HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5743
MAAMARמאמר
וְחַג הָאָסִיף
« Et la fête de l'engrangement »
Veille du 13 Tichri 5743 [1982], jour anniversaire du décès du Rabbi Maharach
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשמ"ג · 1982
MAAMARמאמר

וְחַג הָאָסִיף

« Et la fête de l'engrangement »

Veille du 13 Tichri 5743 [1982], jour anniversaire du décès du Rabbi Maharach

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5743. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5743. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Avec l’aide du Ciel. Nuit du 13 Tichri (hilloula de l’Admour Maharach, que son âme repose en Éden), 5743 [1982].
בס"ד. אוֹר לי"ג תִּשְׁרֵי (הִלּוּלָא דאדמו"ר מהר"ש נ"ע), ה'תשמ"ג
« Et la fête de la Récolte [Hag HaAssif], etc., lorsque tu recueilleras du champ le produit de ton travail. » Celui dont c’est la hilloula explique ceci : si les fêtes de pèlerinage [réguelim] ont été fixées aux époques des récoltes, c’est (principalement) la récolte au sens spirituel qui est visée.
וְחַג הָאָסִיף גו' בְּאָסְפְּךָ אֶת מַעֲשֶׂיךָ מִן הַשָּׂדֶה, וּמְבָאֵר בַּעַל ההילולא, דְּמַה שֶׁהָרַגְלַיִם נִקְבְּעוּ בִּזְמַנֵּי הַתְּבוּאָה, הַמְכֻוָּן הוּא (בְּעִיקָר) לִתְבוּאָה בְּרוּחָנִיּוּת.
C’est pourquoi la fête de Souccot a été fixée au moment de la rentrée des récoltes, au point d’être appelée « fête de la Récolte ». En effet, le contenu de la fête de Souccot est lié au service de la rentrée des récoltes au sens spirituel (« tu rentreras ton blé, ton vin et ton huile »), et il vient après lui. La rentrée des récoltes au sens simple, matériel, a lieu avant l’entrée de la fête, car le jour de Yom Tov, serait-ce permis ? Il en va de même au plan spirituel : c’est après le service de « lorsque vous rentrerez la production du pays » que (alors) « vous célébrerez la fête de Hachem sept jours ».
וְזֶהוּ מַה שֶׁנִּקְבַּע חַג הַסּוּכּוֹת בִּזְמַן אֲסִיפַת הַתְּבוּאָה, וְעַד שֶׁנִּקְרָא בְּשֵׁם חַג הָאָסִיף, מִפְּנֵי שֶׁעִנְיָנוֹ שֶׁל חַג הַסּוּכּוֹת קָשׁוּר וּבָא לְאַחֲרֵי הָעֲבוֹדָה דַּאֲסֵפַת הַתְּבוּאָה (וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ) בְּרוּחָנִיּוּת. וּכְמוֹ שֶׁאֲסִיפַת הַתְּבוּאָה כִּפְשׁוּטָהּ בְּגַשְׁמִיּוּת הִיא לִפְנֵי כְּנִיסַת הֶחָג, דביו"ט מִי שרי, כ"ה גַּם בְּרוּחָנִיּוּת, שֶׁלְּאַחֲרֵי הָעֲבוֹדָה דִּבְאָסְפְּכֶם אֶת תְּבוּאַת הָאָרֶץ (הִנֵּה אָז) תָּחֹגּוּ אֶת חַג ה' שִׁבְעַת יָמִים.
Il faut comprendre quel rapport existe entre la fête de Souccot, dont le nom (fête de Souccot) vient de « vous résiderez dans des souccot sept jours », et « lorsque vous rentrerez la production du pays ».
וְצָרִיךְ לְהָבִין הַשַּׁיָּיכוּת דְּחַג הַסּוּכּוֹת, דִּשְׁמוֹ (חַג הַסּוּכּוֹת) הוּא עַל שֵׁם בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים, לְבַאֲסַפְכֶם אֶת תְּבוּאַת הָאָרֶץ.
Il faut aussi comprendre (selon la précision relevée dans plusieurs discours) ce qui est écrit : « Vous résiderez dans des souccot sept jours ; tous les autochtones en Israël résideront dans des souccot. » À première vue, l’injonction « vous résiderez dans des souccot », etc., s’adresse à l’ensemble d’Israël et à chacun d’Israël. Qu’ajoute donc ce qui est écrit : « tous les autochtones en Israël résideront dans des souccot » ?
וְגַם צָרִיךְ לְהָבִין (כְּהַדִּיּוּק בְּכַמָּה דְּרוּשִׁים) מ"ש בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים כָּל הָאֶזְרָח בְּיִשְׂרָאֵל יֵשְׁבוּ בַּסּוּכּוֹת, דְּלִכְאוֹרָה, הֲרֵי הַצִּיוּוּי בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ גו' הוּא לִכְלָלוּת יִשְׂרָאֵל וּלְכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל, וּמַה מוֹסִיף במ"ש כָּל הָאֶזְרָח בְּיִשְׂרָאֵל יֵשְׁבוּ בַּסּוּכּוֹת.
Il faut aussi comprendre pourquoi l’injonction « vous résiderez dans des souccot » dit « vous résiderez sept jours », alors que l’injonction « tous les autochtones », etc., dit simplement « résideront » (sans dire « sept jours »).
וְגַם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶּׁבְּהִצִּיוּוי בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ אוֹמֵר תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים משא"כ בְּהַצִּוּוּי כָּל הָאֶזְרָח גו' אוֹמֵר יֵשְׁבוּ סְתָם (וְאֵינוֹ אוֹמֵר שִׁבְעַת יָמִים).
Or, à la suite de « vous célébrerez la fête de Hachem sept jours », le verset [passouk] poursuit : « Vous prendrez pour vous, le premier jour, le fruit de l’arbre splendide [hadar], des palmes de dattier, la branche de l’arbre touffu et des saules de rivière », etc. Cette mitsva aussi est donc liée à la fête de la Récolte : son temps est précisément le premier jour, le premier jour de la fête qui découle de « lorsque vous rentrerez », etc.
וְהִנֵּה בְּהֶמְשֵׁךְ לִתְחֻגּוֹ אֶת חַג ה' שִׁבְעַת יָמִים מַמְשִׁיךְ הַכָּתוּב וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן פְּרִי עֵץ הַדָּר כַּפּוֹת תְּמָרִים וַעֲנַף עֵץ עָבוֹת וְעַרְבֵי נַחַל גו', שֶׁגַּם מִצְוָה זוֹ קְשׁוּרָה עִם חַג הָאָסִיף, דִּזְמַנָּהּ שֶׁל מִצְוָה זוֹ הוּא דַּוְקָא בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן, בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן שֶׁל הֶחָג שֶׁמִּצַּד בְּאָסְפְּכֶם גו'.
Certes, la mitsva de prendre les quatre espèces n’est pas autant liée à l’essence même de la fête que la mitsva de résider dans la soucca [on le comprend aussi du fait que l’obligation de résider dans la soucca court pendant les sept jours de la fête (« vous résiderez dans des souccot sept jours ») dès que la fête est sanctifiée, alors que l’obligation de prendre les quatre espèces ne commence, le premier jour, que le matin (à l’aube, et idéalement au lever du soleil)]. Néanmoins, cette mitsva aussi est liée (comme on l’a dit plus haut) au premier jour de la fête de la Récolte.
וְעִם הֱיוֹת שֶׁמִּצְוַת נְטִילַת ד' מִינִים אֵינָהּ קְשׁוּרָה כ"כ עִם עֶצֶם הֶחָג כְּהַמִּצְוָה דִּישִׁיבָה בַּסֻּכָּה [וְכַמּוּבָן גַּם מִזֶּה שֶׁהַחִיּוּב דְּמִצְוַת יְשִׁיבָה בַּסֻּכָּה הוּא בְּכָל שִׁבְעַת יְמֵי הֶחָג (בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים), מִשֶּׁקִּדֵּשׁ הֶחָג, משא"כ הַחִיּוּב דְּמִצְוַת נְטִילַת ד' מִינִים מַתְחִיל בַּבּוֹקֶר (בַּעֲלוֹת הַשַּׁחַר, וּלְכַתְּחִלָּה מִנֵּץ הַחַמָּה) וּבְיוֹם הָרִאשׁוֹן], מ"מ, הֲרֵי גַּם מִצְוָה זוֹ קְשׁוּרָה (כנ"ל) עִם יוֹם הָרִאשׁוֹן דְּחַג הָאָסִיף.
Pour comprendre cela (le lien entre la soucca et la prise des quatre espèces d’une part, la rentrée des récoltes d’autre part), il faut d’abord exposer ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Le fruit de l’arbre splendide, c’est HaKadoch Barou'h Hou ; les palmes de dattier, c’est HaKadoch Barou'h Hou ; la branche de l’arbre touffu, c’est HaKadoch Barou'h Hou ; les saules de rivière, c’est HaKadoch Barou'h Hou » (et ils en apportent la preuve par des pessoukim).
ב) וּלְהָבִין זֶה (הַשַּׁיָּיכוּת דְּסוּכָּה וּנְטִילַת ד' מִינִים לַאֲסִיפַת הַתְּבוּאָה) יֵשׁ לְהַקְדִּים מַה שארז"ל פְּרִי עֵץ הַדָּר זֶה הקב"ה כַּפּוֹת תְּמָרִים זֶה הקב"ה וַעֲנַף עֵץ עָבוֹת זֶה הקב"ה וְעַרְבֵי נַחַל זֶה הקב"ה (וּמְבִיאִים רְאָיוֹת מִפְּסוּקִים עַל זֶה).
Celui dont c’est la hilloula explique que si chacune des quatre espèces désigne HaKadoch Barou'h Hou, c’est en raison de l’unité qui est en elles.
וּמְבָאֵר בַּעַל ההילולא, דְּמַה שֶׁכָּל א' מד' הַמִּינִים מוֹרֶה עַל הקב"ה הוּא מִצַּד עִנְיַן הָאַחְדּוּת שֶׁבָּהֶם.
Le fruit de l’arbre splendide, en effet, c’est l’etrog, qui réside [dar] sur son arbre d’une année à l’autre. Or, au cours de l’année surviennent de très nombreux changements, d’un extrême à l’autre. C’est pourquoi on l’appelle chana [année], terme apparenté à chinouï [changement] : elle comporte tous les changements de climat des six saisons qu’énumère le passouk. Et l’etrog (qui réside sur son arbre d’une année à l’autre) supporte tous ces changements.
דִּפְרִי עֵץ הַדָּר זֶה אֶתְרוֹג שֶׁדָּר בְּאִילָנוֹ מִשָּׁנָה לְשָׁנָה, דִּבְמֶשֶׁךְ הַשָּׁנָה יֵשׁ כו"כ שִׁינּוּיִים מִן הַקָּצֶה אֶל הַקָּצֶה שֶׁלָּכֵן נִקְרֵאת בְּשֵׁם שָׁנָה מִלְּשׁוֹן שִׁינּוּי לְפִי שֶׁיֵּשׁ בָּהּ כָּל שִׁינּוּיֵי הָאֲוִירִים דְּכָל ו' הַתְּקוּפוֹת שֶׁנִּמְנוֹת בַּכָּתוּב, וְהָאֶתְרוֹג (שֶׁדָּר בְּאִילָנוֹ מִשָּׁנָה לְשָׁנָה) הוּא סוֹבֵל אֶת כָּל הַשִּׁינּוּיִים.
Bien plus, non seulement il supporte tous les climats, mais il grandit grâce à eux. Autrement dit, non seulement les changements de climat ne lui causent aucun amoindrissement, mais il en reçoit un surcroît de croissance. Tel est le (véritable) sens de l’unité qui est dans l’etrog : il unifie tous les changements de climat, de sorte que de tous se forme une seule chose (l’existence de l’etrog).
ויתירה מִזּוֹ, דְּלֹא רַק שֶׁהוּא סוֹבֵל אֶת כָּל הָאֲוִירִים, אֶלָּא שֶׁהוּא גָּדֵל מֵהֶם. הַיְנוּ, דְּלֹא רַק שֶׁשִּׁנּוּיֵי הָאֲוִירִים אֵינָם עוֹשִׂים בּוֹ גֵּרָעוֹן, אֶלָּא שֶׁהוּא מְקַבֵּל מֵהֶם תּוֹסֶפֶת צְמִיחָה. דְּזֶהוּ (אֲמִיתִּית) עִנְיַן הָאַחְדּוּת שֶׁבְּאֶתְרוֹג, שֶׁהוּא מְאַחֵד אֶת כָּל שִׁינּוּיֵי הָאֲוִירִים, שֶׁמִּכֻּלָּם נַעֲשֶׂה דָּבָר אֶחָד (מְצִיאוּת הָאֶתְרוֹג).
Il en va de même pour le loulav : « kapot temarim » [palmes de dattier] (écrit כפת, en graphie défective). Nos Sages, de mémoire bénie, en ont déduit qu’il doit être kafout [lié] : les feuilles doivent pouvoir être repliées puis liées ensemble à la nervure centrale, comme une seule chose. Il existe bien d’autres arbres dont les branches sont proches du tronc, mais ce n’est pas à la manière de kafout (l’unité) comme dans le loulav.
ועד"ז הוּא גַּם בְּלוּלָב, כַּפּוֹת תְּמָרִים (כַּפֹּת, חָסֵר כְּתִיב) וְדָרְשׁוּ רז"ל שצ"ל כַּפּוֹת, שֶׁהֶעָלִים צְרִיכִים לִהְיוֹת בְּאֹפֶן שֶׁיִּהְיוּ רְאוּיִים לִכְפוֹתָן וּלְאָגְדָם יַחַד עִם הַשִּׁדְרָה כְּדָבָר אֶחָד. דַּהֲגַם שֶׁיֵּשׁ עוֹד אִילָנוֹת שֶׁהָעֲנָפִים קְרוֹבִים לְהָעֵץ, אֵין זֶה בְּאֹפֶן דְּכַפּוֹת (אַחְדּוּת) כְּבַלּוּלָב.
Il en est de même pour les myrtes : « la branche de l’arbre touffu [avot] », avot précisément, c’est-à-dire trois [feuilles] dans un seul nœud. Ce sont certes trois feuilles séparées [une multiplicité de divisions : deux, déjà, forment un pluriel, puisque le pluriel minimal est deux, et à plus forte raison trois]. Elles sont pourtant « avot » (une sorte de tresse), dans un seul nœud.
וכ"ה גַּם בְּהַהֲדַסִּים, עֲנַף עֵץ עָבוֹת, עָבוֹת דַּוְקָא, תלתא בחד קינא. דַּהֲגַם שֶׁהֵם ג' עָלִים נִפְרָדִים [רִיבּוּי הִתְחַלְּקוּת, שֶׁהֲרֵי גַּם שְׁנַיִם הֵם רַבִּים, דְּמִעוּט רַבִּים שְׁנַיִם, ומכ"ש ג'] מ"מ הֵן "עָבוֹת" (כְּמִין קְלִיעָה), בחד קנא.
Il en est de même pour le saule (les saules de rivière), que la Guemara appelle a'havna, parce que les saules poussent en fraternité [a'hva]. Ce sont certes des « saules de rivière », arvei étant un pluriel. Ils sont pourtant dans la fraternité et l’unité, et c’est ainsi qu’ils poussent (en fraternité).
וכ"ה גַּם בַּעֲרָבָה (עַרְבֵי נַחַל) שנק' בַּגְּמָרָא בְּשֵׁם אחונא, עַל שֵׁם שֶׁגְּדֵלִים בְּאַחֲוָה. דאע"פ שֶׁהֵם עַרְבֵי נַחַל, עַרְבֵי לְשׁוֹן רַבִּים, הֵם בְּאַחֲוָה וּבְאַחְדוּת, וְכָךְ הוּא אוֹפֶן גִּדּוּלָם (שֶׁגְּדֵלִים בְּאַחֲוָה).
Or, l'unité présente dans ces quatre espèces se réalise de telle sorte que, de la multiplicité, naît l'unité. Ainsi de l'etrog : les climats [litt. : « les airs »] des quatre saisons [tekoufot] de l'année diffèrent les uns des autres (au point d'être des contraires), et pourtant ils s'unissent ensuite et deviennent une seule chose (l'existence de l'etrog). Il en va de même du loulav : du fait même que l'on dit qu'il doit être « kafout » [lié], on comprend qu'il comporte des feuilles séparées qu'il faut lier ensemble. Il en va de même du hadass, qui doit avoir trois feuilles séparées et qui, malgré cela, s'unissent l'une à l'autre (« sur une même tige » [bi'had kina]). Il en va de même des « saules de rivière » [arvei na'hal] : ils sont une multiplicité de saules (arvei est un pluriel), et pourtant ils s'unissent et croissent « en fraternité » [bea'hava].
וְהִנֵּה עִנְיַן הָאַחְדּוּת שבד' מִינִים אֵלּוּ הוּא בְּאֹפֶן שֶׁמֵּרִבּוּי נַעֲשָׂה אַחְדּוּת. וּכְמוֹ בְּאֶתְרוֹג, שֶׁהָאֲוִירִים דו' תְּקוּפוֹת הַשָּׁנָה הֵם שׁוֹנִים זֶה מִזֶּה (וְעַד שֶׁהֵם הֲפָכִים), ואעפ"כ הֵם מִתְאַחֲדִים אח"כ וְנַעֲשִׂים דָּבָר אֶחָד (מְצִיאוּת הָאֶתְרוֹג). וכ"ה גַּם בְּלוּלָב, שֶׁמִּזֶּה גּוּפָא שֶׁאוֹמְרִים שצ"ל כַּפּוֹת מוּבָן שֶׁיֵּשׁ בּוֹ עָלִים נִפְרָדִים וְצָרִיךְ לִכְפוֹתָם. וכ"ה גַּם בַּהֲדַס שצ"ל ג' עָלִים נִפְרָדִים ושאעפ"כ יִתְאַחֲדוּ זֶה עִם זֶה (בחד קנא). וכ"ה גַּם בְּעַרְבֵי נַחַל, שֶׁהֵם רִיבּוּי עֲרָבוֹת (עַרְבֵי לְשׁוֹן רַבִּים) ואעפ"כ הֵם מִתְאַחֲדִים וּגְדֵלִים בְּאַחֲוָה.
Et c'est là le lien entre la mitsva de prendre les quatre espèces et la fête de Souccot : la soukka signifie la paix [chalom], c'est-à-dire que de la multiplicité naît l'unité. On le comprend aussi pour la fête de Souccot, qui tient son nom (comme on l'a dit au début du maamar) de « Dans des soukkot vous résiderez ». Son sens est que de la multiplicité naît l'unité.
ג) וְזֶהוּ הַקֶּשֶׁר דְּמִצְוַת נְטִילַת ד' מִינִים עִם חַג הַסּוּכּוֹת, כִּי עִנְיַן הַסֻּכָּה הוּא שָׁלוֹם, הַיְנוּ מַה שֶׁמֵּרִבּוּי נַעֲשֶׂה אַחְדּוּת. דְּמִזֶּה מוּבָן גַּם בְּנוֹגֵעַ לְחַג הַסּוּכּוֹת, שֶׁהוּא (כנ"ל בִּתְחִלַּת הַמַּאֲמָר) עַל שֵׁם בְּסוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ, שֶׁעִנְיָנוֹ הוּא מַה שֶׁמֵּרִבּוּי נַעֲשֶׂה אַחְדּוּת.
C'est pourquoi la fête de Souccot dure sept jours. Sept jours, c'est la division, car chaque jour diffère des autres. Ils englobent même la division de toute la durée du temps, puisque les sept jours de la semaine sont les sept jours du cycle. C'est pourquoi, chaque semaine, on dit : « Aujourd'hui est le premier jour, aujourd'hui est le deuxième jour », etc. À première vue, depuis la création du monde jusqu'à maintenant, il y a déjà eu des milliers et des dizaines de milliers de jours : pourquoi comptons-nous premier jour, deuxième, troisième, etc. ? L'explication en est connue : ce sont les jours du cycle, qui reviennent sans cesse. Et le sens de la fête de Souccot, qui dure sept jours, est que les sept jours deviennent tous une seule chose : la fête de Souccot.
דְּזֶהוּ חַג הַסּוּכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים, שִׁבְעַת יָמִים הו"ע הַהִתְחַלְּקוּת, דְּכָל יוֹם הוּא מְשֻׁנֶּה מִזּוּלָתוֹ. וְעַד שֶׁהֵם כּוֹלְלִים הִתְחַלְּקוּת דְּכָל מֶשֶׁךְ הַזְּמַן. כִּי שִׁבְעַת יְמֵי הַשָּׁבוּעַ הֵן שִׁבְעַת יְמֵי הַהֶקֵּף. דְּזֶהוּ מַה שֶׁבְּכָל שָׁבוּעַ אוֹמְרִים הַיּוֹם יוֹם רִאשׁוֹן, הַיּוֹם יוֹם שֵׁנִי וכו', דְּלִכְאוֹרָה הֲלֹא מברה"ע עַד עַתָּה כְּבָר יֵשׁ אֲלָפִים וּרְבָבוֹת יָמִים וְלָמָּה אָנוּ מוֹנִין יוֹם רִאשׁוֹן שֵׁנִי וּשְׁלִישִׁי וכו', וְיָדוּעַ הַבֵּיאוּר בָּזֶה, שֶׁזֶּהוּ לְפִי שֶׁהֵם יְמֵי הַהֶקֵּף שֶׁחוֹזְרִין חָלִילָה. וְעִנְיַן חַג הַסּוּכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים הוּא, שֶׁכָּל שִׁבְעַת הַיָּמִים נַעֲשִׂים עִנְיָן אֶחָד, חַג הַסּוּכּוֹת.
L'explication de la chose (le lien entre la prise des quatre espèces et la fête de Souccot), plus en profondeur, est la suivante : l'unité présente dans l'une et dans l'autre n'est pas seulement une union de choses séparées, mais une unité véritable, qui est au-dessus de la division.
ד) וּבֵאוּר הָעִנְיָן (הַשַּׁיָּיכוּת דִּנְטִילַת ד' מִינִים עִם חַג הַסּוּכּוֹת) בְּעוֹמֶק יוֹתֵר, דְּעִנְיַן הָאַחְדּוּת שֶׁבִּשְׁנֵיהֶם הוּא לֹא רַק בְּאֹפֶן דְּהִתְאַחֲדוּת שֶׁל דְּבָרִים נִפְרָדִים, אֶלָּא אַחְדּוּת אֲמִיתִּית שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְחַלְּקוּת.
Dans la mitsva de prendre les quatre espèces, en plus de l'unité présente dans chacune des quatre espèces (prise en elle-même), qui est une union de choses séparées, les quatre espèces deviennent toutes une seule mitsva, une seule chose. Ce sont pourtant quatre espèces différentes, et même d'une extrémité à l'autre, comme le dit le Midrach : les quatre espèces du loulav correspondent à quatre catégories au sein d'Israël, depuis la catégorie qui correspond à l'étrog, qui a du goût et du parfum (Torah et bonnes actions), jusqu'à la catégorie qui correspond à l'arava [saule], qui n'a ni goût ni parfum. Malgré cela, elles deviennent toutes (les quatre catégories) « un seul faisceau pour accomplir Ta volonté ». Et cette unité (le fait qu'elles deviennent toutes une seule gerbe pour accomplir Ta volonté) est une unité véritable, au-dessus de la division.
דִּבְמִצְוַת נְטִילַת ד' מִינִים הִנֵּה נוֹסָף עַל הָאַחְדּוּת שֶׁבְּכָל אֶחָד מד' הַמִּינִים (כְּמוֹ שֶׁהוּא בִּפְנֵי עַצְמוֹ), שֶׁהִיא הִתְאַחֲדוּת שֶׁלִּדְבָרִים נִפְרָדִים, הֲרֵי כָּל ד' הַמִּינִים נַעֲשִׂים מִצְוָה אַחַת, עִנְיָן אֶחָד. דַּהֲגַם שֶׁהֵם ד' מִינִים שׁוֹנִים, וּמִן הַקָּצֶה אֶל הַקָּצֶה, כִּדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ דד' מִינִים שֶׁבַּלּוּלָב הֵם כְּנֶגֶד ד' סוּגִים שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל, מֵהַסּוּג שֶׁכְּנֶגֶד אֶתְרוֹג שֶׁיֵּשׁ בּוֹ טַעַם וְרֵיחַ (תּוֹרָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים) עַד לְהַסּוּג שֶׁכְּנֶגֶד עֲרָבָה שֶׁאֵין בָּהּ לֹא טַעַם וְלֹא רֵיחַ, מ"מ הֵם נַעֲשִׂים כֻּלָּם (כָּל הד' סוּגִים) אֲגֻדָּה אַחַת לַעֲשׂוֹת רְצוֹנְךָ, דְּאַחְדּוּת זוֹ (מַה שֶׁכֻּלָּם נַעֲשִׂים אֲגֻדָּה אַחַת לַעֲשׂוֹת רְצוֹנְךָ) הִיא אַחְדּוּת אֲמִיתִּית שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְחַלְּקוּת.
Il en va de même pour l'unité de la soukka. Après avoir dit « Dans des soukkot vous résiderez sept jours », qui est l'unité de choses séparées (les sept jours s'unissent en une seule soukka), le passouk ajoute : « Tout citoyen en Israël résidera dans des soukkot » (« résidera », sans plus, sans dire « sept jours »), qui est l'unité véritable, au-dessus de la division.
ועד"ז הוּא בְּעִנְיַן הָאַחְדּוּת דְּסוּכָּה, דִּלְאַחֲרֵי שֶׁאוֹמֵר בְּסוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים, עִנְיַן הָאַחְדּוּת דְּנִפְרָדִים (מַה שֶׁשִּׁבְעַת יָמִים מִתְאַחֲדִים בְּסֻכָּה אַחַת), מוֹסִיף כָּל הָאֶזְרָח בְּיִשְׂרָאֵל יֵשְׁבוּ בְּסוּכּוֹת (יֵשְׁבוּ סְתָם, וְאֵינוֹ אוֹמֵר שִׁבְעַת יָמִים), אַחְדּוּת אֲמִיתִּית שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְחַלְּקוּת.
D'après cela, on comprendra le lien entre la fête de Souccot (« vous célébrerez la fête de D.ieu sept jours », avec la mitsva de résider dans la soukka et la mitsva de prendre les quatre espèces) et « lorsque vous récolterez le produit de la terre ». Car « lorsque vous recueillerez » [be'ospekhem] relève de l'unité : au départ, ce sont des choses séparées, et l'expression « lorsque tu recueilleras » [be'ospekha] signifie les rassembler (et les unir) ensemble.
ה) ועפ"ז תּוּבַן הַשַּׁיָּיכוּת דְּחַג הַסּוּכּוֹת (תָּחֹגּוּ אֶת חַג ה' שִׁבְעַת יָמִים, דְּמִצְוַת יְשִׁיבָה בַּסֻּכָּה וּדְמִצְוַת נְטִילַת ד' מִינִים) לְבַאֲסֹפְכֶם אֶת תְּבוּאַת הָאָרֶץ, כִּי בְּאָסְפְּכֶם הוּא עִנְיַן הָאַחְדּוּת, שֶׁבַּתְּחִלָּה הֵם דְּבָרִים נִפְרָדִים, וְעִנְיַן בְּאָסְפְּךָ הוּא לֶאֱסֹף אוֹתָם (וּלְאַחֲדָם) יַחַד.
Il y a là deux choses (à l'image des deux degrés d'unité dans la soukka et les quatre espèces). D'abord, le rassemblement (et l'union) de la multitude des éléments de chaque espèce (grain, vin nouveau et huile), prise en elle-même. Ensuite, le rassemblement (l'union) des trois espèces ensemble : on les rassemble toutes dans la maison (en un seul lieu).
וּשְׁנֵי עִנְיָנִים בָּזֶה (בְּדֻגְמַת ב' הַמַּדְרֵיגוֹת דְּאַחְדּוּת שֶׁבְּסֻכָּה וד' מִינִים). דִּתְחִלָּה הִיא הָאֲסִיפָה (וְהַהִתְאַחֲדוּת) שֶׁל רִיבּוּי הַפְּרָטִים דְּכָל מִין וּמִין (דָּגָן, תִּירוֹשׁ וְיִצְהָר) בִּפְנֵי עַצְמוֹ, ולאח"ז הִיא הָאֲסִיפָה (הַהִתְאַחֲדוּת) דְּכָל ג' הַמִּינִים יַחַד, שֶׁאוֹסֵף כֻּלָּם אֶל הַבַּיִת (לְמָקוֹם אֶחָד).
Or, toutes ces choses viennent après le service du début du mois de Tichri, dont les lettres sont celles de רשית [rechit, « commencement »].
ו) וְהִנֵּה כָּל עִנְיָנִים אֵלּוּ בָּאִים לְאַחֲרֵי הָעֲבוֹדָה דְּהַתְחָלַת חוֹדֶשׁ תִּשְׁרֵי, אוֹתִיּוֹת רֵשִׁית.
Car les dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour sont dix jours : ils relèvent de la division. À Yom Kippour, ils s'intègrent et s'unifient en un seul jour (celui de Yom Kippour), « une fois par an ».
דַּעֲשָׂרָה יָמִים שֶׁבֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים, עֲשָׂרָה יָמִים, הֵם בְּחִינַת הִתְחַלְּקוּת, וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים הֵם מִתְכַּלְּלִים וּמִתְאַחֲדִים בְּיוֹם אֶחָד (דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים), אַחַת בַּשָּׁנָה,
Après Yom Kippour, durant les quatre jours qui séparent Yom Kippour de Souccot, a lieu la préparation à l'accomplissement de la mitsva « Vous habiterez dans des cabanes » et de la prise des quatre espèces. Cela inclut aussi le service de « quand tu recueilles ton ouvrage des champs » : comme on l'a dit au début du maamar, ce service précède la fête de Souccot et la prépare.
וּלְאַחֲרֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים, בד' יָמִים שֶׁבֵּין יוֹם הַכִּפּוּרִים לְסוּכּוֹת, הִיא הַהֲכָנָה לְקִיּוּם מִצְוַת בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ וּנְטִילַת ד' מִינִים, כּוֹלֵל גַּם הָעֲבוֹדָה דִּבְאָסְפְּךָ אֶת מַעֲשֶׂיךָ מִן הַשָּׂדֶה, דַּעֲבוֹדָה זוֹ הִיא (כנ"ל בִּתְחִלַּת הַמַּאֲמָר) לִפְנֵי וַהֲכָנָה לְחַג הַסּוּכּוֹת.
Seulement, Yom Kippour, où l'on ne mange ni ne boit, etc., se vit sur le mode du dépouillement des choses du monde. C'est le cas en particulier de la prière de Néila de Yom Kippour, où « Israël et le Roi [sont] seuls ». Tel est en effet le sens de Néila [« fermeture »] : on ferme toutes les portes, et il ne se trouve plus (à l'intérieur) qu'Israël et le Roi.
אֶלָּא שֶׁבְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, שֶׁאֵין בּוֹ אֲכִילָה ושתי' וכו', הוּא בְּאֹפֶן דְּהַפְשָׁטָה מֵעִנְיְנֵי הָעוֹלָם. וּבִפְרָט בִּתְפִלַּת נְעִילָה דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, שֶׁאָז יִשְׂרָאֵל ומלכא בִּלְחוֹדוֹהִי. דְּזֶהוּ פֵּירוּשׁ נְעִילָה, שֶׁנּוֹעֲלִים כָּל הַשְּׁעָרִים וְנִמְצָאִים (בִּפְנִים) רַק יִשְׂרָאֵל ומלכא.
Or, pour parachever l'intention de la demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim], l'épanchement (attirer l'unité) doit se faire en bas, dans ce monde-ci matériel, et jusque dans les choses matérielles de ce monde-ci. Cela commence par « quand tu recueilles ton ouvrage des champs » : bien qu'il s'agisse d'un service spirituel (comme on l'a dit au début du maamar), il reste aussi lié à la récolte des produits (« ton blé, ton vin nouveau et ton huile »), au sens littéral et matériel.
וּבִכְדֵי לְהַשְׁלִים הַכַּוָּונָה דְּדִירָה בַּתַּחְתּוֹנִים, צְרִיכָה לִהְיוֹת הַהַמְשָׁכָה (לְהַמְשִׁיךְ עִנְיַן הָאַחְדוּת) לְמַטָּה, בעוה"ז הַגַּשְׁמִי, עַד בְּעִנְיָנִים הַגַּשְׁמִיִּים דעוה"ז, מַתְחִיל מִבְּאָסְפְּךָ אֶת מַעֲשֶׂיךָ מִן הַשָּׂדֶה, דַּהֲגַם שֶׁהִיא עֲבוֹדָה רוּחָנִית (כנ"ל בִּתְחִלַּת הַמַּאֲמָר), מ"מ הֲרֵי הִיא קְשׁוּרָה גַּם עִם אֲסִיפַת הַתְּבוּאָה (דְּגָנֶךָ תִּירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ) כִּפְשׁוּטָהּ בְּגַשְׁמִיּוּת,
Il en va de même de la mitsva « Vous habiterez dans des cabanes » : le skhakh [couverture] de la soucca doit provenir « de ton aire et de ton pressoir », et, plus précisément encore, des déchets de l'aire et du pressoir. Il en va de même de la mitsva de la prise des quatre espèces : on ne peut pas accomplir la mitsva par l'intention, ni par le service des attributs affectifs de l'âme [midot] (bien que les quatre espèces appartiennent au règne végétal et que le végétal corresponde aux midot), ni même par le service de Malkhout (bien que les agitations aient pour sens d'attirer dans la Noukva de Zeïr Anpin (Malkhout), qui se tient à la poitrine de Zeïr Anpin). Il faut précisément quatre espèces matérielles, et qu'elles touchent précisément la poitrine matérielle.
ועד"ז הוּא גַּם בְּמִצְוַת בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ, דִּסְכָךְ הַסֻּכָּה צ"ל מִגָּרְנְךָ וּמִיִּקְבֶךָ וּבָזֶה גּוּפָא דַּוְקָא מִפְּסֹלֶת גֹּרֶן וְיֶקֶב, ועד"ז הוּא גַּם בְּמִצְוַת נְטִילַת ד' מִינִים, דא"א לְקַיֵּים הַמִּצְוָה ע"י כַּוָּנָה, ע"י הָעֲבוֹדָה דְּמִדּוֹת (הֲגַם שד' הַמִּינִים הֵם מִסּוּג הַצּוֹמֵחַ וְצוֹמֵחַ הו"ע הַמִּדּוֹת), וְגַם לֹא ע"י הָעֲבוֹדָה דְּמַלְכוּת (אַף שֶׁעִנְיַן הַנַּעֲנוּעִים הוּא לְהַמְשִׁיךְ בְּנֻקְבָּא דז"א (מַלְכוּת) הָעוֹמֶדֶת בְּחָזֶה דז"א), וְצָרִיךְ לד' מִינִים גַּשְׁמִיִּים דַּוְקָא, וְשֶׁיִּגְּעוּ בְּחָזֶה הַגַּשְׁמִי דַּוְקָא.
C'est là le sens de « et la fête de la collecte [haassif]… quand tu recueilles ton ouvrage des champs » : c'est le rassemblement de toutes les choses ensemble. Et cela commence par le rassemblement de toutes les choses de la Torah (comme pour tous les services, qui commencent par leur contenu tel qu'il se trouve dans la Torah, puisque « Il regarda dans la Torah et créa le monde »).
ז) וְזֶהוּ וְחַג הָאָסִיף גו' בְּאָסְפְּךָ אֶת מַעֲשֶׂיךָ מִן הַשָּׂדֶה, שֶׁהוּא אֲסִיפַת כָּל הָעִנְיָנִים יַחַד. וְהַהַתְחָלָה בָּזֶה הִיא שֶׁמְּאַסְּפִים כָּל הָעִנְיָנִים דְּתוֹרָה (כְּכָל הָעֲבוֹדוֹת, שֶׁהַתְחָלָתָם הִיא בְּעִנְיָנָם כְּמוֹ שֶׁהוּא בַּתּוֹרָה, מִכֵּיוָן דאסתכל באוריתא וברא עלמא).
En effet, chaque sujet de la Torah comporte six cent mille explications selon le pchat [sens littéral], six cent mille explications selon le remez [allusion], et de même selon le drach [interprétation homilétique] et selon le sod [secret]. Il faut rassembler et inclure toutes les explications de la partie du pchat, de même toutes celles de la partie du remez, de la partie du drach et de la partie du sod, puis rassembler et inclure les quatre parties ensemble. Tel est le sens de « tu recueilleras ton blé, ton vin nouveau et ton huile » : le blé (le pain) est la partie révélée de la Torah [niglé] ; le vin nouveau (le vin), les secrets de la Torah [razin deOraïta] ; l'huile, les secrets des secrets [razin derazin]. Le service de « tu recueilleras ton blé, ton vin nouveau et ton huile » est double. D'une part, le rassemblement et l'inclusion de la multiplicité des choses de chaque catégorie (niglé, secrets et secrets des secrets) en elle-même. D'autre part, le rassemblement et l'inclusion de toutes les catégories ensemble, pour les élever à un degré qui dépasse la division, jusqu'au niveau de « l'endroit qui inclut tout » [atar dekhalil koula], et plus haut encore.
דְּהִנֵּה כָּל עִנְיָן בַּתּוֹרָה יֵשׁ בּוֹ שִׁשִּׁים רִבּוֹא פֵּירוּשִׁים ע"ד הַפְּשָׁט, שִׁשִּׁים רִבּוֹא פֵּירוּשִׁים ע"ד הָרֶמֶז, וְכֵן ע"ד הַדְּרוּשׁ וע"ד הַסּוֹד. וְצָרִיךְ לֶאֱסֹף וְלִכְלֹל כָּל הַפֵּירוּשִׁים דְּחֵלֶק הַפְּשָׁט, וְכֵן כָּל הַפֵּירוּשִׁים דְּחֵלֶק הָרֶמֶז, דְּחֵלֶק הַדְּרוּשׁ וּדְחֵלֶק הַסּוֹד, וּלְאַחֲרֵי זֶה לֶאֱסֹף וְלִכְלֹל כָּל ד' הַחֲלָקִים יַחַד. וְזֶהוּ וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ, דָּגָן (לֶחֶם) הוּא נִגְלֶה דְּתוֹרָה, תִּירוֹשׁ (יַיִן) הוּא רזין דאורייתא, וְיִצְהָר (שֶׁמֶן) הוּא רזין דְּרָזִין, וְהָעֲבוֹדָה דִּוְאִסְפַּת דְּגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ הִיא בִּשְׁתַּיִם. הָאֲסִיפָה וְהַהִתְכַּלְּלוּת שֶׁל רִיבּוּי הָעִנְיָנִים דְּכָל סוּג (נִגְלֶה, רזין ורזין דְּרָזִין) גּוּפָא, וְגַם הָאֲסִיפָה וְהַהִתְכַּלְּלוּת דְּכָל הַסּוּגִים יַחַד, וּלְהַעֲלוֹתָם לְדַרְגָּא שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְחַלְּקוּת, עַד לבחי' אתר דכליל כּוֹלָּא וּלְמַעְלָה יוֹתֵר.
Et bien que l'essentiel de cela (l'unification de tous les sujets de la Torah) doive advenir à la venue de Machia'h, qui enseignera au peuple tout entier la Torah tout entière, y compris les secrets de la Torah et les secrets des secrets, comme le dit le passouk : « Qu'il me baise des baisers de sa bouche », ce que Rachi explique ainsi : dans l'avenir se révélera le secret de ses raisons (de la Torah) et ce qui est caché de ses trésors ; et bien que tout cela doive alors se faire sur le mode de la vision, néanmoins, puisque « ceux qui la goûtent ont mérité la vie », un reflet de cela, sur le mode du goûter tout au moins, peut et doit exister dès maintenant.
וַהֲגַם דְּעִיקַּר עִנְיַן זֶה (הַהִתְאַחֲדוּת דְּכָל עִנְיְנֵי הַתּוֹרָה) יהי' בְּבִיאַת הַמָּשִׁיחַ, שֶׁיְּלַמֵּד אֶת כָּל הָעָם כּוּלּוֹ אֶת כָּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, גַּם רָזֵי תּוֹרָה ורזין דְּרָזִין, וכמ"ש יִשָּׁקֵנִי מִנְּשִׁיקוֹת פִּיהוּ ופירש"י שלע"ל יִתְגַּלֶּה סוֹד טעמי' (דְּתוֹרָה) וּמִסְתָּר צפונותי', וכ"ז יהי' אָז בְּאֹפֶן שֶׁל ראי', אעפ"כ, מִכֵּיוָן שטועמי' חַיִּים זָכוּ, הֲרֵי מֵעֵין זֶה בְּאֹפֶן שֶׁל טְעִימָה עכ"פ יָכוֹל לִהְיוֹת וְצָרִיךְ לִהְיוֹת עַכְשָׁיו.
Et de là (de « tu recueilleras ton blé, ton vin nouveau et ton huile » tel qu'il se trouve dans la Torah) découle qu'il y ait « tu recueilleras ton blé, ton vin nouveau et ton huile » dans toutes les choses du service de l'homme dans le spirituel, jusqu'à ce que cela s'étende aussi à « tu recueilleras ton blé, ton vin nouveau et ton huile » au sens simple, dans le blé, le vin nouveau et l'huile matériels.
וּמִזֶּה (מֵהָעִנְיָן דִּוְאִסְפַּת דְּגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ כְּמוֹ שֶׁהוּא בַּתּוֹרָה) נִמְשָׁךְ שיהי' וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ בְּכָל עִנְיְנֵי עֲבוֹדַת הָאָדָם בְּרוּחָנִיּוּת, וְעַד שֶׁזֶּה נִמְשָׁךְ גַּם בִּוְאַסְפַּת דְּגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ כִּפְשׁוּטוֹ, בְּדָגָן תִּירוֹשׁ וְיִצְהָר הַגַּשְׁמִיִּים.
Il en va de même de l'unité de la résidence dans la soucca (qui suit le service de « tu recueilleras ») : elle comporte (comme on l'a dit) deux degrés. « Vous habiterez dans des cabanes sept jours » : c'est l'unité telle qu'elle se rapporte encore aux sept jours (la division). Et « tout autochtone [ezra'h] en Israël habitera dans des cabanes » (sans précision, au-dessus des sept jours) : l'essentiel de cela adviendra dans l'avenir, puisque, comme on le sait, ezra'h désigne ce qui doit briller [lehazria'h] dans l'avenir. Néanmoins, il en existe un rayonnement dès maintenant. C'est ce qu'explique le Baal HaHilloula [celui dont on célèbre la hilloula] (à partir de ce qui précède) : ce qui doit briller dans l'avenir au sein d'Israël et dans leur intériorité, dès maintenant « ils habiteront dans des cabanes », c'est-à-dire que cela se révèle sur eux (maintenant) au niveau des cabanes et de l'enveloppant [makif].
ועד"ז הוּא גַּם בְּעִנְיַן הָאַחְדוּת דִּישִׁיבָה בַּסֻּכָּה (שֶׁלְּאַחֲרֵי הָעֲבוֹדָה דִּוְאַסְפֶּת), שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה (כנ"ל) ב' מַדְרֵיגוֹת, בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים שהו"ע הָאַחְדוּת כְּמוֹ שֶׁשַּׁיָּךְ עֲדַיִין לְשִׁבְעַת יָמִים (הִתְחַלְּקוּת) וְכָל הָאֶזְרָח בְּיִשְׂרָאֵל יֵשְׁבוּ בַּסּוּכּוֹת (סְתָם, שֶׁלְּמַעְלָה מֵעִנְיַן שִׁבְעַת יָמִים), דְּעִיקַּר עִנְיַן זֶה יהי' לע"ל, כַּיָּדוּעַ דְּפֵרוּשׁ אֶזְרָח הוּא מַה שֶׁעָתִיד לְהַזְרִיחַ לע"ל, אֶלָּא שאעפ"כ יֵשׁ הֶאָרָה מִזֶּה גַּם עַכְשָׁיו. כְּפֵירוּשׁ בַּעַל ההילולא (ע"פ זֶה), דְּמַה שֶׁעָתִיד לְהַזְרִיחַ לע"ל בְּתוֹךְ יִשְׂרָאֵל וּבִפְנִימִיּוּתָם, הִנֵּה גַּם עַכְשָׁיו יֵשְׁבוּ בְּסוּכּוֹת, שֶׁזֶּה מִתְגַּלֶּה עֲלֵיהֶם (עַכְשָׁיו) בבחי' סוּכּוֹת וּמַקִּיף.
Il en va de même des quatre espèces (la prise des quatre espèces vient, comme on l'a dit, après la résidence dans la soucca) : chacune des quatre espèces est « c'est HaKadoch Barou'h Hou ». Cela est vrai dès maintenant, mais maintenant de façon voilée. La révélation en adviendra dans l'avenir, quand s'accomplira : « La gloire de Havayé se révélera, et toute chair verra… ».
ועד"ז הוּא גַּם בְּעִנְיַן הד' מִינִים (דִּנְטִילַת ד' מִינִים הוּא (כנ"ל) לְאַחֲרֵי הַיְשִׁיבָה בַּסֻּכָּה), דְּכָל אֶחָד מד' הַמִּינִים הוּא "זֶה הקב"ה", דְּעִנְיָן זֶה הוּא גַּם עַכְשָׁיו, אֶלָּא שֶׁעַכְשָׁיו הוּא בְּהֶעְלֵם, וְהַגִּילּוּי מִזֶּה יהי' לע"ל שֶׁאָז יהי' וְנִגְלָה כְּבוֹד הוי' וְרָאוּ כָּל בָּשָׂר גו'.
Alors, la collecte de « ton blé, ton vin nouveau et ton huile » se fera elle aussi d'une autre manière : il ne faudra plus « tu recueilleras » (qu'Israël doive recueillir), mais « des étrangers se tiendront et feront paître vos troupeaux, et des fils de l'étranger seront vos laboureurs », etc. La résidence dans la soucca, elle aussi, se fera d'une manière plus élevée : on habitera dans la soucca faite de la peau du Léviathan. Et ce « c'est HaKadoch Barou'h Hou » (des quatre espèces) sera alors révélé, selon « Comme Je M'écris, ainsi suis-Je appelé ». Toutefois, un reflet
וְאָז יהי' גַּם אֲסִיפַת דְּגָנֶךָ וְתִירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ בְּאֹפֶן אַחֵר, שֶׁלֹּא יהי' צָרִיךְ לִהְיוֹת וְאָסַפְתָּ (שֶׁיִּשְׂרָאֵל יִצְטָרְכוּ לֶאֱסֹף) כִּי אִם וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם וּבְנֵי נֵכָר אִכָּרֵיכֶם וגו', וְגַם הַיְשִׁיבָה בַּסֻּכָּה תהי' בְּאֹפֶן נַעֲלֶה יוֹתֵר, שֶׁיֵּשְׁבוּ בְּסֻכַּת עוֹרוֹ שֶׁל לִוְיָתָן, וְגַם עִנְיָן זֶה הקב"ה (שבד' הַמִּינִים) יהי' אָז בְּגִילּוּי, כְּפִי שֶׁאֲנִי נִכְתָּב כָּךְ אֲנִי נִקְרָא, אֶלָּא שֶׁמֵּעֵין
D'une autre manière : il ne sera plus nécessaire de « tu récolteras » [ve'assafta] (c'est-à-dire qu'Israël n'aura plus à récolter lui-même), mais « des étrangers se tiendront et feront paître vos troupeaux, et des fils de l'étranger seront vos laboureurs », etc. De même, le séjour dans la soucca se fera d'une manière plus élevée : on séjournera dans la soucca faite de la peau du Léviathan. De même, ce thème de HaKadoch Barou'h Hou (dans les quatre espèces) sera alors dévoilé, selon « tel que Je suis écrit, ainsi Je suis lu ». Toutefois, un reflet de cela (de toutes ces choses) existe déjà maintenant, comme on l'a expliqué plus haut à propos de l'interprétation de « tout autochtone en Israël séjournera dans les souccot ». À plus forte raison en est-il ainsi au temps de la fin de la galout (les « talons de Machia'h » [ikveta deMechi'ha]), où il ne reste plus que quelques instants comptés. Or la Torah a promis qu'Israël finira par faire téchouva à la fin de leur galout, et aussitôt ils seront délivrés. Et cela, dans la joie et le contentement du cœur.
אוֹפֶן אַחֵר, שֶׁלֹּא יהי' צָרִיךְ לִהְיוֹת וְאָסַפְתָּ (שֶׁיִּשְׂרָאֵל יִצְטָרְכוּ לֶאֱסֹף) כִּי אִם וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם וּבְנֵי נֵכָר אִכָּרֵיכֶם וגו', וְגַם הַיְשִׁיבָה בַּסֻּכָּה תהי' בְּאֹפֶן נַעֲלֶה יוֹתֵר, שֶׁיֵּשְׁבוּ בְּסֻכַּת עוֹרוֹ שֶׁל לִוְיָתָן, וְגַם עִנְיָן זֶה הקב"ה (שבד' הַמִּינִים) יהי' אָז בְּגִילּוּי, כְּפִי שֶׁאֲנִי נִכְתָּב כָּךְ אֲנִי נִקְרָא, אֶלָּא שֶׁמֵּעֵין זֶה (דְּכָל עִנְיָנִים אֵלּוּ) יֵשׁ גַּם עַכְשָׁיו, וכנ"ל בְּפֵירוּשׁ כָּל הָאֶזְרָח בְּיִשְׂרָאֵל יֵשְׁבוּ בְּסוּכּוֹת, ועאכו"כ בְּהַזְּמַן דְּסוֹף הַגָּלוּת (עקבתא דמשיחא) שֶׁנִּשְׁאֲרוּ רַק רְגָעִים סְפוּרִים, וְהִבְטִיחָה תּוֹרָה שֶׁסּוֹף יִשְׂרָאֵל לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה בְּסוֹף גָּלוּתָן וּמִיָּד הֵן נִגְאָלִין, וּבְשִׂמְחָה וּבְטוּב לֵבָב.