HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5741
MAAMARמאמר
וְאַתָּה תְּצַוֶּה
« Et toi, tu ordonneras »
Chabbat Tetsavé, 10 Adar I 5741 [1981]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשמ"א · 1981
MAAMARמאמר

ואתה תצוה

« Et toi, tu ordonneras »

Chabbat Tetsavé, 10 Adar I 5741 [1981]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ תצוה, יו"ד אדר-ראשון ה'תשמ"א — קונטרס פורים קטן ה'תשנ"ב. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ תצוה, יו"ד אדר-ראשון ה'תשמ"א — קונטרס פורים קטן ה'תשנ"ב. Traduction française littérale en regard.

Chapitre 1א

« Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël qu'ils prennent pour toi de l'huile d'olive limpide, concassée pour le luminaire, pour y élever une lumière perpétuelle. » On connaît les questions de précision soulevées à propos de ce verset : pour toutes les injonctions de la Torah, il est dit « Ordonne aux Enfants d'Israël » ou une formule semblable, alors qu'ici il est dit « Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël ». Il faut ajouter que cette précision, « Et tu ordonneras », ne porte pas uniquement sur la formulation, mais aussi sur le contenu, car les termes « Et tu ordonneras » signifient que c'est Moché qui ordonne. Or cela nécessite d'être éclairci, car Moché est l'émissaire chargé de transmettre à Israël l'injonction de HaKadoch Barou'h Hou. Pourquoi est-il donc dit « Et tu ordonneras » ?
"וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ כָּתִית לַמָּאוֹר לְהַעֲלֹת נֵר תָּמִיד", וִידוּעִים הַדִּיּוּקִים בָּזֶה דִּבְכָל הַצִּוּוּיִים שֶׁבַּתּוֹרָה נֶאֱמַר 'צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל' וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה, וְכָאן נֶאֱמַר "וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל", וּלְהוֹסִיף, דְּהַדִּיּוּק מַה שֶּׁכָּתוּב "וְאַתָּה תְּצַוֶּה" הוּא לֹא רַק בְּהַלָּשׁוֹן אֶלָּא גַּם בְּהַתֹּכֶן, דִּלְשׁוֹן "וְאַתָּה תְּצַוֶּה" מַשְׁמָע שֶׁמֹּשֶׁה הוּא הַמְצַוֶּה, וְצָרִיךְ לְהָבִין, הֲרֵי מֹשֶׁה הוּא הַשָּׁלִיחַ לִמְסֹר לְיִשְׂרָאֵל אֶת צִוּוּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וְלָמָּה נֶאֱמַר "וְאַתָּה תְּצַוֶּה".
Il faut également comprendre l'expression « ils t'apporteront », indiquant que l'huile devait être apportée à Moché (« à toi »). Car a priori, sachant que l'allumage des lumières était effectué par Aharon, pourquoi fallait-il apporter l'huile à Moché ? Il est également nécessaire de comprendre pourquoi il est dit « de l'huile, etc., concassée pour le luminaire », alors qu'il eût a priori convenu de dire « de l'huile, etc., pour éclairer ». Il faut également comprendre pourquoi, dans le verset suivant, il est dit « du soir jusqu'au matin », alors qu'ici il est dit « pour y élever une lumière perpétuelle ».
גַּם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶּׁכָּתוּב "וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ", שֶׁיָּבִיאוּ הַשֶּׁמֶן לְמֹשֶׁה (אֵלֶיךָ), דְּלִכְאוֹרָה, כֵּיוָן שֶׁהַעֲלָאַת הַנֵּרוֹת הָיְתָה עַל יְדֵי אַהֲרֹן, לָמָּה הֻצְרַךְ לְהָבִיא אֶת הַשֶּׁמֶן לְמֹשֶׁה. גַּם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶּׁכָּתוּב "שֶׁמֶן גוֹ' כָּתִית לַמָּאוֹר", דְּלִכְאוֹרָה הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר שֶׁמֶן גוֹ' לְהָאִיר. גַּם צָרִיךְ לְהָבִין, דְּבַפָּסוּק שֶׁלְּאַחַר זֶה נֶאֱמַר "מֵעֶרֶב עַד בֹּקֶר" וְכָאן נֶאֱמַר לְהַעֲלֹת נֵר תָּמִיד.

Chapitre 2ב

Et explique Sa Sainteté mon beau-père l'Admour (dans son célèbre maamar commençant par les mots Vékibel haYéhoudim, prononcé à Pourim Katan 5687 [1927]) que l'injonction (Tetsavé, « tu ordonneras ») est un tsavta, un lien et une union. Et c'est le sens de « Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël » : Moché attache et relie les Enfants d'Israël à l'Or Ein Sof [lumière infinie]. Et par l'influence que Moché exerce sur Israël (c'est-à-dire qu'il les relie à l'Or Ein Sof), il s'opère en Moché lui-même un avantage et un accroissement. [Car Moché et Israël sont comparables à la tête et au pied, ainsi qu'il est écrit : « Les six cent mille pieds du peuple au sein duquel Je suis », car tous les Enfants d'Israël sont les pieds de Moché, et Moché est leur tête.
וּמְבָאֵר כ"ק מו"ח אַדְמוֹ"ר (בְּמַאֲמָרוֹ הַיָּדוּעַ דִּבּור הַמַּתְחִיל וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים שֶׁנֶּאֱמַר בְּפוּרִים קָטָן תרפ"ז), דְּצִוּוּי (תְּצַוֶּה) הוּא צַוְתָא וְחִבּוּר. וְזֶהוּ "וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל", שֶׁמֹּשֶׁה הוּא מְקַשֵּׁר וּמְחַבֵּר אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל עִם אוֹר אֵין סוֹף. וְעַל יְדֵי שֶׁמֹּשֶׁה מַשְׁפִּיעַ לְיִשְׂרָאֵל (שֶׁמְּקַשֵּׁר אוֹתָם עִם אוֹר אֵין סוֹף), עַל יְדֵי זֶה נַעֲשֶׂה יִתְרוֹן וְהוֹסָפָה בְּמֹשֶׁה. [דְּמֹשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל הֵם דֻּגְמַת רֹאשׁ וְרֶגֶל, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב "שֵׁשׁ מֵאוֹת אֶלֶף רַגְלִי הָעָם אֲשֶׁר אָנֹכִי בְּקִרְבּוֹ", דְּכָל יִשְׂרָאֵל הֵם הָרַגְלַיִם דְּמֹשֶׁה, וּמֹשֶׁה הוּא הָרֹאשׁ שֶׁלָּהֶם.
Et tout comme chez l'homme les pieds conduisent la tête là où la tête ne peut se rendre par ses propres moyens, il en est de même s'agissant de Moché et d'Israël : à travers Israël (les pieds de Moché), s'ajoute en Moché une élévation. C'est ce qui est écrit : « Les six cent mille pieds du peuple au sein duquel Je suis » : grâce aux pieds du peuple est attirée la révélation de Anokhi [« Je »], bekirbo, « à l'intérieur » de Moché.] Et c'est le sens de « Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël et ils prendront pour toi de l'huile d'olive, etc. » : par le fait que Moché ordonnera aux Enfants d'Israël et les reliera à l'Or Ein Sof, les Enfants d'Israël apporteront à Moché de l'huile d'olive (« ils prendront pour toi »), c'est-à-dire qu'ils ajouteront en Moché un surcroît de lumière.
וּכְמוֹ שֶׁבָּאָדָם הָרַגְלַיִם מוֹלִיכִים אֶת הָרֹאשׁ לַמָּקוֹם שֶׁהָרֹאשׁ מִצַּד עַצְמוֹ אֵינוֹ יָכוֹל לְהַגִּיעַ לְשָׁם, כְּמוֹ כֵן הוּא בְּמֹשֶׁה וְיִשְׂרָאֵל, שֶׁעַל יְדֵי יִשְׂרָאֵל (הָרַגְלַיִם דְּמֹשֶׁה) מִתּוֹסֵף עִלּוּי בְּמֹשֶׁה, דְּזֶהוּ מַה שֶּׁכָּתוּב "שֵׁשׁ מֵאוֹת אֶלֶף רַגְלִי הָעָם אֲשֶׁר אָנֹכִי בְּקִרְבּוֹ", שֶׁעַל יְדֵי רַגְלֵי הָעָם נִמְשָׁךְ הַגִּלּוּי דְּאָנֹכִי בְּקִרְבּוֹ שֶׁל מֹשֶׁה]. וְזֶהוּ "וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת" גוֹ', דְּעַל יְדֵי שֶׁמֹּשֶׁה יְצַוֶּה וִיקַשֵּׁר אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל עִם אוֹר אֵין סוֹף, עַל יְדֵי זֶה יָבִיאוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁמֶן זַיִת לְמֹשֶׁה (וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ), שֶׁיּוֹסִיפוּ תּוֹסְפוֹת אוֹר בְּמֹשֶׁה.

Chapitre 3ג

Et pour expliquer cela, il expose en préambule dans le maamar que Moché Rabbénou est appelé Raaya Méheimna, expression qui reçoit deux interprétations : il est le berger fidèle d'Israël, et il nourrit et sustente Israël dans le domaine de l'émouna. En effet, l'émouna qui se trouve en Israël de par eux-mêmes, puisque les Enfants d'Israël sont des « croyants fils de croyants », peut demeurer à l'état transcendant [makif], et le fait que Moché fasse paître et sustente Israël dans le domaine de l'émouna consiste à faire en sorte que l'émouna soit intériorisée [pnimiyout]. C'est ce qui est écrit dans le Zohar : « Cette émouna supérieure sera nourrie et alimentée par ton intermédiaire » (par l'intermédiaire de Moché), car le fait que Moché nourrisse et sustente l'émouna signifie qu'il l'attire de façon intériorisée.
וּלְבָאֵר זֶה, מַקְדִּים בְּהַמַּאֲמָר שֶׁמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ נִקְרָא רַעֲיָא מְהֵימְנָא, דִּשְׁנֵי פֵּרוּשִׁים בָּזֶה, שֶׁהוּא רוֹעֶה נֶאֱמָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל, וְשֶׁהוּא זָן וּמְפַרְנֵס אֶת יִשְׂרָאֵל בְּעִנְיַן הָאֱמוּנָה. דְּהָאֱמוּנָה שֶׁיֶּשְׁנָהּ בְּיִשְׂרָאֵל מִצַּד עַצְמָם, שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם מַאֲמִינִים בְּנֵי מַאֲמִינִים, אֶפְשָׁר שֶׁתִּהְיֶה בִּבְחִינַת מַקִּיף, וְזֶה שֶׁמֹּשֶׁה רוֹעֶה וּמְפַרְנֵס אֶת יִשְׂרָאֵל בְּעִנְיַן הָאֱמוּנָה הוּא שֶׁהָאֱמוּנָה תִּהְיֶה בִּפְנִימִיּוּת. וְזֶהוּ מַה שֶּׁכָּתוּב בַּזֹּהַר "הַהִיא אֱמוּנָה דִּלְעֵילָא יִתְּזַן וְיִתְפַּרְנֵס מִנֵּיהּ עַל יָדְךָ" (עַל יְדֵי מֹשֶׁה), דְּזֶה שֶׁמֹּשֶׁה זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה הוּא שֶׁמַּמְשִׁיךְ אוֹתָהּ בִּפְנִימִיּוּת.
Et il poursuit dans le maamar : le fait que Moché soit Raaya Méheimna concerne aussi le prolongement [itpachtouta] de Moché présent en chaque génération, car les chefs des milliers d'Israël de chaque génération renforcent l'émouna d'Israël (de leur génération), de sorte que leur émouna soit intériorisée. Comme ce fut le cas de Mordekhaï, qui était le prolongement de Moché dans sa génération, ainsi que l'ont dit nos Sages : « Mordekhaï en sa génération fut comme Moché en sa génération ». En effet, même au temps du décret d'Haman, lorsque l'étude de la Torah et la pratique des mitsvot étaient alors liées à la mesirout néfech [don de soi], il réunit de grandes assemblées publiques pour raffermir l'émouna d'Israël en Havayé et les renforcer, afin qu'ils tiennent bon dans l'étude de la Torah et la pratique des mitsvot.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, דְּזֶה שֶׁמֹּשֶׁה הוּא רַעֲיָא מְהֵימְנָא, הַכַּוָּנָה בָּזֶה הִיא גַּם לְאִתְפַּשְּׁטוּתָא דְּמֹשֶׁה שֶׁבְּכָל דּוֹר, דְּרָאשֵׁי אַלְפֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁבְּכָל דּוֹר הֵם מְחַזְּקִים אֶת הָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל (שֶׁבְּדוֹרָם), שֶׁהָאֱמוּנָה שֶׁלָּהֶם תִּהְיֶה בִּפְנִימִיּוּת. וּכְמוֹ מָרְדְּכַי, שֶׁהָיָה הָאִתְפַּשְּׁטוּתָא דְּמֹשֶׁה שֶׁבְּדוֹרוֹ, כְּמַאֲמַר רַזַַ"ל שֶׁמָּרְדְּכַי בְּדוֹרוֹ כְּמֹשֶׁה בְּדוֹרוֹ, שֶׁגַּם בִּזְמַן גְּזֵרַת הָמָן, שֶׁלִּמּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּם הַמִּצְווֹת אָז הָיָה קָשׁוּר עִם מְסִירוּת נֶפֶשׁ, הִקְהִיל קְהִלּוֹת בָּרַבִּים לְחַזֵּק אֶת אֱמוּנָתָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל בַּהֲוָיָ' וְלַעֲמֹד חָזָק בְּלִמּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּם הַמִּצְווֹת.
Et après avoir longuement expliqué que Moché et son prolongement en chaque génération raffermissent la foi d'Israël, il explique la précision du langage du passouk « de l'huile… concassée pour le luminaire » (« pour le luminaire » et non « pour éclairer ») : au temps de la galout, lorsque chacun est brisé et écrasé, « concassé », on parvient par là au luminaire (l'essence), d'où émane la lumière. Et il faut comprendre le rapport entre cette interprétation de « concassée pour le luminaire » et ce qui est expliqué auparavant (dans le maamar), à savoir que Moché [et son prolongement en chaque génération] nourrit et sustente l'émouna de sorte qu'elle soit intériorisée.
וּלְאַחֲרֵי שֶׁמְּבָאֵר בָּאֲרֻכָּה שֶׁמֹּשֶׁה וְאִתְפַּשְּׁטוּתָא דִּילֵיהּ שֶׁבְּכָל דָּרָא מְחַזְּקִים אֶת הָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל, מְבָאֵר דִּיּוּק לְשׁוֹן הַכָּתוּב "שֶׁמֶן גוֹ' כָּתִית לַמָּאוֹר" (לַמָּאוֹר וְלֹא לְהָאִיר), שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת, שֶׁכָּל אֶחָד וְאֶחָד הוּא נִשְׁבָּר וְנִדְכָּא, כָּתִית, עַל יְדֵי זֶה מַגִּיעִים לַמָּאוֹר (הָעֶצֶם) שֶׁמִּמֶּנּוּ נִמְצָא הָאוֹר. וְצָרִיךְ לְהָבִין הַשַּׁיָּכוּת דְּהַפֵּרוּשׁ בְּכָתִית לַמָּאוֹר לְהַמְּבֹאָר (בְּהַמַּאֲמָר) לִפְנֵי זֶה שֶׁמֹּשֶׁה [וְאִתְפַּשְּׁטוּתָא דִּילֵיהּ שֶׁבְּכָל דָּרָא] זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה שֶׁתִּהְיֶה בִּפְנִימִיּוּת.

Chapitre 4ד

Or, l'explication du verset Véata tetsavé, « Et toi, tu ordonneras », vient (dans le maamar) à la suite de ce qui est expliqué au début du maamar : le sens de « Les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire » est qu'ils acceptèrent ce qu'ils avaient commencé au moment de Matan Torah [le don de la Torah]. Car lors de Matan Torah, il y eut le commencement (« ils avaient commencé à faire »), et aux jours d'A'hachvéroch (au temps du décret d'Haman), il y eut l'engagement : « Les Juifs s'engagèrent ». [Et cela est à l'image de l'enseignement de nos Sages sur le verset « Les Juifs accomplirent et s'engagèrent » : ils accomplirent ce à quoi ils s'étaient déjà engagés. Car le fait qu'ils firent précéder « Nous ferons » à « Nous entendrons » lors de Matan Torah ne fut que l'engagement, et aux jours d'A'hachvéroch, ils accomplirent ce à quoi ils s'étaient engagés.]
וְהִנֵּה הַבֵּאוּר בַּפָּסוּק "וְאַתָּה תְּצַוֶּה" בָּא (בְּהַמַּאֲמָר) בְּהֶמְשֵׁךְ לְהַמְּבֹאָר בִּתְחִלַּת הַמַּאֲמָר, דְּפֵרוּשׁ "וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים אֵת אֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת" הוּא שֶׁקִּבְּלוּ מַה שֶּׁהֵחֵלּוּ בְּהַזְּמַן דְּמַתַּן תּוֹרָה. דִּבְמַתַּן תּוֹרָה הָיְתָה הַהַתְחָלָה (הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת), וּבִימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ (בִּזְמַן גְּזֵרַת הָמָן) הָיְתָה הַקַּבָּלָה, וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים. [וְעַל דֶּרֶךְ מַאֲמַר רַזַ"ל עַל הַפָּסוּק "קִיְּמוּ וְקִבְּלוּ הַיְּהוּדִים", קִיְּמוּ מַה שֶּׁקִּבְּלוּ כְּבָר, דְּזֶה שֶׁהִקְדִּימוּ נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמַע בְּמַתַּן תּוֹרָה, הָיְתָה רַק הַקַּבָּלָה, וּבִימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ קִיְּמוּ מַה שֶּׁקִּבְּלוּ].
Et il relève dans le maamar qu'il y a là, a priori, un fait surprenant : lors de Matan Torah, Israël se trouvait au plus haut degré d'élévation, et ils bénéficièrent alors d'une révélation de Divinité du plus haut degré [car, en plus du fait qu'avant même Matan Torah il y avait eu des révélations extrêmement élevées, la révélation lors de la sortie d'Égypte et, en particulier, lors de l'ouverture de la mer Rouge, la révélation au moment de Matan Torah fut une révélation plus élevée encore] ; et aux jours d'A'hachvéroch, Israël se trouvait alors au plus bas degré, car au-delà du voilement et de l'occultation propres à toute galout [chaque galout étant à l'image de la galout d'Égypte : de même qu'au sujet de la galout d'Égypte il est écrit « Ils n'écoutèrent pas Moché, à cause de leur souffle court et du dur labeur », il en est ainsi dans toute galout, où se présentent diverses épreuves dans l'accomplissement de la Torah et des mitsvot], à cette époque (au temps du décret d'Haman), le voilement et l'occultation furent plus grands encore. Et malgré cela, au temps de Matan Torah, lorsqu'Israël se trouvait au plus haut degré d'élévation, il n'y eut que le commencement (« ils avaient commencé à faire »), et au temps du décret d'Haman, lorsqu'ils étaient au plus bas de l'abaissement, c'est précisément alors qu'ils acceptèrent ce qu'ils avaient commencé lors de Matan Torah.
וּמְדַיֵּק בְּהַמַּאֲמָר, שֶׁלִּכְאוֹרָה הוּא דְּבַר פֶּלֶא, דִּבְמַתַּן תּוֹרָה הָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּתַכְלִית הָעִלּוּי, וְהָיָה אָז אֶצְלָם גִּלּוּי אֱלֹקוּת בְּדַרְגָּא הֲכִי נַעֲלֵית [דְּנוֹסָף לָזֶה שֶׁגַּם קֹדֶם מַתַּן תּוֹרָה הָיוּ גִּלּוּיִים נַעֲלִים בְּיוֹתֵר, הַגִּלּוּי שֶׁהָיָה בִּיצִיאַת מִצְרַיִם וּבִפְרָט בִּקְרִיעַת יַם סוּף, הִנֵּה הַגִּלּוּי שֶׁהָיָה בִּשְׁעַת מַתַּן תּוֹרָה הָיָה גִּלּוּי נַעֲלֶה עוֹד יוֹתֵר], וּבִימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ הָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּתַכְלִית הַיְרִידָה, דְּנוֹסָף לְהַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר שֶׁבְּכָל גָּלוּת [דְּכָל גָּלוּת הוּא בְּדֻגְמַת גָּלוּת מִצְרַיִם, וּכְמוֹ שֶׁבְּגָלוּת מִצְרַיִם כְּתִיב "וְלֹא שָׁמְעוּ אֶל מֹשֶׁה מִקֹּצֶר רוּחַ וּמֵעֲבֹדָה קָשָׁה", עַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא בְּכָל גָּלוּת, שֶׁיֶּשְׁנָם כַּמָּה נִסְיוֹנוֹת בְּקִיּוּם הַתּוֹרָה וְהַמִּצְווֹת], הִנֵּה אָז (בִּזְמַן גְּזֵרַת הָמָן) הָיָה הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר עוֹד יוֹתֵר, וְאַף עַל פִּי כֵן, בִּזְמַן מַתַּן תּוֹרָה, כְּשֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּתַכְלִית הָעִלּוּי, הָיְתָה רַק הַהַתְחָלָה (הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת), וּבִזְמַן גְּזֵרַת הָמָן, כְּשֶׁהָיוּ בְּתַכְלִית הַשִּׁפְלוּת, אָז דַּוְקָא קִבְּלוּ מַה שֶּׁהֵחֵלּוּ בְּמַתַּן תּוֹרָה.
Et il explique à ce sujet qu'au temps du décret, leur accomplissement de la Torah et des mitsvot se faisait avec mesirout néfech [don total de soi]. [Car en plus du fait qu'ils firent preuve de mesirout néfech en refusant de renier, à D.ieu ne plaise [comme il est expliqué dans Torah Or : s'ils avaient renié leur religion, on ne leur aurait rien fait, car le décret ne visait que les Juifs ; et pourtant, nulle pensée étrangère ne leur vint à l'esprit, à D.ieu ne plaise], ils firent preuve de mesirout néfech également pour l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, au point de rassembler des assemblées en public pour étudier la Torah avec mesirout néfech.]
וּמְבָאֵר בָּזֶה, דְּבִזְמַן הַגְּזֵרָה, הָיָה קִיּוּם הַתּוֹרָה וּמִצְוֹת שֶׁלָּהֶם בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ. [דְּנוֹסָף לָזֶה שֶׁהָיָה לָהֶם מְסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלֹּא לִכְפֹּר חַס וְשָׁלוֹם [כַּמְּבֹאָר בְּ"תוֹרָה אוֹר", שֶׁבְּאִם הָיוּ מְמִירִים דָּתָם לֹא הָיוּ עוֹשִׂים לָהֶם כְּלוּם, כִּי הַגְּזֵרָה הָיְתָה רַק עַל הַיְּהוּדִים, וְאַף עַל פִּי כֵן לֹא עָלְתָה עַל דַּעְתָּם מַחְשֶׁבֶת חוּץ חַס וְשָׁלוֹם], הָיָה לָהֶם מְסִירוּת נֶפֶשׁ גַּם עַל קִיּוּם הַתּוֹרָה וּמִצְוֹת. וְעַד שֶׁהִקְהִילוּ קְהִלּוֹת בָּרַבִּים לִלְמֹד תּוֹרָה בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ].
Et l'éveil de leur mesirout néfech fut l'œuvre de Mordekhaï haYéhoudi, le Moché de sa génération. Et c'est le sens de « Les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire » : lors de Matan Torah, il n'y eut que le commencement, et au temps du décret d'Haman, il y eut l'engagement, car par le fait qu'ils eurent alors une mesirout néfech effective pour la Torah et les mitsvot, ils s'élevèrent (dans ce domaine) à un niveau supérieur à celui qui était le leur au temps de Matan Torah ; c'est pourquoi c'est précisément alors qu'il y eut l'engagement : « Les Juifs s'engagèrent ». Et, a priori, on peut dire que l'interprétation de « concassé pour le luminaire », à savoir que c'est par le fait d'être katit, « concassé » (brisé et écrasé), que l'on parvient au luminaire [maor], est une explication du fait que c'est précisément au temps du décret qu'ils parvinrent à une mesirout néfech d'un degré extrêmement élevé.
וְהִתְעוֹרְרוּת הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלָּהֶם הָיְתָה עַל יְדֵי מָרְדְּכַי הַיְּהוּדִי, מֹשֶׁה שֶׁבְּדוֹרוֹ. וְזֶהוּ "וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים אֵת אֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת", דִּבְמַתַּן תּוֹרָה הָיְתָה רַק הַהַתְחָלָה וּבִזְמַן גְּזֵרַת הָמָן הָיְתָה הַקַּבָּלָה, כִּי עַל יְדֵי שֶׁהָיָה לָהֶם אָז מְסִירוּת נֶפֶשׁ בְּפֹעַל עַל תּוֹרָה וּמִצְוֹת נִתְעַלּוּ (בְּעִנְיָן זֶה) לְמַדְרֵגָה נַעֲלֵית יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ בִּזְמַן מַתַּן תּוֹרָה, וְלָכֵן אָז דַּוְקָא הָיְתָה הַקַּבָּלָה, וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים. וְלִכְאוֹרָה יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהַפֵּרוּשׁ בְּכָתִית לַמָּאוֹר, שֶׁעַל יְדֵי כָּתִית (נִשְׁבָּר וְנִדְכָּא) מַגִּיעִים לְהַמָּאוֹר, הוּא בֵּאוּר עַל זֶה שֶׁבִּזְמַן הַגְּזֵרָה דַּוְקָא בָּאוּ לִמְסִירוּת נֶפֶשׁ בְּאֹפֶן נַעֲלֶה בְּיוֹתֵר.
Car la mesirout néfech émane de l'essence de la Nechama, qui est au-delà de toute révélation, le « luminaire » (dont procède la lumière) ; et par le fait qu'ils se trouvaient alors dans un état de « concassé » (brisés et écrasés), l'essence de la Nechama, le « luminaire », s'est révélée. Cependant, de la suite et de l'ordre des sujets dans le maamar, où l'interprétation de « concassé pour le luminaire » vient après le sujet de Raaya Méheimna, il ressort que « concassé pour le luminaire » est lié également au fait que Moché nourrit et sustente l'émouna pour qu'elle soit intériorisée.
כִּי מְסִירוּת נֶפֶשׁ הִיא מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה מִגִּלּוּי, מָאוֹר (שֶׁמִּמֶּנּוּ נִמְצָא הָאוֹר), וְעַל יְדֵי שֶׁהָיוּ אָז בְּמַצָּב דְּכָתִית (נִשְׁבָּר וְנִדְכָּא), נִתְגַּלָּה עֶצֶם הַנְּשָׁמָה, מָאוֹר. אֲבָל מֵהֶמְשֵׁךְ וְסֵדֶר הָעִנְיָנִים בְּהַמַּאֲמָר שֶׁהַפֵּרוּשׁ בְּכָתִית לַמָּאוֹר בָּא לְאַחֲרֵי הָעִנְיָן דְּרַעֲיָא מְהֵימְנָא, מַשְׁמָע, דְּעִנְיַן כָּתִית לַמָּאוֹר שַׁיָּךְ גַּם לָזֶה שֶׁמֹּשֶׁה זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה שֶׁתִּהְיֶה בִּפְנִימִיּוּת.

Chapitre 5ה

Et il faut expliquer cela d'après le principe connu selon lequel, si les Juifs ont une émouna simple en la Divinité, sans avoir besoin de preuves à ce sujet, c'est pour deux raisons. D'une part, parce que « leur Mazal voit » : l'âme qui est en haut voit la Divinité (une vision qui transcende l'intellect), et cela suscite dans l'âme qui est dans le corps l'émouna en la Divinité. Une autre explication est que la racine de l'émouna réside dans l'essence de l'âme (qui est au-delà de « leur Mazal voit »). En effet, le lien qui unit l'essence de l'âme à la Divinité est un lien intrinsèque (qui ne dépend d'aucune cause, pas même de la vision qui transcende l'intellect).
וְיֵשׁ לְבָאֵר זֶה עַל פִּי הַיָּדוּעַ דְּזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל מַאֲמִינִים בֵּאלֹקוּת בֶּאֱמוּנָה פְּשׁוּטָה, וְאֵין צְרִיכִים רְאָיוֹת עַל זֶה, הוּא מִצַּד שְׁנֵי טְעָמִים. לְפִי שֶׁמַּזָּלַיְיהוּ חָזֵי. דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה רוֹאָה אֱלֹקוּת (רְאִיָּה שֶׁלְּמַעְלָה מִשֵּׂכֶל), וְזֶה פּוֹעֵל בְּהַנְּשָׁמָה שֶׁבַּגּוּף הָאֱמוּנָה בֵּאלֹקוּת. וְעוֹד בֵּאוּר, דְּשֹׁרֶשׁ הָאֱמוּנָה הוּא מֵעֶצֶם הַנְּשָׁמָה (שֶׁלְּמַעְלָה מִמַּזְלֵיהּ חָזֵי). דְּזֶה שֶׁעֶצֶם הַנְּשָׁמָה מְקֻשֶּׁרֶת בֵּאלֹקוּת הִיא הִתְקַשְּׁרוּת עַצְמִית (שֶׁאֵינָהּ תְּלוּיָה בְּסִבָּה, גַּם לֹא בְּעִנְיַן הָרְאִיָּה שֶׁלְּמַעְלָה מִשֵּׂכֶל).
On peut avancer que, parmi les différences entre ces deux explications (ces deux notions), l'une est que l'émouna de l'âme revêtue dans le corps, qui provient de la vision de l'âme qui est en haut, est de l'ordre de l'englobant [makif]. En effet, du fait que l'âme qui est en haut est au-delà du revêtement dans le corps, l'action qu'elle exerce sur l'âme revêtue dans le corps est de l'ordre de l'englobant [makif]. Et pour que l'émouna (de l'âme revêtue dans le corps) soit dans la pnimiyout, cela se fait par la révélation du lien intrinsèque de l'essence de l'âme. Car l'essence de l'âme est l'essence de l'âme revêtue dans le corps. C'est pourquoi l'émouna de l'âme revêtue dans le corps qui provient de l'essence de l'âme est dans sa pnimiyout.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּמֵהַחִילּוּקִים שֶׁבֵּין שְׁנֵי הַבֵּאוּרִים (הָעִנְיָנִים) הוּא, דְּהָאֱמוּנָה בְּהַנְּשָׁמָה הַמְלֻבֶּשֶׁת בַּגּוּף הַבָּאָה מֵרְאִיַּת הַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה הִיא בִּבְחִינַת מַקִּיף. דְּכֵיוָן שֶׁהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה הִיא לְמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת לָכֵן פְּעֻלָּתָהּ בְּהַנְּשָׁמָה הַמְלֻבֶּשֶׁת בַּגּוּף הִיא בִּבְחִינַת מַקִּיף. וּבִכְדֵי שֶׁהָאֱמוּנָה (בְּהַנְּשָׁמָה הַמְלֻבֶּשֶׁת בַּגּוּף) תִּהְיֶה בִּפְנִימִיּוּת, הוּא עַל יְדֵי גִּלּוּי הַהִתְקַשְּׁרוּת עַצְמִית דְּעֶצֶם הַנְּשָׁמָה. כִּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה הִיא הָעֶצֶם שֶׁל הַנְּשָׁמָה הַמְלֻבֶּשֶׁת בְּהַגּוּף, וְלָכֵן, הָאֱמוּנָה דְּהַנְּשָׁמָה הַמְלֻבֶּשֶׁת בְּהַגּוּף שֶׁמִּצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה הִיא בִּפְנִימִיּוּתָהּ.
D'après ceci, il est possible d'expliquer l'enchaînement des thèmes dans le maamar, où la notion de « (concassé) pour le luminaire » [(katit) lamaor] vient à la suite de l'explication de la notion de « berger de la foi » [Raaya Méheimna]. En effet, Moché nourrit et entretient l'émouna afin qu'elle soit dans la pnimiyout, et il le fait en révélant l'essence de l'âme (qui est au-delà de « leur Mazal voit »), le luminaire [maor] qui dépasse la lumière [or]. Il est écrit « concassé pour le luminaire » [katit lamaor], et le maamar explique que l'on parvient au luminaire en étant « concassé » au temps du galout. La raison en est que l'essentiel de la révélation de l'essence de l'âme (le « luminaire ») réside dans le don total de soi [mesirout nefech] (qui se fait essentiellement au temps du galout), comme on le verra plus loin.
וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לְבָאֵר קֶשֶׁר הָעִנְיָנִים שֶׁבְּהַמַּאֲמָר, שֶׁהָעִנְיָן דְּ(כָּתִית) לַמָּאוֹר בָּא בְּהֶמְשֵׁךְ לְבֵאוּר הָעִנְיָן דְּרַעֲיָא מְהֵימְנָא, כִּי זֶה שֶׁמֹּשֶׁה זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה שֶׁתִּהְיֶה בִּפְנִימִיּוּת הוּא עַל יְדֵי שֶׁהוּא מְגַלֶּה אֶת עֶצֶם הַנְּשָׁמָה (שֶׁלְּמַעְלָה מִמַּזְלֵיהּ חָזֵי), מָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵאוֹר. וּמַה שֶּׁכָּתוּב "כָּתִית לַמָּאוֹר", וּמְבָאֵר בְּהַמַּאֲמָר שֶׁבִּכְדֵי לְהַגִּיעַ לְהַמָּאוֹר הוּא עַל יְדֵי הָעִנְיָן דְּכָתִית שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת, הוּא, כִּי עִיקַּר הַגִּלּוּי דְּעֶצֶם הַנְּשָׁמָה (מָאוֹר) הוּא בְּעִנְיַן הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ (שֶׁעִקָּרוֹ הוּא בִּזְמַן הַגָּלוּת), כְּדִלְקַמָּן.

Chapitre 6ו

L'explication de cela est la suivante : le fait que l'émouna d'Israël soit telle qu'il donne sa vie pour cela découle (principalement) de l'émouna qui relève de l'essence de l'âme. Car l'émouna qui résulte du fait qu'il voit la Divinité (« son Mazal voit »), bien qu'elle soit d'une grande intensité [comme il est notoire que la conviction engendrée par la vision est une conviction extrêmement puissante], néanmoins, dans la mesure où son émouna découle d'une cause (du fait qu'il voit) et n'est pas liée à l'essence de son être, il n'en découle pas nécessairement qu'il donne sa vie pour cela. Et si l'émouna d'Israël est telle qu'il donne sa vie pour cela, c'est parce que l'émouna dans la Divinité constitue son essence même, c'est pourquoi il lui est absolument impossible de la renier, à D.ieu ne plaise.
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּזֶה שֶׁהָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל הִיא בְּאֹפֶן שֶׁהוּא מוֹסֵר נַפְשׁוֹ עַל זֶה, הוּא (בְּעִקָּר) בְּהָאֱמוּנָה שֶׁמִּצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה. דְּהָאֱמוּנָה מִצַּד זֶה שֶׁהוּא רוֹאֶה (מַזְלֵיהּ חָזֵי), הֲגַם שֶׁהִיא בְּתֹקֶף גָּדוֹל [כַּיָּדוּעַ דְּהַהִתְאַמְּתוּת שֶׁמִּצַּד הָרְאִיָּה הִיא הִתְאַמְּתוּת גְּדוֹלָה בְּיוֹתֵר], מִכָּל מָקוֹם, כֵּיוָן שֶׁהָאֱמוּנָה שֶׁלּוֹ הִיא מִצַּד סִבָּה (מִצַּד זֶה שֶׁרוֹאֶה) וְאֵינָהּ קְשׁוּרָה עִם עֶצֶם מְצִיאוּתוֹ, אֵינוֹ מֻכְרָח שֶׁיִּמְסֹר נַפְשׁוֹ עַל זֶה, וְזֶה שֶׁהָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל הִיא בְּאֹפֶן שֶׁהוּא מוֹסֵר נַפְשׁוֹ עַל זֶה הוּא מִפְּנֵי שֶׁהָאֱמוּנָה בֵּאלֹקוּת הִיא הָעֶצֶם שֶׁלּוֹ, וְלָכֵן אִי אֶפְשָׁר כְּלָל שֶׁיִּכְפֹּר חַס וְשָׁלוֹם.
Ce qui précède permet d'expliquer l'affirmation du maamar selon laquelle le fait que Moché est le « berger de l'émouna » (qui nourrit et sustente l'émouna) s'applique également aux bergers d'Israël de chaque génération (« le prolongement de Moché présent en chaque génération »), qui renforcent l'émouna d'Israël afin qu'Israël tienne ferme avec mesirout néfech [don total de soi] dans l'accomplissement de la Torah et des mitsvot. Car, à première vue, le fait que Moché nourrisse et sustente l'émouna s'opère (comme cela est expliqué en différents endroits, y compris dans ce maamar même) en communiquant à Israël la connaissance de la Divinité [Daat beÉlokout], par laquelle l'émouna pénètre dans l'intériorité, et le fait que les bergers d'Israël de chaque génération renforcent l'émouna (comme l'explique ce maamar) consiste en ce que l'émouna d'Israël soit empreinte de mesirout néfech.
וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לְבָאֵר מַה שֶּׁכָּתוּב בְּהַמַּאֲמָר דְּזֶה שֶׁמֹּשֶׁה הוּא רַעֲיָא מְהֵימְנָא (שֶׁהוּא זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה) הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְרוֹעֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁבְּכָל דּוֹר (אִתְפַּשְּׁטוּתָא דְּמֹשֶׁה שֶׁבְּכָל דָּרָא) שֶׁהֵם מְחַזְּקִים אֶת הָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל שֶׁיַּעַמְדוּ בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ בְּקִיּוּם הַתּוֹרָה וּמִצְוֹת. דְּלְכִאוֹרָה, זֶה שֶׁמֹּשֶׁה זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה הוּא (כַּמְּבֹאָר בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת וְגַם בְּמַאֲמָר זֶה עַצְמוֹ) עַל יְדֵי שֶׁמַּשְׁפִּיעַ לְיִשְׂרָאֵל דַּעַת בֵּאלֹקוּת שֶׁעַל יְדֵי זֶה בָּאָה הָאֱמוּנָה בִּפְנִימִיּוּת, וְזֶה שֶׁרוֹעֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁבְּכָל דּוֹר מְחַזְּקִים הָאֱמוּנָה (הַמְּבֹאָר בְּמַאֲמָר זֶה) הוּא שֶׁהָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל תִּהְיֶה בְּאֹפֶן דִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ.
D'après ce qui a été dit plus haut, on peut dire que le rôle essentiel du « berger de l'émouna » est de nourrir et de sustenter l'émouna elle-même, de sorte que l'émouna ne soit pas seulement telle qu'elle est du fait des révélations (du fait que l'âme, en haut, voit la Divinité), mais qu'elle relève de l'essence de l'âme. Quant au fait que Moché attire l'émouna dans l'intériorité (dans la connaissance et la compréhension), c'est là une conséquence du fait qu'il nourrit et sustente l'émouna elle-même (l'épanchement et la révélation de l'émouna telle qu'elle relève de l'essence de l'âme). Comme il a été dit plus haut (au chapitre 5), l'épanchement de l'émouna dans l'intériorité (dans la Daat) s'opère à travers la révélation du lien essentiel qui relève de l'essence de l'âme.
וְעַל פִּי הַנִּזְכָּר לְעֵיל יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁעִיקַּר הָעִנְיָן דְּרַעֲיָא מְהֵימְנָא הוּא זֶה שֶׁהוּא זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה עַצְמָהּ, שֶׁהָאֱמוּנָה תִּהְיֶה לֹא רַק כְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד הַגִּלּוּיִים (מִצַּד זֶה שֶׁהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה רוֹאָה אֱלֹקוּת) אֶלָּא מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה. וְזֶה שֶׁמֹּשֶׁה מַמְשִׁיךְ אֶת הָאֱמוּנָה בִּפְנִימִיּוּת (בְּדַעַת וְהַשָּׂגָה) הוּא תּוֹצָאָה מִזֶּה שֶׁהוּא זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה עַצְמָהּ (הַמְשָׁכַת וְגִלּוּי הָאֱמוּנָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה). וְכַנַּ"ל (סְעִיף ה), דְּהַמְשָׁכַת הָאֱמוּנָה בִּפְנִימִיּוּת (בְּדַעַת) הוּא עַל יְדֵי גִּלּוּי הַהִתְקַשְּׁרוּת עַצְמִית דְּעֶצֶם הַנְּשָׁמָה.
Ceci permet d'affirmer que, du fait qu'aux générations où une mesirout néfech concrète fut nécessaire, les bergers d'Israël (« le prolongement de Moché ») aient renforcé l'émouna d'Israël de manière à ce qu'elle soit empreinte de mesirout néfech, la dimension de « berger de l'émouna » (sous cet aspect) fut encore plus manifeste chez eux que chez Moché lui-même. Car l'épanchement et la révélation de l'émouna telle qu'elle relève de l'essence de l'âme [opérés par Moché et par son prolongement en chaque génération] se manifestent principalement par une mesirout néfech concrète.
וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לוֹמַר, דִּבְזֶה שֶׁבְּהַדּוֹרוֹת שֶׁהֻצְרְכוּ לִמְסִירוּת נֶפֶשׁ בְּפֹעַל חִזְּקוּ רוֹעֵי יִשְׂרָאֵל (אִתְפַּשְּׁטוּתָא דְּמֹשֶׁה) אֶת הָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל שֶׁתִּהְיֶה בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ, נִתְגַּלָּה הָעִנְיָן דְּרַעֲיָא מְהֵימְנָא (בְּעִנְיָן זֶה) עוֹד יוֹתֵר מִבְּמֹשֶׁה עַצְמוֹ, כִּי הַמְשָׁכַת וְגִלּוּי הָאֱמוּנָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה [שֶׁעַל יְדֵי מֹשֶׁה וְאִתְפַּשְּׁטוּתָא דִּילֵיהּ שֶׁבְּכָל דָּרָא], עִיקַּר הִתְגַּלּוּתָהּ הוּא מְסִירוּת נֶפֶשׁ בְּפֹעַל.

Chapitre 7ז

Or, il est connu que c'est à Pourim (lors du décret d'Haman) qu'il y eut la mesirout néfech [don total de soi] concrète de l'ensemble d'Israël pour la Torah et les mitsvot. Car la mesirout néfech de 'Hanoucca (lors du décret des Grecs) fut (principalement) le fait de Matityahou et de ses fils, alors que la mesirout néfech lors du décret d'Haman fut le fait de tout Israël. Ceci permet d'expliquer ce que le maamar rapporte du Midrash : « Mordekhaï dans sa génération fut l'équivalent de Moché dans sa génération ». En effet, bien que le « prolongement de Moché » soit présent en chaque génération, il est néanmoins dit dans le Midrash que c'est Mordekhaï (précisément) qui fut, dans sa génération, l'équivalent de Moché dans la sienne.
וְהִנֵּה יָדוּעַ שֶׁהַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ בְּפֹעַל עַל תּוֹרָה וּמִצְוֹת שֶׁל כָּל יִשְׂרָאֵל הָיְתָה בְּפוּרִים (בִּזְמַן גְּזֵרַת הָמָן). שֶׁהַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ דַּחֲנֻכָּה (בִּזְמַן גְּזֵרַת יָוָן) הָיְתָה (בְּעִקָּר) בְּמַתִּתְיָהוּ וּבָנָיו, וְהַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ בִּזְמַן גְּזֵרַת הָמָן הָיְתָה בְּכָל יִשְׂרָאֵל. וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לְבָאֵר מַה שֶׁמּוּבָא בְּהַמַּאֲמָר מִמִּדְרָשׁ שֶׁמָּרְדְּכַי הָיָה שָׁקוּל בְּדוֹרוֹ כְּמֹשֶׁה בְּדוֹרוֹ, דַּהֲגַם שֶׁאִתְפַּשְּׁטוּתָא דְּמֹשֶׁה הוּא בְּכָל דּוֹר, מִכָּל מָקוֹם אִיתָא בְּמִדְרָשׁ שֶׁמָּרְדְּכַי (דַּוְקָא) הָיָה שָׁקוּל בְּדוֹרוֹ כְּמֹשֶׁה בְּדוֹרוֹ.
On peut dire que parmi les qualités de Mordekhaï le Juif se trouve le fait qu'il fut (de façon manifeste) le « berger fidèle » de tout Israël en sa génération, à l'image de Moché, le berger fidèle, qui attira la connaissance [Daat] vers tout Israël en sa génération, comme on le comprend aussi du fait que la génération de Moché (tous les gens de sa génération) est appelée « la génération de la connaissance » [dor dé'a]. [Mais chez Moché, ceci (le fait qu'il soit le berger fidèle de tout Israël) se manifesta par le fait qu'il attira la connaissance vers tous les gens de sa génération, alors que chez Mordekhaï, cela se manifesta par le fait qu'il révéla la force de mesirout néfech présente chez tous les gens de sa génération.]
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁמֵּהַמַּעֲלוֹת דְּמָרְדְּכַי הַיְּהוּדִי הוּא שֶׁהוּא הָיָה הָרַעֲיָא מְהֵימְנָא (בְּגִלּוּי) שֶׁל כָּל יִשְׂרָאֵל שֶׁבְּדוֹרוֹ. בְּדֻגְמַת מֹשֶׁה רַעֲיָא מְהֵימְנָא שֶׁהִמְשִׁיךְ דַּעַת לְכָל יִשְׂרָאֵל שֶׁבְּדוֹרוֹ, כַּמּוּבָן גַּם מִזֶּה שֶׁדּוֹרוֹ שֶׁל מֹשֶׁה (כָּל אַנְשֵׁי דּוֹרוֹ) נִקְרָא דּוֹר דֵּעָה, [אֶלָּא שֶׁבְּמֹשֶׁה הָיָה גִּלּוּי עִנְיָן זֶה (שֶׁהוּא רַעֲיָא מְהֵימְנָא דְּכָל יִשְׂרָאֵל) עַל יְדֵי שֶׁהִמְשִׁיךְ דַּעַת לְכָל אַנְשֵׁי דּוֹרוֹ, וּבְמָרְדְּכַי הָיָה גִּלּוּי עִנְיָן זֶה עַל יְדֵי שֶׁגִּלָּה כֹּחַ הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁבְּכָל אַנְשֵׁי דּוֹרוֹ].
Et l'on peut dire qu'en rapportant dans le maamar ce qui est écrit dans le Midrash, à savoir que « Mordekhaï dans sa génération fut l'équivalent de Moché dans sa génération », l'auteur du maamar statua par là même à son propre égard, c'est-à-dire qu'il est le « berger fidèle » (de façon manifeste) de tous les gens de la génération.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּעַל יְדֵי שֶׁמֵּבִיא בְּהַמַּאֲמָר מַה שֶּׁכָּתוּב בַּמִּדְרָשׁ שֶׁמָּרְדְּכַי בְּדוֹרוֹ הָיָה שָׁקוּל כְּמֹשֶׁה בְּדוֹרוֹ, עַל יְדֵי זֶה פָּסַק בַּעַל הַמַּאֲמָר אֶת הַדִּין עַל עַצְמוֹ, שֶׁהוּא הָרַעֲיָא מְהֵימְנָא (בְּגִלּוּי) שֶׁל כָּל אַנְשֵׁי הַדּוֹר.

Chapitre 8ח

Ce qui précède permet d'expliquer le lien (et l'ordre) des sujets (dans le maamar) qui expliquent le passouk « Et toi, tu ordonneras [Véata tetsavé] », etc. En premier lieu, il explique le sens de « Et toi, tu ordonneras aux Enfants d'Israël » : Moché est celui qui rattache et relie les Enfants d'Israël (à l'Or Ein Sof) parce qu'il nourrit et sustente l'émouna. Ensuite, il explique que les bergers d'Israël de chaque génération (le prolongement de Moché) renforcent eux aussi l'émouna d'Israël. Ainsi, Mordekhaï (le Moché de sa génération) renforça l'émouna d'Israël, afin qu'ils se maintiennent fermement dans l'étude de la Torah et la pratique des mitsvot. Puis il explique le sens de « concassée pour le luminaire [katit lamaor] », qui figure dans le passouk « Et toi, tu ordonneras », lequel parle a priori de Moché lui-même. En effet, Moché révèle le niveau de « luminaire » d'Israël (l'essence de la Nechama) principalement par ceux qui sont son prolongement à l'époque de la galout (« concassée »). Ceux-ci ont éveillé chez Israël leur force de mesirout néfech, et c'est principalement par elle que se révèle l'essence de la Nechama, le « luminaire ».
וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לְבָאֵר קֶשֶׁר (וְסֵדֶר) הָעִנְיָנִים (בְּהַמַּאֲמָר) בְּבֵאוּר הַפָּסוּק "וְאַתָּה תְּצַוֶּה" גוֹ', שֶׁבַּתְּחִלָּה מְבָאֵר אֶת הַפֵּרוּשׁ דִּ"וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל", שֶׁמֹּשֶׁה הוּא מְקַשֵּׁר וּמְחַבֵּר אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל (עִם אוֹר אֵין סוֹף) עַל יְדֵי שֶׁהוּא זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה, וּלְאַחַר זֶה מְבָאֵר שֶׁגַּם רוֹעֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁבְּכָל דּוֹר (אִתְפַּשְּׁטוּתָא דְּמֹשֶׁה) מְחַזְּקִים אֶת הָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל, וּכְמוֹ מָרְדְּכַי (מֹשֶׁה שֶׁבְּדוֹרוֹ) שֶׁחִזֵּק אֶת אֱמוּנָתָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל לַעֲמֹד חָזָק בְּלִמּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּם הַמִּצְווֹת, וּלְאַחַר זֶה מְבָאֵר הַפֵּרוּשׁ בְּכָתִית לַמָּאוֹר (שֶׁבַּפָּסוּק וְאַתָּה תְּצַוֶּה שֶׁמְּדַבֵּר לִכְאוֹרָה בְּמֹשֶׁה עַצְמוֹ), כִּי זֶה שֶׁמֹּשֶׁה מְגַלֶּה בְּחִינַת הַמָּאוֹר דְּיִשְׂרָאֵל (עֶצֶם הַנְּשָׁמָה), הוּא בְּעִקָּר עַל יְדֵי אִתְפַּשְּׁטוּתָא דִּילֵיהּ שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת (כָּתִית) שֶׁעוֹרְרוּ בְּיִשְׂרָאֵל כֹּחַ הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלָּהֶם, שֶׁעַל יְדֵי זֶה הוּא עִיקַּר גִּלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה, מָאוֹר.
Il faut comprendre : selon l'explication ci-dessus, le sujet de « concassée pour le luminaire » se rattache à « Et toi, tu ordonneras aux Enfants d'Israël », c'est-à-dire au fait que Moché et son prolongement en chaque génération rattachent et relient Israël à l'Or Ein Sof. Or, dans le passouk, « concassée pour le luminaire » est dit dans la continuité de « et ils prendront pour toi de l'huile d'olive limpide ». Et « ils prendront pour toi », etc. (les Enfants d'Israël apportent de l'huile à Moché) signifie que les Enfants d'Israël suscitent un surcroît de lumière chez Moché (comme cela a été mentionné ci-dessus, au chapitre 2 du maamar).
וְצָרִיךְ לְהָבִין, דִּלְפִי בֵּאוּר הַנִּזְכָּר לְעֵיל, הָעִנְיָן דְּ"כָתִית לַמָּאוֹר" שַׁיָּךְ לִ"וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל", לָזֶה שֶׁמֹּשֶׁה וְאִתְפַּשְּׁטוּתָא דִּילֵיהּ שֶׁבְּכָל דּוֹר מְקַשְּׁרִים וּמְחַבְּרִים אֶת יִשְׂרָאֵל עִם אוֹר אֵין סוֹף, וּבְהַכָּתוּב נֶאֱמַר "כָּתִית לַמָּאוֹר" בְּהֶמְשֵׁךְ לִ"וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ", דְּעִנְיַן "וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ" גוֹ' (שֶׁיִּשְׂרָאֵל מְבִיאִים שֶׁמֶן לְמֹשֶׁה) הוּא שֶׁיִּשְׂרָאֵל מוֹסִיפִים תּוֹסְפוֹת אוֹר בְּמֹשֶׁה (כַּמּוּבָא לְעֵיל סְעִיף ב' מֵהַמַּאֲמָר).

Chapitre 9ט

Or, le passouk « Les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire » parle (dans son sens littéral) de la période qui suivit le miracle de Pourim. Et l'on peut dire que ce que dit le maamar, que le sens de « Les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire » est qu'à l'époque d'A'hachvéroch ils acceptèrent ce qu'ils avaient commencé lors de Matan Torah [le don de la Torah], est également cohérent avec le sens littéral du verset, selon lequel « acceptèrent… » eut lieu après le miracle. Dès lors, dans le fait qu'à l'époque d'A'hachvéroch ils acceptèrent ce qu'ils avaient commencé lors de Matan Torah, il y a deux sujets : l'acceptation qui eut lieu au moment du décret, à travers leur don total de soi [mesirout nefech] (comme l'explicite le maamar), et l'acceptation qui eut lieu après le miracle de Pourim, qui est plus élevée encore que l'acceptation au moment du décret (comme nous le verrons plus loin).
וְהִנֵּה הַכָּתוּב "וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים אֵת אֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת" מְדַבֵּר (בְּפַשְׁטוּת) בְּהַזְּמַן שֶׁלְּאַחֲרֵי הַנֵּס דְּפוּרִים. וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּמַה שֶּׁכָּתוּב בְּהַמַּאֲמָר דְּפֵרוּשׁ "וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים אֵת אֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת" הוּא שֶׁבִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ קִבְּלוּ מַה שֶּׁהֵחֵלּוּ בְּמַתַּן תּוֹרָה, הוּא גַּם לְפִי פַּשְׁטוּת הַכָּתוּב שֶׁ"וְקִבֵּל" גוֹ' הָיָה לְאַחֲרֵי הַנֵּס. וְעַל פִּי זֶה, בָּזֶה שֶׁבִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ קִבְּלוּ מַה שֶּׁהֵחֵלּוּ בְּמַתַּן תּוֹרָה, שְׁנֵי עִנְיָנִים. הַקַּבָּלָה שֶׁהָיְתָה בִּזְמַן הַגְּזֵרָה עַל יְדֵי הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלָּהֶם (כַּמְּפֹרָשׁ בְּהַמַּאֲמָר), וְהַקַּבָּלָה שֶׁהָיְתָה לְאַחֲרֵי הַנֵּס דְּפוּרִים, שֶׁהִיא נַעֲלֵית יוֹתֵר גַּם מֵהַקַּבָּלָה בִּזְמַן הַגְּזֵרָה (כְּדִלְקַמָּן).
Et l'on peut dire qu'il en est de même pour « concassée pour le luminaire », où il y a deux aspects. Quand les Juifs se trouvent dans un état « concassé » du fait qu'il y a des décrets contre la pratique de la Torah et des mitsvot (comme c'était le cas au moment où le maamar fut prononcé), ils parviennent par là au « luminaire », à travers leur mesirout nefech. Et il y a un autre aspect dans « concassée pour le luminaire » : même quand les Juifs se trouvent dans une situation de largesse, une largesse matérielle et aussi une largesse spirituelle, mais qu'ils se trouvent en galout [à l'instar de la situation qui suivit le miracle de Pourim, quand « il y eut pour les Juifs lumière, joie, allégresse et honneur », au sens littéral et aussi au sens spirituel [et de surcroît « la maison d'Haman fut donnée à Esther », de sorte qu'il y eut alors aussi la qualité de la transformation du mal en bien], mais « nous sommes encore les serviteurs d'A'hachvéroch »], ils sont brisés et écrasés (« concassés ») par le fait qu'ils sont en galout.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁעַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא בְּנוֹגֵעַ "כָּתִית לַמָּאוֹר", דִּשְׁנֵי עִנְיָנִים בָּזֶה. כְּשֶׁיִּשְׂרָאֵל נִמְצָאִים בְּמַצָּב שֶׁל כָּתִית מִצַּד זֶה שֶׁיֶּשְׁנָם גְּזֵרוֹת עַל קִיּוּם הַתּוֹרָה וּמִצְוֹת (כְּמוֹ שֶׁהָיָה בִּזְמַן אֲמִירַת הַמַּאֲמָר), וְעַל יְדֵי זֶה מַגִּיעִים לְהַמָּאוֹר עַל יְדֵי הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלָּהֶם. וְעוֹד עִנְיָן בְּכָתִית לַמָּאוֹר, שֶׁגַּם כְּשֶׁיִּשְׂרָאֵל נִמְצָאִים בְּמַצָּב שֶׁל הַרְחָבָה, הַרְחָבָה בְּגַשְׁמִיּוּת וְגַם הַרְחָבָה בְּרוּחָנִיּוּת, אֶלָּא שֶׁהֵם נִמְצָאִים בַּגָּלוּת, [וְעַל דֶּרֶךְ הַמַּצָּב שֶׁהָיָה לְאַחֲרֵי הַנֵּס דְּפוּרִים, שֶׁלַּיְּהוּדִים הָיְתָה אוֹרָה וְשִׂמְחָה וְשָׂשֹׂן וִיקָר, בְּפַשְׁטוּת וְגַם בְּרוּחָנִיּוּת [וִיתֵרָה מִזֶּה שֶׁגַּם בֵּית הָמָן נִתַּן לְאֶסְתֵּר, שֶׁהָיָה אָז גַּם הַמַּעֲלָה דְּאִתְהַפְּכָא], אֶלָּא שֶׁאַכַּתִּי עַבְדֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ אֲנַן], הֵם שְׁבוּרִים וְנִדְכָּאִים (כָּתִית) מִזֶּה שֶׁהֵם בַּגָּלוּת.
Et par cet état « concassé » des Juifs, du fait qu'ils se trouvent en galout, ils parviennent au « luminaire ». L'explication en est que si les Juifs sont brisés du fait qu'ils sont en galout (même quand ils jouissent d'une largesse matérielle et spirituelle), c'est parce que la véritable volonté de chaque Juif est qu'il y ait la révélation de la Divinité, au point que cela (la révélation de la Divinité) touche à l'essence même de son existence. C'est pourquoi le fait qu'en temps de galout la révélation de la Divinité ne brille pas comme à l'époque du Beth HaMikdach [en particulier quand on réfléchit à l'affirmation de nos Sages : « Quiconque du vivant duquel le Beth HaMikdach n'a pas été reconstruit, c'est comme s'il avait été détruit de son vivant »], cela même le rend complètement bouleversé, « concassé ».
וְעַל יְדֵי הַכָּתִית דְּיִשְׂרָאֵל מִזֶּה שֶׁנִּמְצָאִים בַּגָּלוּת, מַגִּיעִים לְהַמָּאוֹר. וְהָעִנְיָן הוּא, דְּזֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם שְׁבוּרִים מִזֶּה שֶׁהֵם בַּגָּלוּת (גַּם כְּשֶׁיֵּשׁ לָהֶם הַרְחָבָה בְּגַשְׁמִיּוּת וּבְרוּחָנִיּוּת) הוּא, כִּי רְצוֹנוֹ הָאֲמִתִּי שֶׁל כָּל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל הוּא שֶׁיִּהְיֶה גִּלּוּי אֱלֹקוּת, וְעַד שֶׁזֶּה (גִּלּוּי אֱלֹקוּת) נוֹגֵעַ לְעֶצֶם מְצִיאוּתוֹ, וְלָכֵן, זֶה שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת אֵין מֵאִיר גִּלּוּי אֱלֹקוּת כְּמוֹ שֶׁהָיָה בִּזְמַן הַבַּיִת [וּבִפְרָט כְּשֶׁמִּתְבּוֹנֵן בָּזֶה שֶׁאָמְרוּ רַזַ"ל כָּל מִי שֶׁלֹּא נִבְנָה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בְּיָמָיו הֲרֵי זֶה כְּאִלּוּ נֶחֱרַב בְּיָמָיו], הִנֵּה מִזֶּה עַצְמוֹ אִיז עֶר אִינְגַאנְצְן צוּטְרֵייסְלְט, כָּתִית.
Et même lorsqu'il se trouve à un degré extrêmement élevé, où brille pour lui une révélation de la Divinité comparable à celle de l'époque du Beth HaMikdach, néanmoins, du fait que dans le monde en général cette révélation ne brille pas, il est prouvé que la révélation qui brille pour lui est elle aussi une révélation limitée. Car lorsque brille la révélation de l'Or Ein Sof [lumière infinie], sans limite, la révélation est en tout lieu, et s'il est ne serait-ce qu'un seul lieu (même un coin reculé) où la révélation de la Divinité ne brille pas, c'est parce que la révélation (même là où elle brille) est une révélation limitée.
וְגַם כְּשֶׁהוּא בְּדַרְגָּא נַעֲלֵית בְּיוֹתֵר שֶׁמֵּאִיר אֶצְלוֹ גִּלּוּי אֱלֹקוּת בְּדֻגְמַת הַגִּלּוּי שֶׁהָיָה בִּזְמַן הַבַּיִת, מִכָּל מָקוֹם, מִזֶּה שֶׁבִּכְלָלוּת הָעוֹלָם אֵין מֵאִיר הַגִּלּוּי, מוּכָח, שֶׁגַּם הַגִּלּוּי שֶׁמֵּאִיר אֶצְלוֹ הוּא גִּלּוּי מֻגְבָּל. דִּכְשֶׁמֵּאִיר גִּלּוּי אוֹר אֵין סוֹף הַבְּלִי גְּבוּל, הַגִּלּוּי הוּא בְּכָל מָקוֹם, וּכְשֶׁיֶּשְׁנוֹ מָקוֹם אֶחָד (אֲפִלּוּ פִּנָּה נִדַּחַת) שֶׁאֵין מֵאִיר שָׁם גִּלּוּי אֱלֹקוּת, הוּא מִפְּנֵי שֶׁהַגִּלּוּי (גַּם בְּהַמָּקוֹם שֶׁהוּא מֵאִיר) הוּא גִּלּוּי מֻגְבָּל.
[C'est là ce que rapporte un maamar de l'Admour Hazakène : il est dit dans les Tikounim que si même un seul tsadik faisait une téchouva complète, le Machia'h viendrait dans sa génération, car par une téchouva complète on attire la révélation de l'Or Ein Sof sans limite, et cette révélation est en tout lieu.] Et du fait que ne brille pas pour lui la révélation de l'Essence du Or Ein Sof, il est brisé et écrasé, « concassé ». [À l'instar de ce qui est connu : « 'holé » [malade] a pour valeur numérique 49 ; même celui qui saisit les quarante-neuf portes de Bina, s'il lui manque la cinquantième porte, il est malade.]
[וְזֶהוּ מַה שֶׁמּוּבָא בְּמַאֲמַר אַדְמוֹ"ר הַזָּקֵן דְּאִיתָא בַּתִּקּוּנִים שֶׁאֲפִלּוּ אִם הָיָה צַדִּיק אֶחָד חוֹזֵר בִּתְשׁוּבָה שְׁלֵמָה, בְּדוֹרוֹ הָיָה בָּא מָשִׁיחַ, כִּי עַל יְדֵי תְּשׁוּבָה שְׁלֵמָה מַמְשִׁיכִים גִּלּוּי אוֹר אֵין סוֹף הַבְּלִי גְּבוּל, וְגִלּוּי זֶה הוּא בְּכָל מָקוֹם]. וּמִזֶּה שֶׁאֵין מֵאִיר אֶצְלוֹ גִּלּוּי עַצְמוּת אוֹר אֵין סוֹף, הוּא נִשְׁבָּר וְנִדְכָּא, כָּתִית. [וְעַל דֶּרֶךְ הַיָּדוּעַ שֶׁחוֹלֶה בְּגִימַטְרִיָּא מ"ט, שֶׁגַּם כְּשֶׁמַּשִּׂיג מ"ט שַׁעֲרֵי בִּינָה אֶלָּא שֶׁחָסֵר לוֹ שַׁעַר הַנּוּ"ן, הוּא חוֹלֶה].
Et l'on connaît ce qu'a écrit le Tséma'h Tsédek : on entendait de notre maître et Rabbi, que son âme repose en Éden (l'Admour Hazakène) : « Je ne veux rien du tout ! Je ne veux pas de Ton Gan Éden, je ne veux pas de Ton Monde futur, etc. Je ne veux rien d'autre que Toi seul ! » Et du fait que l'on entendait cette expression de l'Admour Hazakène [« on entendait » signifie que ce n'était pas seulement en des moments privilégiés, mais que c'était une chose courante], et en particulier après que cela a été rendu public par le Tséma'h Tsédek, la force a été donnée à chacun au sein d'Israël que sa volonté essentielle soit la révélation de Hachem Lui-même, au point que, lorsque cette révélation ne brille pas, et à plus forte raison en temps de galout, où ne brille même pas la révélation (révélation de lumière) qui existait à l'époque du Beth HaMikdach, il est dans un état « concassé », et il demande trois fois par jour (ou davantage) :
וְיָדוּעַ מַה שֶּׁכָּתַב הַצֶּמַח צֶדֶק שֶׁהָיָה נִשְׁמָע מִמּוֹרֵנוּ וְרַבֵּינוּ נ"ע (אַדְמוֹ"ר הַזָּקֵן) אִיךְ וִויל זֶע גָאר נִיסְט אִיךְ וִויל נִיט דַאיְין גַּן עֵדֶן אִיךְ וִויל נִיט דַאיְין עוֹלָם הַבָּא כוּ' אִיךְ וִויל מֶער נִיט אַז דִיךְ אַלֵיין. וְעַל יְדֵי שֶׁהָיָה נִשְׁמָע לָשׁוֹן זֶה מֵאַדְמוֹ"ר הַזָּקֵן [דְּפֵרוּשׁ 'הָיָה נִשְׁמָע' הוּא שֶׁזֶּה הָיָה לֹא רַק בִּזְמַנִּים מְיֻחָדִים אֶלָּא שֶׁזֶּה הָיָה דָּבָר הָרָגִיל], וּבִפְרָט לְאַחֲרֵי שֶׁנִּתְפַּרְסֵם זֶה עַל יְדֵי הַצֶּמַח צֶדֶק, נִתַּן הַכֹּחַ לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁעִיקַּר רְצוֹנוֹ יִהְיֶה גִּלּוּי הָעַצְמוּת, וְעַד כְּדֵי כָּךְ, שֶׁכְּשֶׁאֵין מֵאִיר גִּלּוּי זֶה, וּמִכָּל שֶׁכֵּן בִּזְמַן הַגָּלוּת שֶׁאֵין מֵאִיר אֲפִלּוּ הַגִּלּוּי (גִּלּוּי אוֹר) שֶׁהָיָה בִּזְמַן הַבַּיִת, הוּא בְּמַצָּב דְּכָתִית, וּמְבַקֵּשׁ ג' פְּעָמִים בְּכָל יוֹם (אוֹ יוֹתֵר):
« Que nos yeux voient Ton retour à Sion avec les ra'hamim », car alors il y aura la révélation de la Divinité, jusqu'à la révélation de Hachem Lui-même. Tel est le sens de « concassée pour le luminaire » : par l'état « concassé » dû au fait de se trouver en galout, on parvient au « luminaire », car le fait que la volonté de chaque Juif est la révélation de la Divinité, au point que cela touche à l'essence même de son existence [c'est pourquoi il est brisé et écrasé (« concassé ») de ce qu'en temps de galout il n'y a pas de révélation de la Divinité], provient de l'essence de la Nechama, du « luminaire » au sein de la Nechama, dont le lien avec le Divin est un lien intrinsèque.
"וְתֶחֱזֶינָה עֵינֵינוּ בְּשׁוּבְךָ לְצִיּוֹן בְּרַחֲמִים", שֶׁאָז יִהְיֶה גִּלּוּי אֱלֹקוּת וְעַד לְגִלּוּי הָעַצְמוּת. וְזֶהוּ "כָּתִית לַמָּאוֹר", שֶׁעַל יְדֵי הָעִנְיָן דְּכָתִית מִזֶּה שֶׁנִּמְצָאִים בַּגָּלוּת, מַגִּיעִים לְהַמָּאוֹר, כִּי זֶה שֶׁהָרָצוֹן דְּכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל הוּא גִּלּוּי אֱלֹקוּת וְעַד שֶׁזֶּה נוֹגֵעַ לְעֶצֶם מְצִיאוּתוֹ [שֶׁלָּכֵן הוּא נִשְׁבָּר וְנִדְכָּא (כָּתִית) מִזֶּה שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת לֹא יֵשׁ גִּלּוּי אֱלֹקוּת] הוּא מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה, מָאוֹר שֶׁבַּנְּשָׁמָה, שֶׁהִתְקַשְּׁרוּתָהּ בֵּאלֹקוּת הִיא הִתְקַשְּׁרוּת עַצְמִית.

Chapitre 10י

Et l'on peut dire que le degré du « luminaire » de la Nechama qui se révèle lorsque l'on est « concassé » [katit] du fait même que l'on se trouve en galout est plus élevé que le degré du « luminaire » de la Nechama qui se révèle à travers la don total de soi [mesirout nefech]. Cela s'explique ainsi : l'une des raisons pour lesquelles lors de Matan Torah [le don de la Torah] il n'y eut que le commencement (« ils avaient commencé à faire »), et au temps d'A'hachvéroch il y eut l'acceptation (« Les Juifs acceptèrent »), est que, s'ils firent précéder « Nous ferons » de « Nous entendrons » lors de Matan Torah, ce fut parce que D.ieu « les contraignit en leur suspendant la montagne au-dessus de la tête comme une cuve », une révélation d'En haut, alors qu'au temps d'A'hachvéroch, l'acceptation vint d'eux-mêmes.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁבְּחִינַת הַמָּאוֹר דְּהַנְּשָׁמָה הַמִּתְגַּלֵּית עַל יְדֵי הָעִנְיָן דְּכָתִית מִזֶּה שֶׁנִּמְצָאִים בַּגָּלוּת, הִיא נַעֲלֵית יוֹתֵר מִבְּחִינַת הַמָּאוֹר דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁמִּתְגַּלֵּית עַל יְדֵי מְסִירוּת נֶפֶשׁ. וְהָעִנְיָן הוּא דְּמֵהַטְּעָמִים עַל זֶה שֶׁבְּמַתַּן תּוֹרָה הָיְתָה רַק הַהַתְחָלָה (הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת) וּבִימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ הָיְתָה הַקַּבָּלָה (וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים) הוּא, כִּי זֶה שֶׁהִקְדִּימוּ נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע בְּמַתַּן תּוֹרָה הָיָה מִפְּנֵי שֶׁכָּפָה עֲלֵיהֶם הַר כְּגִיגִית, גִּלּוּי מִלְמַעְלָה, וּבִימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ הָיְתָה הַקַּבָּלָה מִצַּד עַצְמָם.
Et l'on peut dire que l'émouna d'Israël qui découle du fait que la Nechama supérieure voit la Divinité (une émouna qui découle d'une cause) est analogue au fait qu'ils firent précéder « Nous ferons » de « Nous entendrons » (lors de Matan Torah), du fait de la révélation d'En haut ; et si, au temps d'A'hachvéroch, l'acceptation fut de leur propre fait, c'est parce que se révéla alors l'attachement à la Divinité qui émane de l'essence de l'âme, un lien intrinsèque qui procède de l'essence même de leur être. De manière plus précise, on peut dire que même dans la révélation de l'essence de l'âme, on retrouve (l'image de) ces deux aspects mentionnés plus haut.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהָאֱמוּנָה דְּיִשְׂרָאֵל מִצַּד זֶה שֶׁהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה רוֹאָה אֱלֹקוּת (אֱמוּנָה שֶׁמִּצַּד סִבָּה) הוּא עַל דֶּרֶךְ שֶׁהִקְדִּימוּ נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע (בְּמַתַּן תּוֹרָה) מִצַּד הַגִּלּוּי דִּלְמַעְלָה, וְזֶה שֶׁבִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ הָיְתָה הַקַּבָּלָה מִצַּד עַצְמָם, הוּא, כִּי אָז נִתְגַּלָּה הַהִתְקַשְּׁרוּת בֵּאלֹקוּת שֶׁמִּצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה, הִתְקַשְּׁרוּת עַצְמִית שֶׁמִּצַּד עֶצֶם מְצִיאוּתָם. וּבִפְרָטִיּוּת יוֹתֵר יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁגַּם בְּגִלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה, יֶשְׁנָם (דֻּגְמַת) שְׁנֵי עִנְיָנִים הַנִּזְכָּרִים לְעֵיל.
Car la révélation de l'essence de l'âme dans la mesirout nefech, on peut dire que, par rapport aux facultés révélées, elle est comme une chose surajoutée. Comme on le voit concrètement chez un certain nombre de personnes qui, lorsqu'elles se trouvaient dans un endroit où il y avait des décrets contre la Torah et les mitsvot, ont fait preuve d'une mesirout nefech concrète pendant de très nombreuses années, puis, lorsqu'elles sont venues ensuite dans des pays où il est possible de pratiquer la Torah et les mitsvot dans la largesse, on ne discerne plus (tellement) en elles la mesirout nefech qui était la leur auparavant. Car le fait qu'elles aient tenu bon dans la mesirout nefech pendant de très nombreuses années était dû au rayonnement en elles de la révélation de l'essence de l'âme qui transcende les facultés révélées, et cela n'a pas produit de transformation des facultés révélées en elles-mêmes.
דְּגִלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה בְּעִנְיַן הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ, יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁבְּנוֹגֵעַ לַכֹּחוֹת הַגְּלוּיִים הוּא כְּמוֹ דָּבָר נוֹסָף. וּכְמוֹ שֶׁרוֹאִים בְּפֹעַל בְּכַמָּה אֲנָשִׁים, שֶׁבִּהְיוֹתָם בְּמָקוֹם שֶׁהָיוּ שָׁם גְּזֵרוֹת עַל תּוֹרָה וּמִצְוֹת, הָיָה לָהֶם מְסִירוּת נֶפֶשׁ בְּפֹעַל מֶשֶׁךְ כַּמָּה וְכַמָּה שָׁנִים, וּכְשֶׁבָּאוּ אַחַר כָּךְ לִמְדִינוֹת שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲסֹק בְּתוֹרָה וּמִצְוֹת מִתּוֹךְ הַרְחָבָה, אֵין נִכָּר בָּהֶם (כָּל כָּךְ) הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁהָיָה לָהֶם מִקֹּדֶם. כִּי זֶה שֶׁעָמְדוּ בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ מֶשֶׁךְ כַּמָּה וְכַמָּה שָׁנִים הוּא לְפִי שֶׁהֵאִיר בָּהֶם גִּלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה מִכֹּחוֹת הַגְּלוּיִים וְלֹא נַעֲשָׂה עַל יְדֵי זֶה שִׁנּוּי בַּכֹּחוֹת הַגְּלוּיִים עַצְמָם.
[Car le fait que l'essence de l'âme soit l'essence (également) des facultés révélées (comme cela a été dit plus haut, au chapitre 5) signifie que l'essence de l'âme est leur essence, mais cela ne relève pas de ce qui caractérise les facultés révélées elles-mêmes, de leur « forme ».] Alors que la révélation de l'essence de l'âme dans le fait qu'un homme est brisé et « concassé » parce qu'il se trouve en galout fait que même ses facultés révélées (la « forme » des facultés révélées) sont « comme un » avec l'essence. Et l'on peut dire que la raison pour laquelle l'essence de la Nechama et la « forme » des facultés sont (d'une certaine manière) deux aspects distincts tient au fait que l'essence de l'âme est, elle aussi, « définie » par une définition, et que sa définition consiste en ce qu'elle transcende la « forme » des facultés.
[דְּזֶה שֶׁעֶצֶם הַנְּשָׁמָה הִיא הָעֶצֶם (גַּם) דְּכֹחוֹת הַגְּלוּיִים (כְּנִזְכָּר לְעֵיל סְעִיף ה), הוּא, שֶׁעֶצֶם הַנְּשָׁמָה הוּא הָעֶצֶם שֶׁלָּהֶם וְאֵין זֶה שַׁיָּךְ לְעִנְיָנָם שֶׁל כֹּחוֹת הַגְּלוּיִים עַצְמָם, לְהַצִּיּוּר שֶׁלָּהֶם]. וְהַגִּלּוּי דְּעֶצֶם הַנְּשָׁמָה בָּזֶה שֶׁהוּא נִשְׁבָּר וְנִדְכָּא מִזֶּה שֶׁהוּא נִמְצָא בַּגָּלוּת הוּא שֶׁגַּם כֹּחוֹת הַגְּלוּיִים שֶׁלּוֹ (הַצִּיּוּר דְּכֹחוֹת הַגְּלוּיִים) הֵם כְּמוֹ חַד עִם הָעֶצֶם. וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁעֶצֶם הַנְּשָׁמָה וְהַצִּיּוּר דְּהַכֹּחוֹת הֵם (דֻּגְמַת) שְׁנֵי עִנְיָנִים, הוּא לְפִי שֶׁגַּם עֶצֶם הַנְּשָׁמָה הִיא מֻגְדֶּרֶת בְּגָדֵר, וְהַגָּדֵר שֶׁלָּהּ הִיא לְמַעְלָה מֵהַצִּיּוּר דְּהַכֹּחוֹת.
Mais du point de vue de l'essence de la Nechama telle qu'elle est enracinée en Hachem Lui-même, la « simplicité » de l'âme et la « forme » de ses facultés ne font qu'un. Il ressort de ceci que le degré du « luminaire » de l'âme qui se révèle à travers la mesirout nefech est l'essence de l'âme telle qu'elle est définie par son caractère de « simplicité », qui transcende la « forme » des facultés, et que le degré du « luminaire » de l'âme qui se révèle lorsque l'on est « concassé » du fait même que l'on se trouve en exil est la révélation de l'essence de la Nechama telle qu'elle est enracinée en Hachem Lui-même.
אֲבָל מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מֻשְׁרֶשֶׁת בְּהָעַצְמוּת, הַפְּשִׁיטוּת דְּהַנְּשָׁמָה וְהַצִּיּוּר דְּהַכֹּחוֹת שֶׁלָּהּ הֵם כֹּלָּא חַד. וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לוֹמַר, דִּבְחִינַת הַמָּאוֹר דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁמִּתְגַּלֵּית עַל יְדֵי מְסִירוּת נֶפֶשׁ הִיא עֶצֶם הַנְּשָׁמָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מֻגְדֶּרֶת בְּעִנְיַן הַפְּשִׁיטוּת שֶׁלְּמַעְלָה מִצִּיּוּר דְּכֹחוֹת, וּבְחִינַת הַמָּאוֹר דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁמִּתְגַּלֵּית עַל יְדֵי הָעִנְיָן דְּכָתִית מִזֶּה שֶׁנִּמְצָאִים בַּגָּלוּת, הוּא גִּלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מֻשְׁרֶשֶׁת בְּהָעַצְמוּת.

Chapitre 11יא

Et l'on peut relier cela à ce qui est expliqué dans le maamar à propos du verset : « Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël et ils prendront pour toi de l'huile d'olive », etc. Après que Moché aura « ordonné » aux Enfants d'Israël et les aura reliés, alors Israël apportera à Moché de l'huile d'olive, etc. Cela signifie qu'Israël, par sa avoda [service de D.ieu], ajoutera un surcroît de révélation de lumière au niveau de Moché. Parmi les explications de ce sujet dans le service de l'homme, on peut dire ceci. Le fait que Moché « ordonne » aux Enfants d'Israël et les relie consiste en ce qu'il nourrit et sustente l'émouna. Ainsi, l'émouna doit être enracinée non seulement dans les révélations de la Nechama (du fait que la Nechama d'en haut voit la Divinité), mais aussi dans l'essence de la Nechama.
וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם הַמְּבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר בְּפֵרוּשׁ הַכָּתוּב "וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת" גוֹ', דִּלְאַחֲרֵי שֶׁמֹּשֶׁה יְצַוֶּה וִיקַשֵּׁר אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אֲזַי יָבִיאוּ יִשְׂרָאֵל לְמֹשֶׁה שֶׁמֶן זַיִת גוֹ', שֶׁיִּשְׂרָאֵל עַל יְדֵי עֲבוֹדָתָם יוֹסִיפוּ גִּלּוּי אוֹר בְּמַדְרֵגַת מֹשֶׁה. וְיֵשׁ לוֹמַר מֵהַבֵּאוּרִים בָּזֶה בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם, דְּזֶה שֶׁמֹּשֶׁה מְצַוֶּה וּמְקַשֵּׁר אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, הוּא, שֶׁהוּא זָן וּמְפַרְנֵס אֶת הָאֱמוּנָה, שֶׁהָאֱמוּנָה תִּהְיֶה נוֹסָף עַל כְּמוֹ שֶׁהִיא מִצַּד הַגִּלּוּיִים דְּהַנְּשָׁמָה (מִצַּד זֶה שֶׁהַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה רוֹאָה אֱלֹקוּת) גַּם מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה.
[Et l'on peut dire que tel est le sens de ce qui est écrit : « Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël ». En effet, des mots « Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël », il ressort que Moché « ordonne » (relie et attache) les Enfants d'Israël eux-mêmes, car du point de vue de l'essence de l'âme, tout Israël est un.] Par la avoda d'Israël - après que la révélation de l'essence de la Nechama a été attirée en Israël par Moché -, leurs facultés révélées elles-mêmes (la forme des facultés) deviennent conformes à l'essence de la Nechama. Il en résulte un surcroît dans l'aspect de l'essence de la Nechama qui a été attirée et révélée en eux par Moché (« ils prendront pour toi »), car sa racine véritable se révèle alors, telle qu'elle est ancrée en Hachem Lui-même.
[וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶהוּ מַה שֶּׁכָּתוּב "וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל", דִּלְשׁוֹן "וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל" מַשְׁמָע שֶׁמֹּשֶׁה מְצַוֶּה (מְקַשֵּׁר וּמְחַבֵּר) אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל עַצְמָם, כִּי מִצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה, כָּל יִשְׂרָאֵל הֵם חַד]. וְעַל יְדֵי הָעֲבוֹדָה דְּיִשְׂרָאֵל (לְאַחֲרֵי שֶׁנִּמְשַׁךְ בְּיִשְׂרָאֵל גִּלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה עַל יְדֵי מֹשֶׁה), שֶׁגַּם כֹּחוֹת הַגְּלוּיִים שֶׁלָּהֶם (הַצִּיּוּר דְּהַכּחוֹת) יִהְיוּ מַתְאִימִים לְעֶצֶם הַנְּשָׁמָה, עַל יְדֵי זֶה נַעֲשָׂה יִתְרוֹן וְהוֹסָפָה בִּבְחִינַת עֶצֶם הַנְּשָׁמָה שֶׁנִּמְשְׁכָה וְנִתְגַּלְּתָה בָּהֶם עַל יְדֵי מֹשֶׁה ("וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ"), כִּי עַל יְדֵי זֶה מִתְגַּלֶּה בָּהּ שָׁרְשָׁהּ הָאֲמִתִּי כְּמוֹ שֶׁהִיא מֻשְׁרֶשֶׁת בְּהָעַצְמוּת.
[Il convient de noter qu'à travers cela, l'unité d'Israël se trouve également amplifiée. L'unité d'Israël que suscite l'essence de l'âme qui se révèle en eux est comme un élément qui s'ajoute à leur être. C'est pourquoi cette unité est obtenue lorsqu'ils font de leur Néfech l'essentiel et de leur corps l'accessoire. Par la révélation de l'essence de la Nechama, telle qu'elle est ancrée en Hachem Lui-même, même la forme des facultés révélées ne fait qu'un avec l'essence. Dans ce cas, l'unité d'Israël s'étend à tout ce qui les concerne, y compris à ce qui touche au corps.] D'après cela, on comprendra ce qui est écrit dans le maamar : parce que les Enfants d'Israël apportent (par leur avoda) un ajout au niveau de Moché, il y aura « une lampe perpétuelle » [ner tamid]. Cela semble pourtant difficile. A priori, la lampe de la Nechama (« La lampe de Havayé est la Nechama de l'homme ») est perpétuelle (uniforme, sans changement) grâce à la révélation de l'essence de l'âme attirée par Moché (« Et tu ordonneras »), puisqu'au niveau de l'essence de l'âme, il ne saurait être question de changement. Or, le maamar dit que la « lampe perpétuelle » s'obtient parce que les Enfants d'Israël apportent un ajout au niveau de Moché : « ils prendront pour toi ».
[וּלְהָעִיר, שֶׁעַל יְדֵי זֶה נִתּוֹסֵף גַּם בְּהָאַחְדּוּת דְּיִשְׂרָאֵל. שֶׁהָאַחְדּוּת דְּיִשְׂרָאֵל עַל יְדֵי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה שֶׁמִּתְגַּלֵּית בָּהֶם הִיא כְּמוֹ דָּבָר נוֹסָף עַל מְצִיאוּתָם. וְלָכֵן, אַחְדּוּת זוֹ הִיא עַל יְדֵי שֶׁעוֹשִׂים נַפְשָׁם עִקָּר וְגוּפָם טָפֵל. וְעַל יְדֵי גִּלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מֻשְׁרֶשֶׁת בְּהָעַצְמוּת, שֶׁעַל יְדֵי זֶה גַּם הַצִּיּוּר דְּכֹחוֹת הַגְּלוּיִים הוּא חַד עִם הָעֶצֶם, הָאַחְדּוּת דְּיִשְׂרָאֵל הִיא בְּכָל הָעִנְיָנִים שֶׁלָּהֶם, גַּם בָּעִנְיָנִים הַשַּׁיָּכִים לְהַגּוּף]. וְעַל פִּי זֶה יוּבַן מַה שֶּׁכָּתוּב בְּהַמַּאֲמָר, דְּעַל יְדֵי שֶׁיִּשְׂרָאֵל מוֹסִיפִים (עַל יְדֵי עֲבוֹדָתָם) בְּמַדְרֵגַת מֹשֶׁה, עַל יְדֵי זֶה יִהְיֶה "נֵר תָּמִיד", דְּלִכְאוֹרָה, זֶה שֶׁהַנֵּר דְּהַנְּשָׁמָה (נֵר הֲוָיָ׳ נִשְׁמַת אָדָם) הוּא תָּמִיד (בְּשָׁוֶה, בְּלִי שִׁנּוּי), הוּא עַל יְדֵי גִּלּוּי עֶצֶם הַנְּשָׁמָה שֶׁנִּמְשָׁךְ עַל יְדֵי מֹשֶׁה ("וְאַתָּה תְּצַוֶּה"), דִּבְעֶצֶם הַנְּשָׁמָה אֵין שַׁיָּךְ שִׁנּוּי, וּבְהַמַּאֲמָר אוֹמֵר שֶׁהָעִנְיָן דְּנֵר תָּמִיד הוּא עַל יְדֵי שֶׁיִּשְׂרָאֵל מוֹסִיפִים בְּמַדְרֵגַת מֹשֶׁה,"וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ".
Et l'on peut dire que la révélation de l'essence de l'âme « du haut vers le bas », par « Et tu ordonneras », diffère selon qu'on est le soir ou le matin. Cette révélation se fait surtout en présence de voilements et d'occultations (le « soir »), qui suscitent l'éveil et la révélation de la force de don total de soi [mesirout nefech]. Il a été expliqué plus haut (chapitre 10) que même ceux qui, au temps du décret (le « soir »), avaient fait preuve de mesirout nefech, une fois arrivés dans un endroit où il était possible de pratiquer la Torah et les mitsvot dans l'aisance (le « matin »), on ne perçoit plus chez eux la mesirout nefech qui était la leur auparavant.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁבְּהַגִּלּוּי דְּעֶצֶם הַנְּשָׁמָה בְּדֶרֶךְ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה עַל יְדֵי "וְאַתָּה תְּצַוֶּה", יֵשׁ חִלּוּק בֵּין עֶרֶב וּבֹקֶר. שֶׁעִיקַּר הַגִּלּוּי הוּא כְּשֶׁיֶּשְׁנָם הַעֲלָמוֹת וְהֶסְתֵּרִים (עֶרֶב) שֶׁעַל יְדֵי זֶה מִתְעוֹרֵר וּמִתְגַּלֶּה כֹּחַ הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ, וּכְמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר לְעֵיל (סְעִיף יוּ"ד), שֶׁגַּם אֵלֶּה שֶׁבִּזְמַן הַגְּזֵרָה (עֶרֶב) עָמְדוּ בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ, כְּשֶׁבָּאוּ לְמָקוֹם שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲסֹק בְּתוֹרָה וּמִצְוֹת מִתּוֹךְ הַרְחָבָה (בֹּקֶר), אֵין נִיכָּר בָּהֶם הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁהָיָה לָהֶם מִקֹּדֶם.
Et la véritable réalité de la « lampe perpétuelle » (qui ne saurait subir aucun changement) s'obtient par la avoda des Enfants d'Israël : grâce à elle, même les facultés révélées ne font qu'un avec l'essence de la Nechama. C'est le sens de « ils prendront pour toi ». D'après cela, on peut expliquer pourquoi le verset dit « concassée pour le luminaire » à la suite de « ils prendront pour toi », etc. En effet, « concassée pour le luminaire » inclut aussi le fait que les Enfants d'Israël sont brisés et écrasés (« concassés ») parce qu'ils se trouvent en exil. Cela s'opère par la avoda des Enfants d'Israël, grâce à laquelle même leurs facultés révélées sont conformes à l'essence de l'âme. L'aspect du « luminaire » de la Nechama qui se révèle ainsi est l'essence de la Nechama, telle qu'elle est ancrée en Hachem Lui-même. C'est pourquoi le verset dit « concassée pour le luminaire » à la suite de « ils prendront pour toi », etc.
וַאֲמִתִּית הָעִנְיָן דְּנֵר תָּמִיד (שֶׁאֵין שַׁיָּךְ בּוֹ שִׁנּוּי) הוּא עַל יְדֵי עֲבוֹדָתָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁגַּם כֹּחוֹת הַגְּלוּיִים יִהְיוּ חַד עִם עֶצֶם הַנְּשָׁמָה, "וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ". וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לְבָאֵר זֶה שֶׁ"כָּתִית לַמָּאוֹר" נֶאֱמַר בַּכָּתוּב בְּהֶמְשֵׁךְ לִ"וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ" גוֹ', כִּי בְּכָתִית לַמָּאוֹר נִכְלָל גַּם זֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם שְׁבוּרִים וְנִדְכָּאִים (כָּתִית) מִזֶּה שֶׁהֵם בַּגָּלוּת, דְּעִנְיָן זֶה הוּא עַל יְדֵי עֲבוֹדָתָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁגַּם כֹּחוֹת הַגְּלוּיִים שֶׁלָּהֶם יִהְיוּ מַתְאִימִים לְעֶצֶם הַנְּשָׁמָה, וּבְחִינַת הַמָּאוֹר דְּהַנְּשָׁמָה שֶׁמִּתְגַּלֵּית עַל יְדֵי זֶה הִיא עֶצֶם הַנְּשָׁמָה כְּמוֹ שֶׁהִיא מֻשְׁרֶשֶׁת בְּהָעַצְמוּת, וְלָכֵן נֶאֱמַר "כָּתִית לַמָּאוֹר" בְּהֶמְשֵׁךְ לִ"וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ" גוֹ'.

Chapitre 12יב

Et voici, le sens (simple) de « Et tu ordonneras aux Enfants d'Israël et ils prendront pour toi », etc., est que Moché ordonne aux Enfants d'Israël qu'ils prennent pour toi, etc. On comprend de là qu'il en est de même dans le sens profond : le fait que Moché ordonne aux Enfants d'Israël, au sens où il les relie, se fait d'une manière qu'il attire sur eux le don des forces également pour « et ils prendront pour toi », etc. Il en est de même s'agissant du « Moché » de notre génération, Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, Nassi de notre génération, dont le service consiste à éveiller et à révéler l'émouna présente en chacun des Enfants d'Israël, qui, du fait de l'essence de la Nechama, est d'une manière telle qu'ensuite ils accompliront leur service par leurs propres forces, jusqu'à devenir une « lumière perpétuelle »,
וְהִנֵּה הַפֵּרוּשׁ (בְּפַשְׁטוּת) בִּ"וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ" גוֹ' הוּא שֶׁמֹּשֶׁה יְצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁיִּקְחוּ אֵלֶיךָ גוֹ'. וּמִזֶּה מוּבָן גַּם בִּפְנִימִיּוּת הָעִנְיָנִים, דְּזֶה שֶׁמֹּשֶׁה מְצַוֶּה וּמְקַשֵּׁר אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל הוּא בְּאֹפֶן שֶׁמַּמְשִׁיךְ לָהֶם נְתִינַת כֹּחַ גַּם עַל "וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ" גוֹ'. וּכְמוֹ כֵן הוּא בְּנוֹגֵעַ לְמֹשֶׁה שֶׁבְּדוֹרֵנוּ, כ"ק מו"ח אַדְמוֹ"ר נְשִׂיא דּוֹרֵנוּ, שֶׁעֲבוֹדָתוֹ לְעוֹרֵר וּלְגַלּוֹת אֶת הָאֱמוּנָה שֶׁבְּכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁמִּצַּד עֶצֶם הַנְּשָׁמָה הִיא בְּאֹפֶן שֶׁאַחַר כָּךְ יַעַבְדוּ עֲבוֹדָתָם בְּכֹחַ עַצְמָם, וְעַד שֶׁיִּהְיוּ נֵר תָּמִיד.
qui ne saurait connaître aucun changement, pas même du point de vue des facultés révélées. C'est à travers cela que nous mériterons très prochainement la délivrance véritable et complète, un temps où il y aura la révélation de la Divinité également du côté d'en bas. Alors, il y aura l'apport de l'huile et l'allumage des lampes (« et ils prendront pour toi de l'huile, etc., afin d'élever une lumière perpétuelle ») également de façon matérielle, dans le troisième Beth HaMikdach, lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia'h, très prochainement.
שֶׁאֵין שַׁיָּךְ בּוֹ שִׁנּוּי גַּם מִצַּד כֹּחוֹת הַגְּלוּיִים. וְעַל יְדֵי זֶה זוֹכִים בְּקָרוֹב מַמָּשׁ לַגְּאֻלָּה הָאֲמִתִּית וְהַשְּׁלֵמָה, שֶׁאָז יִהְיֶה גִּלּוּי אֱלֹקוּת גַּם מִצַּד הַמַּטָּה. וְיִהְיֶה אָז הֲבָאַת הַשֶּׁמֶן וְהַדְלָקַת הַנֵּרוֹת ("וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן גוֹ' לְהַעֲלֹת נֵר תָּמִיד") גַּם בְּגַשְׁמִיּוּת, בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ הַשְּׁלִישִׁי, בַּגְּאֻלָּה הָאֲמִתִּית וְהַשְּׁלֵמָה עַל יְדֵי מְשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, בְּקָרוֹב מַמָּשׁ.