוֹתֵר, דְּכָל הַגָּבוֹהַּ גָּבוֹהַּ יוֹתֵר יוֹרֵד לְמַטָּה מַטָּה יוֹתֵר.
C’est pourquoi, lorsqu’on opère le birour [tri et raffinement] des réalités tombées le plus bas [comme le birour de Pharaon, qui s’accomplit précisément par Moché Rabbénou, grâce à une force particulière qui lui fut donnée pour cela : « Viens vers Pharaon »], elles s’élèvent jusqu’à leur racine, qui est extrêmement haute.
וְלָכֵן ע"י שֶׁמְּבָרְרִים הָעִנְיָנִים שֶׁנָּפְלוּ לְמַטָּה בְּיוֹתֵר [וּכְמוֹ הַבֵּירוּר דְּפַרְעֹה שֶׁהוּא דַּוְקָא ע"י מֹשֶׁה רַבֵּינוּ, וע"י שֶׁנִּתַּן לוֹ עַל זֶה כֹּחַ מְיוּחָד, בָּא אֶל פַּרְעֹה] מִתְעַלִּים הֵם לְשָׁרְשָׁם שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ גָּבוֹהַּ בְּיוֹתֵר.
Bien plus : puisque toute descente a pour but une élévation, leur élévation après le birour les porte plus haut qu’elles n’étaient dans leur racine, avant la descente et la chute.
וִיתֵירָה מִזּוֹ, מִכֵּיוָן שֶׁכָּל יְרִידָה הִיא צוֹרֶךְ עלי', הֲרֵי עֲלִיָּתָם לְאַחֲרֵי הַבֵּירוּר הִיא לְמַעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ בְּשָׁרְשָׁם קֹדֶם הַיְרִידָה וְהַנְּפִילָה.
3) Cela permet de comprendre pourquoi l’on cite, à propos de « à partir du coucher du soleil », le propos du Zohar sur le verset [passouk] : « Et vers son lieu il aspire, là où il se lève » : « Quand le soleil va vers l’occident, cet occident est appelé le lieu du soleil », etc.
ג) ועפ"ז יוּבַן מַה שֶׁמּוּבָא בְּעִנְיַן מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה מַאֲמַר הַזֹּהַר עה"פ וְאֶל מְקוֹמוֹ שׁוֹאֵף זוֹרֵחַ הוּא שָׁם, כַּד אזיל שמשא לַמַּעֲרָב האי מַעֲרָב אקרי מְקוֹמוֹ דשמשא כו'.
L’explication en est connue : l’occident, c’est royauté [Malkhout] (selon l’adage « la Chekhina est à l’occident »). « Quand le soleil va vers l’occident », c’est l’épanchement et la descente de Zeïr Anpin (le soleil) dans Malkhout, jusque dans Malkhout en tant qu’elle devient la source de Beria-Yetsira-Assia, et jusqu’à ce que « la lumière d’Atsilout [Émanation] s’enfonce [nichka] »
וְיָדוּעַ הַבֵּיאוּר בָּזֶה, מַעֲרָב הוּא מַלְכוּת (כְּמַאֲמַר שְׁכִינָה בַּמַּעֲרָב), וכד אזיל שמשא לַמַּעֲרָב הוּא הַמְשָׁכַת וִירִידַת ז"א (שֶׁמֶשׁ) בְּמַלְכוּת, עַד בְּהַמַּלְכוּת כְּמוֹ שֶׁנַּעֲשֵׂית מָקוֹר לבי"ע וְעַד ש"נשקע אוֹר הָאֲצִילוּת"
On connaît l’explication de ce point : l’occident, c’est Malkhout (selon l’adage : « la Chekhina est à l’occident »). « Lorsque le soleil s’en va vers l’occident », c’est donc l’épanchement et la descente de Zeïr Anpin (le soleil) dans Malkhout, jusque dans Malkhout en tant qu’elle devient la source de Beria-Yetsira-Assia, au point que « la lumière d’Atsilout s’enfonce »,
וְיָדוּעַ הַבֵּיאוּר בָּזֶה, מַעֲרָב הוּא מַלְכוּת (כְּמַאֲמַר שְׁכִינָה בַּמַּעֲרָב), וכד אזיל שמשא לַמַּעֲרָב הוּא הַמְשָׁכַת וִירִידַת ז"א (שֶׁמֶשׁ) בְּמַלְכוּת, עַד בְּהַמַּלְכוּת כְּמוֹ שֶׁנַּעֲשֵׂית מָקוֹר לבי"ע וְעַד ש"נשקע אוֹר הָאֲצִילוּת",
Et pourtant, « cet occident est appelé le lieu du soleil », etc. : c’est là son lieu véritable (car l’intention véritable de l’émanation d’Atsilout est la venue à l’existence de Beria-Yetsira-Assia). C’est même précisément là qu’il brille, car le lever [zeri’ha], dans ce qu’il a d’essentiel et de vrai, se produit précisément dans Beria-Yetsira-Assia.
ואעפ"כ האי מַעֲרָב אקרי מְקוֹמוֹ דשמשא כו', שֶׁזֶּה הוּא מְקוֹמוֹ הָאֲמִיתִּי (כִּי הַכַּוָּונָה הָאֲמִיתִּית בְּהַאֲצָלַת הָאֲצִילוּת הִיא בִּשְׁבִיל הִתְהַוּוּת בי"ע), וְעַד שֶׁשָּׁם דַּוְקָא זוֹרֵחַ הוּא, שֶׁעִקַּר וַאֲמִתִּית עִנְיַן הַזְּרִיחָה הוּא בבי"ע דַּוְקָא.
Comme il est expliqué dans le saint livre du Tanya, les mondes supérieurs sont au niveau d’une descente à partir de la lumière de Sa Face, béni soit-Il. Il n’en va pas de même des mondes de Beria-Yetsira-Assia, et en particulier de ce monde-ci, inférieur, au-dessous duquel il n’en est pas de plus bas : ils deviennent une demeure pour Lui, béni soit-Il, une demeure pour Son Essence (à l’image de la demeure de l’homme, où c’est l’essence de l’homme qui réside). Au point que, comme on le sait, l’existence du créé [yech hanivra] (qui ressent son existence comme venant de lui-même) est à l’image de l’Existence véritable [yech haamiti].
וְכַמְבוֹאָר בְּסֵפֶר תניא קדישא, שֶׁעוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים הֵם בבחי' יְרִידָה מֵאוֹר פָּנָיו ית', משא"כ עוֹלָמוֹת בי"ע, וּבִפְרָט עוה"ז הַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ, נַעֲשִׂים דִּירָה לוֹ ית', דִּירָה לְעַצְמוּתוֹ (בְּדֻגְמַת דִּירַת הָאָדָם שֶׁעַצְמוּת הָאָדָם דָּר בְּהַדִּירָה), וְעַד שֶׁכַּיָּדוּעַ, יֵשׁ הַנִּבְרָא (שֶׁבְּהַרְגָּשָׁתוֹ מְצִיאוּתוֹ מֵעַצְמוּתוֹ) הוּא דּוּגְמַת יֵשׁ הָאֲמִיתִּי.
C’est pourquoi la mitsva de la lumière de 'Hanoucca s’accomplit « à partir du coucher du soleil » : la lumière de 'Hanoucca a pour fonction d’éclairer l’obscurité de Beria-Yetsira-Assia (le coucher du « soleil, Havayé » d’Atsilout). C’est précisément par là que se produit le lever, jusqu’à la révélation et la demeure de l’essence, comme on l’a dit plus haut.
וְזֶהוּ מַה שנ"ח מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה, כִּי עִנְיַן נ"ח הוּא לְהָאִיר הַחוֹשֶׁךְ דבי"ע (שְׁקִיעַת הַשֶּׁמֶשׁ הוי' דַּאֲצִילוּת), שעי"ז דַּוְקָא נַעֲשֶׂה הַזְּרִיחָה, וְעַד לְגִלּוּי וְדִירַת הָעַצְמוּת, כנ"ל.
d) On peut dire que « à partir du coucher du soleil », à un niveau plus bas encore, se rapporte à la venue à l’existence des klipot [écorces, forces d’occultation] : un coucher sans commune mesure avec la lumière de sainteté. Or, tout ce qui est plus élevé descend plus bas (comme on l’a dit plus haut, § 2). Le lever produit par ce coucher-ci est donc le lever d’une lumière plus élevée encore que le lever produit par le coucher mentionné plus haut, celui du « soleil, Havayé » d’Atsilout.
ד) וְיֵשׁ לוֹמַר דְּעִנְיַן מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה לְמַטָּה יוֹתֵר קאי עַל הִתְהַוּוּת הַקְּלִיפּוֹת, שְׁקִיעָה שֶׁלֹּא בְּעֶרֶךְ דְּאוֹר הַקְּדֻשָּׁה. וּמִכֵּיוָן שֶׁכָּל הַגָּבוֹהַּ גָּבוֹהַּ יוֹתֵר יוֹרֵד לְמַטָּה מַטָּה יוֹתֵר (כנ"ל ס"ב), הִנֵּה הַזְּרִיחָה שע"י שְׁקִיעָה זוֹ הִיא זְרִיחַת אוֹר נַעֲלֶה יוֹתֵר גַּם מֵהַזְּרִיחָה שע"י שְׁקִיעָה הנ"ל דְּשֶׁמֶשׁ הוי' דַּאֲצִילוּת.
[À l’image de la supériorité de la venue à l’existence du yech [existence propre] de Beria-Yetsira-Assia particuliers (le coucher de l’Atsilout particulière) sur la supériorité de la venue à l’existence de Beria-Yetsira-Assia généraux (le coucher de l’Atsilout générale) : c’est précisément dans la venue à l’existence du yech de Beria-Yetsira-Assia (particuliers) que se révèle la puissance de l’essence. Et, au sein même de Beria-Yetsira-Assia, la puissance de l’essence se révèle avant tout précisément dans la venue à l’existence du yech matériel].
[וּבְדוּגְמַת הָעִילּוּי שֶׁבְּהִתְהַוּוּת הַיֵּשׁ דבי"ע הַפְּרָטִיִּים (שְׁקִיעַת אֲצִילוּת הַפְּרָטִית) עַל הָעִילּוּי דְּהִתְהַוּוּת בי"ע הַכְּלָלִיִּים (שְׁקִיעַת אֲצִילוּת הַכְּלָלִית), שֶׁבְּהִתְהַוּוּת הַיֵּשׁ דבי"ע (הַפְּרָטִיִּים) דַּוְקָא מִתְגַּלֶּה כֹּחַ הָעַצְמוּת, ובבי"ע גּוּפָא עִקַּר גִּילּוּי כֹּחַ הָעַצְמוּת הוּא בְּהִתְהַוּוּת הַיֵּשׁ הַגַּשְׁמִי דַּוְקָא].
Comme le dit l’adage : « Quand l’autre côté [sitra a’hra] est soumis, la gloire de HaKadoch Barou'h Hou s’élève [istalek] dans tous les mondes. » Du fait qu’existe la réalité de l’autre côté (par le coucher du soleil de sainteté), et que l’autre côté est soumis [itkafia] et transformé [it'hapkha], est attirée la révélation d’une lumière extrêmement élevée, une lumière au-delà de la catégorie même de la révélation ; c’est pourquoi elle est désignée par le terme istalek. Et c’est précisément par là que s’accomplit l’intention : HaKadoch Barou'h Hou a désiré avoir, Lui, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim].
וּכְמַאֲמַר כַּד אתכפיא סט"א אסתלק יקרא דקוב"ה בְּכוּלְּהוּ עלמין, דעי"ז שֶׁיֵּשׁ מְצִיאוּת דסט"א (ע"י שְׁקִיעַת שֶׁמֶשׁ דִקְדוּשָּׁה), וְאִתְכַּפְּיָא סט"א ואתהפכא סט"א, נִמְשָׁךְ גִּילּוּי אוֹר נַעֲלֶה בְּיוֹתֵר, אוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מִגֶּדֶר גִּילּוּי, שֶׁלָּכֵן נִקְרָא בְּשֵׁם אסתלק. ועי"ז דַּוְקָא נִשְׁלֶמֶת הַכַּוָּונָה שֶׁנִּתְאַוָּה הקב"ה לִהְיוֹת לוֹ ית' דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים.
Et afin que cette intention s’accomplisse, la réalité du mal est venue à l’existence (comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, sur le verset [passouk] : « Redoutable en desseins envers les fils de l’homme »). C’est le sens de « HaKadoch Barou'h Hou bâtissait des mondes et les détruisait », qui se rapporte à la construction du monde du Tohou et à sa brisure : afin que l’homme [« vous êtes appelés adam [homme] », « adamé laElyon [je serai semblable au Très-Haut] »] fasse le birour [tri et élévation] des étincelles (qui n’avaient pas été dégagées par le birour [tri] d’en haut), les répare et les élève par son service. Et c’est précisément par là que s’accomplit l’intention d’une demeure dans les mondes inférieurs.
וּבִכְדֵי שֶׁתֻּשְׁלַם כַּוָּנָה זוֹ נִתְהַוָּה מְצִיאוּת הָרַע (כמרז"ל עה"פ נוֹרָא עֲלִילָה עַל בְּנֵי אָדָם), דְּזֶהוּ שהי' הקב"ה בּוֹנֶה עוֹלָמוֹת וּמַחֲרִיבָן שֶׁקָּאֵי עַל בִּנְיַן עוֹלָם הַתֹּהוּ וּשְׁבִירָתוֹ, בִּכְדֵי שֶׁהָאָדָם [אַתֶּם קְרוּיִין אָדָם, אֶדַּמֶּה לְעֶלְיוֹן] יְבָרֵר אֶת הַנִּיצוֹצוֹת (שֶׁלֹּא נִתְבָּרְרוּ ע"י הַבֵּירוּר שֶׁלְּמַעְלָה) וִיתַקְּנֵם וְיַעֲלֵם ע"י עֲבוֹדָתוֹ, ועי"ז דַּוְקָא נִשְׁלֶמֶת הַכַּוָּונָה דְּדִירָה בַּתַּחְתּוֹנִים.
e) Tel est le sens de « jusqu’à ce que le pied [réguel] disparaisse du marché [chouk] ». Selon la première explication, il s’agit d’une notion de sainteté. Chouk : « Ses jambes [chokav] sont des colonnes de marbre », c’est le monde que HaKadoch Barou'h Hou a désiré [nichtokek] créer. Et réguel (« du marché ») désigne les trois regalim [fêtes de pèlerinage], le niveau le plus élevé dans la sainteté, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « De même qu’il vient pour voir, ainsi il vient pour être vu ; et de même qu’il vient pour être vu, ainsi il vient pour voir. »
ה) וְזֶהוּ פי' עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק: פֵּירוּשׁ א', שהו"ע בִּקְדוּשָּׁה, שׁוֹק, שׁוֹקָיו עַמּוּדֵי שֵׁשׁ זֶה הָעוֹלָם שֶׁנִּשְׁתּוֹקֵק הקב"ה לְבָרְאוֹתוֹ. וְרֶגֶל (מִן הַשּׁוּק) הו"ע ג' רְגָלִים, דַּרְגָּא הכי נַעֲלֵית בִּקְדוּשָּׁה כמרז"ל כְּשֵׁם שֶׁבָּא לִרְאוֹת כָּךְ בָּא לֵירָאוֹת וּכְשֵׁם שֶׁבָּא לֵירָאוֹת כָּךְ בָּא לִרְאוֹת.
La seconde explication est : chouk, c’est-à-dire le domaine public [rechout harabim] ; le domaine public, ce sont « les montagnes de la séparation ». Au point que dans ce marché se trouvent des Tarmodaïm, qui se rebellent contre la royauté céleste [malkhout chamayim] (tarmod a les mêmes lettres que moredet [rebelle]). Et « le pied du marché », c’est « le pied des Tarmodaïm » : dans le marché se trouvent des rebelles, et ils y marchent aussi (car réguel désigne la marche), à partir du marché et par son moyen.
וּפֵרוּשׁ הב' הוּא, שׁוּק ורה"ר, רה"ר טורי דפרודא, וְעַד שֶׁבַּשּׁוּק זֶה יֶשְׁנָם תַּרְמוֹדָאֵי הַמּוֹרְדִים בְּמַלְכוּת שָׁמַיִם (תַּרְמוֹד אוֹתִיּוֹת מוֹרֶדֶת), וְרֶגֶל מִן הַשּׁוּק הוּא רִגְלָא דתרמודאי, הַיְנוּ שֶׁבַּהֲשׁוּק נִמְצָאִים מוֹרְדִים וְהֵם גַּם מְהַלְּכִים בּוֹ (כִּי רֶגֶל מוֹרֶה עַל הֲלִיכָה), וּמִן וע"י הַשּׁוּק.
Ces deux explications sont liées l’une à l’autre. Si HaKadoch Barou'h Hou a désiré créer le monde (première explication de chouk), c’est afin d’avoir, Lui, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs, dans ce monde-ci, inférieur, au-dessous duquel il n’en est pas de plus bas quant à l’occultation de Sa lumière, béni soit-Il. C’est pourquoi la création s’est faite de telle sorte que « Faisons » [naassé] est au pluriel [lechon rabim] [rechout harabim, le domaine public (seconde explication de chouk)], et « qui veut se tromper se trompera ». En effet, pour qu’il y ait « tu choisiras la vie » (le libre choix), il faut qu’une place soit laissée à l’erreur.
וּשְׁנֵי פֵּירוּשִׁים אֵלּוּ שַׁיָּכִים זל"ז, כִּי זֶה שֶׁנִּשְׁתּוֹקֵק הקב"ה לִבְרוֹא אֶת הָעוֹלָם (פֵּירוּשׁ הא' בַּשּׁוּק) הוּא כְּדֵי שיהי' לוֹ ית' דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים, בעוה"ז הַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ בְּעִנְיַן הֶסְתֵּר אוֹרוֹ ית', וְלָכֵן הָיְתָה הַהִתְהַוּוּת בְּאֹפֶן דְּנַעֲשָׂה לְשׁוֹן רַבִּים [רְשׁוּת הָרַבִּים (פֵּירוּשׁ הב' בַּשּׁוּק)] וְהָרוֹצֶה לִטְעוֹת יִטְעֶה, כִּי בִּכְדֵי שיהי' וּבָחַרְתָּ בַּחַיִּים (עִנְיַן הַבְּחִירָה) צָרִיךְ לִהְיוֹת נְתִינַת מָקוֹם לִטְעוֹת.
Et c'est là le sens de « jusqu'à ce que le pied [réguel] ait disparu du marché [chouk] ». Première explication : il s'agit de la sainteté. Le chouk renvoie au verset [passouk] « Ses jambes [chokav] sont des colonnes de marbre », c'est-à-dire au monde que HaKadoch Barou'h Hou a désiré [nichtokek] créer. Le réguel (du marché) désigne les trois regalim [fêtes de pèlerinage], le degré le plus élevé dans la sainteté, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « De même qu'il vient voir, il vient pour être vu ; et de même qu'il vient pour être vu, il vient voir. » La seconde explication est la suivante : le chouk, c'est le domaine public [rechout harabim] ; or le domaine public, ce sont les « montagnes de la séparation » [tourei de-perouda]. On en arrive au point que, dans ce marché, se trouvent des Tarmodéens, qui se rebellent contre la royauté céleste [malkhout chamayim] (Tarmod a les mêmes lettres que moredet [rebelle]). Et « le pied du marché », c'est « le pied des Tarmodéens » [rigla de-Tarmodaï] : autrement dit, dans le marché se trouvent des rebelles, et ils…
ה) וְזֶהוּ פי' עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק: פֵּירוּשׁ א', שהו"ע בִּקְדוּשָּׁה, שׁוֹק, שׁוֹקָיו עַמּוּדֵי שֵׁשׁ זֶה הָעוֹלָם שֶׁנִּשְׁתּוֹקֵק הקב"ה לְבָרְאוֹתוֹ. וְרֶגֶל (מִן הַשּׁוּק) הו"ע ג' רְגָלִים, דַּרְגָּא הכי נַעֲלֵית בִּקְדוּשָּׁה כמרז"ל כְּשֵׁם שֶׁבָּא לִרְאוֹת כָּךְ בָּא לֵירָאוֹת וּכְשֵׁם שֶׁבָּא לֵירָאוֹת כָּךְ בָּא לִרְאוֹת. וּפֵרוּשׁ הב' הוּא, שׁוּק ורה"ר, רה"ר טורי דפרודא, וְעַד שֶׁבַּשּׁוּק זֶה יֶשְׁנָם תַּרְמוֹדָאֵי הַמּוֹרְדִים בְּמַלְכוּת שָׁמַיִם (תַּרְמוֹד אוֹתִיּוֹת מוֹרֶדֶת ), וְרֶגֶל מִן הַשּׁוּק הוּא רִגְלָא דתרמודאי, הַיְנוּ שֶׁבְּהַשּׁוּק נִמְצָאִים מוֹרְדִים וְהֵם
Or, le délice [taanoug] (le désir) qu'éprouve le Très-Haut quand l'homme transforme le marché, domaine public [rechout harabim], « montagnes de la séparation » [tourei defrouda], en domaine privé [rechout hayahid], selon « l'obscurité est transformée en lumière » [it'hapkha 'hachokha linehora], est le délice le plus élevé. On le sait au sujet du rire [qui est le délice venant précisément d'une chose nouvelle. Il en va de même, pour ainsi dire, du délice et du rire d'en haut, qui naissent de la nouveauté de « l'obscurité transformée en lumière »] : il est un délice plus grand que tous les autres délices du monde.
ו) וְהִנֵּה הַתַּעֲנוּג (תְּשׁוּקָה) שֶׁלְּמַעְלָה מִזֶּה שֶׁהָאָדָם מְהַפֵּךְ אֶת הַשּׁוּק רה"ר טורי דפרודא לרה"י, אתהפכא חשוכא לִנְהוֹרָא, הוּא תַּעֲנוּג הֲכִי נַעֲלֶה. וְכַיָּדוּעַ בְּעִנְיָן הַצְּחוֹק [שהו"ע הַתַּעֲנוּג הַבָּא מִדְּבַר חִידּוּשׁ דַּוְקָא. שכמו"כ הוּא גַּם כִּבְיָכוֹל בְּהַתַּעֲנוּג וּצְחוֹק שֶׁלְּמַעְלָה, שֶׁהוּא מֵהַחִדּוּשׁ דְּאִתְהַפְכָא חשוכא לִנְהוֹרָא] שֶׁהוּא תַּעֲנוּג גָּדוֹל יוֹתֵר מִשְּׁאָר הַתַּעֲנוּגִים שֶׁבָּעוֹלָם.
On peut dire que c'est le sens de ce qu'ont dit nos Sages : « Quiconque enseigne la Torah au fils d'un am haarets [ignorant], même si HaKadoch Barou'h Hou prononce un décret, Il l'annule à cause de lui, ainsi qu'il est dit : "Si tu fais sortir le précieux du vil, tu seras comme Ma bouche." » En effet, si le tsadik annule le décret de HaKadoch Barou'h Hou (tout en sachant que HaKadoch Barou'h Hou l'a ainsi décrété), c'est parce que cela même est la volonté de HaKadoch Barou'h Hou : que le tsadik annule le décret. HaKadoch Barou'h Hou en éprouve une satisfaction [na'hat Roua'h] et un grand délice.
וי"ל שֶׁזֶּהוּ מַה שֶׁאָמְרוּ כָּל הַמְלַמֵּד אֶת בֶּן עַם הָאָרֶץ תּוֹרָה אֲפִילוּ הקב"ה גּוֹזֵר גְּזֵירָה מְבַטְּלָהּ בִּשְׁבִילוֹ שֶׁנֶּאֱמַר וְאִם תּוֹצִיא יָקָר מִזּוֹלֵל כְּפִי תהי'. דְּהִנֵּה זֶה שֶׁהַצַּדִּיק מְבַטֵּל אֶת גְּזֵרַת הקב"ה (אַף שֶׁיּוֹדֵעַ שהקב"ה גָּזַר כֵּן) הוּא לְפִי שֶׁזֶּה גּוּפָא הוּא רָצוֹן הקב"ה שֶׁהַצַּדִּיק יְבַטֵּל אֶת הַגְּזֵירָה וְיֵשׁ להקב"ה מִזֶּה נח"ר וְתַעֲנוּג גָּדוֹל.
De même, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Que faisait HaKadoch Barou'h Hou à ce moment-là ? etc. Il souriait et disait : "Mes enfants M'ont vaincu, Mes enfants M'ont vaincu." » Car du fait que « Mes enfants M'ont vaincu » naît en haut le plus grand délice : le sourire et le rire.
וע"ד מרז"ל מאי עביד קוב"ה בההיא שעתא כו' קָא חייך וְאָמַר נִצְּחוּנִי בָּנַי נִצְּחוּנִי, דְּמִזֶּה שֶׁנִּצְּחוּנִי בָּנַי, נַעֲשֶׂה לְמַעְלָה תַּעֲנוּג הכי גָּדוֹל, חִיּוּךְ וּצְחוֹק.
De même que dans les questions de halakha HaKadoch Barou'h Hou sourit et dit : « Mes enfants M'ont vaincu, Mes enfants M'ont vaincu », il en va de même pour la marche du monde [halikhot olam], la conduite du monde, les décrets de HaKadoch Barou'h Hou : HaKadoch Barou'h Hou en éprouve une satisfaction et un grand délice [à l'image de ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, au sujet de la sanctification du mois : « Vous, même délibérément ». Même lorsqu'on a sanctifié le mois délibérément, à l'encontre des lois de la Torah, il est sanctifié ; et (même alors) HaKadoch Barou'h Hou dit au tribunal [beit din] d'en haut : « Moi et vous, allons auprès du tribunal d'en bas »].
וּכְמוֹ שֶׁהוּא בְּעִנְיְנֵי הֲלָכָה, שהקב"ה מְחַיֵּךְ וְאוֹמֵר נִצְּחוּנִי בָּנַי נִצְּחוּנִי, עד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לַהֲלִיכוֹת עוֹלָם, הַנְהָגוֹת בָּעוֹלָם, גְּזֵרוֹתָיו שֶׁל הקב"ה, שֶׁיֵּשׁ להקב"ה נח"ר וְתַעֲנוּג גָּדוֹל מִזֶּה [וע"ד שארז"ל גַּבֵּי קִידּוּשׁ הַחוֹדֶשׁ אַתֶּם אֲפִילוּ מְזִידִין, שֶׁגַּם כְּשֶׁקִּדְּשׁוּ אֶת הַחוֹדֶשׁ בְּמֵזִיד הֵפֶךְ דִּינֵי הַתּוֹרָה הֲרֵי זֶה מְקוּדָּשׁ, ו(גַּם אָז) אוֹמֵר הקב"ה לב"ד שֶׁל מַעֲלֶה אֲנִי וְאַתֶּם נֵלֵךְ אֵצֶל ב"ד שֶׁל מַטָּה].
Tel est le sens de « Quiconque enseigne la Torah au fils d'un am haarets etc., ainsi qu'il est dit : "Si tu fais sortir le précieux du vil, tu seras comme Ma bouche" ». Le délice et le rire d'en haut viennent en effet du service du birour [tri et élévation] des étincelles, « faire sortir le précieux du vil ». C'est pourquoi celui qui enseigne la Torah et la répand au-dehors, même au fils d'un am haarets, c'est de lui qu'il a été dit : « HaKadoch Barou'h Hou prononce un décret et le tsadik l'annule ». Puisque c'est du service de ce tsadik que naissent le délice et le rire d'en haut, HaKadoch Barou'h Hou prononce un décret et le tsadik l'annule, et HaKadoch Barou'h Hou « sourit et dit : "Mes enfants M'ont vaincu, Mes enfants M'ont vaincu" ».
וְזֶהוּ כָּל הַמְלַמֵּד אֶת בֶּן עַם הָאָרֶץ תּוֹרָה כו' שֶׁנֶּאֱמַר וְאִם תּוֹצִיא יָקָר מִזּוֹלֵל כְּפִי תהי', כִּי הַתַּעֲנוּג וְהַצְּחוֹק שֶׁלְּמַעְלָה הוּא מֵהָעֲבוֹדָה דְּבֵירוּר הַנִּיצוֹצוֹת, לְהוֹצִיא יָקָר מִזּוֹלֵל, וְלָכֵן זֶה שֶׁמְּלַמֵּד וּמֵפִיץ תּוֹרָה חוּצָה גַּם לְבֶן עַם הָאָרֶץ עָלָיו אָמְרוּ הקב"ה גּוֹזֵר גְּזֵירָה וְצַדִּיק מְבַטְּלָהּ, כִּי מִכֵּיוָן שֶׁמֵּעֲבוֹדָתוֹ שֶׁל צַדִּיק זֶה נַעֲשֶׂה הַתַּעֲנוּג וְהַצְּחוֹק שֶׁלְּמַעְלָה לָכֵן הקב"ה גּוֹזֵר גְּזֵירָה וְצַדִּיק מְבַטְּלָהּ, וקוב"ה קָא חייך וְאָמַר נִצְּחוּנִי בָּנַי נִצְּחוּנִי.
Ce qui a été dit ci-dessus (§ 5), à savoir que les voilements et les occultations du monde ont pour but de rendre possible « Tu choisiras la vie », donne force et encouragement à l'homme. Il ne se laisse pas impressionner en voyant que le monde est plein de klipot [écorces, forces d'occultation] et de sitra a'hra [l'autre côté] : une réalité de marché (domaine public) où se trouvent des tarmodaïm, au point que les tarmodaïm y circulent (comme expliqué ci-dessus). Car le fait même que le monde soit dans un tel état a pour but que l'homme le surmonte etc.
ז) וְעִנְיָן הנ"ל (סְעִיף ה) שֶׁהַכַּוָּונָה בְּהַהַעֲלָמוֹת וְהַהֶסְתֵּרִים דְּעוֹלָם הוּא בִּכְדֵי שֶׁיּוּכַל לִהְיוֹת וּבָחַרְתָּ בַּחַיִּים, נוֹתֵן כֹּחַ וְעִידוּד לְהָאָדָם שֶׁלֹּא לְהִתְפַּעֵל מִזֶּה שֶׁרוֹאֶה שֶׁהָעוֹלָם הוּא מָלֵא קְלִפּוֹת וסט"א, מְצִיאוּת שֶׁל שׁוּק (רְשׁוּת הָרַבִּים) שֶׁיֵּשׁ בּוֹ תַּרְמוֹדָאֵי וְעַד שֶׁהַתַּרְמוֹדָאֵי הוֹלְכִים בּוֹ (כנ"ל), מִכֵּיוָן שֶׁזֶּה גּוּפָא שֶׁהָעוֹלָם הוּא בְּמַצָּב כָּזֶה הוּא בִּכְדֵי שֶׁהָאָדָם יִתְגַּבֵּר כו'.
De même, comme l'explique le livre Tsavaat HaRivach : lorsqu'un homme prie avec concentration [kavana] et qu'un non-Juif se tient en face de lui, qui parle et le trouble dans sa prière, cela même doit agir sur lui pour qu'il s'éveille à prier avec plus de concentration, du plus profond du cœur.
וע"ד הַמְבוֹאָר בְּסֵפֶר צַוָּאַת הריב"ש, שֶׁכְּשֶׁאָדָם מִתְפַּלֵּל בְּכַוָּנָה וְעוֹמֵד לְנֶגְדּוֹ נָכְרִי הַמְדַבֵּר וּמְבַלְבְּלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ, הִנֵּה זֶה גּוּפָא צָרִיךְ לִפְעוֹל בּוֹ שֶׁיִּתְעוֹרֵר לְהִתְפַּלֵּל יוֹתֵר בְּכַוָּנָה מעומקא דלבא.
Lorsqu'il méditera sur le fait que la vitalité du non-Juif est la parole de Havayé et le souffle de Sa bouche, béni soit-Il, qui le fait vivre et exister à ce moment même où il prononce des paroles qui troublent la concentration de la prière, au point que dans ces paroles mêmes est revêtue Sa parole, bénie soit-Elle, à l'état de galout [exil], cette méditation l'éveillera à prier avec plus de concentration, du plus profond du cœur. Non seulement il n'est pas impressionné par les paroles du non-Juif et prie comme si celui-ci ne le troublait pas,
שֶׁכְּשֶׁיִּתְבּוֹנֵן שֶׁחַיּוּתוֹ שֶׁל הַנָּכְרִי הוּא דְּבַר הוי' וְרוּחַ פִּיו ית' המחי' וּמְהַוֶּה אוֹתוֹ בְּשָׁעָה זוֹ גּוּפָא כְּשֶׁמְּדֻבָּר דִּבּוּרִים הַמְבַלְבְּלִים אֶת כַּוָּנַת הַתְּפִלָּה, וְעַד שֶׁבְּדִבּוּרִים אֵלֶּה גּוּפָא מְלוּבָּשׁ דִּיבּוּרוֹ ית' בבחי' גָּלוּת, הִנֵּה ע"י הִתְבּוֹנְנוּת זוֹ יִתְעוֹרֵר לְהִתְפַּלֵּל יוֹתֵר בְּכַוָּנָה מעומקא דלבא. דלא זוֹ בִּלְבָד שֶׁאֵינוֹ מִתְפָּעֵל מִדִּבּוּרֵי הַנָּכְרִי וּמִתְפַּלֵּל כְּמוֹ שֶׁלֹּא הי' מְבַלְבְּלוֹ,
mais bien plus : le trouble causé par le non-Juif suscite précisément en lui un surcroît d'éveil. Les étincelles de sainteté qui étaient en exil dans les paroles du non-Juif proviennent en effet d'un niveau extrêmement élevé (c'est pourquoi elles sont tombées extrêmement bas). Lorsque l'homme les fait sortir des klipot, « faire sortir le précieux du vil », leur racine, extrêmement élevée, se révèle en elles, et il en découle pour l'homme un surcroît de force dans son service.
אֶלָּא יְתֵירָה מִזּוֹ, שֶׁבִּלְבּוּל הַנָּכְרִי גּוּפָא פּוֹעֵל בּוֹ הִתְעוֹרְרוּת יְתֵירָה. כִּי נִיצוֹצֵי הַקְּדֻשָּׁה שֶׁהָיוּ בְּגָלוּת בְּדִבּוּרֵי הַנָּכְרִי הֵם מִבְּחִינָה גָּבוֹהַּ בְּיוֹתֵר (שֶׁלָּכֵן נָפְלוּ לְמַטָּה בְּיוֹתֵר), וע"י שֶׁהָאָדָם מוֹצִיא אוֹתָם מֵהַקְּלִפּוֹת, לְהוֹצִיא יָקָר מִזּוֹלֵל, מִתְגַּלֶּה בָּהֶם שָׁרְשָׁם שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ בְּיוֹתֵר, וּמִזֶּה נִמְשָׁךְ תּוֹסֶפֶת כֹּחַ לְהָאָדָם בַּעֲבוֹדָתוֹ.
[En particulier, d'après ce qui a été expliqué ci-dessus (§ 2) au sujet de « la descente en vue de l'élévation » [yerida tsorekh aliya] : l'élévation qui suit la descente conduit à un degré plus élevé que celui d'avant la descente. Il en va de même pour l'élévation des étincelles : après la descente (et le birour [tri et élévation]), elles s'élèvent plus haut qu'elles n'étaient dans leur racine (extrêmement élevée).
[וּבִפְרָט ע"פ משנת"ל (סְעִיף ב) בְּעִנְיָן יְרִידָה צוֹרֶךְ עלי', דהעלי' שֶׁלְּאַחַר הַיְרִידָה הִיא לְמַדְרֵיגָה נַעֲלֵית יוֹתֵר מֵהַמַּדְרֵגָה שֶׁקּוֹדֶם הַיְרִידָה, דכמו"כ הוּא גַּם בַּעֲלִיַּת הַנִּיצוֹצוֹת, שֶׁלְּאַחֲרֵי הַיְרִידָה (וְהַבֵּרוּר) הֵן מִתְעַלּוֹת לְמַעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ בְּשָׁרְשָׁם (גָּבוֹהַּ בְּיוֹתֵר),
On peut dire que leur élévation dépasse même la notion d'« extrêmement élevé ». En effet, par le service du birour [tri et élévation] des étincelles s'accomplit (comme expliqué ci-dessus, § 4) l'intention d'une demeure pour Lui, béni soit-Il, dans les mondes inférieurs [dira betachtonim], pour Lui-même, pour Son Essence. Or, à l'égard de Son Essence, bénie soit-Elle, toute la catégorie du haut et du bas (élevé et bas) n'a aucune pertinence.]
דְּיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁעֲלִיָּתָם הִיא לְמַעְלָה גַּם מֵהָעִנְיָן דְּגָבוֹהַּ בְּיוֹתֵר, וְהוּא, שע"י הָעֲבוֹדָה דְּבֵירוּר הַנִּיצוֹצוֹת נִשְׁלֶמֶת (כנ"ל ס"ד) הַכַּוָּונָה דְּדִירָה לוֹ ית' בַּתַּחְתּוֹנִים, לוֹ לְעַצְמוּתוֹ, שֶׁבְּעַצְמוּתוֹ ית' אֵין שַׁיָּךְ כָּל הַגֶּדֶר דְּמַעְלָה וּמַטָּה (גָּבוֹהַּ וּמַטָּה)].
Et à l’exemple de la notion de « jusqu’à ce que cesse le pied des Tarmodéens » [kalia rigla diTarmodaï] : non seulement il anéantit et annule les rebelles (Tarmodaï), mais il opère en eux-mêmes le kilayon [extinction, consumation], en faisant le birour [tri, extraction] des étincelles qui sont en eux et en les élevant à leur racine.
וּבְדוּגְמַת עִנְיַן כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי, שֶׁלֹּא רַק שֶׁהוּא מְכַלֶּה וּמְבַטֵּל אֶת הַמּוֹרְדִים (תַּרְמוֹדָאֵי), אֶלָּא שֶׁהוּא פּוֹעֵל בָּהֶם גּוּפָא עִנְיַן הַכִּלָּיוֹן, ע"י שֶׁמְּבָרֵר אֶת הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁבָּהֶם וּמַעֲלֶה אוֹתָם לְשָׁרְשָׁם.
Ainsi se comprend aussi le lien entre les deux explications de « pied » [réguel] (« du marché ») : l’une se rapporte au pied de l’autre côté [lé’oumat zé] (« le pied des Tarmodéens »), l’autre aux trois regalim [« pieds », les trois fêtes de pèlerinage] de la sainteté. En effet, le birour [tri] et l’élévation des étincelles qui sont dans le pied de l’autre côté (ce qui y opère le kilayon, « que cesse le pied des Tarmodéens ») se font par le service des trois regalim.
ח) ועפ"ז יוּבַן גַּם הַקֶּשֶׁר דִּשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים בְּרֶגֶל (מִן הַשּׁוּק), שֶׁקָּאֵי עַל רֶגֶל דלעו"ז (רִגְלָא דתרמודאי), וְשֶׁקָּאֵי עַל ג' רְגָלִים דִקְדוּשָּׁה, כִּי בֵּירוּר וְהַעֲלָאַת הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁבָּרֶגֶל דלעו"ז (שעי"ז נַעֲשֶׂה בּוֹ עִנְיַן הַכִּלָּיוֹן, כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי) הוּא ע"י הָעֲבוֹדָה דג' רְגָלִים.
Voici l’explication. On connaît la différence entre Tohou et Tikoun : dans le Tohou, les séfirot étaient sur le mode de deux lignes [kavin], et dans le Tikoun elles sont sur le mode de trois lignes.
וְהָעִנְיָן הוּא דְּהִנֵּה יָדוּעַ הַהֶפְרֵשׁ בֵּין תֹּהוּ לְתִקּוּן, שֶׁבְּתֹהוּ הָיוּ הַסְּפִירוֹת בבחי' ב' קַוִּין וּבְתִקּוּן הֵם בבחי' ג' קַוִּין.
Le service du birour [tri et élévation] des étincelles du Tohou tombées dans l’autre côté (« le pied des Tarmodéens » de l’autre côté) consiste à les élever au niveau du Tikoun, qui est en trois lignes : c’est la notion des trois regalim (de la sainteté).
וְהָעֲבוֹדָה דְּבֵירוּר הַנִּיצוֹצוֹת דְּתֹהוּ שֶׁנָּפְלוּ בלעו"ז (רִגְלָא דתרמודאי דלעו"ז) הוּא ע"י שֶׁמַּעֲלִים אוֹתָם לבחי' הַתִּיקּוּן שֶׁהוּא בג' קַוִּין, עִנְיַן ג' רְגָלִים (דִקְדוּשָּׁה).
Dans le service de l’homme, ce sont les trois colonnes sur lesquelles le monde se tient : aussi bien le microcosme qu’est l’homme, que la subsistance du monde dans son ensemble, à savoir ce monde-ci, matériel, le plus bas en degré, sans rien de plus bas au-dessous de lui, sur lequel se tiennent et subsistent tous les mondes et tout l’ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout].
וּבַעֲבוֹדַת הָאָדָם הו"ע ג' הָעַמּוּדִים שֶׁעֲלֵיהֶם הָעוֹלָם עוֹמֵד, הֵן הָעוֹלָם קָטָן זֶה הָאָדָם, וְהֵן עֲמִידַת כְּלָלוּת הָעוֹלָם – עוה"ז הַגַּשְׁמִי הַתַּחְתּוֹן בְּמַדְרֵגָה שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ, שֶׁעָלָיו עוֹמְדִים וּמִתְקַיְּמִים כָּל הָעוֹלָמוֹת וְכָל סֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת.
C’est ce qui est écrit à propos de Yaakov [et puisque l’âme de Yaakov inclut toutes les âmes, on en comprend qu’il en va de même pour chacun d’Israël] : « Et voici que Havayé se tenait [nitsav] au-dessus de lui » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les tsadikim, leur D.ieu se tient sur eux. » Autrement dit : Sa Divinité, béni soit-Il, qui est au niveau de « nitsav » (« nitsav mélekh » [un préfet tenait lieu de roi]), se maintient et se tient pour ainsi dire sur nos actions et sur notre service,
וְזֶהוּ מ"ש גַּבֵּי יַעֲקֹב [וּמִכֵּיוָן שֶׁנִּשְׁמַת יַעֲקֹב הִיא כְּלוּלָה מִכָּל הַנְּשָׁמוֹת, מוּבָן מִזֶּה שכמו"כ הוּא בכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל] וְהִנֵּה הוי' נִצָּב עָלָיו, וארז"ל הַצַּדִּיקִים אֱלֹקֵיהֶם מִתְקַיֵּם עֲלֵיהֶם, דְּזֶה שֶׁאַלְקוּתוֹ ית' הוּא בִּבְחִינַת נִצָּב (נִצָּב מֶלֶךְ), הוּא מִתְקַיֵּם וְנִצָּב כִּבְיָכוֹל עַל מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ,
et en particulier sur nos actions et notre service pendant toute la durée de la galout ; au point que c’est par (le birour [tri du bien et du mal] de) l’obscurité de la galout que cela s’accomplit (« leur D.ieu se tient sur eux »), et même par le service du petit doigt. Comme on connaît la décision halakhique du Rambam : par une seule que ce soit en pensée, en parole ou en action [mitsva], l’homme fait pencher lui-même et le monde entier vers le plateau du mérite, et leur procure, à lui et à eux, yechoua [secours] et sauvetage.
וּבִפְרָט עַל מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ בְּמֶשֶׁךְ זְמַן הַגָּלוּת, וְעַד שע"י (בֵּירוּר) חוֹשֶׁךְ הַגָּלוּת נַעֲשָׂה זֶה (דֶּאֱלֹקֵיהֶם מִתְקַיֵּם עֲלֵיהֶם), וְעַד שֶׁזֶּה נַעֲשֶׂה גַּם ע"י עֲבוֹדָה דְּאֶצְבַּע קְטַנָּה, וְכַיָּדוּעַ פס"ד הרמב"ם שע"י מִצְוָה אַחַת [הֵן בְּמַחֲשָׁבָה, הֵן בְּדִיבּוּר וְהֵן בְּמַעֲשֶׂה] מַכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ וְאֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לְכַף זְכוּת וְגוֹרֵם לוֹ וְלָהֶם תְּשׁוּעָה וְהַצָּלָה.
À la lumière de tout ce qui précède, on comprendra aussi le rapport entre les huit jours de 'Hanoucca et les huit jours de la fête [comme on l’a longuement expliqué dans le maamar précédent (qui commence par « Nos maîtres ont enseigné : la mitsva de la lampe de 'Hanoucca »), en se fondant sur les maamarim des Rebbeïm précédents : les huit jours de 'Hanoucca sont à l’image des huit jours de la fête].
ט) וע"פ כָּל הנ"ל תּוּבַן גַּם הַשַּׁיָּיכוּת דִּשְׁמוֹנַת יְמֵי חֲנוּכָּה לִשְׁמוֹנַת יְמֵי הֶחָג [כמשנת"ל בַּאֲרוּכָה בְּמַאֲמָר הַקּוֹדֵם (ד"ה ת"ר מִצְוַת נ"ח), מְיוּסָּד עַל מַאֲמָרֵי רַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ, שֶׁשְּׁמוֹנַת יְמֵי חֲנוּכָּה הֵם דּוּגְמַת שְׁמוֹנַת יְמֵי הֶחָג]
Car de même qu’à la fête de Souccot on agit pour que s’accomplisse « Louez Havayé, toutes les nations ; glorifiez-Le, tous les peuples, car Sa bonté [’hasdo] est puissante sur nous » [le fait que « Sa bonté est puissante sur nous » (la révélation de la prédominance du 'Hessed) agit aussi sur les nations et les peuples, pour qu’ils louent et glorifient Havayé], de même à 'Hanoucca on agit aussi sur les nations et les peuples. C’est ce qu’on a vu plus haut (fin des paragraphes 1 et 7) au sujet de « que cesse le pied des Tarmodéens » : la lumière de la lampe de 'Hanoucca agit aussi sur les rebelles, pour qu’ils soient au niveau du kilayon et de kelot hanéfech [l’âme qui se consume d’aspiration].
כִּי כְּמוֹ שֶׁבְּחַג הַסּוּכּוֹת פּוֹעֲלִים שיהי' הַלְלוּ אֶת הוי' כָּל גּוֹיִם שַׁבְּחוּהוּ כָּל הָאֻמִּים כִּי גָבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ [דְּזֶה שֶׁגָּבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ (גִּילּוּי תִּגְבֹּרֶת הַחֶסֶד) פּוֹעֵל גַּם בְּהַגּוֹיִם וְהָאוּמִּים שֶׁיְּהַלְלוּ וִישַׁבְּחוּ אֶת הוי'], עד"ז הוּא גַּם בַּחֲנֻכָּה, שֶׁפּוֹעֲלִים גַּם בְּהַגּוֹיִם וְהָאוּמִּים, וכנ"ל (סוס"א וסוס"ז) בְּעִנְיַן כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי שֶׁהָאוֹר דנ"ח פּוֹעֵל גַּם בְּהַמּוֹרְדִים שֶׁיִּהְיוּ בִּבְחִינַת כִּלָּיוֹן וּכְלוֹת הַנֶּפֶשׁ.
Et bien qu’à Souccot l’épanchement de « Sa bonté est puissante sur nous » (les makifim [lumières enveloppantes] supérieurs) soit en révélation totale, ce qui n’est pas le cas à 'Hanoucca (c’est pourquoi on eut alors besoin d’une guerre), on connaît la décision de Sa Sainteté l’Admour Hazakène : la victoire fut achevée le 24 Kislev, tandis que le 25 Kislev était déjà un jour de repos [c’est le sens de « 'Hanoucca » : ’hanou kaf-hé, « ils se reposèrent le 25 », car ce jour-là fut un jour de repos]. Alors « ils dégagèrent Ton Sanctuaire, etc., et allumèrent des lampes dans les parvis de Ta sainteté », au point que ces jours devinrent « pour remercier et louer Ton grand Nom », qui est un niveau extrêmement élevé, comme l’expliquent les discours sur la sortie d’Égypte au sujet de « Son grand Nom ».
וַהֲגַם שֶׁבְּסוּכּוֹת הַהַמְשָׁכָה דְּגָבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ (מַקִּיפִים עֶלְיוֹנִים) הִיא בְּגִילּוּי גָּמוּר, משא"כ בַּחֲנֻכָּה, שֶׁלָּכֵן הֻצְרְכוּ אָז לַמִּלְחָמָה, הֲרֵי יְדוּעָה הַכְרָעַת כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן שֶׁגָּמַר נִצָּחוֹן הַמִּלְחָמָה הי' בכ"ד כִּסְלֵו, משא"כ בכ"ה בְּכִסְלֵו הי' כְּבָר יוֹם מְנוּחָה [דְּזֶהוּ פֵּירוּשׁ חֲנוּכָּה, חָנוּ כ"ה, שֶׁבְּיוֹם זֶה הי' מְנוּחָה], וְאָז פִּינוּ אֶת הֵיכָלֶךָ וכו' וְהִדְלִיקוּ נֵרוֹת בְּחַצְרוֹת קָדְשֶׁךָ, וְעַד שֶׁנַּעֲשָׂה לְהוֹדוֹת וּלְהַלֵּל לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל, שֶׁהוּא בְּחִינָה נַעֲלֵית בְּיוֹתֵר, כַּמְבוֹאָר בִּדְרוּשֵׁי יְצִיאַת מִצְרַיִם עִנְיַן שְׁמוֹ הַגָּדוֹל.
Or, de même qu’à Souccot, « le temps de notre joie » est au pluriel, en raison des deux joies, « Havayé se réjouira de Ses œuvres » et « Israël se réjouira de Celui qui l’a fait » ; bien que pour l’une comme pour l’autre il soit dit « se réjouira », au futur, parce que leur accomplissement essentiel aura lieu dans le temps à venir, néanmoins, du fait que la fête de Souccot est appelée (dès maintenant) « le temps de notre joie », on comprend que ces deux joies existent aussi maintenant, de manière révélée, à la fête de Souccot,
וְהִנֵּה כְּמוֹ שֶׁבְּסוּכּוֹת זְמַן שִׂמְחָתֵנוּ לְשׁוֹן רַבִּים, עַל שֵׁם ב' הַשְּׂמָחוֹת דְּיִשְׂמַח הוי' בְּמַעֲשָׂיו וְיִשְׂמַח יִשְׂרָאֵל בְּעוֹשָׂיו, עִם הֱיוֹת שֶׁבִּשְׁנֵיהֶם נֶאֱמַר יִשְׂמַח לְשׁוֹן עָתִיד לְפִי שֶׁעִקַּר עִנְיָנָם יהי' לעת"ל, ואעפ"כ מִזֶּה שֶׁחַג הַסּוּכּוֹת נִקְרָא (עַכְשָׁיו) זְמַן שִׂמְחָתֵנוּ מוּבָן שב' שְׂמָחוֹת אֵלּוּ יֶשְׁנָם גַּם עַכְשָׁיו בְּחַג הַסּוּכּוֹת בְּגִילּוּי,
de même en va-t-il pour « que cesse le pied des Tarmodéens », l’action sur les nations du monde propre aux jours de 'Hanoucca : bien que la plénitude de cette notion doive se réaliser dans le temps à venir, comme il est écrit « Alors Je transformerai la langue des peuples en une langue claire, etc., afin qu’ils Le servent d’une seule épaule », cela s’accomplit néanmoins dès maintenant, à 'Hanoucca.
עד"ז הוּא גַּם בְּעִנְיַן כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי, הַפְּעוּלָּה באוה"ע שֶׁבִּימֵי חֲנוּכָּה, שֶׁעִם הֱיוֹת שֶׁשְּׁלֵמוּת עִנְיָן זֶה יהי' לע"ל, כמ"ש אָז אֶהְפּוֹךְ אֶל עַמִּים שָׂפָה בְרוּרָה גו' לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד, מ"מ נַעֲשֶׂה זֶה גַּם עַכְשָׁיו בַּחֲנֻכָּה.
Comme ce fut le cas en ces jours-là, où fut abolie la domination du royaume impie de Grèce, bien que même après cela il n’y ait pas encore eu de guéoula complète [comme on le comprend aussi du fait qu’au second Beth HaMikdach il manquait cinq choses, déjà avant cela et encore après], de même en va-t-il « en ces jours-là, en ce temps-ci »,
וּכְמוֹ שהי' בַּיָּמִים הָהֵם שֶׁנִּתְבַּטְּלָה שְׁלִיטַת מַלְכוּת יָוָן הָרִשְׁעָה, אע"פ שֶׁגַּם לאח"ז לֹא הָיְתָה עֲדַיִין גְּאֻלָּה שְׁלֵימָה [וְכַמּוּבָן גַּם מִזֶּה שֶׁבְּבֵית שֵׁנִי חָסְרוּ, עוֹד לִפְנֵי זֶה וְגַם לְאַחַר זֶה, ה' דְּבָרִים], עד"ז הוּא גַּם בַּיָּמִים הָהֵם בִּזְמַן הַזֶּה,
De même qu'en ces jours-là, la domination du royaume impie de Grèce fut abolie, bien que, même après cela, il n'y eût pas encore de guéoula complète [comme on le comprend aussi du fait qu'au second Beth HaMikdach manquaient cinq choses, déjà avant cela et aussi après cela], il en va de même « en ces jours-là, en ce temps-ci » :
וּכְמוֹ שהי' בַּיָּמִים הָהֵם שֶׁנִּתְבַּטְּלָה שְׁלִיטַת מַלְכוּת יָוָן הָרִשְׁעָה, אע"פ שֶׁגַּם לאח"ז לֹא הָיְתָה עֲדַיִין גְּאֻלָּה שְׁלֵימָה [וְכַמּוּבָן גַּם מִזֶּה שֶׁבְּבֵית שְׁנֵי חָסְרוּ, עוֹד לִפְנֵי זֶה וְגַם לְאַחַר זֶה, ה' דְּבָרִים], עד"ז הוּא גַּם בַּיָּמִים הָהֵם בִּזְמַן הַזֶּה,
Bien que l'on se trouve encore au temps de la galout (et même avant le commencement de la guéoula [at'halta digueoula]), néanmoins, par les actes et le service de chacun et de chacune (car « elles aussi furent concernées par ce miracle ») pendant le temps de la galout, et en particulier par ce qui est lié au moment présent - le service des jours de 'Hanoucca, dont l'essentiel est l'allumage des lumières de 'Hanoucca à l'entrée de sa maison, à l'extérieur -, s'accomplit « le pied des Tarmodéens cesse » [kalya rigla de-Tarmodaï] (selon les deux explications données plus haut), avant même la guéoula.
דַּהֲגַם שֶׁנִּמְצָאִים עֲדַיִין בִּזְמַן הַגָּלוּת (גַּם לִפְנֵי אתחלתא דִּגְאוּלָּה), מ"מ ע"י מַעֲשָׂיו וַעֲבוֹדָתוֹ שֶׁל כָּל אֶחָד וְאַחַת (שֶׁאַף הֵן הָיוּ בְּאוֹתוֹ הַנֵּס) בְּמֶשֶׁךְ זְמַן הַגָּלוּת, וּבִפְרָט בְּהָעִנְיָן שֶׁהַזְּמַן גרמא – הָעֲבוֹדָה דִּימֵי חֲנוּכָּה, שֶׁעִקָּרָהּ הוּא הַדְלָקַת נֵרוֹת חֲנוּכָּה עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ מִבַּחוּץ, נַעֲשֶׂה כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי (בִּשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים דלעיל) עוֹד לִפְנֵי הַגְּאוּלָּה.
C'est à l'image de ce qui eut lieu lors de la guéoula de la sortie d'Égypte (car tous les exils sont appelés du nom de l'Égypte) : « tous les enfants d'Israël avaient de la lumière dans leurs demeures » alors qu'ils étaient encore en Égypte, et c'est par là qu'« ils dépouillèrent l'Égypte », la laissant « comme un piège sans grain » (le birour [tri et élévation] des étincelles du monde révélé [alma deitgalya]) « et comme une eau profonde sans poissons » (le birour [tri et élévation] des étincelles du monde caché [alma deitkassya]).
וע"ד שהי' בְּהַגְּאֻלָּה דִּיצִיאַת מִצְרַיִם (שֶׁכָּל הַגָּלֻיּוֹת נק' עַל שֵׁם מִצְרַיִם), שֶׁלְּכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל הי' אוֹר בְּמוֹשְׁבוֹתָם עוֹד בִּהְיוֹתָם בְּמִצְרַיִם, ועי"ז וַיְנַצְּלוּ אֶת מִצְרַיִם, כִּמְצוּדָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגָן (בֵּירוּר הַנִּיצוֹצוֹת דעלמא דאתגליא) וְכִמְצוּלָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגִים (בֵּירוּר הַנִּיצוֹצוֹת דעלמא דאתכסיא),
Il en va de même aujourd'hui : déjà dans les derniers instants qui précèdent la guéoula, « tous les enfants d'Israël auront de la lumière dans leurs demeures ». De là, on parvient ensuite, et plus encore, immédiatement et sur-le-champ, à la guéoula complète. Alors s'accomplira pleinement (comme dit plus haut) « le pied des Tarmodéens cesse ».
עד"ז הוּא גַּם עַכְשָׁיו, שֶׁעוֹד בִּרְגָעִים הָאַחֲרוֹנִים שֶׁלִּפְנֵי הַגְּאוּלָּה יהי' לְכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אוֹר בְּמוֹשְׁבוֹתָם, וּמִזֶּה בָּאִים אח"כ, ויתירה מִזֶּה תֵּיכֶף וּמִיָּד, לַגְּאוּלָּה הַשְּׁלֵמָה, שֶׁאָז יהי' (כנ"ל) כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי בִּשְׁלֵימוּת.
10) Par nos actes et notre service, on rapproche et on hâte la guéoula davantage encore. C'est ce que tranche le Rambam : une seule mitsva suffit à apporter au monde entier secours et sauvetage. À plus forte raison l'étude et la diffusion de la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah], révélée précisément dans les dernières générations (comme on le sait au sujet de « ceux qui la goûtent ont mérité la vie »).
יו"ד) וע"י מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ מְקָרְבִים וּמְמַהֲרִים אֶת הַגְּאוּלָּה עוֹד יוֹתֵר, וכפס"ד הרמב"ם שֶׁאֲפִילוּ ע"י מִצְוָה אַחַת גּוֹרֵם לְכָל הָעוֹלָם תְּשׁוּעָה וְהַצָּלָה, ועאכו"כ ע"י לִימּוּד וַהֲפָצַת פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה שֶׁנִּתְגַּלְּתָה בַּדּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים דַּוְקָא (כַּיָּדוּעַ בְּעִנְיַן טועמי' חַיִּים זָכוּ),
Et « grande est l'étude, car elle conduit à l'action » : elle (l'étude de la pnimiyout haTorah) ajoute aussi vitalité et embellissement [hidour] à l'accomplissement des mitsvot, jusqu'à un embellissement à la manière des « plus scrupuleux parmi les scrupuleux » [mehadrin min hamehadrin] (selon la coutume répandue pour la mitsva des lumières de 'Hanoucca).
וְגָדוֹל תַּלְמוּד שֶׁמֵּבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה, שֶׁזֶּה (לִימּוּד פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה) מוֹסִיף גַּם חַיּוּת וְהִידּוּר בְּקִיּוּם הַמִּצְווֹת, וְעַד לְהִדּוּר בְּאֹפֶן דִּמְהַדְּרִין מִן הַמְהַדְּרִין (כְּמִנְהַג הַפָּשׁוּט בְּמִצְוַת נ"ח),
Par là, on rapproche et on hâte la guéoula davantage encore : très bientôt, réellement, on ira accueillir Machia'h notre juste, qui enseignera la Torah au peuple tout entier (la perfection ultime dans l'étude de la Torah), « et là, nous accomplirons devant Toi selon la mitsva de Ta volonté » (la perfection ultime dans l'accomplissement des mitsvot). On méritera alors qu'« une grande assemblée revienne ici », tous pour remercier et louer Ton grand Nom, dans le troisième Beth HaMikdach, la demeure éternelle, « le sanctuaire, Hachem, qu'ont établi Tes mains », bientôt, de nos jours, réellement.
ועי"ז מְקָרְבִים וּמְמַהֲרִים עוֹד יוֹתֵר אֶת הַגְּאוּלָּה, שֶׁבַּקָּרוֹב מַמָּשׁ הוֹלְכִים לְקַבֵּל פְּנֵי מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, שֶׁיְּלַמֵּד תּוֹרָה אֶת כָּל הָעָם כּוּלּוֹ (תַּכְלִית הַשְּׁלֵימוּת בְּלִימּוּד הַתּוֹרָה), וְשָׁם נַעֲשֶׂה לְפָנֶיךָ כְּמִצְוַת רְצוֹנֶךָ (תַּכְלִית הַשְּׁלֵימוּת בְּקִיּוּם הַמִּצְווֹת), וְזוֹכִים קָהָל גָּדוֹל דְּיָשׁוּבוּ הֵנָּה, כֻּלָּם לְהוֹדוֹת וּלְהַלֵּל לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל, בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ הַשְּׁלִישִׁי, בֵּית הַנִּצְחִי, מִקְּדָשׁ אד' כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ, וּבִמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ.
[…] et qu'il en est de même en chacun et chacune d'Israël.] Or, « voici que Havayé se tenait debout au-dessus de lui », et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les tsadikim, leur D.ieu se maintient au-dessus d'eux ». Que Sa Divinité, béni soit-Il, soit dans l'état de « se tenir debout » [nitsav] (nitsav mélekh, « un préposé tenant lieu de roi »), cela signifie qu'Elle se maintient et se tient debout, pour ainsi dire, sur nos actes et notre service ; en particulier sur nos actes et notre service durant le temps de la galout. Cela va jusqu'à ce que, par le (birour [tri et élévation] de l') obscurité de la galout, se réalise cela (« leur D.ieu se maintient au-dessus d'eux ») ; et même jusqu'à ce que cela se réalise aussi par un service de « petit doigt ». C'est ainsi que l'on connaît la décision halakhique du Rambam : par une seule mitsva, l'homme fait pencher lui-même et le monde entier vers le plateau du mérite, et il leur cause, à lui comme à eux, secours et sauvetage.
[…]ה שכמו"כ הוּא בכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל] וְהִנֵּה הוי' נִצָּב עָלָיו, וארז"ל הַצַּדִּיקִים אֱלֹקֵיהֶם מִתְקַיֵּם עֲלֵיהֶם, דְּזֶה שֶׁאַלְּקוֹתוֹ ית' הוּא בִּבְחִינַת נִצָּב (נִצָּב מֶלֶךְ), הוּא מִתְקַיֵּם וְנִצָּב כִּבְיָכוֹל עַל מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ, וּבִפְרָט עַל מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ בְּמֶשֶׁךְ זְמַן הַגָּלוּת, וְעַד שע"י (בֵּירוּר) חוֹשֶׁךְ הַגָּלוּת נַעֲשֶׂה זֶה (דֶּאֱלֹקֵיהֶם מִתְקַיֵּם עֲלֵיהֶם), וְעַד שֶׁזֶּה נַעֲשֶׂה גַּם ע"י עֲבוֹדָה דְּאֶצְבַּע קְטַנָּה, וְכַיָּדוּעַ פס"ד הרמב"ם שע"י מִצְוָה אַחַת מַכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ וְאֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לְכַף זְכוּת וְגוֹרֵם לוֹ וְלָהֶם תְּשׁוּעָה וְהַצָּלָה.
À la lumière de tout ce qui précède, on comprendra aussi le lien entre les huit jours de 'Hanoucca et les huit jours de Souccot. [On l'a longuement expliqué dans le maamar précédent (qui commence par « Nos Maîtres ont enseigné : la mitsva de la lumière de 'Hanoucca »), en se fondant sur les maamarim des Rebbeïm précédents : les huit jours de 'Hanoucca sont à l'image des huit jours de la fête.] En effet, à Souccot, on fait en sorte que s'accomplisse « Louez Havayé, toutes les nations ; célébrez-Le, tous les peuples, car Sa bonté s'est renforcée sur nous » [que « Sa bonté s'est renforcée sur nous » (la révélation de la prédominance du 'Hessed) agit aussi sur les nations et les peuples, afin qu'ils louent et célèbrent Havayé]. Il en est de même à 'Hanoucca : on agit aussi sur les nations et les peuples. On l'a vu plus haut (fin de la section 1 et fin de la section 7) à propos de « kalya rigla detarmoudaï » [« jusqu'à ce que cesse le pied des Tarmodéens »] : la lumière de la bougie de 'Hanoucca agit aussi sur les rebelles, pour qu'ils parviennent à l'état de kilayon [extinction] et de kelot hanéfech [défaillance de l'âme]. Certes, à Souccot, l'épanchement de « Sa bonté s'est renforcée sur nous » (les makifim [lumières enveloppantes] supérieurs) se fait en révélation totale, ce qui n'est pas le cas à 'Hanoucca, et c'est pourquoi il fallut alors livrer bataille. Mais on connaît la décision de Sa Sainteté l'Admour Hazakène : la victoire de la guerre s'acheva le 24 Kislev, tandis que le 25 Kislev était déjà un jour de repos [c'est l'explication du mot 'Hanoucca : 'hanou kaf-hé, « ils se reposèrent le vingt-cinq », car ce jour-là fut un jour de repos]. Alors « ils dégagèrent Ton sanctuaire, etc., et allumèrent des lumières dans les parvis de Ta sainteté », jusqu'à ce que ces jours fussent établis « pour rendre grâce et louer Ton grand Nom ». C'est là un degré extrêmement élevé, comme l'expliquent les discours sur la sortie d'Égypte, à propos de « Son grand Nom ». Or, à Souccot, « le temps de notre joie » est au pluriel, en raison des deux joies : « Havayé se réjouira de Ses œuvres » et « Israël se réjouira de Celui qui l'a fait ». Pour l'une comme pour l'autre, il est dit « se réjouira », au futur, parce que leur contenu essentiel se réalisera dans le futur à venir. Néanmoins, du fait que la fête de Souccot est appelée (dès maintenant) « le temps de notre joie », on comprend que ces deux joies existent aussi maintenant, de manière révélée, à la fête de Souccot. Il en est de même pour « kalya rigla detarmoudaï », l'action exercée sur les nations du monde aux jours de 'Hanoucca : la plénitude de cette réalité appartient certes au futur à venir, selon le passouk « Alors Je donnerai aux peuples une langue claire, etc., pour qu'ils Le servent d'une même épaule » ; elle se réalise néanmoins dès maintenant, à 'Hanoucca. Il en fut ainsi en ces jours-là : la domination du royaume malfaisant de Grèce fut abolie, bien qu'ensuite non plus il n'y eût pas encore de guéoula complète [comme on le comprend aussi du fait qu'au second Beth HaMikdach manquaient cinq choses, déjà avant cela et aussi après]. Il en est de même « en ces jours-là, en ce temps-ci » : nous nous trouvons encore au temps de la galout (et même avant le « début de la guéoula » [at'halta digueoula]). Pourtant, par les actes et le service de chacun et de chacune (car elles aussi eurent part à ce miracle) durant le temps de la galout, et en particulier par ce qu'appelle le moment présent [chéhazman grama], le service des jours de 'Hanoucca, dont l'essentiel est l'allumage des bougies de 'Hanoucca à l'extérieur, à l'entrée de sa maison, se réalise « kalya rigla detarmoudaï » (selon les deux explications données plus haut), avant même la guéoula. Il en fut de même lors de la guéoula de la sortie d'Égypte (tous les exils sont en effet appelés du nom de l'Égypte) : « pour tous les enfants d'Israël, il y avait de la lumière dans leurs demeures », alors qu'ils étaient encore en Égypte. Par là, « ils dépouillèrent l'Égypte », la laissant « comme un piège sans grain » (le birour [tri et élévation] des étincelles du monde révélé [alma deitgalya]) « et comme un abîme sans poissons » (le birour [tri et élévation] des étincelles du monde caché [alma deitkassya]). Il en est de même maintenant : déjà dans les derniers instants qui précèdent la guéoula, il y aura pour tous les enfants d'Israël de la lumière dans leurs demeures. De là, on parvient ensuite, et plus encore, tout de suite et sans délai, à la guéoula complète, où se réalisera (comme on l'a dit plus haut) « kalya rigla detarmoudaï » dans sa plénitude.
ט) וע"פ כָּל הנ"ל תּוּבַן גַּם הַשַּׁיָּיכוּת דִּשְׁמוֹנַת יְמֵי חֲנוּכָּה לִשְׁמוֹנַת יְמֵי הֶחָג [כמשנת"ל בַּאֲרוּכָה בְּמַאֲמָר הַקּוֹדֵם (ד"ה ת"ר מִצְוַת נ"ח), מְיוּסָּד עַל מַאֲמָרֵי רַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ, שֶׁשְּׁמוֹנַת יְמֵי חֲנוּכָּה הֵם דּוּגְמַת שְׁמוֹנַת יְמֵי הֶחָג] כִּי כְּמוֹ שֶׁבְּחַג הַסּוּכּוֹת פּוֹעֲלִים שיהי' הַלְלוּ אֶת הוי' כָּל גּוֹיִם שַׁבְּחוּהוּ כָּל הָאֻמִּים כִּי גָּבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ [דְּזֶה שֶׁגָּבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ (גִּילּוּי תִּגְבֹּרֶת הַחֶסֶד) פּוֹעֵל גַּם בְּהַגּוֹיִם וְהָאוּמִּים שֶׁיְּהַלְלוּ וִישַׁבְּחוּ אֶת הוי'], עד"ז הוּא גַּם בַּחֲנֻכָּה, שֶׁפּוֹעֲלִים גַּם בְּהַגּוֹיִם וְהָאוּמִּים, וכנ"ל (סוס"א וסוס"ז) בְּעִנְיָן כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי שֶׁהָאוֹר דנ"ח פּוֹעֵל גַּם בְּהַמּוֹרְדִים שֶׁיִּהְיוּ בִּבְחִינַת כִּלָּיוֹן וּכְלוֹת הַנֶּפֶשׁ. וַהֲגַם שֶׁבְּסוּכּוֹת הַהַמְשָׁכָה דְּגָבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ (מַקִּיפִים עֶלְיוֹנִים) הִיא בְּגִילּוּי גָּמוּר, משא"כ בַּחֲנֻכָּה, שֶׁלָּכֵן הֻצְרְכוּ אָז לַמִּלְחָמָה, הֲרֵי יְדוּעָה הַכְרָעַת כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן שֶׁגָּמַר נִצָּחוֹן הַמִּלְחָמָה הי' בכ"ד כִּסְלֵו, משא"כ בכ"ה בְּכִסְלֵו הי' כְּבָר יוֹם מְנוּחָה [דְּזֶהוּ פֵּירוּשׁ חֲנוּכָּה, חָנוּ כ"ה, שֶׁבְּיוֹם זֶה הי' מְנוּחָה], וְאָז פִּינוּ אֶת הֵיכָלֶךָ וכו' וְהִדְלִיקוּ נֵרוֹת בְּחַצְרוֹת קָדְשֶׁךָ, וְעַד שֶׁנַּעֲשָׂה לְהוֹדוֹת וּלְהַלֵּל לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל, שֶׁהוּא בְּחִינָה נַעֲלֵית בְּיוֹתֵר, כַּמְבוֹאָר בִּדְרוּשֵׁי יְצִיאַת מִצְרַיִם עִנְיָן שְׁמוֹ הַגָּדוֹל. וְהִנֵּה כְּמוֹ שֶׁבְּסוּכּוֹת זְמַן שִׂמְחָתֵנוּ לְשׁוֹן רַבִּים, עַל שֵׁם ב' הַשְּׂמָחוֹת דְּיִשְׂמַח הוי' בְּמַעֲשָׂיו וְיִשְׂמַח יִשְׂרָאֵל בְּעוֹשָׂיו, עִם הֱיוֹת שֶׁבִּשְׁנֵיהֶם נֶאֱמַר יִשְׂמַח לְשׁוֹן עָתִיד לְפִי שֶׁעִקָּר עִנְיָנָם יהי' לעת"ל, ואעפ"כ מִזֶּה שֶׁחַג הַסּוּכּוֹת נִקְרָא (עַכְשָׁיו) זְמַן שִׂמְחָתֵנוּ מוּבָן שב' שְׂמָחוֹת אֵלּוּ יֶשְׁנָם גַּם עַכְשָׁיו בְּחַג הַסּוּכּוֹת בְּגִילּוּי, עד"ז הוּא גַּם בְּעִנְיָן כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי, הַפְּעוּלָּה באוה"ע שֶׁבִּימֵי חֲנוּכָּה, שֶׁעִם הֱיוֹת שֶׁשְּׁלֵמוֹת עִנְיָן זֶה יהי' לע"ל, כמ"ש אָז אֶהְפּוֹךְ אֶל עַמִּים שָׂפָה בְרוּרָה גו' לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד, מ"מ נַעֲשֶׂה זֶה גַּם עַכְשָׁיו בַּחֲנֻכָּה. וּכְמוֹ שהי' בַּיָּמִים הָהֵם שֶׁנִּתְבַּטְּלָה שְׁלִיטַת מַלְכוּת יָוָן הָרִשְׁעָה, אע"פ שֶׁגַּם לאח"ז לֹא הָיְתָה עֲדַיִין גְּאֻלָּה שְׁלֵימָה [וְכַמּוּבָן גַּם מִזֶּה שֶׁבְּבֵית שְׁנֵי חָסְרוּ, עוֹד לִפְנֵי זֶה וְגַם לְאַחַר זֶה, ה' דְּבָרִים], עד"ז הוּא גַּם בַּיָּמִים הָהֵם בִּזְמַן הַזֶּה, דַּהֲגַם שֶׁנִּמְצָאִים עֲדַיִין בִּזְמַן הַגָּלוּת (גַּם לִפְנֵי אתחלתא דִּגְאוּלָּה), מ"מ ע"י מַעֲשָׂיו וַעֲבוֹדָתוֹ שֶׁל כָּל אֶחָד וְאַחַת (שֶׁאַף הֵן הָיוּ בְּאוֹתוֹ הַנֵּס) בְּמֶשֶׁךְ זְמַן הַגָּלוּת, וּבִפְרָט בְּהָעִנְיָן שֶׁהַזְּמַן גרמא – הָעֲבוֹדָה דִּימֵי חֲנוּכָּה, שֶׁעִקָּרָהּ הוּא הַדְלָקַת נֵרוֹת חֲנוּכָּה עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ מִבַּחוּץ, נַעֲשֶׂה כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי (בִּשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים דלעיל) עוֹד לִפְנֵי הַגְּאוּלָּה. וע"ד שהי' בְּהַגְּאֻלָּה דִּיצִיאַת מִצְרַיִם (שֶׁכָּל הַגָּלִיּוֹת נק' עַל שֵׁם מִצְרַיִם), שֶׁלְּכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל הי' אוֹר בְּמוֹשְׁבוֹתָם עוֹד בִּהְיוֹתָם בְּמִצְרַיִם, ועי"ז וַיְנַצְּלוּ אֶת מִצְרַיִם, כִּמְצוּדָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגָן (בֵּירוּר הַנִּיצוֹצוֹת דעלמא דאתגליא) וְכִמְצוּלָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגִים (בֵּירוּר הַנִּיצוֹצוֹת דעלמא דאתכסיא), עד"ז הוּא גַּם עַכְשָׁיו, שֶׁעוֹד בִּרְגָעִים הָאַחֲרוֹנִים שֶׁלִּפְנֵי הַגְּאוּלָּה יהי' לְכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אוֹר בְּמוֹשְׁבוֹתָם, וּמִזֶּה בָּאִים אח"כ, ויתירה מִזֶּה תֵּיכֶף וּמִיָּד, לַגְּאוּלָּה הַשְּׁלֵמָה, שֶׁאָז יהי' (כנ"ל) כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי בִּשְׁלֵימוּת.
Par nos actes et notre service, on rapproche et on hâte la guéoula davantage encore. C'est la décision du Rambam : même par une seule mitsva, l'homme cause au monde entier secours et sauvetage. À plus forte raison par l'étude et la diffusion de dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah], qui s'est révélée précisément dans les dernières générations (comme on le sait à propos de « ceux qui la goûtent ont mérité la vie »). Or « grande est l'étude, car elle conduit à l'acte » : elle (l'étude de pnimiyout haTorah) ajoute aussi vitalité et embellissement [hidour] dans l'accomplissement des mitsvot, jusqu'à un embellissement à la manière de « ceux qui embellissent parmi ceux qui embellissent » [mehadrin min hamehadrin] (selon la coutume établie pour la mitsva de la lumière de 'Hanoucca). Par là, on rapproche et on hâte davantage encore la guéoula : très bientôt, réellement, nous irons accueillir Machia'h, notre juste, qui enseignera la Torah au peuple tout entier (la perfection ultime dans l'étude de la Torah), et « là, nous accomplirons devant Toi selon la mitsva de Ta volonté » (la perfection ultime dans l'accomplissement des mitsvot). On méritera alors qu'« une grande assemblée reviendra ici », tous ensemble « pour rendre grâce et louer Ton grand Nom », dans le troisième Beth HaMikdach, la demeure éternelle, « le Sanctuaire, Ado-naï, que Tes mains ont établi », bientôt et de nos jours, réellement.
יו"ד) וע"י מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ מְקָרְבִים וּמְמַהֲרִים אֶת הַגְּאוּלָּה עוֹד יוֹתֵר, וכפס"ד הרמב"ם שֶׁאֲפִילוּ ע"י מִצְוָה אַחַת גּוֹרֵם לְכָל הָעוֹלָם תְּשׁוּעָה וְהַצָּלָה, ועאכו"כ ע"י לִימּוּד וַהֲפָצַת פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה שֶׁנִּתְגַּלְּתָה בַּדּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים דַּוְקָא (כַּיָּדוּעַ בְּעִנְיָן טועמי' חַיִּים זָכוּ), וְגָדוֹל תַּלְמוּד שֶׁמֵּבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה, שֶׁזֶּה (לִימּוּד פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה) מוֹסִיף גַּם חַיּוּת וְהִידּוּר בְּקִיּוּם הַמִּצְווֹת, וְעַד לְהִדּוּר בְּאֹפֶן דִּמְהַדְּרִין מִן הַמְהַדְּרִין (כְּמִנְהַג הַפָּשׁוּט בְּמִצְוַת נ"ח), ועי"ז מְקָרְבִים וּמְמַהֲרִים עוֹד יוֹתֵר אֶת הַגְּאוּלָּה, שֶׁבַּקָּרוֹב מַמָּשׁ הוֹלְכִים לְקַבֵּל פְּנֵי מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, שֶׁיְּלַמֵּד תּוֹרָה אֶת כָּל הָעָם כּוּלּוֹ (תַּכְלִית הַשְּׁלֵימוּת בְּלִימּוּד הַתּוֹרָה), וְשָׁם נַעֲשֶׂה לְפָנֶיךָ כְּמִצְוַת רְצוֹנֶךָ (תַּכְלִית הַשְּׁלֵימוּת בְּקִיּוּם הַמִּצְווֹת), וְזוֹכִים קָהָל גָּדוֹל דְּיָשׁוּבוּ הֵנָּה, כֻּלָּם לְהוֹדוֹת וּלְהַלֵּל לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל, בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ הַשְּׁלִישִׁי, בֵּית הַנִּצְחִי, מִקְדָּשׁ אד' כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ, וּבִמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ.