HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5738
MAAMARמאמר
וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים
« Et les Juifs acceptèrent »
Mardi, Pourim Katan 5738 [1978]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
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Français
traduction littérale en regard
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Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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hassiduite.com
Maamarim du Rabbiתשל"ח · 1978
MAAMARמאמר
וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים
« Et les Juifs acceptèrent »
Mardi, Pourim Katan 5738 [1978]
Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יום ג', פורים קטן ה'תשל"ח.. Traduction française littérale en regard.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יום ג', פורים קטן ה'תשל"ח.. Traduction française littérale en regard.
« Et les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire. » Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, le Nassi de notre génération, l'explique dans son maamar bien connu, prononcé à Pourim Katan (5687 [1927]) à Moscou [cette année-ci marque le début du second jubilé depuis qu'il fut prononcé] : c'est maintenant, au temps de la galout, qu'ils ont accepté ce qu'ils avaient déjà commencé au moment de Matan Torah [le don de la Torah]. C'est ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, sur le verset [passouk] « Les Juifs accomplirent et acceptèrent », etc. : ils ont accompli alors (aux jours d'A'hachvéroch) ce qu'ils avaient déjà accepté au moment de Matan Torah.
Le maamar relève ici une précision : à première vue, c'est là une chose prodigieuse [nifla]. [Sa question est formulée avec précision : il s'agit d'une chose « nifla » (et non, selon la formule habituelle de la plupart des maamarim, d'une chose qu'« il faut comprendre »), car le fait (qu'ils aient accepté au temps de la galout ce qu'ils avaient commencé au moment de Matan Torah) relève du niveau de nifla. Comme il est expliqué à propos de « Elle n'est pas nifleit [hors d'atteinte]… ni lointaine », éloignement et proximité s'entendent l'un par rapport à l'autre. Nifla, en revanche, désigne une séparation, une mise à part, au point que la chose est de l'ordre du pélé [merveille] par rapport à lui : c'est une chose sans aucune commune mesure. Et l'on sait (au sujet des séfirot) que le niveau de pélé est celui du Kéter, et plus précisément de l'intériorité du Kéter [pnimiyout haKéter], qui est sans aucune commune mesure avec tout l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]. On comprendra à partir de là ce qu'est la chose « nifla » dont parle le maamar.]
À Matan Torah (lorsqu'« ils commencèrent à faire »), Israël était au sommet de l'élévation, dans une situation digne d'éloge. C'était après l'ouverture de la mer Rouge et la sortie d'Égypte, événements qui ont placé chaque Juif et l'ensemble du peuple d'Israël à un niveau extrêmement élevé. À la sortie d'Égypte, le Roi des rois des rois, HaKadoch Barou'h Hou, Se révéla à eux dans Sa gloire et en Personne, et les délivra ; et lors de l'ouverture de la mer [qui est la conclusion et le sceau de la sortie d'Égypte], « une servante vit sur la mer ce que n'avaient pas vu les prophètes ». À plus forte raison, les enfants d'Israël atteignirent l'élévation suprême au moment de Matan Torah : Matan Torah n'eut lieu qu'une seule fois, et l'on sait qu'il n'y aura pas d'autre Matan Torah. Il est en outre expliqué dans le Tanya qu'au moment de Matan Torah il y eut déjà un avant-goût de la perfection ultime du monde qui sera dans le futur : une révélation de la Divinité perceptible à la vue. Ces révélations plaçaient Israël au plus haut degré.
Au temps de la galout, au contraire, c'est exactement l'inverse : Israël est au plus profond de l'abaissement. Il en fut ainsi surtout au temps de Haman (lorsque eut lieu « Et les Juifs acceptèrent… », « accomplirent… »), qui chercha, à D.ieu ne plaise, « à exterminer, tuer et anéantir tous les Juifs, du jeune homme au vieillard, enfants et femmes, en un seul jour… ». Ce décret était extrêmement dur, car il frappait d'un coup tous les Juifs du monde entier : A'hachvéroch régnait sur le monde entier, comme le rapporte le Midrach. Et l'on ne pouvait s'enfuir vers un lieu où le décret serait déjà passé, puisqu'il devait être exécuté en un seul jour (dans le monde entier). C'était donc là (au sein même de la galout) la galout la plus terrible.
וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים אֵת אֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת, וּמְבָאֵר בָּזֶה כ"ק מו"ח אדמו"ר נָשִׂיא דּוֹרֵנוּ בְּמַאֲמָרוֹ הַיָּדוּעַ שֶׁאָמְרוּ בְּפוּרִים קָטָן (תרפ"ז) בְּמוֹסְקְבָא [אֲשֶׁר שָׁנָה זוֹ הִיא הַתְחָלַת יוֹבֵל הַשֵּׁנִי לַאֲמִירָתוֹ] דְּעַתָּה בִּזְמַן הַגָּלוּת הֵם קִבְּלוּ מַה שֶׁהֵחֵלּוּ כְּבָר בִּזְמַן דְּמַתַּן תּוֹרָה. וּכְמַאֲמָרָם ז"ל עַל פָּסוּק קִיְּמוּ וְקִבְּלוּ הַיְּהוּדִים וכו', דְּקִיְּמוּ עַתָּה (בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ) מַה שֶׁקִּבְּלוּ כְּבָר בִּזְמַן דמ"ת. וּמְדַיֵּק בָּזֶה בְּהַמַּאֲמָר, דְּלִכְאוֹרָה הוּא דָּבָר נִפְלָא [וּמְדַיֵּק בִּשְׁאֵלָתוֹ שֶׁזֶּהוּ עִנְיָן "נִפְלָא" (וְלֹא כִּלְשׁוֹן הָרָגִיל בְּרוֹב הַמַּאֲמָרִים – "צלה"ב") כִּי הָעִנְיָן (דְּקִבְּלוּ בִּזְמַן הַגָּלוּת מַה שֶׁהֵחֵלּוּ בִּזְמַן מ"ת) הוּא בבחי' נִפְלָא. וְכַמְבוֹאָר בְּעִנְיַן לֹא נִפְלֵאת גו' וְלֹא רְחוֹקָה, דְּרִחוּק וְקִירוּב הוּא בְּעֶרֶךְ זל"ז, אֲבָל נִפְלָא מוֹרֶה עַל עִנְיַן שֶׁל הַפְלָאָה וְהַבְדָּלָה וְעַד שֶׁהוּא בבחי' פֶּלֶא לגבי', וְהַיְינוּ שֶׁהוּא עִנְיָן שֶׁבְּאֵין עֲרוֹךְ לְגַמְרֵי. וְכַיָּדוּעַ (בְּעִנְיַן הַסְּפִירוֹת) שבחי' פֶּלֶא הוּא בחי' הַכֶּתֶר, וּבִפְרָטִיּוּת בחי' פְּנִימִיּוּת הַכֶּתֶר, שֶׁזֶּהוּ באי"ע לְגַמְרֵי לְכָל סֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת. וּמִזֶּה יוּבַן גַּם בְּנוֹגֵעַ לָעִנְיָן הַנִּפְלָא הַמּוּבָא בְּהַמַּאֲמָר], דִּבְמַתַּן תּוֹרָה (כַּאֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת) הָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּתַכְלִית הָעִילּוּי וּבְמַעֲמָד וּמַצָּב מְשֻׁבָּח, והי' אָז לְאַחֲרֵי קְרִיעַת יַם סוּף וִיצִיאַת מִצְרַיִם, שֶׁהֵם עִנְיָנִים ווָאס הָאֶבֶן אַווֶעקְגֶעשְׁטֶעלְט אֶת כאו"א מִיִּשְׂרָאֵל וְאֶת כְּלָלוּת עַם יִשְׂרָאֵל בְּמַעֲמָד נַעֲלֶה בְּיוֹתֵר, דביצי"מ נִגְלָה עֲלֵיהֶם ממה"מ הקב"ה בִּכְבוֹדוֹ וּבְעַצְמוֹ וּגְאָלָם, וּבִשְׁעַת קרי"ס [שֶׁהוּא הַסִּיּוּם וְחוֹתַם דיצי"מ] רָאֲתָה שִׁפְחָה עַל הַיָּם מַה שֶׁלֹּא רָאוּ נְבִיאִים, ועאכו"כ תַּכְלִית הָעִילּוּי דבנ"י בִּזְמַן מ"ת, דמ"ת הי' רַק פַּעַם אַחַת וְכַיָּדוּעַ שמ"ת לֹא יהי' עוֹד הַפַּעַם, וְגַם מְבוֹאָר בְּתַנְיָא שֶׁבִּשְׁעַת מ"ת כְּבָר הי' מֵעֵין תַּכְלִית שְׁלֵימוּת הָעוֹלָם שיהי' לע"ל, שהי' גִּילּוּי אֱלֹקוּת בראי' חוּשִׁיִּית, שֶׁמִּצַּד גִּילּוּיִים אֵלּוּ הָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּתַכְלִית הַמַּעֲלָה. משא"כ בִּזְמַן הַגָּלוּת הוּא הַהֵיפֶךְ מִזֶּה מַמָּשׁ, שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם בְּתַחְתִּית הַיְרִידָה. וּבִפְרָט בִּזְמַן הָמָן (כַּאֲשֶׁר הי' וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים גו' קִיְּמוּ גו') שֶׁבִּקֵּשׁ ח"ו לְהַשְׁמִיד לַהֲרוֹג וּלְאַבֵּד אֶת כָּל הַיְּהוּדִים מִנַּעַר וְעַד זָקֵן טַף וְנַשֵּׁיםְבֹיוֹם אֶחָד גו', דִּגְזֵרָה זוֹ הָיְתָה קָשָׁה בְּיוֹתֵר שֶׁהֲרֵי הָיְתָה בְּבַת אַחַת עַל כָּל הַיְּהוּדִים שֶׁבְּכָל הָעוֹלָם, כִּי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ מוֹשֵׁל בְּכִיפָּה הי' כִּדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ, וְלֹא הי' בִּיכוֹלֶת לְהִמָּלֵט לְמָקוֹם שֶׁכְּבָר הי' אַחַר הַגְּזֵירָה כֵּיוָן שֶׁהָיְתָה בְּיוֹם אֶחָד (בְּכָל הָעוֹלָם), שֶׁזֶּהוּ (בְּגָלוּת גּוּפָא) גָּלוּת הֲכִי נוֹרָא.
Il explique dans ce même maamar que la pleine rigueur spirituelle du décret et de la galout résidait dans le décret visant l'éducation. Comme le rapporte le Midrach, (Haman) dit : « Je ne porterai d'abord la main que sur ces enfants. » Autrement dit, pour mener à bien, à D.ieu ne plaise, son dessein et la mauvaise pensée qu'il avait formée contre les Juifs, que le Miséricordieux nous en préserve, « de les anéantir », il commence par les jeunes écoliers [tinokot chel beit raban]. Le décret visait donc l'éducation dans son ensemble.
On peut dire que, si les jeunes écoliers dont il est question ici sont des enfants par l'âge, il en va de même, d'une certaine manière, pour celui qui est un enfant dans les choses du judaïsme. Bien qu'il soit adulte par l'âge, et que, selon l'expression de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, « il ait déjà les cheveux blancs », il reste néanmoins, par sa situation en matière de Torah et de mitsvot, au niveau d'un enfant.
[De cela même (puisque l'existence du peuple d'Israël dépend de l'éducation), on comprend combien grande doit être la mesirout néfech [don total de soi] pour l'éducation des enfants d'Israël. Il faut faire don de soi pour que s'accomplisse « Ne touchez pas à Mes oints » : ce sont les jeunes écoliers, comme le rapporte le traité Chabbat. Cela se fait en conduisant les enfants à la place qui leur revient, à la maison de leur maître [beit raban]. Et là même, l'éducation se donne sur le mode d'une « maison (de leur maître) », c'est-à-dire de façon fixe et permanente : les enfants reçoivent de leur maître le fondement (de tout l'édifice) pour tous les jours de leur vie.]
וּמְבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר שָׁם שֶׁתּוֹקֵף (הַגְּזֵירָה ו)הַגָּלוּת בְּרוּחָנִיּוּת הי' הַגְּזֵירָה עַל עִנְיַן הַחִינּוּךְ. וְכִדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ אָמַר (הָמָן) אֵין אֲנִי שׁוֹלֵחַ יְדֵי תְּחִלָּה אֶלָּא בְּאֵלּוּ הַתִּינוֹקוֹת. וְהַיְינוּ דְּבִכְדֵי לְהָפִיק ח"ו זְמָמוֹ וּמַחֲשַׁבְתּוֹ הָרָעָה אֲשֶׁר חָשַׁב עַל הַיְּהוּדִים רח"ל לְאַבְּדָם, הִנֵּה הַהַתְחָלָה הִיא מֵאֵלּוּ הַתִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן. דְּהַכַּוָּנָה בָּזֶה הִיא הַגְּזֵירָה עַל כְּלָלוּת עִנְיַן הַחִינּוּךְ, וי"ל שֶׁאַף שבהנ"ל תשב"ר קאי עַל תִּינוֹק בְּשָׁנִים אֲבָל מֵעֵין זֶה הוּא גַּם בְּתִינוֹק בְּעִנְיְנֵי יַהֲדוּת, הֲגַם שֶׁהוּא אִישׁ גָּדוֹל בְּשָׁנִים וּבִלְשׁוֹן כ"ק מו"ח אדמו"ר עֶר הָאט שָׁוִין וָוייסֶע הָאֲרִ, מ"מ בְּמַצָּבוֹ בְּעִנְיְנֵי תומ"צ הוּא בבחי' תִּינוֹק. [וּמִזֶּה גּוּפָא (שֶׁבְּהַחִנּוּךְ תָּלוּי קִיּוּמוֹ שֶׁל עַם יִשְׂרָאֵל) מוּבָן גּוֹדֶל המס"נ שצ"ל עַל חִינּוּךְ בנ"י. שֶׁצָּרִיךְ לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ בִּכְדֵי שיהי' אֶל תִּגְּעוּ בִּמְשִׁיחָי אֵלּוּ תִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן כִּדְאִיתָא בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת, אֲשֶׁר זֶה נַעֲשֶׂה ע"י שֶׁמַּכְנִיסִים אֶת הַתִּינוֹקוֹת אֶל מְקוֹמָם הָרָאוּי, אֶל בֵּית רַבָּן, וְשָׁם גּוּפָא אוֹפֶן הַחִינּוּךְ הוּא בְּאֹפֶן שֶׁל "בֵּית (רַבָּן)" וְקָבַע, הַיְנוּ שֶׁהַתִּינוֹקוֹת יְקַבְּלוּ מֵרַבָּן הַיְסוֹד (דֶעם גַאנְצְן שֶׁטעל) עַל כָּל יְמֵי חַיֵּיהֶם].
Et après tout cela, à Matan Torah il n'y eut que « ils commencèrent à faire », un simple commencement. L'accomplissement (de la Torah de Matan Torah), « accomplirent et acceptèrent », n'eut lieu précisément qu'au temps de la galout, et surtout au temps de Haman, quand Israël était au plus profond de l'abaissement de la galout, matériellement et spirituellement. C'est là une chose extrêmement prodigieuse [nifla].
וְאַחַר כ"ז, הִנֵּה במ"ת הי' רַק "הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת", עִנְיָן שֶׁל הַתְחָלָה בִּלְבָד, וְהַקִּיּוּם (דְּהַתּוֹרָה דמ"ת), קִיְּמוּ וְקִבְּלוּ, הי' דַּוְקָא בִּזְמַן הַגָּלוּת, וּבִפְרָט בִּזְמַן הָמָן כְּשֶׁיִּשְׂרָאֵל הָיוּ בְּתַכְלִית הַשִּׁפְלוּת דְּגָלוּת בְּגַשְׁמִיּוּת וְרוּחָנִיּוּת, שֶׁזֶּהוּ עִנְיָן נִפְלָא בְּיוֹתֵר.
On peut le comprendre (comme l'explique le maamar) à partir de l'explication de ce qui est écrit : « שמן גו' כתית למאור, de l'huile [d'olive limpide], pilée, pour le luminaire [maor] ». On y relève qu'il n'est pas dit « de l'huile pour éclairer », mais « de l'huile... pour le luminaire ». On en tire l'explication que maor désigne le luminaire lui-même, c'est-à-dire la source de la lumière. Tel est le sens de « pilée, pour le luminaire » : lorsque l'homme est au niveau de « pilé » [katit], brisé et abattu, il parvient alors au maor. Cet état de brisement et d'abattement se produit même lorsque, matériellement, il vit dans la plus grande aisance, mais qu'il lui manque malgré tout quelque chose sur le plan spirituel, dans son service. Bien plus : même s'il est accompli aussi sur le plan spirituel dans l'observance de la Torah et des mitsvot, au point d'être au sommet de l'élévation et de l'aisance, et de servir comme il convient de le faire, néanmoins, lorsqu'il méditera sur « ועמך כולם צדיקים, et Ton peuple, tous sont des tsadikim », sur le fait que chaque Juif est « נצר מטעי מעשה ידי להתפאר, le rejeton de Mes plantations, l'œuvre de Mes mains dont Je Me glorifie » (les plantations et l'œuvre des mains de HaKadoch Barou'h Hou, dont Il Se glorifie), et lorsqu'il méditera sur la grandeur de HaKadoch Barou'h Hou, alors il pleurera abondamment, dans l'amertume de son âme. Car que vaut tout son service (même accompli) au regard de sa valeur et de son degré véritables ? Il devrait être, de manière manifeste, le rejeton des plantations et l'œuvre des mains de HaKadoch Barou'h Hou dont Il Se glorifie, au point que quiconque le voit le reconnaisse. Dès lors, même la perfection de son service n'est pas du tout ce qu'elle devrait être. Or même « celui qui fait un signe du doigt devant le roi », cela est l'opposé de la vie et de l'existence ; à plus forte raison lorsque son service n'est pas comme il le faut et se trouve sans commune mesure avec ce qu'il aurait dû être, selon les forces qui lui ont été données. Lorsqu'il méditera sur l'ampleur de sa chute et pleurera dans l'amertume de son âme, il parviendra à la téchouva, jusqu'à atteindre « והרוח תשוב אל האלקים אשר נתנה, et l'esprit retournera à D.ieu qui l'a donné », et plus haut encore : l'âme retourne, par le don total de soi [mesirout nefech], à sa source et à sa racine supérieure, d'où elle a été tirée, etc. Tel est le sens de « pilée, pour le luminaire » : du fait que l'homme est brisé et abattu, au niveau de « pilé » [que ce soit au sein de l'aisance matérielle ou au sein de l'aisance spirituelle, comme on l'a dit], il parvient alors au maor lui-même, au niveau de « D.ieu qui l'a donné », etc.
ב) וְיוּבַן זֶה (כַּמְבוֹאָר בְּהַמַּאֲמָר) ע"פ הַבֵּיאוּר במ"ש שֶׁמֶן גו' כָּתִית לַמָּאוֹר, שֶׁמְּדַיֵּק שָׁם שֶׁלֹּא נֶאֱמַר שֶׁמֶן לְהָאִיר כ"א שֶׁמֶן גו' לַמָּאוֹר, וּמְבֹאָר בָּזֶה דְּמָאוֹר קאי עַל הַמָּאוֹר עַצְמוֹ, הַיְנוּ מְקוֹר הָאוֹר. וְזֶהוּ מ"ש כָּתִית לַמָּאוֹר, שֶׁכַּאֲשֶׁר הָאָדָם הוּא בבחי' כָּתִית, שֶׁנִּשְׁבַּר וְנִדְכָּא, הִנֵּה אָז מַגִּיעַ לַמָּאוֹר. וְזֶה שֶׁנִּשְׁבַּר וְנִדְכָּא הוּא גַּם כַּאֲשֶׁר בְּגַשְׁמִיּוּת הוּא בְּמַצָּב שֶׁל הַרְחָבָה הֲכִי גְּדוֹלָה אֶלָּא שמ"מ חָסֵר בְּרוּחָנִיּוּת, בַּעֲבוֹדָתוֹ, וִיתֵירָה מִזּוֹ, דַּאֲפִילּוּ אִם גַּם בְּרוּחָנִיּוּת הוּא שָׁלֵם בְּקִיּוּם התומ"צ, וְעַד שֶׁהוּא בְּתַכְלִית הֶעִילּוּי וְהַהַרְחָבָה שֶׁעוֹבֵד עֲבוֹדָתוֹ כִּדְבָעֵי לי' למעבד, מ"מ כְּשֶׁיִּתְבּוֹנֵן דִּוְעַמַּךְכּוֹלָם צַדִּיקִים, וכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל הוּא נֵצֶר מַטָּעַי מַעֲשֵׂה יָדַי לְהִתְפָּאֵר (מַטָּעָיו וּמַעֲשֶׂה יָדָיו שֶׁל הקב"ה וְשֶׁבָּהֶם הוּא מִתְפָּאֵר), וְיִתְבּוֹנֵן בִּגְדוּלָּתוֹ שֶׁל הקב"ה, הִנֵּה בָּכֹה יִבְכֶּה בְּמַר נַפְשׁוֹ, כִּי בַּמֶּה נֶחְשֶׁבֶת כָּל עֲבוֹדָתוֹ (גַּם אִם הִיא בִּשְׁלֵימוּת) לְגַבֵּי עֶרְכּוֹ וּמַדְרֵגָתוֹ הָאֲמִיתִּי שצ"ל נֵצֶר מַטָּעָיו וּמַעֲשֶׂה יָדָיו לְהִתְפָּאֵר שֶׁל הקב"ה בְּגָלוּי עַד שֶׁכָּל רוֹאֵהוּ יַכִּיר זֶה, וא"כ גַּם שְׁלֵימוּת עֲבוֹדָתוֹ אֵינָהּ כִּדְבָעֵי לְמֶהֱוֵי כְּלָל, וַהֲרֵי אֲפִילוּ מאן דמחוה במחוג קמי מַלְכָּא הֲרֵי זֶה הֵפֶךְ הַחַיּוּת וְהַמְּצִיאוּת, ועאכו"כ כְּשֶׁעֲבוֹדָתוֹ אֵינָהּ כִּדְבָעֵי, שֶׁאֵינָהּ בְּעֵרֶךְ לְמַה שהי' צ"ל לפי"ע הַכֹּחוֹת שֶׁנִּתְּנוּ לוֹ. וְהִנֵּה כְּשֶׁיִּתְבּוֹנֵן בְּגוֹדֶל יְרִידָתוֹ וְיִבְכֶּה בְּמַר נַפְשׁוֹ, יָבֹא לִידֵי תְּשׁוּבָה, וְעַד שֶׁיַּגִּיעַ לִהְיוֹת וְהָרוּחַ תָּשׁוּב אֶל הָאֱלֹקִים אֲשֶׁר נְתָנָהּ וּלְמַעְלָה יוֹתֵר, שֶׁתָּשׁוּב הַנֶּפֶשׁ במס"נ לִמְקוֹרָהּ וְשָׁרְשָׁהּ הָעֶלְיוֹן שֶׁמִּמֶּנָּה לוֹקְחָהּ כו'. וְזֶהוּ מ"ש כָּתִית לַמָּאוֹר, שעי"ז שֶׁהָאָדָם נִשְׁבַּר וְנִדְכָּא, בבחי' כָּתִית [מִתּוֹךְ הַרְחָבָה בְּגַשְׁמִיּוּת וּמִתּוֹךְ הַרְחָבָה בְּרוּחָנִיּוּת, כנ"ל], הִנֵּה אָז מַגִּיעַ לַמָּאוֹר עַצְמוֹ, לבחי' הָאֱלֹקִים אֲשֶׁר נְתָנָהּ כו'.
Or, ce service dont il a été question, être dans un annulation de soi [bitoul] total, au niveau de « pilé », agit ensuite aussi sur l'action concrète. Voici de quoi il s'agit. Sa Sainteté l'Admour Hazakène explique dans Torah Or que « les Juifs se livrèrent à la mort toute l'année entière, et aucune pensée étrangère ne leur vint à l'esprit, à D.ieu ne plaise ». Cela signifie qu'ils se maintinrent dans la mesirout nefech à travers tous les changements qui survinrent : chana [année] est en effet apparenté à chinouï [changement], car l'année englobe tous les changements possibles. Il en va comme de ce que l'on sait de la supériorité de l'etrog, « qui demeure sur son arbre d'une année à l'autre » : il supporte tous les changements de climat des quatre saisons de l'année sans en être le moins du monde affecté, et il demeure sur son arbre [sa vitalité et sa demeure sont dans son arbre, dans sa racine et sa source]. Non seulement les changements ne l'affectent pas, mais il grandit même grâce à eux, comme l'explique la série de maamarim Vekakha [hemchekh]. Il en est de même dans le service de l'homme : à travers toutes les variations de degrés que connaît le service, toute l'année entière, son service est d'une perfection totale, sans qu'aucune pensée étrangère ne survienne, à D.ieu ne plaise. On n'y parvient précisément que dans un bitoul total, au niveau de « pilé ». En effet, il existe des modes de service opposés d'un extrême à l'autre, comme bonté ['Hessed] et rigueur [Guevoura]. Même si son service sur la ligne du 'Hessed est comme il faut, il peut donc lui être difficile que son service sur la ligne de la Guevoura atteigne la même perfection [ainsi, même à propos d'Avraham, notre père, dont le service relevait du 'Hessed, « Avraham, Mon bien-aimé », il est dit « עתה ידעתי כי ירא אלקים אתה, maintenant Je sais que tu crains D.ieu », après qu'il eut surmonté aussi la dixième épreuve]. Mais par le bitoul de « pilé », la perfection de son service ne connaît aucun changement à travers toutes les différences entre les modes de service.
ג) וְהִנֵּה עֲבוֹדָה הנ"ל לִהְיוֹת בְּבִיטּוּל בְּתַכְלִית בבחי' כָּתִית פּוֹעֶלֶת אח"כ גַּם בְּהַמַּעֲשֶׂה בְּפוֹעַל. וְהָעִנְיָן הוּא, כְּמוֹ שֶׁמְּבֹאָר כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן בתו"א שֶׁהַיְּהוּדִים מָסְרוּ עַצְמָן לָמוּת כָּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ וְלֹא עָלָה לָהֶם מַחֲשֶׁבֶת חוּץ ח"ו, דְּהַפֵּרוּשׁ בָּזֶה הוּא שֶׁעָמְדוּ במס"נ בְּכָל אוֹפַנֵּי שִׁינּוּיִים שֶׁהָיוּ, דְּזֶהוּ שָׁנָה לְשׁוֹן שִׁינּוּי כִּי הַשָּׁנָה כּוֹלֶלֶת בְּתוֹכָהּ כָּל הַשִּׁינּוּיִים הָאֶפְשָׁרִיִּים. וע"ד הַיָּדוּעַ בְּמַעֲלַת הָאֶתְרוֹג שֶׁדָּר בְּאִילָנוֹ מִשָּׁנָה לְשָׁנָה שֶׁסּוֹבֵל ע"ע כָּל שִׁינּוּיֵי הָאֲוִירִים מד' תְּקוּפוֹת הַשָּׁנָה וְאֵינוֹ מִתְפַּעֵל מִזֶּה כְּלָל וְדָר בְּאִילָנוֹ [שֶׁחַיּוּתוֹ וּמְקוֹם דִּירָתוֹ הוּא בְּאִילָנוֹ, בְּשָׁרְשׁוֹ וּמְקוֹרוֹ], וְלֹא זֶה בִּלְבָד שֶׁאֵינוֹ מִתְפַּעֵל מֵהַשִּׁנּוּיִים אֶלָּא עוֹד זֹאת שֶׁגָּדֵל מֵהַשִּׁנּוּיִים, כַּמְבוֹאָר בְּהֶמְשֵׁךְ וְכָכָה, הִנֵּה עד"ז הוּא בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם, דִּבְכָל אוֹפַנֵּי שִׁינּוּיֵי הַדַּרְגּוֹת שֶׁבַּעֲבוֹדָה, כָּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ, עֲבוֹדָתוֹ הִיא בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת, שֶׁלֹּא עוֹלָה מַחֲשֶׁבֶת חוּץ ח"ו. וְלָזֶה מַגִּיעַ דַּוְקָא כְּשֶׁהוּא בְּתַכְלִית הַבִּיטּוּל בבחי' כָּתִית, כִּי מִכֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ אוֹפַנֵּי עֲבוֹדָה חֲלוּקִים מִן הַקָּצֶה אֶל הַקָּצֶה כְּמוֹ חֶסֶד וּגְבוּרָה, לָכֵן גַּם אִם עֲבוֹדָתוֹ בְּקַו הַחֶסֶד הִיא כִּדְבָעֵי אֶפְשָׁר שֶׁיִּקְשֶׁה עָלָיו שֶׁעֲבוֹדָתוֹ בְּקַו הַגְּבוּרָה תהי' ג"כ בְּאוֹתָהּ הַשְּׁלֵימוּת [ע"ד שֶׁאֲפִילוּ בְּנוֹגֵעַ אאע"ה, כֵּיוָן שֶׁעֲבוֹדָתוֹ הָיְתָה בבחי' הַחֶסֶד, אַבְרָהָם אוֹהֲבִי, נֶאֱמַר עָלָיו עִתְהִידְעָתִי כִּי יְרֵא אֱלֹקִים אַתָּה, לְאַחַר שֶׁעָמַד גַּם בַּנִּסָּיוֹן הָעֲשִׂירִי], וע"י הַבִּיטּוּל דְּכָתִית הִנֵּה שְׁלֵימוּת עֲבוֹדָתוֹ הִיא בְּלִי שִׁינּוּיִים בְּכָל חִילּוּקֵי אוֹפַנֵּי הָעֲבוֹדָה.
De plus, voici un autre effet de ce bitoul. Le fait de reconnaître qu'il est au plus bas de la chute, etc., l'amène, même si son service est comme il faut, à s'éduquer lui-même à l'image de l'éducation des jeunes écoliers [tinokot chel beit raban] au sens propre, car il se ressent comme un enfant dans son service (comme on l'a dit : que vaut-il au regard de sa valeur véritable ?). L'éducation doit se faire avec mesirout nefech (comme on l'a dit), et le maamar mentionné explique la mesirout nefech qu'il y eut en ce domaine à l'époque de Mordekhaï. Or la Torah est éternelle : il y a là un enseignement [le mot Torah vient de horaa, enseignement, comme le dit le Zohar] éternel pour chacun, en tout temps et en tout lieu. Il faut se vouer avec mesirout nefech à l'éducation. D'abord à sa propre éducation, selon la parole de la Michna : « Qui est sage ? Celui qui apprend de tout homme. » Cette éducation doit se faire chaque jour, tout au long de la vie, car chaque jour il faut s'élever dans son service, selon l'adage : « On monte en sainteté. » Même lorsqu'il est au niveau de kodech [sainteté], « kodech est un mot à part », c'est-à-dire le niveau de 'Hokhma [il est au degré de sage, puisque hier déjà il a appris de tout homme], même alors il doit y avoir une élévation : à l'arrivée d'un jour nouveau, « il accomplira son œuvre », continuera d'apprendre de tout homme et s'élèvera dans son degré de sagesse. Autrement dit, chaque jour, il faut s'éduquer soi-même. C'est ce que l'on comprend aussi de l'enseignement bien connu du Baal Chem Tov : en toute chose qu'un Juif voit ou entend, il doit voir et entendre (derzen oun derhern) l'enseignement qu'elle contient pour son service envers son Créateur. En d'autres termes, en toute chose qu'il voit ou entend, il doit s'éduquer lui-même. À plus forte raison faut-il se vouer avec mesirout nefech à l'éducation des jeunes écoliers, au sens propre. Ce devoir incombe tout particulièrement aux jeunes gens et aux jeunes filles, comme l'ajoute Sa Sainteté mon beau-père l'Admour dans sa lettre relative à son maamar mentionné : « Le temps l'exige : chacun des jeunes gens et des jeunes filles, qu'ils vivent, non seulement doit, pour lui-même, dans sa vie personnelle, être ferme et solide dans l'observance des mitsvot pratiques avec tous leurs embellissements, etc. [et être ainsi un exemple vivant], mais encore [et cela aussi est l'essentiel] créer un entourage de gens qui étudient la Torah et observent les mitsvot », au point que l'on voie chez eux de manière manifeste qu'ils sont « le rejeton de Mes plantations, l'œuvre de Mes mains dont Je Me glorifie ». Plus généralement, ce devoir incombe à chacun, car chacun fait partie des jeunes gens et des jeunes filles quand on se rappelle que chaque jour on devient comme une créature nouvelle. Or, par l'éducation des jeunes écoliers se réalise « מפי עוללים ויונקים יסדת עוז גו' להשבית אויב ומתנקם, de la bouche des enfants et des nourrissons, Tu as fondé une force... pour réduire au silence l'ennemi et le vengeur ». Comme l'explique le maamar mentionné, l'ennemi [oyev] est l'adversaire déclaré, et le vengeur [mitnakem] est l'adversaire caché, qui ourdit des machinations, etc. [Dans le service, c'est le sens de ce que dit Yaakov : « אשר לקחתי מיד האמורי בחרבי ובקשתי, que j'ai pris de la main de l'Emori par mon épée et par mon arc. » La différence entre l'épée et l'arc est que l'épée tue l'ennemi qui se tient près de soi, alors que l'arc peut tuer aussi l'ennemi qui se tient au loin. L'ennemi proche désigne le mal (grossier), dont l'homme sait et comprend qu'il est mal ; l'ennemi qui se tient au loin est le mal subtil, dont il n'a pas conscience, etc. On écarte l'ennemi et le vengeur par le service de « mon épée et mon arc », comme l'expliquent les maamarim à propos des cinq armes énumérées dans la Michna du traité Chabbat.]
ד) וְהִנֵּה, עוֹד זֹאת מִפְּעֻלּוֹת בִּיטּוּל הנ"ל, דְּזֶה שֶׁמַּכִּיר שֶׁהוּא בְּתַכְלִית הַיְרִידָה וכו' פּוֹעֵל עָלָיו שֶׁגַּם אִם עֲבוֹדָתוֹ הִיא כִּדְבָעֵי מ"מ יְחַנֵּךְ א"ע דּוּגְמַת הַחִינּוּךְ דתשב"ר כִּפְשׁוּטוֹ, כִּי הוּא מַרְגִּישׁ עַצְמוֹ בבחי' תִּינוֹק בַּעֲבוֹדָתוֹ (וכנ"ל דְּבַמֶּה נֶחְשָׁב הוּא לְגַבֵּי אֲמִיתִּיּוּת עֶרְכּוֹ). וְעִנְיַן הַחִינּוּךְ צ"ל במס"נ (כנ"ל), וּכְמוֹ שֶׁמְּבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר הנ"ל המס"נ שהי' בָּזֶה בִּזְמַן מָרְדֳּכַי, וַהֲרֵי הַתּוֹרָה הִיא נִצְחִית, שֶׁבָּזֶה יֶשְׁנָהּ הוֹרָאָה [תּוֹרָה מִלְּשׁוֹן הוֹרָאָה, כִּדְאִיתָא בַּזֹּהַר] נִצְחִית לכאו"א בְּכָל זְמַן וּבְכָל מָקוֹם, שֶׁצָּרִיךְ לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ עַל עִנְיַן הַחִינּוּךְ, הֵן עַל חִינּוּךְ עַצְמוֹ, כְּמַאֲמַר הַמִּשְׁנָה אֵיזֶהוּ חָכָם הַלּוֹמֵד מִכָּל אָדָם, דְּחִינּוּךְ זֶה צ"ל בְּכָל יוֹם וְיוֹם בְּמֶשֶׁךְ כָּל יְמֵי חַיָּיו, שֶׁהֲרֵי בְּכָל יוֹם צָרִיךְ לַעֲלוֹת בַּעֲבוֹדָתוֹ כְּמַאֲמַר מַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ, שֶׁגַּם כְּשֶׁהוּא בבחי' קוֹדֶשׁ, דְּקוֹדֶשׁ מִלָּה בגרמי' הוּא בחי' הַחָכְמָה [שֶׁהוּא בְּדַרְגַּת חָכָם כִּי אֶתְמוֹל כְּבָר לָמַד מִכָּל אָדָם], הִנֵּה גַּם אָז צ"ל עלי', שֶׁבְּהַגִּיעַ יוֹם חֹדֶשׁ יהי' עביד עבידתי' וְיוֹסִיף לִלְמֹד מִכָּל אָדָם וְיִתְעַלֶּה בְּדַרְגַּת הַחָכְמָה שֶׁלּוֹ, הַיְנוּ שֶׁבְּכָל יוֹם וְיוֹם צ"ל חִינּוּךְ עַצְמוֹ. וְכֵן מוּבָן גַּם מִתּוֹרַת הבעש"ט הַיְּדוּעָה שֶׁבְּכָל עִנְיָן שֶׁיְּהוּדִי רוֹאֶה אוֹ שׁוֹמֵעַ צָרִיךְ לִרְאוֹת וְלִשְׁמֹעַ (דערזעהן אוּן דּעֶרְהעֶרן) הַהוֹרָאָה שֶׁבָּזֶה בַּעֲבוֹדָתוֹ לְקוֹנוֹ, הַיְנוּ שֶׁבְּכָל עִנְיָן שֶׁרוֹאֶה אוֹ שׁוֹמֵעַ צָרִיךְ לְחַנֵּךְ אֶת עַצְמוֹ. ועאכו"כ שֶׁצָּרִיךְ לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ עַל עִנְיַן הַחִינּוּךְ דתשב"ר כִּפְשׁוּטוֹ. וּבִמְיוּחָד יֵשׁ בָּזֶה חוֹב עַל הַצְּעִירִים וְהַצְּעִירוֹת כְּמוֹ שֶׁמּוֹסִיף כ"ק מו"ח אדמו"ר בְּמִכְתָּבוֹ בְּקֶשֶׁר לְמַאֲמָרוֹ הנ"ל דְּהָעֵת אוֹמֶרֶת, אֲשֶׁר כָּל אֶחָד וְאֶחָד מֵהַצְּעִירִים וְהַצְּעִירוֹת יִחְיוּ, הִנֵּה לֹא זוֹ בִּלְבָד שֶׁהֵם בְּעַצְמָם בְּחַיֵּיהֶם הַפְּרָטִים, צְרִיכִים לִהְיוֹת אֵיתָן וְחָזָק בִּשְׁמִירַת קִיּוּם הַמִּצְווֹת מַעֲשִׂיּוֹת בְּכָל הִדּוּרָן כו' [ועי"ז לִהְיוֹת דֻּגְמָא חי'] אֶלָּא עוֹד זֹאת [וְגַם זֶה עִקָּר] לַעֲשׂוֹת סְבִיבָה שֶׁל לוֹמְדֵי תּוֹרָה וְשׁוֹמְרֵי מִצְוָה, וְעַד שֶׁיִּרְאוּ אֶצְלָם בְּגָלוּי שֶׁהֵם נֵצֶר מַטָּעַי מַעֲשֵׂה יְדֵי לְהִתְפָּאֵר. וּבִכְלָלוּת, חוֹבָה זוֹ הִיא עַל כאו"א, דַּהֲרֵי כאו"א הוּא בִּכְלַל דִּצְעִירִים וּצְעִירוֹת כְּשֶׁנִּזְכַּר שֶׁבְּכָל יוֹם וְיוֹם נַעֲשֶׂה כברי' חֲדָשָׁה.וְהִנֵּה ע"י הַחִינּוּךְ דתשב"ר נַעֲשֶׂה מִפִּי עוֹלְלִים וְיוֹנְקִים יִסַּדְתָּ עוֹז גו' לְהַשְׁבִּית אוֹיֵב וּמִתְנַקֵּם, וּכְמוֹ שֶׁמְּבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר הנ"ל דְּהָאוֹיֵב הוּא שׂוֹנֵא הַגִּלּוּי, וְהַנּוֹקֵם הוּא שׂוֹנֵא נִסְתָּר וְעוֹלֵל עֲלִילוֹת כו' [וּבַעֲבוֹדָה הו"ע מַה שֶׁאָמַר יַעֲקֹב אֲשֶׁר לָקַחְתִּי מִיַּד הָאֱמֹרִי בְּחַרְבִּי וּבְקַשְׁתִּי, דְּהַהֶפְרֵשׁ בֵּין חֶרֶב לְקֶשֶׁת הוּא שֶׁהַחֶרֶב הוֹרֵג אֶת הַשּׂוֹנֵא שֶׁעוֹמֵד אֶצְלוֹ בְּקָרוֹב, וְהַקֶּשֶׁת יָכוֹל לַהֲרוֹג גַּם אֶת הַשּׂוֹנֵא שֶׁעוֹמֵד מֵרָחוֹק, דְּהַשּׂוֹנֵא הַקָּרוֹב קאי עַל (גַּסּוּת) הָרַע שֶׁהָאָדָם יוֹדֵעַ וּמֵבִין שֶׁהוּא רַע, וְהַשּׂוֹנֵא שֶׁעוֹמֵד מֵרָחוֹק הוּא דַּקּוּת הָרַע שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ מִמֶּנּוּ כו'. וְהַעֲבָרַת הָאוֹיֵב וּמִתְנַקֵּם הוּא ע"י הָעֲבוֹדָה דְּחַרְבִּי וְקַשְׁתִּי, כַּמְבוֹאָר בְּהַמַּאֲמָרִים בְּעִנְיַן הַחֲמִשָּׁה כְּלֵי זַיְין הַמְּנוּיִים בַּמִּשְׁנָה דְּשַׁבָּת].
Or, la force de mener le service dont il a été question vient de Moché Rabbénou. Comme l'explique le maamar cité plus haut, c'est le sens de ce qui est écrit : « Et toi, tu ordonneras [tetsavé] aux enfants d'Israël… ». Tetsavé exprime l'idée de compagnie et d'union [tsavta]. « Toi » se rapporte (selon le sens simple du passouk) à Moché, et il y a « l'extension de Moché dans chaque génération » : en chacun d'Israël se trouve quelque chose de l'aspect de Moché, comme le disent les Tikounei Zohar, et comme le rapporte l'Iguéret HaKodech de Sa Sainteté l'Admour Hazakène. En chacun, l'aspect de Moché qui est en lui est révélé, au point que, de ce fait, « la crainte est pour lui une chose mineure », comme le dit le Tanya, première partie. L'aspect de Moché qui est en chacun d'Israël relie, sur le mode de la compagnie et de l'union (tetsavé), la racine de la Nechama à la Nechama revêtue dans le corps, avec l'âme animale [Néfech habehamit], son corps et sa part dans le monde. Il donne la force d'être « pilé pour le luminaire » [katit lamaor]. Il est broyé et brisé du fait de la descente de l'âme dans ce monde-ci, le plus bas, en dessous duquel il n'y a rien de plus bas. C'est une descente immense : même lorsque ce monde-ci est dans sa perfection totale, il est appelé « puits profond », d'où l'on comprend que le fait même que l'âme soit descendue dans ce monde-ci est une grande descente. Du fait de cette descente, même s'il se trouve dans une situation de la plus grande aisance, matérielle et aussi spirituelle, que représente-t-il cependant au regard de son rang et de sa situation véritables (avant la descente), où il est au niveau de « fils unique » du Roi des rois des rois, HaKadoch Barou'h Hou (selon l'image bien connue que donne à ce sujet le Hemchekh 5666 [1905-1906]) ? Or, c'est de cet état de « pilé » (brisé et broyé) que l'on parvient au luminaire, jusqu'au luminaire [maor] lui-même, comme expliqué plus haut.
ה) וְהִנֵּה הַכֹּחַ לַעֲבוֹדָה הנ"ל הוּא ע"י מֹשֶׁה רַבֵּינוּ. כַּמְבוֹאָר בְּהַמַּאֲמָר הנ"ל דְּזֶהוּ מ"ש וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל גו', דִּתְצַוֶּה הוּא לְשׁוֹן צוותא וְחִיבּוּר, וְאַתָּה קאי (בפשש"מ) עַל מֹשֶׁה, ואתפשטותא דְּמֹשֶׁה בְּכָל דרא ודרא, שֶׁבְּכָל א' מִיִּשְׂרָאֵל יֶשְׁנוֹ מבחי' מֹשֶׁה כִּדְאִיתָא בתקוני זֹהַר וְהוּבָא בְּאִגֶּרֶת הַקּוֹדֶשׁ לכ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן, וּבְכָל א' הִנֵּה בחי' מֹשֶׁה שֶׁבּוֹ הִיא בְּגָלוּי עַד שמשו"ז יִרְאָה מילתא זוטרתי הִיא לגבי' כִּדְאִיתָא בְּתַנְיָא חֵלֶק רִאשׁוֹן, וּבְחִינַת מֹשֶׁה שֶׁבְּכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל מְחֻבֶּרֶת בְּאֹפֶן דצותא וְחִיבּוּר (תְּצַוֶּה) אֶת שֹׁרֶשׁ הַנְּשָׁמָה לְהַנְּשָׁמָה הַמְלוּבֶּשֶׁת בְּגוּף וְעִם נה"ב וְגוּפוֹ וְחֶלְקוֹ בָּעוֹלָם, וְנוֹתֶנֶת כֹּחַ שיהי' כָּתִית לַמָּאוֹר, שֶׁמִּזֶּה שֶׁנִּדְכָּא וְנִשְׁבַּר מִצַּד יְרִידַת הַנְּשָׁמָה לעוה"ז הַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ, שֶׁזֶּהוּ יְרִידָה עֲצוּמָה, כִּי אֲפִילוּ כשעוה"ז הוּא בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת נִקְרָא בירא עמיקתא, דְּמִזֶּה מוּבָן שֶׁעֶצֶם הַדָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה יָרְדָה לעוה"ז הוּא יְרִידָה גְּדוֹלָה. וּמִצַּד הַיְרִידָה, אַף שֶׁהוּא בְּמַצָּב שֶׁל תַּכְלִית הַהַרְחָבָה בְּגַשְׁמִיּוּת וְגַם בְּרוּחָנִיּוּת מ"מ בַּמֶּה נֶחְשָׁב הוּא לְגַבֵּי מַעֲמָדוֹ וּמַצָּבוֹ הָאֲמִיתִּי (שֶׁלִּפְנֵי הַיְרִידָה) שֶׁהוּא בבחי' בְּנוֹ יְחִידוֹ שֶׁל ממה"מ הקב"ה (כַּיָּדוּעַ הַמַּשְׁלַבְזָה בְּהֶמְשֵׁךְ תרס"ו), הִנֵּה מֵהַכָּתִית (שֶׁנִּשְׁבַּר וְנִדְכָּא) נַעֲשָׂה לַמָּאוֹר שֶׁמַּגִּיעַ לְהַמָּאוֹר עַצְמוֹ כנ"ל.
Ce qui précède permet de comprendre ce qui est écrit : « Les Juifs acceptèrent [vekibel hayehoudim] ce qu'ils avaient commencé à faire ». Au moment du Matan Torah [le don de la Torah], Israël était certes au sommet de l'élévation (et tout avait alors déjà été donné, comme expliqué plus haut). Il n'y avait pourtant alors que « ils avaient commencé à faire », un commencement seulement, car cela venait uniquement d'en haut vers le bas. Par la suite, dans le service de l'époque de la galout, au temps de Mordekhaï et d'Esther, quand la galout est à son paroxysme, dans une obscurité doublée et redoublée (comme ce fut le cas au sens simple), le service vient alors des inférieurs : « les Juifs acceptèrent », ce qui n'avait pas eu lieu au moment du Matan Torah. Il y a plus : le service de l'époque de la galout comporte une élévation par rapport au moment du Matan Torah. C'est précisément alors que se réalise la confirmation [kiyoum] de la Torah qu'ils avaient reçue au Matan Torah, laquelle n'était encore qu'au niveau de « ils avaient commencé à faire ». Car c'est précisément à l'époque de la galout [au sens simple, et de même dans la dimension subtile des choses : lorsqu'on médite (dans le sens exposé plus haut) que, même après tout ce que l'on a accompli par son service, et même lorsque cela atteint sa perfection totale, on se trouve encore dans un état de galout (spirituellement). En effet, puisque HaKadoch Barou'h Hou aide chacun, chacun peut atteindre un degré plus élevé, et cela jusqu'à l'incommensurable, à l'image de l'expression de nos Sages : « (Tu t'es donné de la peine) et tu as trouvé » : la trouvaille est sans commune mesure avec la peine et les efforts] que chacun est brisé et broyé, et c'est alors que l'on atteint le luminaire lui-même.
ו) וע"פ הנ"ל יוּבַן מ"ש וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים אֶת אֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת, דַּהֲגַם שֶׁבִּשְׁעַת מ"ת הָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּתַכְלִית הַמַּעֲלָה (וְאָז כְּבָר נִתַּן הַכֹּל, כנ"ל), מ"מ הי' אָז רַק הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת, הַתְחָלָה בִּלְבָד, כִּי זֶה הי' רַק מִלְמַעְלָה לְמַטָּה. ואח"כ בְּהָעֲבוֹדָה שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת, בִּזְמַן מָרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר, כַּאֲשֶׁר הוּא תּוֹקֶף הַגָּלוּת בַּחֹשֶׁךְ כָּפוּל וּמְכֻפָּל (וּכְמוֹ שהי' בְּפַשְׁטוּת) הִנֵּה אָז הָעֲבוֹדָה הִיא מִצַּד הַתַּחְתּוֹנִים, וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים, שֶׁזֶּה לֹא הי' בִּשְׁעַת מ"ת. וְעוֹד זֹאת, שֶׁבְּהָעֲבוֹדָה שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת יֶשְׁנוֹ עִילּוּי לְגַבֵּי שְׁעַת מ"ת, שֶׁדַּוְקָא אָז נַעֲשָׂה הַקִּיּוּם בְּהַתּוֹרָה שֶׁקִּבְּלוּ במ"ת שֶׁהִיא בבחי' הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת בִּלְבָד, כִּי דַּוְקָא בִּזְמַן הַגָּלוּת [כִּפְשׁוּטוֹ, וְכֵן בְּדַקּוּת הָעִנְיָנִים, כְּשֶׁמִּתְבּוֹנֵן (ע"ד הנ"ל) שֶׁגַּם לְאַחַר כָּל הָעִנְיָנִים שֶׁפָּעַל בַּעֲבוֹדָתוֹ, אֲפִילוּ כְּשֶׁהֵם בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת, מ"מ עֲדַיִין הוּא בבחי' גָּלוּת (בְּרוּחָנִיּוּת), כִּי מִכֵּיוָן שהקב"ה עוֹזְרוֹ בִּיכָלְתּוֹ הוּא לְהַגִּיעַ לְדַרְגָּא נַעֲלֵית יוֹתֵר וְעַד לְאֵין עֲרוֹךְ, ע"ד לְשׁוֹן חז"ל (יָגַעְתָּ) וּמָצָאתָ שֶׁהַמְּצִיאָה הִיא שֶׁלֹּא בְּעֶרֶךְ יְגִיעָתוֹ וְהִשְׁתַּדְּלוּתוֹ] דְּאָז הִנֵּה כאו"א נִשְׁבַּר וְנִדְכָּא, הִנֵּה אָז מַגִּיעִים לַמָּאוֹר עַצְמוֹ.
Il convient de relier ce qui a été expliqué plus haut sur la grande élévation que comporte le service des inférieurs (c'est précisément par lui que se réalise la confirmation de ce qu'« ils avaient commencé à faire ») à la paracha de la semaine [et plus précisément à la portion d'aujourd'hui, celle du troisième jour [dont le thème est que « c'était bon » y fut dit deux fois : bon pour le Ciel et bon pour les créatures], selon l'institution de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, qui veut que l'on étudie chaque jour de la semaine une section de la paracha de la semaine]. On s'appuiera pour cela sur ce qu'expliquent les maamarim, et en particulier le maamar prononcé il y a soixante ans par Sa Sainteté l'Admour Rachab, dont l'âme repose en Eden, dans notre paracha, sur le passouk : « Et maintenant, si j'ai trouvé faveur ['hen] à Tes yeux… afin que je trouve faveur à Tes yeux… car j'ai trouvé faveur à Tes yeux… car tu as trouvé faveur à Mes yeux » [car c'est par là que viendra « nous serons distingués [venifléinou], moi et Ton peuple, de tout peuple qui est sur la face de la terre » (venifléinou relevant du thème de nifla expliqué plus haut)]. Il faut comprendre quelle qualité réside dans le 'hen, pour que Moché Rabbénou l'ait demandé et ait tant insisté pour l'obtenir, au point que ce fut le parfait aboutissement de sa demande, et que ce soit par le 'hen que viendrait ensuite « nous serons distingués, moi et Ton peuple ». N'est-il pas écrit : « Trompeuse est la faveur ['hen]… » ? Il en est ainsi parce que le 'hen relève de l'éveil d'en haut venu de lui-même, alors que ce qui vient par l'éveil d'en bas comporte un grand avantage. Le maamar explique à ce propos qu'il existe un éveil d'en haut qui est attiré après l'éveil d'en bas. C'est un épanchement qui provient du niveau de l'Essence de l'Ein Sof, que l'éveil d'en bas n'atteint absolument pas, et il ne vient que sous forme de don (c'est ce qu'on appelle un « don gratuit » [matnat 'hinam], terme apparenté à 'hen, etc.). Il n'est attiré cependant qu'après l'accomplissement parfait de l'éveil d'en bas. Il en va de même pour un don, dont nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « S'il ne lui avait pas procuré de satisfaction… », etc., bien qu'il s'agisse d'un don.
ז) וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר מַה שנת"ל בְּגוֹדֶל הָעִילּוּי שֶׁבַּעֲבוֹדַת הַתַּחְתּוֹנִים, שע"י דַּוְקָא נַעֲשָׂה הַקִּיּוּם דְּמַה שֶׁהֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת, עִם פָּרָשַׁת הַשָּׁבוּעַ [וּבָזֶה גּוּפָא עִם הַשִּׁעוּר דְּהַיּוֹם דְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי [שֶׁעִנְיָנוֹ הוּא שֶׁהֻכְפַּל בּוֹ כִּי טוֹב, טוֹב לַשָּׁמַיִם וְטוֹב לַבְּרִיּוֹת] – ע"פ תַּקָּנַת כ"ק מו"ח אדמו"ר לִלְמֹד בְּכָל יוֹם מֵימוֹת הַשָּׁבוּעַ פָּרָשָׁה אַחַת בְּפָרָשַׁת הַשָּׁבוּעַ] ע"פ הַמְבוֹאָר בְּהַמַּאֲמָרִים וּבִפְרָט בְּמַאֲמָר כ"ק אדמו"ר (מהורש"ב) נ"ע שֶׁלִּפְנֵי שִׁשִּׁים שָׁנָה בְּפַרְשָׁתֵנוּ עה"פ וְעַתָּה אִם נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ גו' לְמַעַן אֶמְצָא חֵן בְּעֵינֶיךָ גו' כִּי מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ גו' כִּי מָצָאתָ חֵן בְּעֵינַי [דעי"ז יהי' וְנִפְלִינוּ אֲנִי וְעַמְּךָ מִכָּל הָעָם אֲשֶׁר עַל פְּנֵי הָאֲדָמָה (דונפלינו הוּא כְּעִנְיָן נִפְלָא שנת"ל)] דְּצָרִיךְ לְהָבִין מַהִי הַמַּעֲלָה בְּעִנְיַן הַחֵן שֶׁמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ בִּקֵּשׁ וְהִפְצִיר כ"כ ע"ז וְעַד שֶׁזֶּה הי' תַּכְלִית הַשְּׁלֵימוּת דבקשתו, וע"י הַחֵן יהי' אח"כ וְנִפְלִינוּ אֲנִי וְעַמְּךָ, דַּהֲלֹא כְּתִיב שֶׁקֶר הַחֵן גו', וְהוּא מִפְּנֵי שֶׁהַחֵן הוּא בחי' אתעדל"ע מצ"ע, וְיֵשׁ יִתְרוֹן גָּדוֹל בְּמַה שֶׁבָּא באתעדל"ת. וּמְבֹאָר שָׁם בָּזֶה דְּיֶשְׁנָהּ בחי' אתעדל"ע הַנִּמְשָׁךְ לְאַחַר האתעדל"ת שֶׁזֶּהוּ הַמְשָׁכָה מבחי' עַצְמוּת א"ס שֶׁאֵין אתעדל"ת מַגַּעַת לְשֵׁם כְּלָל וְהוּא רַק בבחי' מַתָּנָה (וְהוּא הנק' מַתְּנַת חִנָּם שֶׁהוּא לְשׁוֹן חֵן כו') רַק שֶׁזֶּה נִמְשָׁךְ לְאַחֲרֵי שלימותהאתעדל"ת, וּכְמוֹ גַּבֵּי מַתָּנָה דאמרז"ל אִי לאו דעביד לי' ניחא לנפשי' כו' הֲגַם שֶׁהִיא בבחי' מַתָּנָה.
Or, le service qui consiste en cela est le suivant [comme on le comprend d'après ce qui est expliqué dans le maamar cité]. Il existe une émouna qui porte sur le niveau de memalé kol almin [la lumière qui remplit tous les mondes]. Mais à ce niveau, quelque chose de semblable peut se trouver même chez les pieux des nations du monde. Chez Israël, le niveau de memalé kol almin peut même relever de la connaissance [yedia]. L'essentiel de l'émouna des âmes d'Israël se situe au degré de sovev kol almin [la lumière qui entoure tous les mondes], car cette émouna n'appartient qu'à Israël. C'est le sens du passouk : « Chéma Israël, Hachem Elokénou, Hachem E'had », « Écoute, Israël, Hachem est notre D.ieu, Hachem est Un ». C'est l'acceptation [kabala] et l'émouna qui portent sur le niveau de sovev kol almin. C'est pourquoi il est dit précisément « Écoute, Israël » : cette émouna n'appartient qu'aux âmes d'Israël [alors que « Béni soit le Nom de la gloire de Sa royauté à tout jamais » se rapporte à la méditation [hitbonenout] sur le niveau de memalé kol almin].
C'est aussi ce qu'on trouve dans le Zohar : le ayin de Chéma et le dalet de E'had sont des lettres majuscules, et leur combinaison forme le mot ed [témoin]. Il est expliqué en plusieurs endroits que, pour une chose révélée, un témoignage n'est ni nécessaire ni pertinent. Même pour « une chose destinée à être révélée », etc., la Torah n'a pas exigé de témoignage. Le témoignage ne vaut que pour une chose entièrement cachée : le niveau de sovev kol almin.
Tel est le sens de « Écoute, Israël, etc. Un ». Cela se rapporte à chacun d'Israël : ce sont eux, précisément, les témoins qui attestent que Havayé est Un [au point que, quelle que soit sa situation dans son service, chacun d'Israël dit « Écoute, Israël », comme il est expliqué dans les si'hot de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour]. Le 'het et le dalet de E'had font en effet allusion aux sept cieux et à la terre, et aux quatre directions du monde, tandis que le aleph fait allusion au Maître du monde [Aloufo chel olam]. Par leur service, les enfants d'Israël font que ce soit E'had : ils attirent dans le monde (le 'het et le dalet) le Maître du monde (le aleph), jusqu'à ce qu'ils s'unissent à l'image du mot E'had, où le aleph forme un seul mot avec le 'het et le dalet (et le contenu même du mot est l'unité). Et cela de telle manière que le aleph, le Maître du monde, soit la tête et le commencement du mot.
Par cet éveil d'en bas que constitue le service d'Israël au niveau de sovev kol almin (Havayé est Un), on attire un éveil d'en haut proportionné à l'éveil d'en bas. Ensuite est attiré un éveil d'en haut qui dépasse l'éveil d'en haut suscité par l'éveil d'en bas. L'éveil d'en haut attiré par l'éveil d'en bas reste en effet à la mesure de l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout]. On peut dire que c'est aussi à lui que se rapporte le passouk : « Voici, Mon ange marchera devant toi ». Mais Moché demandait que soit attiré un éveil d'en haut supérieur à celui-là, qui vienne de lui-même : « Et maintenant, si j'ai trouvé faveur [’hen] à Tes yeux », la notion de 'hen, jusqu'à « que nous soyons distingués, moi et Ton peuple ». Cela se rapporte (dans les séfirot) à la séfira de Kéter, à l'intériorité du Kéter, et jusqu'à Son Essence et Son Être, béni soit-Il. Cet éveil d'en haut est certes attiré de lui-même, l'éveil d'en bas n'y atteignant pas. Pourtant, « HaKadoch Barou'h Hou ne réside que dans un lieu complet ». Il faut donc d'abord le service des inférieurs par l'éveil d'en bas, et l'épanchement de l'éveil d'en haut proportionné à cet éveil d'en bas. Alors, dans ce lieu complet, est attiré le fait que HaKadoch Barou'h Hou réside, comme il est expliqué dans Likouteï Torah sur le Chir HaChirim.
וְהִנֵּה הָעֲבוֹדָה שֶׁבָּזֶה הִיא [כַּמּוּבָן ע"פ הַמְבוֹאָר בְּהַמַּאֲמָר שָׁם], דְּיֶשְׁנוֹ עִנְיָן הָאֱמוּנָה שבבחי' ממכ"ע אַךְ בבחי' זוֹ שַׁיָּךְ שיהי' מֵעֵין זֶה גַּם בַּחֲסִידֵי אוה"ע וְעַד שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל אֶפְשָׁר שבחי' ממכ"ע תהי' בבחי' יְדִיעָה. וְעִיקָר הָאֱמוּנָה דנש"י הוּא בְּמַדְרֵיגַת סוכ"ע, דֶּאֱמוּנָה זוֹ שַׁיֶּכֶת רַק בְּיִשְׂרָאֵל, דְּזֶהוּ מ"ש שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה' אֱלֹקֵינוּ ה' אֶחָד שזהו"ע הַקַּבָּלָה וְהָאֱמוּנָה בבחי' סוכ"ע וּבָזֶה נֶאֱמַר שְׁמַע יִשְׂרָאֵל דַּוְקָא שֶׁאֱמוּנָה זוֹ הִיא רַק בנש"י [משא"כ מ"ש בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד קאי עַל הַהִתְבּוֹנְנוּת דבחי' ממכ"ע]. וְזֶהוּ ג"כ מַה דאיתא בַּזֹּהַר דהע' דְּשְׁמַע והד' דְּאֶחָד הֵן אוֹתִיּוֹת רַבָּתִי וע"י צֵרוּפָם נַעֲשֶׂה תֵּיבַת עַד, וּמְבֹאָר בכ"מ דְּעַל דָּבָר הַנִּגְלֶה אֵין צָרִיךְ וְאֵין שַׁיָּךְ עֵדוּת, וַאֲפִילוּ עַל מילתא דעביד לאגלויי כו' לֹא הִצְרִיכָה הַתּוֹרָה עֵדוּת, כ"א דַּוְקָא עַל דָּבָר הַנֶּעְלָם לְגַמְרֵי, בחי' סוכ"ע. וְזֶהוּ מ"ש שְׁמַע יִשְׂרָאֵל וגו' אֶחָד, דקאי עַל כאו"א מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁהֵם דַּוְקָא הָעֵדִים הַמְּעִידִים דהוי' אֶחָד [עַד שֶׁבְּכָל מַעֲמָד וּמַצָּב שיהי' בַּעֲבוֹדָתוֹ הִנֵּה כאו"א מִיִּשְׂרָאֵל אוֹמֵר שְׁמַע יִשְׂרָאֵל, כַּמְבוֹאָר בְּשִׂיחוֹת כ"ק מו"ח אדמו"ר], דהח' וד' דְּאֶחָד מְרֻמָּזִים עַל ז' רְקִיעִים וָאָרֶץ וד' רוּחוֹת הָעוֹלָם והאל"ף מְרַמֶּזֶת לְאַלּוּפוֹ שֶׁל עוֹלָם, וְיִשְׂרָאֵל בַּעֲבוֹדָתָם פּוֹעֲלִים לִהְיוֹת אֶחָד, הַיְנוּ שֶׁמַּמְשִׁיכִים בָּעוֹלָם (בח' וד') אֶת אַלּוּפוֹ שֶׁל עוֹלָם (הא'), עַד שֶׁיִּתְאַחֲדוּ בְּדוּגְמָא לְתֵבַת אֶחָד שהא' הִיא תֵּיבָה א' עִם הח' וד' (וְתוֹכֶן הַתֵּבָה עַצְמָהּ הו"ע הָאַחְדּוּת), וּבְאוֹפֶן כָּזֶה שהא' דְּאַלּוּפוֹ שֶׁל עוֹלָם יהי' רֹאשׁ וְהַתְחָלַת הַתֵּבָה. וְהִנֵּה ע"י אתעדל"ת זוֹ דַּעֲבוֹדַת יִשְׂרָאֵל בבחי' סוכ"ע (הוי' אֶחָד), הִנֵּה מַמְשִׁיכִים בחי' אתעדל"ע שֶׁלְּפִעֲרָךְ האתעדל"ת ואח"כ נִמְשָׁךְ בחי' אתעדל"ע שֶׁלְּמַעְלָה מבחי' אתעדל"ע שע"י אתעדל"ת. דבחי' אתעדל"ע הַנִּמְשֶׁכֶת עַל יְדֵי האתעדל"ת הִיא בחי' שֶׁבְּעֶרֶךְ לְסֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, וי"ל דְּגַם עַל זֶה קאי מ"ש הִנֵּה מַלְאָכִי יֵלֵךְ לְפָנֶיךָ, אַךְ בַּקָּשַׁת מֹשֶׁה הי' שיהי' הַמְשָׁכַת בחי' אתעדל"ע שֶׁלְּמַעְלָה מִזֶּה שמצ"ע, וְעַתָּה אִם נָא מָצָאתִי חֵן בְּעֵינֶיךָ, עִנְיָן הַחֵן, עַד שיהי' וְנִפְלִינוּ אֲנִי וְעַמְּךָ, דקאי (בִּסְפִירוֹת) עַל סְפִירַת הַכֶּתֶר, פְּנִימִיּוּת הַכֶּתֶר וְעַד לעצומ"ה ית'. דַּהֲגַם דבחי' אתעדל"ע זוֹ נִמְשֶׁכֶת מצ"ע הַיְנוּ שֶׁאֵין אתעדל"ת מַגִּיעַ לְשָׁם, מ"מ הֲרֵי קוב"ה לֹא שריא אֶלָּא באתר שלים, דצ"ל תְּחִלָּה עֲבוֹדַת הַתַּחְתּוֹנִים באתעדל"ת וְהַמְשָׁכַת האתעדל"ע שֶׁלְּפִי עֵרֶךְ האתעדל"ת וְאָז בהאתר שלים נִמְשָׁךְ לִהְיוֹת קוב"ה שריא כַּמְבוֹאָר בלקו"ת שה"ש.
8) Tel est le sens du passouk : « Les Juifs acceptèrent [vekibel hayehoudim] ce qu'ils avaient commencé de faire ». Par la mesirout néfech [don total de soi] qu'ils montrèrent au temps de la galout, aux jours de Mordekhaï et d'Esther, ils ont confirmé [kiyoum] la Torah du Matan Torah [le don de la Torah]. De même chaque année : lorsque « ces jours sont rappelés et accomplis », toutes ces choses s'épanchent de nouveau telles qu'elles furent la première fois.
On connaît l'enseignement du Baal Chem Tov sur la règle : « Celui qui lit la Méguila à rebours [lemafréa] n'est pas quitte ». Quand on lit la Méguila « à rebours », c'est-à-dire comme une chose qui appartient au passé, on n'est pas quitte. Car la Méguila est un enseignement pour le service de l'homme, en tout temps, en tout lieu, pour chacun et chacune. Cela inclut l'enseignement de ce qui précède : se tenir dans la mesirout néfech. Durant l'année entière [quels que soient les changements], il est impensable qu'il vienne à l'esprit d'un Juif ne serait-ce qu'une pensée extérieure [ma'hchevet 'houts], à D.ieu ne plaise, et à plus forte raison une parole ou un acte.
Cette mesirout néfech amène que « pour les Juifs il y eut lumière, joie, allégresse et honneur » au sens littéral, sur le fondement et à la suite de « lumière, c'est la Torah » jusqu'à « honneur, ce sont les téfilines ». Cela se rapporte à l'ensemble des mitsvot, puisque toute la Torah est comparée aux téfilines. On y éduque aussi les jeunes écoliers [tinokot chel beit raban], comme le rapporte le Midrach : Mordekhaï demanda à trois enfants : « Dites-moi chacun votre passouk. » Ils répondirent : « Ne crains pas la terreur soudaine, ni la ruine des rechaïm [ceux qui font le mal] quand elle viendra » ; « Formez un dessein, il sera déjoué ; prononcez une parole, elle ne tiendra pas, car D.ieu est avec nous » ; « Jusqu'à la vieillesse Je suis le même, jusqu'aux cheveux blancs Je vous porterai ; c'est Moi qui ai fait, Moi qui soutiendrai, Moi qui porterai et délivrerai ». Dès que Mordekhaï entendit cela, il rit et se réjouit d'une grande joie, etc.
Qu'il en soit ainsi pour nous : que chacun accomplisse son service dans « lumière, joie, allégresse et honneur », conformément à tous les éléments expliqués à ce sujet dans les paroles de nos Sages, de mémoire bénie, qui englobent toute la Torah. Assurément, HaKadoch Barou'h Hou accomplira Sa promesse, « Je donnerai vos pluies en leur temps », et toutes les bénédictions énumérées dans la paracha, jusqu'à ce qu'il y ait « lumière, joie, allégresse et honneur » au sens littéral. « On rattache une guéoula à une autre guéoula » : de la guéoula de Pourim à la guéoula véritable et complète par Machia'h, notre juste. Même si, pour un bref moment, « nous sommes encore les serviteurs d'A'hachvéroch », très bientôt, réellement, et sans délai, Machia'h, notre juste, viendra. Il nous délivrera et nous conduira, la tête haute, vers notre terre, vite et de nos jours, réellement.
ח) וְזֶהוּ מ"ש וְקִבֵּל הַיְּהוּדִים אֶת אֲשֶׁר הֵחֵלּוּ לַעֲשׂוֹת, שע"י המס"נ שֶׁבִּזְמַן הַגָּלוּת, בִּימֵי מָרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר, פָּעֲלוּ הַקִּיּוּם בְּהַתּוֹרָה דמ"ת, וְכֵן גַּם בְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה הִנֵּה כְּשֶׁהַיָּמִים הָאֵלּוּ נִזְכָּרִים וְנַעֲשִׂים, נִמְשָׁכִים כָּל הָעִנְיָנִים כְּמוֹ שֶׁהָיוּ בַּפַּעַם הָרִאשׁוֹנָה. וִידוּעָה תּוֹרַת הבעש"ט דְּהַקּוֹרֵא אֶת הַמְּגִלָּה לְמַפְרֵעַ לֹא יָצָא, דִּכְשֶׁקְּרִיאַת הַמְּגִלָּה הִיא בְּאֹפֶן שֶׁל לְמַפְרֵעַ, הַיְנוּ עִנְיָן שהי' בְּעֵבֶר, הִנֵּה לֹא יָצָא, כִּי הַמְּגִלָּה הִיא הוֹרָאָה בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם בְּכָל זְמַן וּבְכָל מָקוֹם וּלְכָל אֶחָד וְאַחַת, כּוֹלֵל הַהוֹרָאָה מהנ"ל, שֶׁעוֹמְדִים במס"נ, וּבְמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ [בְּאֵיזֶה שִׁינּוּיִים שיהי'] אֵינוֹ שַׁיָּךְ אֵצֶל יְהוּדִי שֶׁיַּעֲלֶה עַל דַּעְתּוֹ אֲפִילוּ מַחֲשֶׁבֶת חוּץ ח"ו, ועאכו"כ דִּבּוּר אוֹ מַעֲשֶׂה. ומס"נ זוֹ מְבִיאָה שיהי' לַיְּהוּדִים הָיְתָה אוֹרָה וְשִׂמְחָה וְשָׂשׂוֹן וִיקָר כִּפְשׁוּטוֹ, מְיוּסָּד וּבְהַקְדָּמַת אוֹרָה זוֹ תּוֹרָה עַד לְוֶקֵּר אֵלּוּ תְּפִילִּין, דקאי עַל כְּלָלוּת עִנְיָן הַמִּצְווֹת, דַּהֲרֵי הוּקְשָׁה כָּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ לִתְפִילִּין, וּמְחַנְּכִים בָּזֶה גַּם אֶת התשב"ר, וְכִדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ דְּמָרְדֳּכַי שֹׁאֵל אֵצֶל ג' תִּינוֹקוֹת פָּסוּק לִי פְּסוּקְךָ, וְעָנוּ אֶל תִּירָא מִפַּחַד פִּתְאוֹם וּמִשֹּׁאַת רְשָׁעִים כִּי תָּבוֹא, עֻצוּ עֵצָה וְתֻפָר דַּבְּרוּ דָּבָר וְלֹא יָקוּם כִּי עִמָּנוּ א-ל, וְעַד זִקְנָה אֲנִי הוּא וְעַד שֵׂיבָה אֲנִי אֶסְבֹּל אֲנִי עָשִׂיתִי וַאֲנִי אֶשָּׂא וַאֲנִי אֶסְבֹּל וַאֲמַלֵּט, כֵּיוָן שֶׁשָּׁמַע מָרְדֳּכַי כָּךְ שָׂחַק והי' שָׂמֵחַ בְּשִׂמְחָה גְּדוֹלָה כו'. וְכֵן תהי' לָנוּ, שכאו"א יַעֲבוֹד עֲבוֹדָתוֹ בְּאוֹרָה וְשִׂמְחָה וְשָׂשׂוֹן וִיקָר כְּכָל הָעִנְיָנִים הַמְפוֹרָשִׁים בָּזֶה בדרז"ל, שֶׁכּוֹלְלִים כָּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, וּבְוַדַּאי שהקב"ה יְקַיֵּם הַבְטָחָתוּדוֹנָתְתִי גִשְׁמֵיכֶם בְּעִתָּם וְכָל הַבְּרָכוֹת הַמְּנוּיוֹת בַּפָּרָשָׁה עַד שיהי' אוֹרָה וְשִׂמְחָה וְשָׂשׂוֹן וִיקָר כִּפְשׁוּטוֹ. ומסמך גְּאֻלָּה לַגְּאוּלָּה, מִגְּאֻלַּת פּוּרִים לַגְּאוּלָּה הָאֲמִיתִּית וְהַשְּׁלֵימָה ע"י מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ. דְּאַף דְּלְפִי שָׁעָה קַלָּה הִנֵּה אכתי עַבְדֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ אנן, הִנֵּה בְּקָרוֹב מַמָּשׁ ובעגלא דידן יָבֹא מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ וְיִגְאָלֵנוּ וְיוֹלִיכֵנוּ קוֹמְמִיּוּת לְאַרְצֵנוּ, בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ.