HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5740
MAAMARמאמר
בָּאתִי לְגַנִּי אֲחוֹתִי כַּלָּה
« Je suis venu dans Mon jardin, Ma sœur, [Ma] fiancée »
10 Chevat 5740 [1980]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתש"מ · 1980
MAAMARמאמר

בָּאתִי לְגַנִּי

« Je suis venu dans Mon jardin, Ma sœur, [Ma] fiancée »

10 Chevat 5740 [1980]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יו"ד שבט ה'תש"מ. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : יו"ד שבט ה'תש"מ. Traduction française littérale en regard.

« Je suis venu dans Mon jardin, Ma sœur, Ma fiancée ». Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, dont c'est la hilloula, cite à ce propos, dans son maamar pour le jour de son départ [histalkout] et de sa hilloula, ce que rapporte le Midrach Rabba : « "Dans Mon jardin" [legani] : dans Ma chambre nuptiale [leguinouni], à l'endroit où se trouvait Mon essentiel [ikari] au commencement » [c'est-à-dire Ma demeure principale]. En effet, l'essentiel de la Chekhina se trouvait dans les [mondes] inférieurs. Par les sept faits indésirables, la Chekhina s'est retirée d'en bas vers en haut (« HaKadoch Barou'h Hou monta toujours plus haut »), jusqu'au septième firmament. Puis se levèrent sept tsadikim, qui firent redescendre la Chekhina d'en haut vers en bas, jusqu'à ce que vienne Moché, qui est le septième (« et tous les septièmes sont chéris »), et qui la fit descendre ici-bas, sur la terre. C'est le sens de « Les tsadikim hériteront de la terre et y feront résider [le degré de] "à jamais" [laad] » : le service des tsadikim consiste à faire résider et à attirer la Chekhina d'en haut vers en bas. Le degré de « ad » (tel qu'il se trouve au niveau de « Celui qui réside à jamais [ad], élevé et saint »), ils le font résider « sur elle » : ici-bas, sur la terre, dans ce monde-ci, inférieur, au-dessous duquel il n'en est pas de plus bas. Or, le début de cet épanchement vers le bas, accompli par Moché, eut lieu lors de Matan Torah [le don de la Torah], comme il est dit : « Et Havayé descendit sur le mont Sinaï ». Mais de façon permanente et dévoilée, cela eut lieu lors de la construction du Michkan, comme il est dit : « Ils Me feront un sanctuaire [mikdach], et Je résiderai en eux ». Le maamar poursuit : l'épanchement de l'essentiel de la Chekhina dans les inférieurs (« et Je résiderai en eux ») s'accomplit par le service de « l'obscurité transformée en lumière » [it'hapkha 'hachokha linehora]. C'est pourquoi le Michkan était fait de bois de chitim, dont furent faites les planches [kerachim], comme il est dit : « Tu feras les planches pour le Michkan en bois de chitim, dressés ». Kerech [planche] a les mêmes lettres que chéker [mensonge] : c'est le mensonge du monde, qui provient de la folie [chtout] du côté opposé [léoumat zé]. « L'homme ne commet de faute que si un esprit de folie est entré en lui ». Par le service de « Tu feras les planches pour le Michkan en bois de chitim, dressés », on transforme la folie du côté opposé en folie de sainteté (« bois de chitim »), et le mensonge du monde en planche du Michkan (« planches pour le Michkan »). Par là s'accomplit « et Je résiderai en eux » : l'épanchement de l'essentiel de la Chekhina dans les inférieurs. Le maamar ajoute la précision de la formulation du passouk, « et Je résiderai en eux » : il n'est pas dit « en lui » [betokho], mais « en eux » [betokham], au sein de chacun. En chaque Juif, par le service de « l'obscurité transformée en lumière », réside l'essentiel de la Chekhina, tel qu'il était au commencement de la création (« Je suis venu dans Mon jardin : dans Ma chambre nuptiale, à l'endroit où se trouvait Son essentiel au commencement »), et se réalise la demeure essentielle dans les inférieurs. Or, puisque la Torah est éternelle, il est évident que ce point (« Ils Me feront un sanctuaire, et Je résiderai en eux ») est éternel, à travers toutes les générations. Il l'est même au temps de la galout, quand, à cause de nos fautes, nous avons été exilés de notre pays et éloignés de notre terre : même alors existent (sur le plan spirituel) toutes les instructions et toutes les mitsvot (dont il est dit « et il vivra par elles ») qui dépendent du Michkan et du Mikdach. Il en va de même de tous les détails de la sortie d'Égypte, et même, avant elle, de la galout d'Égypte : ce sont des instructions éternelles en chaque génération, jusqu'à ce jour. Comme on le sait, au sujet de « Ils leur rendirent la vie amère par un dur labeur, avec l'argile et les briques, etc. », que maintenant aussi, dans cette dernière galout, existe le labeur avec l'argile et les briques (tel qu'il est sur le plan spirituel) : « "avec l'argile" [be'homer], c'est le kal va'homer [raisonnement a fortiori] ; "et les briques" [ouvilvénim], c'est l'éclaircissement de la halakha [liboun hilkheta] ». Par là, on méritera ensuite la guéoula future, à l'image de la guéoula de la sortie d'Égypte (après le dur labeur avec l'argile et les briques, etc.) : « et les enfants d'Israël sortent la main levée ».
בָּאתִי לְגַנִּי אֲחוֹתִי כַּלָּה, וּמֵבִיא ע"ז כ"ק מו"ח אדמו"ר בַּעַל ההילולא בְּמַאֲמָרוֹ לְיוֹם הַהִסְתַּלְּקוּת וְהַהִלּוּלָא שֶׁלּוֹ, דאיתא בְּמִדְרָשׁ רַבָּה לְגַנִּי לִגְנוּנִי, לְמָקוֹם שהי' עִיקָּרִי [הַיְנוּ עִקַּר דִּירָתִי] בַּתְּחִלָּה, דְּעִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים הָיְתָה, וע"י ז' הָעִנְיָנִים הַבִּלְתִּי רְצוּיִים נִסְתַּלְּקָה הַשְּׁכִינָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה, קוב"ה סליק לעילא ולעלא, עַד לָרָקִיעַ הַשְּׁבִיעִי, ואח"כ עָמְדוּ שִׁבְעָה צַדִּיקִים וְהוֹרִידוּ אֶת הַשְּׁכִינָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, עַד שֶׁבָּא מֹשֶׁה שֶׁהוּא הַשְּׁבִיעִי וְכָל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין וְהוֹרִידָהּ לְמַטָּה בָּאָרֶץ. וְזֶהוּ צַדִּיקִים יִירְשׁוּ אָרֶץ וְיִשְׁכְּנוּ לָעַד עלי', דַּעֲבוֹדַת הַצַּדִּיקִים הִיא לְהַשְׁכִּין וּלְהַמְשִׁיךְ אֶת הַשְּׁכִינָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, בחי' עַד (כְּמוֹ שֶׁהִיא בבחי' שׁוֹכֵן עַד מָרוֹם וְקָדוֹשׁ) יַשְׁכִּינוּ עלי', לְמַטָּה בָּאָרֶץ, בעוה"ז הַתַּחְתּוֹן שֶׁאֵין תַּחְתּוֹן לְמַטָּה מִמֶּנּוּ. וְהִנֵּה הַתְחָלַת הַהַמְשָׁכָה לְמַטָּה שע"י מֹשֶׁה הָיְתָה בְּעֵת מ"ת כמ"ש וַיֵּרֶד הוי' עַל הַר סִינַי, אֲבָל בִּקְבִיעוּת וּבְגִּילּוּי הי' זֶה בַּעֲשִׂיַּת הַמִּשְׁכָּן כמ"ש וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם. וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, שֶׁהַמְשָׁכַת עִקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים (וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם) נַעֲשֵׂית ע"י הָעֲבוֹדָה דְּאִתְהַפְכָא חשוכא לִנְהוֹרָא. וְזֶהוּ מַה שֶׁהַמִּשְׁכָּן הי' מֵעֲצֵי שִׁטִּים, שֶׁמֵּהֶם נַעֲשׂוּ הַקְּרָשִׁים, כמ"ש וְעָשִׂיתָ אֶת הַקְּרָשִׁים לַמִּשְׁכָּן עֲצֵי שִׁטִּים עוֹמְדִים, קֶרֶשׁ הוּא אוֹתִיּוֹת שֶׁקֶר וְהוּא הַשֶּׁקֶר דְּעוֹלָם, הַבָּא מֵהֲשָׁטוֹת דלעו"ז, אֵין אָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה אא"כ נִכְנָס בּוֹ רוּחַ שְׁטוּת, וע"י הָעֲבוֹדָה דְּוַעֲשִׂיתָ אֶת הַקְּרָשִׁים לַמִּשְׁכָּן עֲצֵי שִׁטִּים עוֹמְדִים, שֶׁמְּהַפְּכִים הַשְּׁטוּת דלעו"ז לִשְׁטוּת דִּקְדוּשָּׁה (עֲצֵי שִׁטִּים), אֶת הַשֶּׁקֶר דְּעוֹלָם לְקֶרֶשׁ הַמִּשְׁכָּן (קְרָשִׁים לַמִּשְׁכָּן), עי"ז נַעֲשֶׂה וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם, הַמְשָׁכַת (עִקָּר) שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים. וּמוֹסִיף בְּהַמַּאֲמָר דִּיּוּק לְשׁוֹן הַכָּתוּב וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם, בְּתוֹכוֹ לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא בְּתוֹכָם בְּתוֹךְ כָּל אֶחָד וְאֶחָד, דבכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל ע"י הָעֲבוֹדָה דְּאִתְהַפְכָא חשוכא לִנְהוֹרָא, עי"ז שׁוֹכֵן בּוֹ עִקַּר שְׁכִינָה כְּמוֹ שהי' בִּתְחִלַּת הַבְּרִיאָה, בָּאתִי לְגַנִּי לִגְנוּנִי, לְמָקוֹם שהי' עִיקָּרוֹ בַּתְּחִלָּה, וְנַעֲשָׂה עִקַּר דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים.ב) וְהִנֵּה מִכֵּיוָן שֶׁהַתּוֹרָה הִיא נִצְחִית, הֲרֵי מוּבָן, שֶׁעִנְיָן זֶה (וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם) הוּא נִצְחִי בְּמֶשֶׁךְ כָּל הַדּוֹרוֹת, גַּם בִּזְמַן הַגָּלוּת, כַּאֲשֶׁר מִפְּנֵי חֲטָאֵינוּ גָּלִינוּ מֵאַרְצֵנוּ וְנִתְרַחַקְנוּ מֵעַל אַדְמָתֵנוּ, שֶׁגַּם אָז יֶשְׁנָם (בְּרוּחָנִיּוּת) כָּל הַהוֹרָאוֹת וְהַמִּצְווֹת (דִּכְתִיב בְּהוּ וָחַי בָּהֶם) הַתְּלוּיוֹת בַּמִּשְׁכָּן וּמִקְדָּשׁ. ועד"ז הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְכָל הַפְּרָטִים שֶׁהָיוּ בִּיצִיאַת מִצְרַיִם, וְגַם לפנ"ז בְּגָלוּת מִצְרַיִם, שֶׁהֵם הוֹרָאוֹת נִצְחִיּוּת בְּכָל דּוֹר וָדוֹר, עַד הַיּוֹם הַזֶּה. וּכְמוֹ שֶׁיָּדוּעַ בְּעִנְיַן וַיְמָרְרוּ אֶת חַיֵּיהֶם בַּעֲבוֹדָה קָשָׁה בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים גו', שֶׁגַּם עַכְשָׁיו בְּגָלוּת הָאַחֲרוֹן יֶשְׁנָהּ הָעֲבוֹדָה בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים (כְּמוֹ שֶׁהִיא בְּרוּחָנִיּוּת), בְּחֹמֶר דָּא ק"ו וּבִלְבֵנִים דָּא לִבּוּן הלכתא, ועי"ז יִזְכּוּ אח"כ לַגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה, בְּדֻגְמַת הַגְּאוּלָּה דִּיצִיאַת מִצְרַיִם (לְאַחֲרֵי הָעֲבוֹדָה קָשֶׁה בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים גו'), וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל יוֹצְאִים בְּיָד רָמָה.
Or, l'immense élévation que représente l'étude de la Torah au temps de la galout, celui dont c'est la hilloula l'explique au dixième paragraphe [« le dixième sera saint »] de la suite de maamarim du jour de la hilloula. Ce paragraphe est la conclusion et le sceau du second maamar de la suite, le maamar commençant par « Toi qui demeures dans les jardins, les compagnons sont attentifs à ta voix : fais-la-Moi entendre » (d'après le commentaire de Rachi sur ce passouk) : HaKadoch Barou'h Hou dit à l'assemblée d'Israël : « Toi qui es dispersée dans la galout et qui pais dans les jardins d'autrui, etc., et qui pourtant demeures dans les synagogues et les maisons d'étude pour t'occuper de la Torah, voici que les compagnons, qui sont les anges de service (et aussi HaKadoch Barou'h Hou, pour ainsi dire), sont attentifs à ta voix ».
ג) וְהִנֵּה גּוֹדֶל הָעִילּוּי דְּעֵסֶק הַתּוֹרָה בִּזְמַן הַגָּלוּת, מְבָאֵר בַּעַל ההילולא בִּסְעִיף הָעֲשִׂירִי [הָעֲשִׂירִי יהי' קוֹדֶשׁ] דְּהֶמְשֵׁךְ הַמַּאֲמָרִים דְּיוֹם ההילולא, שֶׁסְּעִיף זֶה הוּא הַסִּיּוּם וְהַחוֹתֵם שֶׁל מַאֲמָר הַשֵּׁנִי דְּהַהֶמְשֵׁךְ, ד"ה הַיּוֹשֶׁבֶת בַּגַּנִּים חֲבֵרִים מַקְשִׁיבִים לְקוֹלֵךְ הַשְׁמִיעִנִי (ע"פ פרש"י עַל הַפָּסוּק), אָמַר הקב"ה לִכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל אֶת הַפְּזוּרָה בַּגּוֹלָה וְרוֹעָה בַּגַּנִּים שֶׁל אֲחֵרִים כו' ובכ"ז יוֹשֶׁבֶת בְּבָתֵּי כְּנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת לַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, הִנֵּה הַחֲבֵרִים שֶׁהֵם מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת (וְגַם הקב"ה, כִּבְיָכוֹל) מַקְשִׁיבִים לְקוֹלְךָ.
Le maamar poursuit : c'est à ce titre qu'Israël est appelé « armées de Havayé » [Tsivot Havayé], comme il est dit : « Et ce fut, en ce jour même, que toutes les armées de Havayé sortirent du pays d'Égypte. » Ce nom (« armées de Havayé ») fut en effet donné à Israël précisément lors de sa sortie d'Égypte. Il faut expliquer le lien entre ces thèmes. Si Israël fut appelé « armées de Havayé » au moment de la sortie d'Égypte, c'est en raison des étincelles (les « armées ») dont le birour [dégagement des étincelles] fut accompli dans la galout d'Égypte (comme on l'expliquera plus loin). Voilà le lien entre le fait qu'Israël soit appelé « armées de Havayé » et le thème de « celle qui demeure dans les jardins » : par le service de la Knesset Israël [l'assemblée d'Israël], qui étudie la Torah et accomplit ses mitsvot alors qu'elle est dispersée dans la galout et paît dans les jardins d'autrui, on accomplit le birour [élévation des étincelles] des étincelles qui se trouvent dans la galout, à l'image de « ils dépouillèrent l'Égypte ». Or, outre le nom d'« armées de Havayé », Israël est aussi appelé « armées » (le maamar cite les passouk : « Et ce fut, en ce jour même, que Havayé fit sortir les enfants d'Israël du pays d'Égypte selon leurs armées » ; « car en ce jour même, J'ai fait sortir vos armées du pays d'Égypte »). La différence entre « armées de Havayé » et « armées » est la suivante : Tsivot Havayé (צבאות avec un 'hirik) est une forme construite [lachon samoukh], où les « armées » sont rattachées à Havayé ; tandis que Tsevaot (צבאות avec un chva) désigne une réalité à part entière.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, דעש"ז נִקְרָאִים יִשְׂרָאֵל צְבָאוֹת הוי' כמ"ש וַיְהִי בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה יָצְאוּ כָּל צְבָאוֹת הוי' מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם. דְּשֵׁם זֶה (צְבָאוֹת הוי') נִתַּן לְיִשְׂרָאֵל בִּיצִיאָתָם מִמִּצְרַיִם דַּוְקָא. וְיֵשׁ לְבָאֵר קִישּׁוּר הָעִנְיָנִים, כִּי מַה שֶׁבִּזְמַן יְצִיאַת מִצְרַיִם נִקְרְאוּ יִשְׂרָאֵל צְבָאוֹת הוי' הוּא מִצַּד הַנִּיצוֹצוֹת (הַצְּבָאוֹת) שֶׁנִּתְבָּרְרוּ בְּגָלוּת מִצְרַיִם (כמשי"ת לקמן). וְזֶהוּ הַקֶּשֶׁר דְּעִנְיַן מַה שֶׁיִּשְׂרָאֵל נִקְרָאִים צְבָאוֹת הוי' לְעִנְיַן הַיּוֹשֶׁבֶת בַּגַּנִּים, כִּי ע"י הָעֲבוֹדָה דכנס"י בְּעֵסֶק הַתּוֹרָה וְקִיּוּם מצוותי' כְּשֶׁהִיא פְּזוּרָה בַּגּוֹלָה וְרוֹעָה בַּגַּנִּים שֶׁל אֲחֵרִים, עי"ז מְבָרְרִים אֶת הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁבַּגָּלוּת, בְּדֻגְמַת וַיְנַצְּלוּ אֶת מִצְרַיִם.וְהִנֵּה נוֹסָף לְמַה שֶׁיִּשְׂרָאֵל נִקְרָאִים בְּשֵׁם צְבָאוֹת הוי' נִקְרָאִים הֵם גַּם צְבָאוֹת (כְּמוֹ שֶׁמֵּבִיא בְּהַמַּאֲמָר הַפְּסוּקִים וַיְהִי בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה הוֹצִיא הוי' אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם עַל צִבְאֹתָם, כִּי בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה הוֹצֵאתִי אֶת צִבְאוֹתֵיכֶם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם). וְהַהֶפְרֵשׁ בֵּין צְבָאוֹת הוי' לִצְבָאוֹת הוּא, שֶׁצִּבְאוֹת הוי' (צְבָאוֹת בְּחִירִיק) הוּא לְשׁוֹן סָמוּךְ, שֶׁהַצְּבָאוֹת נִטְפָּל להוי', וּצְבָאוֹת (צְבָאוֹת בִּשְׁוָא) הוּא עִנְיָן בִּפְנֵי עַצְמוֹ.
d) Or, on sait qu'Israël est appelé « Adam » [homme] d'après les mots « Adamé laElyon » [« je serai semblable au Très-Haut »]. On en déduit que si Israël est (aussi) appelé « Tsevaot », c'est en lien avec le Nom Tsevaot, l'un des sept Noms que l'on n'efface pas. On le comprendra d'après ce qu'écrit Sa Sainteté l'Admour Hazakène : le Nom Tsevaot a été révélé par les prophètes. On rapporte en effet que, depuis le jour où HaKadoch Barou'h Hou créa Son monde, personne n'avait appelé HaKadoch Barou'h Hou « Tsevaot », jusqu'à ce que vienne 'Hanna, qui L'appela « Tsevaot ». HaKadoch Barou'h Hou dit alors : « Ton fils inaugurera la prophétie par ce Nom. » La prophétie par ce Nom se trouve surtout chez les derniers prophètes, à la fin de l'époque du premier Beth HaMikdach et au début de l'exil : la plupart de leurs prophéties furent prononcées par ce Nom. Certes, les paroles des prophètes, « paroles de tradition » [divrei kabbala], sont d'un degré inférieur aux paroles de la Torah [même au sujet de la prophétie de Moché, il est écrit : « Il ne s'est plus levé en Israël de prophète comme Moché » ; à plus forte raison les paroles des prophètes sont-elles inférieures aux paroles de la Torah]. Et pourtant, le Nom Tsevaot n'est pas mentionné dans la Torah, mais seulement chez les prophètes : les paroles d'un prophète ont donc une supériorité sur les paroles de la Torah. Nous trouvons ainsi que celui qui transgresse les paroles d'un prophète encourt un châtiment plus sévère que celui qui transgresse un grand nombre de paroles de la Torah. On en comprend qu'il en va de même du dommage [pegam] causé. Sur cette base, Sa Sainteté l'Admour HaEmtsaï explique longuement que si le châtiment et le dommage de celui qui transgresse les paroles d'un prophète sont plus graves que ceux de celui qui transgresse (un grand nombre de) paroles de la Torah, c'est parce que le Nom Tsevaot est attiré précisément par les prophètes.
ד) וְהִנֵּה יָדוּעַ דְּמַה שֶׁיִּשְׂרָאֵל נק' אָדָם הוּא עַל שֵׁם אֶדַּמֶּה לְעֶלְיוֹן. שֶׁמִּזֶּה מוּבָן, דְּמַה שֶׁיִּשְׂרָאֵל נק' (גַּם) בְּשֵׁם צְבָאוֹת שַׁיָּךְ זֶה לְהַשֵּׁם צְבָאוֹת, שֶׁהוּא מז' הַשֵּׁמוֹת שֶׁאֵינָן נִמְחָקִין. וְיוּבַן זֶה ע"פ מ"ש כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן שֶׁשֵּׁם צְבָאוֹת נִתְגַּלָּה ע"י הַנְּבִיאִים, כִּדְאִיתָא שֶׁמִּיּוֹם שֶׁבָּרָא הקב"ה אֶת עוֹלָמוֹ לֹא הי' אָדָם שֶׁקְּרָאוֹ להקב"ה צְבָאוֹת עַד שֶׁבָּאתָה חַנָּה וּקְרָאַתּוּ צְבָאוֹת וְאָמַר הקב"ה עָתִיד בֵּן שֶׁלְּךָ לִפְתּוֹחַ בִּנְבוּאָה בְּשֵׁם זֶה. וְעִיקָר הַנְּבוּאָה בְּשֵׁם זֶה הי' בַּנְּבִיאִים הָאַחֲרוֹנִים שֶׁהָיוּ בְּסוֹף זְמַן בֵּית רִאשׁוֹן וּבְהַתְחָלַת הַגָּלוּת, שֶׁרֹב נְבוּאָתָם הי' בְּשֵׁם זֶה. וְהִנֵּה הֲגַם שֶׁדִּבְרֵי הַנְּבִיאִים, דִּבְרֵי קַבָּלָה, הֵם לְמַטָּה בְּמַדְרֵגָה מִדִּבְרֵי תּוֹרָה [וַאֲפִילוּ בְּנוֹגֵעַ לִנְבוּאַת מֹשֶׁה כְּתִיב וְלֹא קָם נָבִיא עוֹד בְּיִשְׂרָאֵל כְּמֹשֶׁה, ועאכו"כ שֶׁהֵם לְמַטָּה מִדִּבְרֵי תּוֹרָה], אעפ"כ שֵׁם צְבָאוֹת לֹא נִזְכָּר בַּתּוֹרָה כ"א בַּנְּבִיאִים דַּוְקָא, וְיֵשׁ מַעֲלָה בְּדִבְרֵי נָבִיא עַל דִּבְרֵי תּוֹרָה. וּכְמוֹ שֶׁמָּצִינוּ שֶׁהָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי נָבִיא עָנְשׁוֹ קָשֶׁה יוֹתֵר מֵעוֹבֵר עַל כו"כ דִּבְרֵי תּוֹרָה, וּמִזֶּה מוּבָן שֶׁכֵּן הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְהַפְּגָם. ועפ"ז מְבָאֵר כ"ק אדמו"ר הָאֶמְצָעִי בַּאֲרֻכָּה, זֶה שֶׁהָעֹנֶשׁ וְהַפְּגָם שֶׁל הָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי נָבִיא קָשֶׁה יוֹתֵר מֵעוֹבֵר עַל (כו"כ מ)דִּבְרֵי תּוֹרָה שַׁיָּךְ לָזֶה שֶׁשֵּׁם צְבָאוֹת נִמְשָׁךְ ע"י הַנְּבִיאִים דַּוְקָא.
e) Voici l'explication : le Nom Tsevaot signifie « Il est un signe [ot] dans Son armée [tsava] ». « Armée » désigne une multitude de créatures, et le Nom Tsevaot, « Il est un signe dans Son armée », est le degré de la Divinité telle qu'elle est attirée dans les créatures. Torah Or l'explique ainsi au sujet du Nom Tsevaot : Tsevaot signifie « troupes », à savoir les bataillons d'âmes et d'anges du monde de Création [Beria], qui (en eux-mêmes) ne sont nullement Divinité. Telle est la différence entre le Nom Tsevaot et les autres Noms que l'on n'efface pas. Tous les autres Noms désignent l'Or Ein Sof [lumière infinie] tel qu'il est en Émanation [Atsilout], le monde de l'unité, où « Lui et Ses forces de vie sont un, Lui et Ses récipients sont un ». Le Nom Tsevaot, lui, désigne l'Or Ein Sof tel qu'il est attiré et se revêt dans Beria-Yetsira-Assia, qui sont les « mondes de la séparation », des créatures séparées, comme il est dit : « et de là il se sépare ». C'est pourquoi il y a dans la Guemara un avis (et pas seulement une hypothèse provisoire) selon lequel Tsevaot n'est pas un Nom saint : Il ne serait appelé Tsevaot qu'en raison d'Israël. Et même selon la règle que nous retenons, que Tsevaot fait partie des Noms que l'on n'efface pas, ce Nom se rapporte à l'Or Ein Sof tel qu'il est attiré et se revêt dans les créatures. On peut l'expliquer d'après ce qui est rapporté dans le Zohar, les Tikounei Zohar et les écrits de l'Arizal : le Nom Tsevaot se situe en Netsa'h et Hod, car Netsa'h et Hod sont « hors du corps » [lebar migoufa]. Autrement dit, leur fonction n'est pas (pour Atsilout elle-même, mais) d'attirer [la lumière] jusque dans les mondes de Beria-Yetsira-Assia, au-dessous d'Atsilout. Comme on le sait : Netsa'h et Hod sont « les reins qui conseillent », pour transmettre au fils et à l'élève.
ה) וְהָעִנְיָן הוּא, הִנֵּה פֵּירוּשׁ שֵׁם צְבָאוֹת הוּא אוֹת הוּא בִּצְבָא שֶׁלּוֹ, וְהַיְינוּ דְּצָבָא הוּא רִיבּוּי נִבְרָאִים, וְהַשֵּׁם צְבָאוֹת, אוֹת הוּא בִּצְבָא שֶׁלּוֹ, הוּא בחי' הָאֱלֹקוּת כְּמוֹ שֶׁנִּמְשַׁךְ בַּנִּבְרָאִים. וְכַמְבוֹאָר בתו"א בְּעִנְיַן שֵׁם צְבָאוֹת, שֶׁצְּבָאוֹת הוּא לְשׁוֹן חַיָּלוֹת וְהֵם גְּדוּדֵי נְשָׁמוֹת וּמַלְאָכִים דִּבְרִיאָה ש(מִצַּד עַצְמָן) אֵינָן אֱלֹקוּת כְּלָל.וְזֶהוּ הַהֶפְרֵשׁ בֵּין שֵׁם צְבָאוֹת לִשְׁאָר הַשֵּׁמוֹת שֶׁאֵינָן נִמְחָקִין, דְּכָל הַשֵּׁמוֹת מוֹרִים עַל אוא"ס כְּמוֹ שֶׁהוּא בַּאֲצִילוּת שֶׁהוּא עוֹלָם הָאַחְדּוּת, איהו וְחִיּוּהֵי חד איהו וגרמוהי חד, משא"כ שֵׁם צְבָאוֹת מוֹרֶה עַל אוא"ס כְּמוֹ שֶׁנִּמְשַׁךְ וּמִתְלַבֵּשׁ בבי"ע, שֶׁהֵם עלמי דפרודא נִבְרָאִים נִפְרָדִים כמ"ש וּמִשָּׁם יִפָּרֵד. שֶׁלָּכֵן יֵשׁ מ"ד בַּגְּמָרָא (וְלֹא רַק קס"ד) שֶׁצְּבָאוֹת אֵינוֹ שֵׁם קָדוֹשׁ, שֶׁלֹּא נִקְרָא צְבָאוֹת אֶלָּא עַל שֵׁם יִשְׂרָאֵל. וְגַם לְפִי מַה דקי"ל דִּצְבָאוֹת הוּא מֵהַשֵּׁמוֹת שֶׁאֵינָן נִמְחָקִין. הִנֵּה שֵׁם זֶה קאי עַל אוא"ס כְּמוֹ שֶׁנִּמְשַׁךְ וּמִתְלַבֵּשׁ בַּנִּבְרָאִים. וי"ל הבי' ע"פ מַה דאיתא בַּזֹּהַר ובתקו"ז וּבְכִתְבֵי האריז"ל שֶׁשֵּׁם צְבָאוֹת הוּא בְּנֶצַח וְהוֹד, כִּי נֶצַח וְהוֹד הֵם לבר מִגּוּפָא, הַיְנוּ שֶׁעִנְיָנָם הוּא (לֹא בִּשְׁבִיל הָאֲצִילוּת גּוּפָא, כִּי אִם) בִּכְדֵי לְהַמְשִׁיךְ בְּעוֹלָמוֹת בי"ע שֶׁלְּמַטָּה מֵאֲצִילוּת, וע"ד הַיָּדוּעַ שנו"ה הֵן כְּלָיוֹת יוֹעֲצוֹת בִּכְדֵי לְהַשְׁפִּיעַ לְהַבֵּן וּלְהַתַּלְמִיד.
Et c'est pourquoi le Nom Tsevaot n'est pas mentionné dans la Torah, mais seulement dans les Neviim [livres des prophètes]. En effet, Moché, notre maître, était une âme et une conduite d'Atsilout. C'est pourquoi il fut appelé Moché, d'après « car je l'ai tiré [mechitihou] des eaux » ; or les eaux sont 'Hokhma, qui est le niveau d'Atsilout. De même, la Torah donnée par Moché et appelée de son nom, comme il est écrit : « Souvenez-vous de la Torah de Moché, Mon serviteur », relève du niveau d'Atsilout. C'est pourquoi le Nom Tsevaot n'est pas mentionné dans la Torah : le Nom Tsevaot désigne (comme on l'a dit plus haut) l'Or Ein Sof [lumière infinie] tel qu'il est attiré dans les créatures, qui se trouvent en dessous d'Atsilout. Cela correspond à ce qui est écrit à propos de Yehochoua : « Il dit : Non, car je suis le chef de l'armée de Hachem ; maintenant je suis venu. » Nos Sages ont dit à ce sujet : « Maintenant je suis venu, mais Moché ton maître ne l'a pas accepté. » Car aux jours de Moché, « le visage de Moché était comme le visage du soleil » : il y avait un épanchement du niveau d'Atsilout, et même la conduite des guerres ne se faisait pas par le chef de l'armée de Hachem, mais comme il est écrit : « Havayé combattra pour vous. » C'est pourquoi, lors de la sortie d'Égypte et de la division de la mer des Joncs [Yam Souf], il y eut des miracles manifestes, entièrement en dehors des voies de la nature, sans aucun vêtement de nature : la guerre se faisait par le Nom Havayé, le niveau d'Atsilout. Il en alla autrement après le retrait du « visage de Moché, comme le visage du soleil », quand la conduite passa par « le visage de Yehochoua, comme le visage de la lune » : c'est précisément alors que vint le chef de l'armée de Havayé, « maintenant (précisément) je suis venu ». Alors aussi (la conduite de la guerre passant par le chef de l'armée de Havayé), il y eut certes plusieurs miracles au-dessus de la nature. Néanmoins, la guerre dans son ensemble était quelque peu revêtue des vêtements de la nature, à la différence de la guerre aux jours de Moché, qui était entièrement au-dessus des vêtements de la nature : « Havayé combattra pour vous. » Tel est le sens du Nom Tsevaot, attiré par les prophètes : « Il est un signe [ot] qu'Il est Lui-même véritablement dans Son armée [tsava] ». Cela signifie que, même dans les créatures de Beria-Yetsira-Assia (l'armée), il y aura le signe qu'Il est, béni soit-Il, véritablement dans Son armée, de sorte que, même en Beria-Yetsira-Assia, « Lui et Ses récipients ne font qu'un » [ihou vegarmohi 'had], comme en Atsilout. Cela dépasse le niveau du chef de l'armée de Havayé (qui fut au temps de Yehochoua) : le chef de l'armée de Havayé est un ange, tandis que le Nom Tsevaot fait partie des sept Noms qu'on n'efface pas, car même en Beria-Yetsira-Assia, « Lui et Ses récipients » deviennent un. Voilà pourquoi le Nom Tsevaot fut une innovation des prophètes : ils ont attiré l'Or Ein Sof, béni soit-Il, afin qu'Il se revête jusque dans les récipients [kelim] de Beria-Yetsira-Assia, dans une union parfaite, comme dans les récipients d'Atsilout. De ce fait, Lui, béni soit-Il, est appelé du Nom Tsevaot, de même qu'Il est appelé par les Noms (E-l, Elokim, etc.) qui désignent les récipients d'Atsilout (puisque « Lui et Ses récipients ne font qu'un ») : les armées elles aussi (tsevaot, terme qui désigne des troupes, des légions d'âmes et d'anges de Beria) deviennent un avec Lui, béni soit-Il, comme cela est longuement expliqué dans Torah Or.
ו) וְזֶהוּ מַה שֶׁשֵּׁם צְבָאוֹת לֹא נִזְכָּר בַּתּוֹרָה כ"א בַּנְּבִיאִים דַּוְקָא, כִּי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ הי' נְשָׁמָה וְהַנְהָגָה דַּאֲצִילוּת, שֶׁלָּכֵן נִקְרָא מֹשֶׁה עַל שֵׁם מִן הַמַּיִם מְשִׁיתִיהוּ, מַיִם חכ' הוּא בחי' אֲצִילוּת. וְכֵן הַתּוֹרָה שֶׁנִּתְּנָה ע"י מֹשֶׁה וְנִקְרֵאת עַל שְׁמוֹ כמ"ש זִכְרוּ תּוֹרַת מֹשֶׁה עַבְדִּי הִיא בחי' אֲצִילוּת. וְלָכֵן לֹא נִזְכָּר בַּתּוֹרָה שֵׁם צְבָאוֹת, כִּי שֵׁם צְבָאוֹת מוֹרֶה (כנ"ל) עַל אוא"ס כְּמוֹ שֶׁנִּמְשַׁךְ בַּנִּבְרָאִים, שֶׁלְּמַטָּה מֵאֲצִילוּת. וְהוּא ע"ד מ"ש בִּיהוֹשֻׁעַ וַיֹּאמֶר לֹא כִּי אֲנִי שַׂר צְבָא ה' עַתָּה בָּאתִי, וְאָמְרוּ רז"ל עַתָּה בָּאתִי אֲבָל מֹשֶׁה רַבְּךָ לֹא קִבְּלוֹ. דְּבִימֵי מֹשֶׁה, פְּנֵי מֹשֶׁה כִּפְנֵי חַמָּה, הי' הַמְשָׁכַת בחי' אֲצִילוּת, וְגַם הַנְהָגַת הַמִּלְחָמוֹת לֹא הָיְתָה ע"י שַׂר צְבָא ה' כ"א כמ"ש הוי' יִלָּחֵם לָכֶם. דְּזֶהוּ מַה שֶׁבִּיצִיאַת מִצְרַיִם וּקְרִיעַת יָם סוֹף הָיוּ נִסִּים נִגְלִים יוֹצְאִים מִדַּרְכֵי הַטֶּבַע לְגַמְרֵי שֶׁלֹּא הי' לְבוּשׁ הַטֶּבַע כְּלָל, לְפִי שֶׁהַמִּלְחָמָה הָיְתָה ע"י שֵׁם הוי', בחי' אֲצִילוּת. משא"כ לְאַחֲרֵי הִסְתַּלְּקוּת פְּנֵי מֹשֶׁה כִּפְנֵי חַמָּה וְהַהַנְהָגָה הָיְתָה ע"י פְּנֵי יְהוֹשֻׁעַ כִּפְנֵי לְבָנָה הִנֵּה אָז דַּוְקָא בָּא שַׂר צְבָא הוי', עַתָּה (דַּוְקָא) בָּאתִי. וַהֲגַם שֶׁגַּם אָז (ע"י שֶׁהַנְהָגַת הַמִּלְחָמָה הָיְתָה ע"י שַׂר צְבָא הוי') הָיוּ כַּמָּה נִסִּים שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע, מ"מכללות הַמִּלְחָמָה הָיְתָה קְצָת בִּלְבוּשֵׁי הַטֶּבַע, וְלֹא כְּהַמִּלְחָמָה בִּימֵי מֹשֶׁה שֶׁהָיְתָה לְמַעְלָה מַלְבּוּשֵׁי הַטֶּבַע לְגַמְרֵי, הוי' יִלָּחֵם לָכֶם. וְזֶהוּ עִנְיַן שֵׁם צְבָאוֹת שֶׁנִּמְשַׁךְ ע"י הַנְּבִיאִים, אוֹת הוּא בִּצְבָא שֶׁלּוֹ, שֶׁגַּם בַּנִּבְרָאִים דבי"ע (צָבָא) יהי' אוֹת הוּא ית' מַמָּשׁ בִּצְבָא שֶׁלּוֹ, שֶׁגַּם בבי"ע יהי' איהו וגרמוהי חד כְּמוֹ בַּאֲצִילוּת. וְעִנְיָן זֶה הוּא לְמַעְלָה מבחי' שַׂר צְבָא הוי' (שהי' בִּיהוֹשֻׁעַ), כִּי שַׂר צְבָא הוי' הוּא מַלְאָךְ, משא"כ שֵׁם צְבָאוֹת הוּא מז' שֵׁמוֹת שֶׁאֵינָן נִמְחָקִין, כִּי גַּם בבי"ע נַעֲשֶׂה איהו וגרמוהי חד. וְזֶהוּ מַה שֶׁשֵּׁם צְבָאוֹת נִתְחַדֵּשׁ ע"י הַנְּבִיאִים, כִּי הַנְּבִיאִים הִמְשִׁיכוּ שֶׁגַּם בְּכֵלִים דבי"ע תהי' הִתְלַבְּשׁוּת אוא"ס ב"ה בְּתַכְלִית הַיִּחוּד, כְּמוֹ בְּכֵלִים דַּאֲצִילוּת, ועי"ז נִקְרָא הוּא ית' בְּשֵׁם צְבָאוֹת, כְּמוֹ שֶׁנִּקְרָא בְּהַשֵּׁמוֹת (א-ל, אֱלֹקִים וכו') שֶׁמּוֹרִים עַל הַכֵּלִים דַּאֲצִילוּת (לְפִי שאיהו וגרמוהי חד), כִּי גַּם הַצְּבָאוֹת (לְשׁוֹן חַיָּלוֹת, גְּדוּדֵי נְשָׁמוֹת וּמַלְאָכִים דִּבְרִיאָה) נַעֲשׂוּ חד עִמּוֹ ית', כַּמְבוֹאָר בַּאֲרֻכָּה בתו"א.
Or, au sujet de ce qui a été dit plus haut du Nom Tsevaot, à savoir que « Lui et Ses récipients ne font qu'un » même en Beria-Yetsira-Assia, Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek écrit que nous ne l'avons pas trouvé dans l'Ets 'Haïm. Il en ressort que c'est une innovation de Sa Sainteté l'Admour Hazakène, comme le prouve le fait que Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek n'indique aucune autre source. On comprend dès lors la grandeur de l'innovation et l'élévation du Nom Tsevaot, qui se réalise par le service des enfants d'Israël tels qu'ils se trouvent dans la condition de l'époque des prophètes (après l'époque où « le visage de Moché était comme le visage du soleil »), et en particulier tels qu'ils se trouvent dans la condition de l'époque des derniers prophètes, qui vécurent à la fin du premier Beth HaMikdach et au début de la galout, et de même à l'époque suivante : même dans les mondes de Beria-Yetsira-Assia, qui sont par eux-mêmes des créatures séparées [car « Lui et Ses récipients ne font qu'un » relève d'Atsilout, le monde de l'unité], « Lui et Ses récipients » seront un, comme en Atsilout. On peut dire que c'est là l'explication de la décision halakhique selon laquelle Tsevaot est un Nom saint et porte pourtant le nom de Ses armées (comme dans la Guemara), le nom d'Israël. Que Tsevaot soit un Nom saint, c'est-à-dire que même en Beria-Yetsira-Assia « Lui et Ses récipients ne font qu'un », se réalise en effet par le service d'Israël, comme on l'a dit. Cela se réalise par l'épanchement d'une lumière issue d'un lieu extrêmement élevé, plus élevé même que le niveau de la Torah (telle qu'elle était révélée à l'époque de Moché). Car le Nom Tsevaot n'est pas mentionné dans la Torah (c'est-à-dire que, du point de vue du niveau de la Torah, « Lui et Ses récipients ne font qu'un » seulement en Atsilout) ; pour que « Lui et Ses récipients » ne fassent qu'un même en Beria-Yetsira-Assia, il faut attirer depuis un lieu plus élevé.
ז) וְהִנֵּה עִנְיָן הנ"ל בְּשֵׁם צְבָאוֹת שאיהו וגרמוהי חד גַּם בבי"ע, כּוֹתֵב כ"ק אדמו"ר הצ"צ שבע"ח לֹא מָצִינוּ זֶה. שֶׁמִּזֶּה מַשְׁמַע שֶׁזֶּהוּ חִידּוּשׁוֹ שֶׁל כ"ק אדמו"ר הַזָּקֵן, כִּדְמוּכָח מִמַּה שכ"ק אדמו"ר הצ"צ אֵינוֹ מְצַיֵּין מָקוֹר אַחֵר לָזֶה. וּמוּבָן גּוֹדֶל הַחִדּוּשׁ וְהָעִלּוּי דְּשֵׁם צְבָאוֹת שֶׁנַּעֲשָׂה ע"י עֲבוֹדַת בנ"י כְּמוֹ שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם בְּמַעֲמָד וּמַצָּב דִּזְמַן הַנְּבִיאִים (לְאַחֲרֵי הַזְּמַן דִּפְנֵי מֹשֶׁה כִּפְנֵי חַמָּה), וּבִפְרָט כְּמוֹ שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם בְּמַעֲמָד וּמַצָּב דִּזְמַן נְבִיאִים הָאַחֲרוֹנִים שֶׁהָיוּ בְּסוֹף בֵּית רִאשׁוֹן וּתְחִלַּת זְמַן הַגָּלוּת, ועד"ז בְּהַזְּמַן שלאח"ז, שֶׁגַּם בְּעוֹלָמוֹת בי"ע שֶׁמִּצַּד עַצְמָם הֵם נִבְרָאִים נִפְרָדִים [דְּעִנְיַן איהו וגרמוהי חד הוּא בַּאֲצִילוּת, עוֹלָם הָאַחְדּוּת] יהי' איהו וגרמוהי חד כְּמוֹ בַּאֲצִילוּת. וי"ל שֶׁזֶּהוּ הפי' להפס"ד שֶׁצְּבָאוֹת הוּא שֵׁם קוֹדֶשׁ ובכ"ז נִקְרָא ע"ש צְבָאוֹת שֶׁלּוֹ (כְּבַגְּמָרָא), ע"ש יִשְׂרָאֵל, כִּי זֶה שֶׁצְּבָאוֹת הוּא שֵׁם קוֹדֶשׁ, הַיְנוּ שֶׁגַּם בבי"ע איהו וגרמוהי חד, זֶה נַעֲשֶׂה ע"י הָעֲבוֹדָה דְּיִשְׂרָאֵל, כנ"ל. וְזֶה נַעֲשֶׂה ע"י הַמְשָׁכַת אוֹר מִמָּקוֹם עֶלְיוֹן בְּיוֹתֵר, שֶׁנַּעֲלָה גַּם מִבְּחִינַת הַתּוֹרָה (כְּמוֹ שֶׁהָיְתָה בְּגִילּוּי בִּזְמַן מֹשֶׁה). שֶׁהֲרֵי בַּתּוֹרָה לֹא נִזְכָּר שֵׁם צְבָאוֹת (הַיְנוּ שֶׁמִּצַּד בְּחִינַת הַתּוֹרָה, הָעִנְיָן דאיהו וגרמוהי חד הוּא רַק בַּאֲצִילוּת), וּבִכְדֵי שיהי' איהו וגרמוהי חד גַּם בבי"ע צָרִיךְ לְהַמְשִׁיךְ מִמָּקוֹם עֶלְיוֹן יוֹתֵר.
Or, cet épanchement se fait par le service des birourim [tri des étincelles et leur élévation]. On connaît en effet l'enseignement du Baal Chem Tov : en toute chose qui se trouve en la possession d'un Juif [litt. : d'Israël], il y a des étincelles saintes qui appartiennent à la racine de son âme. Il explique ainsi pourquoi la Torah ménage les biens d'Israël (bien qu'il ne s'agisse que de leurs biens). Puisque l'argent (et de même toute autre chose) appartient à un Juif, cela indique (car toutes choses relèvent de la hachga'ha pratit [l'attention que D.ieu porte à chaque détail de la création]) que ces étincelles appartiennent à la racine de son âme, et que le birour de ces étincelles fait partie de son service. En triant les étincelles, en les affinant [zikoukh] et en les élevant à leur racine, on lui ajoute, à lui aussi, une élévation. Il en fut de même dans la galout d'Égypte : par « ils dépouillèrent l'Égypte », « ils en firent comme un gouffre sans poissons et comme un piège sans grain », c'est-à-dire qu'ils trièrent les étincelles qui appartiennent au monde caché [alma deitkassia] (« comme un gouffre sans poissons ») et les étincelles qui appartiennent au monde révélé [alma deitgalia] (« comme un piège sans grain ») ; par là, une élévation se produisit aussi en Israël. C'est ce que Sa Sainteté l'Admour Maharach explique longuement à propos de « Il arriva, quand Pharaon envoya [bechala'h] le peuple » : il faisait pousser des rameaux et des branches et produisait du fruit en haut, le peuple ; par les étincelles qu'ils trièrent dans la galout d'Égypte, il se fit en eux un ajout et une multiplication. C'est ce qui est écrit (à propos de la galout d'Égypte) : « Je la sèmerai pour Moi dans la terre ». Le sens de l'ensemencement est en effet celui qu'ont donné nos Sages : « Un homme sème-t-il un kor, sinon pour en récolter plusieurs kor ? » Autrement dit, si Israël fut semé dans la galout d'Égypte, c'est en vue de l'ajout qui se fait en eux par le birour des étincelles. Sa Sainteté l'Admour Maharach explique longuement plusieurs détails relatifs à l'ajout produit par le birour des étincelles.
ח) וְהִנֵּה הַמְשָׁכָה זוֹ הִיא ע"י עֲבוֹדַת הַבֵּירוּרִים. דְּהִנֵּה יְדוּעָה תּוֹרַת הבעש"ט, שֶׁבְּכָל דָּבָר שֶׁנִּמְצָא בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁל יִשְׂרָאֵל יֶשְׁנָם נִיצוֹצִין קְדוֹשִׁים הַשַּׁיָּיכִים לְשֹׁרֶשׁ נִשְׁמָתוֹ. וּבָזֶה מְבָאֵר מַה שֶׁהַתּוֹרָה חָסָה עַל מָמוֹנָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל (אַף שֶׁהוּא רַק מָמוֹנָם), כִּי מִכֵּיוָן שֶׁהַמָּמוֹן (וְכֵן שְׁאָרֵי דְּבָרִים) הוּא שֶׁל יִשְׂרָאֵל, זֶה מוֹרֶה (שֶׁהֲרֵי כָּל הָעִנְיָנִיםָהֶם בְּהַשְׁגָּחָה פְּרָטִית) שֶׁנִּיצוֹצוֹת אֵלּוּ שַׁיָּכִים לְשֹׁרֶשׁ נִשְׁמָתוֹ, וְהַבֵּרוּר דְּנִיצוֹצוֹת אֵלּוּ הוּא חֵלֶק מֵעֲבוֹדָתוֹ, וע"י שֶׁמְּבָרְרִים אֶת הַנִּיצוֹצוֹת וּמְזַכְּכִים וּמַעֲלִים אוֹתָם לְשָׁרְשָׁם הֵם מוֹסִיפִים עִילּוּי גַּם בּוֹ. דכמו"כ הי' בְּגָלוּת מִצְרַיִם, שע"י וַיְנַצְּלוּ אֶת מִצְרַיִם שֶׁעֲשָׂאוּהָ כִּמְצוּלָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגִים וְכִמְצוּדָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגָן שֶׁבֵּרְרוּ אֶת הַנִּיצוֹצוֹת הַשַּׁיָּיכִים לְעָלְמָא דאתכסיא (כִּמְצוּלָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגִים) וְהַנִּיצוֹצוֹת הַשַּׁיָּיכִים לְעָלְמָא דְּאִתְגַּלְּיָא (כִּמְצוּדָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגָן), עי"ז נַעֲשֶׂה עִילּוּי גַּם בְּיִשְׂרָאֵל. וּכְמוֹ שֶׁמְּבֹאָר כ"ק אדמו"ר מהר"ש בַּאֲרֻכָּה בְּעִנְיַן וַיְהִי בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה אֶת הָעָם שהי' מְשַׁלֵּחַ פֹּארוֹת וַעֲנָפִים וְעוֹשֶׂה פְּרִי לְמַעְלָה אֶת הָעָם, שע"י הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁבֵּרְרוּ בְּגָלוּת מִצְרַיִם נַעֲשֶׂה בָּהֶם תּוֹסְפוֹת וְרִיבּוּי. דְּזֶהוּ מ"ש (גַּבֵּי גָּלוּת מִצְרַיִם) וזרעתי' לִי בָּאָרֶץ, דְּעִנְיַן הַזְּרִיעָה הוּא כמרז"ל כְּלוּם אָדָם זוֹרֵעַ כּוֹר אֶלָּא כְּדֵי לְהוֹצִיא כַּמָּה כּוֹרִין, הַיְנוּ, דְּמַה שֶׁיִּשְׂרָאֵל נִזְרְעוּ בְּגָלוּת מִצְרַיִם הוּא בִּשְׁבִיל הַהוֹסָפָה שֶׁנַּעֲשָׂה בָּהֶם ע"י בֵּירוּר הַנִּיצוֹצוֹת. כְּמוֹ שֶׁמְּבֹאָר כ"ק אדמו"ר מהר"ש בַּאֲרֻכָּה כַּמָּה פְּרָטִים בְּעִנְיַן הַהוֹסָפָה שֶׁנַּעֲשָׂה ע"י בֵּירוּר הַנִּיצוֹצוֹת.
C'est là le sens de ce qui est dit : « Et ce fut, en ce jour même, que sortirent toutes les armées de Havayé du pays d'Égypte », puis il est écrit : « Et ce fut, en ce jour même, que Havayé fit sortir les enfants d'Israël du pays d'Égypte au-dessus de leurs armées [al tsivotam] ». « Les armées de Havayé » [tsivot Havayé] est une forme à l'état construit [lechon samoukh] : ce sont les armées qui ont fait l'objet du birour [tri et dégagement du bien] durant la galout d'Égypte et qui se sont élevées pour être incluses dans le Nom Havayé. C'est pourquoi elles sont appelées « armées de Havayé » : elles sont accessoires, adjointes [semoukhim] et incluses dans le Nom Havayé. Et du fait des étincelles dont le birour s'est accompli par Israël, Israël aussi est appelé « armées de Havayé ». Plus encore : « Havayé fit sortir les enfants d'Israël… al tsivotam » [litt. : « au-dessus de leurs armées »] signifie qu'Israël se tient au-dessus du niveau des étincelles qui ont fait l'objet du birour. Puisque c'est Israël qui opère le birour des étincelles, il leur est supérieur.
ט) וְזֶהוּ מ"ש וַיְהִי בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה יָצְאוּ כָּל צִבְאוֹת הוי' מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם ולאח"ז כְּתִיב וַיְהִי בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה הוֹצִיא הוי' אֶת בנ"י מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם עַל צִבְאֹתָם, צִבְאוֹת הוי' לְשׁוֹן סָמוּךְ הֵם הַצְּבָאוֹת שֶׁנִּתְבָּרְרוּ בְּגָלוּת מִצְרַיִם וְנִתְעַלּוּ לִכְלַל בְּשֵׁם הוי', שֶׁלָּכֵן נק' צִבְאוֹת הוי' לְפִי שֶׁהֵם טְפֵלִים וּסְמוּכִים וְנִכְלָלִים בְּשֵׁם הוי'. וּמִצַּד הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁנִּתְבָּרְרוּ ע"י יִשְׂרָאֵל, גַּם יִשְׂרָאֵל נק' צִבְאוֹת הוי'. ויתירה מִזּוֹ – הוֹצִיא הוי' אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל גו' עַל צִבְאֹתָם הוּא זֶה שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם לְמַעְלָה מבחי' הַנִּיצוֹצוֹת שֶׁנִּתְבָּרְרוּ. דְּמִכֵּיוָן שֶׁיִּשְׂרָאֵל הֵם הַמְבָרְרִים אֶת הַנִּיצוֹצוֹת הֲרֵי הֵם לְמַעְלָה מֵהֶם.
Tel est le lien qui unit « les armées de Havayé » et « au-dessus de leurs armées » au Nom Tsevaot. Il y a d'abord le service du birour des étincelles et de leur inclusion dans Havayé : ce sont « les armées de Havayé ». Ce service fait d'Israël « au-dessus de leurs armées », au-dessus du niveau des étincelles. Par là, on attire une abondance de lumière depuis un lieu extrêmement élevé (qui est au-dessus du niveau de la Torah telle qu'elle est dévoilée). Et cette lumière perce toutes les cloisons [parsaot] et tous les écrans [massakhim] qui séparent Émanation [Atsilout] de Beria-Yetsira-Création, Formation, Action [Assia], si bien qu'en Beria-Yetsira-Assia aussi « Lui et Ses récipients sont un » [ihou vegarmohi 'had], comme en Atsilout.
וְזוֹהִי הַשַּׁיָּיכוּת דִּצְבָאוֹת הוי' וְעַל צִבְאֹתָם לְהַשֵּׁם צִבְאוֹת, דע"י הָעֲבוֹדָה דְּבֵירוּר הַנִּיצוֹצוֹת וְהִתְכַּלְּלוּתָם בהוי', צִבְאוֹת הוי', שע"י עֲבוֹדָה זוֹ נַעֲשִׂים יִשְׂרָאֵל עַל צִבְאֹתָם, לְמַעְלָה מבחי' הַנִּיצוֹצוֹת, הִנֵּה עי"ז מַמְשִׁיכִים רִיבּוּי אוֹר מִמָּקוֹם עֶלְיוֹן בְּיוֹתֵר (שֶׁלְּמַעְלָה מִבְּחִינַת הַתּוֹרָה כְּמוֹ שֶׁהִיא בְּגִילּוּי), וְאוֹר זֶה בּוֹקֵעַ אֶת כָּל הַפַּרְסָאוֹת וְהַמַּסָּכִים שֶׁבֵּין אֲצִילוּת לבי"ע, עַד שֶׁגַּם בבי"ע נַעֲשֶׂה איהו וגרמוהי חד כְּמוֹ בַּאֲצִילוּת.
Expliquons la chose plus en profondeur (le lien entre « les armées de Havayé » et le Nom Tsevaot). Le Nom Tsevaot se situe dans Nétsa'h et Hod. Sa Sainteté mon beau-père l'Admour explique, dans le hemchekh [série de maamarim] du jour de la hilloula, que l'attribut de Nétsa'h est planté et enraciné dans l'essence même de l'âme, et que, pour la victoire [nitsa'hon] dans la guerre, il se révèle depuis l'essence de l'âme. C'est pourquoi le service de l'attribut de Nétsa'h, la victoire dans la guerre (contre le Néfech habahamit [âme animale]), attire et dévoile ce qui émane de l'Essence de l'Or Ein Sof [lumière infinie]. Cela est expliqué longuement dans le hemchekh, et plus longuement encore (avec plusieurs détails supplémentaires) dans les discours de Sa Sainteté l'Admour (l'Admour Rachab), que son âme repose en Éden, jusqu'à la notion de « la justice de Ses villes ouvertes [pirzono] en Israël ». Pirzono évoque perazot [villes ouvertes], comme dans ce qui est dit : « Jérusalem sera habitée comme des villes ouvertes [perazot], sans muraille » : au-dessus de toute mesure et de toute limite. Cela permet de comprendre pourquoi le service des « armées de Havayé » attire le Nom Tsevaot. On connaît en effet l'enseignement du Maguid (à propos de « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des tsadikim ») : avant même qu'Israël fût créé (avant tout l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout], au sujet duquel Il prit conseil), sa forme était gravée en Lui, béni soit-Il. Et c'est par le service des enfants d'Israël que cette réalité est attirée et se révèle. Dès lors, le service des « armées de Havayé » attire le Nom Tsevaot, car ce Nom se situe (comme on l'a dit) dans Nétsa'h et Hod. Mon père, mon maître et mon rabbi l'explique longuement : les lettres du Nom Tsevaot et leur ordre (tsadi-beth ; les deux youd de l'aleph ; vav-tav) indiquent Nétsa'h et Hod. [Le Pardès et plusieurs passages de la Kabbalah enseignent que le Nom Tsevaot se trouve aussi dans Yessod ; mais ce qui importe ici, c'est le Nom Tsevaot tel qu'il est dans Nétsa'h et Hod.] Et puisque la forme d'Israël est gravée en Lui, béni soit-Il (comme on l'a dit), le service des « armées de Havayé », le service de Nétsa'h, réalise le Nom Tsevaot, qui est dans Nétsa'h (et Hod). Autrement dit, le service de la victoire dans la guerre attire et dévoile ce qui émane de l'Essence de l'Or Ein Sof ; et par cet épanchement, « Lui et Ses récipients sont un » (même) en Beria-Yetsira-Assia.
י) וּבֵאוּר הָעִנְיָן (הַשַּׁיָּיכוּת דִּצְבָאוֹת הוי' לְשֵׁם צִבְאוֹת) בְּעוֹמֶק יוֹתֵר, הִנֵּה שֵׁם צִבְאוֹת הוּא בְּנֶצַח וְהוֹד. וּמְבֹאָר כ"ק מו"ח אדמו"ר בְּהַהֶמְשֵׁךְ דְּיוֹם ההילולא, שֶׁמִּדַּת הַנֵּצַח נָטוּעַ וּמֻשְׁרָשׁ בְּעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ, וּבִשְׁבִיל נִצָּחוֹן הַמִּלְחָמָה מִתְגַּלֶּה מֵעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ. וְלָכֵן ע"י הָעֲבוֹדָה דְּמִדַּת הַנֵּצַח, נִצָּחוֹן הַמִּלְחָמָה (עִם נה"ב), נִמְשָׁךְ וּמִתְגַּלֶּה מֵעַצְמוּת אוא"ס, כַּמְבוֹאָר בַּאֲרֻכָּה בְּהַהֶמְשֵׁךְ, וּבַאֲרוּכָּה יוֹתֵר (עִם כַּמָּה פְּרָטִים נוֹסָפִים)בִּדְרוּשֵׁי כ"ק אדמו"ר (מהורש"ב) נ"ע, עַד לְעִנְיַן צִדְקַת פִּרְזוֹנוֹ בְּיִשְׂרָאֵל, פִּרְזוֹנוֹ לְשׁוֹן פְּרָזוֹת ע"ד מ"ש פְּרָזוֹת תֵּשֵׁב יְרוּשָׁלַיִם בְּלִי חוֹמָה, לְמַעְלָה ממדוה"ג. ועפ"ז יוּבַן מַה שע"י הָעֲבוֹדָה דִּצְבָאוֹת הוי' מַמְשִׁיכִים שֵׁם צִבְאוֹת, דְּהִנֵּה יְדוּעָה תּוֹרַת הָרַב הַמַּגִּיד (בְּעִנְיַן בְּמִי נִמְלַךְ בְּנִשְׁמוֹתֵיהֶן שֶׁל צַדִּיקִים), דְּיִשְׂרָאֵל גַּם קֹדֶם שֶׁנִּבְרְאוּ (קֹדֶם כָּל סֵדֶר ההשתל' שֶׁאוֹדוּתוֹ נִמְלַךְ) הי' נֶחֱקַק צוּרָתָם בּוֹ ית'. וע"י עֲבוֹדַת בנ"י נִמְשָׁךְ וּמִתְגַּלֶּה עִנְיָן זֶה. וְלָכֵן ע"י הָעֲבוֹדָה דִּצְבָאוֹת הוי', נִמְשָׁךְ שֵׁם צִבְאוֹת, כִּי שֵׁם זֶה הוּא (כנ"ל) בְּנֶצַח וְהוֹד, וּכְמוֹ שֶׁמְּבֹאָר אאמו"ר בַּאֲרֻכָּה שֶׁהָאוֹתִיּוֹת דְּשֵׁם צִבְאוֹת וְסִדְרָן (צ"ב, ב' יודי"ן דאל"ף, ו"ת) מוֹרִים עַל נֶצַח וְהוֹד [בַּפַּרְדֵּס ובכ"מ בְּקַבָּלָה אִיתָא דְּשֵׁם צְבָאוֹת הוּא גַּם בִּיסוֹד, אֲבָל מַה שֶׁנּוֹגֵעַ כָּאן הוּא עִנְיַן שֵׁם צְבָאוֹת כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּנֶצַח וְהוֹד], וּמִכֵּיוָן שֶׁצּוּרָתָם שֶׁל יִשְׂרָאֵל חֲקוּקָה בּוֹ ית' (כנ"ל), לָכֵן ע"י הָעֲבוֹדָה דִּצְבָאוֹת הוי', הָעֲבוֹדָה דְּנֶצַח, נַעֲשֶׂה עִנְיַן שֵׁם צִבְאוֹת שֶׁהוּא בְּנֶצַח (וְהוֹד). וְהַיְינוּ שע"י הָעֲבוֹדָה דְּנִצָּחוֹן הַמִּלְחָמָה, נִמְשָׁךְ וּמִתְגַּלֶּה מֵעַצְמוּת אוא"ס, וע"י הַמְשָׁכָה זוֹ נַעֲשֶׂה איהו וגרמוהי חד (גַּם) בבי"ע.
Et cela donne la force pour le service des birourim [clarifications, tri du bien d'avec le mal] au temps de la galout. Cela donne aussi la force d'emporter toutes les choses, « des objets d'argent, des objets d'or et des vêtements », lors de la guéoula [délivrance] future, qui se fera « la main haute » (comme le fut la guéoula de la sortie d'Égypte, ainsi que le dit le passouk : « Comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui ferai voir des prodiges »). Car c'est par nos actes et par notre service tout au long du temps de la galout, et en particulier durant l'ikveta deMechi'ha [la période qui précède immédiatement la venue de Machia'h], que les enfants d'Israël sortiront la main haute pour accueillir notre Machia'h juste, bientôt, de nos jours mêmes.
וְזֶה נוֹתֵן כֹּחַ עַל עֲבוֹדַת הַבֵּירוּרִים בִּזְמַן הַגָּלוּת, אוּן מִיטְנֶעמֶען כָּל הָעִנְיָנִים, כְּלֵי כֶּסֶף וּכְלֵי זָהָב וּשְׂמָלוֹת, בַּגְּאוּלָּה הָעֲתִידָה שתהי' בְּיָד רָמָה (כְּמוֹ שֶׁהָיְתָה הַגְּאוּלָּה דִּיצִיאַת מִצְרַיִם, כמ"ש כִּימֵי צֵאתְךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם אַרְאֶנּוּ נִפְלָאוֹת) שע"י מַעֲשֵׂינוּ וַעֲבוֹדָתֵינוּ בְּמֶשֶׁךְ זְמַן הַגָּלוּת וּבִפְרָט בְּעִקְבְתָא דמשיחא יהי' וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל יוֹצְאִים בְּיָד רָמָה לְקַבֵּל פְּנֵי מָשִׁיחַ צִדְקֵנוּ, בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ מַמָּשׁ.