HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5746
MAAMARמאמר
פָּדָה בְּשָׁלוֹם
« Il a délivré dans la paix »
10 Kislev 5746 [1985]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתשמ"ו · 1985
MAAMARמאמר

פָּדָה בְּשָׁלוֹם

« Il a délivré dans la paix »

10 Kislev 5746 [1985]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5746. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5746. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Maamar commençant par « Il a délivré en paix » [Padah bechalom] « Il a délivré en paix mon âme de la bataille [livrée] contre moi, car ils étaient nombreux avec moi. »
ד"ה פָּדָה בְּשָׁלוֹם פָּדָה ב שֶׁלּוֹ ם נ פ ש י מ קָרֵב ל י כ י ב רַב יָם הָיוּ :עִמ דַּי
« Il a délivré en paix mon âme de la bataille contre moi, car c'est en nombre qu'ils étaient avec moi. » On sait qu'au-delà du sens simple, selon lequel David a dit ce verset [passouk] à propos de sa propre délivrance [pediya], quand HaKadoch Barou'h Hou, l'a délivré des guerres qui s'étaient abattues sur lui, ce passouk fait aussi allusion à la délivrance de plusieurs tsadikim. À plus forte raison fait-il allusion à la délivrance de tsadikim qui ont dit ce passouk au moment même où ils étaient délivrés. Il convient de noter que lors de chacune des trois guéoulot des Rebbeïm précédents, ceux qui furent libérés ont dit ce passouk le jour de leur libération. Il s'agit de la guéoula de l'Admour Hazakène le 19 Kislev, de celle de l'Admour HaEmtsaï le 10 Kislev et de celle de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour le 12 Tamouz. (Chabbat parachat Vayetsé, 10 Kislev 5746 [1985]) Pour la guéoula de l'Admour Hazakène le 19 Kislev, on connaît ce qu'écrit l'Admour Hazakène dans sa lettre sainte [Igueret HaKodech] : « Lorsque je lisais dans le livre de Tehilim le passouk “Il a délivré en paix mon âme”, je suis sorti en paix de par Hachem Chalom, etc. » Pour la guéoula de l'Admour HaEmtsaï le 10 Kislev, on sait que les Rebbeïm précédents disaient la portion de Tehilim répartie selon les jours du mois. Or le passouk « Il a délivré en paix mon âme » fait partie de la portion mensuelle de Tehilim du dixième jour du mois. Le jour de sa guéoula, le dix Kislev, il a donc dit ce passouk. Pour la guéoula de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour le 12 Tamouz, on connaît la coutume des Rebbeïm précédents : en des temps et dans des situations particulières, ils ajoutaient la portion de Tehilim répartie selon les jours de la semaine (en plus de la portion mensuelle de Tehilim). En 5687 [1927] (l'année de l'arrestation et de la guéoula), le 12 Tamouz tombait le troisième jour de la semaine, et le passouk « Il a délivré en paix mon âme » fait partie de la portion hebdomadaire de Tehilim de ce troisième jour. On comprend donc que celui qui fut libéré le 12 Tamouz a dit ce passouk le jour de sa guéoula. Il est expliqué ailleurs que le lien entre la guéoula du 10 Kislev et le passouk « Il a délivré en paix mon âme » est (sous un certain rapport) plus fort encore que celui qui unit à ce passouk les guéoulot du 19 Kislev et du 12 Tamouz. Puisque ce passouk fait partie de la portion de Tehilim du dixième jour du mois, son lien avec [la guéoula du] 10 Kislev est en effet souligné chaque année.
דְּנוֹסָף, וְיָדוּעַ, פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקְּרָב לִי כִּי בְּרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי שהקב"ה פָּדָה,לְפַשְׁטוּת הָעִנְיָן שֶׁפָּסוּק זֶה אָמַר דָּוִד בְּנוֹגֵעַ להפדי' שֶׁלּוֹ מְרוּמָּז בַּפָּסוּק זֶה גַּם הפדי' שֶׁל כַּמָּה, אוֹתוֹ מֵהַמִּלְחָמוֹת שֶׁבָּאוּ עָלָיו . ומכ"ש הפדי' שֶׁל צַדִּיקִים שֶׁאָמְרוּ פָּסוּק זֶה בְּעֵת שֶׁנִּפְדּוּ, צַדִּיקִים שֶׁבְּכָל ג' הַגְּאֻלּוֹת דְּרַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ – גְּאֻלַּת אדמו"ר הַזָּקֵן, וּלְהָעִיר וּגְאֻלַּת כ"ק מו"ח, גְּאֻלַּת אדמו"ר הָאֶמְצָעִי ביו"ד כִּסְלֵו,בי"ט כִּסְלֵו .אדמו"ר בי"ב תַּמּוּז – אָמְרוּ בַּעֲלֵי הַגְּאוּלָּה פָּסוּק זֶה בַּיּוֹם שֶׁנִּגְאֲלוּ יו"ד כִּסְלֵו ה'תשמ"ו,ש"פ וַיֵּצֵא בְּנוֹגֵעַ לִגְאֻלַּת אדמו"ר הַזָּקֵן בי"ט כִּסְלֵו יָדוּעַ מ"ש אדמו"ר הַזָּקֵן כְּשֶׁקָּרִיתִי בס' תְּהִלִּים בַּפָּסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, בְּאִגֶּרֶת הַקּוֹדֶשׁ שֶׁלּוֹ .כו' יָצָאתִי בְּשָׁלוֹם מה' שָׁלוֹם יָדוּעַ שֶׁרַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ,בְּנוֹגֵעַ לִגְאֻלַּת אדמו"ר הָאֶמְצָעִי ביו"ד כִּסְלֵו וְכֵיוָן שֶׁהַפָּסוּק,הָיוּ אוֹמְרִים שִׁיעוּר תְּהִלִּים כְּמוֹ שֶׁנֶּחֱלַק לִימֵי הַחוֹדֶשׁ ,פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הוּא בְּשִׁעוּר תְּהִלִּים הַחָדְשִׁי דְּיוֹם הָעֲשִׂירִי לַחוֹדֶשׁ .הֲרֵי שֶׁבְּיוֹם גְּאֻלָּתוֹ (עֲשִׂירִי בְּכִסְלֵו) אָמַר פָּסוּק זֶה יָדוּעַ מִנְהָג רַבּוֹתֵינוּ,וּבְנוֹגֵעַ לִגְאֻלַּת כ"ק מו"ח אדמו"ר בי"ב תַּמּוּז נְשִׂיאֵינוּ שֶׁבִּזְמַנִּים וּבְמַצְבִּים מְיֻחָדִים הָיוּ מוֹסִיפִים לוֹמַר הַשִּׁעוּר ,)תְּהִלִּים כְּמוֹ שֶׁנֶּחֱלַק לִימֵי הַשָּׁבוּעַ (נוֹסָף עַל שִׁיעוּר תְּהִלִּים הַחָדְשִׁי )וְכֵיוָן שֶׁהַקְּבִיעוּת די"ב תַּמּוּז בִּשְׁנַת תרפ"ז (שְׁנַת הַמַּאֲסָר וְהַגְּאוּלָּה הָיְתָה בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בְּשָׁבוּעַ וְהַפָּסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הוּא בְּשִׁעוּר שֶׁבְּעַל הַגְּאוּלָּה די"ב תַּמּוּז, מוּבָן,תְּהִלִּים הַשְּׁבוּעִי דְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי בְּשָׁבוּעַ .אָמַר פָּסוּק זֶה בַּיּוֹם גְּאֻלָּתוֹ שֶׁהַשַּׁיָּכוּת דִּגְאֻלַּת יו"ד כִּסְלֵו לְפָסוּק פָּדָה, וּמְבֹאָר במק"א בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הִיא (בְּעִנְיָן אֶחָד) עוֹד יוֹתֵר מֵהַשַּׁיָּכוּת דִּגְאֻלַּת י"ט כִּסְלֵו דְּכֵיוָן שֶׁפָּסוּק זֶה הוּא בְּשִׁעוּר תְּהִלִּים דְּיוֹם,וי"ב תַּמּוּז לְפָסוּק זֶה הֲרֵי הַשַּׁיָּיכוּת דְּפָסוּק זֶה ל[הַגְּאוּלָּה ד]יו"ד כִּסְלֵו הִיא,הָעֲשִׂירִי לַחוֹדֶשׁ . מֻדְגֶּשֶׁת בְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה
b) Or, on connaît l'explication que donne celui qui fut libéré dans son maamar commençant par ces mots (imprimé dans son livre Chaarei Téchouva). Dans le passouk « Il a délivré en paix mon âme », l'accent porte (en plus de la délivrance elle-même) sur la manière dont se fait la délivrance : elle a lieu en paix, sans la moindre guerre. Il y explique que la paix véritable consiste à n'avoir aucun opposant. Ce fut le cas aux jours de Chlomo, quand toutes les nations étaient batel [annulées] devant lui. Le sens semble être le suivant. Tant qu'il existe des opposants, même s'ils ne combattent pas effectivement contre lui (parce que la terreur et la crainte qu'il inspire sont tombées sur eux, ou pour une raison semblable), ce n'est pas la paix véritable. Car lorsqu'il existe des opposants, la guerre reste possible et garde une place. La paix véritable, c'est (non seulement qu'en fait il n'y ait pas de guerre, mais) que la guerre n'ait (même) aucune possibilité ni aucune place. C'est pourquoi la paix a régné précisément aux jours de Chlomo, et c'est pour cela qu'il fut appelé du nom de Chlomo : la paix [chalom] régnait en son temps. Toutes les nations s'annulaient en effet devant Chlomo (en raison de l'immensité de sa grandeur). Or c'est lorsque l'opposant s'annule (ce qui ne laisse aucune place à un combat) qu'existe la paix véritable. C'est le sens de ce que HaKadoch Barou'h Hou, dit à David HaMélekh (lorsqu'il voulut bâtir le Beth HaMikdach) : « Tu ne bâtiras pas de maison à Mon Nom, car tu es un homme de guerres. » Il en fut ainsi bien qu'à ce moment-là (lorsque David voulut bâtir le Beth HaMikdach), il connût une situation de repos, puisque « Hachem lui avait accordé le repos tout autour, face à tous ses ennemis ». Mais le repos de David venait de ce qu'il avait remporté toutes les guerres, non de ce que ses ennemis s'étaient annulés. Et puisque de son temps il restait encore des opposants (et que la guerre avait encore une place), ce n'était pas le repos et la paix véritables. Tel est le sens de « Il a délivré en paix mon âme » : la délivrance en paix, c'est que l'opposant s'annule, comme il en fut aux jours de Chlomo. Il poursuit dans le maamar : le sens véritable de « Il a délivré en paix mon âme », c'est que ceux qui étaient auparavant des ennemis et des opposants deviennent des amis. Cela dépasse même la paix qui régnait aux jours de Chlomo. En effet, la paix des jours de Chlomo venait de ce que tous s'annulaient sous l'effet de la révélation de la lumière (mais ils n'étaient pas transformés), alors que la paix véritable (que même le…
ב) וְהִנֵּה יָדוּעַ הַבֵּיאוּר דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה זֶה (שֶׁנִּדְפַּס שֶׁהַהַדְגָּשָׁה בְּהַכָּתוּב פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הִיא,) בְּסִפְרוֹ שַׁעֲרֵי תְּשׁוּבָה שהפדי' הִיא בְּשָׁלוֹם בְּלֹא,' גַּם) בְּאֹפֶן הַפְּדֵי,'(נוֹסָף עַל עִנְיָן הַפְּדֵי . מִלְחָמָה כְּלָל וּכְלָל וע"ד. שֶׁאֲמִתִּית עִנְיָן הַשָּׁלוֹם הוּא שֶׁאֵין לוֹ מְנַגֵּד כְּלָל, וּמְבֹאָר שָׁם . שֶׁכָּל הַגּוֹיִם הָיוּ בְּטֵלִים אֵלָיו,שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה גַּם כְּשֶׁבְּפֹעַל אֵינָם לוֹחֲמִים, דְּכָל זְמַן שֶׁיֵּשׁ לוֹ מְנַגְּדִים,וְלִכְאוֹרָה הַכַּוָּונָה אֵין זֶה אֲמִיתִּית עִנְיָן,)עִמּוֹ (מִפְּנֵי שֶׁנָּפַל עֲלֵיהֶם אֵימָתוֹ וּפַחְדּוֹ וכיו"ב , כִּי כְּשֶׁיֶּשְׁנָם מְנַגְּדִים יֵשׁ אֶפְשָׁרוּת וּנְתִינַת מָקוֹם לַמִּלְחָמָה. הַשָּׁלוֹם ) אֶלָּא,וַאֲמִתִּית עִנְיָן הַשָּׁלוֹם הוּא (לֹא רַק שֶׁבְּפוֹעֵל לֹא יֶשְׁנָהּ מִלְחָמָה .שֶׁאֵין (גַּם) אֶפְשָׁרוּת וּנְתִינַת מָקוֹם לַמִּלְחָמָה שֶׁלָּכֵן נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁלֹמֹה,וְזֶהוּ שֶׁעִנְיָן הַשָּׁלוֹם הי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה דַּוְקָא כִּי כָּל הַגּוֹיִם נִתְבַּטְּלוּ לְגַבֵּי שְׁלֹמֹה (מִצַּד עוֹצֶם, כִּי שָׁלוֹם הי' בְּיָמָיו אָז הוּא,) וּכְשֶׁהַמְּנַגֵּד מִתְבַּטֵּל (שֶׁאָז אֵין נְתִינַת מָקוֹם שִׁלְּחוּם,)גְּדוּלָּתוֹ .אֲמִיתִּית עִנְיָן הַשָּׁלוֹם וְזֶהוּ שֶׁאָמַר הקב"ה לְדָוִד הַמֶּלֶךְ (כְּשֶׁרָצָה לִבְנוֹת בֵּית הַמִּקְדָּשׁ) לֹא הֲגַם שֶׁאָז (כְּשֶׁרָצָה דָּוִד, תִבְנֶה בֵּית לִשְׁמִי כִּי אִישׁ מִלְחָמוֹת אַתָּה , וה' הִנִּיחַ לוֹ מִסָּבִיב מִכָּל אוֹיְבָיו,לִבְנוֹת ביהמ"ק) הי' בְּמַצָּב שֶׁל מְנוּחָה . וְלֹא שֶׁאוֹיְבָיו נִתְבַּטְּלוּ,כִּי הַמְּנוּחָה דְּדָוִד בָּאָה ע"י שֶׁנִּצַּח כָּל הַמִּלְחָמוֹת אֵין זֶה,)וְכֵיוָן שֶׁבְּיָמָיו נִשְׁאֲרוּ עֲדַיִין מְנַגְּדִים (וְיֵשׁ נְתִינַת מָקוֹם שֶׁיִּלָּחֲמוּ ' דְּעִנְיַן הַפְּדֵי, וְזֶהוּ פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי.אֲמִיתִּית הָעִנְיָן דִּמְנוּחָה וְשָׁלוֹם . כְּמוֹ שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה,בְּשָׁלוֹם הוּא שֶׁהַמְנַגֵּד מִתְבַּטֵּל , שֶׁאֲמִתִּית הָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הוּא, וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר .שֶׁאִלּוּ שֶׁהָיוּ מִקּוֹדֶם שׂוֹנְאִים וּמְנַגְּדִים הֵם נַעֲשִׂים אוֹהֲבִים ' שֶׁהַשָּׁלוֹם שהי, דְּעִנְיָן זֶה הוּא לְמַעְלָה גַּם מֵהַשָּׁלוֹם שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה בִּימֵי שְׁלֹמֹה הוּא שֶׁכֻּלָּם נִתְבַּטְּלוּ מִצַּד הַגִּילּוּי אוֹר (אֲבָל לֹא נֶהֶפְכוּ ' וַאֲמִתִּית עִנְיָן הַשָּׁלוֹם (שֶׁגַּם ה
« Il a délivré en paix mon âme du combat [qui m’était livré], car nombreux étaient ceux qui étaient avec moi. »
פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקְּרָב לִי כִּי בְרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי
« Il a délivré en paix mon âme du combat [qui m’était livré], car nombreux étaient ceux qui étaient avec moi. » On sait qu’au-delà du sens simple, selon lequel David a prononcé ce passouk à propos de sa propre délivrance (HaKadoch Barou'h Hou, l’ayant délivré des guerres qui s’étaient abattues sur lui), ce passouk fait aussi allusion à la délivrance de plusieurs tsadikim. À plus forte raison fait-il allusion à la délivrance des tsadikim qui ont dit ce passouk au moment où ils furent délivrés.
פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקְּרָב לִי כִּי בְרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי, וְיָדוּעַ, דְּנוֹסָף לְפַשְׁטוּת הָעִנְיָן שֶׁפָּסוּק זֶה אָמַר דָּוִד בְּנוֹגֵעַ להפדי' שֶׁלּוֹ, שהקב"ה פָּדָה אוֹתוֹ מֵהַמִּלְחָמוֹת שֶׁבָּאוּ עָלָיו, מְרוּמָּז בַּפָּסוּק זֶה גַּם הפדי' שֶׁל כַּמָּה צַדִּיקִים, ומכ"ש הפדי' שֶׁל צַדִּיקִים שֶׁאָמְרוּ פָּסוּק זֶה בְּעֵת שֶׁנִּפְדּוּ.
Notons que, lors des trois guéoulot des Rebbeïm précédents — la guéoula de l’Admour Hazakène le 19 Kislev, celle de l’Admour HaEmtsaï le 10 Kislev, et celle de Sa Sainteté mon beau-père l’Admour le 12 Tamouz —, chacun de ceux qui furent délivrés a dit ce passouk le jour même où il fut libéré.
וּלְהָעִיר, שֶׁבְּכָל ג' הַגְּאֻלּוֹת דְּרַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ – גְּאֻלַּת אדמו"ר הַזָּקֵן בי"ט כִּסְלֵו, גְּאֻלַּת אדמו"ר הָאֶמְצָעִי ביו"ד כִּסְלֵו, וּגְאֻלַּת כ"ק מו"ח אדמו"ר בי"ב תַּמּוּז – אָמְרוּ בַּעֲלֵי הַגְּאוּלָּה פָּסוּק זֶה בַּיּוֹם שֶׁנִּגְאֲלוּ.
Pour ce qui est de la guéoula de l’Admour Hazakène le 19 Kislev, on connaît ce qu’il écrit lui-même dans son Iguérèt HaKodech : « Lorsque je lisais dans le livre de Tehilim le passouk : “Il a délivré en paix mon âme…”, je suis sorti en paix, de par Hachem-Chalom. »
בְּנוֹגֵעַ לִגְאֻלַּת אדמו"ר הַזָּקֵן בי"ט כִּסְלֵו יָדוּעַ מ"ש אדמו"ר הַזָּקֵן בְּאִגֶּרֶת הַקּוֹדֶשׁ שֶׁלּוֹ, כְּשֶׁקָּרִיתִי בס' תְּהִלִּים בַּפָּסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי כו' יָצָאתִי בְּשָׁלוֹם מה' שָׁלוֹם.
Pour ce qui est de la guéoula de l’Admour HaEmtsaï le 10 Kislev : on sait que les Rebbeïm précédents récitaient la portion de Tehilim telle qu’elle est répartie entre les jours du mois. Or le passouk « Il a délivré en paix mon âme » fait partie de la portion mensuelle de Tehilim du dixième jour du mois. Il a donc dit ce passouk le jour même de sa guéoula (le 10 Kislev).
בְּנוֹגֵעַ לִגְאֻלַּת אדמו"ר הָאֶמְצָעִי ביו"ד כִּסְלֵו, יָדוּעַ שֶׁרַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ הָיוּ אוֹמְרִים שִׁיעוּר תְּהִלִּים כְּמוֹ שֶׁנֶּחֱלַק לִימֵי הַחוֹדֶשׁ, וְכֵיוָן שֶׁהַפָּסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הוּא בְּשִׁעוּר תְּהִלִּים הַחָדְשִׁי דְּיוֹם הָעֲשִׂירִי לַחוֹדֶשׁ, הֲרֵי שֶׁבְּיוֹם גְּאֻלָּתוֹ (עֲשִׂירִי בְּכִסְלֵו) אָמַר פָּסוּק זֶה.
Et pour ce qui est de la guéoula de Sa Sainteté mon beau-père l’Admour le 12 Tamouz : on connaît la coutume des Rebbeïm précédents, qui, en des temps et des situations particulières, ajoutaient la portion de Tehilim telle qu’elle est répartie entre les jours de la semaine (en plus de la portion mensuelle). Or, en l’année 5687 [1927] (l’année de l’arrestation et de la guéoula), le 12 Tamouz tombait le troisième jour de la semaine, et le passouk « Il a délivré en paix mon âme » fait partie de la portion hebdomadaire de Tehilim du troisième jour. On comprend donc que celui qui fut délivré du 12 Tamouz a dit ce passouk le jour de sa guéoula.
וּבְנוֹגֵעַ לִגְאֻלַּת כ"ק מו"ח אדמו"ר בי"ב תַּמּוּז, יָדוּעַ מִנְהָג רַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ שֶׁבִּזְמַנִּים וּבְמַצְבִּים מְיֻחָדִים הָיוּ מוֹסִיפִים לוֹמַר הַשִּׁעוּר תְּהִלִּים כְּמוֹ שֶׁנֶּחֱלַק לִימֵי הַשָּׁבוּעַ (נוֹסָף עַל שִׁיעוּר תְּהִלִּים הַחָדְשִׁי), וְכֵיוָן שֶׁהַקְּבִיעוּת די"ב תַּמּוּז בִּשְׁנַת תרפ"ז (שְׁנַת הַמַּאֲסָר וְהַגְּאוּלָּה) הָיְתָה בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בְּשָׁבוּעַ וְהַפָּסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הוּא בְּשִׁעוּר תְּהִלִּים הַשְּׁבוּעִי דְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי בְּשָׁבוּעַ, מוּבָן, שֶׁבְּעַל הַגְּאוּלָּה די"ב תַּמּוּז אָמַר פָּסוּק זֶה בַּיּוֹם גְּאֻלָּתוֹ.
Il est expliqué ailleurs que le lien de la guéoula du 10 Kislev avec le passouk « Il a délivré en paix mon âme » est (sous un certain aspect) plus fort encore que celui des guéoulot du 19 Kislev et du 12 Tamouz avec ce passouk. En effet, puisque ce passouk se trouve dans la portion de Tehilim du dixième jour du mois, son lien avec [la guéoula du] 10 Kislev est souligné chaque année, sans exception.
וּמְבֹאָר במק"א, שֶׁהַשַּׁיָּכוּת דִּגְאֻלַּת יו"ד כִּסְלֵו לְפָסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הִיא (בְּעִנְיַן אֶחָד) עוֹד יוֹתֵר מֵהַשַּׁיָּכוּת דִּגְאֻלַּת י"ט כִּסְלֵו וי"ב תַּמּוּז לְפָסוּק זֶה, דְּכֵיוָן שֶׁפָּסוּק זֶה הוּא בְּשִׁעוּר תְּהִלִּים דְּיוֹם הָעֲשִׂירִי לַחוֹדֶשׁ, הֲרֵי הַשַּׁיָּיכוּת דְּפָסוּק זֶה ל[הַגְּאוּלָּה ד]יו"ד כִּסְלֵו הִיא מֻדְגֶּשֶׁת בְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה.
2) Or, on connaît l’explication que donne le héros de la guéoula dans son maamar qui s’ouvre par ces mots (imprimé dans son livre Chaaré Téchouva) : ce que souligne le passouk « Il a délivré en paix mon âme », c’est (outre la délivrance elle-même) la manière dont s’opère la délivrance : une délivrance en paix, sans aucune guerre, absolument aucune.
ב) וְהִנֵּה יָדוּעַ הַבֵּיאוּר דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה זֶה (שֶׁנִּדְפַּס בְּסִפְרוֹ שַׁעֲרֵי תְּשׁוּבָה), שֶׁהַהַדְגָּשָׁה בְּהַכָּתוּב פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הִיא (נוֹסָף עַל עִנְיַן הפדי', גַּם) בְּאֹפֶן הפדי', שהפדי' הִיא בְּשָׁלוֹם בְּלֹא מִלְחָמָה כְּלָל וּכְלָל.
Il y explique que la paix véritable consiste à n’avoir aucun opposant. C’est ce qui se passa aux jours de Chlomo, où toutes les nations étaient batel [annulées] devant lui.
וּמְבֹאָר שָׁם, שֶׁאֲמִתִּית עִנְיַן הַשָּׁלוֹם הוּא שֶׁאֵין לוֹ מְנַגֵּד כְּלָל. וע"ד שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה, שֶׁכָּל הַגּוֹיִם הָיוּ בְּטֵלִים אֵלָיו.
Le sens semble être le suivant : tant qu’on a des opposants, même s’ils ne nous combattent pas dans les faits (parce que la crainte et la terreur qu’on leur inspire les a saisis, ou pour une raison semblable), ce n’est pas encore la paix véritable. Car là où existent des opposants, la guerre reste possible, elle garde sa place. La paix véritable, c’est (non seulement qu’il n’y ait pas de guerre dans les faits, mais) qu’il n’y ait (même) plus de possibilité ni de place pour la guerre.
וְלִכְאוֹרָה הַכַּוָּונָה, דְּכָל זְמַן שֶׁיֵּשׁ לוֹ מְנַגְּדִים, גַּם כְּשֶׁבְּפֹעַל אֵינָם לוֹחֲמִים עִמּוֹ (מִפְּנֵי שֶׁנָּפַל עֲלֵיהֶם אֵימָתוֹ וּפַחְדּוֹ וכיו"ב), אֵין זֶה אֲמִיתִּית עִנְיַן הַשָּׁלוֹם. כִּי כְּשֶׁיֶּשְׁנָם מְנַגְּדִים יֵשׁ אֶפְשָׁרוּת וּנְתִינַת מָקוֹם לַמִּלְחָמָה, וַאֲמִתִּית עִנְיַן הַשָּׁלוֹם הוּא (לֹא רַק שֶׁבְּפוֹעֵל לֹא יֶשְׁנָהּ מִלְחָמָה, אֶלָּא) שֶׁאֵין (גַּם) אֶפְשָׁרוּת וּנְתִינַת מָקוֹם לַמִּלְחָמָה.
C’est pourquoi la paix n’exista qu’aux jours de Chlomo précisément, et c’est pour cela qu’il fut nommé Chlomo, car il y eut la paix [chalom] en ses jours. Toutes les nations s’annulèrent en effet devant Chlomo (en raison de son immense grandeur). Or, lorsque l’opposant s’annule (et qu’il n’y a donc plus de place pour qu’il combatte), c’est alors la paix véritable.
וְזֶהוּ שֶׁעִנְיַן הַשָּׁלוֹם הי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה דַּוְקָא, שֶׁלָּכֵן נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁלֹמֹה, כִּי שָׁלוֹם הי' בְּיָמָיו, כִּי כָּל הַגּוֹיִם נִתְבַּטְּלוּ לְגַבֵּי שְׁלֹמֹה (מִצַּד עוֹצֶם גְּדוּלָּתוֹ), וּכְשֶׁהַמְּנַגֵּד מִתְבַּטֵּל (שֶׁאָז אֵין נְתִינַת מָקוֹם שִׁלְּחוּם), אָז הוּא אֲמִיתִּית עִנְיַן הַשָּׁלוֹם.
C’est aussi pourquoi HaKadoch Barou'h Hou, dit à David HaMélekh (lorsqu’il voulut bâtir le Beth HaMikdach) : « Tu ne bâtiras pas de maison à Mon Nom, car tu es un homme de guerres. » Pourtant, à ce moment-là (lorsque David voulut bâtir le Beth HaMikdach), il connaissait le repos : « Hachem lui avait donné le repos de tous ses ennemis alentour. » Mais le repos de David était venu de ce qu’il avait remporté toutes les guerres, non de ce que ses ennemis s’étaient annulés.
וְזֶהוּ שֶׁאָמַר הקב"ה לְדָוִד הַמֶּלֶךְ (כְּשֶׁרָצָה לִבְנוֹת בַּיִת הַמִּקְדָּשׁ) לֹא תִבְנֶה בַּיִת לִשְׁמִי כִּי אִישׁ מִלְחָמוֹת אַתָּה, הֲגַם שֶׁאָז (כְּשֶׁרָצָה דָּוִד לִבְנוֹת ביהמ"ק) הי' בְּמַצָּב שֶׁל מְנוּחָה, וה' הֵנִיחַ לוֹ מִסָּבִיב מִכָּל אוֹיְבָיו, כִּי הַמְּנוּחָה דְּדָוִד בָּאָה ע"י שֶׁנִּצַּח כָּל הַמִּלְחָמוֹת, וְלֹא שֶׁאוֹיְבָיו נִתְבַּטְּלוּ.
Puisque, en ses jours, des opposants subsistaient encore (et qu’il y avait donc place pour qu’ils combattent), ce n’était pas le repos ni la paix véritables. Tel est le sens de « Il a délivré en paix mon âme » : la délivrance en paix, c’est l’annulation de l’opposant, comme ce fut le cas aux jours de Chlomo.
וְכֵיוָן שֶׁבְּיָמָיו נִשְׁאֲרוּ עֲדַיִין מְנַגְּדִים (וְיֵשׁ נְתִינַת מָקוֹם שֶׁיִּלָּחֲמוּ), אֵין זֶה אֲמִיתִּית הָעִנְיָן דִּמְנוּחָה וְשָׁלוֹם. וְזֶהוּ פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, דְּעִנְיַן הפדי' בְּשָׁלוֹם הוּא שֶׁהַמְנַגֵּד מִתְבַּטֵּל, כְּמוֹ שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה.
Le maamar poursuit : le sens véritable de « Il a délivré en paix mon âme », c’est que ceux qui étaient auparavant des ennemis et des opposants deviennent des amis.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, שֶׁאֲמִתִּית הָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הוּא, שֶׁאֵלּוּ שֶׁהָיוּ מִקּוֹדֶם שׂוֹנְאִים וּמְנַגְּדִים הֵם נַעֲשִׂים אוֹהֲבִים.
Cela dépasse même la paix qui régnait aux jours de Chlomo. La paix des jours de Chlomo consistait en ce que tous s’annulaient sous l’effet de la révélation de la lumière [Or] (sans pour autant être transformés en sainteté). La paix véritable (où l’opposant lui-même se transforme en sainteté) se réalisera à l’avenir, comme il est dit : « Alors Je transformerai la langue des peuples en une langue claire… afin qu’ils Le servent d’une même épaule. »
דְּעִנְיַן זֶה הוּא לְמַעְלָה גַּם מֵהַשָּׁלוֹם שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה, שֶׁהַשָּׁלוֹם שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה הוּא שֶׁכֻּלָּם נִתְבַּטְּלוּ מִצַּד הַגִּילּוּי אוֹר (אֲבָל לֹא נֶהֶפְכוּ לִקְדוּשָּׁה), וַאֲמִתִּית עִנְיַן הַשָּׁלוֹם (שֶׁגַּם הַמְנַגֵּד נֶהְפַּךְ לִקְדוּשָּׁה) יהי' לֶעָתִיד לָבוֹא, כמ"ש אָז אֶהְפּוֹךְ אֶל עַמִּים שָׂפָה בְרוּרָה גו' לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד.
Quant au fait que David ait dit « Il a délivré en paix mon âme » [alors qu’en ses jours les opposants ne s’étaient pas annulés, et à plus forte raison ne s’étaient pas transformés en sainteté — chose qui n’exista pas même aux jours de Chlomo et ne se produira qu’à l’avenir],
וּמַה שֶׁאָמַר דָּוִד פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי [הֲגַם שֶׁבְּיָמָיו לֹא נִתְבַּטְּלוּ הַמְנַגְּדִים ומכ"ש שֶׁלֹּא נֶהֶפְכוּ לִקְדוּשָּׁה, דְּעִנְיַן זֶה לֹא הי' אֲפִילוּ בִּימֵי שְׁלֹמֹה ויהי' רַק לע"ל],
le maamar de celui qui fut délivré explique que cela se rapporte à l’âme de David telle qu’elle sera dans le futur à venir.
מְבוֹאָר בְּהַמַּאֲמָר דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה, שֶׁזֶּה קאי עַל נֶפֶשׁ דָּוִד כְּמוֹ שיהי' לע"ל.
Or, selon l’explication bien connue de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « on fait payer l’homme avec son consentement et sans son consentement » (et de même l’explication de l’expression de la Michna « jugement et compte ») —, lorsqu’un homme prononce le verdict d’un autre, il le prononce par là aussi sur lui-même.
וע"פ הַיָּדוּעַ בְּפֵירוּשׁ מַאֲמַר רז"ל נִפְרָעִין מִן הָאָדָם מִדַּעְתּוֹ וְשֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ (ועד"ז בְּפֵירוּשׁ לְשׁוֹן הַמִּשְׁנָה דִּין וְחֶשְׁבּוֹן), דְּכַאֲשֶׁר אָדָם אוֹמֵר פְּסַק דִּינוֹ שֶׁל אָדָם אַחֵר הוּא פּוֹסֵק בָּזֶה גַּם עַל עַצְמוֹ,
Dès lors, le verdict prononcé par l’Admour HaEmtsaï dans son maamar qui s’ouvre par « Il a délivré en paix mon âme », à savoir que ces mots signifient l’annulation de l’opposant (comme la paix des jours de Chlomo), et plus encore, sa transformation en ami (comme la paix qui régnera à l’avenir) — est aussi un verdict sur le « Il a délivré en paix mon âme » de sa propre guéoula, la guéoula du 10 Kislev [et l’on en comprend autant pour le « Il a délivré en paix mon âme » de la guéoula du 19 Kislev et de celle du 12 Tamouz]. La paix que portent ces guéoulot, c’est donc que l’opposant s’annule, et plus encore, qu’il se transforme en ami.
הֲרֵי פְּסַק דִּינוֹ שֶׁל אדמו"ר הָאֶמְצָעִי בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, דְּפֵרוּשׁ פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הוּא שֶׁהַמְנַגֵּד מִתְבַּטֵּל (כְּהַשָּׁלוֹם שהי' בִּימֵי שְׁלֹמֹה), ויתירה מִזּוֹ, שֶׁהַמְנַגֵּד נֶהְפַּךְ לְאוֹהֵב (כְּהַשָּׁלוֹם שיהי' לע"ל), הוּא פס"ד גַּם בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיַן פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שֶׁבַּהַגָּאוּלָה שֶׁלּוֹ – גְּאֻלָּה דיו"ד כִּסְלֵו, [וּמִזֶּה מוּבָן גַּם בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיַן פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שֶׁבְּהַגָּאוּלָה די"ט כִּסְלֵו וּבְהַגְּאֻלָּה די"ב תַּמּוּז], דְּעִנְיַן הַשָּׁלוֹם שֶׁבַּגְּאֻלּוֹת אֵלּוּ הוּא, שֶׁהַמְנַגֵּד מִתְבַּטֵּל, ויתירה מִזּוֹ, שֶׁהוּא נֶהְפַּךְ לְאוֹהֵב.
3) Or, selon son sens simple, le passouk « Il a délivré en paix mon âme » signifie que David parlait de sa propre délivrance, telle qu’elle se produit dans ce monde-ci : cette délivrance s’est faite en paix. Il faut donc comprendre quel rapport, quel lien existe entre l’explication du maamar, selon laquelle les mots de David « Il a délivré en paix mon âme » se rapportent à son âme telle qu’elle sera à l’avenir, et le sens simple, selon lequel la délivrance de David, dès maintenant, fut une délivrance en paix.
ג) וְהִנֵּה פֵּירוּשׁ הַכָּתוּב פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי בְּפַשְׁטוּת הוּא, שֶׁדָּוִד אָמַר זֶה עַל הפדי' שֶׁלּוֹ כְּמוֹ שֶׁהוּא בָּעוֹלָם הַזֶּה, שפדי' זוֹ הִיא בְּשָׁלוֹם. וְצָרִיךְ לְהָבִין הַקֶּשֶׁר וְהַשַּׁיָּיכוּת דְּהַפֵּרוּשׁ שֶׁבַּהַמַּאֲמָר דְּזֶה שֶׁאָמַר דָּוִד פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי קאי עַל נֶפֶשׁ דָּוִד כְּמוֹ שיהי' לע"ל, עִם הַפֵּרוּשׁ הַפָּשׁוּט, שֶׁפְּדִיַּת דָּוִד עַכְשָׁיו הָיְתָה פדי' בְּשָׁלוֹם.
Or, selon le sens simple, le passouk « Il a délivré en paix mon âme » signifie que David parle de sa propre délivrance, telle qu'elle a lieu dans ce monde-ci : cette délivrance-là se fait en paix. Il reste donc à comprendre ce qui relie deux explications. Selon celle du maamar, les mots de David « Il a délivré en paix mon âme » portent sur l'âme de David telle qu'elle sera dans le futur à venir. Selon l'explication simple, la délivrance actuelle de David était une délivrance en paix.
ג) וְהִנֵּה פֵּירוּשׁ הַכָּתוּב פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי בְּפַשְׁטוּת הוּא, שֶׁדָּוִד אָמַר זֶה עַל הפדי' שֶׁלּוֹ כְּמוֹ שֶׁהוּא בָּעוֹלָם הַזֶּה, שפדי' זוֹ הִיא בְּשָׁלוֹם. וְצָרִיךְ לְהָבִין הַקֶּשֶׁר וְהַשַּׁיָּיכוּת דְּהַפֵּרוּשׁ שֶׁבַּהַמַּאֲמָר דְּזֶה שֶׁאָמַר דָּוִד פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי קאי עַל נֶפֶשׁ דָּוִד כְּמוֹ שיהי' לע"ל, עִם הַפֵּרוּשׁ הַפָּשׁוּט שֶׁפְּדִיַּת דָּוִד עַכְשָׁיו הָיְתָה פדי' בְּשָׁלוֹם.
On peut proposer l'explication suivante, à partir de ce qu'écrit le Rambam : la paracha de Bilam parle des deux Machia'h, le premier Machia'h, qui est David, et le dernier Machia'h, qui se lèvera parmi ses descendants.
וְיֵשׁ לוֹמַר הַבֵּיאוּר בָּזֶה, ע"פ מ"ש הרמב"ם דִּבְפָרָשַׁת בִּלְעָם מְדַבֵּר בִּשְׁנֵי הַמְּשִׁיחִים, בְּמָשִׁיחַ הָרִאשׁוֹן שֶׁהוּא דָּוִד וּבַמָּשִׁיחַ הָאַחֲרוֹן שֶׁעוֹמֵד מִבָּנָיו.
On peut dire que David est appelé « premier Machia'h » pour la raison suivante : tout ce qui se réalisera par le roi Machia'h (le dernier Machia'h) a commencé par David, le premier Machia'h. Seulement, l'achèvement et la perfection de toutes ces choses viendront du dernier Machia'h, qui se lèvera parmi les descendants de David.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּהַטַּעַם עַל זֶה שֶׁדָּוִד נִקְרָא בְּשֵׁם מָשִׁיחַ הָרִאשׁוֹן הוּא, לְפִי שֶׁכָּל הָעִנְיָנִים שֶׁיִּהְיוּ ע"י מֶלֶךְ הַמָּשִׁיחַ (מָשִׁיחַ הָאַחֲרוֹן), הַתְחָלָתָם הָיְתָה ע"י דָּוִד, מָשִׁיחַ הָרִאשׁוֹן. אֶלָּא שֶׁהַגְּמָר וְהַשְּׁלֵימוּת שֶׁלָּהֶם יהי' ע"י מָשִׁיחַ הָאַחֲרוֹן שֶׁעוֹמֵד מִבָּנָיו שֶׁל דָּוִד.
Sur cette base, on peut expliquer le lien entre les deux explications du passouk « Il a délivré en paix mon âme ». Dans sa dimension intérieure [pnimiyout], la délivrance actuelle de David était, elle aussi, une délivrance en paix. Autrement dit, ses adversaires furent annulés (et non pas seulement ils ne le combattirent pas), et bien plus, ils devinrent ses amis. Seulement, chez David, cela restait intérieur et voilé. Dans le futur à venir se révélera la dimension intérieure de la délivrance de l'âme de David : une délivrance en paix.
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר הַקֶּשֶׁר דִּשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים בַּפָּסוּק פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, שֶׁבִּפְנִימִיּוּת, גַּם הפדי' דְּדָוִד עַכְשָׁיו הָיְתָה פדי' בְּשָׁלוֹם. הַיְינוּ שֶׁנִּתְבַּטְּלוּ הַמְנַגְּדִים (וְלֹא רַק שֶׁלֹּא לָחֲמוּ עִמּוֹ) וִיתֵירָה מִזּוֹ שֶׁנֶּהֶפְכוּ לְאוֹהֲבִים. אֶלָּא שֶׁבְּדָוִד הי' זֶה בִּפְנִימִיּוּת וּבְהֶעְלֵם, ולע"ל תִּתְגַּלֶּה הַפְּנִימִיּוּת דִּפְדִיַּת נֶפֶשׁ שֶׁל דָּוִד, שֶׁהִיא פדי' בְּשָׁלוֹם.
Cela permet de mieux comprendre encore la grandeur de la guéoula de Youd Kislev. On dit d'elle qu'elle est une « délivrance en paix », sans ajouter qu'elle prépare le « Il a délivré en paix » du futur à venir, ni rien de semblable. On en déduit que la paix qu'elle contient [l'adversaire s'annule, et bien plus, il devient un ami] est (aussi) révélée.
ועפ"ז יוּבַן עוֹד יוֹתֵר גּוֹדֶל הָעִילּוּי דְּהַגְּאֻלָּה דיו"ד כִּסְלֵו, דְּמִזֶּה שֶׁאוֹמְרִים עלי' שֶׁהִיא פדי' בְּשָׁלוֹם (בְּלִי הוֹסָפַת הַסְבָּרָה שֶׁהִיא הֲכָנָה לִפְּדָה בְּשָׁלוֹם דלע"ל, וכיו"ב), מוּכָח, דְּעִנְיַן הַשָּׁלוֹם שֶׁבָּהּ [שֶׁהַמְנַגֵּד מִתְבַּטֵּל, וִיתֵירָה מִזּוֹ שֶׁנֶּהְפַּךְ לְאוֹהֵב] הוּא (גַּם) בְּגִילּוּי.
Or, on sait que le chabbat et le yom tov demandent une préparation la veille, le jour qui les précède : la veille du chabbat et la veille du yom tov. Pour ce qui nous occupe, la fête de la guéoula de Youd Kislev : la veille de Youd Kislev [où se fait la préparation à Youd Kislev] est Tet Kislev, jour de la naissance et jour de la hilloula de celui dont c'est la guéoula [baal hagueoula].
ד) וְהִנֵּה יָדוּעַ דְּשַׁבָּת וְיוֹם טוֹב צְרִיכִים הֲכָנָה בַּיּוֹם שֶׁלִּפְנֵיהֶם – עֶרֶב שַׁבָּת וְעֶרֶב יוֹם טוֹב. וּבְנוֹגֵעַ לְעִנְיָנֵנוּ, חַג הַגְּאוּלָּה יו"ד כִּסְלֵו – הָעֶרֶב דיו"ד כִּסְלֵו [שֶׁבּוֹ הוּא הַהֲכָנָה ליו"ד כִּסְלֵו] הוּא יוֹם הַתְּשִׁיעִי בְּכִסְלֵו, יוֹם הַהֻלֶּדֶת וְיוֹם ההילולא דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה.
Certes, la guéoula de Youd Kislev eut lieu en l'an 5587 [1826], un an avant la disparition [histalkout]. Mais « on fait rouler un mérite vers un jour méritant ». On peut donc dire que si le 9 Kislev a eu le mérite de devenir le jour de la hilloula de l'Admour HaEmtsaï, c'est qu'il lui était déjà lié auparavant.
וַהֲגַם שֶׁהַגְּאֻלָּה דיו"ד כִּסְלֵו הָיְתָה בִּשְׁנַת תקפ"ז, שָׁנָה לִפְנֵי הַהִסְתַּלְּקוּת, מ"מ, כֵּיוָן שֶׁמְּגַלְגְּלִין זְכוּת לְיוֹם זַכַּאי, יֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁיּוֹם הַתְּשִׁיעִי בְּכִסְלֵו זָכָה לִהְיוֹת יוֹם ההילולא שֶׁל אדמו"ר הָאֶמְצָעִי הוּא לְפִי שֶׁגַּם לִפְנֵי זֶה הי' שַׁיָּךְ לָזֶה.
Dès lors, on peut dire ceci du jour de la guéoula [Youd Kislev] : le « Il a délivré en paix mon âme » qui s'y manifeste est à l'image du « Il a délivré en paix mon âme » qui viendra dans le futur à venir. Cette grandeur lui vient de ce que sa « veille » est le jour de la hilloula de celui dont c'est la guéoula.
ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁגּוֹדֶל הָעִילּוּי דְּיוֹם הַגְּאוּלָּה [יו"ד כִּסְלֵו], שֶׁעִנְיַן פָּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שֶׁבּוֹ הוּא ע"ד הָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שיהי' לע"ל, הוּא, לְפִי שה"ערב" שֶׁלּוֹ הוּא יוֹם ההילולא דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה.
Pour le comprendre, partons de ce qu'écrit celui dont c'est la guéoula dans son maamar qui commence par les mots « Pour comprendre la notion de la hilloula de Rachbi ». Si le jour de la disparition de Rachbi est appelé hilloula, c'est que par Rachbi s'est faite la révélation de la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah].
ה) וְיוּבַן זֶה בְּהַקְדִּים מ"ש בַּעַל הַגְּאוּלָּה בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה לְהָבִין עִנְיַן הִלּוּלָא דרשב"י, דְּזֶה שֶׁיּוֹם הִסְתַּלְּקוּת הרשב"י נִקְרָא בְּשֵׁם הִלּוּלָא, הוּא, לְפִי שע"י רשב"י הי' הַגִּילּוּי דִּפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה.
Il l'explique en partant de la parole de nos Sages, de mémoire bénie : « Ce monde-ci, que nous quittons [azlinan], ressemble à une maison de noces [hilloula]. » Par la descente des âmes ici-bas, dans ce monde-ci, se produit en elles la notion d'azlinan, c'est-à-dire « en marche » [mehalekhim].
וּמְבֹאָר זֶה בְּהַקְדִּים מארז"ל האי עלמא דאזלינן מיני' כְּבֵי הִלּוּלָא דמיא, שע"י יְרִידַת הַנְּשָׁמוֹת לְמַטָּה בעוה"ז, האי עלמא, נַעֲשֶׂה בָּהֶם הָעִנְיָן דאזלינן, מַהְלְכִים.
En effet, les âmes, telles qu'elles sont en haut, sont appelées « debout » [omdim], comme il est dit : « Vivant est Havayé, le D.ieu d'Israël, devant qui je me suis tenu. » Et le Zohar dit : « Chaque âme se tenait dans sa forme devant le Roi saint. »
דְּהַנְּשָׁמוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵן לְמַעְלָה נק' עוֹמְדִים כמ"ש חַי הוי' אֱלֹקֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר עָמַדְתִּי לְפָנָיו, וּבְזֹהַר אִיתָא כָּל נִשְׁמְתָא וְנִשְׁמְתָא הוה קימא בִּדְיוֹקְנָאָהּ קמי מלכא קדישא.
Certes, en haut, les âmes sont sans cesse en élan et retour [ratso vachov], et elles montent ainsi d'élévation en élévation. Mais toutes leurs ascensions restent limitées : même les degrés les plus élevés (ceux où montent les âmes) sont soumis à la parole de la ligne de mesure [kav hamida]. C'est pourquoi on les appelle « debout ».
דַּהֲגַם שֶׁהַנְּשָׁמוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵן לְמַעְלָה הֵן תָּמִיד בְּרָצוֹא וָשׁוֹב, דעי"ז הֵם עוֹלִים בְּעִילּוּי אַחַר עִילּוּי, מ"מ, כֵּיוָן שֶׁכָּל הָעֲלִיּוֹת שֶׁלָּהֶם הֵם בְּהַגְבָּלָה, דְּגַם הַמַּדְרֵגוֹת הֲכִי גְּבוֹהוֹת (שֶׁבָּהֶם הִיא עֲלִיַּית הַנְּשָׁמוֹת) הֵם ע"פ מַאֲמַר קַו הַמִּדָּה, לָכֵן נק' בְּשֵׁם עוֹמְדִים.
Par leur descente ici-bas, les âmes deviennent « en marche » : l'ascension qu'elles accomplissent en descendant ici-bas est infinie et sans limite.
וע"י יְרִידַת הַנְּשָׁמוֹת לְמַטָּה הֵם נַעֲשִׂים מַהְלְכִים, שהעלי' דְּהַנְּשָׁמוֹת בִּירִידָתָם לְמַטָּה הִיא בִּבְחִינַת א"ס ובל"ג.
Tel est le sens de « ce monde-ci, que nous quittons [azlinan] » : par elles-mêmes, les âmes sont « debout » ; en descendant dans « ce monde-ci », elles deviennent « en marche », azlinan.
וְזֶהוּ האי עלמא דאזלינן מיני', דְּהַנְּשָׁמוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵם מִצַּד עַצְמָם הֵם עוֹמְדִים, וע"י יְרִידָתָם בהאי עלמא, נַעֲשִׂים מַהְלְכִים, אזלינן.
Et si c'est précisément par « ce monde-ci » que se produit l'azlinan, c'est que « ce monde-ci ressemble à une maison de noces ».
וְהַטַּעַם עַל זֶה שֶׁדַּוְקָא ע"י האי עלמא נַעֲשֶׂה הָעִנְיָן דאזלינן, הוּא, כִּי האי עלמא כְּבֵי הִלּוּלָא דמיא.
Voici l'explication : l'âme et le corps sont à l'image de l'homme et de la femme. Chez l'homme et la femme au sens propre, l'union du masculin et du féminin [dekhar venoukva] (qui sont deux contraires) n'est possible que parce qu'est attirée en eux la force de l'Infini [koa'h ha-Ein Sof], qui les dépasse tous deux. Cette force qui est attirée en eux se révèle dans la procréation [car engendrer génération après génération, sans fin, ne relève pas de la nature des créatures, qui sont limitées, mais de la force de l'Infini, qui dépasse la nature des créatures et qui est attirée par le mariage],
וְהָעִנְיָן הוּא, דִּנְשָׁמָה וְגוּף הֵם דּוּגְמַת אִישׁ וְאִשָּׁה. וּכְמוֹ שֶׁבְּאִישׁ וְאִשָּׁה כִּפְשׁוּטָם, בִּכְדֵי שיהי' הַיִּחוּד דדכר וְנֻקְבָּא (שֶׁהֵם שְׁנֵי הֲפָכִים) הוּא ע"י שֶׁנִּמְשַׁךְ בָּהֶם כֹּחַ הא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מִשְּׁנֵיהֶם, וְכֹחַ זֶה שֶׁנִּמְשַׁךְ בָּהֶם מִתְגַּלֶּה בְּעִנְיַן הַהוֹלָדָה [דְּעִנְיַן לְהוֹלִיד דּוֹר אַחַר דּוֹר עַד אֵין שִׁיעוּר הוּא לֹא מִצַּד גֶּדֶר הַנִּבְרָאִים שֶׁהֵם בַּעֲלֵי גְּבוּל, אֶלָּא מִצַּד כֹּחַ הא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מִגֶּדֶר הַנִּבְרָאִים שֶׁנִּמְשַׁךְ ע"י נִישּׂוּאִין],
de même pour l'âme et le corps, qui sont à l'image de l'homme et de la femme : la jonction et l'union de l'âme et du corps, qui sont deux contraires, ne sont possibles que par l'épanchement de la force de l'Infini.
עד"ז הוּא בַּנְּשָׁמָה וְגוּף שֶׁהֵם דּוּגְמַת אִישׁ וְאִשָּׁה, שֶׁבִּכְדֵי שֶׁיּוּכַל לִהְיוֹת הַחִיבּוּר וְהַיִּחוּד דִּנְשָׁמָה וְגוּף שֶׁהֵם שְׁנֵי הֲפָכִים הוּא ע"י הַמְשָׁכַת כֹּחַ הא"ס.
L'épanchement de cette force se révèle dans la procréation : « La descendance des tsadikim, ce sont les bonnes actions. » L'ascension qui s'accomplit par la Torah et les mitsvot est une ascension infinie et sans limite.
וְהַמְשָׁכַת כֹּחַ זֶה מִתְגַּלֶּה בְּעִנְיַן הַהוֹלָדָה, תּוֹלְדוֹתֵיהֶם שֶׁל צַדִּיקִים מַעֲשִׂים טוֹבִים, שהעלי' שע"י התומ"צ הִיא עלי' בבחי' א"ס ובל"ג.
Tel est le sens de « Ce monde-ci, que nous quittons, ressemble à une maison de noces ». Si c'est précisément de lui (« ce monde-ci ») que vient l'azlinan (« en marche »), c'est que « ce monde-ci ressemble à une maison de noces » : la jonction et l'union de l'âme spirituelle avec le corps physique (« ce monde-ci ») sont à l'image de l'union du marié et de la mariée (hilloula, des noces), par laquelle est attirée la force de l'Infini.
וְזֶהוּ האי עלמא דאזלינן מיני' כְּבֵי הִלּוּלָא דמיא, דְּהַטַּעַם עַל זֶה שֶׁדַּוְקָא מיני' (האי עלמא) נַעֲשֶׂה אזלינן (מַהְלְכִים), הוּא, כִּי האי עלמא כְּבֵי הִלּוּלָא דמיא, שֶׁהַחִבּוּר וְהַיִּחוּד דִּנְשָׁמָה הָרוּחָנִית עִם הַגּוּף הַגַּשְׁמִי (האי עלמא) הוּא בְּדֻגְמַת יִחוּד חָתָן וְכַלָּה (הִלּוּלָא, חֲתוּנָּה), שעי"ז נִמְשָׁךְ כֹּחַ הא"ס.
Or, on sait que la descente de l'âme ici-bas est une descente en vue d'une ascension. Il en va de même pour la Torah et les mitsvot : leur descente vise une ascension. En effet, c'est par leur descente ici-bas, quand elles se revêtent de choses matérielles, qu'est attirée en elles la force même, dans son essence, de la Torah et des mitsvot.
ו) וְהִנֵּה יָדוּעַ, דִּכְמוֹ שֶׁיְּרִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה הִיא יְרִידָה לְצוֹרֶךְ עלי', עד"ז הוּא בתומ"צ, שֶׁהַכַּוָּונָה בְּהַיְרִידָה דתומ"צ הִיא לְצוֹרֶךְ עלי'. כִּי ע"י יְרִידָתָם לְמַטָּה וְהִתְלַבְּשׁוּתָם בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים נִמְשָׁךְ בָּהֶם עַצְמִיּוּת כֹּחַ התומ"צ.
Or, on sait que la descente de l'âme ici-bas est une descente en vue d'une élévation. Il en va de même pour la Torah et les mitsvot : leur descente aussi a pour intention une élévation. C'est en descendant ici-bas et en se revêtant de choses matérielles que la Torah et les mitsvot reçoivent l'épanchement de l'essence même de leur force.
ו) וְהִנֵּה יָדוּעַ, דִּכְמוֹ שֶׁיְּרִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה הִיא יְרִידָה לְצוֹרֶךְ עלי', עד"ז הוּא בתומ"צ, שֶׁהַכַּוָּונָה בְּהַיְרִידָה דתומ"צ הִיא לְצוֹרֶךְ עלי'. כִּי ע"י יְרִידָתָם לְמַטָּה וְהִתְלַבְּשׁוּתָם בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים נִמְשָׁךְ בָּהֶם עַצְמִיּוּת כֹּחַ התומ"צ.
Dès lors, on peut dire que la hiloula [noces] attachée à l'accomplissement de la Torah et des mitsvot précisément « en ce monde » [behaï alma] concerne aussi la Torah et les mitsvot elles-mêmes. Il y a la hiloula chez l'homme qui s'adonne à la Torah et aux mitsvot, c'est-à-dire l'épanchement de la force de l'Ein Sof que produisent la jonction et l'union de l'âme et du corps (comme on l'a vu au paragraphe 5). Mais en plus, la Torah et les mitsvot elles-mêmes sont le lieu d'une hiloula.
ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר, דְּעִנְיַן ההילולא שֶׁבְּקִיּוּם התומ"צ בהאי עלמא דַּוְקָא, הוּא גַּם בהתומ"צ עַצְמָם. דְּנוֹסָף לְעִנְיַן ההילולא בְּהָאָדָם הָעוֹסֵק בתומ"צ, הַמְשָׁכַת כֹּחַ הא"ס שע"י הַחִיבּוּר וְהַיִּחוּד דִּנְשָׁמָה וְגוּף (כנ"ל סְעִיף ה), גַּם בהתומ"צ עַצְמָם הו"ע ההילולא.
Car la Torah et les mitsvot sont la sagesse et la volonté de HaKadoch Barou'h Hou, qui sont au-dessus du monde. Leur jonction avec les réalités de ce monde (les choses matérielles dont la Torah et les mitsvot se sont revêtues) unit donc deux contraires. Cette jonction se fait par l'épanchement de l'essence de la force de la Torah et des mitsvot, comme l'union du marié et de la mariée se fait par l'épanchement de la force de l'Ein Sof, qui est au-dessus de l'un et de l'autre et les joint.
כִּי תּוֹרָה וּמִצְווֹת הֵם חָכְמָתוֹ וּרְצוֹנוֹ שֶׁל הקב"ה שֶׁלְּמַעְלָה מֵעוֹלָם, וְהַחִבּוּר שֶׁלָּהֶם עִם הָעִנְיָנִים שבהאי עלמא (הַדְּבָרִים הַגַּשְׁמִיִּים שֶׁבָּהֶם נִתְלַבְּשׁוּ התומ"צ) הוּא חִיבּוּר דִּשְׁנֵי הֲפָכִים, וְחִיבּוּר זֶה הוּא ע"י הַמְשָׁכַת עַצְמוּת כֹּחַ התומ"צ – ע"ד יִחוּד חָתָן וְכַלָּה, ע"י הַמְשָׁכַת כֹּחַ הא"ס, שֶׁלְּמַעְלָה מִשְּׁנֵיהֶם וּמְחַבֵּר אוֹתָם.
Le maamar donne ensuite une autre explication de « ce monde dont nous partons » [behaï alma dé-azlinan miné] : à l'heure où l'homme décède, quand l'âme quitte le corps et ce monde, celui « dont nous partons », s'accomplit alors en elle le « nous allons » [azlinan] : elle devient « marcheuse » [mehalekh].
ז) וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר עוֹד פֵּירוּשׁ בהאי עלמא דאזלינן מיני', שֶׁבִּשְׁעַת פְּטִירָתוֹ שֶׁל אָדָם, כְּשֶׁהַנְּשָׁמָה נִפְטֶרֶת מֵהַגּוּף וּמֵעוֹלָם הַזֶּה, דאזלינן מיני', אֲזַי נַעֲשָׂה בָּהּ הָעִנְיָן דאזלינן, שֶׁהִיא נַעֲשֵׂית בִּבְחִינַת מְהַלֵּךְ.
Selon l'explication donnée plus haut (paragraphe 5), l'âme devient marcheuse alors qu'elle se trouve ici-bas, en ce monde. « Azlinan miné » signifie alors : à cause de lui, par son fait. Si l'âme parvient au degré du « nous allons », si elle devient marcheuse, c'est « de lui » [miné] que cela vient : de la supériorité de ce monde, qui est comme une hiloula. Selon la seconde explication, le « nous allons » qui s'accomplit dans l'âme (elle devient marcheuse) a lieu au moment où « nous partons de lui », quand elle s'en va et quitte ce monde.
דִּלְהַבֵּאוּר דלעיל (סְעִיף ה), זֶה שֶׁהַנְּשָׁמָה נַעֲשֵׂית מְהַלֵּךְ, הוּא בִּהְיוֹתָהּ לְמַטָּה בהאי עלמא. וּפֵרוּשׁ דאזלינן מיני' הוּא מֵחֲמָתוֹ וּבְסִבָּתוֹ, דְּזֶה שֶׁהַנְּשָׁמָה בָּאָה לִבְחִינַת אזלינן, שֶׁהִיא נַעֲשֵׂית מְהַלֵּךְ, הוּא מיני', מִצַּד הָעִילּוּי שבהאי עלמא שֶׁהוּא כְּמוֹ הִלּוּלָא. וְלַפֵּרוּשׁ הַשֵּׁנִי, הָעִנְיָן דאזלינן שֶׁנַּעֲשָׂה בְּהַנְּשָׁמָה (שֶׁנַּעֲשֵׂית מְהַלֵּךְ) הוּא בְּעֵת דאזלינן מיני', כְּשֶׁהִיא הוֹלֶכֶת וְנִפְטֶרֶת מהאי עלמא.
Le point central de l'explication (dans le maamar) est le suivant. Les mitsvot, telles qu'elles sont ici-bas, sont soumises à la mesure et à la limite. La Torah d'ici-bas l'est aussi, comme il est dit dans le verset [passouk] : « Sa mesure est plus longue que la terre » ; autrement dit, la Torah a bien une mesure, simplement cette mesure est plus longue que la terre. C'est pourquoi la marche (l'illimité [bli gvoul]) que l'âme acquiert en s'adonnant à la Torah et aux mitsvot en ce monde-ci demeure voilée.
וּנְקֻדַּת הַבֵּיאוּר בָּזֶה (בְּהַמַּאֲמָר), דְּהַמִּצְווֹת כְּמוֹ שֶׁהֵם לְמַטָּה, הֵם בִּמְדִידָה וְהַגְבָּלָה. וְגַם הַתּוֹרָה שֶׁלְּמַטָּה הִיא בִּמְדִידָה וְהַגְבָּלָה, כמ"ש אֲרוּכָּה מֵאֶרֶץ מִדָּהּ, הַיְינוּ שֶׁיֵּשׁ מִדָּהּ לְהַתּוֹרָה אֶלָּא שֶׁהַמִּדָּה הִיא אֲרוּכָּה מֵאֶרֶץ. וְלָכֵן, הַהִלּוּךְ (עִנְיַן הבל"ג) שֶׁנַּעֲשָׂה בְּהַנְּשָׁמָה ע"י עֵסֶק התומ"צ שֶׁלָּהּ בעוה"ז, הוּא בְּהֶעְלֵם.
Il en va de même de la marche que l'âme acquiert par la mitsva de « croître et multiplier » [piryah verivyah]. Certes, l'engendrement révèle la force de l'Ein Sof. Mais cette révélation porte ici sur une chose limitée (engendrer des enfants, même si l'engendrement se poursuit de génération en génération, sans fin). C'est pourquoi, même par l'accomplissement de cette mitsva, la marche reste voilée.
וְגַם הַהִלּוּךְ דְּהַנְּשָׁמָה שע"י מִצְוַת פרי' ורבי', אַף שֶׁבְּעִנְיַן הַהוֹלָדָה הוּא גִּילּוּי כֹּחַ הא"ס, מ"מ, כֵּיוָן שֶׁגִּילּוּי כֹּחַ הא"ס שֶׁבָּזֶה הוּא בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיַן מוּגְבָּל (הוֹלָדַת בָּנִים, אֶלָּא שֶׁהַהוֹלָדָה הִיא דּוֹר אַחַר דּוֹר עַד אֵין שִׁיעוּר), לָכֵן, גַּם ע"י קִיּוּם מִצְוָה זוֹ, עִנְיַן הַהִלּוּךְ הוּא בְּהֶעְלֵם.
Mais une fois que l'âme a rempli sa mission en ce monde et que vient le temps où « nous partons de lui », où elle s'en va (et sort) des limites de ce monde, alors se révèle à elle l'intériorité de la Torah et des mitsvot auxquelles elle s'est adonnée ici-bas. Or cette intériorité est illimitée. Le « nous allons » (la marche) s'accomplit alors en elle de façon révélée, elle aussi.
וּלְאַחֲרֵי שֶׁהַנְּשָׁמָה מְמַלֵּאת אֶת שְׁלִיחוּתָהּ בהאי עלמא וּבָא הַזְּמַן דאזלינן מיני', שֶׁהִיא הוֹלֶכֶת (וְיוֹצֵאת) מֵהַהַגְבָּלוֹת דהאי עלמא, אֲזַי מִתְגַּלֶּה לָהּ הַפְּנִימִיּוּת דהתומ"צ שֶׁעָסְקָה בעוה"ז, שֶׁהַפְּנִימִיּוּת דהתומ"צ הֵם בְּלִי גְּבוּל, וְאָז נַעֲשָׂה בָּהּ הָעִנְיָן דאזלינן (מְהַלֵּךְ) גַּם בְּגִילּוּי.
Voilà pourquoi le jour du départ [histalkout] des tsadikim qui se sont adonnés à la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah] est appelé « jour de hiloula » (ainsi la hiloula de Rachbi, et il en va de même pour le jour du départ de tous les tsadikim qui se sont adonnés à la pnimiyout haTorah). C'est que l'étude de la pnimiyout haTorah et l'engagement en elle font se révéler, au jour du départ, l'intériorité et l'illimité, c'est-à-dire la hiloula et la marche.
וְזֶהוּ שֶׁיּוֹם הִסְתַּלְּקוּת הַצַּדִּיקִים שֶׁעָסְקוּ בִּפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה נק' בְּשֵׁם יוֹם הִלּוּלָא (כְּמוֹ הִלּוּלָא דרשב"י, ועד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לְיוֹם הַהִסְתַּלְּקוּת דְּכָל הַצַּדִּיקִים שֶׁעָסְקוּ בִּפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה), כִּי ע"י הַלִּימּוּד וְהָעֵסֶק בִּפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה, מִתְגַּלֵּית בַּיּוֹם הַהִסְתַּלְּקוּת הַפְּנִימִיּוּת והבל"ג, עִנְיַן ההילולא וְהַהִלּוּךְ.
Le Baal HaGuéoula explique, dans le maamar cité, que la hiloula (l'union du masculin et du féminin [dekhar et Noukva]) comporte (de manière générale) trois aspects.
ח) וּמְבֹאָר בַּעַל הַגְּאוּלָּה בְּמַאֲמָר הנ"ל, שבהלולא (יִחוּד דכר וְנֻקְבָּא) ג' עִנְיָנִים (בִּכְלָלוּת).
L'union du masculin et du féminin en haut. Le masculin et le féminin existent en effet aussi dans les âmes telles qu'elles sont en haut, avant de descendre ici-bas : il y a des âmes de l'ordre du masculin et des âmes de l'ordre du féminin. L'union des premières avec les secondes est appelée hiloula.
יִחוּד דכר וְנֻקְבָּא לְמַעְלָה. דְּעִנְיַן דכר וְנֻקְבָּא הוּא גַּם בְּהַנְּשָׁמוֹת כְּמוֹ שֶׁהֵם לְמַעְלָה קֹדֶם יְרִידָתָם לְמַטָּה. דִּשְׁנָם נְשָׁמוֹת שֶׁבִּבְחִינַת דכר וּנְשָׁמוֹת שֶׁבִּבְחִינַת נוקבא. וְהַיִּחוּד דְּהַנְּשָׁמוֹת שֶׁבִּבְחִינַת דכר עִם הַנְּשָׁמוֹת שֶׁבִּבְחִינַת נוקבא נק' הִלּוּלָא.
L'union du masculin et du féminin en bas. Elle comporte elle-même deux aspects : l'union du masculin et du féminin au sens simple, et l'union de l'âme avec le corps [qui sont à l'image de l'homme et de la femme].
וְיִחוּד דכר וְנֻקְבָּא לְמַטָּה. וּבָזֶה עַצְמוֹ שְׁנֵי עִנְיָנִים. יִחוּד דכר וְנֻקְבָּא כִּפְשׁוּטָם וְיִחוּד הַנְּשָׁמָה עִם הַגּוּף [שֶׁהֵם דּוּגְמַת אִישׁ וְאִשָּׁה].
Le troisième aspect de la hiloula est l'union de l'âme (masculin) avec le corps (féminin) qui aura lieu à la résurrection des morts. Cette hiloula est le degré le plus élevé, car l'essence [Atsmout] se révélera alors.
וְעִנְיַן הג' בְּהִלּוּלָא הוּא יִחוּד הַנְּשָׁמָה (דכר) עִם הַגּוּף (נוקבא) שיהי' בִּתְחִיַּת הַמֵּתִים. דְּהִלּוּלָא זוֹ הִיא דַּרְגָּא הכי נַעֲלֵית, שֶׁאָז יהי' גִּילּוּי הָעַצְמוּת.
Or, la révélation qui aura lieu à la résurrection des morts consiste en ceci (comme on l'explique en plusieurs endroits, et aussi dans le maamar cité) : se révélera alors l'épanchement de l'essence qu'a produit l'accomplissement des mitsvot en ce monde.
וְהִנֵּה הַגִּילּוּי שיהי' בִּתְחִיַּת הַמֵּתִים הוּא (כַּמְבוֹאָר בכ"מ, וְגַם בְּמַאֲמָר הנ"ל), שֶׁאָז תִּתְגַּלֶּה הַמְשָׁכַת הָעַצְמוּת שע"י קִיּוּם הַמִּצְווֹת בָּעוֹלָם הַזֶּה.
Il en va comme de la hiloula expliquée plus haut (paragraphe 7), lors du départ des tsadikim qui se sont adonnés à la pnimiyout haTorah : elle est la révélation de l'intériorité et de l'illimité de la Torah et des mitsvot auxquelles ils se sont adonnés en ce monde.
וְהוּא ע"ד שֶׁנִּתְבָּאֵר לְעֵיל (סְעִיף ז) בְּעִנְיַן ההילולא שֶׁבְּהִסְתַּלְּקוּת הַצַּדִּיקִים שֶׁעָסְקוּ בִּפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה, שֶׁהוּא גִּילּוּי הַפְּנִימִיּוּת וְהַבְּלִי גְּבוּל דהתומ"צ שֶׁעָסְקוּ בעוה"ז.
À ceci près qu'à présent, la révélation ne se reçoit que par le départ de l'âme hors du corps, tandis que dans l'avenir elle aura lieu aussi dans le corps matériel (et la révélation elle-même sera plus élevée, puisque ce sera alors la révélation de l'essence, comme on l'a dit).
אֶלָּא שֶׁעַכְשָׁיו, בִּכְדֵי לְקַבֵּל אֶת הַגִּילּוּי הוּא ע"י הִסְתַּלְּקוּת הַנְּשָׁמָה מֵהַגּוּף, ולע"ל יהי' גִּילּוּי זֶה גַּם בַּגּוּף הַגַּשְׁמִי (וְגַם הַגִּילּוּי עַצְמוֹ יהי' נַעֲלֶה יוֹתֵר, שֶׁאָז יהי' גִּילּוּי הָעַצְמוּת, כנ"ל).
On peut dire que l'une des raisons pour lesquelles la troisième hiloula est exposée dans le discours commençant par « Pour comprendre la notion de la hiloula de Rachbi » est d'y faire allusion : la grandeur des tsadikim dont l'occupation principale est de révéler la pnimiyout haTorah se manifeste de deux manières.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּמֵהַטְּעָמִים שֶׁהָעִנְיָן דְּהִלּוּלָא הג' מְבוּאָר בְּהַדְּרוּשׁ ד"ה לְהָבִין עִנְיָן הִלּוּלָא דרשב"י, הוּא, לְרַמֵּז, שֶׁמַּעֲלַת הַצַּדִּיקִים שֶׁעִקַּר עִסְקָם הוּא לְגַלּוֹת פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה הוּא בִּשְׁנֵי עִנְיָנִים.
D'une part, leur jour de départ est appelé « jour de hiloula », car l'intériorité et l'illimité de la Torah et des mitsvot se révèlent alors, comme on l'a longuement expliqué plus haut.
שֶׁיּוֹם הַהִסְתַּלְּקוּת שֶׁלָּהֶם נק' בְּשֵׁם יוֹם הִלּוּלָא, לְפִי שֶׁאָז מִתְגַּלֶּה הַפְּנִימִיּוּת והבל"ג בהתומ"צ, כנ"ל בַּאֲרוּכָה.
D'autre part, par leur service [avoda], qui consiste à révéler la pnimiyout haTorah, l'illimité de la Torah et des mitsvot se révèle [chez eux, et par eux il se révèle quelque peu aussi à tous ceux qui leur sont liés] y compris dans l'âme telle qu'elle est revêtue dans le corps matériel, et dans le corps matériel lui-même, à la manière de ce qui aura lieu à la résurrection des morts.
וְגַם, שע"י עֲבוֹדָתָם לְגַלּוֹת פְּנִימִיּוּת הַתּוֹרָה, מִתְגַּלֶּה [אֶצְלָם, וְעַל יָדָם מִתְגַּלֶּה קְצָת גַּם לְכָל הַשַּׁיָּיכִים אֲלֵיהֶם] הבל"ג דתומ"צ גַּם בְּהַנְּשָׁמָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מְלוּבֶּשֶׁת בַּגּוּף הַגַּשְׁמִי, וְגַם בַּגּוּף הַגַּשְׁמִי עַצְמוֹ, ע"ד שיהי' בתחה"מ.
On peut ajouter que la révélation des deux aspects, y compris la hiloula du départ, a lieu dans l'âme telle qu'elle est revêtue dans le corps. Simplement, l'illimité se révèle d'abord à l'homme parce qu'il est dans un mouvement d'annulation de soi [bitoul] et sort de sa propre existence [metsiout] , à la manière du départ. Par là, l'illimité se révèle ensuite aussi dans l'existence même de l'homme , à la manière de la révélation qui aura lieu à la résurrection des morts.
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, שֶׁהַגִּילּוּי דִּשְׁנֵי הָעִנְיָנִים, גַּם עִנְיַן ההילולא דְּהִסְתַּלְּקוּת, הוּא בְּהַנְּשָׁמָה כְּמוֹ שֶׁמְּלֻבֶּשֶׁת בַּגּוּף. אֶלָּא שֶׁבַּתְּחִלָּה, גִּילּוּי הבל"ג לְהָאָדָם הוּא ע"י שֶׁהוּא בִּתְנוּעָה דְּבִטּוּל, שֶׁיּוֹצֵא מִמְּצִיאוּתוֹ – ע"ד עִנְיַן הַהִסְתַּלְּקוּת, ועי"ז, מִתְגַּלֶּה אח"כ הבל"ג גַּם בְּהַמְּצִיאוּת דְּהָאָדָם – ע"ד הַגִּילּוּי שיהי' בתחה"מ.
Or, il ressort de ce qui précède que la marche dont on a parlé (l'élévation au degré de l'infini et de l'illimité), opérée par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot en ce monde, comporte trois degrés.
ט) וְהִנֵּה מהנ"ל מוּבָן, דִּבְהֶהִלּוּךְ הנ"ל (עלי' בִּבְחִינַת א"ס וּבְלִי גְּבוּל) שֶׁנַּעֲשָׂה עַל יְדֵי קִיּוּם התומ"צ בָּעוֹלָם הַזֶּה, ג' מַדְרֵיגוֹת.
Chez les âmes qui s'adonnent seulement à la partie révélée de la Torah [niglé], la marche est voilée. Du point de vue de l'extériorité (le niglé), la Torah et les mitsvot sont en effet soumises à la mesure et à la limite. La révélation de l'illimité qui est attirée par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot en ce monde aura lieu, pour l'essentiel, dans l'avenir.
דְּבַהַנְשָׁמוֹת שֶׁעוֹסְקִים רַק בְּנִגְלֶה דְּתוֹרָה, הַהִלּוּךְ הוּא בְּהֶעְלֵם. כִּי מִצַּד בְּחִינַת הַחִיצוֹנִיּוּת (נִגְלֶה דְּתוֹרָה), התומ"צ הֵם בִּמְדִידָה וְהַגְבָּלָה. וְגִילּוּי הַבְּלִי גְּבוּל שֶׁנִּמְשַׁךְ ע"י קִיּוּם התומ"צ בעוה"ז יהי' בְּעִיקָר לע"ל.
Chez les âmes qui s'adonnent à la pnimiyout haTorah, la révélation de l'illimité de la Torah et des mitsvot (la marche) a lieu dès le moment de leur départ, et de même tant qu'elles sont ici-bas, par le mouvement de bitoul et la sortie hors de leur existence.
וּבְהַנְּשָׁמוֹת שֶׁעוֹסְקִים בִּפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה, גִּילּוּי הַבְּלִי גְּבוּל דהתומ"צ (עִנְיַן הֶהִלּוּךְ) הוּא גַּם בְּעֵת הִסְתַּלְּקוּתָם, ועד"ז בִּהְיוֹתָם לְמַטָּה ע"י תְּנוּעַת הַבִּיטּוּל וְהַיְּצִיאָה מִמְּצִיאוּתָם.
Et par là on parvient ensuite à un degré plus élevé : la révélation de l'illimité de la Torah et des mitsvot se produit aussi dans leur existence même.
ועי"ז בָּאִים אח"כ לְמַדְרֵיגָה נַעֲלֵית יוֹתֵר, שֶׁגִּילּוּי הַבְּלִי גְּבוּל דהתומ"צ הוּא גַּם בְּהַמְּצִיאוּת שֶׁלָּהֶם.
On peut dire qu'il en va de même pour « Il a délivré mon âme en paix » : on y trouve (l'équivalent de) ces trois degrés.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שעד"ז הוּא גַּם בְּהָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, שֶׁיֵּשׁ בּוֹ (דּוּגְמַת) ג' מַדְרֵיגוֹת אֵלֶּה.
Voici l'explication. « Il a délivré mon âme en paix » dans sa pleine vérité, c'est que l'adversaire s'annule totalement, comme on l'a expliqué plus haut (paragraphe 2) dans le maamar du Baal HaGuéoula. Cette pleine vérité s'accomplit par la révélation de la Yé'hida.
וְהָעִנְיָן הוּא, דַּאֲמִיתִּית הָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, שֶׁהַמְנַגֵּד מִתְבַּטֵּל לְגַמְרֵי, כַּמְבוֹאָר לְעֵיל (סְעִיף ב) מֵהַמַּאֲמָר דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה, הוּא ע"י גִּילּוּי הַיְחִידָה.
Car le niveau de 'Haya a son vis-à-vis dans le côté opposé [le'oumat zé]. C'est pourquoi sa révélation n'exclut ni n'annule totalement les volontés étrangères de la Néfech animale : elle fait seulement que la volonté tournée vers la Divinité (celle du niveau de 'Haya) l'emporte sur les volontés de la Néfech animale.
דִּבְחִינַת חי', כֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ כְּנֶגְדָּהּ לעו"ז, לָכֵן הַגִּילּוּי שֶׁלָּהּ אֵינוֹ שׁוֹלֵל וּמְבַטֵּל לְגַמְרֵי הָרְצוֹנוֹת זָרִים דְּנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית, וְהוּא רַק שֶׁהָרָצוֹן לֶאֱלֹקוּת (דִּבְחִינַת חי') מִתְגַּבֵּר עַל הָרְצוֹנוֹת דנה"ב.
Pour que les volontés de la Néfech animale soient annulées, il faut la révélation de la Yé'hida. Le niveau de Yé'hida n'a en effet aucun vis-à-vis dans le côté opposé : « un reflet de reflet, ils n'en ont pas ». C'est pourquoi la révélation de la Yé'hida annule d'elle-même le côté opposé.
וּבִכְדֵי שיהי' בִּיטּוּל הָרְצוֹנוֹת דנה"ב הוּא ע"י גִּילּוּי הַיְחִידָה. דְּכֵיוָן שֶׁבְּחִינַת הַיְחִידָה אֵין כְּנֶגְדָּהּ לעו"ז, בָּבוּאָה דבבואה לית להו, לָכֵן ע"י גִּילּוּי הַיְחִידָה מִתְבַּטֵּל הלעו"ז מִמֵּילָא.
C'est pourquoi « Il a délivré mon âme en paix » ne se réalisera dans sa pleine vérité qu'à la venue de Machia'h. Chez l'homme, le côté opposé qui est en lui n'est annulé que par la révélation de la Yé'hida. Il en va de même pour le monde dans son ensemble : c'est précisément par Machia'h, la Yé'hida de l'ensemble de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout], que l'autre côté [sitra a'hra] sera totalement annulé.
וְזֶהוּ שֶׁאֲמִתִּית הָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי יהי' בְּבִיאַת הַמָּשִׁיחַ דַּוְקָא, כִּי כְּמוֹ שֶׁבָּאָדָם, בִּיטּוּל הלעו"ז שֶׁבּוֹ הוּא ע"י גִּילּוּי הַיְחִידָה דַּוְקָא, עד"ז הוּא בִּכְלָלוּת הָעוֹלָם, שֶׁדַּוְקָא ע"י מָשִׁיחַ, שֶׁהוּא הַיְחִידָה דִּכְלָלוּת הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, יהי' בִּיטּוּל הסט"א לְגַמְרֵי.
Toutefois, toutes les révélations du futur dépendent de nos actes et de notre service [avoda] dès à présent. L'annulation de la sitra a'hra par la révélation de la Yé'hida générale, qui aura lieu dans le futur, passe donc elle aussi par l'homme qui révèle la Yé'hida qui est en lui : c'est ainsi que s'annulent les volontés étrangères de sa Néfech animale.
אֶלָּא שמ"מ, כֵּיוָן שֶׁכָּל הַגִּילּוּיִים דלע"ל תְּלוּיִים בְּמַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ עַכְשָׁיו, גַּם הָעִנְיָן דְּבִטּוּל הסט"א ע"י גִּילּוּי יְחִידָה הַכְּלָלִית שיהי' לע"ל, הוּא ע"י שֶׁהָאָדָם מְגַלֶּה אֶת הַיְחִידָה שֶׁבּוֹ, שעי"ז מִתְבַּטְּלִים הָרְצוֹנוֹת זָרִים דְּנַפְשׁוֹ הַבַּהֲמִית.
En particulier, lorsqu'il opère aussi, par la révélation de sa Yé'hida, l'annulation - dans une certaine mesure - de la sitra a'hra chez autrui. Ainsi David HaMélekh : par son service, il a obtenu qu'Amasaï lui-même lui dise « Paix, paix à toi, et paix à ceux qui t'aident », et que les hommes d'Avchalom eux-mêmes prient pour la victoire de David.
וּבִפְרָט, כשע"י גִּילּוּי הַיְחִידָה שֶׁלּוֹ הוּא פּוֹעֵל גַּם (בְּמִדָּה) בִּיטּוּל הסט"א שֶׁבְּזוּלָתוֹ. וּכְמוֹ דָּוִד הַמֶּלֶךְ, שע"י עֲבוֹדָתוֹ פָּעַל שֶׁגַּם עֲמָשַׂי אָמַר לוֹ שָׁלוֹם שָׁלוֹם לְךָ וְשָׁלוֹם לְעוֹזְרֶיךָ, וְשֶׁגַּם אַנְשֵׁי אַבְשָׁלוֹם הִתְפַּלְּלוּ לְנִצְחוֹנוֹ שֶׁל דָּוִד.
Or, à présent, toutes choses sont soumises à la limite. C'est pourquoi le don total de soi [mesirout néfech] qui découle de la révélation de la Yé'hida porte lui aussi sur un domaine limité. [C'est ce qu'on a expliqué plus haut (paragraphe 7) à propos de la révélation de la force de l'Infini [Ein Sof] dans l'engendrement : l'Infini s'y révèle dans un domaine limité.]
וְהִנֵּה כֵּיוָן שֶׁעַכְשָׁיו כָּל הָעִנְיָנִים הֵם בְּהַגְבָּלָה, לָכֵן, גַּם עִנְיַן המס"נ שֶׁמִּצַּד גִּילּוּי הַיְחִידָה הוּא בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיָן מוּגְבָּל. [וע"ד שֶׁנִּתְבָּאֵר לְעֵיל (סְעִיף ז) בְּעִנְיַן גִּילּוּי כֹּחַ הא"ס שֶׁבַּהוֹלָדָה, שֶׁהַגִּילּוּי דא"ס הוּא בְּעִנְיָן מוּגְבָּל.]
On en déduit que la révélation de la Yé'hida générale du futur passe certes par la révélation de la Yé'hida à présent, mais que celle d'à présent reste sans commune mesure avec la révélation de la Yé'hida générale du futur.
וּמִזֶּה מוּבָן, דַּהֲגַם שֶׁגִּילּוּי הַיְחִידָה הַכְּלָלִית דלע"ל הוּא ע"י גִּילּוּי הַיְחִידָה עַכְשָׁיו, מ"מ, גִּילּוּי הַיְחִידָה עַכְשָׁיו לְגַבֵּי גִּילּוּי הַיְחִידָה הַכְּלָלִית דלע"ל הוּא בְּאֵין עֲרוֹךְ.
Il en va de même pour « Il a délivré mon âme en paix » tel que David l'a vécu. Sa délivrance en paix ne concernait que quelques personnes (Amasaï, les hommes d'Avchalom, etc.), non le monde dans son ensemble (car, dans l'ensemble du monde, il y avait des adversaires). Elle est donc absolument sans commune mesure avec la délivrance en paix du futur, qui ne connaîtra aucune limite.
ועד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לִפְּדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שהי' אֵצֶל דָּוִד, דְּכֵיוָן שהפדי' בְּשָׁלוֹם שֶׁלּוֹ הָיְתָה רַק בְּנוֹגֵעַ לְכַמָּה אֲנָשִׁים (עֲמָשַׂי, אַנְשֵׁי אַבְשָׁלוֹם וכו') וְלֹא בִּכְלָלוּת הָעוֹלָם (דְּבִכְלָלוּת הָעוֹלָם הָיוּ מְנַגְּדִים), לָכֵן, הוּא בְּאֵין עֲרוֹךְ כְּלָל לְגַבֵּי הפדי' בְּשָׁלוֹם דלע"ל, שֶׁלֹּא יִהְיוּ בָּהּ הַגְבָּלוֹת.
L'épanchement de la délivrance en paix du futur (illimitée) par la délivrance en paix de David (qui porte sur des domaines limités) est comparable à ceci : ceux qui ne s'occupent que de la partie révélée de la Torah [niglé] attirent la marche [hilou'h] et l'illimité en accomplissant la Torah et les mitsvot en ce monde-ci.
וְהַמְשָׁכַת הפדי' בְּשָׁלוֹם דלע"ל (בְּלִי גְּבוּל) ע"י הפדי' דְּשָׁלוֹם דְּדָוִד (שֶׁהִיא בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיָנִים מוּגְבָּלִים) הוּא ע"ד הַמְשָׁכַת עִנְיַן הַהִלּוּךְ וְהַבְּלִי גְּבוּל ע"י קִיּוּם התומ"צ בעוה"ז בְּאֵלּוּ הָעוֹסְקִים רַק בְּנִגְלֶה דְּתוֹרָה.
Quant à « Il a délivré mon âme en paix » dans la délivrance du Youd Kislev [et de même dans celle du Youd-Tèt Kislev et dans celle du Youd-Beth Tamouz] : cette délivrance concerne la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah], la Yé'hida de la Torah. C'est pourquoi « Il a délivré mon âme en paix », dans cette délivrance, ne connaît ni mesure ni limite, et s'étend à toutes choses.
וְהָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שֶׁבַּהַגְאוּלָה דיו"ד כִּסְלֵו [ועד"ז בְּהַגְּאֻלָּה די"ט כִּסְלֵו ודי"ב תַּמּוּז], כֵּיוָן שֶׁהַגְּאֻלָּה הִיא בְּנוֹגֵעַ לִפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה, הַיְחִידָה דְּתוֹרָה, לָכֵן, הָעִנְיָן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שֶׁבַּגְּאֻלָּה זוֹ, אֵין בּוֹ מְדִידוֹת וְהַגְבָּלוֹת, וְהוּא בְּנוֹגֵעַ לְכָל הָעִנְיָנִים.
Voilà pourquoi le Tet Kislev, jour de la hiloula, est la veille du jour de la délivrance. La révélation de « Il a délivré mon âme en paix » est en effet venue après le service de la hiloula du Baal HaGuéoula, qui l'a précédée - c'est-à-dire l'annulation de soi [bitoul] (semblable au départ [histalkout]). Par là, il a attiré cette révélation (celle de « Il a délivré mon âme en paix », qui dépasse mesure et limite) jusque dans l'existence même de tous ceux qui lui sont liés.
וְזֶהוּ שֶׁיּוֹם הַתְּשִׁיעִי בְּכִסְלֵו, יוֹם ההילולא, הוּא הָעֶרֶב דְּיוֹם הַגְּאוּלָּה, כִּי ע"י שֶׁהַגִּילּוּי דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי הי' לְאַחֲרֵי קְדִימַת הָעֲבוֹדָה דְּהִלּוּלָא שֶׁל בַּעַל הַגְּאוּלָּה, עִנְיַן הַבִּיטּוּל (שֶׁבְּדוֹמֶה לְהִסְתַּלְּקוּת), הִמְשִׁיךְ גִּילּוּי זֶה (הַגִּילּוּי דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי שֶׁלְּמַעְלָה מִמְּדִידָה וְהַגְבָּלָה) גַּם בְּהַמְּצִיאוּת דְּכָל הַשַּׁיָּיכִים אֵלָיו.
C'est pourquoi, pour recevoir cette révélation, nul besoin de s'y préparer par l'annulation et la sortie de son existence. Cela ne dépend que de la volonté : chacun a le pouvoir (même avant d'être sorti de son état) de se délivrer lui-même à la manière de « Il a délivré mon âme en paix », une paix dans sa perfection absolue,
שֶׁלָּכֵן, כְּדֵי לְקַבֵּל גִּילּוּי זֶה, אֵין צְרִיכָה לִהְיוֹת הֲכָנָה דְּבִטּוּל וִיצִיאָה מֵהַמְּצִיאוּת, וְאֵין הַדָּבָר תָּלוּי אֶלָּא בִּרְצוֹן, וּבִיכָלְתּוֹ שֶׁל כָּל אֶחָד (גַּם לִפְנֵי שֶׁיֵּצֵא מִמַּצָּבוֹ) לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ בְּאֹפֶן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, שָׁלוֹם בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת,
et par là de délivrer aussi le monde entier, par la guéoula véritable et complète, par Machia'h notre juste, bientôt et vraiment de nos jours, très prochainement, vraiment.
ועי"ז לִפְדּוֹת גַּם אֶת כָּל הָעוֹלָם, בַּגְּאוּלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה ע"י מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ ובעגלא דידן מַמָּשׁ.
C'est pourquoi, pour recevoir cette révélation, il faut s'y préparer par l'annulation de soi [bitoul] et par la sortie hors de sa propre existence. Or cela ne dépend que de la volonté. Chacun a le pouvoir (même avant d'être sorti de son état) de se délivrer lui-même à la manière de « Il a délivré dans la paix mon âme » [Padah béchalom nafchi], dans une perfection absolue. Par là, chacun peut aussi délivrer le monde entier, par la guéoula véritable et complète, par notre juste Machia'h, rapidement et de nos jours, réellement, et sans tarder, réellement.
שֶׁלָּכֵן, כְּדֵי לְקַבֵּל גִּילּוּי זֶה, הֲכָנָה דְּבִטּוּל וִיצִיאָה מֵהַמְּצִיאוּת, וְאֵין הַדָּבָר תָּלוּי אֶלָּא בִּרְצוֹן, וּבִיכָלְתּוֹ שֶׁל כָּל אֶחָד (גַּם לִפְנֵי שֶׁיֵּצֵא מִמַּצָּבוֹ) לִפְדּוֹת אֶת עַצְמוֹ בְּאֹפֶן דְּפָדָה בְּשָׁלוֹם נַפְשִׁי, בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת, ועי"ז לִפְדּוֹת גַּם אֶת כָּל הָעוֹלָם בַּגְּאוּלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה ע"י מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ ובעגלא דידן מַמָּשׁ.
Avec l'aide de Hachem Pour le mérite du Rav, le 'hassid, le tamim Aharon ben 'Hana pour une guérison complète et prochaine, et pour qu'il recouvre entièrement sa vigueur
ב"ה לִזְכּוֹת הרה"ת אַהֲרֹן בֶּן חַנָּה לִרְפוּאָה שְׁלֵמָה וּקְרוֹבָה וְיַחֲזוֹר לְאֵיתָנוֹ לְגַמְרֵי