HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5738
MAAMARמאמר
וַיֹּאמֶר ה' אֶל אַבְרָם
« Hachem dit à Avram »
À l'issue du Chabbat Lekh Lekha 5738 [1977]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשל"ח · 1977
MAAMARמאמר

וַיֹּאמֶר ה' אֶל אַבְרָם

« Hachem dit à Avram »

À l'issue du Chabbat Lekh Lekha 5738 [1977]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : מוצאי ש"פ לך לך – בחדרו – ה'תשל"ח. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : מוצאי ש"פ לך לך – בחדרו – ה'תשל"ח. Traduction française littérale en regard.

Hachem dit à Avram : « Va pour toi [Lekh lekha] hors de ton pays, de ton lieu natal et de la maison de ton père, vers le pays que Je te montrerai. » On sait que ce verset [passouk] reçoit deux interprétations. Selon la première, cette marche (celle du « Lekh lekha ») va d’en haut vers en bas. Comme l’explique le Torah Or, Avram, c’est « Av ram » : l’intellect dissimulé à toute pensée [sekhel hanéélam mikol ra'ayone]. [Ce degré se situe au-dessus même de la 'Hokhma. Car la 'Hokhma, bien qu’elle soit le commencement de toutes les forces intérieures, relève du dévoilement ; tandis que « Av ram » est l’intellect dissimulé à toute pensée. Les gloses et explications du Tséma'h Tsédek sur le Torah Or, au même endroit, détaillent les degrés qu’il comporte.] Hachem dit donc à Avram « Va pour toi hors de ton pays… » : que sa lumière dissimulée sorte au dévoilement et soit attirée d’en haut vers en bas, jusqu’au « pays », c’est-à-dire le niveau de la royauté [Malkhout]. Le passouk ajoute : « que Je te montrerai » [asher arékha], et ces mots s’interprètent eux aussi de deux façons. Première interprétation (le sens simple) : « te montrerai » se rapporte au pays, la Malkhout ; la Malkhout étant le « monde révélé » [alma deïtgalya], il est dit d’elle « que Je te montrerai ». Seconde interprétation : « te montrerai » se rapporte à Avram (l’intellect dissimulé à toute pensée) — « Je te ferai voir et te révélerai toi-même » (« dans ton être et ton essence »). Autrement dit : la séfira de Malkhout, le monde révélé (surtout telle qu’elle est attirée dans les mondes de Création [Beria], Formation [Yetsira] et Action [Assia]), est l’extrémité la plus basse ; l’intellect dissimulé à toute pensée (dissimulé même à la pensée suprême) est l’extrémité la plus haute. Et pourtant, par la descente et l’épanchement (d’Avram, l’intellect dissimulé à toute pensée) « vers le pays que Je te montrerai » (selon la première interprétation), vers la Malkhout, le monde révélé (l’extrémité inférieure), la vraie nature d’Avram (son être et son essence) se fera voir et se dévoilera (selon la seconde interprétation) : une élévation se produit (aussi) dans l’intellect dissimulé à toute pensée (l’extrémité la plus haute), comme on le comprend de ce qu’explique le Torah Or au même endroit.
וַיֹּאמֶר ה' אֶל אַבְרָם לֶךְ לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ אֶל הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ, וְיָדוּעַ שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה ב' פֵּירוּשִׁים. פֵּירוּשׁ הא' שֶׁהַהֲלִיכָה (דְּלֶךְ לְךָ) הִיא מלמעלמ"ט. וּכַמְבוֹאָר בתו"א שֶׁאַבְרָם הוּא אָב רָם, שֵׂכֶל הַנֶּעְלָם מִכָּל רַעְיוֹן [שֶׁהוּא לְמַעְלָה גַּם מבחי' חָכְמָה. כִּי חָכְמָה (עִם הֱיוֹתָהּ רֵאשִׁית כָּל הַכֹּחוֹת פְּנִימִיִּים) הִיא בחי' גִּילּוּי. משא"כ אָב רָם הוּא שֵׂכֶל הַנֶּעְלָם מִכָּל רַעְיוֹן. וּכַמְבוֹאָר בְּהַגָּהוֹת וּבֵאוּרֵי הצ"צ לתו"א שָׁם פְּרָטֵי הַדַּרְגּוֹת שֶׁבָּזֶה]. וְאָמַר ה' אֶל אַבְרָם לֶךְ לְךָ מֵאַרְצְךָ גו' שֶׁיֵּצֵא אוֹרוֹ הַנֶּעְלָם לְגִלּוּי וְיֻמְשַׁךְ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה עַד אֶל הָאָרֶץ, בחי' מַלְכוּת. וּמוֹסִיף "אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ", וּבָזֶה ב' פֵּירוּשִׁים. א' (כִּפְשׁוּטוֹ) שֶׁאַרְאֵךְ קאי עַל הָאָרֶץ, בחי' מַלְכוּת, שֶׁהַמַּלְכוּת הִיא בחי' עלמא דאתגליא לָכֵן אוֹמֵר עלי' אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ. וּפֵרוּשׁ ב' שֶׁאַרְאֵךְ קאי עַל אַבְרָם (בחי' שֵׂכֶל הַנֶּעְלָם מִכָּל רַעְיוֹן) – "אֶרְאֶה וְאַגְלֶה אוֹתְךָ בְּעַצְמְךָ" ("בִּמְהֻתָּךְ וְעַצְמוּתְךָ"). וְהַיְינוּ, דַּהֲגַם שֶׁסְּפִירַת הַמַּלְכוּת עלמא דאתגליא (וּבִפְרָט כְּמוֹ שֶׁנִּמְשֶׁכֶת בבי"ע) הִיא קָצֶה הֲכִי תַּחְתּוֹן, וְשֵׂכֶל הַנֶּעְלָם מִכָּל רַעְיוֹן (שֶׁהוּא נֶעְלָם גַּם מֵרַעְיוֹן הָעֶלְיוֹן) הוּא קָצֶה הֲכִי עֶלְיוֹן, אעפ"כ, ע"י הַיְרִידָה וְהַהַמְשָׁכָה (דְּאַבְרָם, שֵׂכֶל הַנֶּעְלָם מִכָּל רַעְיוֹן) אֶל הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ (כְּפֵירוּשׁ הא'), לבחי' מַלְכוּת עלמא דאתגליא (קָצֶה הַתַּחְתּוֹן), עי"ז יִתְרָאֶה וְיִתְגַּלֶּה אֲמִיתִּית עִנְיָנוֹ (מַהוּתוֹ וְעַצְמוּתוֹ) שֶׁל אַבְרָם (כְּפֵירוּשׁ הב'), שֶׁנַּעֲשָׂה עִילּוּי (גַּם) בבחי' שֵׂכֶל הַנֶּעְלָם מִכָּל רַעְיוֹן (קָצֶה הֲכִי עֶלְיוֹן), כַּמּוּבָן מֵהַמְבֹאָר בתו"א שָׁם.
Il en va de même de la descente de l’âme dans le corps. L’élévation que l’âme obtient par sa descente ici-bas [descente qui fait d’elle une « marcheuse », selon le sens du « Lekh lekha »] atteint aussi ses degrés les plus élevés, et même le niveau de niveau le plus essentiel de l’âme [Yé'hida]. Certes, on l’appelle Yé'hida parce qu’elle « reçoit de l’Unique » [aussi ne peut-il exister de niveau qui lui corresponde dans l’autre côté : « un reflet de reflet, ils n’en ont pas »]. Pourtant, du fait que l’âme descend ici-bas, « d’un toit élevé à un puits profond », une élévation se produit aussi dans son niveau de Yé'hida. Comme l’expliquent plusieurs discours, c’est précisément par le service divin de l’âme dans sa descente ici-bas que se produit une élévation (une élévation sans commune mesure) jusque dans la racine et l’essence de l’âme, là-haut. On le comprend aussi de ce qu’expliquent plusieurs si'hot (au sujet de la montée à la Torah [aliya laTorah]) : l’élévation touche les cinq niveaux de l’âme — Néfech, Roua'h, Nechama, 'Haya, Yé'hida —, qui sont les trois niveaux de l’arche de Noa'h : « inférieur, deuxième et troisième ». Or, on a expliqué plus haut (d’après l’enseignement du Baal Chem Tov sur le passouk « Entre… dans l’arche [téva] ») que l’arche de Noa'h est « un enseignement pour l’ordre du service divin » de chaque Juif [surtout après le mois de Tichri, quand commence l’ordre du service de « Et Yaakov alla son chemin ». Il va son chemin, (aussi) dans les affaires du domaine permis et les activités profanes, jusqu’au niveau des « grandes eaux » [mayim rabim], qui sont tous les soucis de la parnassa [subsistance], etc. ; et pourtant, en entrant dans les tévot [arches, mots] de la prière et de la Torah, non seulement il est « sauvé du flot du déluge », mais davantage encore : par les eaux se réalise « l’arche s’éleva », et jusqu’à « l’arche se posa »]. On en comprend que l’élévation de l’âme, obtenue par sa descente ici-bas et le fait qu’elle se revête des « grandes eaux », touche les trois niveaux (de l’arche de Noa'h), « inférieur, deuxième et troisième », qui correspondent dans l’âme de l’homme à Néfech, Roua'h, Nechama, 'Haya et Yé'hida. Il en va comme de ce qui a été expliqué plus haut (section א) : par la marche et la descente d’Avram vers le « pays », la Malkhout — descente dont le but est un dévoilement dans les mondes de Beria, Yetsira et Assia [comme on le sait, Avram se rendit dans le pays afin d’attirer la lumière dans Beria, Yetsira et Assia jusque dans ce monde matériel ; il préparait ainsi l’épanchement qui se produit, après le don de la Torah, par l’accomplissement des mitsvot dans la matière] —, une élévation se produit aussi dans l’intellect dissimulé à toute pensée.
ב) ועד"ז הוּא גַּם בְּעִנְיַן יְרִידַת הַנְּשָׁמָה בַּגּוּף, שהעלי' הַנַּעֲשֵׂית בְּהַנְּשָׁמָה ע"י יְרִידָתָהּ לְמַטָּה [שֶׁנַּעֲשֵׂית בִּבְחִינַת מְהַלֵּךְ, עִנְיַן "לֶךְ לְךָ"], הִיא גַּם בְּהַדְרָגוֹת הֲכִי נַעֲלוֹת שֶׁבָּהּ, וַאֲפִילוּ בִּבְחִינַת יְחִידָה. דַּהֲגַם דְּזֶה שֶׁנִּקְרֵאת יְחִידָה הֻאְלְהָיוּתָה "מְקַבֶּלֶת מִיָּחִיד" [שֶׁלָּכֵן אֵין שַׁיָּךְ שתהי' כְּנֶגְדָּהּ בלעו"ז, בָּבוּאָה דבבואה לית להו], מ"מ, ע"י שֶׁהַנְּשָׁמָה יוֹרֶדֶת לְמַטָּה, מֵאִגָּרָא רמה לבירא עמיקתא, נַעֲשֶׂה עלי' גַּם בִּבְחִינַת יְחִידָה שֶׁבָּהּ. כַּמְבוֹאָר בְּכַמָּה דְּרוּשִׁים שע"י עֲבוֹדַת הַנְּשָׁמָה בִּירִידָתָהּ לְמַטָּה דַּוְקָא נַעֲשֶׂה עלי' (ועלי' שֶׁלֹּא בְּעֶרֶךְ) גַּם בְּשֹׁרֶשׁ וְעֹצֶם הַנְּשָׁמָה שֶׁלְּמַעְלָה. וְכַמּוּבָן גַּם מֵהַמְבֹאָר בְּכַמָּה שִׂיחוֹת (בְּעִנְיַן עלי' לְתוֹרָה), שהעלי' הִיא בְּכָל חָמֵשׁ הַבְּחִינוֹת שֶׁבִּנְשָׁמָה נֶפֶשׁ רוּחַ נְשָׁמָה חי' יְחִידָה, שֶׁהֵם ג' הַבְּחִינוֹת תַּחְתִּיִּים שְׁנַיִם וּשְׁלִישִׁיִּים דְּתֵבַת נֹחַ. וע"פ משנת"ל (ע"פ תּוֹרַת הבעש"ט עה"פ בֹּא גו' אֶל הַתֵּבָה) שֶׁעִנְיַן תֵּיבַת נֹחַ הוּא "הוֹרָאָה בְּסֵדֶר עֲבוֹדָה" לכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל [וּבִפְרָט לְאַחֲרֵי חוֹדֶשׁ תִּשְׁרֵי שֶׁאָז מַתְחִיל סֵדֶר הָעֲבוֹדָה ד"ויעקב הָלַךְ לְדַרְכּוֹ". שֶׁהֲגַם שֶׁהוּא הוֹלֵךְ לְדַרְכּוֹ (גַּם) בְּעִנְיְנֵי הָרְשׁוּת וּבְעוֹבָדִין דְּחוֹל, וְעַד לבחי' מַיִם רַבִּים שֶׁהֵם כָּל טִרְדּוֹת הַפַּרְנָסָה כו', מ"מ ע"י שֶׁמַּכְנִיס אֶת עַצְמוֹ בְּהַתֵּבוֹת דִּתְפִלָּה וְתוֹרָה הִנֵּה לֹא זוֹ בִּלְבָד שֶׁהוּא "נִיצָּל מֵהַשֶּׁטֶף דְּמִבּוּל" אֶלָּא יְתֵירָה מִזּוֹ שע"י הַמַּיִם נַעֲשָׂה וַתָּרָם הַתֵּבָה וְעַד שֶׁנַּעֲשָׂה וַתַּנַּח הַתֵּבָה], מוּבָן מִזֶּה, שֶׁעֲלִיַּת הַנְּשָׁמָה שֶׁנַּעֲשָׂה ע"י יְרִידָתָהּ לְמַטָּה וְהִתְלַבְּשׁוּתָהּ בְּמַיִם רַבִּים הוּא בְּכָל ג' הַבְּחִינוֹת (דְּתֵבַת נֹחַ) תַּחְתִּיִּים שְׁנַיִם וּשְׁלִישִׁיִּים, שֶׁעִנְיָנָם בְּנֶפֶשׁ הָאָדָם הוּא נר"נ חי' יְחִידָה. בְּדֻגְמַת הַמְבוֹאָר לְעֵיל (סְעִיף א') שע"י הֲלִיכַת וִירִידַת אַבְרָם אֶל הָאָרֶץ בחי' מַלְכוּת, שֶׁהַתַּכְלִית (דִּירִידָה זוֹ) הוּא לִהְיוֹת גִּילּוּי בבי"ע [וְכַיָּדוּעַ, שֶׁהֲלִיכַת אַבְרָם אֶל הָאָרֶץ הי' בִּכְדֵי לְהַמְשִׁיךְ בבי"ע עַד בעוה"ז הַגַּשְׁמִי, שעי"ז עָשָׂה הֲכָנָה לההמשכהשע"י מַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת בְּגַשְׁמִיּוּת לְאַחֲרֵי מַתַּן תּוֹרָה] נַעֲשֶׂה עִילּוּי גַּם בבחי' שֵׂכֶל הַנֶּעְלָם מִכָּל רַעְיוֹן.
La seconde interprétation de « Va pour toi… vers le pays » est (conformément au sens simple du texte) que cette marche va d’en bas vers en haut. C’est la marche « hors de ton pays, de ton lieu natal et de la maison de ton père », c’est-à-dire (selon le sens simple du texte) le pays, etc., de Téra'h [l’opposé de la pureté], le degré le plus bas. De là, Avram marchera et montera d’en bas vers en haut jusqu’au « pays que Je te montrerai », qui désigne (comme on l’a dit à la section א) la Malkhout ; puis jusqu’au niveau de « Il bâtit là un autel à Havayé qui lui était apparu » (au-dessus de la Malkhout) ; et jusqu’à « Il bâtit là un autel à Havayé » tout court : Havayé d’en haut, Havayé dissimulé, supérieur au Havayé (d’en bas) qui apparaît. Il en va de même du service de « Et Yaakov alla son chemin » qui incombe à chacun après le mois de Tichri. Cette marche ne se fait pas seulement d’en haut vers en bas — il va son chemin, des fêtes du mois de Tichri vers les affaires du domaine permis et les activités profanes, tout au long de l’année —, mais aussi d’en bas vers en haut. Elle commence par sa force d’action, et dans la force d’action même telle qu’elle se trouve dans son talon [ékev], le degré le plus bas du corps de l’homme [au point d’être l’opposé de la vie, à l’image de ce qui a été rapporté plus haut au sujet de Téra'h, l’opposé de la pureté]. C’est de là que commence sa marche d’en bas vers en haut : il agit jusque sur son talon, pour qu’il perçoive [yidd. derhern] la Divinité [comme il est écrit à propos d’Avraham : « parce qu’[ékev] Avraham a écouté Ma voix » — même son talon a perçu. Et parce que ce fut le cas chez Avraham, notre père, la force en a été donnée à chaque Juif (à l’image de l’amour caché présent en chaque Juif, que nous avons reçu en héritage de nos pères, et surtout d’Avraham, notre père)]. De là se propage — d’en bas vers en haut — l’écoute (la perception [der derher]) de la Divinité dans toutes les facultés, jusqu’à l’intellect qui siège dans la tête ; dans toutes ces facultés, cette écoute dépasse la mesure et les limites de l’intellect.
ג) וּפֵרוּשׁ הב' בְּלֵךְ לְךָ גו' אֶל הָאָרֶץ הוּא (כְּפַשְׁטוּת הַכָּתוּב) שֶׁהֲלִיכָה זוֹ הִיא מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, הַהֲלִיכָה מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ שֶׁהוּא (כְּפַשְׁטוּת הַכָּתוּב) אַרְצוֹ וגו' שֶׁל תֶּרַח [הֵפֶךְ עִנְיַן הַטָּהֳרָה], דַּרְגָּא הֲכִי תַּחְתּוֹנָה, וּמִשָּׁם יֵלֵךְ וְיַעֲלֶה מלמטלמ"ע עַד אֶל הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ שֶׁקָּאֵי (כנ"ל ס"א) עַל בחי' הַמַּלְכוּת, וְעַד לבחי' וַיִּבֶן שָׁם מִזְבֵּחַ להוי' הַנִּרְאֶה אֵלָיו (שֶׁהוּא לְמַעְלָה מבחי' מַלְכוּת), וְעַד אֲשֶׁר וַיִּבֶן שָׁם מִזְבֵּחַ להוי' סְתָם, בחי' הוי' דִלְעֵילָא, הוי' הַנֶּעְלָם, שֶׁלְּמַעְלָה מהוי' (דִלְתַתָּא) הַנִּרְאֶה. ועד"ז הוּא גַּם בְּהָעֲבוֹדָה ד"ויעקב הָלַךְ לְדַרְכּוֹ" שבכאו"א שֶׁלְּאַחֲרֵי חוֹדֶשׁ תִּשְׁרֵי, שֶׁהֲלִיכָה זוֹ הִיא (לֹא רַק בְּאֹפֶן דְּמִלְּמַעְלָה לְמַטָּה, שֶׁהוֹלֵךְ לְדַרְכּוֹ מֵהַמּוֹעֲדִים דְּחֹדֶשׁ תִּשְׁרֵי לְדַרְכּוֹ בְּעִנְיְנֵי הָרְשׁוּת וְעוֹבְדִין דְּחוֹל בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה, אֶלָּא) גַּם בְּאֹפֶן דמלמטלמ"ע, מַתְחִיל מִכֹּחַ הַמַּעֲשֶׂה שֶׁלּוֹ, וּבְכֹחַ הַמַּעֲשֶׂה גּוּפָא כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּהָעֵקֶב שֶׁבּוֹ, דַּרְגָּא הַיּוֹתֵר תַּחְתּוֹנָה שֶׁבְּגוּף הָאָדָם [וְעַד שֶׁהוּא עִנְיָן דְּהֵפֶךְ הַחַיִּים, בְּדֻגְמַת הַמּוּבָא לְעֵיל בְּנוֹגֵעַ לְתֶרַח שֶׁהוּא הֵפֶךְ הַטָּהֳרָה], וּמִשָּׁם מַתְחִיל הֲלִיכָתוֹ מלמטלמ"ע, שֶׁפּוֹעֵל גַּם בְּהָעֵקֶב שֶׁלּוֹ עֶר זָאל דֶערְהֶערְן אֱלֹקוּת [וכמ"ש בְּאַבְרָהָם עֵקֶב אֲשֶׁר שָׁמַע אַבְרָהָם בְּקוֹלִי שֶׁגַּם הָעֵקֶב שֶׁלּוֹ הָאט דֶערְהֶערְט. וע"י שהי' זֶה אֵצֶל אַבְרָהָם אָבִינוּ, נִתַּן הַכֹּחַ עַל זֶה לכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל (בְּדֻגְמַת הָאַהֲבָה מְסֻתֶּרֶת שבכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁהִיא בִּירוּשָּׁה לָנוּ מֵאֲבוֹתֵינוּ, וּבִפְרָט מֵאַבְרָהָם אָבִינוּ)], וּמִזֶּה נִמְשָׁךְ (בְּאֹפֶן דְּהִלּוּךְ מלמטלמ"ע) הַשְּׁמִיעָה (דֶער דֶערְהֶער) בֵּאלֹקוּת בְּכָל הַכֹּחוֹת, עַד לְכֹחַ הַשֵּׂכֶל שֶׁבְּרֹאשׁ, שתהי' בָּהֶם הַשְּׁמִיעָה לְמַעְלָה מִמְּדִידָה וְהַגְבָּלָה דְּשֵׂכֶל.
Cette notion aussi, celle de « Et Yaakov alla son chemin » (une marche de bas en haut), commence après le mois de Tichri. En effet, le service divin de Chemini Atseret et de Sim'hat Torah (la conclusion des fêtes du mois de Tichri) se fait dans la (joie et les) danses. Or la danse se fait (principalement, et elle commence) avec les pieds, et, dans les pieds eux-mêmes, avec le talon. Du fait que les talons s'élèvent (en yiddish : « hoybn zikh ») et dansent, ils élèvent aussi la tête (et la faculté intellectuelle qui s'y trouve), qui danse elle aussi dans une grande joie, au-delà de toute mesure et de toute limite. De là est conférée une force au service de « et Yaakov alla son chemin » (une marche de bas en haut) tout au long de l'année. On commence par la faculté de l'action, telle qu'elle se trouve dans le talon [y compris les choses que l'homme foule de ses talons, c'est-à-dire des choses dans lesquelles (pour quelque raison que ce soit) il ne met pas de vitalité (à l'image du talon au sens littéral, qui est l'opposé de la vie)], et, de là, on étend (sous la forme d'une marche de bas en haut) jusqu'à la faculté intellectuelle aussi, celle qui est dans la tête, comme on l'a dit plus haut.
וְגַם עִנְיָן זֶה ד"ויעקב הָלַךְ לְדַרְכּוֹ" (הֲלִיכָה מלמטלמ"ע) מַתְחִיל לְאַחֲרֵי חוֹדֶשׁ תִּשְׁרֵי. דְּהִנֵּה הָעֲבוֹדָה דשמע"צ ושמח"ת (סִיּוּם הַמּוֹעֲדִים דְּחֹדֶשׁ תִּשְׁרֵי) הִיא ב(שִׂמְחָה ו)רִקּוּדִים, שֶׁעִנְיַן הָרִקּוּדִים הוּא (בְּעִיקָר וּמַתְחִיל) בְּהָרַגְלַיִם, וּבָהֶם גּוּפָא בְּהָעֵקֶב שֶׁבָּהֶם. וע"י שֶׁהָעֲקָבִים מִתְנַשְּׂאִים (הוֹיבְּן זִיךְ) וּמְרַקְּדִים, הֵם מְנַשְּׂאִים גַּם אֶת הָרֹאשׁ (וְכֹחַ הַשֵּׂכֶל שֶׁבּוֹ), שֶׁגַּם הוּא מְרַקֵּד בְּשִׂמְחָה גְּדוֹלָה לְמַעְלָה מִמְּדִידָה וְהַגְבָּלָה. וּמִזֶּה נִמְשָׁךְ כֹּחַ עַל הָעֲבוֹדָה דְּוִיעֲקַב הָלַךְ לְדַרְכּוֹ (הֲלִיכָה מלמטלמ"ע)בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַשָּׁנָה, מַתְחִיל מִכֹּחַ הַמַּעֲשֶׂה כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּהָעֵקֶב [כּוֹלֵל הָעִנְיָנִים שֶׁאָדָם דָּשׁ בַּעֲקֵבָיו, הַיְינוּ עִנְיָנִים אֲשֶׁר (מִצַּד אֵיזֶה סִיבָּה שתהי') אֵין לוֹ חַיּוּת בָּהֶם (בְּדֻגְמַת הָעֵקֶב כִּפְשׁוּטוֹ שהו"ע דְּהֵפֶךְ הַחַיִּים)], וּמִזֶּה מַמְשִׁיךְ (בְּאֹפֶן דְּהִלּוּךְ מלמטלמ"ע) גַּם לְכֹחַ הַשֵּׂכֶל שֶׁבָּרֹאשׁ, כנ"ל.
Les deux explications mentionnées plus haut de « Va pour toi hors de ton pays… » correspondent aux deux explications de « De l'autre côté du fleuve [héb. be'ever hanahar] habitaient vos pères ». Selon la première [celle de la dimension intérieure de la Torah [pnimiyout haTorah]], « l'autre côté du fleuve » est le degré qui se situe (même) au-dessus du degré de « Un fleuve sort de l'Éden » (Bina d'Atsilout [Émanation]). Le sens de « De l'autre côté du fleuve habitaient vos pères… » est alors que la racine des Patriarches se trouve de l'autre côté du fleuve, au-dessus d'Atsilout. De là, ils ont été attirés vers le bas (sur l'autre rive du fleuve, c'est-à-dire) dans Zeïr Anpin d'Atsilout, et jusqu'à « Je le fis marcher dans tout le pays de Canaan » : la descente et l'épanchement dans le degré de royauté [Malkhout] (comme on l'a dit plus haut, section 1 : la terre d'Israël désigne Malkhout). Ainsi, le départ « hors de ton pays… », qui désigne l'autre côté du fleuve, « vers le pays que Je te montrerai » est une marche de haut en bas. Selon la seconde explication (au sens simple), l'autre côté du fleuve est le lieu de Téra'h, et le verset [passouk] « De l'autre côté du fleuve habitaient vos pères… » est dit en mauvaise part [comme le prouve l'enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « On commence par le déshonneur… : “Au commencement, nos pères étaient idolâtres…”, ainsi qu'il est dit : “De l'autre côté du fleuve habitaient vos pères…” »]. Le départ « hors de ton pays… » (l'autre côté du fleuve) « vers le pays que Je te montrerai » est alors une marche et une élévation de bas en haut (comme on l'a dit plus haut, section 3).
ד) וּשְׁנֵי פֵּירוּשִׁים הנ"ל בְּלֵךְ לְךָ מֵאַרְצְךָ גו' הֵם בְּהֶתְאֵם לִשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים ב"בעבר הַנָּהָר יָשְׁבוּ אֲבוֹתֵיכֶם". הַפֵּרוּשׁ [שֶׁבִּפְנִימִיּוּת הַתּוֹרָה] שֶׁעָבַר הַנָּהָר הוּא הבחי' שֶׁלְּמַעְלָה (גַּם) מבחי' וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן (בִּינָה דַּאֲצִילוּת) וּפֵרוּשׁ בְּעֵבֶר הַנָּהָר יָשְׁבוּ אֲבוֹתֵיכֶם גו' הוּא שֶׁשֹּׁרֶשׁ הָאָבוֹת הוּא מֵעֵבֶר הַנָּהָר שֶׁלְּמַעְלָה מֵאֲצִילוּת וּמִשָּׁם נִמְשְׁכוּ לְמַטָּה (בְּעֵבֶר הַשֵּׁנִי שֶׁל הַנָּהָר, הַיְינוּ) בז"א דַּאֲצִילוּת, וְעַד ש"ואולך אוֹתוֹ בְּכָל אֶרֶץ כְּנָעַן" הַיְרִידָה וְהַהַמְשָׁכָה בִּבְחִינַת הַמַּלְכוּת (כנ"ל סְעִיף א' שֶׁאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל קאי עַל מַלְכוּת) – הַהֲלִיכָה מֵאַרְצְךָ גו', שֶׁקָּאֵי עַל עֵבֶר הַנָּהָר, אֶל הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ, הוּא הֲלִיכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה. וְהַפֵּרוּשׁ (כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּפַשְׁטוּת) שֶׁעָבַר הַנָּהָר הוּא מְקוֹמוֹ שֶׁל תֶּרַח, ומ"ש בְּעֵבֶר הַנָּהָר יָשְׁבוּ אֲבוֹתֵיכֶם גו' הוּא לִגְרִיעוּתָא [כִּדְמוּכָח ממרז"ל מַתְחִיל בִּגְנוּת כו' מַתְחִילָה עוֹבְדֵי ע"ז הָיוּ אֲבוֹתֵינוּ כו' שֶׁנֶּאֱמַר בְּעֵבֶר הַנָּהָר יָשְׁבוּ אֲבוֹתֵיכֶם גו'] – הַהֲלִיכָה מֵאַרְצְךָ גו' (עֵבֶר הַנָּהָר) אֶל הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ, הִילּוּךְ ועלי' מלמטלמ"ע (כנ"ל סְעִיף ג').
Or, les deux explications mentionnées plus haut de « Lekh lekha » [Va pour toi] sont différentes, et même opposées. Néanmoins, puisqu'elles portent toutes deux sur le même mot (le mot lekh), il en ressort que la notion de « Lekh lekha » [ainsi que l'enseignement que cette paracha donne à chaque Juif] englobe les deux modes à la fois : la marche de haut en bas et la marche de bas en haut. Il en va comme de « Je marcherai [héb. vehithalakhti] au milieu de vous » : « vehithalakhti » (expression de pluralité) englobe les deux degrés de marche mentionnés plus haut. Il en va de même pour « Je vous ai fait marcher la tête haute [héb. komemiyout] » : « komemiyout » (expression de pluralité) désigne deux statures [la stature de la lumière directe (Or yachar) et celle de la lumière réfléchie (Or 'hozer), à l'image des deux degrés de marche mentionnés plus haut], et l'intention est que « komemiyout » englobe les deux statures à la fois.
ה) וְהִנֵּה הֲגַם שב' פֵּירוּשִׁים הנ"ל ב"לך לְךָ" הֵם שְׁנֵי פֵּירוּשִׁים שׁוֹנִים וְהַפְכִּיִּים, מ"מ, מִכֵּיוָן שב' הַפֵּירוּשִׁים הֵם בְּאוֹתָהּ הַתֵּבָה (תֵּיבַת לְךָ), מוּכָח מִזֶּה, שֶׁעִנְיַן "לֵךְ לְךָ" [וְהַהוֹרָאָה לכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁבַּפָּרָשָׁה זוֹ] כּוֹלֵל ב' הָאוֹפַנִּים יַחַד, הִילּוּךְ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה וְהִלּוּךְ מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה. וּבְדוּגְמַת "וְהִתְהַלַּכְתִּי בְּתוֹכְכֶם" ש"והתהלכתי" (לְשׁוֹן רַבִּים) כּוֹלֵל ב' בְּחִינוֹת הִילּוּךְ הנ"ל. וכ"ה גַּם בְּעִנְיַן וָאוֹלֵךְ אֶתְכֶם קוֹמְמִיּוּת, ש"קוממיות" (לְשׁוֹן רַבִּים) מוֹרֶה עַל ב' קוֹמוֹת [קוֹמָה דְּאֹרִישָׁר וְקוֹמָה דְּאוֹר חוֹזֵר, שֶׁהֵם דּוּגְמַת ב' בְּחִינוֹת הִילּוּךְ הנ"ל], הַכַּוָּונָה בָּזֶה הִיא ש"קוממיות" כּוֹלֵל ב' הַקּוֹמוֹת יַחַד.
On peut relier cela à cette année-ci (tout particulièrement). C’est en effet une année embolismique [héb. chanat ha‘ibour : année de treize mois], et plus encore, c’est l’année embolismique qui clôt un petit cycle, celle où s’accomplit l’ajustement de l’année solaire à l’année lunaire (dans la perfection absolue). Le soleil se situe au niveau du dispensateur [machpia], à l’image du cheminement d’en haut vers le bas ; la lune (qui « n’a rien par elle-même ») se situe au niveau du récepteur [mekabel], à l’image du cheminement d’en bas vers le haut. Or l’année embolismique (et en particulier l’année embolismique qui clôt un petit cycle) consiste à combiner et à unir les deux services [le service du soleil (niveau du dispensateur, cheminement d’en haut vers le bas, qui est, globalement, le service des tsadikim) et le service de la lune (niveau du récepteur, cheminement d’en bas vers le haut, qui est, globalement, le service des ceux qui reviennent vers Hachem [baalei téchouva])], pour qu’ils ne fassent plus qu’un (une année entière [chana temima]), comme cela a été longuement expliqué plus haut. Comme le dit le passouk : « Nos yeux brillent comme le soleil et comme la lune ». Cela signifie [non seulement que les deux qualités seront présentes, celle du soleil et celle de la lune, mais aussi] que les deux dimensions et leurs qualités ne feront qu’une.
וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם שָׁנָה זוֹ (בְּיִחוּד), שֶׁהִיא שְׁנַת הָעִבּוּר, וִיתֵירָה מִזּוֹ שֶׁהִיא שְׁנַת הָעִבּוּר דְּסִיּוּם מַחֲזוֹר קָטָן, שֶׁבָּהּ נַעֲשֶׂה הַהַתְאָמָה דִּשְׁנַת הַחַמָּה עִם שְׁנַת הַלְּבָנָה (בְּתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת). דְּהִנֵּה שֶׁמֶשׁ הוּא בחי' מַשְׁפִּיעַ – דּוּגְמַת עִנְיַן הַהִלּוּךְ מלמעלמ"ט, וּלְבֵנָה (דלית לָהּ מִגְּרָמָהּ כלום) הוּא בחי' מְקֻבָּל – דּוּגְמַת עִנְיַן הַהִלּוּךְ מלמטלמ"ע. וְעִנְיַן שְׁנַת הָעִבּוּר (וּבִפְרָט שְׁנַת הָעִבּוּר דְּסִיּוּם מַחֲזוֹר קָטָן) הוּא צִירוּף וְחִיבּוּר ב' הָעֲבוֹדוֹת [הָעֲבוֹדָה דְּשֶׁמֶשׁ (בחי' מַשְׁפִּיעַ, הִילּוּךְ מלמעלמ"ט, שֶׁבִּכְלָלוּת הוּא עֲבוֹדַת הַצַּדִּיקִים), וְהָעֲבוֹדָה דִּלְבָנָה (בחי' מְקֻבָּל, הִילּוּךְ מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, שֶׁבִּכְלָלוּת הוּא עֲבוֹדַת הַבַּעֲלֵי תְּשׁוּבָה)], שֶׁיֵּעָשׂוּ עִנְיָן אֶחָד (שָׁנָה תְּמִימָה), כמשנ"ת לְעֵיל בַּאֲרוּכָה. וכמ"ש וְעֵינֵינוּ מְאִירוֹת כַּשֶּׁמֶשׁ וְכַיָּרֵחַ, שֶׁהַכַּוָּונָה בָּזֶה הִיא [לֹא רַק שֶׁיִּהְיוּ ב' הַמַּעֲלוֹת, הַמַּעֲלָה דְּשֶׁמֶשׁ וְהַמַּעֲלָה דְּיֶרַח אֶלָּא גַּם] שב' הָעִנְיָנִים (וְהַמַּעֲלוֹת) יִהְיוּ כְּאֶחָד.
Or cela [la combinaison et l’unification des deux dimensions mentionnées] constitue une préparation et un récipient [keli] [à la manière d’un organe (evar), qui ne se contente pas de recevoir mais attire aussi] pour l’épanchement de l’Or Ein Sof [lumière infinie], qui se situe au-delà de la catégorie du « haut » et du « bas ». [C’est comparable à ce qui est connu : après la perfection de l’éveil d’en bas (niveau de la lune) et la révélation de l’éveil d’en haut (niveau du soleil) (attiré par l’éveil d’en bas), est ensuite attiré un éveil d’en haut issu d’un lieu que l’éveil d’en bas n’atteint absolument pas.] En effet, la perfection du service [par la combinaison des deux dimensions mentionnées : une année entière] est le « lieu parfait » [atar chelim], récipient où réside l’Or Ein Sof, car HaKadoch Barou'h Hou, réside dans un lieu parfait. Par là s’accomplit même l’épanchement de l’essence [Atsmout], qui est la perfection véritable et ultime. Alors Israël et HaKadoch Barou'h Hou (par la Torah) deviennent « entièrement un », de sorte qu’il n’est pas possible de les séparer, puisque la Torah de vérité atteste qu’ils sont un.
וְעִנְיָן זֶה [צִירוּף וְאִיחוּד ב' עִנְיָנִים הנ"ל] הוּא הֲכָנָה וּכְלִי [וּבְאוֹפֶן דְּאֵבֶר, שֶׁהוּא לֹא רַק מְקֻבָּל אֶלָּא גַּם מַמְשִׁיךְ] לְהַמְשָׁכַת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מִגֶּדֶר "מַעְלָה וּמַטָּה". [וע"ד הַיָּדוּעַ שֶׁלְּאַחֲרֵי הַשְּׁלֵימוּת דְּאִתְעָרוּתָא דלתתא (בחי' לְבָנָה) וְגִילּוּי אתערותא דלעילא (בחי' שֶׁמֶשׁ) (הַנִּמְשֶׁכֶת ע"י אתערותא דִלְתַתָּא) נִמְשָׁךְ אח"כ בחי' אתערותא דלעילא מִמָּקוֹם שֶׁאֵין אתערותא דִלְתַתָּא מַגַּעַת שָׁם כְּלָל]. שֶׁשְּׁלֵמוּת הָעֲבוֹדָה [בְּצֵירוּף ב' עִנְיָנִים הנ"ל, שָׁנָה תְּמִימָה] הוּא האתר שלים, שֶׁהוּא כְּלִי לְהַשְׁרָאַת אוא"ס, דקוב"ה שריא באתר שלים. וְעַד שעי"ז נַעֲשֶׂה הַמְשָׁכַת הָעַצְמוּת שֶׁהוּא אֲמִיתִּית וְתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת. וְנַעֲשִׂים יִשְׂרָאֵל וקוב"ה (ע"י אוריתא) כולא חד, וּבְאוֹפֶן שֶׁאֵין שַׁיָּךְ לְחַלֵּק בֵּינֵיהֶם, מִכֵּיוָן שֶׁתּוֹרַת אֱמֶת מְעִידָה שֶׁהֵם חד.