HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5738
MAAMARמאמר
וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים
« Et voici les lois »
À l'issue du Chabbat Michpatim, Chabbat Mévar'him Adar I 5738 [1978]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשל"ח · 1978
MAAMARמאמר

וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים

« Et voici les lois »

À l'issue du Chabbat Michpatim, Chabbat Mévar'him Adar I 5738 [1978]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5738. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

À l'issue du chabbat de la paracha Michpatim, le chabbat où l'on bénit le mois d'Adar Richon, dans sa pièce, 5738 [1978] Et voici les lois que tu placeras devant eux : « Quand tu achèteras un esclave hébreu, il servira six ans, et la septième, il sortira libre, gratuitement. »
מוֹצָאֵי ש"פ מִשְׁפָּטִים, מבה"ח אֲדָר רִאשׁוֹן – בְּחַדְרוֹ – ה'תשל"ח וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים אֲשֶׁר תָּשִׂים לִפְנֵיהֶם: כִּי תִקְנֶה עֶבֶד עִבְרִי שֵׁשׁ שָׁנִים יַעֲבֹד וּבַשְּׁבִעִת יֵצֵא לַחָפְשִׁי חִנָּם:
« Et voici les lois que tu placeras devant eux. » Sa Sainteté l'Admour Hazakène relève ici une précision dans le Torah Or, au début de notre paracha : il faut comprendre pourquoi « devant eux » [lifneihem] est au pluriel, alors que « quand tu achèteras » [ki tikné] est au singulier. Le texte aurait dû dire : « quand ils achèteront » [ki yiknou].
וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים אֲשֶׁר תָּשִׂים לִפְנֵיהֶם, וּמְדַיֵּק בָּזֶה כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן בתו"א ריש פַּרְשָׁתֵנוּ דצלה"ב דְּלִפְנֵיהֶם מַשְׁמַע לְשׁוֹן רַבִּים וְכִי תִקְנֶה הוּא לְשׁוֹן יָחִיד, והול"ל כִּי יִקְנוּ.
On connaît aussi la question suivante : pourquoi toutes les lois commencent-elles précisément par la loi de l'esclave hébreu ? [C'est d'ailleurs l'intention du midrach sur ce verset [passouk] quand il dit : « Je vous ai acquis en Égypte, etc. » : il explique pourquoi « Et voici les lois » commence par la loi de l'esclave hébreu.]
גַּם יָדוּעַ הַדִּיּוּק מִפְּנֵי מַה הִתְחִיל כָּל הַמִּשְׁפָּטִים בְּדִין עֶבֶד עִבְרִי דַּוְקָא [דְּזֶהוּ גַּם כַּוָּנַת הַמִּדְרָשׁ עה"פ בְּאָמְרוֹ אֲנִי קָנִיתִי אֶתְכֶם בְּמִצְרַיִם וכו', לְבָאֵר טַעַם הַתְחָלַת וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים בְּדִין עֶבֶד עִבְרִי].
Il y a encore plusieurs autres précisions sur ce passouk. Elles sont expliquées dans les discours des Rebbeïm précédents, ses successeurs.
וְעוֹד כַּמָּה דִּיּוּקִים עה"פ, כַּמְבוֹאָר בִּדְרוּשֵׁי רַבּוֹתֵינוּ נְשִׂיאֵינוּ מְמַלְּאֵי מְקוֹמוֹ.
Voici l'explication. Les mots « Et voici les lois, etc. » énoncent une notion générale. On le comprend aussi de l'explication de nos Sages, de mémoire bénie, pour qui ils se rapportent à l'étude de la Torah dans son ensemble. C'est aussi pour cela que le texte dit « tu placeras » (au singulier) : cela se rapporte à Moché, car ce qui définit Moché, c'est la Torah. Il dit ensuite « devant eux » (au pluriel) : par son intermédiaire, la Torah a été attirée vers chacun d'Israël, jusqu'à la fin de toutes les générations. Comme il est dit : « Souvenez-vous de la Torah de Moché, Mon serviteur. » Et cela s'étend jusqu'au petit enfant qui commence à parler et à qui son père enseigne la Torah, c'est-à-dire le passouk « Moché nous a prescrit la Torah, etc. ».
ב) וְהָעִנְיָן הוּא, דְּהִנֵּה מ"ש וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים וגו' הו"ע כְּלָלִי כַּמּוּבָן גַּם מפי' רז"ל שֶׁקָּאֵי עַל כְּלָלוּת עִנְיַן לִימּוּד הַתּוֹרָה. וְזֶהוּ ג"כ מ"ש תָּשִׂים (ל' יָחִיד) דקאי עַל מֹשֶׁה, כִּי עִנְיָנוֹ שֶׁל מֹשֶׁה הו"ע הַתּוֹרָה, ואח"כ אוֹמֵר לִפְנֵיהֶם (ל' רַבִּים), הַיְינוּ שע"י הָיְתָה הַמְשָׁכַת הַתּוֹרָה לכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל עַד סוֹף כָּל הַדּוֹרוֹת, וכמ"ש זִכְרוּ תּוֹרַת מֹשֶׁה עַבְדִּי, עַד לְתִינוֹק הַמַּתְחִיל לְדַבֵּר שֶׁאָבִיו מְלַמְּדוֹ תּוֹרָה, וְהַיְינוּ הַפָּסוּק תּוֹרָה צִוָּה לָנוּ מֹשֶׁה גו'.
De même, ce passouk donne un enseignement général sur la manière d'étudier la Torah : elle doit se faire d'une façon bien déterminée. Nos Sages ont dit en effet, sur les mots « tu placeras devant eux », que le maître qui a enseigné, etc., reprend et répète la chose, même plusieurs fois, jusqu'à ce qu'ils comprennent bien la profondeur de la halakha et sa raison,
וכמו"כ יֶשְׁנָהּ הוֹרָאָה כְּלָלִית בַּפָּסוּק זֶה גַּם בְּאֹפֶן לִימּוּד הַתּוֹרָה, שצ"ל בְּאֹפֶן מְסֻיָּם דַּוְקָא כדרז"ל במ"ש תָּשִׂים לִפְנֵיהֶם שֶׁהָרַב שֶׁלִּמֵּד כו' חוֹזֵר וְשׁוֹנֶה הַדָּבָר אפי' כַּמָּה פְּעָמִים עַד שֶׁיָּבִינוּ עוֹמֶק הַהֲלָכָה בְּטַעְמָהּ הֵיטֵב,
Et l'Admour Hazakène ajoute encore, à la fin de ses Lois de l'étude de la Torah, qu'il faut placer devant eux la raison qui donne à leur étude sa cohérence, et la placer dans leur cœur. [On peut dire qu'en écrivant « et la placer dans leur cœur », l'Admour Hazakène explique que « (tu placeras) devant eux » signifie « dans leur intériorité » : c'est ce qui se produit quand on la place dans le cœur.]
וּמוֹסִיף עוֹד אדה"ז בָּזֶה בְּסִיּוּם הל' ת"ת שֶׁלּוֹ דְּצָרִיךְ אַתָּה לָשִׂים לִפְנֵיהֶם טַעַם הַמְיַשֵּׁב תַּלְמוּדָם וּמְשִׂימוֹ בְּלִבָּם [וי"ל דבמ"ש אדה"ז שֶׁמְּשִׂימוֹ בְּלִבָּם מְפָרֵשׁ דמ"ש (תָּשִׂים) לִפְנֵיהֶם הַיְינוּ לִפְנִימִיּוּתָם, דְּזֶהוּ כְּשֶׁמְּשִׂימוֹ בְּהַלֵּב],
car c'est là une notion générale de l'étude de la Torah de chacun d'Israël (l'étude de la Torah est en effet une mitsva qui incombe à la personne elle-même, et chacun y est tenu). Comme il est dit : « Tu les inculqueras [vechinantam] à tes enfants », et nos Sages ont expliqué : que les paroles de Torah soient acérées et aiguisées dans ta bouche (ce qui rejoint ce qui a été dit plus haut : la halakha doit être claire, ordonnée, etc.). C'est une obligation pour chacun d'Israël. [Car outre l'obligation de « tu les inculqueras à tes enfants », les paroles de Torah doivent être aiguisées [chinoun] aussi dans l'étude du père (et du maître) lui-même. Bien plus : c'est précisément quand il a d'abord lui-même aiguisé les paroles de Torah qu'il peut ensuite (aussi) « les inculquer à tes enfants ».]
שֶׁזֶּהוּ עִנְיָן כְּלָלִי בְּלִימּוּד הַתּוֹרָה דכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל (שֶׁהֲרֵי לִימּוּד הַתּוֹרָה הִיא מִצְוָה שֶׁבְּגוּפוֹ, שֶׁכָּל א' מְחֻיָּב בָּהּ). וכמ"ש וְשִׁנַּנְתָּם לְבָנֶיךָ ודרז"ל שֶׁיִּהְיוּ דִּבְרֵי תּוֹרָה שְׁנוּנִים וּמְחֻדָּדִים בְּפִיךָ (שֶׁזֶּהוּ כְּעִנְיָן הנ"ל שֶׁהַהֲלָכָה צ"ל בְּרוּרָה וּמְסוּדָּרָהּ וכו'), דְּזֶהוּ חִיּוּב עַל כאו"א מִיִּשְׂרָאֵל [שֶׁהֲרֵי נוֹסָף עַל הַחִיּוּב דִּוְשִׂנְנָתֶם לְבָנֶיךָ, צ"ל הַשִּׁנּוּן בְּדִבְרֵי תּוֹרָה גַּם בְּלִימּוּד הָאָב (וְהָרַב) עַצְמוֹ, וְאַדְּרַבָּה, דַּוְקָא עי"ז שֶׁתְּחִלָּה יֶשְׁנוֹ אֶצְלוֹ הַשִּׁנּוּן בְּדִבְרֵי תּוֹרָה אפ"ל אח"כ וְשִׁנַּנְתָּם (גַּם) לְבָנֶיךָ].
Cela permet de comprendre pourquoi « Et voici les lois que tu placeras devant eux » vient aussitôt après la paracha de Matan Torah [le don de la Torah]. Ce passouk donne en effet un enseignement général sur la manière [d'étudier la Torah pour chacun [aussi bien dans l'étude personnelle que dans « tu les inculqueras à tes enfants » au sens simple, « tes enfants » désignant les élèves, comme l'ont dit nos Sages sur ce passouk], selon l'enseignement de nos Sages cité plus haut, et surtout sur la manière] dont l'homme sert son Créateur.
ועפ"ז מוּבָן מ"ש וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים אֲשֶׁר תָּשִׂים לִפְנֵיהֶם מִיָּד לְאַחַר פָּרָשַׁת מ"ת, כִּי בַּפָּסוּק זֶה יֶשְׁנָהּ הוֹרָאָה כְּלָלִית בְּאֹפֶן [לִימּוּד הַתּוֹרָה דכאו"א [הֵן בְּהַלִּמּוּד עִם עַצְמוֹ, וְכֵן בּוֹשַׁנְנַתְםָ לְבָנֶיךָ כִּפְשׁוּטוֹ, וּלְבָנֶיךָ אֵלּוּ הַתַּלְמִידִים כדחז"ל עה"פ] ע"פ דרז"ל הנ"ל וּבְעִיקָר בְּאֹפֶן] עֲבוֹדַת הָאָדָם לְקוֹנוֹ.
Le passouk poursuit en exposant les détails du service, dans l'ordre qui va du plus facile au plus difficile. Le service doit en effet suivre le principe « peu à peu Je le chasserai ».
ג) וּמַמְשִׁיךְ הַכָּתוּב לְבָאֵר פְּרָטֵי הָעֲבוֹדָה וּבְסֵדֶר מִן הַקַּל אֶל הַכָּבֵד, דַּהֲרֵי הָעֲבוֹדָה צ"ל בְּאֹפֶן דְּמְעַט מְעַט אֲגָרְשֶׁנּוּ.
Le service commence par ce qui est dit : « Quand tu achèteras un esclave hébreu, etc. ». Deux degrés du service y sont inclus : celui d'esclave cananéen et celui d'esclave hébreu. On le comprend de ce que rapporte la Mekhilta, citée par Rachi dans son commentaire sur la Torah (ce qui montre que c'est aussi le pchat [sens littéral] du passouk) : « "Esclave hébreu", c'est-à-dire un esclave qui est hébreu. Ou bien s'agit-il seulement de l'esclave d'un Hébreu (un esclave cananéen que tu as acheté à un Juif) ? C'est pourquoi le texte enseigne, etc. » La conclusion est que le passouk parle d'un esclave qui est hébreu. Il existe pourtant une hypothèse initiale (y compris selon le pchat du passouk, comme on l'a dit) selon laquelle il s'agit d'un esclave cananéen, et il faut un enseignement particulier (« le texte enseigne ») pour l'écarter. On en déduit qu'il y a lieu de dire (à titre d'hypothèse initiale) que le passouk vise aussi l'esclave cananéen.
וְהַתְחָלַת הָעֲבוֹדָה הִיא במ"ש כִּי תִקְנֶה עֶבֶד עִבְרִי גו', דְּבָזֶה כְּלוּלִים ב' בְּחִינוֹת בַּעֲבוֹדָה, בחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי ובחי' עֶבֶד עִבְרִי, כַּמּוּבָן מִמַּה דאיתא במכילתא וְהוּבָא בפרש"י עה"ת (דְּמִזֶּה מוּבָן שֶׁזֶּהוּ גַּם ע"פ פשש"מ) דְּעֶבֶד עִבְרִי הַיְינוּ עֶבֶד שֶׁהוּא עִבְרִי אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא עַבְדּוֹ שֶׁל עִבְרִי (עֶבֶד כְּנַעֲנִי שֶׁלְּקַחְתּוֹ מִיִּשְׂרָאֵל) ת"ל כו', דְּהַמַּסְקָנָה הִיא שֶׁקָּאֵי עַל עֶבֶד שֶׁהוּא עִבְרִי, אַךְ מ"מ יֶשְׁנוֹ קס"ד (גַּם בפשש"מ כנ"ל) שֶׁהוּא עֶבֶד כְּנַעֲנִי וּצְרִיכִים לִימּוּד מְיוּחָד (ת"ל) לִשְׁלוֹל סְבָרָה זוֹ, דְּמִזֶּה מוּבָן שֶׁיֵּשׁ מָקוֹם לוֹמַר (בְּתוֹר קס"ד) דקאי גַּם עַל עֶבֶד כְּנַעֲנִי.
C'est par là (par le degré d'esclave cananéen) que le service commence. Ensuite, l'homme s'élève dans son service et atteint le degré d'esclave hébreu, jusqu'à parvenir au degré de servante hébreue, comme on le verra plus loin.
וּבָזֶה (בבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי) הוּא תְּחִלַּת הָעֲבוֹדָה, ואח"כ מִתְעַלֶּה בַּעֲבוֹדָתוֹ וּמַגִּיעַ לבחי' עֶבֶד עִבְרִי, וְעַד שֶׁמַּגִּיעַ לבחי' אַמָּה העברי', וּכְדִלְקַמָּן.
Voici l'explication, développée longuement dans les discours [en particulier dans le discours dont Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek écrit, dans l'Or HaTorah : « Ce discours est de notre grand maître, que son âme repose en Éden, etc. C'est un discours très important, etc., et il traite des degrés du tsadik, du racha [celui qui fait le mal] et du bénoni [intermédiaire] mentionnés dans le Tanya »] : il y a dans l'âme de l'homme trois degrés, l'esclave cananéen, l'esclave hébreu et la servante hébreue. Ils correspondent aux trois degrés Néfech, Roua'h et Nechama, et il y est expliqué qu'ils correspondent au tsadik, au racha et au bénoni.
ד) וְהָעִנְיָן הוּא, כַּמְבוֹאָר בְּהַדְּרוּשִׁים בַּאֲרוּכָּה [וּבִפְרָט בְּהַדְּרוּשׁ שֶׁכּוֹתֵב עָלָיו כ"ק אדמו"ר הצ"צ באוה"ת שֶׁהַדְּרוּשׁ הַזֶּה מֵרַבֵּינוּ הַגָּדוֹל נ"ע כו' וְהוּא דָּרוּשׁ נִכְבָּד מְאֹד וכו' וְהוּא מֵעִנְיַן מַדְרֵיגַת צַדִּיק וְרָשָׁע וּבֵינוֹנִי הַנִּזְכָּר בְּתַנְיָא] דְּיֵשׁ ג' מַדְרֵיגוֹת בְּנֶפֶשׁ הָאָדָם, עֶבֶד כְּנַעֲנִי, עֶבֶד עִבְרִי וְאַמָּה העברי', וְעִנְיָנָם הוּא ג' הַמַּדְרֵיגוֹת נר"ן, וּמְבֹאָר שָׁם שֶׁהֵם עִנְיַן צַדִּיק וְרָשָׁע וּבֵינוֹנִי.
L'ordre du service est donc le suivant : d'abord le service au degré d'esclave cananéen, puis celui d'esclave hébreu et de servante hébreue. C'est ce que dit le Zohar, dans le Saba de Michpatim : « Quand l'homme naît, on lui donne une Néfech, etc. S'il a davantage de mérite, on lui donne un Roua'h, etc. S'il a davantage de mérite, on lui donne une Nechama. » Dès l'instant de la naissance, le degré de Néfech est attiré vers chacun (parmi les degrés de l'âme), et à partir de ce degré, le service se fait au niveau de la Néfech. Ensuite, par son service, l'homme s'élève au degré de Roua'h, qui est plus élevé, jusqu'à atteindre le degré de Nechama (et le service qui découle de ces degrés). Les différences entre le service de la Néfech, du Roua'h et de la Nechama sont expliquées en détail dans le Kountrass HaAvoda.
וּבָזֶה הוּא סֵדֶר הָעֲבוֹדָה דִּתְחִלָּה הוּא הָעֲבוֹדָה דבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי ואח"כ עֶבֶד עִבְרִי וְאַמָּה העברי', וְכִדְאִיתָא בַּזֹּהַר בסבא דְּמִשְׁפָּטִים דב"נ כַּד אֶתְיַלֵּד יהבין לי' נפשא כו' זָכָה יתיר יהבין לי' רוחא כו' זָכָה יתיר יהבין לי' נִשְׁמְתָא, דְּמִיָּד בִּשְׁעַת הַלֵּידָה נִמְשָׁךְ לְכָל אֶחָד בחי' נֶפֶשׁ (שֶׁבְּמַדְרֵיגוֹת הַנְּשָׁמָה), שֶׁמִּצַּד בחי' זוֹ הָעֲבוֹדָה הִיא בבחי' נֶפֶשׁ, ואח"כ ע"י עֲבוֹדָתוֹ עוֹלֶה לבחי' רוּחַ שֶׁהִיא נַעֲלֵית יוֹתֵר, וְעַד שֶׁמַּגִּיעַ לבחי' נְשָׁמָה (וּלְהָעֲבוֹדָה שֶׁמִּצַּד בְּחִינוֹת אֵלּוּ), כַּמְבוֹאָר פְּרָטֵי הַחִילּוּקִים שֶׁבְּהָעֲבוֹדָה דנר"ן בַּקּוּנְטְרֵס הָעֲבוֹדָה.
Or, Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek explique la notion d'esclave cananéen dans ses annotations, remarques et explications dans l'Or HaTorah. Il y discute [litt. : « il pose la question et la réponse »] pour savoir s'il s'agit du niveau de « racha [celui qui fait le mal] vetov lo [« racha en qui demeure du bien »] » ou du bénoni [intermédiaire] mentionné dans le Tanya. Il conclut au même endroit que les deux sont vrais. Il en ressort que le niveau d'esclave cananéen concerne aussi bien le racha que le bénoni.
ה) וְהִנֵּה בְּבֵיאוּר עִנְיַן עֶבֶד כְּנַעֲנִי שקו"ט בְּהַגָּהוֹת וְהֶעָרוֹת וּבֵאוּרֵי כ"ק אדמו"ר הצ"צ שבאוה"ת אִם זֶהוּ בחי' רָשָׁע וְטוֹב לוֹ אוֹ בֵּינוֹנִי הַנִּזְכָּר בְּתַנְיָא, וּמְסַיֵּם שָׁם דִּשְׁנֵיהֶם אֱמֶת. ולפ"ז, בחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי קאי הֵן עַל רָשָׁע וְהֵן עַל בֵּינוֹנִי.
À première vue, une explication s'impose. Comment se peut-il que même celui qui est au niveau de l'esclave, dont il est dit : « l'esclave se plaît dans la licence » [l'essentiel de sa volonté et de sa satisfaction est dans la licence, etc. : il suit l'obstination de son cœur, et ce qu'il fait et le service qu'il accomplit, il ne les accomplit que contraint, par crainte du jugement, de peur d'être frappé du bâton, comme l'expliquent longuement les discours], soit au niveau du bénoni [et accomplisse le serment d'être un bénoni] ? Le bénoni, en effet, n'a jamais commis de transgression de ses jours et n'en commettra jamais, comme l'explique le Tanya. On connaît d'ailleurs l'adage des premiers 'hassidim : « Si seulement [j'étais] un bénoni ! »
וְלִכְאוֹרָה צלה"ב, דאיך אֶפְשָׁר שֶׁגַּם מִי שֶׁהוּא בבחי' עֶבֶד, דעבדא בהפקירא ניחא לי' [שֶׁעִקַּר רְצוֹנוֹ וְנַחַת רוּחַ שֶׁלּוֹ הוּא בהפקירא כו' וְיֵלֵךְ אַחַר שְׁרִירוּת לִבּוֹ, וּמַה שֶׁעוֹשֶׂה וְעוֹבֵד הוּא רַק בע"כ מִצַּד אֵימַת הַדִּין שֶׁלֹּא יַכֵּהוּ בְּשֵׁבֶט, כַּמְבוֹאָר בַּאֲרוּכָּה בְּהַדְּרוּשִׁים], יהי' בבחי' בֵּינוֹנִי [וִיקַיֵּם הַשְּׁבוּעָה לִהְיוֹת בֵּינוֹנִי], שֶׁהֲרֵי הַבֵּינוֹנִי לֹא עָבַר עֲבֵירָה מִיָּמָיו וְלֹא יַעֲבוֹר לְעוֹלָם כַּמְבוֹאָר בְּתַנְיָא, וְכַיָּדוּעַ פִּתְגָּם חֲסִידִים הָרִאשׁוֹנִים דהלואי בֵּינוֹנִי.
Mais en réalité, être un bénoni est à la portée de chacun (y compris de celui qui « se plaît dans la licence »). On le comprend de ce qu'écrit Sa Sainteté l'Admour Hazakène sur la page de titre du « Livre des bénonim » [Séfer chel bénonim] (qui exprime le contenu du livre) [et l'on sait que la page de titre a elle aussi été écrite par l'Admour Hazakène] : « Car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour l'accomplir. » Et dans le corps du Tanya, il écrit encore que « la mesure du bénoni est la mesure de tout homme » [c'est-à-dire que même du point de vue de la mesure et de la limite (car on ne peut parler de « mesure » [mida, middat] que là où existe une définition de mesure et de limite), le niveau du bénoni est à l'aune et à la mesure de tout homme. En effet, qui que ce soit en Israël (« tout homme ») est compris dans « vous êtes appelés adam [homme] », nom tiré de « adamé laélyon » [« je serai semblable au Très-Haut »]].
אַךְ הָעִנְיָן הוּא, שֶׁלִּהְיוֹת בֵּינוֹנִי הוּא בִּיכָלְתּוֹ שֶׁל כאו"א (כּוֹלֵל זֶה דבהפקירא ניחא לי') כַּמּוּבָן מִזֶּה שֶׁבְּהַשַּׁעַר ד"ספר שֶׁל בֵּינוֹנִים" (שֶׁעִנְיָנוֹ תּוֹכֶן הַסֵּפֶר) כּוֹתֵב כ"ק אדה"ז [וְכַיָּדוּעַ שֶׁגַּם הַשַּׁעַר כְּתָבוֹ אדה"ז] דְּקָרוֹב אֵלֶיךָ הַדָּבָר מְאוֹד בְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ לַעֲשׂוֹתוֹ, וּבִפְנִים הַתַּנְיָא כּוֹתֵב עוֹד דְּמִדַּת הַבֵּינוֹנִי הִיא מִדַּת כָּל אָדָם [וְהַיְינוּ דְּגַם מִצַּד מְדִידָה וְהַגְבָּלָה (דְּעִנְיַן הַמִּדָּה (מִדַּת) שַׁיָּךְ לוֹמַר רַק כְּשֶׁיֶּשְׁנוֹ גֶּדֶר מדוה"ג) הִנֵּה בחי' הַבֵּינוֹנִי הִיא לפי"ע וּמְדִידַת כָּל אָדָם, כִּי יהי' מִי שיהי' מִיִּשְׂרָאֵל (כָּל אָדָם) הוּא בִּכְלָל אַתֶּם קְרוּיִין אָדָם ע"ש אֲדֻמָּה לְעֶלְיוֹן].
Bien plus (comme le Tanya le précise alors) : « Et à sa suite, tout homme se laissera entraîner [yimchokh] » [ce mot (yimchokh) a deux sens - comme dans « Tu aimeras » [veahavta] - : un ordre, et une promesse pour l'avenir].
ויתירה מִזּוֹ (כְּמוֹ שֶׁמַּמְשִׁיךְ בְּתַנְיָא שָׁם) דואחרי' כָּל אָדָם יִמְשֹׁךְ [דְּבָזֶה (בְּתֵבַת יִמְשֹׁךְ) ב' פֵּירוּשִׁים – כְּמוֹ בּוַאָהָבַת – צִיוּוּי וְהַבְטָחָה לֶעָתִיד].
La raison en est que même le fait qu'« il se plaît dans la licence » (comme on l'a vu) n'est qu'extérieur. Son intériorité, en revanche - « la mesure de tout homme » et « à sa suite, tout homme se laissera entraîner » -, c'est ce qu'il est : véritablement une parcelle de Divinité d'en haut,
וְטַעַם הַדָּבָר הוּא, כִּי אַף זֶה דבהפקירא ניחא לי' (כנ"ל) זֶהוּ רַק בְּחִיצוֹנִיּוּת, אֲבָל פְּנִימִיּוּתוֹ – מִדַּת כָּל אָדָם ואחרי' כָּל אָדָם יִמְשֹׁךְ – הוּא מַה שֶׁהוּא חֵלֶק אֱלוֹקַה מִמַּעַל מַמָּשׁ,
Comme dans la décision halakhique bien connue du Rambam : lorsqu'on le contraint (car il se plaît à autre chose) et qu'il dit « je veux », c'est là sa volonté véritable [car s'il « se plaît dans la licence », ce n'est pas lui, c'est son yétser qui l'y a contraint],
וכפס"ד הרמב"ם הַיָּדוּעַ דִּכְשֶׁכּוֹפִין אוֹתוֹ (כִּי לי' ניחא בְּעִנְיָן אַחֵר) וְאוֹמֵר רוֹצֶה אֲנִי הרי"ז רְצוֹנוֹ הָאֲמִיתִּי [כִּי מַה דבהפקירא ניחא לי' אִיז דָאס נִיט עֶר כ"א יִצְרוֹ אֲנָסוֹ],
Et assurément elle (son intériorité) se traduira en acte, comme on l'a vu (car yimchokh est un futur et une promesse) : « dans ta bouche et dans ton cœur, pour l'accomplir », en pensée, en parole et en action. Cela inclut l'accomplissement du serment qu'on lui fait prêter (au moins : « ne sois pas racha » (mais bénoni)), comme le dit le Tanya [tel est aussi le sens de « et à sa suite, tout homme se laissera entraîner » : l'homme (du fait de son âme) est entraîné à être un bénoni, et cela le fait sortir de quelque position et situation où qu'il se trouve dans son service]. Car assurément (même s'il doit faire téchouva), il finira par faire téchouva, selon la promesse : « car nul banni ne restera banni loin de Lui » [bien au contraire : par la téchouva, il atteindra un degré plus élevé, selon l'adage : « À l'endroit où se tiennent les ceux qui reviennent vers Hachem [baalei téchouva], les tsadikim parfaits ne peuvent se tenir »]. Au point que, du fait de son intériorité, il en est toujours très proche (d'être « dans ta bouche et dans ton cœur, pour l'accomplir », en pensée, en parole et en action, comme un bénoni).
וּבְוַדַּאי תָּבוֹא (הַפְּנִימִיּוּת שֶׁלּוֹ) בְּפוֹעַל כנ"ל (דְּיִמְשֹׁךְ הוּא לְשׁוֹן עָתִיד וְהַבְטָחָה) בְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ לַעֲשׂוֹתוֹ, במחדו"מ, כּוֹלֵל קִיּוּם הַשְּׁבוּעָה דְּמַשְׁבִּיעִין אוֹתוֹ (עכ"פ אֶל תְּהִי רָשָׁע (כ"א בֵּינוֹנִי)) כִּבְתַנְיָא [דְּזֶהוּ ג"כ הפי' בואחרי' כָּל אָדָם יִמְשֹׁךְ, שֶׁהָאָדָם (מִצַּד נִשְׁמָתוֹ) נִמְשָׁךְ לִהְיוֹת בֵּינוֹנִי, ווָאס דָאס נֶעמְט אִים אַרוֹיס מֵאֵיזֶה מַעֲמָד וּמַצָּב שיהי' בַּעֲבוֹדָתוֹ], כִּי בְּוַדַּאי ש(גַּם אִם צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה) סוֹפוֹ לַעֲשׂוֹת תְּשׁוּבָה וּכְהַהַבְטָחָה כִּי לֹא יִדַּח מִמֶּנּוּ נִדָּח [וְאַדְּרַבָּה, ע"י הַתְּשׁוּבָה יָבוֹא לְדַרְגָּא נַעֲלֵית יוֹתֵר, כְּמַאֲמַר בְּמָקוֹם שבע"ת עוֹמְדִין אֵין צַדִּיקִים גְּמוּרִין יְכוֹלִין לַעֲמוֹד בּוֹ]. וְעַד אֲשֶׁר מִצַּד הַפְּנִימִיּוּת שֶׁלּוֹ, הִנֵּה תָּמִיד קָרוֹב הוּא לָזֶה (שיהי' בְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ לַעֲשׂוֹתוֹ, במחדו"מ – כְּבֵינוֹנִי) מְאוֹד.
Cela permet de comprendre aussi notre sujet : bien que l'esclave cananéen « se plaise dans la licence », son degré est néanmoins le niveau du bénoni. Car en fin de compte, il dira assurément « je veux » (du fait de son intériorité), puisque « nul banni ne restera banni », etc.
ועפ"ז יוּבַן גַּם בנדו"ז דְּאַף שֶׁעֶבֶד כְּנַעֲנִי בהפקירא ניחא לי' מ"מ מַדְרֵגָתוֹ הִיא בחי' הַבֵּינוֹנִי, כִּי סו"ס בְּוַדַּאי יֹאמַר רוֹצֶה אֲנִי (מִצַּד הַפְּנִימִיּוּת שֶׁלּוֹ) כִּי לֹא יִדַּח כו'.
Or, si la Torah peut envisager « ou bien n'est-ce que l'esclave d'un Hébreu ? », lui-même étant un esclave cananéen, c'est-à-dire que le degré du service soit celui de l'esclave cananéen qui « se plaît dans la licence », c'est uniquement à cause de la descente de l'âme ici-bas, descendue « d'un toit élevé dans un puits profond ».
ו) וְהִנֵּה זֶה שֶׁאֶפְשָׁר לִהְיוֹת קס"ד בַּתּוֹרָה ד"או אֵינוֹ אֶלָּא עַבְדּוֹ שֶׁל עִבְרִי" אֲבָל הוּא עַצְמוֹ עֶבֶד כְּנַעֲנִי, וְהַיְינוּ שתהי' דַּרְגַּת הָעֲבוֹדָה בבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי דבהפקירא ניחא לי', הוּא רַק מִצַּד יְרִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה, שֶׁיָּרְדָה מֵאִגָּרָא רמה לבירא עמיקתא.
[Et même alors, on n'envisage pas qu'il soit entièrement un esclave cananéen, à D.ieu ne plaise, mais « l'esclave (cananéen) d'un Hébreu » : l'influence et l'autorité de maître d'un « Hébreu » s'exercent sur lui. Car même celui qui se trouve au degré le plus bas en Israël (au niveau d'esclave cananéen, du fait de la descente de l'âme ici-bas) est fils d'Avraham, notre père [« Avraham était un », « Avraham l'Hébreu »]. Il possède donc en héritage l'amour (et la crainte) caché, comme l'explique longuement le Tanya,
[וְגַם אָז אֵין קס"ד שיהי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי לְגַמְרֵי ח"ו כ"א "עַבְדּוֹ (כְּנַעֲנִי) שֶׁל עִבְרִי", דְּיֶשְׁנָהּ עָלָיו הַשְׁפָּעַת וְאַדְנוּת שֶׁל "עִבְרִי", כִּי גַּם מִי שֶׁהוּא בְּדַרְגָּא הכי פְּחוּתָה שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל (בבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי, מִצַּד יְרִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה) מ"מ לִהְיוֹתוֹ בֶּן לְאַבְרָהָם אָבִינוּ [דְּאֶחָד הי' אַבְרָהָם, אַבְרָהָם הָעִבְרִי] יֵשׁ לוֹ בִּירוּשָּׁה הָאַהֲבָה (וְהַיִּרְאָה) הַמְסֻתֶּרֶת כַּמְבוֹאָר בַּאֲרוּכָּה בְּתַנְיָא,
Il possède en héritage l’amour caché (et la crainte cachée), comme l’explique longuement le Tanya,
יֵשׁ לוֹ בִּירוּשָּׁה הָאַהֲבָה (וְהַיִּרְאָה) הַמְסֻתֶּרֶת כַּמְבוֹאָר בַּאֲרוּכָה בְּתַנְיָא,
Cet amour et cette crainte agissent en chacun (même s’il lui semble qu’« il se plaît dans l’absence de maître », que sa volonté se porte vers d’autres choses, y compris vers des choses contraires à ce qui est souhaitable, à D.ieu ne plaise), de sorte qu’il doit faire ce que veut le Très-Haut. C’est pourquoi il ne peut pas être entièrement cananéen, à D.ieu ne plaise, mais seulement l’esclave cananéen d’un Hébreu [ivri]. Au niveau visible, il est au degré d’esclave cananéen, mais en lui se trouve (de manière voilée) l’amour caché qu’il tient en héritage d’Avraham l’Hébreu].
שאהוי"ר זוֹ פּוֹעֶלֶת אֵצֶל כאו"א (גַּם אִם נִדְמֶה לוֹ דבהפקירא ניחא לי', שֶׁרְצוֹנוֹ הוּא בְּעִנְיָנִים אֲחֵרִים, גַּם בְּעִנְיָנִים כְּאִלּוּ שֶׁהֵם הֵפֶךְ הָרָצוּי ח"ו) אָז עֶר מוּז טָאן ווִי דֶער אוֹיבֶּערְשְׁטֶער ווִיל, וְלָכֵן אא"פ שיהי' כְּנַעֲנִי לְגַמְרֵי ח"ו כ"א עֶבֶד כְּנַעֲנִי שֶׁל עִבְרִי, שֶׁבַּגִּלּוּי הוּא בבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי, אֲבָל נִמְצָא בּוֹ (בְּהֶעְלֵם) הָאַהֲבָה הַמְסֻתֶּרֶת שֶׁבַּיְּרֻשָּׁה מֵאַבְרָהָם הָעִבְרִי].
L’intention de cette descente est la suivante. La Torah envisage d’abord l’hypothèse : « ou bien ne s’agit-il que de l’esclave d’un Hébreu ? ». Cela n’a d’autre but que de permettre à l’homme, par son service dans le « talmoud lomar », c’est-à-dire l’étude de la Torah menée de façon à y apprendre ce que veut la Torah, de voir aussitôt et de révéler sa propre vérité : « ici aussi, un esclave qui est hébreu ». Il découvre ainsi qu’il est lui-même hébreu (et non pas cananéen, l’Hébreu n’exerçant sur lui que son autorité de maître),
וְכַוָּנַת יְרִידָה זוֹ, שֶׁיֶּשְׁנוֹ קס"ד בַּתּוֹרָה ד"או אֵינוֹ אֶלָּא עַבְדּוֹ שֶׁל עִבְרִי", הִיא רַק בִּכְדֵי שע"י עֲבוֹדָתוֹ ב"תלמוד לוֹמַר" – לִימּוּד הַתּוֹרָה בְּאֹפֶן שֶׁיִּלְמֹד מִמֶּנָּה מַהוּ רְצוֹן הַתּוֹרָה – הִנֵּה יִרְאֶה מִיָּד וְיִגָּלֶה הָאֲמִתִּיּוּת שֶׁלּוֹ ש"אף כָּאן עֶבֶד שֶׁהוּא עִבְרִי", וְשֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ הוּא עִבְרִי (וְלֹא שֶׁהוּא כְּנַעֲנִי וְיֵשׁ עָלָיו רַק אַדְנוּת הָעִבְרִי),
C’est-à-dire que sa place et son degré se situent au niveau de « l’autre rive du fleuve » [ever hanahar]. Le Midrach rapporte aussi qu’Avraham est appelé Avraham l’Hébreu [ha’ivri] parce que le monde entier se tenait d’un côté [ever] et lui de l’autre. De même, l’homme œuvre par son service pour devenir un (esclave) hébreu : il se dresse face au monde entier. Il commence par le voilement et l’occultation (olam, « monde », est de la même racine que héelem, « voilement ») de son Néfech animal, et il la transforme. Puis il s’élève, degré après degré, du niveau d’esclave cananéen (« que tu as acquis d’un Juif ») au niveau d’esclave (qui est) hébreu, et ensuite à celui de la servante hébreue. Enfin, par son service, il obtient que le maître « la désigne comme épouse [yé’adéna] pour lui ou pour son fils ». Tout cela est expliqué longuement dans le discours vénéré, déjà mentionné, de notre grand Rabbi, que son âme repose en Éden.
וְהַיְינוּ שֶׁמְּקוֹמוֹ וּמַדְרֵגָתוֹ הוּא בבחי' עֵבֶר הַנָּהָר, וְגַם כִּדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ דְּמַה שֶׁאַבְרָהָם נִקְרָא אַבְרָהָם הָעִבְרִי הוּא ע"ש שֶׁכָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ מֵעֵבֶר אֶחָד וְהוּא מֵעֵבֶר אֶחָד, וְכֵן פּוֹעֵל בַּעֲבוֹדָתוֹ לִהְיוֹת (עֶבֶד) עִבְרִי, אָז עֶר שְׁטֶעלְט זִיךְ אַנְטְקֶעגְן דֶער גַאנְצֶער ווֶעלְט, מַתְחִיל מֵהֶעְלֵם וְהֶסְתֵּר (עוֹלָם מִלְּשׁוֹן הֶעְלֵם) נַפְשׁוֹ הַבַּהֲמִית, וּמְהַפֵּךְ אוֹתָהּ, וְהוֹלֵךְ וְעוֹלֶה מִדַּרְגָּא לְדַרְגָּא, מבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי (שֶׁלְּקַחְתּוֹ מִיִּשְׂרָאֵל) לבחי' עֶבֶד (שֶׁהוּא) עִבְרִי, ואח"כ גַּם לבחי' אָמָה העברי', וְעַד שֶׁפּוֹעֵל בַּעֲבוֹדָתוֹ שיהי' לוֹ אוֹ לִבְנוֹ יַעֲדֶנָּה כַּמְבוֹאָר בַּאֲרוּכָה בִּדְרוּשׁ הַנִּכְבָּד לְרַבֵּינוּ הַגָּדוֹל נ"ע הנ"ל.
Or, tout ce qui vient d’être exposé se retrouve aussi chaque jour dans le service de chacun. Voici comment. Le degré de l’esclave cananéen [éved kenaani] correspond au moment où Israël se revêt des réalités du monde pour en faire le birour [tri]. C’est ce que dit le verset [passouk] : « Et tu feras tout ton ouvrage ». Il faut en effet travailler dans les réalités de ce monde physique, et même dans la matérialité du monde, afin de la transformer en sainteté. Or, parce qu’il se revêt ainsi des réalités du monde, celui qui accomplit le birour peut, en le faisant, contracter quelque chose d’indésirable de ce dont il fait le birour, comme le rapporte le Tanya. De ce fait, il peut sembler, au début du service, se trouver au degré de l’esclave cananéen.
ז) וְהִנֵּה כְּלָלוּת עִנְיַן הנ"ל יֶשְׁנוֹ גַּם בַּעֲבוֹדַת כאו"א בְּכָל יוֹם. וְהָעִנְיָן הוּא, דבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי הוּא כַּאֲשֶׁר יִשְׂרָאֵל הֵם בבחי' הִתְלַבְּשׁוּת בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם בִּכְדֵי לְבָרֵר אוֹתָם, וכמ"ש וְעָשִׂיתָ כָּל מְלַאכְתֶּךָ, שצ"ל מְלָאכָה בְּעִנְיְנֵי עוה"ז הַגַּשְׁמִי וְגַם בְּחוֹמְרִיּוּת הָעוֹלָם בִּכְדֵי לְהַפְּכוֹ לִקְדוּשָּׁה, שֶׁמִּצַּד הִתְלַבְּשׁוּת זוֹ בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם, ע"י הַבֵּירוּר אֶפְשָׁר שֶׁיִּתְדַּבֵּק בְּהַמְבָרֵר עִנְיָן בִּלְתִּי רָצוּי מִדָּבָר הַמִּתְבָּרֵר כִּדְאִיתָא בְּתַנְיָא, ועי"ז אֶפְשָׁר שיהי' נִרְאֶה בִּתְחִלַּת הָעֲבוֹדָה כבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי.
Cependant, cette descente n’existe que pour l’élévation. C’est pourquoi elle ne dure qu’un instant : aussitôt après commence l’élévation. Bien plus, la descente produit une élévation « supérieure en dignité et supérieure en force ». Le Tanya explique de même, à propos de ce qui trouble l’homme dans sa prière, que ce trouble même doit l’éveiller à prier avec une intention [kavana] plus grande, du plus profond du cœur.
אָמְנָם יְרִידָה זוֹ הִיא לְצוֹרֶךְ עלי', וְלָכֵן הִיא לְרֶגַע בִּלְבָד, וּמִיָּד לאח"ז הִיא הַתְחָלַת העלי', וִיתֵירָה מִזּוֹ הִנֵּה ע"י הַיְרִידָה נַעֲשָׂה עלי' בְּיֶתֶר שְׂאֵת וְיֶתֶר עוֹז, ע"ד הַמְבוֹאָר בְּתַנְיָא בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיַן הַמְבַלְבֵּל אֶת הָאָדָם בִּתְפִלָּתוֹ, שֶׁמֵּהַבִּלְבּוּל עַצְמוֹ צָרִיךְ לְהִתְעוֹרֵר לְהִתְפַּלֵּל יוֹתֵר בְּכַוָּנָה מעומקא דלבא.
Cela se fait par la méditation. Puisque HaKadoch Barou'h Hou est Celui qui fait vivre la chose qui le trouble, il est certain que, si on lui a montré (d’en haut) ce trouble, si ce trouble se trouve dans ses quatre coudées et va jusqu’à le troubler dans sa prière, ce n’est (pas qu’il s’agisse d’une chose existant par elle-même, à D.ieu ne plaise, mais) que pour une seule raison : que l’homme, par son service, fasse du trouble des « mets savoureux » [mat'amim], au pluriel. Il y parvient d’abord par le service d’itkafia (l’ensemble du service des beinonim [intermédiaires]), jusqu’à atteindre aussi le degré d’it'hapkha [transformation] (l’ensemble du service des tsadikim), comme l’explique le Tanya,
וְהוּא כְּשֶׁיִּתְבּוֹנֵן שֶׁמִּכֵּיוָן שהקב"ה הוּא המחי' אֶת הָעִנְיָן הַמְבַלְבְּלוֹ הִנֵּה בְּוַדַּאי שֶׁזֶּה שֶׁהֶרְאוּ לוֹ (מִלְמַעְלָה) בִּלְבּוּל זֶה, וְהַבִּלְבּוּל נִמְצָא בְּתוֹךְ הד"א שֶׁלּוֹ, וְעַד שֶׁגַּם מְבַלְבְּלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ, הוּא (לֹא מִפְּנֵי שֶׁהוּא עִנְיָן בפ"ע ח"ו, כ"א) רַק בִּכְדֵי שֶׁהָאָדָם ע"י עֲבוֹדָתוֹ יַעֲשֶׂה מֵהַבִּלְבּוּל מַטְעַמִּים ל' רַבִּים, תְּחִלָּה ע"י הָעֲבוֹדָה שבבחי' אתכפיא (כְּלָלוּת עֲבוֹדַת הַבֵּינוֹנִים), עַד שֶׁיַּגִּיעַ גַּם לבחי' אתהפכא (כְּלָלוּת עֲבוֹדַת הַצַּדִּיקִים) כַּמְבוֹאָר בְּתַנְיָא,
Il en va de même de ce qui a été dit plus haut. La descente elle-même doit éveiller l’homme à accomplir son service avec une vigueur accrue aux degrés de l’esclave cananéen, de l’esclave hébreu et de la servante hébreue. Il atteint ainsi le stade où « il la destine à lui-même ou à son fils », et jusqu’à « elle sortira gratuitement, sans argent » [tout cela constitue l’ensemble du service d’itkafia et d’it'hapkha mentionné plus haut], comme l’explique longuement le discours cité plus haut.
ועד"ז הוּא בָּעִנְיָן הנ"ל שֶׁמֵּהַיְּרִידָה גּוּפָא צָרִיךְ לְהִתְעוֹרֵר בְּיֶתֶר שְׂאֵת לַעֲבוֹד עֲבוֹדָתוֹ בבחי' עֶבֶד כְּנַעֲנִי, עֶבֶד עִבְרִי וְאַמָּה העברי', עַד שֶׁיַּגִּיעַ לִהְיוֹת לוֹ אוֹ לִבְנוֹ יַעֲדֶנָּה, וְעַד וְיָצְאָה חִנָּם אֵין כָּסֶף [שכ"ז הוּא כְּלָלוּת הָעֲבוֹדָה דְּאִתְכַּפְּיָא ואתהפכא הנ"ל] כַּמְבוֹאָר בַּאֲרוּכָה בִּדְרוּשׁ הנ"ל.
Par ce service de « six ans il servira », où (« il servira ») désigne l’ensemble du service de l’homme envers son Créateur, on parvient à « à la septième (il sortira libre, gratuitement) ». Ces mots désignent la perfection la plus élevée, celle du temps à venir [le'atid lavo], « le jour qui sera entièrement Chabbat et repos pour la vie éternelle ». Alors la Divinité sera révélée ici-bas, ce sera une demeure pour Lui, béni soit-Il, dans les mondes inférieurs [dira betachtonim] [et un reflet de cette révélation brille déjà maintenant, le Chabbat, et surtout au moment de la « volonté des volontés » [raava dekhol raavin]].
וע"י עֲבוֹדָה הנ"ל דְּשֵׁשׁ שָׁנִים יַעֲבוֹד, ד(יַעֲבוֹד) קאי עַל כְּלָלוּת עֲבוֹדַת הָאָדָם לְקוֹנוֹ, הִנֵּה מַגִּיעִים לוֹבִשְׁבִּיעִית (יֵצֵא לַחָפְשִׁי חִנָּם), דקאי עַל הַשְּׁלֵימוּת הכי נַעֲלֵית שתהי' לע"ל, יוֹם שֶׁכֻּלּוֹ שַׁבָּת וּמְנוּחָה לְחַיֵּי הָעוֹלָמִים, שֶׁאָז יהי' גִּילּוּי אֱלֹקוּת לְמַטָּה, דִּירָה לוֹ ית' בַּתַּחְתּוֹנִים [וּמֵעֵין גִּילּוּי זֶה מֵאִיר גַּם עַתָּה בְּשַׁבָּת וּבִפְרָט בְּהַזְּמַן דְּרַעֲוָא דְּכָל רָעוּיָן].
On peut relier cela au Michkan, dont traite la paracha Terouma [la paracha de la semaine suivante, qu’on a lue le Chabbat à l’heure de min'ha, car c’est déjà le début du lien avec la sortie du Chabbat]. La raison d’être du Michkan est que s’accomplisse par lui « et Je résiderai en leur sein ».
ח) וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם עִנְיַן הַמִּשְׁכָּן הַמְבוֹאָר בפ' תְּרוּמָה [פָּרָשַׁת שָׁבוּעַ הַבָּא שֶׁקָּרְאוּ בְּשַׁבָּת בִּזְמַן הַמִּנְחָה, כִּי אָז הוּא כְּבָר הַתְחָלַת הַשַּׁיָּיכוּת לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת], שֶׁעִנְיָנוֹ הוּא לִהְיוֹת עַל יָדוֹ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם.
Cette résidence se faisait avant tout par l’Arche [Aron]. [C’est pourquoi l’ordre de fabriquer l’Arche précède tous les autres éléments du Michkan : l’intériorité et la finalité de l’intention de tout le Michkan étaient (la résidence de la Chekhina dans) l’Arche, comme l’explique longuement le Ramban dans son commentaire sur la Torah. Cela rejoint l’explication du Midrach citée plus haut : si « Et voici les lois » commence précisément par la loi de l’esclave hébreu, c’est que cette mitsva fait allusion au point intérieur du service d’Israël, « je n’ai été créé que pour servir mon Créateur », comme l’explique le Midrach au même endroit : « Je vous ai acquis en Égypte », etc. De même, dans le service concret, on commence par la finalité du service, l’épanchement de la Chekhina par l’Arche.] Par elle, on en vient à faire pour Lui, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs.
וּבְעִיקָּר הָיְתָה הַשְׁרָאָה זוֹ ע"י הָאָרוֹן [שֶׁלָּכֵן הִקְדִּים צִיוּוּי עֲשִׂיַּית הָאָרוֹן לְכָל שְׁאָר עִנְיְנֵי הַמִּשְׁכָּן, כִּי פְּנִימִיּוּת וְתַכְלִית כַּוָּנַת כָּל הַמִּשְׁכָּן הי' (הַשְׁרָאַת הַשְּׁכִינָה שָׁב)הָאָרוֹן כַּמְבוֹאָר בַּאֲרוּכָה ברמב"ן עה"ת. וְזֶהוּ ע"ד פֵּירוּשׁ הַמִּדְרָשׁ שֶׁהוּבָא לְעֵיל דְּמַה שֶׁהִתְחִיל וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים בְּדִין עֶבֶד עִבְרִי דַּוְקָא הוּא כִּי בְּמִצְוָה זוֹ מְרֻמֶּזֶת הַנְּקֻדָּה הַפְּנִימִית שֶׁבַּעֲבוֹדָתָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל – דַּאֲנִי נִבְרֵאתִי לְשַׁמֵּשׁ אֶת קוֹנִי, וְכַמְבוֹאָר בַּמִּדְרָשׁ שָׁם דַּאֲנִי קָנִיתִי אֶתְכֶם בְּמִצְרַיִם כו'. ועד"ז גַּם בַּעֲבוֹדָה בְּפוֹעַל שֶׁמַּקְדִּים תְּחִלָּה תַּכְלִית הָעֲבוֹדָה, שֶׁהִיא הַמְשָׁכַת הַשְּׁכִינָה ע"י הָאָרוֹן] שע"י נִמְשָׁךְ לַעֲשׂוֹת לוֹ ית' דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים.
Car c’est parce qu’il y a d’abord « et Je résiderai en leur sein » [betokham], au sein de chacun, qu’il s’ensuit ensuite « et Je résiderai en leur sein » au sens simple, dans le Michkan et le Beth HaMikdach, et jusque dans le monde entier (cela s’accomplira pleinement dans la septième [année], au septième millénaire). Le service qui opère l’épanchement de la Chekhina est la fabrication de l’Arche, c’est-à-dire la Torah. Par elle, la Chekhina est attirée ensuite aussi dans le monde, car « la mitsva est une lampe et la Torah, lumière » : la Torah éclaire chaque Juif et lui montre son chemin, « pour connaître l'acte qu'ils doivent accomplir et ceux qu'ils ne doivent pas accomplir ».
דע"י שֶׁתְּחִלָּה הוּא וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם, בְּתוֹךְ כאו"א, הִנֵּה אח"כ נִמְשָׁךְ לִהְיוֹת וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם כִּפְשׁוּטוֹ בְּהַמִּשְׁכָּן ובביהמ"ק וְעַד לְכָל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ (וְזֶה יהי' בִּשְׁלֵימוּת בַּשְּׁבִיעִית, בְּאֶלֶף הַשְּׁבִיעִי). וְהָעֲבוֹדָה לִפְעוֹל הַמְשָׁכַת הַשְּׁכִינָה הִיא עֲשִׂיַּית הָאָרוֹן שהו"ע הַתּוֹרָה, שעי"ז נִמְשֶׁכֶת אח"כ הַשְּׁכִינָה גַּם בָּעוֹלָם, כִּי נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר, שֶׁהַתּוֹרָה מְאִירָה וּמַרְאֶה דַּרְכּוֹ שֶׁל כאו"א מִיִּשְׂרָאֵל לָדַעַת אֶת הַמַּעֲשֶׂה אֲשֶׁר יַעֲשׂוּן וְאֵלֶּה אֲשֶׁר לֹא תֵעָשֶׂינָה.
D’abord, on attire la résidence de la Chekhina dans « l’or, l’argent et le cuivre », etc., du Michkan. Puis, du Michkan et du Mikdach, la lumière sort vers le monde, jusqu’à ce que le monde se remplisse de cette lumière de manière manifeste, selon la parole : « Jérusalem est appelée à s’étendre à toute la terre d’Israël, et la terre d’Israël est appelée à s’étendre à toutes les terres », lors de la guéoula véritable et complète. Cette guéoula dépend de nos actions et de notre service pendant les six mille ans que dure le monde. Elle dépend en particulier du service accompli au temps de la galout, et tout spécialement du service accompli à la fin et à la conclusion du temps de la galout, sur les talons de Machia'h [ikveta dimchi'ha] [et « tout va d’après la conclusion »]. C’est par là qu’on amène la guéoula, où le Beth HaMikdach sera rebâti à sa place, de manière manifeste et au sens simple,
וּתְחִלָּה מַמְשִׁיכִים הַשְׁרָאַת הַשְּׁכִינָה בְּזָהָב וְכֶסֶף וּנְחוֹשֶׁת וגו' שֶׁל הַמִּשְׁכָּן, וּמֵהַמִּשְׁכָּן וּמִקְדָּשׁ הִנֵּה אוֹרָה יוֹצְאָה לְעוֹלָם, עַד שֶׁהָעוֹלָם מִתְמַלֵּא מֵאוֹר זֶה בְּאֹפֶן גָּלוּי, וּכְמַאֲמַר עֲתִידָה יְרוּשָׁלַיִם שֶׁתִּתְפַּשֵּׁט בְּכָל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וַעֲתִידָה אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁתִּתְפַּשֵּׁט בְּכָל הָאֲרָצוֹת בַּגְּאוּלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה. דִּגְאוּלָּה זוֹ תלוי' בְּמַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ בהשתא אַלְפֵי שְׁנֵי דהוה עלמא, וּבִפְרָט בְּהָעֲבוֹדָה שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת, וּבִמְיוּחָד בְּהָעֲבוֹדָה שֶׁבְּסִיּוּם וְחוֹתַם זְמַן הַגָּלוּת בְּעִקְבְתָא דמשיחא [וְהַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר הַחִתּוּם], שעי"ז מְבִיאִים הַגְּאוּלָּה שֶׁאָז יִבָּנֶה ביהמ"ק בִּמְקוֹמוֹ בְּגָלוּי וְכִפְשׁוּטוֹ,
[…] selon la parole : « Jérusalem est destinée à s'étendre sur toute la terre d'Israël, et la terre d'Israël est destinée à s'étendre sur tous les pays », lors de la guéoula véritable et complète. Or cette guéoula dépend de nos actes et de notre service durant les six mille ans que dure le monde. Elle dépend en particulier du service accompli au temps de la galout, et plus encore du service accompli à la fin et au terme du temps de la galout, à l'époque des talons de Machia'h [ikveta dimechi'ha] ]. C'est par ce service que l'on amène la guéoula, où le Beth HaMikdach sera alors bâti à sa place, de manière révélée et au sens littéral,
מַר עֲתִידָה יְרוּשָׁלַיִם שֶׁתִּתְפַּשֵּׁט בְּכָל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וַעֲתִידָה אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁתִּתְפַּשֵּׁט בְּכָל הָאֲרָצוֹת בַּגְּאוּלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה. דִּגְאוּלָּה זוֹ תלוי' בְּמַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ בהשתא אַלְפֵי שְׁנֵי דהוה עלמא, וּבְפִרְטְבָהְעָבוּדָהּ שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת, וּבִמְיוּחָד בְּהָעֲבוֹדָה שֶׁבְּסִיּוּם וְחוֹתַם זְמַן הַגָּלוּת בְּעִקְבְתָא דמשיחא ], שעי"ז מְבִיאִים הַגְּאוּלָּה שֶׁאָז יִבָּנֶה ביהמ"ק בִּמְקוֹמוֹ בְּגָלוּי וְכִפְשׁוּטוֹ,
et avec la supériorité que possédera le troisième Beth HaMikdach, celui dont il est dit : « le Sanctuaire, A-donaï, que Tes mains ont établi ». Cette supériorité dépasse même celle du premier et du second Beth HaMikdach, et dépasse aussi la supériorité qu'avait le Michkan. Certes, le Michkan était l'œuvre des mains de Moché, et les œuvres des mains de Moché sont éternelles, comme le rapporte la Guemara ; c'est pourquoi le Michkan, lui aussi, est éternel. Néanmoins, par le service d'Israël au temps de la galout, il y aura (dans le troisième Beth HaMikdach) une supériorité qui dépasse même la grandeur du Michkan [à l'image de la supériorité de Machia'h sur Moché Rabbénou]. Ce sera la supériorité du service de la téchouva, par lequel, du voilement et de l'occultation du monde eux-mêmes, on fait une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim] pour Lui, béni soit-Il. Comme on le sait, ce qui caractérise Machia'h, c'est la téchouva, selon la parole : « Machia'h vient amener les tsadikim à la téchouva ». « Un rameau sortira du tronc d'Ichaï, et un rejeton de ses racines fructifiera », jusqu'à : « La terre sera remplie de la connaissance de Havayé comme les eaux recouvrent la mer », lors de la guéoula véritable et complète.
וּבְהָעִלּוּי שיהי' בביהמ"ק הַשְּׁלִישִׁי דְּמִקְּדָשׁ אד' כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ שֶׁזֶּהוּ לְמַעְלָה גַּם מביהמ"ק הָרִאשׁוֹן וְהַשֵּׁנִי וְגַם לְמַעְלָה מֵהָעִלּוּי שהי' בַּמִּשְׁכָּן. דְּאַף שֶׁהַמִּשְׁכָּן הי' מַעֲשֵׂה יְדֵי מֹשֶׁה וּמַעֲשֵׂי יְדֵי מֹשֶׁה הֵם נִצְחִיִּים כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא ומשו"ז גַּם הַמִּשְׁכָּן הוּא נִצְחִי, מ"מ ע"י עֲבוֹדַת יִשְׂרָאֵל בִּזְמַן הַגָּלוּת יהי' (בביהמ"ק הַשְּׁלִישִׁי) עִילּוּי שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מִמַּעֲלַת הַמִּשְׁכָּן [בְּדֻגְמַת הָעִילּוּי שֶׁבַּמָּשִׁיחַ עַל מֹשֶׁה רַבֵּינוּ], שיהי' הָעִילּוּי דַּעֲבוֹדַת הַתְּשׁוּבָה, שֶׁמֵּהֶעְלֵם וְהֶסְתֵּר הָעוֹלָם גּוּפָא עוֹשִׂים דִּירָה לוֹ ית' בַּתַּחְתּוֹנִים, וְכַיָּדוּעַ דְּעִנְיָנוֹ שֶׁל מָשִׁיחַ הו"ע הַתְּשׁוּבָה, כְּמַאֲמַר מָשִׁיחַ אתא לאתבא צַדִּיקַיָּא בתיובתא. וְיָצָא חֹטֶר מִגֵּזַע יִשָׁי וְנֵצֶר מִשָּׁרָשָׁיו יִפְרֶה עַד שֻׁמְלְאָה הָאָרֶץ דֵּעָה אֶת הוי' כַּמַּיִם לַיָּם מְכַסִּים, בַּגְּאוּלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה.
Et par le service dont il a été question, on hâte, on presse et on accélère davantage encore sa venue : elle vient au plus tôt, de nos jours mêmes, ici-bas, à moins de dix tefa'him [palmes]. Il apparaîtra alors clairement : « Des nations marcheront à ta lumière », et : « Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices ». Et qu'il en soit ainsi pour nous encore durant les derniers jours de la galout. En effet, bien que « nous soyons encore les serviteurs d'A'hachvéroch », même alors « la crainte des Juifs tomba sur eux », au point qu'A'hachvéroch lui-même supplie et donne la maison de Haman à la reine Esther. C'est là une préparation proche de l'accomplissement de la promesse : « Alors Je transformerai les peuples pour leur donner une langue claire, etc. », lors de la guéoula véritable et complète, par Machia'h, notre juste.
וע"י עֲבוֹדָה הנ"ל הִנֵּה מְמַהֲרִים, מְזָרְזִים וּמְחִישִׁים עוֹד יוֹתֵר אֶת בִּיאָתָהּ, שֶׁבָּאָה בְּהֶקְדֵּם הֲכִי גָּדוֹל בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים. ויהי' נִרְאֶה בְּגָלוּי דְּוְהָלְכוּ גּוֹיִם לְאֹרֶךְ, וְהָיוּ מְלָכִים אֹמְנַיִךְ וְשָׂרוֹתֵיהֶם מְנִיקוֹתַיִךְ, וְכֵן תהי' לָנוּ עוֹד בַּיָּמִים הָאַחֲרוֹנִים שֶׁבִּימֵי הַגָּלוּת, דַּהֲגַם דאכתי עבדי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ אנן מ"מ גַּם אָז נָפַל פַּחַד הַיְּהוּדִים עֲלֵיהֶם וְעַד אֲשֶׁר אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ עַצְמוֹ בֶּעט זִיךְ אוּן גִיט אֶת בֵּית הָמָן לְאֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה, וְזֶהוּ הֲכָנָה קְרוֹבָה לְקִיּוּם הַיִּעוּד דְּאָז אֶהְפּוֹךְ אֶל עַמִּים שָׂפָה בְרוּרָה וגו', בַּגְּאוּלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה ע"י מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ.