Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5741. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5741. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Avec l'aide du Ciel. Nuit du mardi, Youd Kislev 5741 [1980]. « Pada béchalom nafchi mikrav li ki verabim hayou imadi » : « Il a délivré mon âme en paix [béchalom] du combat mené contre moi, car c'est en nombre qu'ils étaient avec moi. »
Le Baal HaGuéoula explique [litt. : « le maître de la délivrance »], dans son maamar qui commence par ces mots (imprimé dans son livre Chaarei Téchouva), que le sens de « Il a délivré en paix » (précisément « en paix ») est le suivant : la délivrance se fait de telle manière que l'adversaire s'annule complètement. C'est pourquoi il n'est nul besoin de guerre.
Comme il en fut aux jours de Chlomo : toutes les nations s'annulèrent devant Chlomo, et cela sans guerre. C'est pourquoi il fut appelé du nom de Chlomo, car la paix [chalom] régna en ses jours, etc.
Seulement, la paix des jours de Chlomo n'était pas encore parfaite. La perfection ultime à cet égard viendra aux jours de Machia'h, lorsque le mal sera complètement annulé (comme il est dit : « Et l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre »). C'est pourquoi on verra alors « Et toutes les nations afflueront vers lui… » (elles afflueront d'elles-mêmes). Il en ira de même pour les animaux : « Ils ne feront pas de mal et ne détruiront pas… », et « le lion, comme le bœuf, mangera de la paille ».
On peut peut-être dire que, puisque le maamar cite le passouk « le lion, comme le bœuf, mangera de la paille », on en comprend qu'au sein même des jours de Machia'h, la perfection de « Il a délivré en paix » se réalisera précisément dans la seconde période. On trouve en effet expliquée ailleurs la conciliation des opinions sur le sens de « Le loup séjournera avec l'agneau… » : dans la première période des jours de Machia'h, cela s'accomplira à la manière d'une « parabole et énigme », et il s'agira des nations du monde ; dans la seconde période, cela s'accomplira au sens littéral (pour les animaux).
2) L'explication de la chose (à savoir : bien que la délivrance en paix ait existé dès les jours de Chlomo, sa perfection ultime viendra aux jours de Machia'h, et, en leur sein, dans la seconde période) se comprendra à partir de ce qu'explique le maamar. Par l'étude de la Torah aussi (dès maintenant) s'accomplit une délivrance en paix, car le birour [tri, séparation du bien et du mal] opéré par l'étude de la Torah relève du « niveau de l'annulation du mal dans son essence même ». Plusieurs discours [derouchim] expliquent d'ailleurs la différence entre la Torah et la prière : le birour de la prière se fait par voie de guerre (« le temps de la prière est un temps de combat »), tandis que le birour de la Torah se fait par voie de repos.
La différence entre un birour par voie de guerre et un birour par voie de repos est la suivante. Dans le birour par voie de guerre, celui qui trie [hamevarer] doit se revêtir des vêtements de ce qui est trié [hamitbarer]. Dans le birour par voie de repos, au contraire, celui qui trie reste à sa place, et par le dévoilement de l'Or [lumière] (de celui qui trie) qui éclaire ce qui est trié, celui-ci se trouve trié de lui-même.
Comme ce fut le cas aux jours de Chlomo : Chlomo restait à sa place, et par la grandeur de son nom, qui se faisait entendre jusque dans les contrées lointaines, ils étaient attirés vers lui d'eux-mêmes, comme il est dit : « Et la reine de Saba entendit la renommée de Chlomo… et elle vint à Jérusalem… ».
Telle est aussi la différence entre le birour de la prière et le birour de la Torah. Le birour de la prière se fait de telle manière que l'âme divine se revêt de l'âme animale (comme on le sait, pour que la méditation [hitbonenout] de la prière opère le birour de l'âme animale, elle doit porter sur des sujets tels, et se faire d'une manière telle, que l'âme animale aussi puisse les saisir). Le birour de la Torah, en revanche, se fait de lui-même : du fait qu'on apprend dans la Torah que telle chose est permise et telle chose interdite, ces choses se trouvent triées d'elles-mêmes.
3) Or, dans le birour de la Torah, il faut distinguer entre le birour opéré par la partie révélée de la Torah [galya deTorah] et le birour opéré par dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah].
Dans le birour opéré par l'étude de la partie révélée de la Torah, l'étude doit porter sur les sujets mêmes qu'il faut trier. Et l'une des raisons pour lesquelles la Torah s'est revêtue de choses matérielles, et même de choses interdites, jusqu'à des arguments mensongers, est précisément d'opérer le birour dans ces domaines aussi. Si le birour opéré par la partie révélée de la Torah porte lui aussi le nom de birour par voie de repos, c'est que ces sujets également (les choses interdites, et même les arguments mensongers), tels qu'ils se trouvent dans la Torah, sont Torah, une Torah de vérité. Et puisque ces choses-là aussi, dans la Torah, sont la parole de D.ieu (« Ma parole n'est-elle pas ainsi, comme le feu ? » : de même que le feu, etc., de même les paroles de Torah ne contractent pas d'impureté), la Torah demeure toujours à sa place et à son niveau (la parole de D.ieu), et le birour se fait de lui-même.
Toutefois, cela n'est pas comparable au birour opéré par pnimiyout haTorah. Dans le birour opéré par la partie révélée de la Torah, le fait même que la Torah parle de choses matérielles, etc., constitue pour ainsi dire une descente ; simplement, même après sa descente et son épanchement vers le bas, elle reste Torah, parole de D.ieu (et ne descend pas se revêtir d'une autre réalité). Il en va autrement du birour opéré par pnimiyout haTorah : puisque pnimiyout haTorah est « l'Arbre de vie » (qui n'est pas revêtu de bien et de mal), le birour qui s'accomplit par elle se fait sans aucun revêtement.
4) Peut-être peut-on ajouter, sur la différence entre la partie révélée de la Torah et pnimiyout haTorah, que le repos et la paix véritables ne se trouvent précisément que dans pnimiyout haTorah, et cela non seulement pour les birourim accomplis par l'étude de la Torah, mais aussi dans l'étude de la Torah elle-même.
Car l'étude de la partie révélée de la Torah [niglé] procède par questions et réponses : on suppose d'abord que le raisonnement est tel ou tel, puis on parvient à une compréhension plus profonde et l'on rejette le raisonnement précédent, au point de dire de lui : « c'est une invention [badouta hi] ». Or rejeter un raisonnement antérieur, c'est « tu as versé beaucoup de sang » (ce qui fut dit à David), tel que cela se présente dans le monde de l'intellect. La paix véritable ne se trouve donc précisément que dans pnimiyout haTorah, où « il n'y a ni question ni controverse ».
On peut expliquer les choses ainsi. La partie révélée de la Torah [galya deTorah] et dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah] diffèrent dans la manière même dont on les étudie. Cette différence est la cause de celle qui les sépare quant au birour [tri et raffinement du monde] qui s'accomplit par elles, car tout agent agit à son image. C'est pourquoi, précisément pour pnimiyout haTorah, en laquelle « il n'y a là ni question ni controverse », le birour qu'elle opère se fait lui aussi par la voie de la paix et de la quiétude.
Or, au sein même de pnimiyout haTorah, on distingue globalement deux modes. Il y a pnimiyout haTorah telle qu'elle s'est revêtue dans la compréhension et la saisie de l'intellect : ce niveau existe dès maintenant. Et il y a pnimiyout haTorah telle qu'elle est au niveau de la vision (au-delà de la compréhension et de la saisie) : ce niveau se manifestera à l'avenir. On sait en effet que Machia'h enseignera (la dimension intérieure de) la Torah à tout Israël sur le mode de la vision.
La différence entre la saisie et la vision est la suivante. Dans la saisie, même parvenue à la certitude, une question peut provoquer chez la personne un changement, ou du moins un affaiblissement. Dans la vision, au contraire, celui qui a vu n'aura aucun doute sur ce qu'il a vu, même si on lui pose les objections les plus fortes. La raison en est que, lorsqu'un homme saisit une chose par son intellect, cette chose vient s'ajouter à lui. Lorsqu'il voit une chose, en revanche, elle se grave dans son intériorité et devient pour ainsi dire une part de son essence. C'est pourquoi aucun changement n'y a de prise.
6) D'après tout ce qui précède, on peut expliquer ceci. La notion de « Il a délivré en paix » [pada bechalom] a existé aussi aux jours de Chlomo. Néanmoins, sa perfection se réalisera aux jours de Machia'h et, au sein même des jours de Machia'h, dans la seconde période. On peut dire que ces trois degrés de la paix (aux jours de Chlomo, dans la première période des jours de Machia'h et dans la seconde) sont à l'image des trois degrés de la Torah mentionnés plus haut.
Voici l'explication. Si la reine de Saba « entendit la renommée de Chlomo », c'est que son nom (car le nom n'est qu'un rayonnement [haara]) s'épancha et se répandit au loin, jusqu'au pays de Saba. Chlomo lui-même demeurait en son lieu, et c'est son nom (« la renommée de Chlomo ») qui s'épancha et parvint jusqu'à Saba. Or plus l'épanchement s'étend vers un lieu éloigné, plus il s'amenuise.
Il en va de même pour le birour [tri et élévation] lui-même. Même après que la reine de Saba eut entendu la renommée de Chlomo, il fallut encore qu'« elle vînt à Jérusalem » (le trajet de Saba à Jérusalem demande du temps, de la peine, etc.), et c'est alors seulement que s'accomplit le birour (à l'image du birour opéré par la partie révélée de la Torah).
Il n'en est pas ainsi du birour qui aura lieu aux jours de Machia'h. Se révélera alors l'Or Ein Sof [lumière infinie] illimité, celui d'avant la contraction, occultation [tsimtsoum], et cette lumière est présente en tout lieu de façon égale. C'est pourquoi le birour se fera alors (non par un épanchement et une descente de la lumière vers le bas, avec une élévation vers le haut de ce qui est trié, mais) par le fait que la lumière, telle qu'elle est, brillera en tout lieu. C'est pourquoi, alors, « Je transformerai les peuples » (tels qu'ils sont, dans leur existence et en leur lieu) etc. « tous » etc. « pour Le servir d'une même épaule ».
Toutefois, sur ce point même, il y a une différence entre la première période et la seconde. Dans la première période, il n'y aura pas de nouveauté dans l'œuvre de la création [maassé beréchit]. La révélation de Divinité qui aura lieu dans le monde viendra de la révélation de l'Or Ein Sof illimité, qui brille en tout lieu, mais non du monde lui-même, puisque « le monde suit son cours habituel ». C'est pourquoi la révélation chez les créatures (et leur annulation de soi [bitoul]) sera alors comme une chose surajoutée à leur existence. [Il en est de même de la compréhension et de la saisie de la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah] : elles sont comme une chose surajoutée à l'homme, et c'est pourquoi un changement, ou du moins un affaiblissement, peut s'y produire, comme on l'a dit plus haut.]
Il n'en est pas ainsi de la seconde période des jours de Machia'h, où il y aura changement et nouveauté dans l'œuvre de la création. On peut dire qu'alors la révélation dans le monde (et le bitoul chez les créatures) procédera aussi de la nature et de la définition mêmes du monde.
7) Or les trois interprétations (et degrés) mentionnées de « Il a délivré en paix mon âme », puisqu'elles portent toutes sur le même verset [passouk], sont liées l'une à l'autre et forment une seule suite. Car outre que tous ces degrés sont Torah [de même que pour la prière : la prière de Chabbat aussi, bien que le birour [élévation des étincelles] de Chabbat se fasse sur le mode du repos, est néanmoins par essence une prière ; il en va de même pour la Torah : la partie révélée de la Torah elle-même, qui relève de l'habillement [hitlabchout], est par essence Torah], tous les degrés de la Torah ne font qu'une seule chose, une seule Torah. C'est pourquoi, par l'étude de la Torah maintenant (y compris l'étude de la partie révélée de la Torah [niglé]), on méritera la Torah de Machia'h, qui relève de la vision, comme on le sait à propos de « et son étude en sa main ».
8) Peut-être peut-on dire, plus profondément, que même le degré de la délivrance par la guerre, puisqu'il porte le nom de délivrance [pedia], se rattache à la délivrance en paix (jusqu'à son degré le plus élevé, qui se réalisera aux jours de Machia'h, dans la seconde période). Selon l'expression de nos Sages : « la guerre aussi est le début de la guéoula, puisque le nom de guéoula s'y applique ».
Peut-être peut-on dire, plus profondément, que le degré de délivrance [pedia] qui passe par la guerre se rattache lui aussi à la délivrance dans la paix, puisqu'il porte le nom de délivrance. Cela vaut jusqu'au degré le plus élevé, celui qui se manifestera aux jours de Machia'h, durant la seconde période. Nos Sages, de mémoire bénie, le disent ainsi : « la guerre aussi est un commencement de la guéoula », puisque le nom de guéoula s'y applique.
On peut ainsi mieux expliquer le lien entre la guéoula de Youd Kislev et de Youd-Tèt Kislev et le verset [passouk] « פדה בשלום נפשי, Il a délivré mon âme dans la paix ». La difficulté est la suivante. On connaît le cours des événements lors de la délivrance de l'Admour Hazakène, et de même lors de celle de l'Admour HaEmtsaï : il y eut de l'itkafia [contrainte], des démarches [hichtadlout] et d'autres choses semblables, c'est-à-dire des affaires de guerre. Or on rattache cela au passouk « Il a délivré mon âme dans la paix », qui se rapporte, comme l'explique l'Admour HaEmtsaï dans le discours cité plus haut, à la délivrance dans la paix telle qu'elle est dans sa perfection accomplie. L'explication en est que tous les degrés de la délivrance sont liés à la délivrance dans la paix, dans sa perfection la plus achevée, telle qu'elle sera dans l'avenir.
On le comprendra d'après ce qu'explique dans le maamar le Baal HaGuéoula. « Il a délivré mon âme dans la paix », dans le service de l'homme, c'est [la délivrance de l'âme divine hors de l'exil où la tient l'âme animale, une délivrance qui se fait dans la paix, l'âme animale ne s'y opposant plus du tout]. Elle a lieu quand le service s'accomplit avec mesirout néfech [don total de soi], et, au sein même de la mesirout néfech, avec la mesirout néfech de la Yé'hida. En effet, la mesirout néfech qui procède de la 'Haya ne produit qu'une itkafia de l'âme animale ; c'est seulement par la mesirout néfech qui procède de la Yé'hida que celle-ci s'annule entièrement.
Cela permet de comprendre le lien entre la délivrance qui passe par la guerre [le service qui procède de la 'Haya, et plus bas encore le service qui procède de Néfech, Roua'h et Nechama] et « Il a délivré mon âme dans la paix » (la Yé'hida) : chaque service, quel qu'il soit, renferme (de façon voilée) la mesirout néfech qui procède de la Yé'hida. C'est ce qu'on trouve dans le Tanya : l'étude de la Torah, l'accomplissement des mitsvot et la prière relèvent d'une véritable mesirout néfech. Puisque la mesirout néfech dans sa vérité (la véritable mesirout néfech) est celle qui procède de la Yé'hida, il en résulte que dans chaque chose de Torah et de mitsvot [même les choses simples de la Torah et des mitsvot que, si la Torah n'avait pas été donnée (à D.ieu ne plaise), on aurait apprises des animaux de la terre] réside la force de la mesirout néfech de la Yé'hida.
Plus encore : la compréhension et la saisie de la Torah elles-mêmes procèdent de la priorité donnée à « nous ferons » sur « nous entendrons », comme il est dit : « תומת ישרים תנחם, l'intégrité des hommes droits les guide ». Placer « nous ferons » avant « nous entendrons », c'est l'annulation de soi [bitoul] envers le Maître de la volonté (qui dépasse le bitoul envers la volonté). Or ce bitoul vient de l'essence même de l'âme (qui dépasse les dévoilements de l'âme), le niveau de Yé'hida.
Et bien que la mesirout néfech [don total de soi] exposée dans le maamar précité du maître de la guéoula [baal haguéoula] consiste en ce que toutes ses volontés se sont annulées (au point que toutes choses lui sont égales), on peut dire que tous les degrés de la mesirout néfech ne forment qu’une seule et même chose.
On peut le comprendre à partir de ce que l’on sait de la crainte : puisque la crainte est annulation de soi [bitoul] (négation de l’existence propre), tous les degrés de la crainte ne forment qu’une seule crainte. On peut en dire autant du bitoul de la mesirout néfech.
Bien plus : le bitoul de la mesirout néfech procède de l’âme tout entière et de son essence, à la différence du bitoul de la crainte, qui n’est qu’un attribut parmi d’autres. Cette idée [que tous les degrés ne forment qu’une seule chose] s’applique donc à la mesirout néfech plus encore qu’à la crainte.
On le comprendra par une image tirée de la royauté terrestre. Quand un homme entre dans l’armée (même s’il n’y a pas encore servi, et à plus forte raison s’il n’a pas encore été à la guerre), il se remet entièrement et cesse d’être son propre maître.
Il en est de même dans l’armée spirituelle, puisque Israël forme les armées de Havayé. Chaque Juif possède la kabalat ol [acceptation du joug] [selon l’adage bien connu : « un Juif est un homme de kabalat ol »], et c’est par elle qu’il entre dans les armées de Hachem. Par là, il se remet entièrement à la Divinité, et ce don de soi est lié à la mesirout néfech qui procède de la Yé'hida, à son degré le plus élevé, la mesirout néfech y brille.
9) D’après ce qui précède, on peut expliquer aussi ce que rapporte le Yerouchalmi sur le verset [passouk] « Il a délivré en paix mon âme… car nombreux étaient ceux qui étaient avec moi » : il s’agit des hommes d’Avchalom, qui prièrent pour la paix [chalom] de David.
À première vue, cela fait difficulté. On a expliqué plus haut que la délivrance en paix [pediya béchalom] se fait précisément par la Torah, tandis que la prière emprunte la voie du combat. Or la prière des hommes d’Avchalom concernait la guerre d’Avchalom.
De même, il faut comprendre le lien entre la guéoula de Youd-Tèt Kislev et le passouk « Il a délivré en paix ». En effet, la guéoula de l’Admour Hazakène eut lieu (comme il l’écrit dans sa lettre sainte [iguéret hakodech]) « alors que je lisais dans le livre de Tehilim ». Or la récitation de Tehilim est, par nature, une prière (bien que le livre de Tehilim fasse partie des vingt-quatre livres du Tanakh, c’est-à-dire de la Torah), selon les termes du passouk : « le doux chantre [litt. : « le doux des chants »] d’Israël » (les chants [zemirot] relevant de la prière). Surtout, d’après ce que l’on sait par les récits des Rebbeïm précédents, la guéoula de l’Admour Hazakène fut obtenue par les prières de ses disciples, de ses 'hassidim et de tous ceux qui marchaient sur ses traces. Et cette guéoula, venue par la prière - « le temps de la prière est le temps du combat » -, survint au moment où il récitait le passouk « Il a délivré en paix ».
On peut l’expliquer ainsi : puisque l’étude de la Torah et la pratique des mitsvot sont une véritable mesirout néfech (comme on l’a cité plus haut du Tanya), la prière, elle aussi, est liée à « Il a délivré en paix ».
On peut même dire, au contraire, que la mesirout néfech se trouve dans la prière plus que dans la Torah. Certes, l’étude de la Torah est une véritable mesirout néfech, mais ce sentiment de mesirout néfech doit être présent « avant de commencer à étudier » [et lorsqu’on étudie de nombreuses heures d’affilée, il faut y méditer à chaque heure]. Pendant l’étude, en revanche, lorsqu’on s’applique à comprendre et à saisir le sujet étudié, on ne ressent pas le bitoul de la mesirout néfech. Bien au contraire : « Qui sont les rois ? Les Sages », et « c’est la Torah qui l’échauffe ». Dans la prière, au contraire, on doit être « comme un serviteur devant son maître », dans un bitoul absolu (le bitoul de la mesirout néfech).
10) D’après tout ce qui précède, on comprendra pourquoi c’est précisément par le service accompli maintenant, au temps des « talons du Machia'h » [ikveta deMechi'ha], alors que « les ténèbres couvrent la terre », que l’on parvient aux dévoilements de la guéoula future. C’est en effet précisément en ce temps qu’il faut s’occuper des étincelles de sainteté tombées en un lieu impur, et changer « l’amer en doux et l’obscurité en lumière ». On en vient même, de temps à autre, à sortir des quatre coudées de la Torah ou des quatre coudées de la prière, à quitter la synagogue et la maison d’étude, et, selon les termes du Choul'han Aroukh, « conduis-toi à leur égard selon la manière du monde [dérekh érets] »,
[…] aux révélations de la guéoula future. C'est précisément en ce temps-ci qu'il faut s'occuper des étincelles de sainteté tombées dans un lieu impur, et changer « l'amertume en douceur et l'obscurité en lumière ». Il arrive même que l'on sorte, de temps à autre, des quatre coudées de la Torah ou des quatre coudées de la prière, pour quitter la synagogue et la maison d'étude [beit hamidrach], selon l'expression du Choul'han Aroukh : « conduis-toi avec elles selon la voie du monde [derekh erets] ». Malgré cela, c'est précisément par le service de maintenant que l'on amène la guéoula future. Alors s'accomplira ce qui est écrit : « Et vous serez recueillis un à un », chacun d'Israël et Israël tout entier, « et leur argent et leur or avec eux », avec toutes les étincelles de sainteté qui leur appartiennent, et aussi celles qui se trouvent dans leur argent et leur or au sens littéral.
Car ce service, au temps de la galout, comporte le don total de soi [mesirout nefech] à son degré ultime. On connaît l'enseignement de notre maître l'Admour Hazakène (développé longuement dans les maamarim du Nassi de notre génération, Sa Sainteté mon beau-père l'Admour) sur le verset [passouk] : « Et l'homme Moché était très humble, plus que tout homme sur la face de la terre ». L'humilité de Moché (« Moché est vérité et sa Torah est vérité ») concernait tout particulièrement la génération des talons de Machia'h [dara de'ikveta dimchi'ha] : il voyait leur mesirout nefech dans l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, dans le sens de « qu'il n'ait pas honte devant les moqueurs », etc., et choses semblables.
Et cela amène l'accomplissement de la promesse : « Les humbles accroîtront leur joie en Hachem », « une joie éternelle sur leur tête », la joie de la guéoula véritable et complète. Elle vient tout particulièrement par la diffusion des sources au-dehors, à la manière de « ils sont délivrés aussitôt » et à la manière de « Il a délivré en paix [pada bechalom] », sans aucune peine. Jusqu'à ce que s'accomplisse la promesse : « Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices », « Et ils amèneront tous vos frères […] en offrande [min'ha] à Hachem […] dans un récipient [keli] pur […] », très bientôt, dans les derniers jours de la galout, puis aussitôt, dans sa pleine réalité, dans la guéoula véritable et complète par Machia'h, notre juste, rapidement et de nos jours mêmes.