HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5731
MAAMARמאמר
וַיֹּאמֶר לוֹ יְהוֹנָתָן מָחָר חֹדֶשׁ
« Yéhonatan lui dit : Demain, c'est la nouvelle lune »
Chabbat parachat Toldot, Chabbat Mevarkhim et veille de Roch 'Hodech Kislev 5731 [1970]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשל"א · 1970
MAAMARמאמר

וַיֹּאמֶר לוֹ יְהוֹנָתָן

« Yéhonatan lui dit : Demain, c'est la nouvelle lune »

Chabbat parachat Toldot, Chabbat Mevarkhim et veille de Roch 'Hodech Kislev 5731 [1970]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ תולדות, מבה"ח וער"ח כסלו, תשל"א. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ תולדות, מבה"ח וער"ח כסלו, תשל"א. Traduction française littérale en regard.

Yéhonatan lui dit : « Demain, c’est la nouvelle lune [‘hodech] ; tu seras rappelé [venifkadeta], car ta place sera vide [ki yipaked mochavekha]. » Autrement dit, c’est par l’annulation de soi [bitoul] du récepteur, sens de « car [ta place] sera vide », que se produit le souvenir en haut (comme le dit aussi le sens littéral). Lorsque la lune est entièrement voilée et occultée la veille de Roch ‘Hodech, au point qu’il n’en reste pas même un point, c’est par là que se produit « demain — nouvelle lune », c’est-à-dire la renaissance [molad] de la lune, qui est l’union du soleil et de la lune [yi’houd chimcha vessihara]. Dans le service divin [avoda], cela signifie que le renouvellement se produit par le bitoul du récepteur. Or, pour qu’il y ait renouvellement, celui-ci doit être attiré d’un niveau qui transcende l’ordre de l’enchaînement des mondes [hichtalchelout]. Il en sera ainsi dans les temps à venir : la création connaîtra un renouvellement, parce que l’épanchement viendra du niveau de l’intériorité d’Atik [le degré le plus intérieur du Kéter]. En effet, tous les épanchements actuels ne proviennent que de l’extériorité d’Atik, tandis que dans les temps à venir, l’épanchement viendra de l’intériorité même d’Atik. Or, les révélations du futur dépendent de nos actes et de notre service durant le temps de la galout. C’est pourquoi la renaissance de la lune à Roch ‘Hodech, qui est la notion même de renouvellement, est un avant-goût de ce qu’« ils sont destinés à se renouveler comme elle » dans les temps à venir. Il en va de même de ce qu’explique le Midrach sur « Ils sont nouveaux chaque matin, grande est Ta fidélité » : du fait que l’homme se renouvelle chaque matin comme une créature nouvelle, « grande est Ta fidélité » — c’est une image de la résurrection des morts, que HaKadoch Barou'h Hou, ramènera à la vie par la rosée de résurrection. Toutefois, le renouvellement proprement dit n’aura lieu que dans les temps à venir. Comme l’explique le Likouteï Torah, il y aura alors des âmes nouvelles [nechamot ‘hadachot]. Même maintenant, certes, il existe des âmes nouvelles, mais ce n’est pas là le véritable renouvellement. Le véritable niveau des âmes nouvelles n’existera que dans les temps à venir : c’est le sens de « avec leurs couronnes sur leurs têtes », etc. Néanmoins, il existe dès maintenant, à Roch ‘Hodech, une image du renouvellement : par le bitoul, etc., on atteint le niveau d’Éden. C’est à ce propos que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Tous les prophètes n’ont prophétisé que sur les jours de Machia’h ; mais quant au monde à venir, “aucun œil ne l’a vu, Elokim, hormis Toi”, etc. — c’est l’Éden », etc.
וַיֹּאמֶר לוֹ יְהוֹנָתָן מָחָר חֹדֶשׁ וְנִפְקַדְתָּ כִּי יִפָּקֵד מוֹשָׁבֶךָ, וְהַיְינוּ שע"י בִּיטּוּל הַמְקַבֵּל שהו"ע כִּי יִפָּקֵד, עי"ז נַעֲשֶׂה הַזִּכָּרוֹן לְמַעְלָה (וּכְמוֹ שֶׁהוּא כִּפְשׁוּטוֹ), שע"י הֶעְלֵם וְהֶסְתֵּר הַלְּבָנָה לְגַמְרֵי בְּעֶרֶב רֹאשׁ חוֹדֶשׁ, עַד שֶׁלֹּא נִשְׁאַר מִמֶּנָּה גַּם נְקֻדָּה, עי"ז נַעֲשֶׂה מָחָר – חָדָשׁ, שֶׁהוּא מוֹלַד הַלְּבָנָה מֵחָדָשׁ, שהו"ע יִחוּד שמשא וְסֵיהֲרָא. וּבַעֲבוֹדָה הוּא שע"י הַבִּיטּוּל שֶׁל הַמְקַבֵּל נַעֲשֶׂה עי"ז הַהִתְחַדְּשׁוּת. וְהִנֵּה בִּכְדֵי שיהי' עִנְיַן הַהִתְחַדְּשׁוּת צָרִיךְ לִהְיוֹת נִמְשָׁךְ מִבְּחִינָה שֶׁלְּמַעְלָה מִסֵּדֶר הִשְׁתַּלְשְׁלוּת, וּכְמוֹ שיהי' לֶעָתִיד לָבוֹא שתהי' הִתְחַדְּשׁוּת בְּהַבְּרִיאָה לְפִי שתהי' הַהַמְשָׁכָה מִבְּחִינַת פְּנִימִיּוּת עַתִּיק. דְּהִנֵּה כָּל הַהַמְשָׁכוֹת עַתָּה הֵם רַק מֵחִיצוֹנִיּוּת עַתִּיק משא"כ לֶעָתִיד לָבוֹא יהי' נִמְשָׁךְ מִפְּנִימִיּוּת עַתִּיק מַמָּשׁ. וְהִנֵּה הַגִּילּוּיִים דְּלֶעָתִיד תְּלוּיִם בְּמַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵנוּ בְּמֶשֶׁךְ זְמַן הַגָּלוּת, וְלָכֵן בְּחִינַת מוֹלַד הַלְּבָנָה בר"ח שהו"ע הַחִדּוּשׁ, הוּא מֵעֵין מַה שֶׁהֵם עֲתִידִים לְהִתְחַדֵּשׁ כְּמוֹתָהּ לֶעָתִיד לָבוֹא. וע"ד הַמְבוֹאָר בַּמִּדְרָשׁ בְּעִנְיַן חֲדָשִׁים לַבְּקָרִים רַבָּה אֱמוּנָתֶךָ, שֶׁמִּזֶּה שֶׁהָאָדָם מִתְחַדֵּשׁ בְּכָל בֹּקֶר כברי' חֲדָשָׁה הִנֵּה רַבָּה אֱמוּנָתֶךָ שֶׁהוּא דֻּגְמָא לִתְחִיַּת הַמֵּתִים שהקב"ה מְחַיֵּהוּ בטל תחי'. אָמְנָם עִקַּר עִנְיַן הַהִתְחַדְּשׁוּת יהי' לע"ל דַּוְקָא כַּמְבוֹאָר בלקו"ת שֶׁאָז יִהְיוּ נְשָׁמוֹת חֲדָשׁוֹת. וע"ה שֶׁגַּם עַכְשָׁיו יֶשְׁנָן נְשָׁמוֹת חֲדָשׁוֹת אֲבָל אֵין זֶה אֲמִיתִּית עִנְיַן הַהִתְחַדְּשׁוּת, וַאֲמִתִּית בְּחִינַת נְשָׁמוֹת חֲדָשׁוֹת יהי' לע"ל דַּוְקָא, שֶׁזֶּהוּ עִנְיָן וְעַטְרוֹתֵיהֶם בְּרָאשֵׁיהֶם וכו'. אֲבָל עכ"ז יֶשְׁנוֹ דֻּגְמָא לְעִנְיַן הַהִתְחַדְּשׁוּת גַּם עַכְשָׁיו בְּרֹאשׁ חוֹדֶשׁ שע"י הַבִּיטּוּל וכו' מַגִּיעִים לִבְחִינַת עֵדֶן, שע"ז ארז"ל כָּל הַנְּבִיאִים לֹא נִתְנַבְּאוּ אֶלָּא לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ אֲבָל לעוה"ב עַיִן לֹא רָאָתָה אֱלֹקִים זוּלָתְךָ וכו' זֶה עֵדֶן כו'.
Or, il faut comprendre pourquoi il est dit « Elokim, hormis Toi » : précisément le Nom Elokim. De même, il faut comprendre ce qui est écrit dans notre paracha : « Que HaElokim te donne de la rosée du ciel et des graisses de la terre, abondance de blé et de vin nouveau. » La question est soulevée à ce sujet en plusieurs endroits, notamment dans le Hemchekh 5666 [1905-1906] : pourquoi est-il dit Elokim ? Il aurait apparemment fallu dire le Nom Havayé, puisque l’essentiel des bénédictions provient précisément du Nom Havayé. C’est vrai en particulier des bénédictions d’Yits’hak, qui sont des bénédictions extrêmement élevées, comme l’explique le Siddour à la fin de Chaar HaTekiot [la Porte des sonneries]. Une autre chose reste incompréhensible. Le Midrach Rabba rapporte : « “De la rosée du ciel” — c’est le Mikra [la Torah écrite] ; “et des graisses de la terre” — c’est la Michna ; “blé” — c’est le Talmud », etc. Il faut donc comprendre pourquoi il l’a béni par la Torah, car une bénédiction ne semble pas avoir lieu d’être en ce domaine. La Torah devait de toute façon être donnée à Israël lors du Don de la Torah [Matan Torah [le don de la Torah]]. L’intention première de la venue à l’existence des mondes était en effet la Torah, comme nos Sages, de mémoire bénie, l’ont dit sur le passouk « Béréchit bara [Au commencement, Il créa] », etc. : « pour Israël, qui est appelé “commencement” [réchit], etc., et pour la Torah, qui est appelée “commencement”, etc. » La Torah a donc été fixée dans la nature même de la création, sous la forme d’une condition : quand la condition est batel [annulée], la chose est batel [annulée]. C’est ce que rapporte la Guemara sur le passouk « Il y eut un soir, etc., le sixième jour » : « HaKadoch Barou'h Hou, a posé une condition aux œuvres de la création [maassé Béréchit] : si Israël accomplit Ma Torah, etc. » C’est ainsi qu’il est écrit : « Du ciel, etc., la terre a eu peur, puis s’est apaisée », etc. : d’abord elle a eu peur, et à la fin elle s’est apaisée. S’il en est ainsi, le don de la Torah était une nécessité : comment une bénédiction peut-elle s’y appliquer ? Il faut encore comprendre ceci. De deux choses l’une. Si la bénédiction visait l’étude de la Torah telle qu’elle existait avant Matan Torah, une bénédiction n’était nullement nécessaire, puisque l’étude de la Torah existait déjà chez les Patriarches [Avot]. Nos Sages, de mémoire bénie, l’ont dit sur le passouk « Et Avraham était âgé » : « Avraham, notre père, était un ancien qui siégeait en yéchiva, etc. ; Yaakov notre père était un ancien qui siégeait en yéchiva. » On ne peut pas non plus dire que la bénédiction visait la Torah telle qu’elle est après Matan Torah : la Torah des Patriarches (Yaakov compris) n’était que des « parfums » [ré’hot] au regard de la Torah d’après Matan Torah.
וְהִנֵּה צ"ל מַה שֶׁאוֹמֵר אֱלֹקִים זוּלָתְךָ, שֵׁם אֱלֹקִים דַּוְקָא. ועד"ז צ"ל בְּפַרְשָׁתֵנוּ מש"כ וְיִתֶּן לְךָ הָאֱלֹקִים מִטַּל הַשָּׁמַיִם וּמִשְׁמַנֵּי הָאָרֶץ וְרֹב דָּגָן וְתִירֹשׁ, וּמַקְשֶׁה בָּזֶה בכ"מ וְגַם בְּהֶמְשֵׁךְ תרס"ו מַה שֶׁאוֹמֵר אֱלֹקִים, דְּלִכְאוֹרָה הול"ל שֵׁם הוי', דְּהַרִעִיקָר עִנְיַן הַבְּרָכוֹת הוּא מִשֵּׁם הוי' דַּוְקָא, וּבִפְרָט בִּרְכַּת יִצְחָק שֶׁהֵם בְּרָכוֹת נַעֲלוֹת בְּיוֹתֵר, כַּמְבוֹאָר בַּסִּדּוּר בְּסוֹף שַׁעַר הַתְּקִיעוֹת. וְגַם אֵינוֹ מוּבָן דאיתא במד"ר מִטַּל הַשָּׁמַיִם זוֹ מִקְרָא וּמִשְׁמַנֵּי הָאָרֶץ זוֹ מִשְׁנָה דָּגָן זוֹ תַּלְמוּד וכו', וצ"ל מַהוּ הָעִנְיָן שֶׁבֵּרְכוּ בַּתּוֹרָה, דְּלִכְאוֹרָה אֵינוֹ שַׁיָּךְ בְּרָכָה ע"ז. שֶׁהֲרֵי הַתּוֹרָה הָיְתָה נִתֶּנֶת לְיִשְׂרָאֵל בלא"ה בְּמַתַּן תּוֹרָה, דַּהֲלֹא תְּחִלַּת הַכַּוָּונָה בְּהִתְהַוּוּת הָעוֹלָמוֹת הי' בִּשְׁבִיל הַתּוֹרָה כמארז"ל עה"פ בְּרֵאשִׁית בָּרָא וגו', בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל שנק' רֵאשִׁית כו' וּבִשְׁבִיל הַתּוֹרָה שנק' רֵאשִׁית כו', שֶׁהַתּוֹרָה נִקְבְּעָה בְּטֶבַע הַבְּרִיאָה, וּבְאוֹפֶן שֶׁל תְּנַאי דִּכְשֶׁבָּטֵל הַתְּנַאי בָּטֵל הַדָּבָר, וְכִדְאִיתָא בַּגְּמָרָא ע"פ וַיְהִי עֶרֶב גו' יוֹם הַשִּׁשִּׁי, תְּנַאי הִתְנָה הקב"ה במע"ב אִם יְקַיְּמוּ יִשְׂרָאֵל אֶת תּוֹרָתִי וכו', וְהַיְינוּ כו' דִּכְתִיב מִשָּׁמַיִם גו' אֶרֶץ יָרְאָה וְשָׁקָטָה כו', בַּתְּחִלָּה יָרְאָה וּלְבַסּוֹף שָׁקָטָה, וא"כ הֲרֵי הָיְתָה נְתִינַת הַתּוֹרָה עִנְיַן הַמּוּכְרָח וְאֵיךְ שַׁיָּךְ בְּרָכָה עַל זֶה. גַּם צ"ל, דְּמִמַּה נַפְשְׁךָ, אִם הָיְתָה הַכַּוָּונָה בְּהַבְּרָכָה לְלִימּוּד הַתּוֹרָה כְּמוֹ שהי' קוֹדֵם מַתַּן תּוֹרָה הֲלֹא ע"ז לֹא הי' צָרִיךְ בְּרָכָה, דַּהֲרֵי הי' כְּבָר לִימּוּד הַתּוֹרָה אֵצֶל הָאָבוֹת, וכמארז"ל ע"פ וְאַבְרָהָם זָקֵן, אַבְרָהָם אָבִינוּ זָקֵן וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה הי' כו' יַעֲקֹב אָבִינוּ זָקֵן וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה הי'. וְגַם אאפ"ל דְּהַכַּוָּנָה לְהַתּוֹרָה כְּמוֹ שֶׁהִיא לְאַחַר מַתַּן תּוֹרָה, דַּהֲלֹא הַתּוֹרָה שֶׁל הָאָבוֹת (שֶׁבָּזֶה נִכְלָל גַּם יַעֲקֹב) רֵיחוֹת הי' לְגַבֵּי הַתּוֹרָה שֶׁלְּאַחֲרֵי מַתַּן תּוֹרָה.
À première vue, on aurait pu répondre que cela relevait de l'hypothèse initiale de Yits'hak, qui cherchait à bénir Essav. C'est pourquoi il le bénit en matière de Torah : il pensait que par ce moyen Essav serait lui-même affiné [yitbarer], et qu'une bénédiction à ce sujet convenait à Essav, car la Torah n'est indispensable qu'à Israël. Mais malgré tout, cela n'est pas compréhensible. En fait, les bénédictions furent bien données à Yaakov, comme il est écrit : « Maintenant il a pris ma bénédiction » ; et l'on fait du thème des bénédictions une chose importante, etc. Dès lors, on ne comprend pas ce que signifie la bénédiction donnée à Yaakov en matière de Torah, etc.
וְלִכְאוֹרָה הי' אֶפְשָׁר לְתָרֵץ, שֶׁזֶּה הי' להקס"ד שֶׁל יִצְחָק, שֶׁבִּקֵּשׁ לְבָרֵךְ אֶת עֵשָׂו, וְלָכֵן בֵּרְכוֹ בַּתּוֹרָה שֶׁחָשַׁב שעי"ז יִתְבָּרֵר בְּעַצְמוֹ, וּלְעֵשָׂו שַׁיָּךְ בְּרָכָה ע"ז, כִּי הַתּוֹרָה הִיא מֻכְרָחַת רַק לְיִשְׂרָאֵל. אֲבָל מ"מ אֵינוֹ מוּבָן, הֲלֹא לַפּוֹעֵל נִיתְּנוּ הַבְּרָכוֹת לְיַעֲקֹב, וכמ"ש עַתָּה לָקַח בִּרְכָתִי, וְעוֹשִׂים מֵעִנְיַן הַבְּרָכוֹת עִנְיַן גָּדוֹל וכו', ולפי"ז אֵינוֹ מוּבָן מַהוּ עִנְיַן הַבְּרָכָה לְיַעֲקֹב בַּתּוֹרָה כו'.
Mais l'explication est23 la suivante. La Torah telle qu'elle fut donnée lors du Don de la Torah [Matan Torah] est le niveau de la Torah telle qu'elle est en elle-même. La bénédiction de Yits'hak, elle, portait sur l'effort [yegia] dans la Torah. C'est à ce sujet qu'il est dit : « Il fera pour celui qui L'attend », et le Zohar rapporte : « ceux qui pressent [dé'hakin] la parole de sagesse ». Par cet effort, on atteint au-delà du niveau de la Torah telle qu'elle est en elle-même. En effet, la Torah en elle-même est la sagesse du Saint, béni soit-Il ; plus haut encore se trouve le niveau de 'Hokhma Stimaa [la sagesse cachée] ; et par l'effort, on atteint le niveau d'Éden, etc., à propos duquel il est dit : « Nul œil n'a vu, etc. », comme mentionné plus haut — niveau entièrement au-delà de celui de la 'Hokhma. Cela permet de comprendre aussi l'hypothèse initiale de Yits'hak, qui voulait bénir Essav afin que s'opère son birour [raffinement]. À première vue, comment cela s'accorde-t-il avec ce qui s'est réellement produit (les Patriarches ne sont-ils pas eux-mêmes la merkava) ? En réalité, par les bénédictions qu'il donna à Yaakov au sujet de l'effort dans la Torah, la force fut donnée d'opérer le birour [raffinement] d'Essav. Puisque, par l'effort, on attire du niveau d'Éden, on peut opérer le birour [élévation des étincelles] non seulement de la klipat noga, mais aussi des étincelles qui se trouvent dans les trois klipot impures, etc. C'est ce qui est expliqué ailleurs à propos de « Yaakov envoya, etc. » et de « J'ai séjourné chez Lavan » : c'est alors qu'il acheva le birour [tri du bien et du mal] avec Lavan et alla opérer celui d'Essav. Car Yaakov, de son côté, était dès ce moment prêt à cela, et du côté de Yaakov le birour fut alors achevé, etc. — et cela par les bénédictions concernant l'effort dans la Torah.
אַךְ הָעִנְיָן הוּא דְּהַתּוֹרָה כְּמוֹ שֶׁנִּתְּנָה בְּמַתַּן תּוֹרָה הִיא בְּחִינַת הַתּוֹרָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מצ"ע, אֲבָל בִּרְכַּת יִצְחָק הי' עַל עִנְיַן הַיְגִיעָה בַּתּוֹרָה, שע"ז נֶאֱמַר יַעֲשֶׂה לִמְחַכֵּה לוֹ, וְאִיתָא בַּזֹּהַר אינון דדחקין לְמִלָּה דְּחָכְמְתָא, שעי"ז מַגִּיעִים לְמַעְלָה מִבְּחִינַת הַתּוֹרָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד עַצְמָהּ, דְּהַתּוֹרָה מצ"ע הִיא חָכְמָתוֹ שֶׁל הקב"ה, וּלְמַעְלָה יוֹתֵר הִיא בְּחִינַת חָכְמָה סְתִימָאָה, וע"י הַיְגִיעָה מַגִּיעִים לִבְחִינַת עֵדֶן וכו'שעז"נ עַיִן לֹא רָאָתָה גו' כנ"ל, שֶׁהוּא לְמַעְלָה לְגַמְרֵי מִבְּחִינַת הַחָכְמָה. ועפ"ז מוּבָן גַּם הקס"ד שֶׁל יִצְחָק שֶׁרָצָה לְבָרֵךְ אֶת עֵשָׂו בִּכְדֵי שֶׁיִּתְבָּרֵר, דְּלִכְאוֹרָה אֵיךְ מַתְאִים זֶה עִם הַבְּפֹעַל (וַהֲרֵי הָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה), אֶלָּא שע"י הַבְּרָכוֹת שֶׁבֵּרַךְ לְיַעֲקֹב בְּעִנְיַן הַיְגִיעָה בַּתּוֹרָה, עי"ז נִתַּן הַכֹּחַ לְבָרֵר אֶת עֵשָׂו, דְּמִכֵּיוָן שע"י הַיְגִיעָה מַמְשִׁיכִים מִבְּחִינַת עֵדֶן, ע"כ יָכוֹל לְבָרֵר לֹא רַק קְלִיפַּת נוֹגַהּ אֶלָּא גַּם הַנִּיצוֹצוֹת שבג' קְלִפּוֹת הַטְּמֵאוֹת וכו'. וְכַמְבוֹאָר במ"א בְּעִנְיַן וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב וגו' עִם לָבָן גַּרְתִּי, שֶׁאָז גָּמַר הַבֵּירוּר עִם לָבָן וְהָלַךְ לְבָרֵר אֶת עֵשָׂו, שֶׁיַּעֲקֹב מצ"ע הי' כְּבָר מוּכָן לָזֶה אָז, וּמִצַּד יַעֲקֹב נִגְמַר אָז הַבֵּירוּר כו', שֶׁזֶּהוּ ע"י הַבְּרָכוֹת בְּעִנְיַן הַיְגִיעָה בַּתּוֹרָה.
Voici l'explication. Du point de vue de la Torah en elle-même, telle qu'elle fut donnée lors du Don de la Torah, l'oubli n'existait pas du tout, comme l'ont dit nos Sages sur le passouk : « gravé ['harout] sur les Tables ». Par conséquent, il n'aurait pas fallu d'effort, mais seulement la parole, etc. Et s'il fallait au moins la parole, c'est parce que la Torah fut transmise d'En-haut, lors du Don de la Torah, par la parole. Il fallait donc, chez l'homme aussi, la parole dans la Torah, à la manière de ce qui est expliqué dans le Torah Or sur le passouk : « Et Elokim prononça toutes ces paroles en disant ». C'est aussi l'expression de nos Sages : « Quiconque lit et répète, HaKadoch Barou'h Hou, lit et répète en face de lui. » À première vue, en effet, on ne comprend pas pourquoi la parole est nécessaire dans la Torah (tant en haut qu'en bas). La Torah n'est-elle pas affaire de compréhension et de saisie ? La pensée seule aurait dû suffire. Pourquoi faut-il la parole, qui est une action (à tout le moins une action mineure) ? On ne peut pas répondre d'après ce que dit la Guemara, Erouvin (citée dans le Tanya) : « Si elle est ordonnée dans les deux cent quarante-huit membres, elle se conserve ; sinon, etc. » Car cela ne valait qu'après le don des secondes Tables, quand l'oubli existait déjà dans le monde. Mais auparavant, lors du Don de la Torah, quand l'oubli n'existait pas puisqu'elle était gravée, etc., comme dit plus haut, on ne peut pas dire cela. La raison en est plutôt celle-ci : « Ma parole n'est-elle pas comme le feu ? » — la Torah est comparée au feu. Or, par analogie, la flamme, tant qu'elle est dans la braise, est à l'état de voilement ; pour attirer la flamme au dévoilement, il faut le souffle qui attise. De même, il fallait dans la Torah la parole, par laquelle elle est attirée du voilement au dévoilement. Car même du point de vue des premières Tables, la Torah fut donnée précisément en bas et non en haut, comme il est expliqué dans les discours sur la parole de nos Sages : « Lorsque Moché monta en haut ». C'est pourquoi la parole dans la Torah aurait été nécessaire même sans la bénédiction de Yits'hak. La nouveauté de la bénédiction de Yits'hak porte sur l'effort dans la Torah, par lequel on peut opérer le birour [élévation des étincelles] aussi du niveau d'Essav, c'est-à-dire des étincelles qui se trouvent dans les trois klipot impures (ce fut là la nouveauté des secondes Tables). Par cet effort, en effet, on atteint le niveau d'Éden, comme dit plus haut à propos de « Il agira pour celui qui L'attend » — pour ceux qui pressent les paroles de sagesse. C'est pourquoi on peut opérer le birour [raffinement] d'Essav. C'est ce qui est écrit : « Nul œil n'a vu, Elokim, hormis Toi » : on atteint le niveau d'Elokim, qui est au-delà des dévoilements. C'est pourquoi il dit précisément : « Que Elokim te donne » : les bénédictions sont attirées du niveau d'Elokim, qui est au-delà de tous les dévoilements, etc.
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּהִנֵּה מִצַּד בְּחִינַת הַתּוֹרָה מצ"ע כְּמוֹ שֶׁנִּתְּנָה בְּמַתַּן תּוֹרָה לֹא הי' כָּל עִנְיַן הַשִּׁכְחָה, וכמארז"ל עַל הַפָּסוּק חָרוּת עַל הַלּוּחוֹת, וּבְמֵילָא לֹא הי' צ"ל עִנְיַן הַיְגִיעָה, רַק עִנְיַן הַדִּיבּוּר וכו'. וּמַה שהי' צ"ל דִּבּוּר עכ"פ ה"ז לְפִי שֶׁכֵּן הָיְתָה נְתִינַת הַתּוֹרָה מִלְמַעְלָה בְּמַתַּן תּוֹרָה שֶׁנִּתְּנָה בְּדִיבּוּר, עַל כֵּן הי' צ"ל גַּם בָּאָדָם עִנְיַן הַדִּיבּוּר בַּתּוֹרָה, וע"ד הַמְבוֹאָר בתו"א ע"פ וַיְדַבֵּר אֱלֹקִים אֶת כָּל הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה לֵאמֹר. וְכִלְשׁוֹן חז"ל כָּל הַקּוֹרֵא וְשׁוֹנֶה הקב"ה קוֹרֵא וְשׁוֹנֶה כְּנֶגְדּוֹ. דְּלִכְאוֹרָה אֵינוֹ מוּבָן לָמָּה צָרִיךְ לְדִבּוּר בַּתּוֹרָה (הֵן לְמַעְלָה הֵן לְמַטָּה), הֲלֹא עִנְיַן הַתּוֹרָה הוּא בַּהֲבָנָה וְהַשָּׂגָה והי' צ"ל מַסְפִּיק בְּמַחֲשָׁבָה לְבַד, וְלָמָּה צ"ל עִנְיַן הַדִּיבּוּר שֶׁהוּא מַעֲשֶׂה (זוּטָא עכ"פ). ואא"פ לְתָרֵץ ע"פ מ"ש בַּגְּמָרָא עֵירוּבִין (הוּבָא בְּתַנְיָא) אִם עֲרוּכָה בְּכָל רמ"ח אֵבָרִים מִשְׁתַּמֶּרֶת וְאִם לאו וכו', שֶׁהֲרֵי זֶה הי' רַק לְאַחֲרֵי שֶׁנִּיתְּנוּ הַלּוּחוֹת שְׁנִיּוֹת, שֶׁאָז הי' כְּבָר עִנְיַן הַשִּׁכְחָה בָּעוֹלָם, אֲבָל קוֹדֵם לָזֶה בְּמַתַּן תּוֹרָה שֶׁלֹּא הי' עִנְיַן הַשִּׁכְחָה שהי' חָרוּת וכו' כנ"ל, אֵינוֹ שַׁיָּךְ לוֹמַר כֵּן. אֶלָּא הַטַּעַם בָּזֶה הוּא דַּהֲלֹא כֹּה דְּבָרִי כָּאֵשׁ, דְּהַתּוֹרָה נִמְשְׁלָה לְאֵשׁ, ועד"מ הַשַּׁלְהֶבֶת כְּשֶׁהִיא בְּתוֹךְ הַגַּחֶלֶת הִיא בִּבְחִינַת הֶעְלֵם, וּכְדֵי לְהַמְשִׁיךְ הַשַּׁלְהֶבֶת בְּגִילּוּי הוּא ע"י רוּחַ הַנּוֹפֵחַ, ועד"ז בַּתּוֹרָה הי' צ"ל עִנְיַן הַדִּיבּוּר בַּתּוֹרָה שעי"ז נִמְשֶׁכֶת מֵהַהֶעְלֵם אֶל הַגִּילּוּי, דְּגַם מִצַּד הַלּוּחוֹת הָרִאשׁוֹנוֹת נִיתְּנָה הַתּוֹרָה לְמַטָּה דַּוְקָא וְלֹא לְמַעְלָה, וְכַמְבוֹאָר בְּהַדְּרוּשִׁים עַל מַאֲמַר רז"ל בְּשָׁעָה שֶׁעָלָה מֹשֶׁה לַמָּרוֹם, וְלָכֵן הי' צ"ל עִנְיַן הַדִּיבּוּר בַּתּוֹרָה גַּם לוּלֵא בִּרְכַּת יִצְחָק. וְהַחִדּוּשׁ בְּבִרְכַּת יִצְחָק הוּא בְּעִנְיַן הַיְגִיעָה בַּתּוֹרָה, שעי"ז יְכוֹלִים לְבָרֵר גַּםבְחַינֶת עֵשָׂו, שהו"ע הַנִּיצוֹצוֹת שבג' קה"ט (שֶׁזֶּה הי' הַחִדּוּשׁ דְּלוּחוֹת שְׁנִיּוֹת), שֶׁהֲרֵי עי"ז מַגִּיעִים לִבְחִינַת עֵדֶן וכנ"ל בְּעִנְיַן יַעֲשֶׂה לִמְחַכֵּה לוֹ למאן דדחקין במלין דְּחָכְמְתָא, וע"כ יְכוֹלִים לְבָרֵר אֶת עֵשָׂו. וְזֶהוּ מ"ש עַיִן לֹא רָאָתָה אֱלֹקִים זוּלָתְךָ, שֶׁמַּגִּיעִים לִבְחִינַת אֱלֹקִים שֶׁלְּמַעְלָה מִגִּלּוּיִים, וע"כ אוֹמֵר וְיִתֶּן לְךָ אֱלֹקִים דַּוְקָא, שֶׁהַבְּרָכוֹת נִמְשָׁכִים מִבְּחִינַת אֱלֹקִים שֶׁלְּמַעְלָה מִכָּל הַגִּילּוּיִים וכו'.
Et c'est là le sens de ce qui est écrit : « Yehonatan lui dit : “Demain, c'est la nouvelle lune ['hodech] ; ton absence sera remarquée [venifkadta], car ta place sera vide [ki yipaked]” ». Par « ki yipaked », qui désigne le bitoul absolu, l'état où l'on n'est même plus un point (ce qui s'obtient par l'effort [yegia]), se réalise « venifkadta » : le renouvellement [hit'hadchout] absolu, depuis le niveau de maayan [source] jusqu'à celui d'Eden, comme on l'a vu plus haut. On parvient ainsi jusqu'à « David surpassa [higdil] », etc., et à « David, Mon serviteur, sera leur prince pour toujours », à la venue de Machia'h, notre juste, très prochainement, véritablement.
וְזֶהוּ מ"ש וַיֹּאמֶר לוֹ יְהוֹנָתָן מָחָר חֹדֶשׁ וְנִפְקַדְתָּ כִּי יִפָּקֵד מוֹשָׁבֶךָ, שע"י כִּי יִפָּקֵד, שהו"ע הַבִּיטּוּל בְּתַכְלִית גַּם לֹא נְקֻדָּה (שֶׁזֶּה בָּא ע"י יְגִיעָה), נַעֲשֶׂה עי"ז וְנִפְקַדְתָּ שֶׁהוּא עִנְיָן הַהִתְחַדְּשׁוּת בְּתַכְלִית מֵעֵין וְעַד בְּחִינַת עֵדֶן כנ"ל, עַד דָּוִד הִגְדִּיל וכו', וְדָוִד עַבְדִּי נָשִׂיא לָהֶם לְעוֹלָם בְּבִיאַת מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ בְּקָרוֹב מַמָּשׁ.