HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5738
MAAMARמאמר
ת"ר מִצְוַת נֵר חֲנֻכָּה
« Nos Maîtres ont enseigné : la mitsva de la lumière de 'Hanoucca »
À l'issue du Chabbat Mikets, Chabbat 'Hanoucca 5738 [1977]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשל"ח · 1977
MAAMARמאמר

מִצְוַת נֵר חֲנוּכָּה

« Nos Maîtres ont enseigné : la mitsva de la lumière de 'Hanoucca »

À l'issue du Chabbat Mikets, Chabbat 'Hanoucca 5738 [1977]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

5738 [1977], maamar commençant par « Tanou Rabbanan mitsvat ner 'Hanoucca » [« Nos Maîtres ont enseigné : la mitsva de la lumière de 'Hanoucca »]
תשל"ח, ד"ה תָּנוּ רבנן מִצְוַת נֵר חֲנוּכָּה
5738 [1977], Chabbat 'Hanoucca, à l'issue du Chabbat de la paracha Mikets
ה'תשל"ח, שַׁבָּת חֲנוּכָּה, מוֹצָאֵי ש"פ מִקֵּץ
Nos Maîtres ont enseigné : « La mitsva de la lumière de 'Hanoucca, etc. Beth Chamaï disent : le premier jour, on en allume huit ; à partir de là, on va en diminuant. Beth Hillel disent : le premier jour, on en allume une ; à partir de là, on va en augmentant. » La raison de Beth Chamaï : en correspondance avec les taureaux de la fête. La raison de Beth Hillel : « on élève en sainteté », etc. 1.
תָּנוּ רבנן מִצְוַת נֵר חֲנוּכָּה כו' בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק שְׁמוֹנָה מִכָּאן וְאֵילָךְ פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק אַחַת מִכָּאן וְאֵילָךְ מוֹסִיף וְהוֹלֵךְ. טעמא דב"ש כְּנֶגֶד פְּרִי הֶחָג, וטעמא דב"ה דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ כו' 1.
On connaît la remarque précise de Sa Sainteté l'Admour Hazakène 2 : quel rapport y a-t-il entre la lumière de 'Hanoucca et les taureaux de la fête ? La question se pose d'autant plus au vu de ce qu'écrit Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek 3 : Beth Hillel eux-mêmes ne divergent qu'en raison de « on élève en sainteté ».
וְיָדוּעַ דִּיּוּק כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן 2, מַה עִנְיַן נֵר חֲנוּכָּה לַפְּרִי הֶחָג. וּבִפְרָט לְפִי מ"ש כ"ק אדמו"ר הצ"צ 3, שֶׁגַּם ב"ה לֹא פליגי רַק מִשּׁוּם דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ.
Quant à ce qui est expliqué en plusieurs endroits 4, que le lien entre 'Hanoucca et Souccot réside dans le fait que tous deux durent huit jours, le nombre huit désignant un niveau supérieur à l'hichtalchelout [enchaînement des mondes] 5, cela même demande explication : quel est le lien entre Souccot et 'Hanoucca et le niveau supérieur à l'hichtalchelout, en vertu duquel ils durent huit jours ?
וּמַה שֶׁמְּבֹאָר בכ"מ 4 שֶׁהַשַּׁיָּכוּת דַּחֲנֻכָּה לְסוּכּוֹת הִיא שֶׁשְּׁנֵיהֶם הֵם שְׁמוֹנָה יָמִים, דְּמִסְפַּר שְׁמוֹנָה מוֹרֶה עַל בְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת 5, הֲרֵי זֶה גּוּפָא צָרִיךְ בֵּיאוּר, מַהוּ הַקֶּשֶׁר דְּסֻכּוֹת וַחֲנֻכָּה לַבְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁמִּצַּד זֶה הֵם שְׁמוֹנָה יָמִים.
De plus, si l'on a institué les lumières de 'Hanoucca, c'est en raison du miracle survenu dans les lumières du Mikdach. Or le Mikdach comptait sept lumières : pourquoi donc y a-t-il à 'Hanoucca huit lumières (et huit jours) 6 ?
וְגַם, הֲרֵי זֶה שֶׁתִּקְּנוּ נֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וּמִכֵּיוָן שֶׁבַּמִּקְדָּשׁ הָיוּ ז' נֵרוֹת, מַדּוּעַ בַּחֲנֻכָּה יֵשׁ שְׁמוֹנָה נֵרוֹת (וְיָמִים) 6.
Il faut aussi comprendre pourquoi le fergleikh (la comparaison) des lumières de 'Hanoucca se fait (non avec la fête de Souccot en général, mais) précisément avec les taureaux de la fête. À première vue, en effet, les lumières de 'Hanoucca se rattachent à la Menora (elles sont dues au miracle survenu dans les lumières de la Menora), tandis que les taureaux de la fête étaient offerts (comme tous les offrandes [korbanot]) sur l'autel. Or la Menora et l'autel sont deux ustensiles différents 7 [d'autant plus selon ce qu'expliquent la Kabbalah et la 'Hassidout 8], et les lumières et les korbanot relèvent de deux formes de service différentes, au point que « la tienne (les lumières) est plus grande que la leur (les korbanot) », etc., « elles ne s'annulent jamais » 9.
וְגַם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶּׁהפערגלייך (הַהַשְׁוָאָה) דְּנֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא (לֹא לְחַג הַסּוּכּוֹת בִּכְלָל, אֶלָּא) לַפְּרִי הֶחָג דַּוְקָא, דְּלִכְאוֹרָה, הֲרֵי נֵרוֹת חֲנוּכָּה שַׁיָּכִים לְהַמְנוֹרָה (נֵרוֹת חֲנוּכָּה הֵם מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמְּנוֹרָה), וּפְרִי הֶחָג הִקְרִיבוּ (כְּכָל הַקָּרְבָּנוֹת) עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ, וַהֲרֵי מְנוֹרָה וּמִזְבֵּחַ הֵם שְׁנֵי כֵּלִים שׁוֹנִים 7 [וּבִפְרָט לְפִי הַמְבוֹאָר בְּקַבָּלָה וּבַחֲסִידוּת 8], וְנֵרוֹת וְקָרְבָּנוֹת עֲבוֹדוֹת שׁוֹנוֹת, וְעַד שֶׁשֶּׁלְּךָ (נֵרוֹת) גְּדוֹלָה מִשֶּׁלָּהֶם (קָרְבָּנוֹת) כו' אֵינָן בְּטֵלִין לְעוֹלָם 9.
Il faut aussi comprendre pourquoi sa mitsva (celle de la lumière de 'Hanoucca) s'accomplit « à partir du coucher du soleil » 1. On connaît en effet la remarque précise faite à ce sujet 10 : on allumait les lumières du Mikdach à partir de plag hamin'ha, une heure et quart avant le coucher du soleil 11. Puisque les lumières de 'Hanoucca sont dues (comme on l'a dit) au miracle survenu dans les lumières du Mikdach [d'autant que « tout ce que les Sages ont institué, ils l'ont institué sur le modèle de ce qui relève de la Torah » 12], leur heure d'allumage aurait dû, semble-t-il, être celle des lumières du Mikdach. Pourquoi donc leur mitsva s'accomplit-elle précisément « à partir du coucher du soleil » ?
וְגַם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶׁמִּצְוָתָהּ (שֶׁל נ"ח) הִיא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה 1, דְּיָדוּעַ הַדִּיּוּק בָּזֶה 10, דְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ הִדְלִיקוּ מִפְּלַג הַמִּנְחָה, שָׁעָה וּרְבִיעַ קֹדֶם הַשְּׁקִיעָה 11, וְכֵיוָן שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה הֵם (כנ"ל) מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ [וּבִפְרָט שֶׁכָּל דתקון רבנן כעין דאורייתא תקון 12], הי' רָאוּי לִכְאוֹרָה שתהי' זְמַן הַדְלָקָתָם כְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וְלָמָּה מִצְוָתָהּ הִיא דַּוְקָא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה.
2) Voici le point central de l'explication 13 : la fonction des lumières de 'Hanoucca est d'éclairer l'obscurité.
ב) וּנְקֻדַּת הַבֵּיאוּר בָּזֶה 13, דְּעִנְיָנָם שֶׁל נֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא לְהָאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ.
En effet, le miracle de 'Hanoucca eut lieu après que les Grecs furent entrés dans le Heikhal et eurent rendu impures toutes les huiles qui s'y trouvaient. Le renforcement de l'obscurité (celle des Grecs 14) alla si loin qu'ils ne se contentèrent pas d'entrer dans le Heikhal et de le rendre impur : ils rendirent aussi impures toutes les huiles qui s'y trouvaient. Car l'huile relève du niveau de kodech [sainteté] (comme le dit le verset [passouk] 15 : « huile d'onction sainte » 16), et « kodech est une chose à part » 17 (à l'image de l'huile qui flotte 18 au-dessus de tous les liquides sans se mêler à eux 19). On comprend dès lors qu'avoir rendu impures toutes les huiles du Heikhal touche (sur ce point précis) plus profondément encore qu'avoir rendu impur le Heikhal lui-même, bien que la sainteté du Heikhal soit un degré élevé parmi les dix saintetés 20. La preuve en est aussi que, même après que « Tes fils sont venus, etc., et ont purifié Ton sanctuaire » 21, il fallut précisément un miracle pour pouvoir allumer la Menora, à commencer par le miracle 22 de la découverte d'une seule fiole d'huile pure, scellée du sceau du Kohen Gadol 23 : l'Or Ein Sof [lumière infinie], supérieur à l'hichtalchelout. Au regard de cette lumière, « même l'obscurité n'obscurcit pas » 24 ; bien plus, cette lumière éclaire l'obscurité, de sorte que l'obscurité elle-même éclaire : « et Havayé 25 (avec l'ajout du vav) illumine mon obscurité » 26.
דְּהִנֵּה הַנֵּס דַּחֲנֻכָּה הי' לְאַחֲרֵי שֶׁנִּכְנְסוּ הַיְּוָנִים לַהֵיכָל וְטִמְּאוּ כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל, שֶׁהִתְגַּבְּרוּת הַחוֹשֶׁךְ (דְּהַיְּוָנִים 14) הָיְתָה עַד כְּדֵי כָּךְ, דלא רַק שֶׁנִּכְנְסוּ לַהֵיכָל וְטִמְּאוּהוּ, אֶלָּא שֶׁטִּמְּאוֹ גַּם אֶת כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל. דְּשֶׁמֶן הוּא בְּחִינַת קוֹדֶשׁ (כמ"ש 15 שֶׁמֶן מִשְׁחַת קוֹדֶשׁ 16), קוֹדֶשׁ מִלָּה בגרמי' 17 (בְּדֻגְמַת הַשֶּׁמֶן שֶׁצָּף 18 עַל גַּבֵּי כָּל הַמַּשְׁקִין וְאֵינוֹ מִתְעָרֵב עִמָּהֶם 19). דְּמִזֶּה מוּבָן, שֶׁזֶּה שֶׁטִּמְּאוּ אֶת כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל, נוֹגֵעַ (בִּפְרָט זֶה) עוֹד יוֹתֵר מִזֶּה שֶׁטִּמְּאוּ אֶת הַהֵיכָל, אַף שֶׁקְּדֻשַּׁת הַהֵיכָל הִיא דַּרְגָּא נַעֲלֵית בְּעֶשֶׂר קְדוֹשׁוֹת 20. וְכִדְמוּכָח גַּם מִזֶּה שֶׁגַּם לְאַחֲרֵי שֶׁבָּאוּ בָּנֶיךָ כו' וְטִהֲרוּ אֶת מִקְדָּשְׁךָ 21, הִנֵּה בִּכְדֵי שֶׁיּוּכְלוּ לְהַדְלִיק אֶת הַמְּנוֹרָה הֻצְרְכוּ לְנֵס דַּוְקָא, מַתְחִיל מֵהַנֵּס 22 שֶׁמָּצְאוּ פַּךְ אֶחָד שֶׁמֶן טָהוֹר חָתוּם בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל 23, אוֹר א"ס שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁלְּגַבֵּי אוֹר זֶה גַּם חוֹשֶׁךְ לֹא יַחְשִׁיךְ 24, וְאַדְּרַבָּא אוֹר זֶה מֵאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ שֶׁגַּם הַחוֹשֶׁךְ יָאִיר, והוי' 25 (בתוס' וא"ו) יגי' חָשְׁכִּי 26.
C'est pourquoi la mitsva de la lumière de 'Hanoucca s'accomplit précisément « à partir du coucher du soleil » : la fonction des lumières de 'Hanoucca est d'éclairer l'obscurité. C'est aussi pourquoi les lumières de 'Hanoucca sont précisément au nombre de huit (de même, « les jours de 'Hanoucca sont au nombre de huit » 27) : le nombre huit désigne (comme on l'a vu plus haut, § 1) un niveau supérieur à l'hichtalchelout, et c'est précisément en vertu de ce niveau qu'on peut éclairer aussi l'obscurité 28.
וְזֶהוּ שנ"ח מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה דַּוְקָא, כִּי עִנְיַן נֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא לְהָאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ. וְזֶהוּ גַּם מַה שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה הֵם שְׁמוֹנָה דַּוְקָא (וְכֵן יוֹמֵי דַחֲנֻכָּה תמניא אינון 27), שֶׁמִּסְפַּר שְׁמוֹנָה מוֹרֶה (כנ"ל ס"א) עַל בְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁמִּצַּד בְּחִינָה זוֹ דַּוְקָא אֶפְשָׁר לְהָאִיר גַּם אֶת הַחוֹשֶׁךְ 28.
3) L'explication de ce thème dans le service [avoda] de l'homme se comprendra à partir de ce qu'expliquent les discours de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour 29 : si les Grecs ont rendu impures les huiles du Heikhal, c'est que toute leur guerre était une guerre spirituelle. Ils ne voulaient pas porter atteinte au corps de […], mais leur volonté principale était de leur faire oublier la Torah de […]
ג) וּבֵאוּר הָעִנְיָן בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם יוּבַן בְּהַקְדִּים הַמְבוֹאָר בִּדְרוּשֵׁי כ"ק מו"ח אדמו"ר 29, דְּזֶה שֶׁהַיּוֹנִים טִמְּאוּ אֶת הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל הוּא מִפְּנֵי שֶׁכָּל מִלְחַמְתָּם הָיְתָה מִלְחָמָה רוּחָנִית, שֶׁלֹּא רָצוּ לִפְגּוֹעַ בְּגוּפָם שֶׁל, אֶלָּא עִקַּר רְצוֹנָם הי' לְהַשְׁכִּיחָם תּוֹרַת
Nos Maîtres ont enseigné : « La mitsva de la lumière de 'Hanoucca, etc. Beth Chammaï disent : le premier jour, on en allume huit ; à partir de là, on va en diminuant. Beth Hillel disent : le premier jour, on en allume une ; à partir de là, on va en augmentant. La raison de Beth Chammaï : cela correspond aux taureaux de la fête [Parei HaHag]. La raison de Beth Hillel : car on s'élève en sainteté, etc. »
תָּנוּ רבנן מִצְוַת נֵר חֲנוּכָּה כו' בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק שְׁמוֹנָה מִכָּאן וְאֵילָךְ פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק אַחַת מִכָּאן וְאֵילָךְ מוֹסִיף וְהוֹלֵךְ, טעמא דב"ש כְּנֶגֶד פְּרִי הֶחָג וטעמא דב"ה דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ כו'.
On connaît la remarque précise de Sa Sainteté l'Admour Hazakène : quel rapport y a-t-il entre la lumière de 'Hanoucca et les taureaux de la fête ? La question est d'autant plus forte selon ce qu'a écrit Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek : Beth Hillel eux-mêmes ne sont en désaccord que parce que « l'on s'élève en sainteté ».
וְיָדוּעַ דִּיּוּק כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן, מַה עִנְיַן נֵר חֲנוּכָּה לַפְּרִי הֶחָג. וּבִפְרָט לְפִי מ"ש כ"ק אדמו"ר הצ"צ, שֶׁגַּם ב"ה לֹא פליגי רַק מִשּׁוּם דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ.
Quant à ce qui est expliqué en plusieurs endroits — que le lien entre 'Hanoucca et Souccot réside dans le fait que tous deux durent huit jours, le nombre huit désignant un degré qui se situe au-dessus de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout] —, cela même demande explication : quel est le rapport entre Souccot et 'Hanoucca et le degré qui se situe au-dessus de l'hichtalchelout, rapport en vertu duquel ils durent huit jours ?
וּמַה שֶׁמְּבֹאָר בכ"מ שֶׁהַשַּׁיָּכוּת דַּחֲנֻכָּה לְסוּכּוֹת הִיא שֶׁשְּׁנֵיהֶם הֵם שְׁמוֹנָה יָמִים, דְּמִסְפַּר שְׁמוֹנָה מוֹרֶה עַל בְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, הֲרֵי זֶה גּוּפָא צָרִיךְ בֵּיאוּר, מַהוּ הַקֶּשֶׁר דְּסֻכּוֹת וַחֲנֻכָּה לַבְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁמִּצַּד זֶה הֵם שְׁמוֹנָה יָמִים.
En outre, si l'on a institué les lumières de 'Hanoucca, c'est en raison du miracle survenu avec les lumières du Beth HaMikdach. Or, puisque le Beth HaMikdach avait sept lumières, pourquoi y a-t-il à 'Hanoucca huit lumières (et huit jours) ?
וְגַם, הֲרֵי זֶה שֶׁתִּקְּנוּ נֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וּמִכֵּיוָן שֶׁבַּמִּקְדָּשׁ הָיוּ ז' נֵרוֹת, מַדּוּעַ בַּחֲנֻכָּה יֵשׁ שְׁמוֹנָה נֵרוֹת (וְיָמִים).
Il faut aussi comprendre pourquoi la comparaison [pergleich] des lumières de 'Hanoucca se fait (non avec la fête de Souccot en général, mais) précisément avec les taureaux de la fête. À première vue, en effet, les lumières de 'Hanoucca se rattachent à la Menora (elles sont dues au miracle survenu avec les lumières de la Menora), tandis que les taureaux de la fête étaient offerts (comme toutes les offrandes [korbanot]) sur l'autel. Or la Menora et l'autel sont deux ustensiles distincts [surtout selon ce qui est expliqué dans la Kabbalah et la 'Hassidout], et les lumières et les korbanot sont des services distincts — au point que « la tienne (les lumières) est plus grande que la leur (les korbanot), etc. : elles ne s'annulent jamais ».
וְגַם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶּׁהפערגליַיך (הַהַשְׁוָאָה) דְּנֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא (לֹא לְחַג הַסּוּכּוֹת בִּכְלָל, אֶלָּא) לַפְּרִי הֶחָג דַּוְקָא, דְּלִכְאוֹרָה, הֲרֵי נֵרוֹת חֲנוּכָּה שַׁיָּכִים לְהַמְנוֹרָה (נֵרוֹת חֲנוּכָּה הֵם מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמְּנוֹרָה), וּפְרִי הֶחָג הִקְרִיבוּ (כְּכָל הַקָּרְבָּנוֹת) עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ, וַהֲרֵי מְנוֹרָה וּמִזְבֵּחַ הֵם שְׁנֵי כֵּלִים שׁוֹנִים [וּבִפְרָט לְפִי הַמְבוֹאָר בְּקַבָּלָה וּבַחֲסִידוּת], וְנֵרוֹת וְקָרְבָּנוֹת עֲבוֹדוֹת שׁוֹנוֹת, וְעַד שֶׁשֶּׁלְּךָ (נֵרוֹת) גְּדוֹלָה מִשֶּׁלָּהֶם (קָרְבָּנוֹת) כו' אֵינָן בְּטֵלִין לְעוֹלָם.
Il faut également comprendre pourquoi sa mitsva (celle de la lumière de 'Hanoucca) s'accomplit « à partir du coucher du soleil ». On connaît en effet la remarque précise faite à ce sujet : les lumières du Beth HaMikdach étaient allumées dès plag ha-min'ha, une heure et quart avant le coucher du soleil. Puisque les lumières de 'Hanoucca sont dues (comme on l'a dit) au miracle survenu avec les lumières du Beth HaMikdach [d'autant que « tout ce que nos Sages ont institué, ils l'ont institué à l'image de ce qui est de la Torah »], il aurait semblé logique que l'heure de leur allumage soit celle des lumières du Beth HaMikdach. Pourquoi donc leur mitsva s'accomplit-elle précisément « à partir du coucher du soleil » ?
וְגַם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶׁמִּצְוָתָהּ (שֶׁל נ"ח) הִיא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה, דְּיָדוּעַ הַדִּיּוּק בָּזֶה, דְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ הִדְלִיקוּ מִפְּלַג הַמִּנְחָה, שָׁעָה וּרְבִיעַ קֹדֶם הַשְּׁקִיעָה, וְכֵיוָן שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה הֵם (כנ"ל) מִפְּנֵי הַנֵּס שהי' בְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ [וּבִפְרָט שֶׁכָּל דתקון רבנן כעין דאורייתא תקון], הי' רָאוּי לִכְאוֹרָה שתהי' זְמַן הַדְלָקָתָם כְּנֵרוֹת הַמִּקְדָּשׁ, וְלָמָּה מִצְוָתָהּ הִיא דַּוְקָא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה.
b) Le point central de l'explication est le suivant : la raison d'être des lumières de 'Hanoucca est d'éclairer l'obscurité.
ב) וּנְקֻדַּת הַבֵּיאוּר בָּזֶה, דְּעִנְיָנָם שֶׁל נֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא לְהָאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ.
En effet, le miracle de 'Hanoucca eut lieu après que les Grecs furent entrés dans le sanctuaire [Heikhal] et eurent rendu impures toutes les huiles qui s'y trouvaient. L'obscurité (des Grecs) s'était renforcée à tel point qu'ils ne se contentèrent pas d'entrer dans le Heikhal et de le rendre impur : ils rendirent impures, en outre, toutes les huiles qui s'y trouvaient.
דְּהִנֵּה הַנֵּס דַּחֲנֻכָּה הי' לְאַחֲרֵי שֶׁנִּכְנְסוּ הַיְּוָנִים לַהֵיכָל וְטִמְּאוּ כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל, שֶׁהִתְגַּבְּרוּת הַחוֹשֶׁךְ (דְּהַיְּוָנִים) הָיְתָה עַד כְּדֵי כָּךְ, דְּלֹא רַק שֶׁנִּכְנְסוּ לַהֵיכָל וְטִמְּאוּהוּ, אֶלָּא שֶׁטִּמְּאוֹ גַּם אֶת כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל.
Car l'huile relève de la sainteté [kodech] (comme dit le verset [passouk] : « huile d'onction de sainteté »), et « kodech est une chose en soi » (à l'image de l'huile qui surnage au-dessus de tous les liquides sans se mêler à eux). On en comprend que le fait d'avoir rendu impures toutes les huiles du Heikhal est (sous cet aspect) plus grave encore que le fait d'avoir rendu impur le Heikhal lui-même, bien que la sainteté du Heikhal soit un degré élevé parmi les dix saintetés. La preuve en est aussi que, même après que « Tes enfants furent venus, etc., et eurent purifié Ton sanctuaire », il fallut précisément un miracle pour pouvoir allumer la Menora. Cela commença par le miracle de la découverte d'une seule fiole d'huile pure, scellée du sceau du Kohen Gadol : la lumière infinie [Or Ein Sof] qui se situe au-dessus de l'hichtalchelout. Face à cette lumière, « même l'obscurité n'obscurcit pas » ; bien plus, cette lumière éclaire l'obscurité, si bien que l'obscurité elle-même brille : « Et (avec l'ajout du vav) Havayé illumine mon obscurité ».
דְּשֶׁמֶן הוּא בְּחִינַת קוֹדֶשׁ (כמ"ש שֶׁמֶן מִשְׁחַת קוֹדֶשׁ), קוֹדֶשׁ מִלָּה בגרמי' (בְּדֻגְמַת הַשֶּׁמֶן שֶׁצָּף עַל גַּבֵּי כָּל הַמַּשְׁקִין וְאֵינוֹ מִתְעָרֵב עִמָּהֶם). דְּמִזֶּה מוּבָן, שֶׁזֶּה שֶׁטִּמְּאוּ אֶת כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל, נוֹגֵעַ (בִּפְרָט זֶה) עוֹד יוֹתֵר מִזֶּה שֶׁטִּמְּאוּ אֶת הַהֵיכָל, אַף שֶׁקְּדֻשַּׁת הַהֵיכָל הִיא דַּרְגָּא נַעֲלֵית בְּעֶשֶׂר קְדוֹשׁוֹת. וְכִדְמוּכָח גַּם מִזֶּה שֶׁגַּם לְאַחֲרֵי שֶׁבָּאוּ בָּנֶיךָ כו' וְטִהֲרוּ אֶת מִקְדָּשְׁךָ, הִנֵּה בִּכְדֵי שֶׁיּוּכְלוּ לְהַדְלִיק אֶת הַמְּנוֹרָה הֻצְרְכוּ לְנֵס דַּוְקָא, מַתְחִיל מֵהַנֵּס שֶׁמָּצְאוּ פַּךְ אֶחָד שֶׁמֶן טָהוֹר חָתוּם בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל, אוֹר א"ס שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁלְּגַבֵּי אוֹר זֶה גַּם חוֹשֶׁךְ לֹא יַחְשִׁיךְ, וְאַדְּרַבָּא אוֹר זֶה מֵאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ שֶׁגַּם הַחוֹשֶׁךְ יָאִיר, והוי' יגי' (בתוס' וא"ו) חָשְׁכִּי.
C'est pourquoi la mitsva de la lumière de 'Hanoucca s'accomplit précisément « à partir du coucher du soleil » : la raison d'être des lumières de 'Hanoucca est d'éclairer l'obscurité. C'est aussi pourquoi les lumières de 'Hanoucca sont précisément au nombre de huit (de même que « les jours de 'Hanoucca sont huit ») : le nombre huit désigne (comme on l'a dit au § 1) un degré situé au-dessus de l'hichtalchelout, et c'est précisément en vertu de ce degré que l'on peut éclairer même l'obscurité.
וְזֶהוּ שנ"ח מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה דַּוְקָא, כִּי עִנְיַן נֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא לְהָאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ. וְזֶהוּ גַּם מַה שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה הֵם שְׁמוֹנָה דַּוְקָא (וְכֵן יוֹמֵי דַחֲנֻכָּה תמניא אינון), שֶׁמִּסְפַּר שְׁמוֹנָה מוֹרֶה (כנ"ל ס"א) עַל בְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁמִּצַּד בְּחִינָה זוֹ דַּוְקָא אֶפְשָׁר לְהָאִיר גַּם אֶת הַחוֹשֶׁךְ.
c) L'explication de ce sujet dans le service de l'homme se comprendra à partir de ce qu'expliquent les maamarim de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour. Si les Grecs ont rendu impures les huiles du Heikhal, c'est que toute leur guerre était une guerre spirituelle : ils ne voulaient pas s'en prendre au corps d'Israël ; ce qu'ils voulaient avant tout, c'était « leur faire oublier Ta Torah et les détourner des lois de Ta volonté ».
ג) וּבֵאוּר הָעִנְיָן בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם יוּבַן בְּהַקְדִּים הַמְבוֹאָר בִּדְרוּשֵׁי כ"ק מו"ח אדמו"ר, דְּזֶה שֶׁהַיּוֹנִים טִמְּאוּ אֶת הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל הוּא מִפְּנֵי שֶׁכָּל מִלְחַמְתָּם הָיְתָה מִלְחָמָה רוּחָנִית, שֶׁלֹּא רָצוּ לִפְגּוֹעַ בְּגוּפָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל, אֶלָּא עִקַּר רְצוֹנָם הי' לְהַשְׁכִּיחָם תּוֹרָתֶךָ וּלְהַעֲבִירָם מֵחֻקֵּי רְצוֹנֶךָ.
Même sur ce point (en ce qu’ils combattaient la Torah et les mitsvot), l’essentiel de leur combat visait la spiritualité (et la Divinité) de la Torah et des mitsvot. C’est le sens de « pour leur faire oublier Ta Torah » : « Ta Torah » précisément. Les Grecs, en effet, ne voyaient pas (tellement) d’inconvénient à ce qu’Israël étudie la Torah. Ils voulaient seulement que cette étude se fasse uniquement sous l’angle de l’intellect contenu dans la Torah, puisque « elle est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples ». Tout l’essentiel de leur combat consistait à chercher « à leur faire oublier Ta Torah » : faire oublier à Israël, à D.ieu ne plaise, que la Torah est la Torah de Havayé.
וְגַם בָּזֶה גּוּפָא (בָּזֶה שֶׁלָּחֲמוּ נֶגֶד התומ"צ), עִקַּר מִלְחַמְתָּם הָיְתָה נֶגֶד הָרוּחָנִיּוּת (וְהָאלְקוֹתָּ) דתומ"צ, דְּזֶהוּ לְהַשְׁכִּיחָם תּוֹרָתֶךָ (תּוֹרָתֶךָ דַּוְקָא), שֶׁגַּם לְהַיְּוָנִים לֹא הי' אִכְפַּת (כ"כ) שֶׁיִּשְׂרָאֵל יִלְמְדוּ תּוֹרָה, אֶלָּא שֶׁרָצוּ שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה יהי' רַק מִצַּד הַשֵּׂכֶל שֶׁבַּתּוֹרָה, כִּי הִיא חָכְמַתְכֶם וּבִינַתְכֶם לְעֵינֵי הָעַמִּים, וְכָל עִקַּר מִלְחַמְתָּם הָיְתָה שֶׁבִּקְּשׁוּ לְהַשְׁכִּיחָם תּוֹרָתֶךָ, לְהַשְׁכִּיחַ ח"ו אֶת יִשְׂרָאֵל שֶׁהַתּוֹרָה הִיא תּוֹרַת הוי'.
Et il en va de même pour les mitsvot : le combat des Grecs visait la Divinité présente dans les mitsvot, c’est-à-dire le fait que les mitsvot sont Sa volonté, béni soit-Il. C’est le sens de « et les détourner des décrets [’houkim] de Ta volonté » : « décrets » précisément, et « Ta volonté » précisément.
ועד"ז בַּמִּצְווֹת, שֶׁמִּלְחֶמֶת הַיְּוָנִים הָיְתָה נֶגֶד הָאֱלֹקוּת שֶׁבַּמִּצְווֹת, מַה שֶׁהַמִּצְווֹת הֵם רְצוֹנוֹ ית', דְּזֶהוּ לְהַעֲבִירָם מֵחֻקֵּי רְצוֹנֶךָ (חֻקֵּי דַּוְקָא וּרְצוֹנֶךָ דַּוְקָא).
Car il y a là deux interprétations. Selon la première, les mitsvot de la catégorie des témoignages [édot] et des jugements [michpatim] sont des mitsvot rationnelles : les Grecs eux aussi les acceptaient. Tout leur combat visait les mitsvot de la catégorie des décrets [’houkim], puisqu’on ne les accomplit que parce qu’elles sont la volonté de Havayé. Selon la seconde interprétation (plus profonde), ce qu’ils cherchaient, « les détourner des décrets de Ta volonté », concernait toutes les mitsvot, y compris celles des témoignages et des jugements.
דִּשְׁנֵי פֵּירוּשִׁים בָּזֶה. שֶׁעַל הַמִּצְווֹת דְּעֵדוּת וּמִשְׁפָּטִים, לִהְיוֹתָם מִצְווֹת שִׂכְלִיּוֹת, הִסְכִּימוּ גַּם הַיְּוָנִים, וְכָל מִלְחַמְתָּם הָיְתָה כְּנֶגֶד הַמִּצְווֹת דְּחוּקִּים, מִכֵּיוָן שֶׁאֹפֶן קִיּוּמָם הוּא רַק מִפְּנֵי שֶׁהֵם רְצוֹן הוי'. וּפֵרוּשׁ ב' (בְּעוֹמֶק יוֹתֵר), דְּזֶה מַה שֶׁבִּקְּשׁוּ לְהַעֲבִירָם מֵחֻקֵּי רְצוֹנֶךָ הוּא בְּכָל הַמִּצְווֹת, גַּם בְּהַמִּצְווֹת דְּעֵדוּת וּמִשְׁפָּטִים.
Cela se comprendra à partir d'un point connu : les mitsvot de témoignage ['édout] et les lois [michpatim] doivent, elles aussi, être accomplies (essentiellement) parce qu'elles sont la volonté de Hachem, tout comme les décrets ['houkim]. Ce principe (même les mitsvot qui ont une raison doivent être accomplies parce qu'elles sont la volonté de Hachem) ne relève pas seulement de l'homme qui les accomplit. Certes, son accomplissement des mitsvot doit se faire sur le mode du service d'un serviteur [avodat éved], c'est-à-dire précisément quand il accomplit les mitsvot (non en vertu de la raison et de l'intellect, mais) en vertu de l'ordre du maître. Mais ce principe relève aussi des mitsvot elles-mêmes. En effet, toutes les mitsvot (même celles qui ont une raison) sont Sa volonté, une volonté qui dépasse la raison. Simplement, HaKadoch Barou'h Hou, a décrété que la volonté propre à ces mitsvot-là se revête aussi d'une raison.
ד) וְיוּבַן זֶה ע"פ הַיָּדוּעַ, שֶׁגַּם הַמִּצְווֹת דְּעֵדוּת וּמִשְׁפָּטִים צָרִיךְ לְקַיֵּים (בְּעִיקָר) מִפְּנֵי שֶׁהֵם רָצוֹן ה', כְּמוֹ הַחוּקִּים. וְעִנְיָן זֶה (שֶׁגַּם הַמִּצְווֹת שֶׁיֵּשׁ עֲלֵיהֶם טַעַם צָרִיךְ לְקַיְּמָם מִפְּנֵי שֶׁהֵם רָצוֹן ה') הוּא לֹא רַק מִצַּד הָאָדָם הַמְקַיֵּם, שֶׁקִּיּוּם הַמִּצְווֹת שֶׁלּוֹ צָרִיךְ לִהְיוֹת בְּדֶרֶךְ עֲבוֹדַת עֶבֶד, שֶׁזֶּהוּ דַּוְקָא כְּשֶׁמְּקַיֵּם אֶת הַמִּצְווֹת (לֹא מִצַּד הַטַּעַם וְהַשֵּׂכֶל, כִּי אִם) מִצַּד צִיוּוּי הָאָדוֹן, אֶלָּא גַּם מִצַּד הַמִּצְווֹת, כִּי כָּל הַמִּצְווֹת (גַּם הַמִּצְווֹת שֶׁיֵּשׁ עֲלֵיהֶם טַעַם) הֵם רְצוֹנוֹ ית', רָצוֹן שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטַּעַם, וְרַק שֶׁכָּךְ גָּזַר הקב"ה שֶׁהָרָצוֹן דְּמִצְווֹת אֵלּוּ יִתְלַבֵּשׁ גַּם בְּטַעַם.
Bien plus : les raisons des mitsvot elles-mêmes (telles qu'elles sont dans leur vérité) dépassent la compréhension de l'intellect humain. La vérité des raisons des mitsvot est en effet celle qu'elles ont dans Sa sagesse. Or Sa sagesse, elle aussi, est infinie (d'autant que Lui et Sa sagesse sont un). Il est donc impossible que l'intellect limité des créatures saisisse la vérité de la raison des mitsvot. C'est ce qu'écrit l'Iguéret HaKodech : les raisons des mitsvot n'ont pas été révélées, elles dépassent l'intellect et la compréhension. Et même là où une raison qui nous paraît compréhensible a été révélée et expliquée, cette raison que nous comprenons ne constitue pas la raison ultime, etc.
וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁגַּם טַעֲמֵי הַמִּצְווֹת (כְּמוֹ שֶׁהֵם לַאֲמִתָּתָם) הֵם לְמַעְלָה מֵהַהֲבָנָה דְּשֵׂכֶל אֱנוֹשִׁי, דַּאֲמִיתִּית טַעֲמֵי הַמִּצְווֹת הוּא כְּמוֹ שֶׁהֵם בְּחָכְמָתוֹ ית', וּמִכֵּיוָן שֶׁגַּם חָכְמָתוֹ ית' הִיא אֵין סוֹף (וּבִפְרָט שֶׁהוּא ית' וְחָכְמָתוֹ אֶחָד), הֲרֵי אֵין שַׁיָּךְ שֶׁשֵּׂכֶל מוּגְבָּל דְּהַנִּבְרָאִים יוּכַל לְהַשִּׂיג אֲמִיתִּית הַטַּעַם דְּהַמִּצְווֹת, וכמ"ש באגה"ק שֶׁטַּעֲמֵי מִצְווֹת לֹא נִתְגַּלּוּ וְהֵם לְמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל וְהַהֲבָנָה, וְגַם בְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן שֶׁנִּתְגַּלָּה וְנִתְפָּרֵשׁ אֵיזֶה טַעַם הַמּוּבָן לָנוּ לִכְאוֹרָה, הִנֵּה טַעַם זֶה הַמּוּבָן לָנוּ אֵינוֹ תַּכְלִית הַטַּעַם כו'.
Ce point (la raison que nous comprenons ne constitue pas la raison ultime) se comprend aussi par l'intellect humain. L'intellect humain lui-même comprend en effet, tout simplement, qu'un intellect limité n'a pas la capacité de saisir Sa sagesse illimitée. Au contraire : qu'ici ou là, une raison compréhensible pour nous ait été révélée et expliquée est une grande merveille. C'est uniquement par la bonté de Hachem que l'intellect humain, lui aussi, en a quelque saisie. Et même après que, par la bonté de Hachem, une raison compréhensible pour nous a été révélée et expliquée, on sait que cette raison ne porte que sur la mitsva dans son ensemble, et non sur ses détails. De tout cela il ressort que les mitsvot de témoignage et les lois sont, elles aussi, (comme) des décrets pour nous (puisque les raisons des mitsvot, telles qu'elles sont dans Sa sagesse, dépassent l'intellect des créatures). Plus encore : elles sont « Ta volonté » (Sa volonté, qui dépasse même Sa sagesse).
וְעִנְיָן זֶה (שֶׁהַטַּעַם הַמּוּבָן לָנוּ אֵינוֹ תַּכְלִית הַטַּעַם) מוּבָן גַּם בְּשֵׂכֶל אֱנוֹשִׁי. שֶׁהֲרֵי גַּם שֵׂכֶל אֱנוֹשִׁי מֵבִין בְּפַשְׁטוּת, שֶׁשֵּׂכֶל מוּגְבָּל אֵין בִּיכָלְתּוֹ לְהַשִּׂיג חָכְמָתוֹ ית' הַבִּלְתִּי מוּגְבֶּלֶת. וְאַדְּרַבָּא, זֶה שֶׁבְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן נִתְגַּלָּה וְנִתְפָּרֵשׁ אֵיזֶה טַעַם הַמּוּבָן לָנוּ הוּא פֶּלֶא גָּדוֹל, וְהוּא רַק חֶסֶד ה' שֶׁגַּם שֵׂכֶל הָאָדָם יהי' לוֹ אֵיזוֹ הַשָּׂגָה בָּזֶה. וְגַם לְאַחֲרֵי שֶׁבְּחֶסֶד ה' נִתְגַּלָּה וְנִתְפָּרֵשׁ טַעַם הַמּוּבָן לָנוּ, הֲרֵי יָדוּעַ שֶׁהַטַּעַם הוּא רַק עַל כְּלָלוּת הַמִּצְוָה וְלֹא עַל הַפְּרָטִים. שֶׁמִּכָּל זֶה מוּבָן, שֶׁגַּם הַמִּצְווֹת דְּעֵדוּת וּמִשְׁפָּטִים הֵם (כְּמוֹ) חוּקִּים לְגַבֵּינוּ (מִכֵּיוָן שֶׁגַּם טַעֲמֵי הַמִּצְווֹת שֶׁמִּצַּד חָכְמָתוֹ ית' הֵם לְמַעְלָה מִשֵּׂכֶל הַנִּבְרָאִים), ויתירה מִזּוֹ שֶׁהֵם רְצוֹנֶךָ (רְצוֹנוֹ ית' שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מֵחָכְמָתוֹ ית').
C'est pourquoi la volonté des Grecs de « les détourner des décrets de Ta volonté » visait aussi les mitsvot de témoignage et les lois. Les Grecs cherchaient en effet à arracher à Israël, 'has vechalom, le sentiment du divin présent dans les mitsvot : le sentiment que toutes les mitsvot sont Sa sagesse, qui dépasse l'intellect humain (« les détourner des décrets »). Et ils cherchaient à arracher, 'has vechalom, le sentiment que les mitsvot sont Sa volonté (« Ta volonté »).
וְזֶהוּ דְּמַה שֶׁהַיּוֹנִים בִּקְּשׁוּ לְהַעֲבִירָם מֵחֻקֵּי רְצוֹנֶךָ הוּא גַּם בְּהַמִּצְווֹת דְּעֵדוּת וּמִשְׁפָּטִים, כִּי הַיְּוָנִים בִּקְּשׁוּ לַעֲקֹר ח"ו מִיִּשְׂרָאֵל אֶת הַהֶרְגֵּשׁ הָאֱלֹקִי שֶׁבַּמִּצְווֹת, שֶׁכָּל הַמִּצְווֹת הֵם חָכְמָתוֹ ית' שֶׁלְּמַעְלָה מִשֵּׂכֶל אֱנוֹשִׁי (לְהַעֲבִירָם מֵחֻקֵּי), וּבִקְּשׁוּ לַעֲקֹר ח"ו אֶת הַהֶרְגֵּשׁ שֶׁהַמִּצְווֹת הֵם רְצוֹנוֹ ית' (רְצוֹנֶךָ).
Par là se comprend l'expression de la Guemara : « Quand les Grecs entrèrent dans le Hékhal, ils rendirent impures toutes les huiles qui étaient dans le Hékhal. » L'expression signifie que, lorsqu'ils entrèrent dans le Hékhal, ils s'efforcèrent et s'appliquèrent à rendre les huiles impures (afin de vaincre Israël, 'has vechalom). Le Hékhal, en effet, c'est Bina, et l'huile, c'est 'Hokhma, qui dépasse l'intellect de Bina (comme on l'a vu plus haut, au § 2 : l'huile relève du niveau de la sainteté [kodech]). C'est pourquoi ils rendirent impures toutes les huiles qui étaient dans le Hékhal de Bina, afin de mener à bien, 'has vechalom, leur dessein : « leur faire oublier Ta Torah et les détourner des décrets de Ta volonté ». Ils voulaient que l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot ne procèdent que de l'intellect.
ה) וּבָזֶה יוּבַן לְשׁוֹן הַגְּמָרָא כְּשֶׁנִּכְנְסוּ יְוָנִים לַהֵיכָל טִמְּאוּ כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל, דְּמַשְׁמָעוּת הַלָּשׁוֹן הוּא, שֶׁכְּשֶׁנִּכְנְסוּ לַהֵיכָל הִנֵּה הִשְׁתַּדְּלוּ וְנִתְאַמְּצוּ לְטַמֵּא אֶת הַשְּׁמָנִים (בִּכְדֵי לְנַצֵּחַ ח"ו אֶת יִשְׂרָאֵל), כִּי הֵיכָל הוּא בִּינָה וְשֶׁמֶן הוּא חָכְמָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל דְּבִינָה (כנ"ל ס"ב שֶׁשֶּׁמֶן הוּא בְּחִינַת קוֹדֶשׁ), וְלָכֵן טִמְּאוּ כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל דְּבִינָה, בִּכְדֵי לְהָפִיק ח"ו אֶת מְזִמָּתָם לְהַשְׁכִּיחָם תּוֹרָתֶךָ וּלְהַעֲבִירָם מֵחֻקֵּי רְצוֹנֶךָ, אֶלָּא שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּם הַמִּצְווֹת יִהְיוּ רַק מִצַּד הַשֵּׂכֶל.
Or, pour vaincre dans cette guerre, le service fondé sur la raison et l'entendement ne suffit pas. Ne suffit même pas le service qui dépasse la raison et l'entendement tout en restant lié à eux (le service qui procède du niveau de l'englobant [makif] de 'Haya, l'englobant proche). Les Grecs avaient en effet rendu impures toutes les huiles qui étaient dans le Hékhal, c'est-à-dire aussi les réalités de sainteté qui dépassent la raison et l'entendement mais leur restent liées. La victoire dans la guerre s'obtient précisément par le service du don total de soi [mesirout néfech]. La mesirout néfech consiste à tenir avec fermeté face à tout ce qui empêche et entrave : une fermeté essentielle, totalement au-dessus de l'intellect. Ainsi, la mesirout néfech pour la sanctification du Nom divin [Kiddouch Hachem] ne procède d'aucun raisonnement intellectuel : elle vient de ce qu'il est absolument impossible qu'il en soit autrement.
ו) וְהִנֵּה בִּכְדֵי לְנַצֵּחַ מִלְחָמָה זוֹ, אֵין מַסְפִּיקָה הָעֲבוֹדָה שע"פ טַעַם וָדַעַת, וַאֲפִילוּ לֹא הָעֲבוֹדָה שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת הַקְּשׁוּרָה עִם טו"ד (הָעֲבוֹדָה שֶׁמִּצַּד בחי' מַקִּיף דחי', מַקִּיף הַקָּרוֹב), מִכֵּיוָן שֶׁטִּמְּאוּ גַּם אֶת כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל, הַיְינוּ גַּם הָעִנְיָנִים דִקְדוּשָּׁה שֶׁלְּמַעְלָה מטו"ד אֵלֶּה הַקְּשׁוּרִים עִם טו"ד. וְנִצָּחוֹן הַמִּלְחָמָה הוּא ע"י הָעֲבוֹדָה דמס"נ דַּוְקָא, דְּעִנְיַן המס"נ הִיא הָעֲמִידָה בְּתוֹקֶף נֶגֶד כָּל הַמּוֹנְעִים וּמְעַכְּבִים, תּוֹקֶף עַצְמִי שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל לְגַמְרֵי, וּכְמוֹ המס"נ עַל קדה"ש שֶׁאֵינָהּ מִצַּד אֵיזוֹ סברא שִׂכְלִית, כִּי אִם, שֶׁאִי אֶפְשָׁר כְּלָל לִהְיוֹת בְּאֹפֶן אַחֵר.
Cela vient du lien de l'essence de l'âme, le niveau de niveau le plus essentiel de l'âme [Yé'hida]. Le propre d'un lien essentiel est qu'il est absolument impossible qu'il en soit autrement, 'has vechalom. Au niveau de Yé'hida, aucune atteinte ni aucune impureté n'est possible, 'has vechalom (à l'image de l'unique fiole d'huile qui portait le sceau du Kohen Gadol, que les forces extérieures ne peuvent atteindre). C'est donc par le service de mesirout néfech qui procède de la Yé'hida, et par lui précisément, que l'on vainc dans la guerre.
וְזֶה בָּא מִצַּד הַהִתְקַשְּׁרוּת דְּעֶצֶם הַנְּשָׁמָה, בְּחִינַת יְחִידָה, דְּעִנְיַן הִתְקַשְּׁרוּת עַצְמִית הוּא שא"א כְּלָל לִהְיוֹת בְּאֹפֶן אַחֵר ח"ו. וּמִכֵּיוָן שֶׁבִּבְחִינַת הַיְחִידָה אֵין שַׁיָּךְ שׁוּם פְּגָם וְטֻמְאָה ח"ו (בְּדֻגְמַת הַפַּךְ אֶחָד שֶׁל שֶׁמֶן שהי' חָתוּם בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל, שֶׁאֵין הַחִיצוֹנִים יְכוֹלִים לִיגַע שָׁם), הִנֵּה ע"י הָעֲבוֹדָה דמס"נ שֶׁמִּצַּד הַיְחִידָה, עי"ז דַּוְקָא מְנַצְּחִים אֶת הַמִּלְחָמָה.
C'est ce qui s'est passé dans la guerre contre les Grecs, au sens littéral. Matityahou et ses fils étaient faibles et peu nombreux. Ils se dressèrent pourtant avec mesirout néfech pour combattre des puissants et des nombreux. Par là, ils éveillèrent aussi les hommes de leur génération et les amenèrent à livrer leur vie pour la sanctification du Nom divin, afin de ne jamais aller contre leur religion. C'est par cette mesirout néfech qu'ils remportèrent la guerre
וּכְמוֹ שהי' בְּמִלְחֶמֶת הַיְּוָנִים כִּפְשׁוּטָהּ, דע"י המס"נ שֶׁל מַתִּתְיָהוּ וּבָנָיו, דְּאַף שֶׁהָיוּ חַלָּשִׁים וּמְעַטִּים מ"מ עָמְדוּ במס"נ לְהִלָּחֵם נֶגֶד גִּבּוֹרִים וְרַבִּים, ועי"ז עוֹרְרוּ וּפָעֲלוּ גַּם בְּאַנְשֵׁי דּוֹרָם לִמְסוֹר נַפְשָׁם עַל קדה"ש שֶׁלֹּא לַעֲבוֹר עַל הַדָּת בְּשׁוּם אוֹפֶן, הִנֵּה עי"ז נִצְּחוּ אֶת הַמִּלְחָמָה.
Car l'huile relève de la sainteté [kodech] (comme il est écrit : « שמן משחת קודש — une huile d'onction sainte »), […] en elle-même (à l'image de l'huile qui surnage au-dessus de tous les liquides et ne se mélange pas avec eux). On en comprend que le fait d'avoir rendu impures toutes les huiles qui se trouvaient dans le Heikhal touche (sous ce rapport précis) plus encore que le fait d'avoir rendu impur le Heikhal lui-même, bien que la sainteté du Heikhal soit un degré élevé parmi les dix saintetés. La preuve en est aussi que, même après que « Tes enfants vinrent, etc., et purifièrent Ton Mikdach », il fallut précisément un miracle pour pouvoir allumer la Menora, à commencer par le miracle de la découverte d'une seule fiole d'huile pure, scellée du sceau du kohen gadol. […] la lumière infinie [Or Ein Sof], qui est au-dessus de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout] : au regard de cette lumière, « même l'obscurité n'est pas obscure ». Bien plus, cette lumière illumine l'obscurité, si bien que l'obscurité elle-même éclaire, et « Havayé illumine mon obscurité » (avec l'ajout d'un vav). Voilà pourquoi la mitsva des lumières de 'Hanoucca s'accomplit précisément à partir du coucher du soleil : le propos des lumières de 'Hanoucca est d'éclairer l'obscurité. C'est aussi pourquoi les lumières de 'Hanoucca sont précisément au nombre de huit (de même que « les jours de 'Hanoucca sont au nombre de huit ») : le nombre huit désigne (comme on l'a vu au § 1) un degré situé au-dessus de l'enchaînement des mondes, et c'est précisément par ce degré que l'on peut éclairer aussi l'obscurité.
ן מִשְׁחַת קוֹדֶשׁדְּשֶׁמֶן הוּא בְּחִינַת קוֹדֶשׁ (כמ"ש עַל גַּבֵּי כָּל הַמַּשְׁקִין וְאֵינוֹ מִתְעָרֵב (בְּדֻגְמַת הַשֶּׁמֶן שֶׁצָּף'בגרמי נוֹגֵעַ, שֶׁזֶּה שֶׁטִּמְּאוּ אֶת כָּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל, דְּמִזֶּה מוּבָן.19)עִמָּהֶם אַף שֶׁקְּדֻשַּׁת הַהֵיכָל,(בִּפְרָט זֶה) עוֹד יוֹתֵר מִזֶּה שֶׁטִּמְּאוּ אֶת הַהֵיכָל וְכִדְמוּכָח גַּם מִזֶּה שֶׁגַּם לְאַחֲרֵי. 20הִיא דַּרְגָּא נַעֲלֵית בְּעֶשֶׂר קְדוּשּׁוֹת הִנֵּה בִּכְדֵי שֶׁיּוּכְלוּ לְהַדְלִיק אֶת, 21שֶׁבָּאוּ בָּנֶיךָ כו' וְטִהֲרוּ אֶת מִקְדָּשְׁךָ שֶׁמָּצְאוּ פַּךְ אֶחָד שֶׁמֶן מַתְחִיל מֵהַנֵּס,הַמְּנוֹרָה הֻצְרְכוּ לְנֵס דַּוְקָא אוֹר א"ס שֶׁלְּמַעְלָה, 23טָהוֹר חָתוּם בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל וְאַדְּרַבָּא אוֹר זֶה, חוֹשֶׁךְ לֹא יַחְשִׁיךְ שֶׁלְּגַבֵּי אוֹר זֶה גַּם,מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת . 26 (בתוס' וא"ו) יגי' חָשְׁכִּי' והוי,מֵאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ שֶׁגַּם הַחוֹשֶׁךְ יָאִיר וְזֶהוּ שנ"ח מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה דַּוְקָא כִּי עִנְיַן נֵרוֹת חֲנוּכָּה הוּא, לְהָאִיר אֶת הַחוֹשֶׁךְ. וְזֶהוּ גַּם מַה שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה הֵם שְׁמוֹנָה דַּוְקָא (וְכֵן יוֹמֵי דַחֲנֻכָּה תמניא אינון), שֶׁמִּסְפַּר שְׁמוֹנָה מוֹרֶה (כנ"ל ס"א) עַל בְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, שֶׁמִּצַּד בְּחִינָה זוֹ דַּוְקָא אֶפְשָׁר לְהָאִיר גַּם אֶת הַחוֹשֶׁךְ.28
Or, la victoire dans la guerre, remportée par le service de mesirout néfech, est une victoire complète, puisque ce service procède de l'essence. En effet, ce service de mesirout néfech pénètre toutes les forces de l'âme, jusqu'à la force de l'action : dans toutes ses affaires, on reconnaît qu'il est un Juif qui accomplit la mesirout néfech. Il en va comme de ce qui est dit d'Avraham : « Parce que [ékev] Avraham a écouté Ma voix » — par sa mesirout néfech, il obtint que même son talon [ékev] entende (« a perçu ») l'ordre du Saint, béni soit-Il. Mais il y a plus encore : face au niveau de Yé'hida, aucun opposant n'est concevable. Dans un service fondé sur la raison et l'entendement, et même dans un service qui dépasse la raison et l'entendement mais reste lié à eux, un opposant est concevable. En revanche, quand on éveille et révèle son niveau de Yé'hida, aucun opposant n'est concevable. Bien plus : la révélation du niveau de Yé'hida de l'âme agit aussi sur l'âme animale [Néfech habahamit], au point que l'essence même de la matérialité de l'âme animale se transforme d'un extrême à l'autre.
ז) וְהִנֵּה נִצָּחוֹן הַמִּלְחָמָה שֶׁנַּעֲשָׂה ע"י הָעֲבוֹדָה דמס"נ הוּא נִצָּחוֹן , לִהְיוֹתָהּ בָּאָה מִצַּד הָעֶצֶם, דְּנוֹסָף עַל זֶה שֶׁהָעֲבוֹדָה דמס"נ.בִּשְׁלֵימוּת שֶׁבְּכָל עִנְיָנָיו נִיכָּר א ז,הִיא חוֹדֶרֶת בְּכָל כֹּחוֹת הַנֶּפֶשׁ עַד לְכֹחַ הַמַּעֲשֶׂה עֵקֶב אֲשֶׁר שָׁמַע אַבְרָהָם וע"ד מ"ש בְּאַבְרָהָם,אִיד-דָּא ס טוּט א מס"נ שע"י המס"נ שֶׁלּוֹ פָּעַל דְּגַם הָעֵקֶב שֶׁלּוֹ שָׁמַע (הָא ט,בְּקוֹלִי שֶׁלְּגַבֵּי בְּחִינַת יְחִידָה אֵין,הִנֵּה עוֹד זֹאת, 52דֶערְהֶערְט) צִיוּוּי הקב"ה וַאֲפִילוּ בַּעֲבוֹדָה שֶׁלְּמַעְלָה, דְּבַעֲבוֹדָה ע"פ טו"ד.שַׁיָּךְ שׁוּם מְנַגֵּד משא"כ כְּשֶׁמְּעוֹרֵר וּמְגַלֶּה. שַׁיָּךְ שיהי' מְנַגֵּד,מטו"ד הַקְּשׁוּרָה עִם טו"ד אֶלָּא,וְלֹא עוֹד. 53 אֵין שַׁיָּךְ שיהי' מְנַגֵּד,בְּחִינַת הַיְחִידָה שֶׁלּוֹ שֶׁעֶצֶם, הֲרֵי זֶה פּוֹעֵל גַּם עַל נה"ב,שֶׁבְּהִתְגַּלּוּת בְּחִינַת יְחִידָה שֶׁבַּנֶּפֶשׁ .54הַחָמְרִיּוּת דנה"ב מִתְהַפֵּךְ מִן הַקָּצֶה אֶל הַקָּצֶה
Cela permet de comprendre pourquoi les lumières de 'Hanoucca diffèrent des lumières du Beth HaMikdach, tant par leur nombre que par le moment de leur allumage. Le thème de 'Hanoucca est en effet le service de mesirout néfech qui procède du niveau de Yé'hida (de l'homme), lequel est au-dessus de l'hichtalchelout. C'est pourquoi les lumières sont au nombre de huit : le nombre huit est lié (comme on l'a vu au § 1) à un niveau supérieur à l'hichtalchelout. Il en va comme de la différence entre le kinor [lyre] du Beth HaMikdach, qui avait sept cordes, et le kinor des jours de Machia'h, qui en aura huit.
וּבָזֶה יוּבַן מַה שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה חֲלוּקִים מִנֵּרוֹת הַמִּקְדָּשׁ הֵן בְּמִסְפָּרָם כִּי עִנְיַן חֲנוּכָּה הוּא הָעֲבוֹדָה דמס"נ שֶׁמִּצַּד בְּחִינַת,וְהֵן בִּזְמַן הַדְלָקָתָם ' דְּמִסְפַּר ח, וְלָכֵן הֵם ח' נֵרוֹת,) לְמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת (שֶׁבָּאָדָם,יְחִידָה וּבְדוּגְמַת.קָשׁוּר (כנ"ל ס"א) עִם בְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת וְכִנּוֹר שֶׁל,הַחִילּוּק בֵּין כִּנּוֹר דְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ שהי' שֶׁל שִׁבְעַת נימין . 55יְמוֹת הַמָּשִׁיחַ שיהי' שֶׁל שְׁמוֹנָה נימין
Car bien que le Beth HaMikdach soit le lieu le plus saint du monde, et en particulier le kinor du Beth HaMikdach, qui est l'épanchement du Nom Havayé — les lettres de כנור [kinor] sont כ"ו [vingt-six] (la valeur numérique du Nom Havayé) et נר [lampe] (« La lampe de Havayé est l'âme de l'homme ») —, ce n'est néanmoins que la perfection de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout] ; c'est pourquoi il avait sept cordes. Il n'en va pas de même aux jours de Machia'h, où se révélera ce qui est au-dessus de l'ordre naturel de la création (le Nom Havayé d'en haut) : le kinor aura alors huit cordes.
,דְּאַף שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ הוּא מָקוֹם הכי מְקוּדָּשׁ שֶׁבָּעוֹלָם דְּכִנּוֹר אוֹתִיּוֹת,'וּבִפְרָט כִּנּוֹר שֶׁל בֵּית הַמִּקְדָּשׁ שהו"ע הַמְשָׁכַת שֵׁם הָוֵי מ"מ הוּא רַק,) הוי' נִשְׁמַת אָדָם (נֵרכ"ו (גֵּימַטְרְיָא דְּשֵׁם הוי') נֵר משא"כ. וְלָכֵן הי' שֶׁל שִׁבְעַת נימין,שְׁלֵימוּת דְּסֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת 'בִּימוֹת הַמָּשִׁיחַ שיהי' גִּילּוּי שֶׁלְּמַעְלָה מִסֵּדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת (שֵׁם הָוֵי .59 יהי' שֶׁל שְׁמוֹנָה נימין,)דלעילא
Telle est aussi la raison pour laquelle les lumières de 'Hanoucca diffèrent des lumières du Beth HaMikdach par le moment de leur allumage : la mitsva des lumières de 'Hanoucca s'accomplit à partir du coucher du soleil. Car c'est précisément par la révélation (du niveau de Yé'hida) qui est au-dessus de l'hichtalchelout (dans l'homme) que l'on éclaire aussi l'obscurité. Non seulement l'obscurité n'occulte pas cette lumière, mais, bien plus, l'obscurité se change en lumière.
וְזֶהוּ גַּם הַטַּעַם שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה חֲלוּקִים מִנֵּרוֹת הַמִּקְדָּשׁ גַּם בִּזְמַן כִּי דַּוְקָא ע"י, מַה שֶׁמִּצְוָתָהּ שֶׁל נ"ח הִיא מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה,הַדְלָקָתָם מְאִירִים,)הַגִּילּוּי (דִּבְחִינַת יְחִידָה) שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת (שֶׁבָּאָדָם אֶלָּא, דְּלֹא רַק שֶׁלְּגַבֵּי אוֹר זֶה הַחוֹשֶׁךְ אֵינוֹ מַעֲלִים.גַּם אֶת הַחוֹשֶׁךְ . שֶׁהַחֹשֶׁךְ נֶהְפַּךְ לְאוֹר,יתירה מִזּוֹ
C'est aussi pourquoi le temps des lumières de 'Hanoucca s'étend « jusqu'à ce que le pied ait disparu du marché », « jusqu'à ce que cesse le pied des Tarmodaïm » [ad dekhalya rigla deTarmodaï]. Les Tarmodaïm sont ceux qui se rebellent contre la royauté céleste [Malkhout chamayim] (les lettres de תרמוד [Tarmod] sont celles de מורדת [rebelle]), et ils s'attardent au marché, qui correspond au domaine public [rechout harabim], « les montagnes de la séparation ». Or, par les lumières de 'Hanoucca s'accomplit « cesse le pied des Tarmodaïm », ce qui s'entend de deux manières : la lumière de 'Hanoucca met fin au pied des Tarmodaïm et le rend batel [annulé] ; et la lumière de 'Hanoucca produit la « consomption » (כליא [kalya] évoque la consomption [kilayon] et l'expiration de l'âme [kelot hanéfech]) jusque dans le pied des Tarmodaïm — si bien que même les rebelles parviendront au niveau de l'expiration de l'âme.
וְזֶהוּ גַּם מַה שֶׁזְּמַנָּהּ שֶׁל נ"ח הוּא עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק עַד תרמודאי הֵם הַמּוֹרְדִים בְּמַלְכוּת שָׁמַיִם, דכליא רִגְלָא דתרמודאי בְּחִינַת רה"ר טורי) וְהֵם מִתְעַכְּבִים בַּשּׁוּק(תַּרְמוֹד אוֹתִיּוֹת מוֹרֶדֶת דִּשְׁנֵי פֵּירוּשִׁים,וע"י נ"ח נַעֲשֶׂה כָּלְיָא רִגְלָא דתרמודאי, 62דפרודא וְשֶׁהָאוֹר, 63 שֶׁהָאוֹר דנ"ח מְכַלֶּה וּמְבַטֵּל אֶת רִגְלָא דתרמודאי.בָּזֶה דנ"ח פּוֹעֵל הַכִּלָּיוֹן (כָּלְיָא מִלְּשׁוֹן כִּלָּיוֹן וּכְלוֹת הַנֶּפֶשׁ) גַּם בְּרִגְלָא .64 שֶׁגַּם הַמּוֹרְדִים יָבוֹאוּ לִבְחִינַת כְּלוֹת הַנֶּפֶשׁ,דתרמודאי
D'après tout ce qui précède, on comprendra la comparaison des lumières de 'Hanoucca avec Souccot et avec les taureaux de parei ha'hag [Souccot]. Le thème de Souccot (et aussi celui des taureaux de Souccot) est la révélation des lumières enveloppantes [makifim], à l'image de la soucca au sens simple, qui enveloppe l'homme. Et à Chemini de Souccot, les makifim sont attirés et sont aussi retenus [ne'etsarim] dans l'intériorité [pnimiyout], à l'image du service de mesirout néfech (de 'Hanoucca), qui agit (comme on l'a vu) et pénètre toutes les forces de l'âme. C'est pourquoi l'une et l'autre fête (Souccot et 'Hanoucca) durent huit jours : le nombre huit, c'est un et sept, l'un (qui est au-dessus de l'hichtalchelout) étant attiré dans les sept (l'hichtalchelout).
,ח) וע"פ כָּל הנ"ל יוּבַן הַפַּעְרַגְלֵיַ יַךְ דְּנֵרוֹת חֲנוּכָּה לְסוּכּוֹת וְלַפְּרִי הֶחָג בְּדֻגְמַת, 65כִּי עִנְיַן סוּכּוֹת (וְגַם עִנְיַן פְּרִי הֶחָג) הוּא הִתְגַּלּוּת הַמַּקִּיפִים וּבִשְׁמִינִי דְּסֻכּוֹת נִמְשָׁכִים.סוּכָּה כִּפְשׁוּטָהּ שֶׁמַּקֶּפֶת עַל הָאָדָם ) בְּדֻגְמַת הָעֲבוֹדָה דמס"נ (דַּחֲנֻכָּה,הַמַּקִּיפִים וְנֶעֱצָרִים גַּם בִּפְנִימִיּוּת וְזֶהוּ מַה שֶׁשְּׁנֵיהֶם (סוּכּוֹת.שֶׁפּוֹעֶלֶת (כנ"ל) וְחוֹדֶרֶת בְּכָל כֹּחוֹת הַנֶּפֶשׁ שהא' (שֶׁלְּמַעְלָה,' דְּמִסְפַּר שְׁמוֹנָה הוּא א' ז,וַחֲנֻכָּה) שְׁמוֹנָה יָמִים .)66מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת) נִמְשָׁךְ בז' (הִשְׁתַּלְשְׁלוּת
Tout ce qui précède permet de comprendre pourquoi l'on compare les lumières de 'Hanoucca à Souccot et aux taureaux de la fête [pri ha'hag]. Souccot (de même que les taureaux de la fête) est la révélation des lumières enveloppantes [makifim], à l'image de la soucca au sens simple, qui enveloppe l'homme. Au huitième jour [Chemini] de Souccot, les makifim sont attirés et retenus [néétsarim] aussi dans l'intériorité, à l'image du service de don total de soi [mesirout nefech] (propre à 'Hanoucca), qui agit (comme on l'a vu plus haut) et pénètre toutes les forces de l'âme. C'est pourquoi tous deux (Souccot et 'Hanoucca) durent huit jours : le nombre huit, c'est un et sept. Le un (qui est au-delà de l'hichtalchelout [enchaînement des mondes]) est attiré dans le sept (l'hichtalchelout).
ח) וע"פ כָּל הנ"ל יוּבַן הַפַּעְרַגְלֵיַךְ דְּנֵרוֹת חֲנוּכָּה לְסוּכּוֹת וְלַפְּרִי הֶחָג, כִּי עִנְיַן סוּכּוֹת (וְגַם עִנְיַן פְּרִי הֶחָג) הוּא הִתְגַּלּוּת הַמַּקִּיפִים, בְּדֻגְמַת סוּכָּה כִּפְשׁוּטָהּ שֶׁמַּקֶּפֶת עַל הָאָדָם. וּבִשְׁמִינִי דְּסֻכּוֹת נִמְשָׁכִים הַמַּקִּיפִים וְנֶעֱצָרִים גַּם בִּפְנִימִיּוּת, בְּדֻגְמַת הָעֲבוֹדָה דמס"נ (דַּחֲנֻכָּה) שֶׁפּוֹעֶלֶת (כנ"ל) וְחוֹדֶרֶת בְּכָל כֹּחוֹת הַנֶּפֶשׁ. וְזֶהוּ מַה שֶׁשְּׁנֵיהֶם (סוּכּוֹת וַחֲנֻכָּה) שְׁמוֹנָה יָמִים, דְּמִסְפַּר שְׁמוֹנָה הוּא א' ז', שהא' (שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת) נִמְשָׁךְ בז' (הִשְׁתַּלְשְׁלוּת).
De même que la lumière de 'Hanoucca agit aussi sur le « pas des Tarmodéens » [rigla detarmodaï], et cela de deux manières (d'abord elle les consume et les annule, puis elle agit en eux pour qu'eux aussi se transforment en sainteté), il en va de même pour l'offrande des soixante-dix taureaux de la fête, qui correspondent aux soixante-dix nations du monde. L'offrande fait d'abord que les nations vont en diminuant. Ensuite, elle agit en elles pour qu'elles aussi viennent en aide à Israël, comme l'enseignent nos Sages, de mémoire bénie : « Si les nations du monde avaient su combien le hamikdach leur était profitable, elles l'auraient entouré de camps militaires [kastriot] pour le garder », etc.
וּכְמוֹ שנ"ח פּוֹעֵל גַּם בְּרִגְלָא דתרמודאי בִּשְׁנֵי הָעִנְיָנִים, שֶׁבַּתְּחִלָּה הוּא מְכַלֶּה וּמְבַטֵּל אוֹתָם ואח"כ פּוֹעֵל בָּהֶם שֶׁגַּם הֵם יֵהָפְכוּ לִקְדוּשָּׁה, עד"ז הוּא גַּם בְּהַקְרָבַת ע' פְּרִי הֶחָג שֶׁכְּנֶגֶד שִׁבְעִים אוּמּוֹת הָעוֹלָם, שֶׁבַּתְּחִלָּה פּוֹעֶלֶת הַהַקְרָבָה שֶׁהָאֻמּוֹת יִהְיוּ פּוֹחֲתִים וְהוֹלְכִים, ואח"כ פּוֹעֶלֶת בָּהֶם שֶׁגַּם הֵם יְסַיְּעוּ לְיִשְׂרָאֵל, כְּמַאֲמַר רז"ל אֵילוֹ הָיוּ אוּמּוֹת הָעוֹלָם יוֹדְעִים מַה הי' הַמִּקְדָּשׁ יָפֶה לָהֶם קָסְטָרִיּוֹת הָיוּ מַקִּיפִים אוֹתוֹ כְּדֵי לְשָׁמְרוֹ כו'.
En effet, du fait qu'on opère en elles l'it'hapkha [transformation], elles apportent un surcroît d'aide (même) dans le domaine de la sainteté : la garde du hamikdach. Il en sera ainsi à l'avenir : lorsque s'accomplira « Alors Je transformerai [ehpokh] les peuples, etc., afin qu'ils Le servent d'une seule épaule [d'un commun accord] », alors « des étrangers se tiendront là et feront paître vos troupeaux ». Il en va de même de l'offrande des soixante-dix taureaux qui correspondent aux soixante-dix nations : par les nations, et de leur fait, s'ajoute même (à Chemini) une offrande pour les enfants d'Israël dans le Beth HaMikdach.
דע"י שֶׁפּוֹעֲלִים בָּהֶם הָעִנְיָן דְּאִתְהַפְכָא, מיתוסף עַל יָדָם סִיּוּעַ (גַּם) בִּקְדוּשָּׁה, שְׁמִירַת הַמִּקְדָּשׁ. וע"ד שיהי' לע"ל, כַּאֲשֶׁר אָז אֶהְפּוֹךְ אֶל עַמִּים גו' לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד, הִנֵּה אָז וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם. וע"ד הַקְרָבַת הע' פָּרִים שֶׁכְּנֶגֶד ע' הָאֻמּוֹת, וְעַד שע"י וּמִצַּד הָאֻמּוֹת ניתוסף (בִּשְׁמִינִי) קָרְבָּן לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ.
Or, l'expression « dès que le soleil se couche » vise tout particulièrement l'obscurité de la galout, et surtout l'obscurité doublement et multiplement redoublée du « talon du Machia'h » [ikveta dimchi'ha]. Tel est l'enseignement que la lumière de 'Hanoucca adresse à chacun au temps de la galout : l'obscurité de la galout n'a d'autre but que d'éveiller le service de mesirout nefech, et par là l'obscurité est affinée [mitbarer] et se transforme en lumière. Par la réunion du service de chacun des enfants d'Israël, ou du moins de la plupart d'entre eux (car la majorité vaut la totalité), et même par une seule mitsva d'un seul Juif, en acte, en parole ou en pensée, celui-ci fait pencher sa propre balance et celle du monde entier du côté du mérite, et leur apporte, à lui comme à eux, secours et délivrance [techoua vehatsala].
ט) וְהִנֵּה הָעִנְיָן דְּמִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה קאי בְּיִחוּד עַל חוֹשֶׁךְ הַגָּלוּת, וּבִפְרָט הַחוֹשֶׁךְ כָּפוּל וּמְכֻפָּל דעקבתא דמשיחא. וְזוֹהִי הַהוֹרָאָה דנ"ח לכאו"א בִּזְמַן הַגָּלוּת, שֶׁהַכַּוָּונָה דְּחֹשֶׁךְ הַגָּלוּת הוּא בִּכְדֵי לְעוֹרֵר הָעֲבוֹדָה דמס"נ, ועי"ז מִתְבָּרֵר הַחוֹשֶׁךְ וְנֶהְפָּךְ לְאוֹר. וע"י צֵירוּף עֲבוֹדַת כאו"א מבנ"י יַחַד, עכ"פ רוּבָּם (דְּרֻבּוֹ כְּכוּלּוֹ), וַאֲפִילוּ ע"י מִצְוָה אַחַת שֶׁל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל, הֵן בְּמַעֲשֶׂה הֵן בְּדִיבּוּר וְהֵן בְּמַחֲשָׁבָה, הוּא מַכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ וְאֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לָכֹף זְכוּת וְגוֹרֵם לוֹ וְלָהֶם תְּשׁוּעָה וְהַצָּלָה.
À plus forte raison en va-t-il ainsi lorsqu'on redouble d'efforts dans l'accomplissement de la mitsva de la lumière de 'Hanoucca. Cette mitsva est particulièrement liée au secours et à la délivrance, c'est-à-dire à la guéoula qui viendra par Machia'h. En effet, Machia'h, de même qu'Eliyahou qui annonce la guéoula, font partie des « huit princes des hommes », ce qui correspond aux huit lumières de 'Hanoucca. Le lien particulier des lumières de 'Hanoucca avec la guéoula future tient encore à autre chose : de même que les lumières de 'Hanoucca « ne seront jamais abolies », la guéoula future sera elle aussi une guéoula éternelle, après laquelle aucune galout n'est concevable. De même, le troisième Beth HaMikdach est une demeure éternelle, qui ne sera jamais abolie, avec la venue de Machia'h notre juste. Qu'il vienne nous délivrer et nous conduire la tête haute [komemiyout] vers notre terre, très bientôt, réellement.
יו"ד) ועאכו"כ ע"י הַהוֹסָפָה בְּקִיּוּם מִצְוַת נֵר חֲנוּכָּה, שֶׁמִּצְוָה זוֹ שַׁיֶּכֶת בִּמְיוּחָד לְהַיְּשׁוּעָה וְהַהַצָּלָה, הַגְּאוּלָּה שתהי' ע"י מָשִׁיחַ, מִכֵּיוָן שֶׁמָּשִׁיחַ, וְכֵן אֵלִיָּהוּ מְבַשֵּׂר הַגְּאוּלָּה, הֵם מֵהַשְּׁמוֹנָה נְסִיכֵי אָדָם, עִנְיַן שְׁמוֹנָה נֵרוֹת דַּחֲנֻכָּה. וְעוֹד עִנְיָן בְּהַשַּׁיָּיכוּת הַמְיוּחֶדֶת דְּנֵרוֹת חֲנוּכָּה לַגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה, דִּכְמוֹ שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה אֵין בְּטֵלִין לְעוֹלָם, כֵּן גַּם גְּאֻלָּה הָעֲתִידָה תהי' גְּאֻלָּה נִצְחִית שֶׁאֵין שַׁיָּךְ שיהי' אחרי' גָּלוּת, וְכֵן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ הַשְּׁלִישִׁי הוּא בֵּית נִצְחִי שֶׁאֵינוֹ בָּטֵל לְעוֹלָם, בְּבִיאַת מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, יָבוֹא וְיִגְאָלֵנוּ וְיוֹלִיכֵנוּ קוֹמְמִיּוּת לְאַרְצֵנוּ, וּבְקָרוֹב מַמָּשׁ.
[…] même l'obscurité […] […] cette obscurité n'occulte pas. Bien plus : l'obscurité se transforme en lumière. C'est aussi pourquoi le temps de la bougie de 'Hanoucca s'étend « jusqu'à ce que le pied ait disparu du marché », « jusqu'à ce que disparaisse le pied des Tarmodéens » (61). Les Tarmodéens sont ceux qui se révoltent contre la royauté céleste [Malkhout chamayim] (תרמוד a les mêmes lettres que מורדת, « rebelle » (60)), et ils s'attardent au marché, c'est-à-dire au domaine public [rechout harabim], « montagnes de la séparation » (62). Cela s'entend de deux manières. D'une part, la lumière de la bougie de 'Hanoucca fait disparaître et annule le pied des Tarmodéens (63). D'autre part, la lumière de la bougie de 'Hanoucca produit la consomption (כליא, « disparaître », est de la même racine que כליון, « consomption », et que כלות הנפש, « l'âme qui se consume ») jusque dans le pied des Tarmodéens : même les rebelles parviendront au degré de l'âme qui se consume [kelot hanéfech] (64).
[…] גַּם אֶת הַחוֹשֶׁךְ […] ר זֶה הַחוֹשֶׁךְ אֵינוֹ מַעֲלִים. יְתֵירָה מִזּוֹ, שֶׁהַחֹשֶׁךְ נֶהְפַּךְ לְאוֹר. וְזֶהוּ גַּם מַה שֶׁזְּמַנָּהּ שֶׁל נ"ח הוּא עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק, עַד דכליא רִגְלָא דתרמודאי (61), תרמודאי הֵם הַמּוֹרְדִים בְּמַלְכוּת שָׁמַיִם (תַּרְמוֹד אוֹתִיּוֹת מוֹרֶדֶת (60)) וְהֵם מִתְעַכְּבִים בַּשּׁוּק בְּחִינַת רה"ר טורי דפרודא (62). וּבָזֶה שְׁנֵי פֵּירוּשִׁים, שֶׁהָאוֹר דנ"ח מְכַלֶּה וּמְבַטֵּל אֶת רִגְלָא דתרמודאי (63), וְשֶׁהָאוֹר דנ"ח פּוֹעֵל הַכִּלָּיוֹן (כָּלְיָא מִלְּשׁוֹן כִּלָּיוֹן וּכְלוֹת הַנֶּפֶשׁ) גַּם בְּרִגְלָא דתרמודאי, שֶׁגַּם הַמּוֹרְדִים יָבוֹאוּ לִבְחִינַת כְּלוֹת הַנֶּפֶשׁ (64).
8) Tout ce qui précède permet de comprendre la comparaison entre les lumières de 'Hanoucca d'une part, Souccot et les taureaux de la fête d'autre part. Souccot (et de même les taureaux de la fête) est la révélation des lumières englobantes [makifim] (65), à l'image de la soucca au sens simple, qui entoure l'homme. À Atséret [Chemini] de Souccot, les makifim sont attirés et se fixent aussi dans l'intériorité. Il en va de même du service de don total de soi [mesirout néfech] (propre à 'Hanoucca), qui agit (comme on l'a vu) et pénètre toutes les forces de l'âme. C'est pourquoi l'une et l'autre (Souccot et 'Hanoucca) durent huit jours. Le nombre huit, en effet, est un et sept : le un (qui est au-delà de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout]) est attiré dans le sept (la hichtalchelout) (66). La bougie de 'Hanoucca agit sur le pied des Tarmodéens dans les deux sens : d'abord elle les fait disparaître et les annule, ensuite elle agit en eux pour qu'eux aussi se transforment en sainteté. Il en est de même de l'offrande des soixante-dix taureaux de la fête, qui correspondent aux soixante-dix nations du monde (67). D'abord, l'offrande fait que les nations aillent en diminuant ; ensuite, elle agit en elles pour qu'elles aussi viennent en aide à Israël, selon la parole de nos Sages, de mémoire bénie (68) : « Si les nations du monde avaient su combien le Beth HaMikdach leur était bénéfique, elles l'auraient entouré de camps militaires [kastriot] (69) pour le garder, etc. » Dès lors qu'on opère en elles la transformation [it'hapkha], elles apportent (même) une aide dans le domaine de la sainteté : la garde du Beth HaMikdach (70). Il en sera de même dans l'avenir, quand « Je changerai pour les peuples [leur langue] … afin qu'ils Le servent d'une seule épaule » (71) : alors « des étrangers se tiendront là et feront paître vos troupeaux » (72). C'est aussi le sens de l'offrande des soixante-dix taureaux, qui correspondent aux soixante-dix nations, au point que, par les nations et de leur côté, s'ajoute (à Chemini) une offrande pour les enfants d'Israël dans le Beth HaMikdach.
ח) וע"פ כָּל הנ"ל יוּבַן הַפַּעְרַגְלֵיִךְ דְּנֵרוֹת חֲנוּכָּה לְסוּכּוֹת וְלַפְּרִי הֶחָג, כִּי עִנְיָן סוּכּוֹת (וְגַם עִנְיָן פְּרִי הֶחָג) הוּא הִתְגַּלּוּת הַמַּקִּיפִים (65), בְּדֻגְמַת סוּכָּה כִּפְשׁוּטָהּ שֶׁמַּקֶּפֶת עַל הָאָדָם. וּבִשְׁמִינִי דְּסֻכּוֹת נִמְשָׁכִים הַמַּקִּיפִים וְנֶעֱצָרִים גַּם בִּפְנִימִיּוּת, בְּדֻגְמַת הָעֲבוֹדָה דמס"נ (דַּחֲנֻכָּה) שֶׁפּוֹעֶלֶת (כנ"ל) וְחוֹדֶרֶת בְּכָל כֹּחוֹת הַנֶּפֶשׁ. וְזֶהוּ מַה שֶׁשְּׁנֵיהֶם (סוּכּוֹת וַחֲנֻכָּה) שְׁמוֹנָה יָמִים, דְּמִסְפַּר שְׁמוֹנָה הוּא א' ז', שהא' (שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִשְׁתַּלְשְׁלוּת) נִמְשָׁךְ בז' (הִשְׁתַּלְשְׁלוּת) (66). וּכְמוֹ שנ"ח פּוֹעֵל גַּם בְּרִגְלָא דתרמודאי בִּשְׁנֵי הָעִנְיָנִים, שֶׁבַּתְּחִלָּה הוּא מְכַלֶּה וּמְבַטֵּל אוֹתָם ואח"כ פּוֹעֵל בָּהֶם שֶׁגַּם הֵם יֵהָפְכוּ לִקְדוּשָּׁה, עד"ז הוּא גַּם בְּהַקְרָבַת ע' פְּרִי הֶחָג שֶׁכְּנֶגֶד שִׁבְעִים אוּמּוֹת הָעוֹלָם (67), שֶׁבַּתְּחִלָּה פּוֹעֶלֶת הַהַקְרָבָה שֶׁהָאֻמּוֹת יִהְיוּ פּוֹחֲתִים וְהוֹלְכִים, ואח"כ פּוֹעֶלֶת בָּהֶם שֶׁגַּם הֵם יְסַיְּעוּ לְיִשְׂרָאֵל, כְּמַאֲמַר רז"ל (68) אִילּוּ הָיוּ אוּמּוֹת הָעוֹלָם יוֹדְעִים מַה הי' הַמִּקְדָּשׁ יָפֶה לָהֶם קִסְטָרִיּוֹת (69) הָיוּ מַקִּיפִים אוֹתוֹ כְּדֵי לְשָׁמְרוֹ כו'. דע"י שֶׁפּוֹעֲלִים בָּהֶם הָעִנְיָן דְּאִתְהַפְכָא, מִיתּוֹסֵף עַל יָדָם סִיּוּעַ (גַּם) בִּקְדוּשָּׁה, שְׁמִירַת הַמִּקְדָּשׁ (70). וע"ד שיהי' לע"ל, כַּאֲשֶׁר אָז אֶהְפּוֹךְ אֶל עַמִּים גו' לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד (71), הִנֵּה אָז וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם (72). וע"ד הַקְרָבַת הע' פָּרִים שֶׁכְּנֶגֶד ע' הָאֻמּוֹת, וְעַד שע"י וּמִצַּד הָאֻמּוֹת נִיתּוֹסֵף (בִּשְׁמִינִי) קָרְבָּן לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ.
9) Or l'expression « dès que le soleil se couche » vise particulièrement l'obscurité de la galout (73), et surtout l'obscurité double et redoublée du « talon de Machia'h » [ikveta deMechi'ha]. Tel est l'enseignement de la bougie de 'Hanoucca pour chacun, au temps de la galout : l'obscurité de la galout a pour but d'éveiller le service de mesirout néfech, et par là l'obscurité est clarifiée [mitbarer] et se transforme en lumière. Par la réunion du service de chacun des enfants d'Israël, ou du moins de la plupart d'entre eux (car « la majorité vaut le tout » (74)), et même par une seule mitsva d'un seul Juif, en action, en parole ou en pensée, celui-ci fait pencher sa propre balance et celle du monde entier du côté du mérite, et leur procure, à lui et à eux, le secours [techoua] et le sauvetage (75).
ט) וְהִנֵּה הָעִנְיָן דְּמִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה קאי בְּיִחוּד עַל חוֹשֶׁךְ הַגָּלוּת (73), וּבִפְרָט הַחוֹשֶׁךְ כָּפוּל וּמְכֻפָּל דעקבתא דמשיחא. וְזוֹהִי הַהוֹרָאָה דנ"ח לכאו"א בִּזְמַן הַגָּלוּת, שֶׁהַכַּוָּונָה דְּחֹשֶׁךְ הַגָּלוּת הוּא בִּכְדֵי לְעוֹרֵר הָעֲבוֹדָה דמס"נ, ועי"ז מִתְבָּרֵר הַחוֹשֶׁךְ וְנֶהְפָּךְ לְאוֹר. וע"י צֵירוּף עֲבוֹדַת כאו"א מבנ"י יַחַד, עכ"פ רוּבָּם (דְּרֻבּוֹ כְּכוּלּוֹ (74)), וַאֲפִילוּ ע"י מִצְוָה אַחַת שֶׁל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל, הֵן בְּמַעֲשֶׂה הֵן בְּדִיבּוּר וְהֵן בְּמַחֲשָׁבָה, הוּא מַכְרִיעַ אֶת עַצְמוֹ וְאֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לְכַף זְכוּת וְגוֹרֵם לוֹ וְלָהֶם תְּשׁוּעָה וְהַצָּלָה (75).
10) À plus forte raison en est-il ainsi quand on ajoute à l'accomplissement de la mitsva de la bougie de 'Hanoucca. Cette mitsva est en effet liée tout particulièrement au secours [yechoua] et au sauvetage, c'est-à-dire à la guéoula qui viendra par Machia'h. Car Machia'h, ainsi qu'Éliyahou, l'annonciateur de la guéoula (76), font partie des « huit princes de l'homme » (77), ce qui correspond aux huit lumières de 'Hanoucca (78). Le lien particulier entre les lumières de 'Hanoucca et la guéoula future tient encore à ceci : de même que les lumières de 'Hanoucca ne seront jamais abolies (79), de même la guéoula future sera une guéoula éternelle, après laquelle aucune galout ne pourra survenir (80). De même encore, le troisième Beth HaMikdach est une maison éternelle (81), qui ne sera jamais abolie, à la venue de notre juste Machia'h. Qu'il vienne, qu'il nous délivre et nous conduise la tête haute vers notre terre, très bientôt.
יו"ד) ועאכו"כ ע"י הַהוֹסָפָה בְּקִיּוּם מִצְוַת נֵר חֲנוּכָּה, שֶׁמִּצְוָה זוֹ שַׁיֶּכֶת בִּמְיוּחָד לְהַיְּשׁוּעָה וְהַהַצָּלָה, הַגְּאוּלָּה שתהי' ע"י מָשִׁיחַ, מִכֵּיוָן שֶׁמָּשִׁיחַ, וְכֵן אֵלִיָּהוּ מְבַשֵּׂר הַגְּאוּלָּה (76), הֵם מֵהַשְּׁמוֹנָה נְסִיכֵי אָדָם (77), עִנְיָן שְׁמוֹנָה נֵרוֹת דַּחֲנֻכָּה (78). וְעוֹד עִנְיָן בְּהַשַּׁיָּיכוּת הַמְיוּחֶדֶת דְּנֵרוֹת חֲנוּכָּה לַגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה, דִּכְמוֹ שֶׁנֵּרוֹת חֲנוּכָּה אֵין בְּטֵלִין לְעוֹלָם (79), כֵּן גַּם גְּאֻלָּה הָעֲתִידָה תהי' גְּאֻלָּה נִצְחִית שֶׁאֵין שַׁיָּךְ שיהי' אחרי' גָּלוּת (80), וְכֵן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ הַשְּׁלִישִׁי הוּא בֵּית נִצְחִי (81) שֶׁאֵינוֹ בָּטֵל לְעוֹלָם, בְּבִיאַת מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, יָבוֹא וְיִגְאָלֵנוּ וְיוֹלִיכֵנוּ קוֹמְמִיּוּת לְאַרְצֵנוּ, וּבְקָרוֹב מַמָּשׁ.
Avec l'aide de Hachem. À la mémoire du rav 'hassid, le rav tamim, homme craignant D.ieu, généreux donateur, dévoué aux besoins de la communauté, Rabbi Daniel Yits'hak, que la paix soit sur lui, fils de Rabbi Ephraïm Moskowitz – qu'il soit séparé [de ce deuil] pour une vie longue et heureuse, qu'il vive de longs et bons jours –, chalia'h [émissaire] de Sa Sainteté l'Admour, que son mérite nous protège, pour l'État de l'Illinois, décédé le 2 Adar II 5774 [2014]. Que son âme soit liée au faisceau de la vie. — « Et moi, Daniel, je fus […] puis je me levai et j'accomplis l'ouvrage du roi » (Daniel 8, 27).
ב"ה. לע"נ הרה"ח הרה"ת אי"א נו"נ עוֹסֵק בצ"צ ר' דָּנִיֵּאל יִצְחָק ע"ה בֶּן יבלחט"א ר' אֶפְרַיִם שליט"א מאסקאוויץ, שָׁלִיחַ כ"ק אדמו"ר זי"ע לִמְדִינַת אִילִינוֹי, נלב"ע ב' אֲדָר שֵׁנִי ה'תשע"ד. ת.נ.צ.ב.ה. — וַאֲנִי דָּנִיֵּאל נִהְיֵיתִי ... וָאָקוּם וָאֶעֱשֶׂה אֶת מְלֶאכֶת הַמֶּלֶךְ (דָּנִיֵּאל ח, כז)