Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ האזינו, שבת תשובה ה'תשכ"ג. Traduction française littérale en regard.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ האזינו, שבת תשובה ה'תשכ"ג. Traduction française littérale en regard.
« Et nul homme ne sera dans la Tente de la Rencontre lorsqu'il viendra obtenir le pardon [lekhaper] dans le Sanctuaire… » Le Yerouchalmi précise : « même ceux dont il est écrit : "Et la forme de leur visage était un visage d'homme" ». Le Tséma'h Tsédek explique, dans son maamar commençant par ces mots, que la révélation attirée lorsque le kohen gadol entrait dans le Saint des saints est une révélation qui se situe au-delà de l'hichtalchelout [enchaînement des mondes]. C'est ce que rapporte le Midrach sur le passouk « C'est avec ceci qu'Aharon entrera » : « Par quel mérite Aharon entrait-il dans le Saint des saints, etc. ? Le mérite de la mila [circoncision] entrait avec lui. » Or la mila a été donnée au huitième jour, et le huitième est au-delà de l'hichtalchelout. C'est ce que rapporte aussi le Midrach sur le passouk « Le secret de Havayé est pour ceux qui Le craignent » : « Qu'est-ce que le secret de Havayé ? C'est la mila. » Les révélations de l'hichtalchelout procèdent en effet du niveau de ce qui est révélé [galya] du Saint, béni soit-Il, tandis que la révélation attirée par la mila procède du niveau de ce qui est caché [stim] du Saint, béni soit-Il. C'est pourquoi elle est appelée « secret de Havayé » : le secret est ce qui est fermé et dissimulé. Au moment où le kohen gadol entrait dans le Saint des saints, la révélation du « secret de Havayé » était attirée. Voilà pourquoi même ceux dont il est écrit « Et la forme de leur visage était un visage d'homme » ne s'y trouvaient pas : face à cette révélation, il n'y a pas de place pour les créatures, pas même pour les anges dont la forme du visage est un visage d'homme.
Il faut cependant comprendre. Pour que le kohen gadol puisse entrer dans le Saint des saints, il lui faut le mérite de la mila, donnée au huitième jour. On en déduit que la révélation au-delà de l'hichtalchelout qui se trouvait dans le Saint des saints tenait à la grandeur du Saint des saints lui-même (et non que l'entrée du kohen gadol dans le Saint des saints attirait cette révélation). Et pourtant, « nul homme ne sera… », pas même ceux dont il est écrit « Et la forme de leur visage était un visage d'homme », précisément lorsque le kohen gadol vient dans le Saint des saints pour obtenir le pardon dans le Sanctuaire. On comprend donc que la révélation attirée par le service du kohen gadol dans le Saint des saints est plus élevée que celle qui s'y trouvait par elle-même.
b) On le comprendra à la lumière de ce qui est expliqué dans ce maamar : la téchouva (et le pardon [kappara]) relève du niveau du huitième, qui est au-delà de l'hichtalchelout. Car « grande est la téchouva, qui apporte la guérison au monde », et « la guérison, ils l'ont fixée à la huitième ». Si la guérison a été fixée à la huitième, c'est à la manière de la mila, donnée au huitième jour. Voilà pourquoi, sept jours avant Yom Kippour, on sépare le kohen gadol de sa maison, et pendant les sept jours on l'exerce aux services : les sept jours correspondent au niveau de l'hichtalchelout, tandis que Yom Kippour, le huitième jour (qui suit les sept jours), est au-delà de l'hichtalchelout. C'est aussi le sens des huit aspersions de Yom Kippour, « une vers le haut et sept vers le bas » : l'aspersion unique, au-dessus des sept, correspond au niveau de « Une chose, j'ai demandé » et de « Unique est ma colombe ».
Il en ressort que le huitième, au-delà de l'hichtalchelout, comporte plusieurs degrés. Le huitième de la mila, et de même celui du Saint des saints, puisqu'on entre dans le Saint des saints par le mérite de la mila. Le huitième de la téchouva, plus élevé que le huitième de la mila (car la mila est une mitsva, tandis que la téchouva, qui obtient le pardon de ce qui a porté atteinte à la Torah et aux mitsvot, est au-delà de la Torah et des mitsvot (comme on le verra plus loin, section 8)). Le huitième de Yom Kippour : la téchouva de Yom Kippour est plus élevée que celle de toute l'année (même que celle des dix jours de téchouva), c'est pourquoi Yom Kippour est un temps de téchouva pour tous. Et, au sein même de Yom Kippour, les huit aspersions dans le Saint des saints, une vers le haut et sept vers le bas, où l'aspersion unique précède les sept.
On peut proposer l'explication suivante : le huitième qui vient après sept est une révélation qui se situe au-delà de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]. Cette révélation est attirée après les réalités de l'ordre naturel de la création et par leur intermédiaire. Et du fait même qu'elle est attirée par l'intermédiaire de ces réalités, il ressort qu'elle est liée à l'ordre naturel de la création. L'un qui précède les sept, en revanche, est une révélation qui se situe au-delà de l'ordre naturel de la création, au-delà de tout lien avec lui [seulement, cette révélation est ensuite attirée dans l'ordre naturel de la création : ce sont les sept qui suivent l'un, comme on le verra plus loin, au paragraphe 7]. Cela permet de comprendre pourquoi « et nul homme ne sera » etc. s'applique précisément « lorsqu'il viendra pour obtenir le pardon dans le sanctuaire ». En effet, au regard de la révélation qui se trouvait dans le Saint des saints [Kodech HaKodachim] par elle-même [comparable au huitième jour de la circoncision, un huitième qui vient après sept], révélation au-delà de l'ordre naturel de la création mais liée à lui, il reste place pour une existence. Or, par le service du kohen gadol à Yom Kippour dans le Saint des saints, est attirée la révélation de ce qui est au-delà de l'ordre naturel de la création, au-delà de tout lien avec lui ; et au regard de cette révélation, « nul homme ne sera », pas même ceux dont l'aspect du visage est celui d'un visage d'homme. ג) Cela se comprendra à partir de ce qui est écrit : « Car cette mitsva que Je [Anokhi] t'ordonne. » Il est expliqué dans Likouteï Torah que toutes les mitsvot sont appelées « mitsvot de Havayé », tandis que « cette mitsva », la mitsva de la téchouva, « Anokhi t'ordonne » : Anokhi, Celui qui est Anokhi (au-delà de Havayé). Voici l'explication. La fonction des mitsvot est d'attirer dans le monde la révélation du Nom Havayé. Car la création du monde provient du Nom Elokim, et Elokim a la valeur numérique de hateva [la nature] ; par les mitsvot, est attirée dans le monde la révélation du Nom Havayé, qui est au-delà de la nature. L'essentiel de la révélation de Havayé produite par l'accomplissement des mitsvot se fait dans l'homme qui les accomplit (et par là, la révélation est attirée aussi dans le monde). C'est pourquoi la première parole de Matan Torah [le don de la Torah] est : « Je suis Havayé ton D.ieu [Elokékha] » : la fonction des mitsvot données à Matan Torah est que Havayé devienne « ton Elokim ».
Or, s'il est possible, par les mitsvot, d'attirer dans le monde la révélation du Nom Havayé, alors que la venue à l'existence du monde se fait par le Nom Elokim, qui voile et occulte le Nom Havayé, c'est parce que le but du voilement opéré par le Nom Elokim est (dès l'origine) que la révélation de Havayé soit attirée par la Torah et les mitsvot. Comme il est écrit : « D.ieu [HaElokim] a fait l'homme droit [yachar]. » Le but de la venue à l'existence issue du Nom Elokim (« HaElokim a fait ») est que l'homme, en accomplissant les mitsvot, attire la réalisation de « les hommes droits [yachar] contempleront Sa face » : qu'en bas la révélation soit comme en haut. Mais lorsque « eux ont recherché de nombreux calculs » (à l'opposé du but de la création), alors, pour que la révélation du Nom Havayé soit attirée dans l'homme, et par lui dans le monde, il faut que l'épanchement vienne d'Anokhi, qui est au-delà de Havayé ; et cet épanchement se fait par la téchouva, qui est au-delà des mitsvot. Comme il est écrit : « Reviens, Israël, jusqu'à Havayé ton D.ieu [Elokékha], car tu as trébuché par ta faute. » Pour que Havayé soit « ton D.ieu » après que « tu as trébuché par ta faute », il ne suffit pas d'accomplir les mitsvot désormais : il faut « Reviens, Israël ».
ד) L'explication plus détaillée de ce sujet se comprendra à partir de ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « On demanda à la Sagesse : le Néfech qui faute, par quoi obtiendra-t-il le pardon ? Elle répondit : "Le Néfech qui faute, c'est lui qui mourra." On demanda à la Prophétie ; elle répondit : "Le mal poursuit ceux qui fautent." On demanda à la Torah ; elle répondit : "Qu'il apporte une offrande de culpabilité [acham], et il obtiendra le pardon." On demanda à HaKadoch Barou'h Hou ; Il répondit : "Qu'il fasse téchouva, et il obtiendra le pardon." C'est ce qui est écrit : "Bon et droit est Havayé, c'est pourquoi Il enseigne le chemin à ceux qui fautent." » On peut proposer l'explication suivante. Si la Sagesse a dit que l'âme qui faute obtiendrait le pardon par la mort, c'est parce que la Sagesse, elle aussi, est au-delà de la lumière qui se revêt dans le monde. Du point de vue de la lumière qui se revêt dans le monde, la faute étant à l'opposé du but de la création du monde, il ne peut y avoir de pardon pour elle ; et s'il existe, du point de vue de la Sagesse, un pardon pour le Néfech qui faute, c'est parce que la Sagesse est au-delà du monde. [Car bien que la Sagesse dont il s'agit ici soit la Sagesse inférieure ['Hokhma Tataa], la Sagesse qui est dans Malkhout, la Sagesse qui est dans Malkhout est elle aussi au-delà de Malkhout elle-même.] Seulement, du point de vue de la Sagesse, le pardon se fait par la mort, la séparation du Néfech d'avec le corps. [On peut dire que c'est mesure pour mesure. La fonction des mitsvot est d'attirer Havayé dans Elokim : Elokim est la racine des récipients [kelim], qui sont comparables au corps, et la lumière de Havayé attirée en eux est comparable à la vitalité du Néfech qui fait vivre le corps. Puisque, par ses fautes, il a fait que la révélation de Havayé ne soit pas attirée dans Elokim, sa punition (qui lui vaut le pardon) est la séparation de l'âme d'avec le corps, mesure pour mesure.] Du point de vue de la Prophétie, qui est dans Netsa'h et Hod (au-delà de la Sagesse inférieure), le Néfech qui faute obtient le pardon aussi par des souffrances. La nouveauté de la réponse de la Torah, et à plus forte raison de celle de HaKadoch Barou'h Hou, est que le pardon s'obtient par le korban [offrande] et la téchouva, sans qu'il soit besoin de souffrances. Quant à la différence entre la réponse de la Torah et celle de HaKadoch Barou'h Hou, bien que la réponse de la Torah elle aussi, « Qu'il apporte une offrande de culpabilité, et il obtiendra le pardon », relève de la téchouva (car c'est précisément alors que le korban apporte le pardon), le Tséma'h Tsédek l'explique dans le maamar cité plus haut. Du point de vue de la Torah, la sagesse de HaKadoch Barou'h Hou, la téchouva fait que les fautes délibérées deviennent (seulement) comme des fautes involontaires (et le korban obtient le pardon pour cette faute involontaire). Du point de vue de HaKadoch Barou'h Hou, qui est au-delà de la Torah, la téchouva obtient le pardon des fautes délibérées ; et plus encore, elles se transforment en mérites.
Et d'après ce qui a été rapporté plus haut (§ 3), à savoir que la téchouva se situe dans l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui est au-dessus de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout], on peut dire ceci. La téchouva est efficace même du point de vue de la Torah (les fautes délibérées [zedonot] deviennent alors comme des fautes par inadvertance [chegagot]), bien que la Torah se situe dans la 'Hokhma (c'est-à-dire dans l'hichtalchelout). La raison en est que dans la 'Hokhma réside l'Or Ein Sof, qui est au-dessus de la 'Hokhma. Il en va de même pour la Torah telle qu'elle a été attirée dans les midot 'Hessed, Guevoura et Tiferet : la Torah est en effet dans Tiferet, la ligne médiane, et Tiferet s'élève jusqu'au Kéter. Seulement, la lumière au-delà de l'hichtalchelout présente dans la Torah est attirée dans l'hichtalchelout (dans la 'Hokhma et dans Tiferet), et elle est donc soumise à la mesure et à la limite. C'est pourquoi la force de la téchouva, du point de vue de l'Or Ein Sof présent dans la Torah, se borne à faire que les fautes deviennent comme des fautes par inadvertance. La réponse de HaKadoch Barou'h Hou, elle, est l'épanchement de l'Or Ein Sof au-delà de l'hichtalchelout, tel qu'il est en Son Essence (au-delà de l'épanchement dans l'hichtalchelout), et cet épanchement est au-dessus de la mesure et de la limite. C'est pourquoi la téchouva qui procède de la réponse de HaKadoch Barou'h Hou obtient le pardon des fautes délibérées (au lieu de les rendre seulement comme des fautes par inadvertance) ; bien plus, elles se transforment en mérites.
On peut dire que si la réponse de HaKadoch Barou'h Hou, qui est au-dessus de la Torah, a elle aussi été révélée par la Torah, c'est pour la raison suivante. La Torah se situe dans la ligne médiane parce que sa racine est dans l'Essence de l'Or Ein Sof, qui est au-dessus des lignes [kavin], et ce n'est qu'ensuite qu'elle a été attirée dans la ligne médiane. C'est pourquoi la Torah contient la lumière au-delà de l'hichtalchelout telle qu'elle est attirée dans la ligne médiane (et c'est pourquoi, même selon la réponse de la Torah, la téchouva est efficace pour que les fautes délibérées deviennent comme des fautes par inadvertance). Mais en outre se révèle aussi par elle l'Essence même de l'Or Ein Sof, au-dessus des lignes : la réponse de HaKadoch Barou'h Hou, « qu'il fasse téchouva, et il obtiendra le pardon ». Autrement dit, la parole de la Torah « qu'il apporte un acham, et il obtiendra le pardon » (par la téchouva, les fautes délibérées deviennent seulement comme des fautes par inadvertance) relève du degré de la Torah telle qu'elle a été attirée dans la ligne médiane. Et si la réponse de HaKadoch Barou'h Hou, « qu'il fasse téchouva, et il obtiendra le pardon », fait elle aussi partie de la Torah (orale), c'est du fait de la racine de la Torah dans l'Essence de l'Or Ein Sof, au-dessus des lignes.
Cela permet d'expliquer ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Que vienne le bon [tov], c'est Moché, etc., et qu'il reçoive le bon, c'est la Torah, etc., du Bon, c'est HaKadoch Barou'h Hou, comme le dit le verset [passouk] : "Hachem est bon pour tous", pour les bons, ce sont Israël, comme le dit le passouk : "Fais du bien, Hachem, aux bons" ». Il faut cependant comprendre. La Guemara rapporte en effet, au traité Sanhédrin : un passouk dit « Hachem est bon pour tous », et un autre dit « Hachem est bon pour ceux qui espèrent en Lui ». C'est comparable à un homme qui possède un verger : quand il arrose, il arrose le verger tout entier ; quand il bêche, il ne bêche que les meilleurs d'entre eux. Or le don de la Torah s'adresse (seulement) « aux bons, ce sont Israël » : il aurait donc fallu, semble-t-il, citer le passouk « Hachem est bon pour ceux qui espèrent en Lui ». [Et selon ce que l'on sait, « Hachem est bon pour tous » est une influence extérieure, et « Hachem est bon pour ceux qui espèrent en Lui » une influence intérieure. Il faut donc expliquer d'autant plus pourquoi, à propos du don de la Torah, qui est une influence intérieure, il cite le passouk « Hachem est bon pour tous » et non « Hachem est bon pour ceux qui espèrent en Lui ».] On peut proposer l'explication suivante. Lorsque le passouk dit à propos de la téchouva « Hachem est bon et droit », il vise le degré de « Hachem est bon pour tous », puisque la téchouva obtient le pardon même des fautes délibérées. C'est pourquoi il dit : « et qu'il reçoive le bon, c'est la Torah, etc., du Bon, c'est HaKadoch Barou'h Hou, comme le dit le passouk : "Hachem est bon pour tous" ». En effet, le bien de la Torah, du point de vue de sa racine, est le degré de « Hachem est bon et droit », « Hachem est bon pour tous ».
Or, la téchouva fait obtenir le pardon parce que la réponse qu'elle suscite vient d'au-delà de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]. Pourtant, le pardon obtenu par la téchouva n'est pas une renonciation, par laquelle on passerait outre aux fautes. C'est une action intérieure dans l'homme qui revient, par laquelle ses défauts [pegamim] sont réparés. Tel est le sens de « Bon et droit est Havayé, c'est pourquoi Il enseigne la voie aux fautifs » : « bon » [tov] désigne celui qui dispense son influence à tous. On a en effet expliqué ailleurs la différence entre tov et 'Hessed. Le 'Hessed dépend de celui qui reçoit. Aussi l'influence du 'Hessed va-t-elle précisément à celui qui en est digne [mais l'attribut de 'Hessed n'est pas pointilleux : dès que celui qui reçoit possède une qualité quelconque, il est déjà digne qu'on lui accorde l'influence]. Le tov, lui, procède de celui qui dispense l'influence. Aussi l'influence va-t-elle à tous (même à ceux qui n'en sont pas dignes). Quant à « droit » [yachar], il signifie qu'en bas il en est comme en haut. Ainsi, l'épanchement suscité par la téchouva relève de « bon et droit ». Si la téchouva fait obtenir le pardon des fautes délibérées [zedonot], ce n'est pas que l'homme en soit digne : c'est en raison de la bonté [tov] de HaKadoch Barou'h Hou, l'épanchement de l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui est au-dessus de l'hichtalchelout. Et si cet épanchement répare les défauts de l'homme, et le répare intérieurement, c'est que l'épanchement du tov se fait sur le mode du 'Hessed : l'homme qui revient est comme un récipient [keli] pour cet épanchement.
Or, la téchouva fait pardonner les fautes délibérées, au point même qu'elles se changent en mérites, et cela vaut pour toute l'année. À plus forte raison pendant les dix jours de téchouva, où la téchouva est plus élevée. Ce qui fait la grandeur de la téchouva de Yom Kippour, c'est que le pardon de Yom Kippour procède de l'essence même du jour [itsoumo chel yom], un pardon plus élevé que celui qu'obtient la téchouva. Et si « Yom Kippour ne fait obtenir le pardon qu’à ceux qui font téchouva », c'est que l'épanchement de ce qui relève de l'essence du jour vers l'homme se fait par la téchouva. Voici l'explication. Si la téchouva fait pardonner ce que l'on a fait à l'encontre de la Volonté, c'est que par elle est attiré [un influx] de l'Essence de l'Or Ein Sof, le Maître de la volonté [baal haratson], qui n'est pas contraint par la volonté. Or, que le Maître de la volonté ne soit pas contraint par la volonté relève de la transcendance [hafla'a] de l'Or Ein Sof, et non de l'Essence même de l'Or Ein Sof. La transcendance du Maître de la volonté consiste en ce qu'il est au-delà [moufla] de la volonté ; cela prouve donc que la volonté a un rapport avec lui [comme le prouve aussi le fait même qu'il soit appelé « Maître de la volonté »]. C'est pourquoi ce que l'on a fait à l'encontre de la Volonté doit être pardonné et effacé [seli'ha vekhappara]. Il n'en va pas de même de l'Essence de l'Or Ein Sof, qui est au-dessus même du Maître de la volonté : à son égard, aucun défaut n'a prise, dès l'origine. Tel est le sens de « l'essence du jour fait obtenir le pardon ». Le pardon qui procède de l'essence du jour ne consiste pas (en une action, mais) en ce que ce jour révèle le lien de l'essence de l'âme [etsem haNechama] avec l'essence (qui est au-dessus du Maître de la volonté), degré au regard duquel il n'y a, dès l'origine, aucun défaut. Pourquoi l'épanchement de ce qui relève de l'essence du jour vers l'homme se fait-il par la téchouva ? La réparation des défauts par la révélation de l'essence de l'âme (car, du point de vue de l'essence de l'âme, aucun défaut n'a prise dès l'origine) n’est pas (autant) lié à la réalité propre aux forces révélées [ko'hot haguelouyim] elles-mêmes. Pour que le pardon obtenu par la révélation de l'essence de l'âme atteigne l'intériorité, il faut la téchouva.
[On peut ajouter ceci. Le pardon de l'essence du jour est attiré dans les forces révélées par la téchouva. Or la téchouva consiste pour l'homme à sortir de ses limites : l'épanchement qu'elle suscite atteint donc les forces telles qu'elles sont dans un mouvement d'élévation [haala'a]. Pour que le pardon de l'essence du jour soit aussi attiré dans les forces révélées telles qu'elles sont dans leur configuration propre [tsiyour], il faut la mitsva de la téchouva, puisque « à Yom Kippour, tous sont tenus de faire téchouva ». Notons que ces trois aspects de Yom Kippour correspondent aux trois aspects de la sonnerie du shofar [teki'at shofar] : la mitsva de la sonnerie du shofar, la téchouva à laquelle fait allusion la sonnerie du shofar, et l'annulation de soi [bitoul] intérieur qui procède de l'essence de l'âme.] On peut proposer que tel est le sens des huit aspersions [hazayot] qui se faisaient dans le Kodech HaKodachim [le Saint des saints] : une vers le haut et sept vers le bas. L'aspersion vers le haut est la révélation de le niveau le plus essentiel de l'âme [Yé'hida], qui est unie à l'essence. Les sept vers le bas (qui suivent la première) signifient que la révélation de la Yé'hida (qui est au-dessus de l'hichtalchelout propre à l'homme) doit être attirée dans les forces révélées, l'hichtalchelout propre à l'homme.
Sur cette base, on peut expliquer la différence entre les trois sujets liés au « huitième » : le huitième de la circoncision [mila], le huitième de la téchouva et le huitième de Yom Kippour. La circoncision est une mitsva. Or, l'intention de la création, dès l'origine, est qu'Israël accomplisse toutes les mitsvot et attire les révélations qui sont attirées par elles. C'est pourquoi les révélations attirées par les mitsvot (y compris la mitsva de la circoncision) ne sont pas une lumière véritablement nouvelle : l'intention de la création, dès l'origine, est précisément qu'Israël attire ces révélations. Certes, la révélation attirée par l'ensemble des mitsvot est la révélation de Havayé, tandis que la révélation attirée par la circoncision est au-delà de Havayé. C'est ce qu'explique la Torah Or : le passouk « Qui montera pour nous au ciel » (מי יעלה לנו השמימה [mi yaalé lanou hachamayma]), dont les lettres initiales forment מילה et les lettres finales הוי׳, ce qui indique que la mila est au-delà de Havayé. Néanmoins, puisque la création des mondes vise, dès l'origine, à ce que cette lumière soit attirée par la mitsva de la circoncision, c'est une lumière qui a un rapport avec les mondes. [On peut dire que, globalement, cette lumière aussi est incluse dans Havayé. Car Havayé, qui signifie « faire exister », comporte deux degrés : la source dont procède l'existence du monde, et la volonté de faire exister le monde. Et puisque la volonté de faire exister le monde implique que la révélation soit également attirée par la mila, cette révélation est incluse dans Havayé. Quant au fait que la révélation produite par la circoncision soit au-delà de Havayé, cela signifie qu'elle est au-delà de la source de l'existence.] Le huitième de la téchouva, lui, est la révélation d'une lumière nouvelle. En effet, l'homme a fauté, il a porté atteinte et a dévié du chemin (à l'inverse de l'intention qui présida à la création de l'homme, faite de telle sorte que « D.ieu a fait l'homme droit »), puis il répare cela par la téchouva. Par là est attirée une lumière nouvelle, qui n'était pas (pour ainsi dire) même dans l'intention de la création. Toutefois, cette lumière provient du Maître de la volonté [baal haratson], qui a un rapport avec la volonté et l'intention de la création. Quant au huitième de Yom Kippour, dont « l'essence même du jour procure le pardon », il est la révélation de l'Essence de l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui est au-delà même du Maître de la volonté. Mais la révélation de cela a lieu principalement au moment où le kohen gadol entre dans le Saint des saints. C'est pourquoi le huitième de Yom Kippour est, lui aussi, un huitième qui vient après les sept jours précédant Yom Kippour : globalement, le huitième de Yom Kippour aussi relève de ce qui est au-delà de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout] tout en ayant un rapport avec la hichtalchelout (le Maître de la volonté). Il n'en va pas de même de l'ordre des huit aspersions dans le Saint des saints : là, l'une vient avant les sept.
Tel est le sens de « Nul homme ne sera dans la Tente d'assignation lorsqu'il viendra obtenir le pardon dans le sanctuaire ». Que « nul homme ne sera… », pas même ceux dont l'apparence du visage est un visage d'homme, cela vaut précisément lorsque le kohen gadol vient dans le Saint des saints « pour obtenir le pardon dans le sanctuaire ». En effet, la révélation de ce qui est au-delà de la hichtalchelout, présente dans le Saint des saints en tant que tel, a un rapport avec la hichtalchelout ; face à cette révélation, il y a place pour les anges. Mais « lorsqu'il viendra » (le kohen gadol, dans le Saint des saints) « obtenir le pardon dans le sanctuaire », il en va autrement. Le fait que, par le service du kohen gadol dans le Saint des saints, le pardon soit attiré sur tout Israël s'explique par le fait que ce service révèle le lien de l'essence de l'âme [Nechama] avec l'essence [divine]. Or, dans l'essence de l'Or Ein Sof, il n'y a aucune place laissée aux anges : « Israël et le Roi seuls ». C'est pourquoi, alors, « nul homme ne sera », pas même ceux dont l'apparence du visage est un visage d'homme.
Ajoutons que, dans la prière de Neïla, cette révélation brille plus encore que dans le Moussaf de Yom Kippour, où l'on récite l'ordre du service du kohen gadol à Yom Kippour. Car les cinq prières de Yom Kippour correspondent aux cinq degrés de l'âme : Néfech, Roua'h, Nechama, 'Haya et Yé'hida. Les trois premières prières relèvent de Néfech, Roua'h et Nechama ; la prière de Moussaf de Yom Kippour correspond à un degré ; et la révélation de Yé'hida a lieu (principalement) dans la prière de Neïla. C'est pourquoi elle porte le nom de Neïla [fermeture] : à ce moment, toutes les portes se ferment, et même les créatures les plus élevées (et même les êtres émanés, etc.) ne peuvent entrer : « Israël et le Roi seuls ».
Et c'est aussi ce qui est dit dans le Zohar sur le passouk « Et nul ne resta avec lui, lorsque Yossef se fit connaître à ses frères » : « Au moment où HaKadoch Barou'h Hou s'unissait à Israël, etc., c'est pourquoi : "Le huitième jour, ce sera pour vous une assemblée [atsérèt]" ». On peut expliquer que le fait que HaKadoch Barou'h Hou s'unisse à Israël est la révélation de la Yé'hida et du lien essentiel [hitkachrout atsmit] de l'essence [Atsmout] avec l'essence même de la Nechama. [Et l'on peut expliquer que le rapport de ce thème avec Yossef s'explique ainsi : le nom de Yossef vient de « Que Havayé m'ajoute un autre fils », c'est-à-dire que même l'autre [a'her] devient un fils. Car, par la révélation du lien essentiel de l'essence avec Israël (« lorsque Yossef se fit connaître à ses frères »), il se révèle que même l'autre est un fils.] Cette révélation a lieu à Chemini Atsérèt. Comme on le sait, à Chemini Atsérèt se trouvent tous les aspects de Roch Hachana et de Yom Kippour, à ceci près qu'à Chemini Atsérèt elles se situent dans le registre de la joie. C'est pourquoi « le huitième jour, ce sera pour vous une assemblée » : « Qu'elles soient à toi seul, et qu'aucun étranger ne soit avec toi. »