HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5737
MAAMARמאמר
וה' אָמַר הַמְכַסֶּה אֲנִי מֵאַבְרָהָם
« Et Hachem dit : Cacherai-Je à Avraham »
Chabbat Vayéra, 20 'Hechvan 5737 [1976]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשל"ז · 1976
MAAMARמאמר

וה' אָמַר הַמְכַסֶּה אֲנִי מֵאַבְרָהָם

« Et Hachem dit : Cacherai-Je à Avraham »

Chabbat Vayéra, 20 'Hechvan 5737 [1976]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ וירא, כ"ף מרחשון ה'תשל"ז. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ וירא, כ"ף מרחשון ה'תשל"ז. Traduction française littérale en regard.

Et Hachem dit : « Cacherai-Je à Avraham… Et Avraham deviendra assurément une grande nation… Car Je l'ai connu, afin qu'il ordonne… et ils garderont la voie de Hachem pour pratiquer la tsédaka et le droit [michpat]… » L’auteur dont c’est le jour de naissance s’arrête avec précision sur ce point dans son maamar intitulé « Zeh », de l'année 5667 [1906-1907] (dans le Hemchekh 5666 [1905-1906]). La voie de Havayé, c'est la Torah et les mitsvot. Mais alors, qu'ajoute le verset [passouk] par « pour pratiquer la tsédaka… » (qui relève des mitsvot) à « ils garderont la voie de Havayé » ? Il explique à cet endroit que la voie de Havayé est un épanchement [héb. hamchakha] d'en haut vers le bas, tandis que tsédaka et droit sont le service divin sur le mode d'en bas vers le haut, le service de la lumière réfléchie [or 'hozer]. [On y explique aussi, sur cette base, le lien entre « ils garderont la voie de Havayé pour pratiquer la tsédaka et le droit » et ce qui est dit juste avant : « Et Havayé dit : Cacherai-Je à Avraham… ».]
וה' אָמַר הַמְכַסֶּה אֲנִי מֵאַבְרָהָם גו' וְאַבְרָהָם הָיוֹ יהי' לְגוֹי גָּדוֹל גו' כִּי יְדַעְתִּיו לְמַעַן אֲשֶׁר יְצַוֶּה גו' וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ ה' לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט גו'. וּמְדַיֵּק בָּזֶה בַּעַל יוֹם הַהֻלֶּדֶת בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה זֶה דִּשְׁנַת תרס"ז (בְּהֶמְשֵׁךְ תרס"ו), הֲרֵי דֶּרֶךְ הוי' זֶהוּ תומ"צ, וא"כ מַה מוֹסִיף הַכָּתוּב בְּלַעֲשׂוֹת צְדָקָה גו' (עִנְיַן הַמִּצְווֹת) עַל וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי'. וּמְבֹאָר שָׁם, דְּדֶרֶךְ הוי' הִיא הֻמְשְׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, וּצְדָקָה וּמִשְׁפָּט הִיא הָעֲבוֹדָה בבחי' מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, הָעֲבוֹדָה דְּאוֹר חוֹזֵר. [ועפ"ז מְבוּאָר שָׁם גַּם הַשַּׁיָּיכוּת דִּוְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי' לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט למ"ש לפנ"ז והוי' אָמַר הַמְכַסֶּה אֲנִי מֵאַבְרָהָם גו'].
Or, le passouk « Car Je l'ai connu… ils garderont la voie de Havayé pour pratiquer la tsédaka et le droit » a déjà été expliqué dans ce même Hemchekh, dans le discours qui commence par « Car Je l'ai connu », de l'année 5666 [1905-1906] (le maamar du chabbat de la paracha Vayéra, le premier de la série). Dans le présent maamar (celui du chabbat de la paracha Vayéra, le second de la série), il explique le passouk autrement. Le premier maamar commence par le passouk « Car Je l'ai connu », le second par le passouk « Et Havayé dit : Cacherai-Je… ». Mais il y a davantage : même le passouk « Car Je l'ai connu » reçoit dans le second maamar une autre interprétation. Le premier maamar rapporte en effet deux explications de « Je l'ai connu » [yeda'tiv]. Selon le Targoum, yeda'tiv exprime la connaissance : « car il est manifeste devant Moi » [ari guelé kodamaï]. Selon Rachi, yeda'tiv exprime l'affection. Il y explique que yeda'tiv au sens de connaissance correspond à la volonté essentielle (c'est le sens de « car il est manifeste devant Moi » : la volonté est à l'état révélé), tandis que yeda'tiv au sens d'affection correspond au délice essentiel [taanoug ha'atsmi]. Le second maamar, lui, interprète yeda'tiv au sens d'affection : Il l'a chéri au niveau du délice essentiel. Les deux maamarim diffèrent encore sur l'explication de « ils garderont la voie de Havayé pour pratiquer la tsédaka et le droit ». Dans le premier maamar, il ressort (conformément au sens simple des mots du passouk, et comme l'expliquent aussi plusieurs discours [derouchim]) que « pour pratiquer la tsédaka et le droit » est l'explication de « ils garderont la voie de Havayé », ou bien que tsédaka et droit sont un détail de la voie de Havayé. On peut dire que la voie de Havayé (au singulier) est la Torah (un niveau d'ensemble [klal], au-delà de toute division), et que de là découle « pratiquer la tsédaka », c'est-à-dire l'accomplissement des mitsvot (les « deux cent quarante-huit membres du Roi », des membres particuliers). Le présent maamar (celui du chabbat de la paracha Vayéra, le second de la série) explique au contraire que « pour pratiquer la tsédaka… » (bien que ces mots fassent suite à « ils garderont la voie de Havayé ») n'est ni l'explication ni un détail de la voie de Havayé, mais une notion supplémentaire. Après « ils garderont la voie de Havayé », l'épanchement d'en haut vers le bas, on accède ensuite à un service plus élevé, « pratiquer la tsédaka », le service d'en bas vers le haut.
וְהִנֵּה הַפָּסוּק כִּי יְדַעְתִּיו גו' וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי' לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט נִתְבָּאֵר בְּהֶמְשֵׁךְ הנ"ל בד"ה כִּי יְדַעְתִּיו דִּשְׁנַת תרס"ו (מַאֲמָר דש"פ וַיֵּרָא הָרִאשׁוֹן שֶׁבְּהֶהֶמְשֵׁךְ), וּבְמַאֲמַר זֶה (מַאֲמָר דש"פ וַיֵּרָא הַשֵּׁנִי שֶׁבְּהֶהֶמְשֵׁךְ) מְבָאֵר הַפָּסוּק בְּאֹפֶן אַחֵר, נוֹסָף עַל זֶה שֶׁמַּאֲמָר הָרִאשׁוֹן מַתְחִיל בַּפָּסוּק כִּי יְדַעְתִּיו וּמַאֲמָר הַשֵּׁנִי מַתְחִיל בַּפָּסוּק והוי' אָמַר הַמְכַסֶּה אֲנִי גו', הִנֵּה גַּם בַּפָּסוּק כִּי יְדַעְתִּיו גּוּפָא, בְּמַאֲמָר הַשֵּׁנִי מְפָרֵשׁ בְּאֹפֶן אַחֵר, דִּבְמַאֲמָר הָרִאשׁוֹן מֵבִיא שְׁנֵי פֵּירוּשִׁים בְּכִי יְדַעְתִּיו, פֵּירוּשׁ הַתַּרְגּוּם שֶׁיְּדַעְתִּיו הוּא לְשׁוֹן יְדִיעָה, ארי גלי קדמי, וּפֵרוּשׁ רש"י שֶׁיְּדַעְתִּיו הוּא לְשׁוֹן חִיבָּה. וּמְבֹאָר שָׁםדִּידַעְתִּיו לְשׁוֹן יְדִיעָה הו"ע רְצוֹן הָעַצְמִי (דְּזֶהוּ ארי גלי קדמי, כִּי הָרָצוֹן הוּא בְּהִתְגַּלּוּת), וִידַעְתִּיו לְשׁוֹן חִיבָּה הו"ע תַּעֲנוּג הָעַצְמִי, משא"כ בְּמַאֲמָר הַשֵּׁנִי מְפָרֵשׁ יְדַעְתִּיו לְשׁוֹן חִיבָּה, שֶׁחִבֵּב אוֹתוֹ בבחי' תַּעֲנוּג הָעַצְמִי. וְעוֹד חִילּוּק בֵּין שְׁנֵי הַמַּאֲמָרִים בְּהַפֵּרוּשׁ דִּוְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי' לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט. דִּבְמַאֲמָר הָרִאשׁוֹן מַשְׁמַע (כְּפַשְׁטוּת לְשׁוֹן הַכָּתוּב, וְכַמְבוֹאָר גַּם בְּכַמָּה דְּרוּשִׁים) דְּלַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט הוּא הַפֵּרוּשׁ דִּוְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי', אוֹ שֶׁצְּדָקָה וּמִשְׁפָּט הוּא פְּרָט בְּדֶרֶךְ הוי'. וְיֵשׁ לוֹמַר שֶׁדֶּרֶךְ הוי' (לְשׁוֹן יָחִיד) הִיא הַתּוֹרָה (בְּחִינַת כְּלָל שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְחַלְּקוּת), וּמִזֶּה נִמְשָׁךְ לַעֲשׂוֹת צְדָקָה, עֲשִׂיַּית הַמִּצְווֹת (רמ"ח אברין דְּמַלְכָּא, אֵבָרִים פְּרָטִים). וּבְמַאֲמַר זֶה (מַאֲמָר דש"פ וַיֵּרָא הַשֵּׁנִי שֶׁבְּהֶהֶמְשֹׁךְ) מְבָאֵר דְּלַעֲשׂוֹת צְדָקָה גו' (עִם הֱיוֹת שֶׁבָּא בְּהֶמְשֵׁךְ לושׁמרו דֶּרֶךְ הוי') הוּא לֹא פֵּירוּשׁ אוֹ פְּרָט בְּדֶרֶךְ הוי' אֶלָּא שֶׁהוּא עִנְיָן נוֹסָף. דִּלְאַחֲרֵי וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי', הֻמְשְׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, בָּאִים אח"כ לַעֲבוֹדָה נַעֲלֵית יוֹתֵר, לַעֲשׂוֹת צְדָקָה, עֲבוֹדָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה.
Tout cela se comprendra à la lumière de ce qui est expliqué dans le discours de celui dont c'est l'anniversaire qui commence par « Souviens-toi » [Zakhor], de 5678 [1917-1918] (sur le passouk « ils garderont la voie de Havayé »), longuement dans les Biourei HaZohar de l'Admour HaEmtsaï (sur le passouk « Car droites sont les voies de Havayé ») et en plusieurs autres endroits. La notion de « voie » [dérekh] en haut est à l'image de la voie au sens simple (dans le monde matériel) : un intermédiaire qui relie deux lieux, par eux-mêmes extrêmement éloignés l'un de l'autre. Ainsi de la voie royale. Elle part de la ville royale, où siège le roi, et s'étend à toutes les contrées du pays (c'est par elle qu'on parvient à toutes les grandes villes). D'elle se ramifient d'autres routes et sentiers, par lesquels on peut atteindre les petites villes, etc., jusqu'au recoin le plus reculé. Or la distance entre les petites villes — et à plus forte raison le recoin reculé — et la capitale, où siège le roi, n'est pas seulement une distance dans l'espace : il y a aussi un écart de niveau, jusqu'à un éloignement sans commune mesure. Et c'est par l'intermédiaire de la voie que se crée le lien, la jonction, entre le recoin reculé et le lieu où siège le roi. Voilà pourquoi le kav [rayon] qui s'étend de l'Or Ein Sof [lumière infinie] est appelé « voie » : le kav est l'intermédiaire par lequel s'opère l'épanchement de l'Or Ein Sof vers les mondes. La venue à l'être des mondes (l'épanchement de l'Or Ein Sof pour faire exister les mondes) se fait par l'intermédiaire du kav [cela se fait par l'extériorité du kav, dont la racine est la royauté [Malkhout] de l'Ein Sof]. Mais en outre, c'est aussi par le kav que s'opère l'épanchement des révélations de l'Or Ein Sof dans les mondes [cela se fait par l'intériorité du kav, dont la racine est le Tiféret caché].
ב) וְיוּבַן כ"ז ע"פ הַמְבוֹאָר בד"ה זָכוֹר תרע"ח לְבַעַל יוֹם הַהֻלֶּדֶת (עה"פ וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי'), וּבַאֲרוּכָה בְּבֵאוּרֵי הַזֹּהַר לאדמו"ר הָאֶמְצָעִי (עה"פ כִּי יְשָׁרִים דַּרְכֵי הוי') ובכ"מ, דְּעִנְיַן דֶּרֶךְ לְמַעְלָה הוּא בְּדֻגְמַת דֶּרֶךְ כִּפְשׁוּטוֹ (בְּגַשְׁמִיּוּת), שֶׁהוּא מְמֻצָּע שֶׁמְּחַבֵּר שְׁנֵי מְקוֹמוֹת שֶׁמִּצַּד עַצְמָם הֵם רְחוֹקִים זמ"ז בְּתַכְלִית. וּכְמוֹ דֶּרֶךְ הַמֶּלֶךְ הַנִּמְשָׁךְ וְהוֹלֵךְ מֵעִיר הַמְּלוּכָה מָקוֹם מוֹשַׁב הַמֶּלֶךְ לְכָל מֶרְחֲבֵי הַמְּדִינָה (שֶׁעַל יָדוֹ מַגִּיעִים לְכָל הָעֲיָרוֹת הַגְּדוֹלוֹת), וּמִמֶּנּוּ מִסְתַּעֲפִים עוֹד דְּרָכִים וּנְתִיבוֹת שֶׁעַל יָדָם יְכוֹלִים לְהַגִּיעַ לַעֲיָרוֹת הַקְּטַנּוֹת וכו' עַד לְפִנָּה הֲכִי נִדַּחַת, דְּהָרִחוּק שֶׁבֵּין עֲיָרוֹת הַקְּטַנּוֹת ומכש"כ פִּנָּה הַנִּדַּחַת לְעִיר הַבִּירָה מָקוֹם מוֹשַׁב הַמֶּלֶךְ הוּא נוֹסָף עַל הָרִיחוּק בִּמְקוֹם גַּם רִיחוּק בְּמַעֲלָה, וְעַד לָרִחוּק שֶׁבְּאֵין עֲרוֹךְ, וע"י אֶמְצָעוּת הַדֶּרֶךְ נַעֲשֶׂה קִישּׁוּר וְחִיבּוּר דְּפִנָּה הַנִּדַּחַת עִם מָקוֹם מוֹשַׁב הַמֶּלֶךְ. וְזֶהוּ מַה שֶׁהַקַּו הַנִּמְשָׁךְ מאוא"ס נִקְרָא בְּשֵׁם דֶּרֶךְ, כִּי הַקַּו הוּא הַמְמֻצָּע שֶׁעַל יָדוֹ נִמְשָׁךְ מאוא"ס לְעוֹלָמוֹת, דְּנוֹסָף עַל זֶה שֶׁהִתְהַוּוּת הָעוֹלָמוֹת(הַמְשָׁכַת אוא"ס לְהַוּוֹת אֶת הָעוֹלָמוֹת) הוּא ע"י אֶמְצָעוּת הַקַּו [דְּעִנְיַן זֶה הוּא ע"י חִיצוֹנִיּוּת הַקַּו, דְּשָׁרְשׁוֹ הוּא ממל' דא"ס], הֲרֵי ע"י הַקַּו נַעֲשֶׂה גַּם הַמְשָׁכַת הַגִּילּוּיִים דאוא"ס בְּעוֹלָמוֹת [דְּעִנְיַן זֶה הוּא ע"י פְּנִימִיּוּת הַקַּו, דְּשָׁרְשׁוֹ הוּא מת"ת הַנֶּעְלָם].
Sur cette base, celui dont c’est l’anniversaire explique, dans le maamar « Zakhor » cité plus haut, pourquoi la Torah et les mitsvot sont appelées « la voie de Havayé ». La Torah et les mitsvot ont en effet pour objet de « rectifier le secret de Son Nom », c’est-à-dire d’attirer le niveau de « Son grand Nom » (le Nom Havayé). Ce Nom est la révélation de l’Essence de l’Or Ein Sof [lumière infinie] (le niveau de Tiféret caché, qui est au-dessus du niveau de royauté [Malkhout] de l’Ein Sof). C’est pourquoi elles sont appelées « la voie de Havayé » : ce sont les voies par lesquelles la révélation du Nom Havayé, Son grand Nom, est attirée dans le monde. Ainsi s’accomplit l’intention de la demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim] : la révélation de l’Essence de l’Or Ein Sof (qui est au-dessus des niveaux de Sovev et de Memalé) en bas, dans les inférieurs, dans l’inférieur au-dessous duquel il n’en est pas de plus bas. Il y est expliqué que la dira betachtonim se compare à un homme qui habite dans la maison de son prochain : il y habite de toute son essence, tout comme il habite dans sa propre maison. On peut dire que cette parabole a pour but d’expliquer ceci. La demeure dans les inférieurs ne signifie pas que la révélation de l’Or Ein Sof dans l’inférieur y opère un affinement [zikoukh] et une élévation (au point que ce qui en lui est « inférieur » s’annule). Au contraire : même après la révélation, il reste inférieur, et néanmoins la révélation de l’Essence de l’Or Ein Sof est attirée en lui. Tel est bien le contenu de la parabole de l’homme qui habite dans la maison de son prochain : même une fois qu’il y habite, la maison reste celle de son prochain, et néanmoins il y habite de toute son essence, comme il habite dans sa propre maison.
ג) ועפ"ז מְבָאֵר בַּעַל יוֹם הַהֻלֶּדֶת בד"ה זָכוֹר הנ"ל זֶה שהתומ"צ נק' דֶּרֶךְ הוי', כִּי עִנְיַן תומ"צ הוּא לאתקנא רָזָא דשמי', הַמְשָׁכַת בחי' שְׁמוֹ הַגָּדוֹל (שֵׁם הוי'), שֶׁהוּא הַגִּילּוּי דְּעַצְמוּת אוא"ס (בחי' ת"ת הַנֶּעְלָם שֶׁלְּמַעְלָה מבחי' מל' דא"ס). וְלָכֵן נק' דֶּרֶךְ הוי', הַדְּרָכִים שֶׁעַל יָדָם נִמְשָׁךְ בָּעוֹלָם הַגִּילּוּי דְּשֵׁם הוי', שְׁמוֹ הַגָּדוֹל. ועי"ז נִשְׁלְמָה הַכַּוָּונָה דְּדִירָה בַּתַּחְתּוֹנִים, הַגִּילּוּי דְּעַצְמוּת אוא"ס (שֶׁלְּמַעְלָה מבחי' סוֹבֵב וּמְמַלֵּא) לְמַטָּה בַּתַּחְתּוֹנִים, בַּתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ. וּמְבֹאָר שָׁם, דְּעִנְיַן דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים הוּא כִּמְשַׁל אָדָם הַדָּר בְּבֵית חֲבֵירוֹ, שֶׁכָּל עַצְמוּתוֹ כְּמוֹ שֶׁהוּא דָּר בְּבֵיתוֹ הוּא דָּר בְּבֵית חֲבֵירוֹ. וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהַכַּוָּונָה בְּהַמְשֵׁל דְּאָדָם הַדָּר בְּבֵית חֲבֵירוֹ, הוּא לְבָאֵר, דְּעִנְיַן דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים הוּא לֹא בְּאֹפֶן שֶׁמִּצַּד הַגִּילּוּי דאוא"ס בְּהַתַּחְתּוֹן נַעֲשֶׂה בּוֹ זִיכּוּךְ ועלי' (בְּאֹפֶן שֶׁמִּתְבַּטֵּל ה"תחתון" שֶׁבּוֹ), כִּי אִם, שֶׁגַּם לְאַחֲרֵי הַגִּילּוּי הוּא נִשְׁאַר תַּחְתּוֹן, ואעפ"כ נִמְשָׁךְ בּוֹ הַגִּילּוּי דְּעַצְמוּת אוא"ס. דְּזֶהוּ תּוֹכֶן הַמָּשָׁל דְּאָדָם הַדָּר בְּבֵית חֲבֵירוֹ, שֶׁגַּם לְאַחֲרֵי שֶׁהוּא דָּר שָׁם הַבַּיִת הוּא בֵּית חֲבֵירוֹ, ואעפ"כ הוּא דָּר שָׁם בְּכָל עַצְמוּתוֹ כְּמוֹ שֶׁהוּא דָּר בְּבֵיתוֹ.
Or, le maamar (« Zakhor » cité plus haut) poursuit ensuite. Un chemin, au sens simple, sert non seulement à l’aller mais aussi au retour ; il en va de même de la voie de Havayé. Sa véritable nature est d’opérer non seulement l’épanchement d’en haut vers le bas (l’aller), mais aussi l’élévation de l’inférieur, pour qu’il devienne un récipient [keli] apte à recevoir cet épanchement. Ces deux choses (l’épanchement d’en haut et l’élévation de ce qui est en bas) s’accomplissent par l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot. Par l’étude de la Torah s’opère l’épanchement de l’Essence de l’Or Ein Sof (car la sagesse de la Torah procède du niveau de la sagesse de l’Essence de l’Ein Sof) dans l’intellect de l’homme (un intellect humain, revêtu dans un cerveau physique). C’est le cas surtout lorsqu’il étudie à fond, par l’approfondissement de son intellect : cette sagesse s’unit alors à lui d’« une union merveilleuse, sans pareille », au point d’être appelée de son nom. Quant au birour [tri du bien et du mal] et à l’élévation de l’inférieur, ils s’opèrent par l’action des mitsvot, surtout lorsque cette action se fait sur le mode de la contrainte de soi [itkafia] — l’action [maassé] au sens de contrainte [kefia]. Tel est le sens du verset [passouk] « Ils garderont la voie de Havayé en pratiquant la tsédaka, etc. ». La véritable nature de la voie, qui sert non seulement à l’aller (l’épanchement d’en haut) mais aussi au retour (le birour [tri du bien et du mal] et l’élévation de l’inférieur), consiste en ceci : à l’étude de la Torah s’ajoute la pratique de la tsédaka, car toutes les mitsvot sont appelées tsédaka. Il est ajouté « la tsédaka et le jugement [michpat] » : la pratique de la tsédaka (la tsédaka au sens simple) doit se faire avec jugement. On doit se juger soi-même au sujet de ce qui lui est permis, bien évaluer ce qui est indispensable à sa propre vie, et donner tout le reste à la tsédaka. Il en va de même de toutes les mitsvot (appelées tsédaka, comme on l’a dit) : leur accomplissement doit se faire avec jugement. Il est encore ajouté « en pratiquant » [laassot] (la tsédaka et le jugement) : même cela (que la tsédaka se fasse avec jugement) ne suffit pas encore. Il faut que ce soit sur le mode de la contrainte de soi — l’action au sens de contrainte. Ainsi s’opèrent le birour [tri du bien et du mal] et l’élévation de l’inférieur, qui devient un keli pour la révélation d’en haut.
ד) וְהִנֵּה לְאַחֲרֵי זֶה מַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר (ד"ה זָכוֹר הנ"ל), דִּכְמוֹ שֶׁדֶּרֶךְ כִּפְשׁוּטוֹ מְשַׁמֵּשׁ לֹא רַק לַהֲלִיכָה אֶלָּא גַּם לַחֲזָרָה, עד"ז הוּא גַּם בְּדֶרֶךְ הוי', דַּאֲמִיתִּית עִנְיָנוֹ הוּא שֶׁהוּא בְּאֹפֶן כָּזֶה שֶׁעַל יָדוֹ נַעֲשֶׂה לֹא רַק הַהַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה (עִנְיַן הֲלִיכָה), אֶלָּא גַּם הַעֲלָאַת הַתַּחְתּוֹן, שיהי' כְּלִי לְהַהַמְשָׁכָה. וּשְׁנֵי עִנְיָנִים אֵלּוּ (הַהַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה וְהַעֲלָאַת הַמַּטָּה) נַעֲשִׂים עַל יְדֵי לִימּוּד הַתּוֹרָה וְקִיּוּםְהָמְצָווּתָ. ע"י לִימּוּד הַתּוֹרָה נַעֲשֶׂה הַהַמְשָׁכָה דְּעַצְמוּת אוא"ס (דְּהֶחָכְמָה דְּתוֹרָה הִיא מבחי' הַחָכְמָה דְּעַצְמוּת א"ס) בְּשֵׂכֶל הָאָדָם (שֵׂכֶל אֱנוֹשִׁי שֶׁמְּלֻבָּשׁ בַּמּוֹחַ גַּשְׁמִי), וּבִפְרָט כְּשֶׁלּוֹמֵד הֵיטֵב בְּעִיּוּן שֶׁכֻּלּוֹ שֶׁאָז הִיא מִתְאַחֶדֶת עִמּוֹ בְּיִחוּד נִפְלָא שֶׁאֵין יִחוּד כָּמוֹהוּ, וְעַד שֶׁנִּקְרֵאת עַל שְׁמוֹ. וּבֵירוּר וְהַעֲלָאַת הַתַּחְתּוֹן נַעֲשֶׂה ע"י מַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת, וּבִפְרָט כְּשֶׁמַּעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת הוּא בְּאֹפֶן דְּאִתַּכַּפִּיָּא, מַעֲשֵׂה מִלְּשׁוֹן כפי'. וְזֶהוּ וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי' לַעֲשׂוֹת צְדָקָה גו', דַּאֲמִיתִּית עִנְיַן הַדֶּרֶךְ שֶׁמְּשַׁמֵּשׁ לֹא רַק לַהֲלִיכָה (הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה) אֶלָּא גַּם לַחֲזָרָה (בֵּירוּר וְהַעֲלָאַת הַתַּחְתּוֹן) הוּא שֶׁנּוֹסָף לְלִימּוּד הַתּוֹרָה יֵשׁ גַּם עֲשִׂיַּית צְדָקָה, דְּכָל הַמִּצְווֹת נק' בְּשֵׁם צְדָקָה. וּמוֹסִיף צְדָקָה וּמִשְׁפָּט, דַּעֲשִׂיַּת הַצְּדָקָה (צְדָקָה כִּפְשׁוּטָהּ) צ"ל בְּמִשְׁפָּט, שֶׁיִּשְׁפֹּט אֶת עַצְמוֹ מֵהַמֻּתָּרוֹת וְיַחְשֹׁב הֵיטֵב מַה שֶׁהוּא מוּכְרָח לְנַפְשׁוֹ וְכָל הַשְּׁאָר יִתֵּן לִצְדָקָה. ועד"ז הוּא בְּכָל הַמִּצְווֹת (שנק' בְּשֵׁם צְדָקָה, כנ"ל) שֶׁקִּיּוּמָם צ"ל בְּאֹפֶן דְּמִשְׁפַּט. וּמוֹסִיף לַעֲשׂוֹת (צְדָקָה וּמִשְׁפָּט), שֶׁגַּם זֶה (שֶׁהַצְּדָקָה הִיא בְּאֹפֶן דְּמִשְׁפַּט) אֵינוֹ מַסְפִּיק עֲדַיִין, וְצָרִיךְ לִהְיוֹת בְּאֹפֶן דְּאִתַּכַּפִּיא, מַעֲשֶׂה מִלְּשׁוֹן כפי'. ועי"ז נַעֲשָׂה בֵּירוּר וְהַעֲלָאַת הַתַּחְתּוֹן, שֶׁנַּעֲשָׂה כְּלִי לְהַגִּלּוּי שֶׁלְּמַעְלָה.
La grandeur du birour [tri du bien et du mal] et de l’élévation de l’inférieur se comprend, d’après le maamar (« Zakhor » cité plus haut), sous deux aspects. Premier aspect : cela touche à l’épanchement d’en haut. Il est dit dans ce maamar qu’un chemin, au sens simple, qu’on ne peut pas reprendre au retour ne s’appelle pas un chemin (non seulement par rapport au lieu où l’on arrive, mais) même par rapport au lieu d’où l’on est parti. De même, quand l’élévation fait défaut (quand l’inférieur n’est pas un keli pour l’épanchement), l’épanchement n’est pas véritable. On peut l’expliquer ainsi. La véritable nature et la plénitude de l’épanchement (qui n’a pas de limite) ne tiennent pas seulement à ce qu’il se répand partout, même dans le lieu le plus bas : il se répand et pénètre toutes les parties du lieu, au point de faire corps avec lui dans son essence. Or cela (cette union essentielle) n’a lieu que lorsque l’inférieur est un keli pour la révélation. Certes, du côté d’en haut, l’épanchement peut se faire même dans un inférieur qui n’est pas un keli, car « qui Lui dira : que fais-Tu ? ». Mais pour ce qui est de l’inférieur, puisque de son côté il n’est pas un keli apte à l’épanchement, il ne fait pas corps avec la lumière ; dès lors, l’épanchement lui-même est incomplet, comme on l’a dit. Second aspect du birour [tri du bien et du mal] et de l’élévation de l’inférieur, surtout lorsque le birour [tri du bien et du mal] se fait sur le mode de la contrainte de soi [itkafia] : c’est précisément lui qui atteint l’essence. Tel est le sens de « l’action est grande » : l’action [maassé] au sens de contrainte [kefia] (le birour [tri du bien et du mal] de l’inférieur) atteint le voilement essentiel, qui est au-dessus de tous les épanchements et de toutes les révélations.
ה) וְהִנֵּה הָעִילּוּי שֶׁבַּבֵּרוּר וְהַעֲלָאַת הַתַּחְתּוֹן, מוּבָן מֵהַמַּאֲמָר (ד"ה זָכוֹר הנ"ל) שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה ב' עִנְיָנִים. א' שֶׁזֶּה נוֹגֵעַ לְהַהַמְשָׁכָה שֶׁלְּמַעְלָה. וכמ"ש בְּמַאֲמָר הנ"ל דִּכְמוֹ שֶׁבְּדֶרֶךְ כִּפְשׁוּטוֹ בְּאִם א"א לֵילֵךְ בּוֹ בַּחֲזָרָה אֲזַי אֵינוֹ נִקְרָא דֶּרֶךְ (לֹא רַק לְגַבֵּי הַמָּקוֹם שֶׁבָּא לְשָׁם, אֶלָּא) גַּם לְגַבֵּי הַמָּקוֹם שֶׁהָלַךְ מִשָּׁם, דִּכְשֶׁלֹּא יֶשְׁנָהּ העלי' (שֶׁהַתַּחְתּוֹן אֵינוֹ כְּלִי לְהַהַמְשָׁכָה), אֵין הַהַמְשָׁכָה אֲמִיתִּית. וְיֵשׁ לוֹמַר הַבֵּיאוּר בָּזֶה, דַּאֲמִיתִּית עִנְיַן וּשְׁלֵימוּת הַהַמְשָׁכָה (שֶׁאֵין בָּהּ הַגְבָּלָה) הִיא, דְּלֹא רַק שֶׁהִיא נִמְשֶׁכֶת בְּכָל מָקוֹם גַּם בִּמְקוֹם הֲכִי תַּחְתּוֹן, אֶלָּא שֶׁהִיא נִמְשֶׁכֶת וְחוֹדֶרֶת בְּכָל חֶלְקֵי הַמָּקוֹם עַד שֶׁמִּתְעַצֶּמֶת עִמּוֹ. שֶׁזֶּה (הַהִתְעַצְּמוּת) הוּא דַּוְקָא כְּשֶׁהַתַּחְתּוֹן הוּא כְּלִי לְהַגִּלּוּי. דַּהֲגַם שֶׁמִּצַּד לְמַעְלָה אֶפְשָׁר לִהְיוֹת הַהַמְשָׁכָה גַּם בַּתַּחְתּוֹן שֶׁאֵינוֹ כְּלִי, דְּמִי יֹאמַר לוֹ מַה תַּעֲשֶׂה, הֲרֵי בְּנוֹגֵעַ לְהַתַּחְתּוֹן, מִכֵּיוָן שֶׁמִּצִּדּוֹ אֵינוֹ כְּלִי רָאוּי לְהַהַמְשָׁכָה, אֵינוֹ מִתְעַצֵּם עִם הָאוֹר, וּבְמֵילָא חָסֵר גַּם בְּהַהַמְשָׁכָה כנ"ל. וְעוֹד עִנְיָן בְּבֵרוּר וְהַעֲלָאַת הַתַּחְתּוֹן, וּבִפְרָט כְּשֶׁהַבֵּרוּרָהוֹא בְּאֹפֶן דְּאַתְּכַּפִּיָּא, שֶׁזֶּה דַּוְקָא מַגִּיעַ בְּהָעַצְמוּת. וזהו"ע מַעֲשֶׂה גָּדוֹל, כִּי מַעֲשֶׂה מִלְּשׁוֹן כפי' (בֵּירוּר הַתַּחְתּוֹן) מַגִּיעַ בְּהֶעְלֵם הָעַצְמִי שֶׁלְּמַעְלָה מִכָּל הַהַמְשָׁכוֹת וְהַגִּילּוּיִים.
Sur cette base, on peut expliquer le contenu intérieur des différences entre les maamarim du chabbat de la paracha Vayéra dans le hemshekh [suite de discours] de 5666 [1905-1906]. Dans le premier maamar, il expose la notion des mitsvot : par l'accomplissement des mitsvot sont attirées les réalités les plus élevées, la volonté essentielle [ratson atsmi] et le délice essentiel [taanoug atsmi]. Autrement dit, la supériorité du service d'en bas [avodat hamata] est qu'il opère l'épanchement d'en haut ; quant au birour [tri du bien et du mal] de l'inférieur, c'est par lui que cet épanchement atteint sa plénitude. C'est pourquoi il interprète (selon le sens simple des mots du verset [passouk]) « pratiquer la tsédaka et le droit [michpat] » comme une explicitation et un détail de « la voie de Havayé », c'est-à-dire de l'épanchement d'en haut. L'année suivante, dans le second maamar, il expose la supériorité de l'acte des mitsvot (le service d'en bas) tel qu'il est en lui-même, à l'image de la révélation de l'avenir, où se révélera la grandeur de l'action — « l'action est grande ». Il ne s'agit pas seulement du fait que l'action éveille et attire la lumière illimitée [or habli gvoul] telle qu'elle est au-delà de son revêtement dans la 'Hokhma (l'étude) ; il s'agit aussi de la supériorité de l'action elle-même, qui atteint le voilement essentiel [heelem ha'atsmi] (lequel est au-delà même de la lumière illimitée attirée par elle). C'est pourquoi il interprète « pratiquer la tsédaka et le droit » (non comme un détail et une explicitation de « la voie de Havayé », mais) comme une chose supplémentaire (qui vient après « ils garderont la voie de Havayé » et par son moyen). Voilà pourquoi ce maamar commence par le passouk « Et Havayé dit : Cacherai-Je [hamekhassé ani] à Avraham… ? », et explique que « hamekhassé ani » désigne le niveau du voilement essentiel de l'Ein Sof [l'Infini]. Le sens de « Cacherai-Je à Avraham » est que ce niveau fut révélé à Avraham : par son service sur le mode de la lumière qui remonte [or 'hozer], d'en bas vers le haut, et aussi parce qu'« il ordonnera à ses enfants et à sa maison après lui… de pratiquer la tsédaka et le droit », le niveau du voilement essentiel lui fut révélé. [Aussi le passouk dit-il « Cacherai-Je » sur le mode interrogatif : du point de vue de son service (sur le mode de la lumière qui remonte), il est impossible que ce niveau ne lui soit pas révélé.] Et puisque ce maamar traite de la révélation du voilement essentiel (« hamekhassé ani »), il interprète aussi, dans le passouk « Car Je l'ai connu… », « Je l'ai connu » [yeda'tiv] comme une expression d'affection : Il l'a chéri au niveau du délice essentiel. [Car la révélation du délice essentiel est plus élevée que la révélation de la volonté ; c'est pourquoi la révélation de la volonté existe dès maintenant, tandis que la révélation du délice n'aura lieu que dans l'avenir.] En effet, par l'épanchement et la révélation du voilement essentiel, les révélations elles aussi se produisent d'une manière plus élevée.
ו) ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר תּוֹכֶן הַפְּנִימִי שֶׁל הַחִילּוּקִים דְּהַמַּאֲמָרִים דש"פ וַיֵּרָא בְּהֶמְשֵׁךְ תרס"ו. דִּבְמַאֲמָר הָרִאשׁוֹן מְבָאֵר עִנְיַן הַמִּצְווֹת, זֶה שע"י קִיּוּם הַמִּצְווֹת נִמְשָׁכִים עִנְיָנִים הֲכִי נַעֲלִים, רְצוֹן עַצְמִי וְתַעֲנוּג עַצְמִי. הַיְינוּ שֶׁהָעִלּוּי דַּעֲבוֹדַת הַמַּטָּה הוּא שעי"ז נַעֲשָׂה הַהַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה וְגַם עִנְיַן בֵּירוּר הַתַּחְתּוֹן הוּא שעי"ז הִיא הַשְּׁלֵימוּת דְּהַהַמְשָׁכָה. וְלָכֵן מְפָרֵשׁ (כְּפַשְׁטוּת לְשׁוֹן הַכָּתוּב) דְּלַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט הוּא פֵּירוּשׁ וּפְרָט בְּדֶרֶךְ הוי', הַהַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה. וְלַשָּׁנָה הַבָּאָה בְּמַאֲמָר הַשֵּׁנִי מְבָאֵר הָעִילּוּי דְּמַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת (עֲבוֹדַת הַמַּטָּה) כְּמוֹ שֶׁהוּא מִצַּד עַצְמוֹ, בְּדֻגְמַת הַגִּילּוּי דְּלֶעָתִיד שֶׁאָז תִּתְגַּלֶּה מַעֲלַת הַמַּעֲשֶׂה, מַעֲשֶׂה גָּדוֹל, לֹא רַק זֶה שֶׁהַמַּעֲשֶׂה מְעוֹרֵר וּמַמְשִׁיךְ אֶת אוֹר הבל"ג כְּמוֹ שֶׁהוּא לְמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בְּחָכְמָה (תַּלְמוּד), אֶלָּא גַּם הָעִילּוּי דְּהַמַּעֲשֶׂה גּוּפָא, שֶׁהוּא מַגִּיעַ בְּהֶעְלֵם הָעַצְמִי (שֶׁלְּמַעְלָה גַּם מֵאוֹר הבל"ג שֶׁנִּמְשַׁךְ עַל יָדוֹ). וְלָכֵן מְפָרֵשׁ דְּלַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט הוּא (לֹא פְּרָט וּבֵאוּר בְּדֶרֶךְ הוי', כ"א) עִנְיָן נוֹסָף (שֶׁבָּא לְאַחֲרֵי וע"י וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי'). וְזֶהוּ מַה שֶׁמַּאֲמָר זֶה מַתְחִיל בַּפָּסוּק והוי' אָמַר הַמְכַסֶּה אֲנִי, וּמְבֹאָר דְּהַמְכַסֶּה אֲנִי הוּא בחי' הֶעְלֵם הָעַצְמִי דא"ס, וּפֵרוּשׁ הַמְכַסֶּה אֲנִי מֵאַבְרָהָם הוּא שֶׁלְּאַבְרָהָם נִתְגַּלָּה בחי' זוֹ, דע"י עֲבוֹדָתוֹ בבחי' אוֹר חוֹזֵר מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, וְגַם יְצַוֶּה אֶת בָּנָיו וְאֶת בֵּיתוֹ אַחֲרָיו גו' לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט, לָכֵן נִתְגַּלָּה לוֹ בחי' הֶעְלֵם הָעַצְמִי. [וְאוֹמֵר עַל זֶה הַמְכַסֶּה בתמי', כִּי מִצַּד הָעֲבוֹדָה שֶׁלּוֹ (בִּבְחִינַת אוֹר חוֹזֵר) אֵין שַׁיָּךְ שֶׁלֹּא יִתְגַּלֶּה לוֹ בְּחִינָה זוֹ]. וּמִכֵּיוָן שֶׁבְּמַאֲמָר זֶה מְדוּבָּר בְּעִנְיַן הַגִּילּוּי דְּהֶעְלֵם הָעַצְמִי (הַמְכַסֶּה אֲנִי), לָכֵן, גַּם בַּפָּסוּק כִּי יְדַעְתִּיו גו' מִפְּרַשְׁשִׁידְעָתִיו הוּא לְשׁוֹן חִיבָּה שֶׁחִבֵּב אוֹתוֹ בבחי' תַּעֲנוּג הָעַצְמִי [דְּגִלּוּי תַּעֲנוּג הָעַצְמִי הוּא נַעֲלֶה יוֹתֵר מִגִּילּוּי הָרָצוֹן, שֶׁלָּכֵן גִּילּוּי הָרָצוֹן יֵשׁ גַּם עַכְשָׁיו משא"כ גִּילּוּי הַתַּעֲנוּג יהי' רַק לֶעָתִיד], כִּי ע"י הַמְשָׁכַת וְגִילּוּי הֶעְלֵם הָעַצְמִי, גַּם הַגִּילּוּיִים הֵם בְּאֹפֶן נַעֲלֶה יוֹתֵר.
Or, ces deux dimensions — « ils garderont la voie de Havayé » (l'épanchement d'en haut vers le bas) et « pratiquer la tsédaka et le droit » (le service d'en bas vers le haut) — se trouvent en chaque Juif, au long de toutes les générations. En effet, outre que toutes les choses de la Torah sont éternelles, et en particulier ce qui relève de « les actes des Pères sont un signe et une force donnée aux enfants », le passouk dit explicitement, à ce sujet, « qu'il ordonnera à ses enfants et à sa maison après lui » — jusqu'à la fin de toutes les générations. Et cet ordre (qu'Avraham donne à ses enfants…) est une force particulière (en plus de celle qui découle des actes des Pères) donnée à chaque Juif pour les deux services mentionnés plus haut.
וְהִנֵּה שְׁנֵי עִנְיָנִים אֵלּוּ דִּוְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ הוי' (הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה) לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט (עֲבוֹדָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה) יֶשְׁנָם בכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל, בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַדּוֹרוֹת. דְּנוֹסָף עַל זֶה שֶׁכָּל עִנְיְנֵי הַתּוֹרָה הֵם נִצְחִיִּים, וּבִפְרָט הָעִנְיָנִים דְּמַעֲשֵׂה אָבוֹת סִימָן וּנְתִינַת כֹּחַ לְבָנִים, הֲרֵי בְּנוֹגֵעַ לְעִנְיַן זֶה אוֹמֵר בְּפֵירוּשׁ אֲשֶׁר יְצַוֶּה אֶת בָּנָיו וְאֶת בֵּיתוֹ אַחֲרָיו, עַד סוֹף כָּל הַדּוֹרוֹת. וְצִוּוּי זֶה (שֶׁאַבְרָהָם מְצַוֶּה אֶת בָּנָיו גו') הוּא נְתִינַת כֹּחַ מְיוּחָד (נוֹסָף עַל הַנְּתִינַת כֹּחַ שֶׁמִּצַּד מַעֲשֵׂה אָבוֹת) לְכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל עַל שְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת הנ"ל.
On peut relier cela au passouk (dans les Tehilim, chapitre 116, le chapitre de celui dont on a célébré l'anniversaire l'an dernier) : « Je marcherai devant Havayé dans les terres des vivants ». « Terres » est au pluriel, et il est expliqué dans le Torah Or qu'il s'agit (globalement) de deux terres : le monde caché [alma deitkassia] et le monde révélé [alma deitgalia]. Ces deux terres correspondent à l'épanchement d'en haut vers le bas et à l'élévation d'en bas vers le haut. Cela peut s'expliquer de deux manières. Selon la première, le monde caché est l'élévation d'en bas vers le haut (car monter vers le haut est une forme de voilement), et le monde révélé (la révélation et la descente) est l'épanchement d'en haut vers le bas. Mais selon ce qui est expliqué dans le Torah Or au même endroit — le monde caché est le niveau de Léa (la pensée) et le monde révélé le niveau de Ra'hel (la parole) —, on peut dire que, dans le service de l'homme, le monde caché est l'étude de la Torah, dont l'essentiel est la compréhension et la saisie (la pensée), et le monde révélé l'accomplissement des mitsvot par la parole et l'action. Dès lors, le monde caché est l'épanchement d'en haut vers le bas et le monde révélé l'élévation d'en bas vers le haut, comme on l'a longuement expliqué plus haut : la Torah est un épanchement d'en haut vers le bas, et les mitsvot une élévation d'en bas vers le haut.
ז) וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם הַפָּסוּק (בִּתְהִלִּים קַאפִּיטְל קטז, הַקַּאפִּיטְל דְּבַעַל יוֹם הַהֻלֶּדֶת דְּשָׁנָה שֶׁעָבְרָה) אֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי הוי' בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים, אַרְצוֹת לְשׁוֹן רַבִּים, וּמְבֹאָר בתו"א שֶׁהֵם (בִּכְלָל) ב' אַרְצוֹת, עלמא דאתכסיא ועלמא דאתגליא, דב' אַרְצוֹת אֵלּוּ הֵם הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה וְהַעֲלָאָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה. וְיֵשׁ לְבָאֵר זֶה בב' אוֹפַנִּים. א' שֶׁעָלְמָא דאתכסיא הו"ע הַעֲלָאָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה (דעלי' לְמַעְלָה הו"ע שֶׁל הַתַּעֲלֻמוֹת) ועלמא דאתגליא (עִנְיַן הַגִּילּוּי וִירִידָה) הו"ע הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה. וע"פ הַמְבוֹאָר בתו"א שָׁם שֶׁעָלְמָא דאתכסיא הוּא בחי' לֹאה (מַחֲשָׁבָה) ועלמא דאתגליא הוּא בחי' רָחֵל (דִּבּוּר), יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁעָלְמָא דאתכסיא בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם הוּא לִימּוּד הַתּוֹרָה, שֶׁעִקַּר עִנְיָנָהּ הוּא הֲבָנָה וְהַשָּׂגָה (מַחֲשָׁבָה), ועלמא דאתגליא הוּא קִיּוּם הַמִּצְווֹת בְּדִיבּוּר וּמַעֲשֶׂה. ועפ"ז, עלמא דאתכסיא הוּא הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה ועלמא דְּאִתַּגְלִיאֲהוּא הַעֲלָאָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, כנ"ל בַּאֲרוּכָה שֶׁתּוֹרָה הִיא הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה וּמִצְווֹת הֵם הַעֲלָאָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה.
Et par le service divin de « Je marcherai devant Havayé dans les terres des vivants », on parvient au contenu du chapitre [de tehilim] de celui dont c’est l’anniversaire cette année : « Louez Havayé, toutes les nations… car Sa bonté a prévalu sur nous… ». Ces deux thèmes, eux aussi, relèvent de l’élévation et de l’épanchement. « Louez… toutes les nations… » relève du birour [clarification], de l’affinement [zikoukh] et de l’élévation du monde, au point que même les nations et les peuples louent et glorifient Havayé. « Car Sa bonté s’est affermie sur nous… » relève de l’épanchement d’en haut vers le bas. En effet, outre que la bonté ['Hessed] (en général) est un épanchement d’en haut vers le bas, ici le 'Hessed (l’épanchement) se produit avec force et en s’intensifiant : « a prévalu [gavar]… Sa bonté ». Autrement dit, l’épanchement vient d’en haut, au plus haut degré, de l’extrémité la plus élevée ; et, en même temps, il descend tout en bas, jusqu’au niveau le plus bas qui soit. C’est ce que le verset [passouk] poursuit : « et la vérité de Havayé est pour toujours [le‘olam] ». La vérité de Havayé est un degré extrêmement élevé [on peut dire que c’est le sens de ce qu’écrit le Rambam : tous les êtres n’existent que par la vérité de Son existence ; or « la vérité de Son existence » se rattache au Nom Havayé, et c’est pourquoi le Rambam cite (dans la suite du propos, au même endroit) le passouk : « Et Havayé est un D.ieu de vérité »]. Et pourtant, elle est attirée « le‘olam » — dans le monde, dans ce monde-ci, matériel, et, en lui précisément, même aux nations et aux peuples. Cependant, malgré toute la supériorité de cet épanchement, le passouk le mentionne (non comme un thème à part entière, mais) comme la raison (« car ») de « Louez… toutes les nations ». Car la finalité visée par l’épanchement est que, par lui, se produisent ensuite le birour [clarification] et l’élévation de l’en-bas : que les nations elles-mêmes louent Havayé. Il en va comme de la supériorité de « pratiquer la tsédaka et le droit », qui s’obtient par l’antériorité de « la voie de Havayé ». La conclusion, le sceau du psaume, est « Hallelou-Ya » : la véritable louange sera celle du dixième chant, dans les temps à venir. Alors se révélera la supériorité de l’élévation de l’inférieur — « l’action est grande » —, avec la venue de Machia'h, notre juste, bientôt, de nos jours, vraiment.
ח) וע"י הָעֲבוֹדָה דְּאֶתְהַלֵּךְ לִפְנֵי הוי' בְּאַרְצוֹת הַחַיִּים, בָּאִים לְתוֹכֶן הַקַּאפִּיטְל דְּבַעַל יוֹם הַהֻלֶּדֶת דְּשָׁנָה זוֹ, הַלְלוּ אֶת הוי' כָּל גּוֹיִם גו' כִּי גָבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ גו', שֶׁגַּם שְׁנֵי עִנְיָנִים אֵלּוּ הו"ע הַעֲלָאָה וְהַמְשָׁכָה. הַלְלוּ גו' כָּל גּוֹיִם גו' הו"ע בֵּירוּר זִיכּוּךְ וְהַעֲלָאַת הָעוֹלָם, עַד שֶׁגַּם הַגּוֹיִם וְהָאוּמִּים מְהַלְלִים וּמְשַׁבְּחִים אֶת הוי'. וְגָבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ גו' הו"ע הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, דְּנוֹסָף עַל זֶה שֶׁחֶסֶד (בִּכְלָל) הוּא הַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, הִנֵּה הַחֶסֶד (הַהַמְשָׁכָה) הוּא בְּתוֹקֶף וּבְהִתְגַּבְּרוּת, גָּבַר גו' חַסְדּוֹ. וְהוּא, שֶׁהַהַמְשָׁכָה הִיא מִלְמַעְלָה מַעְלָה בְּיוֹתֵר, קָצֶה הֲכִי עֶלְיוֹן, וּבְיַחַד עִם זֶה בָּאָה הַהַמְשָׁכָה לְמַטָּה מַטָּה, עַד לַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ, וְזֶהוּ מַה שֶׁמַּמְשִׁיךְ בַּכָּתוּב וֶאֱמֶת הוי' לְעוֹלָם, דֶּאֱמֶת הוי' הִיא בְּחִינָה נַעֲלֵית בְּיוֹתֵר [וי"ל שזהו"ע מ"ש הרמב"ם שֶׁכָּל הַנִּמְצָאִים לֹא נִמְצְאוּ אֶלָּא מֵאֲמִתַּת הִמָּצְאוֹ, דַּאֲמִתַּת הִמָּצְאוֹ שַׁיָּךְ לְשֵׁם הוי', שֶׁלָּכֵן מֵבִיא ברמב"ם (בְּהֶמְשֵׁךְ הָעִנְיָן שֵׁם) הַפָּסוּק והוי' אֱלֹקִים אֱמֶת], ואעפ"כ הוּא נִמְשָׁךְ לְעוֹלָם, לְעוֹלָם הַזֶּה הַגַּשְׁמִי, וּבָזֶה גּוּפָא גַּם לַגּוֹיִם וְאוּמִּים. אָמְנָם לְאַחֲרֵי כָּל הָעִילּוּי דְּהַמְשָׁכָה זוֹ, נֶאֱמַר זֶה בַּכָּתוּב (לֹא בְּתוֹר עִנְיָן בפ"ע, אֶלָּא) בְּתוֹר טַעַם (כִּי) עַל הַלְלוּ גו' כָּל גּוֹיִם. דְּתַכְלִית הַכַּוָּונָה שֶׁל הַהַמְשָׁכָה הִיא שעי"ז יהי' אח"כ בֵּירוּר וַעֲלִיַּת הַמַּטָּה, שֶׁגַּם הַגּוֹיִם גּוּפָא יְהַלְלוּ אֶת הוי'. וע"ד הָעִילּוּי דְּלַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט שֶׁבָּא ע"י קְדִימַת דֶּרֶךְ הוי'. וְסִיּוּם וְחוֹתַם הַמִּזְמוֹר הוּא הללוי', דַּאֲמִיתִּית הַהִלּוּל יהי' בְּשִׁירָה הָעֲשִׂירִית לע"ל, שֶׁאָז יִתְגַּלֶּה הָעִילּוּי דְּהַעֲלָאַת הַתַּחְתּוֹן, מַעֲשֶׂה גָּדוֹל, בְּבִיאַת מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ.