HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5711
MAAMARמאמר
כותב כ"ק
« Je suis venu dans Mon jardin »
Youd Chevat 5711 [1951]
Hébreu
texte intégral
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשי"א · 1951
MAAMARמאמר

בָּאתִי לְגַנִּי

« Je suis venu dans Mon jardin »

Youd Chevat 5711 [1951]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : בס"ד, יו"ד שבט, תשי"א*. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : בס"ד, יו"ד שבט, תשי"א*. Traduction française littérale en regard.

Chapitre 1 · Le cœur de la Chekhina, en basא

Sa Sainteté mon beau-père l'Admour écrit1, dans son maamar pour le jour de sa histalkout [départ de ce monde], Youd Chevat 5710 [1950] :
כותב כ"ק מו"ח אדמו"ר, במאמרו ליום הסתלקותו, יו"ד שבט השי"ת:
« Je suis venu dans Mon jardin [Bati LeGani], Ma sœur, [Ma] fiancée ». Et il est rapporté dans le Midrach Rabba (à sa place) : « Il n'est pas écrit ici "au jardin" [lagan], mais "à Mon jardin" [legani], c'est-à-dire "à Ma chambre nuptiale" [leginouni], au lieu qui était Mon lieu essentiel au commencement ; car l'essentiel de la Chekhina était dans les mondes inférieurs [ta'htonim]. » Fin de citation. Pour comprendre la précision de l'expression « l'essentiel de la Chekhina », voici : sur le sens du mot Chekhina, Sa Sainteté l'Admour Hazakène explique (a) qu'elle est appelée Chekhina parce qu'elle réside [chokhenet] et se revêt, d'après l'expression « et Je résiderai [vechakhanti] parmi eux » ; elle est le commencement de la révélation de l'Or Ein Sof [lumière infinie]. Or, de ce qu'il écrit que le commencement de la révélation de l'Or Ein Sof est appelé du nom de Chekhina, on comprend que la notion de Chekhina se situe aussi très au-dessus d'Atsilout [Émanation], jusque dans le degré de la lumière d'avant la contraction [tsimtsoum] ; en effet, le commencement de la révélation se trouve dans la lumière de l'Ein Sof d'avant le tsimtsoum. C'est ce qu'écrit Sa Sainteté l'Admour HaEmtsaï (b) : l'illumination du kav [ligne] et du 'hout [fil], par rapport à l'essence de l'Or Ein Sof, est appelée du nom de Chekhina. Car la notion de Chekhina se retrouve en tout lieu, selon le sujet dont il est question. Par rapport à Atsilout, c'est royauté [Malkhout] qui est appelée du nom de Chekhina. Et là encore, sur le fait que Malkhout d'Atsilout soit appelée Chekhina, Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek explique (c) que cela vaut précisément lorsqu'elle devient le degré d'Atik [le degré le plus intérieur du Kéter] pour le monde de Création [Beria] ; mais tant qu'elle est en Atsilout, elle est unie à elles (aux séfirot d'Atsilout), et le terme de Chekhina ne s'applique pas. Cela ne contredit pourtant pas ce qui a été dit plus haut, que le kav est appelé du nom de Chekhina. Car la Chekhina dont parlent les propos de nos Sages, de mémoire bénie, c'est Malkhout d'Atsilout, et encore seulement lorsqu'elle devient précisément le degré d'Atik pour Beria ; mais dans sa racine, c'est-à-dire telle qu'elle est par rapport à l'Or Ein Sof, le kav lui aussi est appelé du nom de Chekhina. L'une des raisons pour lesquelles le kav est appelé du nom de Chekhina par rapport à l'Or Ein Sof, Sa Sainteté l'Admour Maharach l'écrit (d), est que le kav est attiré afin de se revêtir dans les mondes et dans les âmes d'Israël ; c'est pourquoi, dès son commencement, il est appelé du nom de Chekhina. Plus haut encore, sur la Chekhina dans sa racine première, au-dessus du tsimtsoum, Sa Sainteté l'Admour, dont l'âme repose en Éden, explique (e) que la révélation de la lumière telle qu'elle est avant le tsimtsoum est appelée du nom de Chekhina. Car dans l'ensemble de la lumière d'avant le tsimtsoum, il y a trois degrés : l'essence de la lumière et l'expansion de la lumière ; et dans l'expansion de la lumière, deux degrés : la révélation de la lumière telle qu'elle est pour elle-même, qui est la source de la lumière qui entoure [sovev], et la révélation de la lumière, telle qu'elle est pour elle-même, qui se rapporte aux mondes, qui est la source de la lumière qui remplit [memalé]. C'est cette révélation de la lumière qui est appelée du nom de Chekhina. Bien qu'elle soit d'avant le tsimtsoum et qu'il soit impossible qu'elle soit une source pour les mondes (c'est pourquoi il a fallu le tsimtsoum, et un premier tsimtsoum qui soit précisément de l'ordre d'un retrait [silouk]), elle est néanmoins appelée du nom de Chekhina. Telle est la précision de l'expression « l'essentiel de la Chekhina était dans les mondes inférieurs » : la révélation de la Chekhina dans les mondes inférieurs n'est pas la Chekhina telle qu'elle est par rapport à Atsilout, c'est-à-dire Malkhout, ni telle qu'elle est par rapport à l'Or Ein Sof, c'est-à-dire le kav ; c'est l'essentiel et l'intériorité de la Chekhina qui était précisément dans les mondes inférieurs. Car la lumière (f) qui se revêt dans les mondes vient selon un ordre et une gradation : plus haut, elle se révèle davantage, et plus elle est attirée vers le bas et descend dans l'enchaînement, plus la lumière diminue. Il en est ainsi, de manière générale, de la lumière de l'ordre de l'hichtalchelout [enchaînement des mondes]. Et bien qu'avant la faute la lumière fût révélée en bas aussi, même alors la révélation de la lumière était plus grande en haut, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie* (f) : « Il étendit Sa droite et créa les cieux, Il étendit Sa gauche et créa la terre. » Mais l'intention porte sur la lumière qui est au-dessus des mondes, l'essentiel de la Chekhina.
בָּאתִי לְגַנִּי אֲחֹתִי כַלָּה, וְאִיתָא בְּמִדְרָשׁ רַבָּה (בִּמְקוֹמוֹ) לַגַּן אֵין כְּתִיב כָּאן אֶלָּא לְגַנִּי, לִגְנוּנִי, לַמָּקוֹם שֶׁהָיָה עִקָּרִי בִּתְחִלָּה, דְּעִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים הָיְתָה. עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. וּלְהָבִין דִּיּוּק הַלָּשׁוֹן עִיקַּר שְׁכִינָה, הִנֵּה בְּפֵרוּשׁ שְׁכִינָה מְבָאֵר כ"ק אַדְמוֹ"ר הַזָּקֵן שֶׁנִּקְרָא שְׁכִינָה עַל שֵׁם שֶׁשּׁוֹכֶנֶת וּמִתְלַבֶּשֶׁת, מִלְּשׁוֹן "וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם", שֶׁהוּא רֵאשִׁית הִתְגַּלּוּת אוֹר אֵין סוֹף. וְהִנֵּה מִמַּה שֶׁכּוֹתֵב שֶׁרֵאשִׁית הִתְגַּלּוּת אוֹר אֵין סוֹף נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה, מוּבָן מִזֶּה שֶׁעִנְיַן שְׁכִינָה הוּא לְמַעְלָה מַעְלָה מֵאֲצִילוּת גַּם כֵּן, גַּם בִּבְחִינַת הָאוֹר שֶׁלִּפְנֵי הַצִּמְצוּם, שֶׁהֲרֵי רֵאשִׁית הַהִתְגַּלּוּת הוּא בְּאוֹר אֵין סוֹף שֶׁלִּפְנֵי הַצִּמְצוּם, וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב כ"ק אַדְמוֹ"ר הָאֶמְצָעִי כִּי הֶאָרַת הַקַּו וְחוּט לְגַבֵּי עַצְמִיּוּת אוֹר אֵין סוֹף נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה. כִּי עִנְיַן שְׁכִינָה הוּא בְּכָל מָקוֹם לְפִי עִנְיָנוֹ. לְגַבֵּי אֲצִילוּת הִנֵּה הַמַּלְכוּת נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה. וְגַם בָּזֶה מַה שֶּׁמַּלְכוּת דַּאֲצִילוּת נִקְרָא שְׁכִינָה מְבָאֵר כ"ק אַדְמוֹ"ר הַצֶּמַח צֶדֶק שֶׁזֶּהוּ דַּוְקָא כְּמוֹ שֶׁנַּעֲשֵׂית בְּחִינַת עַתִּיק לְעוֹלַם הַבְּרִיאָה, אֲבָל בִּהְיוֹתָהּ בַּאֲצִילוּת הִיא מְיֻחֶדֶת עִמָּהֶם (עִם הַסְּפִירוֹת דַּאֲצִילוּת), וְלֹא שַׁיָּךְ לְשׁוֹן שְׁכִינָה. וּמִכָּל מָקוֹם אֵין זֶה סוֹתֵר לְמַה שֶּׁנִּתְבָּאֵר לְעֵיל שֶׁהַקַּו נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה, כִּי שְׁכִינָה שֶׁנֶּאֱמַר בְּדִבְרֵי רַזַ"ל הַיְינוּ מַלְכוּת דַּאֲצִילוּת, וְאַף גַּם זֹאת רַק כְּשֶׁנַּעֲשֵׂית בְּחִינַת עַתִּיק לַבְּרִיאָה דַּוְקָא, אֲבָל בְּשָׁרְשָׁהּ, הַיְינוּ כְּמוֹ שֶׁהוּא לְגַבֵּי אוֹר אֵין סוֹף, הִנֵּה גַּם הַקַּו נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה. וְאַחַד הַטְּעָמִים מַה שֶּׁהַקַּו נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה לְגַבֵּי אוֹר אֵין סוֹף, כָּתַב כ"ק אַדְמוֹ"ר מהר"ש לְפִי שֶׁהַקַּו כַּוָּנַת הַמְשָׁכָתוֹ בִּשְׁבִיל שֶׁיִּתְלַבֵּשׁ בָּעוֹלָמוֹת וְנִשְׁמוֹת יִשְׂרָאֵל, וְלָכֵן הִנֵּה גַּם בְּרֵאשִׁיתוֹ נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה. וּלְמַעְלָה יוֹתֵר שְׁכִינָה בְּשָׁרְשׁוֹ הָרִאשׁוֹן לְמַעְלָה מֵהַצִּמְצוּם, מְבָאֵר כ"ק אַדְמוֹ"ר נ"ע שֶׁגִּלּוּי הָאוֹר כְּמוֹ שֶׁהוּא לִפְנֵי הַצִּמְצּום, נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה. שֶׁבִּכְלָלוּת הָאוֹר שֶׁלִּפְנֵי הַצִּמְצוּם יֵשׁ בּוֹ ג' מַדְרֵגוֹת, עֶצֶם הָאוֹר וְהִתְפַּשְּׁטוּת הָאוֹר; וּבְהִתְפַּשְׁטוּת הָאוֹר ב' מַדְרֵגוֹת: גִּלּוּי הָאוֹר כְּמוֹ שֶׁהוּא לְעַצְמוֹ שֶׁזֶּהוּ מְקוֹר אוֹר הַסּוֹבֵב, וְגִלּוּי הָאוֹר לְעַצְמוֹ הַשַּׁיָּךְ לְהָעוֹלָמוֹת שֶׁזֶּהוּ מְקוֹר אוֹר הַמְמַלֵּא, וְגִלּוּי הָאוֹר הַזֶּה נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה. וְאַף שֶׁהוּא לִפְנֵי הַצִּמְצוּם וְאִי אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיֶה מָקוֹר לָעוֹלָמוֹת, שֶׁלָּכֵן הֻצְרַךְ לִהְיוֹת הַצִּמְצוּם, וְצִמְצוּם הָרִאשׁוֹן שֶׁהוּא בִּבְחִינַת סִלּוּק דַּוְקָא, מִכָּל מָקוֹם נִקְרָא בְּשֵׁם שְׁכִינָה. וְזֶהוּ דִּיּוּק הַלָּשׁוֹן 'עִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים הָיְתָה', הַיְינוּ שֶׁגִּלּוּי הַשְּׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים, הוּא לֹא הַשְּׁכִינָה כְּמוֹ שֶׁהוּא לְגַבֵּי אֲצִילוּת, הַיְינוּ מַלְכוּת, גַּם לֹא כְּמוֹ שֶׁהוּא לְגַבֵּי אוֹר אֵין סוֹף, הַיְינוּ הַקַּו, כִּי אִם עִיקַּר וּפְנִימִיּוּת הַשְּׁכִינָה הָיְתָה בַּתַּחְתּוֹנִים דַּוְקָא, כִּי הָאוֹר שֶׁנִּתְלַבֵּשׁ בָּעוֹלָמוֹת הֲרֵי הוּא בָּא בְּסֵדֶר וְהַדְרָגָה. וּלְמַעְלָה מֵאִיר בְּגִלּוּי יוֹתֵר, וְכָל מַה שֶּׁנִּמְשָׁךְ וּמִשְׁתַּלְשֵׁל, מִתְמַעֵט הָאוֹר. וְכֵן הוּא בִּכְלָל בָּאוֹר דְּסֵדֶר הִשְׁתַּלְשְׁלוּת. וְאַף שֶׁקֹּדֶם הַחֵטְא הָיָה גַּם לְמַטָּה הָאוֹר בְּגִלּוּי, מִכָּל מָקוֹם הָיָה גַּם אָז גִּלּוּי הָאוֹר יוֹתֵר לְמַעְלָה. וּכְמַאֲמַר רַזַ"ל נָטָה יְמִינוֹ וּבָרָא שָׁמַיִם, נָטָה שְׂמֹאלוֹ וּבָרָא אָרֶץ. אֶלָּא הַכַּוָּנָה עַל הָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה מֵעוֹלָמוֹת, עִיקַּר שְׁכִינָה.

Chapitre 2 · La terre avant les cieuxב

Or, que « l'essentiel de la Chekhina était dans les mondes inférieurs », le midrach montre clairement que « les inférieurs » désigne ce monde-ci, matériel. Il explique en effet que, par la faute de l'arbre de la connaissance, la Chekhina s'est retirée de la terre vers le firmament [rakia], et que, par le Matan Torah sur le mont Sinaï, « Je suis venu dans Mon jardin, à Ma chambre nuptiale ». L'essentiel du retrait causé par la faute tient précisément à la faute de l'arbre de la connaissance. Pour ce qui est de la faute elle-même, la principale des fautes fut la faute de l'arbre de la connaissance : c'est par elle que place fut faite aux autres fautes, et elle fut la cause et l'origine des fautes de Caïn, d'Enosh, etc. Il en va de même de l'effet de la faute : l'essentiel du retrait causé par la faute est que la Chekhina se soit retirée de ce monde inférieur précisément, par la faute de l'arbre de la connaissance. De même, en effet, que l'essentiel de la Chekhina dans les mondes inférieurs se trouve précisément dans ce monde-ci, de même pour le retrait : l'essentiel du retrait est qu'elle se soit retirée de la terre précisément. Cela s'est produit par la faute de l'arbre de la connaissance, par laquelle la Chekhina s'est retirée de la terre vers le firmament. C'est aussi la raison pour laquelle (le maamar) ne joint pas la faute de l'arbre de la connaissance aux fautes de Caïn et d'Enosh, et la compte à part : par les fautes de Caïn et d'Enosh, la Chekhina s'est retirée d'un firmament à un autre, tandis que par la faute de l'arbre de la connaissance, elle s'est retirée de la terre vers le firmament. Outre que le retrait de la terre est ce qui nous concerne au premier chef, c'est aussi là l'essentiel de la notion de retrait.
וְהִנֵּה זֶה דְּעִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים הָיְתָה, מְבֹאָר מֵהַמִּדְרָשׁ דְּתַחְתּוֹנִים קָאֵי עַל עוֹלָם הַזֶּה הַגַּשְׁמִי, וּכְמוֹ שֶׁמְּבָאֵר דְּעַל יְדֵי חֵטְא עֵץ הַדַּעַת נִסְתַּלְּקָה הַשְּׁכִינָה מֵאֶרֶץ לָרָקִיעַ, וְעַל יְדֵי מַתַּן תּוֹרָה עַל הַר סִינַי בָּאתִי לְגַנִּי לִגְנוּנִי. וְעִיקַּר הַסִּלּוּק שֶׁנַּעֲשָׂה עַל יְדֵי הַחֵטְא הוּא בְּחֵטְא עֵץ הַדַּעַת דַּוְקָא. וּכְמוֹ שֶׁבְּעִנְיַן הַחֵטְא, הֲרֵי עִיקַּר הַחֲטָאִים הָיָה חֵטְא עֵץ הַדַּעַת, שֶׁהֲרֵי עַל יְדֵי חֵטְא עֵץ הַדַּעַת הָיָה נְתִינַת מָקוֹם לִשְׁאָר הַחֲטָאִים, וְחֵטְא עֵץ הַדַּעַת הָיָה סִבָּה וְגוֹרֵם לְהַחֲטָאִים דְּקַיִן וֶאֱנוֹשׁ וְכוּ', כְּמוֹ כֵן הוּא בִּפְעֻלַּת הַחֵטְא, דְּהַסִּלּוּק שֶׁנַּעֲשָׂה עַל יְדֵי הַחֵטְא הִנֵּה עִיקַּר הַסִּלּוּק הוּא מַה שֶׁנִּסְתַּלֵּק עַל יְדֵי חֵטְא עֵץ הַדַּעַת מֵעוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן דַּוְקָא, דִּכְשֵׁם שֶׁעִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים הוּא בָּעוֹלָם הַזֶּה דַּוְקָא, הִנֵּה כְּמוֹ כֵן הוּא בְּהַסִּלּוּק, דְּעִיקַּר הַסִּלּוּק הוּא מַה שֶׁנִּסְתַּלְּקָה מֵהָאָרֶץ דַּוְקָא, שֶׁזֶּה נַעֲשָׂה עַל יְדֵי חֵטְא עֵץ הַדַּעַת, שֶׁעַל יְדֵי זֶה נִסְתַּלְּקָה הַשְּׁכִינָה מֵאֶרֶץ לָרָקִיעַ, וְזֶהוּ גַּם כֵּן הַטַּעַם שֶׁאֵינוֹ מְצָרֵף (בְּהַמַּאֲמָר) חֵטְא עֵץ הַדַּעַת עִם הַחֲטָאִים דְּקַיִן וֶאֱנוֹשׁ וְחוֹשֵׁב זֶה בִּפְנֵי עַצְמוֹ, לְפִי שֶׁבְּהַחֲטָאִים דְּקַיִן וֶאֱנוֹשׁ נִסְתַּלְּקָה הַשְּׁכִינָה מֵרָקִיעַ לָרָקִיעַ, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּחֵטְא עֵץ הַדַּעַת שֶׁנִּסְתַּלְּקָה מֵאֶרֶץ לָרָקִיעַ, שֶׁלְּבַד זֹאת שֶׁהַסִּלּוּק מֵהָאָרֶץ, זֶה בְּעִקָּר נוֹגֵעַ לָנוּ, הִנֵּה זֶהוּ גַּם עִיקַּר עִנְיַן הַסִּלּוּק.

Chapitre 3 · Moché, septième après Avrahamג

(Il poursuit dans le maamar :) Ensuite, sept tsadikim se levèrent et firent redescendre la Chekhina en bas. Avraham eut le mérite de faire descendre la Chekhina du septième firmament [rakia] au sixième, etc. (il abrège ici, puis conclut :) jusqu’à Moché, qui est le septième (« et tous les septièmes sont chéris »), qui la fit descendre en bas, sur terre. Car l’essentiel de l’épanchement passe par Moché : c’est précisément Moché qui la fit descendre en bas, sur terre. De même en effet que, pour le retrait d’en bas vers en haut, l’essentiel tient à la faute de l’arbre de la connaissance, par laquelle elle se retira de la terre, comme on l’a vu plus haut, de même en est-il de l’épanchement d’en haut vers en bas : l’essentiel de l’épanchement se fait précisément en bas, sur terre. Outre que l’épanchement vers le bas est ce qui nous concerne au premier chef, c’est aussi là l’essentiel de l’épanchement. Et cela s’accomplit précisément par Moché. La raison en est donnée dans le maamar, entre parenthèses : car « tous les septièmes sont chéris ». ג) Or, de l’expression de nos Sages, de mémoire bénie, « et tous les septièmes sont chéris », et non « tous les chéris sont septièmes », il ressort que ce qui fait la véritable grandeur, c’est d’être septième : c’est parce qu’il est septième qu’il est chéri. Autrement dit, ce qui le rend cher ne tient pas à une chose qui dépend de son choix, de sa volonté et de son service, mais au fait qu’il est septième, ce qui vient de la naissance ; et malgré cela, « tous les septièmes sont chéris ». C’est pourquoi Moché eut le mérite que la Torah fût donnée par son intermédiaire. Or, Sa Sainteté mon beau-père l’Admour a expliqué (au début de son arrivée en Amérique)ז) que, même dans le fait que « les septièmes sont chéris », on reconnaît la supériorité du premier : tout ce qui fait le septième, c’est qu’il est septième par rapport au premier. Il expliqua alors la supériorité du premier, à savoir Avraham, notre père : elle tient à son service, et à ce que son service se faisait avec mesirout néfech. Il ne s’en contente pas encore et ajoute (bien que, apparemment, cela ne touche pas là au fond du sujet) que sa mesirout néfech avait ceci de particulier qu’il ne recherchait pas la mesirout néfech. Telle est la différence entre la mesirout néfech d’Avraham, notre père, et celle de Rabbi Akiva. La mesirout néfech de Rabbi Akiva consistait en ce qu’il recherchait la mesirout néfech : « Quand cela se présentera-t-il à moi, que je l’accomplisse ? » Chez Avraham, au contraire, la mesirout néfech se présentait de manière incidente. Avraham savait que l’essentiel du service est ce qui est écrit : « Il proclama [vayikra] là le Nom de Havayé, D.ieu du monde » ; ne lis pas vayikra [il proclama], mais vayakri [il fit proclamer] : que l’autre, lui aussi, se mette à crier. Et si, pour cela, une mesirout néfech s’imposait de façon incidente, il y consentait également. Si grande est la supériorité de son service et de sa mesirout néfech que même Moché, s’il eut le mérite que la Torah fût donnée par son intermédiaire, c’est parce que « les septièmes sont chéris » : il est le septième par rapport au premier. Et HaKadoch Barou’h Hou lui dit (à Moché) : « À la place des grands (Avraham), ne te tiens pas ». Or, bien que le septième soit si chéri, et que cela ne vienne ni du choix ni du service, mais d’un donné tout fait, dû à la naissance, il n’y a là néanmoins aucune limite qui ferait dire que c’est hors de portée et que cela ne concerne que des êtres d’exception. Bien au contraire, comme il est expliqué dans le Tana devei Eliyahou (chapitres 9 et 25) et rapporté dans les textes de 'Hassidout, tout Israël, et même un esclave, et même une servanteח), peut parvenir à ce que repose sur lui la Roua'h HaKodech, et chacun en Israël est tenu de dire : « Quand mes actes atteindront-ils les actes de mes pères, Avraham, Yits'hak et Yaakov ? » Néanmoins, il ne faut pas se leurrer soi-même, et il faut savoir qu’« à la place des grands, ne te tiens pas ». Toute la supériorité du septième, c’est qu’il est septième par rapport au premier : il peut mener à son terme le service et la mission du premier, « ne lis pas vayikra mais vayakri ». Tel est ce qui rend cher le septième : c’est lui qui attire la Chekhina ; bien plus, il attire l’essentiel de la Chekhina ; et plus encore, il l’attire dans les mondes inférieurs.
(וּמַמְשִׁיךְ בַּמַּאֲמָר) וְאַחַר כָּךְ עָמְדוּ ז' צַדִּיקִים וְהוֹרִידוּ אֶת הַשְּׁכִינָה לְמַטָּה, אַבְרָהָם זָכָה וְהוֹרִיד אֶת הַשְּׁכִינָה מֵרָקִיעַ ז׳ לְו׳ כוּ' (וּמְקַצֵּר בָּזֶה וּמְסַיֵּם) עַד כִּי מֹשֶׁה שֶׁהוּא הַשְּׁבִיעִי (וְכָל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין) הוֹרִידוֹ לְמַטָּה בָּאָרֶץ. דְּעִיקַּר עִנְיַן הַהַמְשָׁכָה הוּא עַל יְדֵי מֹשֶׁה, שֶׁהֲרֵי מֹשֶׁה דַּוְקָא הוֹרִידוֹ לְמַטָּה בָּאָרֶץ, דִּכְשֵׁם שֶׁבְּעִנְיַן הַסִּלּוּק מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה הֲרֵי הָעִקָּר הוּא בְּחֵטְא עֵץ הַדַּעַת שֶׁנִּסְתַּלֵּק מֵהָאָרֶץ כַּנַּ"ל, הִנֵּה כְּמוֹ כֵן הוּא בְּעִנְיַן הַהַמְשָׁכָה מִלְמַעְלָה לְמַטָּה, עִיקַּר עִנְיַן הַהַמְשָׁכָה הוּא לְמַטָּה בָּאָרֶץ דַּוְקָא, דִּלְבַד זֹאת שֶׁהַהַמְשָׁכָה לְמַטָּה בְּעִקָּר נוֹגֵעַ לָנוּ, הִנֵּה זֶהוּ גַּם עִיקַּר עִנְיַן הַהַמְשָׁכָה. וְזֶה נַעֲשָׂה עַל יְדֵי מֹשֶׁה דַּוְקָא. וְהַטַּעַם לָזֶה מְבָאֵר בְּהַמַּאֲמָר בְּמֻסְגָּר, כִּי כָּל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין. וְהִנֵּה מִלְּשׁוֹן רַזַ"ל 'וְכָל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין' וְלֹא ׳כָּל הַחֲבִיבִין שְׁבִיעִין׳, מוּכָח מִזֶּה שֶׁעִיקַּר הַמַּעֲלָה הוּא זֶה שֶׁהוּא שְׁבִיעִי, וּמִפְּנֵי זֶה שֶׁהוּא שְׁבִיעִי מִצַּד זֶה הוּא חֲבִיבוּתוֹ, הַיְינוּ שֶׁחֲבִיבוּתוֹ אֵינוֹ מִצַּד עִנְיָן הַתָּלוּי בִּבְחִירָתוֹ רְצוֹנוֹ וַעֲבוֹדָתוֹ, כִּי אִם בָּזֶה שֶׁהוּא שְׁבִיעִי, שֶׁזֶּה בָּא מִצַּד הַתּוֹלָדָה, וּבְכָל זֹאת הִנֵּה כָּל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין. וְלָכֵן זָכָה מֹשֶׁה שֶׁנִּתְּנָה תּוֹרָה עַל יָדוֹ. וְהִנֵּה בֵּאֵר כ"ק מו"ח אַדְמוֹ"ר (בִּתְחִלַּת בּוֹאוֹ לַאֲמֶרִיקָה) שֶׁגַּם בְּעִנְיָן דְּהַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין נִכָּר מַעֲלַת הָרִאשׁוֹן, שֶׁהֲרֵי כָּל עִנְיַן שְׁבִיעִי הוּא שֶׁהוּא שְׁבִיעִי לָרִאשׁוֹן. וּבֵאֵר אָז מַעֲלָתוֹ שֶׁל הָרִאשׁוֹן שֶׁזֶּהוּ אַבְרָהָם אָבִינוּ, מִפְּנֵי עֲבוֹדָתוֹ, וְשֶׁהָיְתָה עֲבוֹדָתוֹ בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ. וְאֵינוֹ מִסְתַּפֵּק בָּזֶה עֲדַיִן, וּמוֹסִיף עוֹד (אַף דְּלִכְאוֹרָה אֵין זֶה נוֹגֵעַ שָׁם לְגוּף הָעִנְיָן) דְּאֹפֶן הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלּוֹ הָיָה שֶׁלֹּא חִפֵּשׂ מְסִירוּת נֶפֶשׁ, שֶׁזֶּהוּ הַהֶפְרֵשׁ בֵּין הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ דְּאַבְרָהָם אָבִינוּ לְהַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ דְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּהַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ דְּרַבִּי עֲקִיבָא הָיָה ווָאס עֶר הָאט גֶעזוּכְט מְסִירוּת נֶפֶשׁ: מָתַי יָבוֹא לְיָדִי וַאֲקַיְּמֶנּוּ, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּאַבְרָהָם הִנֵּה הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלּוֹ הָיָה בְּדֶרֶךְ אַגַּב. דְּאַבְרָהָם יָדַע שֶׁעִיקַּר הָעֲבוֹדָה הוּא כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב "וַיִּקְרָא שָׁם בְּשֵׁם הֲוָיָ׳ אֵ-ל עוֹלָם", אַל תִּקְרָא וַיִּקְרָא אֶלָּא וַיַּקְרִיא, אַז יֶענֶער זאָל אוֹיךְ שְׁרַייְעֶן, וְאִם נִצְרָךְ לָזֶה בְּדֶרֶךְ אַגַּב מְסִירוּת נֶפֶשׁ, הִנֵּה גַּם זֶה יֶשְׁנוֹ. וְכָל כַּךְ גָּדְלָה מַעֲלַת עֲבוֹדָתוֹ וְהַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ שֶׁלּוֹ, עַד אֲשֶׁר גַּם מֹשֶׁה מַה שֶּׁזָּכָה שֶׁנִּתְּנָה תּוֹרָה עַל יָדוֹ הוּא מִטַּעַם כִּי הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין, שֶׁהוּא שְׁבִיעִי לָרִאשׁוֹן. וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אָמַר לוֹ (לְמֹשֶׁה) בִּמְקוֹם גְּדוֹלִים (אַבְרָהָם) אַל תַּעֲמֹד. וְהִנֵּה אַף כִּי גָּדְלָה חֲבִיבוּת הַשְּׁבִיעִי, וְאֵין זֶה בָּא לֹא עַל יְדֵי בְּחִירָה וְלֹא עַל יְדֵי עֲבוֹדָה, כִּי אִם פַארְטִיקֶערְהֵייט מִצַּד הַתּוֹלָדָה, מִכָּל מָקוֹם אֵין בָּזֶה הַגְבָּלָה שֶׁנֹּאמַר שֶׁנִּפְלֵאת הוּא, וְאֵינוֹ שַׁיָּךְ אֶלָּא לִיחִידֵי סְגֻלָּה, כִּי אִם עַל דֶּרֶךְ שֶׁמְּבֹאָר בְּתָנָא דְבֵי אֵלִיָּהוּ (פ"ט ופכ"ה) וּמוּבָא בדא"ח שֶׁכָּל יִשְׂרָאֵל וַאֲפִלּוּ עֶבֶד וַאֲפִלּוּ שִׁפְחָה יְכוֹלִים לְהַגִּיעַ לְהַשְׁרָאַת רוּחַ הַקֹּדֶשׁ, וְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל חַיָּב לוֹמַר מָתַי יַגִּיעוּ מַעֲשַׂי לְמַעֲשֵׂי אֲבוֹתַי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב. אֶלָּא שֶׁמִּכָּל מָקוֹם דַארְפְמֶען נִיט זַיְין גֶענַארְט בַּיי זִיךְ, וְצָרִיךְ לֵידַע אֲשֶׁר בִּמְקוֹם גְּדוֹלִים אַל תַּעֲמֹד. וְכָל מַעֲלַת הַשְּׁבִיעִי הוּא שֶׁהוּא שְׁבִיעִי לָרִאשׁוֹן אַז עֶר קֶען דוּרְכְפִיהרְן עֲבוֹדַת וּשְׁלִיחוּת הָרִאשׁוֹן, דְּאַל תִּקְרָא וַיִּקְרָא אֶלָּא וַיַּקְרִיא. וְזֶהוּ הַחֲבִיבוּת דְּהַשְּׁבִיעִי שֶׁהוּא הַמַּמְשִׁיךְ הַשְּׁכִינָה, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמַּמְשִׁיךְ עִיקַּר הַשְּׁכִינָה. וְעוֹד יוֹתֵר שֶׁמַּמְשִׁיךְ בַּתַּחְתּוֹנִים.

Chapitre 4 · Une demeure pour l'Essence, ici-basד

Or, cela, on l’exige de chacun d’entre nous, la septième génération, car « tous les septièmes sont chéris ». Que nous soyons la septième génération ne relève ni de notre choix ni de notre service, et, à bien des égards, peut-être pas même de notre volonté ; néanmoins, « tous les septièmes sont chéris ». Nous nous trouvons en effet à l’époque qui précède le Machia'h [ikveta dimechi'ha], à son extrême fin, et le service consiste à achever l’épanchement de la Chekhina : non seulement de la Chekhina, mais de l’essentiel de la Chekhina, et précisément dans les mondes inférieurs. ד) Or, après avoir expliqué dans le maamar que l’essentiel de la Chekhina était dans les mondes inférieurs, et qu’ensuite aussi Moché (le septième) l’attira précisément sur terre, il dit : « L’essentiel de la révélation de la Divinité se faisait dans le Beth HaMikdach » (et il apporte à ce sujet le passouk), comme il est écrit : « Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai en eux » ; il n’est pas dit « en lui », mais « en eux » : au sein de chacun d’Israël. Et c’est là (aussi le sens de ce qui est écrit) : « Les tsadikim hériteront de la terre et y résideront [vayichkenou] à jamais [laad] » ; les tsadikim hériteront de la terre, qui est le Gan Eden, parce qu’ils font résider (c’est-à-dire qu’ils attirent) le degré de « Celui qui réside à jamais [chokhen ad], élevé et saint » (ce point de chokhen ad n’est pas expliqué dans le maamar ; il l’est dans le Likouteï Torah, d’après un propos du Zohar), afin qu’il soit révélé en bas. Et c’est là « Je suis venu dans Mon jardin [Bati LeGani] » : dans Ma chambre nuptiale [guinouni], au lieu où se trouvait Mon essentiel au commencement, car l’essentiel de la Chekhina était dans les mondes inférieurs. Voici l’explication (explication du sujet, pour comprendre pourquoi l’essentiel de la Chekhina était précisément dans les mondes inférieurs) : la finalité de l’intention, dans la création et l’enchaînement des mondes, est que HaKadoch Barou’h Hou a désiré avoir, Lui béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim].
וְהִנֵּה זֶה תּוֹבְעִים מִכָּל אֶחָד וְאֶחָד מֵאִתָּנוּ דּוֹר הַשְּׁבִיעִי, דְּכָל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין, הֱיוֹת שֶׁזֶּה שֶׁאֲנַחְנוּ בַּדּוֹר הַשְּׁבִיעִי הוּא לֹא עַל פִּי בְּחִירָתֵנוּ וְלֹא עַל יְדֵי עֲבוֹדָתֵנוּ, וּבְכַמָּה עִנְיָנִים אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא כְּפִי רְצוֹנֵנוּ, מִכָּל מָקוֹם הִנֵּה כָּל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין, שֶׁנִּמְצָאִים אֲנַחְנוּ בְּעִקְבְתָא דִּמְשִׁיחָא, בְּסִיּוּמָא דְּעִקְבְתָא, וְהָעֲבוֹדָה – לִגְמֹר הַמְשָׁכַת הַשְּׁכִינָה, וְלֹא רַק שְׁכִינָה כִּי אִם עִיקַּר שְׁכִינָה, וּבַתַּחְתּוֹנִים דַּוְקָא. וְהִנֵּה אַחֲרֵי שֶׁמְּבָאֵר בְּהַמַּאֲמָר דְּעִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים הָיְתָה, וְגַם אַחַר כָּךְ הִמְשִׁיכָהּ מֹשֶׁה (הַשְּׁבִיעִי) לָאָרֶץ דַּוְקָא אוֹמֵר: וְעִיקַּר גִּלּוּי אֱלֹקוּת הָיָה בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ (וּמֵבִיא עַל זֶה הַפָּסוּק) דִּכְתִיב: "וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם", בְּתוֹכוֹ לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא בְּתוֹכָם, בְּתוֹךְ כָּל אֶחָד וְאֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל, וְזֶהוּ (גַּם כֵּן מַה שֶּׁכָּתוּב) "צַדִּיקִים יִירְשׁוּ אָרֶץ וְיִשְׁכְּנוּ לָעַד עָלֶיהָ" דְּצַדִּיקִים יִירְשׁוּ אָרֶץ שֶׁהוּא גַּן עֵדֶן, מִפְּנֵי שֶׁהֵם מַשְׁכִּינִים (הַיְינוּ מַמְשִׁיכִים) בְּחִינַת שֹׁכֵן עַד מָרוֹם וְקָדוֹשׁ (הָעִנְיָן הַזֶּה דְּשׁוֹכֵן עַד אֵינוֹ מְבָאֵר בְּהַמַּאֲמָר, וּמְבֹאָר הוּא בְּלִקּוּטֵי תּוֹרָה עַל פִּי מַאֲמַר הַזֹּהַר) שֶׁיִּהְיֶה בְּגִלּוּי לְמַטָּה, וְזֶהוּ בָּאתִי לְגַנִּי לִגְנוּנִי לְמָקוֹם שֶׁהָיָה עִקָּרוֹ בַּתְּחִלָּה, דְּעִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים הָיְתָה. וְהָעִנְיָן הוּא (בֵּאוּר הָעִנְיָן לְהָבִין מִפְּנֵי מָה הָיְתָה עִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים דַּוְקָא) דְּהִנֵּה תַּכְלִית הַכַּוָּנָה בִּבְרִיאַת וְהִשְׁתַּלְשְׁלוּת הָעוֹלָמוֹת, דְּנִתְאַוָּה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִהְיוֹת לוֹ יִתְבָּרֵךְ דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים.
Or, l’Admour Hazakène explique à ce sujetט) que la finalité de l’enchaînement des mondes et de leur descente n’est pas en vue des mondes supérieurs : pour eux, c’est une descente depuis la lumière de Sa face, béni soit-Il, et l’on ne peut dire que l’intention soit en vue de la descente. On sait en effet que la création procède uniquement de la force de l’essence [Atsmout], comme il est écrit dans l’Iguéret HaKodech, dans le passage commençant par « Ihou ve'Hayohi » : « Son être et Son essence, dont l’existence procède de Lui-même et qui n’a, à D.ieu ne plaise, aucune cause antérieure, Lui seul, par Sa force et Sa puissance, peut créer de l’être à partir du néant [yech mé-ayin] et du rien absolu, véritablement. » Autrement dit, la venue à l’être ne procède pas des révélations, mais de l’essence. Dès lors, on ne peut dire que la finalité de la venue à l’être soit en vue des mondes supérieurs : même le monde d’Atsilout [Émanation] est la révélation de ce qui était voilé, et c’est donc une descente depuis la lumière de Sa face, béni soit-Il, car lorsque les lumières d’Atsilout étaient dans leur voilement, elles se trouvaient à un degré bien plus élevé. De plus, puisque ce ne sont que des révélations, on ne peut dire que l’essence soit en vue des révélations. La finalité est donc ce monde-ci, le plus bas. C’est ce qu’écrit l’Admour HaEmtsaï dans cette parachaי) (paracha Bechala'h), au sujet de la différence entre les mondes supérieurs et ce monde-ci : dans ce monde-ci, on ressent que son existence procède de lui-même. (Comme il est expliqué dans le hemchekh de Roch Hachana de cette année, la différence entre la créature et la lumière est la suivante : la lumière témoigne de la source lumineuse ; lorsque nous voyons une lumière, la lumière elle-même montre et révèle qu’il y a une source lumineuse. L’être [yech] de la créature, en revanche, non seulement ne révèle pas le Créateur, mais encore il Le voile et L’occulte ; bien plus, il ressent que son existence procède de lui-même (seule l’intelligence oblige à conclure qu’il n’en est pas ainsi).) Et bien que ce ne soit là que son ressenti, le fait même qu’il puisse au moins sembler que son existence procède de lui-même vient de ce que sa racine est dans l’essence, dont l’existence procède d’elle-même. Il en ressort que l’intention de la création et de l’enchaînement n’est pas en vue des mondes supérieurs, dont la nature est d’être des révélations. L’intention est ce monde-ci, le plus bas, à qui il semble qu’il n’est pas une révélation mais une réalité essentielle, c’est-à-dire que son existence procède de lui-même ; et par le service qu’on y accomplit, par l’itkafia et l’it'hapkha [transformation], l’essence se révèle. C’est pour lui qu’eurent lieu la création et l’enchaînement des mondes.
וְהִנֵּה רַבֵּנוּ הַזָּקֵן מְבָאֵר בָּזֶה אֲשֶׁר תַּכְלִית הִשְׁתַּלְשְׁלוּת הָעוֹלָמוֹת וִירִידָתָם אֵינוֹ בִּשְׁבִיל עוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים, הוֹאִיל וְלָהֶם יְרִידָה מֵאוֹר פָּנָיו יִתְבָּרֵךְ, וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁהַכַּוָּנָה הוּא בִּשְׁבִיל הַיְרִידָה. דְּהִנֵּה יָדוּעַ דְּהַבְּרִיאָה הוּא רַק בְּכֹחַ הָעַצְמוּת, וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב בְּאִגֶּרֶת הַקֹּדֶשׁ, דִּבּוּר הַמַּתְחִיל אִיהוּ וְחַיּוֹהִי אֲשֶׁר מַהוּתוֹ וְעַצְמוּתוֹ שֶׁמְּצִיאוּתוֹ הוּא מֵעַצְמוּתוֹ וְאֵין לוֹ עִלָּה קוֹדֶמֶת חַס וְשָׁלוֹם, הוּא לְבַדּוֹ בְּכֹחוֹ וִיכָלְתּוֹ לִבְרֹא יֵשׁ מֵאַיִן וְאֶפֶס הַמֻּחְלָט מַמָּשׁ. הַיְינוּ שֶׁהַהִתְהַוּוּת אֵינָהּ מֵהַגִּלּוּיִם כִּי אִם מֵהָעַצְמוּת, וְאִם כֵּן אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁתַּכְלִית הַהִתְהַוּוּת הִיא בִּשְׁבִיל עוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים, שֶׁהֲרֵי גַּם עוֹלַם הָאֲצִילוּת הוּא גִּלּוּי הַהֶעְלֵם וְאִם כֵּן זֶהוּ יְרִידָה מֵאוֹר פָּנָיו יִתְבָּרֵךְ, כִּי כְּשֶׁהָיוּ אוֹרוֹת הָאֲצִילוּת בְּהֶעְלֵמָם הָיוּ בְּמַדְרֵגָה גָּבוֹהַּ הַרְבֵּה יוֹתֵר. וְעוֹד שֶׁכֵּיוָן שֶׁזֶּהוּ רַק גִּלּוּיִם הֲרֵי אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁהָעַצְמוּת הוּא בִּשְׁבִיל גִּלּוּיִם, אֶלָּא שֶׁהַתַּכְלִית הוּא עוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן. וּכְמוֹ שֶׁכָּתַב אַדְמוֹ"ר הָאֶמְצָעִי בְּפָרָשָׁה זוֹ (פ' בְּשַׁלַּח) בְּעִנְיַן הַהֶפְרֵשׁ בֵּין עוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים לָעוֹלָם הַזֶּה, דְּבָעוֹלָם הַזֶּה נִרְגָּשׁ שֶׁמְּצִיאוּתוֹ מֵעַצְמוּתוֹ (וְכַמְּבֹאָר בְּהַהֶמְשֵׁךְ דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה דְּהַאי שַׁתָּא, הַהֶפְרֵשׁ בֵּין נִבְרָא וְאוֹר, דְּאוֹר הוּא רְאָיָה עַל הַמָּאוֹר, דִּכְשֶׁאָנוּ רוֹאִים אוֹר, הָאוֹר עַצְמוֹ מַרְאֶה וּמְגַלֶּה שֶׁיֵּשׁ מָאוֹר, מַה שֶּׁאֵין כֵּן יֵשׁ הַנִּבְרָא, הִנֵּה לֹא זוֹ בִּלְבַד שֶׁאֵינוֹ מְגַלֶּה בּוֹרֵא, אֶלָּא עוֹד זֹאת שֶׁהוּא מַעֲלִים וּמַסְתִּיר עַל זֶה, וְאַדְרַבָּה נִרְגָּשׁ שֶׁמְּצִיאוּתוֹ מֵעַצְמוּתוֹ (אֶלָּא שֶׁמִּצַּד הַשֵּׂכֶל מֻכְרָח שֶׁאֵינוֹ כֵּן)). וְאַף שֶׁזֶּהוּ רַק בְּהַרְגָּשָׁתוֹ, מִכָּל מָקוֹם הִנֵּה זֶה גּוּפָא שֶׁיִּהְיֶה נִדְמֶה עַל כָּל פָּנִים שֶׁמְּצִיאוּתוֹ מֵעַצְמוּתוֹ זֶהוּ מִפְּנֵי שֶׁשָּׁרְשׁוֹ מֵהָעַצְמוּת שֶׁמְּצִיאוּתוֹ מֵעַצְמוּתוֹ. נִמְצָא מוּבָן שֶׁהַכַּוָּנָה בְּהַבְּרִיאָה וְהַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת אֵינָהּ בִּשְׁבִיל עוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים שֶׁעִנְיָנָם גִּלּוּיִם, כִּי אִם הַכַּוָּנָה הוּא עוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן, שֶׁנִּדְמֶה לוֹ שֶׁאֵינוֹ גִּלּוּי כִּי אִם עַצְמִי, הַיְינוּ מְצִיאוּתוֹ מֵעַצְמוּתוֹ, וְעַל יְדֵי הָעֲבוֹדָה בּוֹ, עַל יְדֵי אִתְכַּפְיָא וְאִתְהַפְּכָא, נִתְגַּלָּה הָעַצְמוּת, בִּשְׁבִילוֹ הָיָה בְּרִיאַת וְהִשְׁתַּלְשְׁלוּת הָעוֹלָמוֹת.

Chapitre 5 · La lumière rangée dans une boîteה

Or, il va sans dire qu'il en est ainsi selon l'opinion que rapporte l'Admour le Tséma'h Tsédek, d'après laquelle les récipients [kelim] d'Émanation [Atsilout] sont eux aussi une révélation de ce qui était voilé : selon cette opinion, l'intention n'est certainement pas Atsilout, puisque c'est là une descente, et seulement des révélations. Mais il en va de même selon la seconde opinion qu'il rapporte au même endroit, d'après laquelle les kelim sont une création de l'être à partir du néant [yech méayin]. Il est en effet expliqué en plusieurs endroits que, lorsque nous disons que les kelim sont une création de l'être à partir du néant, il ne s'agit pas d'un être tiré du néant au sens propre : cela ne vaut que par rapport à la lumière. Car la racine des kelim provient de la Réchima [empreinte], qui relève du voilement ; c'est pourquoi leur existence même est telle que leur source se trouve dans le voilement. Aussi, par rapport à la lumière, sont-ils comme une création de l'être à partir du néant, mais par rapport à la Réchima, ils sont une révélation de ce qui était voilé. On comprend dès lors que l'intention ne porte pas sur les mondes supérieurs, mais sur le service dans ce monde-ci, celui de l'itkafia et de la transformation [it'hapkha]. Et bien qu'aujourd'hui, par l'accomplissement des mitsvot, on ajoute des lumières dans Atsilout, comment pouvons-nous dire que maintenant aussi l'intention essentielle porte précisément sur ce monde-ci ? À cela, l'Admour Maharach explique que ces lumières, dans Atsilout, s'y trouvent comme déposées dans une boîte : elles ne sont pas destinées à Atsilout, mais aux besoins du monde inférieur, et elles ne se révèlent pas dans Atsilout. C'est ce qu'explique l'Admour, que son âme repose en Éden, à propos de ce qu'on ne peut dire que l'intention porte sur les mondes supérieurs, « puisque pour eux c'est une descente depuis la lumière de Sa face », béni soit-Il. Le sens en est que les mondes supérieurs ont pour nature des révélations, ce qui est une descente, et aussi que l'essence est séparée de tout ce qui relève des révélations. La finalité est donc ce monde-ci, l'inférieur, car telle fut Sa volonté, béni soit-Il : qu'il y ait une satisfaction [na'hat Roua'h] devant Lui « lorsque l'autre côté [sitra a'hra] est soumis et que l'obscurité est transformée en lumière ». Comme il l'explique dans le maamar, tout le service consiste à transformer la folie [chtout] de l'autre côté en folie de sainteté ; par là, il y a « une satisfaction devant Moi, car J'ai dit et Ma volonté a été faite », et par là on attire qu'il y ait pour Lui, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs. Et de même qu'un homme habite sa demeure de tout son être et de toute son essence, ainsi en est-il des mondes inférieurs, qui sont une demeure pour Lui, béni soit-Il : l'intention est qu'on y attire non seulement des révélations, mais que l'essence même de l'Ein Sof, béni soit-Il, s'y trouve. Telle est la finalité de la création et de l'enchaînement des mondes.
וְהִנֵּה לָא מִבָּעֵי לְהַשִּׁיטָה שֶׁמֵּבִיא אַדְמוֹ"ר הַצֶּמַח צֶדֶק שֶׁגַּם הַכֵּלִים דַּאֲצִילוּת הוּא גִּלּוּי הַהֶעְלֵם, דִּלְשִׁיטָה זוֹ הֲרֵי בְּוַדַּאי אֵין הַכַּוָּנָה בִּשְׁבִיל הָאֲצִילוּת כִּי הֲרֵי זֶה יְרִידָה וְרַק גִּלּוּיִם, אֶלָּא גַּם לְהַשִּׁיטָה הַשְּׁנִיָּה שֶׁמֵּבִיא שָׁם שֶׁהַכֵּלִים הֵם בְּרִיאָה יֵשׁ מֵאַיִן, הִנֵּה מְבֹאָר בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת שֶׁמַּה שֶּׁאָנוּ אוֹמְרִים שֶׁהַכֵּלִים הֵם בְּרִיאָה יֵשׁ מֵאַיִן, אֵין הַכַּוָּנָה יֵשׁ מֵאַיִן מַמָּשׁ, כִּי אִם זֶהוּ דַּוְקָא לְגַבֵּי הָאוֹר, מִפְּנֵי שֶׁשֹּׁרֶשׁ הַכֵּלִים מֵהָרְשִׁימָה שֶׁהִיא בְּחִינַת הֶעְלֵם, וְלָכֵן גַּם מְצִיאוּתָן הוּא בְּאֹפֶן שֶׁמְּקוֹרָם בְּהֶעְלֵם, וְלָכֵן לְגַבֵּי הָאוֹר הֵם כְּמוֹ בְּרִיאָה יֵשׁ מֵאַיִן, אֲבָל לְגַבֵּי הָרְשִׁימָה הֵם גִּלּוּי הַהֶעְלֵם, אִם כֵּן מוּבָן דְּאֵין הַכַּוָּנָה עוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים כִּי אִם הָעֲבוֹדָה בָּעוֹלָם הַזֶּה דְּאִתְכַּפְיָא וְאִתְהַפְּכָא. וְאַף שֶׁעַכְשָׁו הִנֵּה עַל יְדֵי עֲשִׂיַּת הַמִּצְוֹת מוֹסִיפִים אוֹרוֹת בָּאֲצִילוּת, וְאִם כֵּן אֵיךְ אָנוּ אוֹמְרִים שֶׁגַּם עַכְשָׁו עִיקַּר הַכַּוָּנָה הָעוֹלָם הַזֶּה דַּוְקָא, הִנֵּה עַל זֶה מְבָאֵר אַדְמוֹ"ר מהר"ש שֶׁאוֹרוֹת אֵלּוּ בָּאֲצִילוּת הֵם שָׁם כְּמֻנָּחִים בְּקֻפְסָא, כִּי אֵינָם בִּשְׁבִיל אֲצִילוּת, כִּי אִם לְצֹרֶךְ עוֹלָם הַתַּחְתּוֹן וְאֵינָם מִתְגַּלִּים בָּאֲצִילוּת. וְזֶהוּ מַה שֶּׁמְּבָאֵר אַדְמוֹ"ר נ"ע בְּעִנְיָן מַה שֶּׁאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁהַכַּוָּנָה הוּא בִּשְׁבִיל עוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים הוֹאִיל וְלָהֶם יְרִידָה מֵאוֹר פָּנָיו יִתְבָּרֵךְ, שֶׁהַפֵּרוּשׁ בָּזֶה הוּא דְּעוֹלָמוֹת עֶלְיוֹנִים עִנְיָנָם גִּלּוּיִם שֶׁזֶּהוּ יְרִידָה, וְגַם שֶׁהָעַצְמוּת מֻבְדָּל מֵעִנְיַן הַגִּלּוּיִם, אֶלָּא הַתַּכְלִית הוּא עוֹלָם הַזֶּה הַתַּחְתּוֹן, שֶׁכָּךְ עָלָה בִּרְצוֹנוֹ יִתְבָּרֵךְ לִהְיוֹת נַחַת רוּחַ לְפָנָיו יִתְבָּרֵךְ כַּד אִתְכַּפְיָא סִטְרָא אַחֲרָא וְאִתְהַפְּכָא חֲשׁוֹכָא לִנְהוֹרָא, וּכְמוֹ שֶׁמְּבָאֵר בְּהַמַּאֲמָר, שֶׁכָּל הָעֲבוֹדָה הוּא לַהֲפֹךְ הַשְּׁטוּת דִּלְעֻמַּת זֶה לִשְׁטוּת דִּקְדֻשָּׁה, וְעַל יְדֵי זֶה נַחַת רוּחַ לְפָנַי שֶׁאָמַרְתִּי וְנַעֲשָׂה רְצוֹנִי, וְעַל יְדֵי זֶה מַמְשִׁיכִים שֶׁיִּהְיֶה לוֹ יִתְבָּרֵךְ דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים, וּכְמוֹ הַדִּירָה הֲרֵי הָאָדָם דָּר בָּהּ בְּכָל עַצְמוּתוֹ וּמַהוּתוֹ, הִנֵּה כְּמוֹ כֵן הוּא בַּתַּחְתּוֹנִים שֶׁהֵם דִּירָה לוֹ יִתְבָּרֵךְ, הַכַּוָּנָה שֶׁמַּמְשִׁיכִים לֹא רַק גִּלּוּיִם כִּי אִם נִמְצָא בָּהֶם עַצְמוּת אֵין סוֹף בָּרוּךְ הוּא. וְזֶהוּ תַּכְלִית בְּרִיאַת וְהִשְׁתַּלְשְׁלוּת הָעוֹלָמוֹת.

Chapitre 6 · Une folie sainte, montrée en exempleו

Or, à la fin du maamar, il explique que, puisque l'essentiel de la Chekhina est dans les mondes inférieurs, la révélation principale de cela avait lieu dans le Beth HaMikdach ; c'est la raison pour laquelle le Michkan était fait précisément de bois de chittim [atsé chittim]. L'intention est en effet de transformer la folie [chtout] de l'autre côté, et l'ardeur de l'âme animale, en folie de sainteté, selon l'enseignement de nos Sages : « Sa folie a été utile au vieillard » ; il s'agit d'un service et d'une annulation de soi [bitoul] qui dépassent la raison et l'intelligence. Or, toutes les choses que Sa Sainteté mon beau-père l'Admour a exigées de nous, lui-même les a accomplies, et de même les autres Nessiim [chefs de génération]. C'est à l'image de ce qu'enseignent nos Sages sur le passouk « Il annonce Ses paroles à Yaakov, Ses lois et Ses jugements à Israël » : ce qu'Il fait, Il dit à Israël de le faire et de l'observer ; et de même, ce qu'Il ordonne à Israël, Lui-même le fait. Ainsi en est-il des directives de nos Nessiim : ce qu'ils ont exigé de ceux qui leur sont attachés et qui leur sont affiliés, ils l'ont eux-mêmes accompli et pratiqué. Et s'ils nous ont révélé qu'ils l'accomplissaient, c'est pour qu'il nous soit plus facile de l'accomplir. C'est le cas, par exemple, de l'ahavat Israël, sur laquelle il existe de très nombreux récits de chacun des Nessiim. Ainsi, de Sa Sainteté l'Admour Hazakène : il interrompit sa prière, alla couper du bois, fit cuire une soupe et nourrit lui-même une accouchée, parce qu'il n'y avait personne dans la maison. De Sa Sainteté l'Admour HaEmtsaï : un homme entra chez lui en yé'hidout et se plaignit des choses dont se plaignent les jeunes gens mariés [avrékhim]. L'Admour HaEmtsaï découvrit son bras et lui dit : « Ne vois-tu pas que "ma peau s'est collée à mes os", etc. ? Et tout cela vient de tes fautes de jeunesse. » On comprend combien la stature de Sa Sainteté l'Admour HaEmtsaï était prodigieuse et élevée en général, et en particulier par rapport à ceux qui ont affaire à de telles choses. Et pourtant, son attachement à eux était tel que leurs affaires, qui n'étaient pas comme elles auraient dû être, provoquèrent chez lui un très grand affaiblissement de sa santé, au point que sa peau se colla à ses os. De Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek : avant la prière, il alla accorder un prêt, acte de bonté [guemilout 'hassadim], à un homme simple, dont la parnassa [subsistance] en dépendait. De Sa Sainteté l'Admour Maharach : une fois, il se rendit tout exprès d'une station thermale [Kurort] à Paris, y rencontra un jeune homme [avrekh] et lui dit : « Jeune homme, le vin de libation [yayin nessekh] obstrue le cerveau et le cœur ; sois un Juif. » Le jeune homme rentra chez lui et n'eut pas de repos avant d'être venu chez Sa Sainteté l'Admour Maharach ; il fit téchouva, et de lui est issue une famille de gens craignant D.ieu et fervents. Or il est connu que, chez Sa Sainteté l'Admour Maharach, le temps était extrêmement précieux, au point que même la récitation de la 'Hassidout était brève, et qu'à certaines périodes, à huit heures du matin, il avait déjà terminé la prière ; et malgré tout, il entreprit un long voyage et resta là-bas un certain temps pour un jeune homme, etc. De Sa Sainteté l'Admour, que son âme repose en Éden, au début de sa nessiout [direction de la génération] : on avait alors promulgué un nouveau décret, et il fallait se rendre à Moscou à ce sujet. Son frère aîné, Rabbi Zalman Aharon [le Raza], que son âme repose en Éden, lui dit : « Ton temps est précieux, tu ne connais pas bien la langue du pays (le Raza était versé dans les langues), et il te faut en outre chercher des relations ; c'est pourquoi j'irai pour cette affaire selon tes instructions. » Mais Sa Sainteté l'Admour, que son âme repose en Éden, n'y consentit pas : il y alla lui-même, et réussit. De même, il existe de nombreux récits de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour sur ses efforts pour faire du bien, même à un simple particulier, sur le plan spirituel ou matériel. Il se mettait lui-même de côté pour cela, non seulement sur le plan matériel, mais aussi sur le plan spirituel, alors que celui à qui il faisait du bien non seulement n'entrait nullement dans la catégorie de « ton prochain dans la Torah et les mitsvot », mais était sans aucune commune mesure avec lui.
וְהִנֵּה בְּסִיּוּם הַמַּאֲמָר מְבָאֵר, אֲשֶׁר לִהְיוֹת כִּי מַה שֶּׁעִיקַּר שְׁכִינָה בַּתַּחְתּוֹנִים, הִנֵּה עִיקַּר הַגִּלּוּי מִזֶּה הָיָה בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ, הִנֵּה זֶהוּ הַטַּעַם שֶׁהַמִּשְׁכָּן הָיָה מֵעֲצֵי שִׁטִּים דַּוְקָא, מִפְּנֵי שֶׁהַכַּוָּנָה הוּא לַהֲפֹךְ הַשְּׁטוּת דִּלְעֻמַּת זֶה אוּן דֶעם קָאךְ פוּן נֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית לִשְׁטוּת דִּקְדֻשָּׁה, וּכְמַאֲמָרָם זַ"ל אַהַנְיָה לֵיהּ שְׁטוּתֵיהּ לְסָבָא, עֲבוֹדָה וּבִטּוּל שֶׁלְּמַעְלָה מִטַּעַם וְדַעַת. וְהִנֵּה כָּל הָעִנְיָנִים שֶׁתָּבַע מֵאִתָּנוּ כ"ק מו"ח אַדְמוֹ"ר וּכְמוֹ כֵן שְׁאָר הַנְּשִׂיאִים קִיְּמוּ זֶה בְּעַצְמָם, וְהוּא עַל דֶּרֶךְ דְּרָשַׁת רַזַ"ל עַל הַפָּסוּק "מַגִּיד דְּבָרָיו לְיַעֲקֹב חֻקָּיו וּמִשְׁפָּטָיו לְיִשְׂרָאֵל" מַה שֶּׁהוּא עוֹשֶׂה הוּא אוֹמֵר לְיִשְׂרָאֵל לַעֲשׂוֹת וְלִשְׁמֹר, וְכֵן מַה שֶּׁהוּא מְצַוֶּה לְיִשְׂרָאֵל הוּא עוֹשֶׂה, וְעַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא בְּהוֹרָאוֹת נְשִׂיאֵינוּ שֶׁמַּה שֶּׁתָּבְעוּ מֵהַמְּקֻשָּׁרִים וְשַׁיָּכִים אֲלֵיהֶם הִנֵּה הֵם בְּעַצְמָם קִיְּמוּ וְעָשׂוּ כֵן. וּמַה שֶּׁגִּלּוּ לָנוּ שֶׁקִּיְּמוּ זֶה, הוּא כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה לָנוּ יוֹתֵר נָקֵל לְקַיְּמָם. וּכְמוֹ בְּהָעִנְיָן דְּאַהֲבַת יִשְׂרָאֵל שֶׁיֵּשׁ בָּזֶה כַּמָּה וְכַמָּה סִפּוּרִים מִכָּל אֶחָד וְאֶחָד מֵהַנְּשִׂיאִים. וּלְדֻגְמָא מִכ"ק אַדְמוֹ"ר הַזָּקֵן שֶׁהִפְסִיק בִּתְפִלָּתוֹ וְהָלַךְ וְקָצַץ עֵצִים וּבִשֵּׁל מָרָק וְהֶאֱכִיל בְּעַצְמוֹ לְיוֹלֶדֶת, מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיוּ אֲנָשִׁים שָׁם בַּבַּיִת. מִכ"ק אַדְמוֹ"ר הָאֶמְצָעִי, אֵיךְ שֶׁנִּכְנַס אֵלָיו אֶחָד לִיחִידוּת וְהִתְאוֹנֵן עַל הָעִנְיָנִים שֶׁאַבְרֵכִים מִתְאוֹנְנִים עֲלֵיהֶם. וְגִלָּה אַדְמוֹ"ר הָאֶמְצָעִי אֶת זְרוֹעוֹ וְאָמַר לוֹ הֲלֹא תִּרְאֶה שֶׁצָּפַד עוֹרִי עַל עַצְמִי גוֹ' וְכָל זֶה הוּא מֵהַחַטֹּאת נְעוּרִים שֶׁלְּךָ. אֲשֶׁר מוּבָן הַפְלָאַת וְרוֹמְמוּת מַעֲלַת כ"ק אַדְמוֹ"ר הָאֶמְצָעִי בִּכְלָל וּבִפְרָט מֵאֵלּוּ שֶׁשַּׁיָּכִים לְעִנְיָנִים כָּאֵלּוּ, וּמִכָּל מָקוֹם הָיָה הַהִתְקַשְּׁרוּת עִמָּהֶם כָּל כָּךְ עַד שֶׁמִּצַּד הָעִנְיָנִים שֶׁלָּהֶם שֶׁהָיוּ שֶׁלֹּא כִּדְבָעֵי לְמֶהֱוֵי, פָּעַל עָלָיו חֲלִישׁוּת הַבְּרִיאוּת בְּיוֹתֵר, עַד שֶׁצָּפַד עוֹרוֹ עַל עַצְמוֹ. מִכ"ק אַדְמוֹ"ר הַצֶּמַח צֶדֶק, אֵיךְ שֶׁהָלַךְ קֹדֶם הַתְּפִלָּה לִלְווֹת גְּמִילַת חֶסֶד לְאִישׁ פָּשׁוּט שֶׁהָיָה נוֹגֵעַ לוֹ בְּפַרְנָסָתוֹ. מִכ"ק אַדְמוֹ"ר מהר"ש, שֶׁפַּעַם נָסַע בְּיִחוּד מִקּוּהרְאָרְט לְפַארִיז וְנִפְגַּשׁ שָׁם עִם אַבְרֵךְ אֶחָד וְאָמַר לוֹ: יוּנְגֶערְמַאן יֵין נֶסֶךְ אִיז מְטַמְטֵם הַמֹּחַ וְהַלֵּב, זַיי אַ אִיד. וְהָלַךְ הָאַבְרֵךְ לְבֵיתוֹ, וְלֹא שָׁקַט עַד שֶׁבָּא לְכ"ק אַדְמוֹ"ר מהר"ש, חָזַר בִּתְשׁוּבָה, וְיָצְאָה מִמֶּנּוּ מִשְׁפַּחַת יְרֵאִים וַחֲרֵדִים. אֲשֶׁר יָדוּעַ שֶׁאֵצֶל כ"ק אַדְמוֹ"ר מהר"ש הָיָה הַזְּמַן יָקָר בִּמְאֹד, עַד שֶׁגַּם אֲמִירַת הַחֲסִידוּת הָיָה בְּקִצּוּר, וּבִזְמַנִּים יְדוּעִים הִנֵּה בַּשָּׁעָה הַשְּׁמִינִית בַּבֹּקֶר הָיָה כְּבָר אַחֲרֵי הַתְּפִלָּה, וּבְכָל זֹאת נָסַע נְסִיעָה רְחוֹקָה וְשָׁהָה שָׁם מֶשֶׁךְ זְמַן בִּשְׁבִיל אַבְרֵךְ כוּ'. מִכ"ק אַדְמוֹ"ר נ"ע בִּתְחִלַּת נְשִׂיאוּתוֹ, אֲשֶׁר גָּזְרוּ אָז גְּזֵרָה חֲדָשָׁה וְהָיָה צָרִיךְ לִנְסֹעַ עַל דָּבָר זֶה לְמוֹסְקְבָה. וְאָמַר לוֹ אָחִיו הַגָּדוֹל הרז"א נ"ע, הַזְּמַן יָקָר אֶצְלְךָ וְאֵין אַתָּה יוֹדֵעַ הֵיטֵב שְׂפַת הַמְּדִינָה (הרז"א הָיָה מְלֻמָּד בְּשָׂפוֹת) וְגַם אַתָּה צָרִיךְ לְחַפֵּשׂ הֶכֵּרוּת, וְלָכֵן אֶסַּע בְּעִנְיָן זֶה כְּפִי הוֹרָאוֹתֶיךָ. אֲבָל כ"ק אַדְמוֹ"ר נ"ע לֹא הִסְכִּים עַל זֶה וְנָסַע בְּעַצְמוֹ וְהִצְלִיחַ. וְכֵן יֶשְׁנָם כַּמָּה סִפּוּרִים מִכ"ק מו"ח אַדְמוֹ"ר אוֹדוֹת הִשְׁתַּדְּלוּתוֹ לַעֲשׂוֹת טוֹבָה וַאֲפִלּוּ לְאִישׁ פְּרָטִי, בְּרוּחָנִיּוּת אוֹ בְּגַשְׁמִיּוּת. וְהִנִּיחַ אֶת עַצְמוֹ עַל זֶה, לֹא רַק הַגַּשְׁמִיּוּת שֶׁלּוֹ כִּי אִם גַּם הָרוּחָנִיּוּת שֶׁלּוֹ, אַף שֶׁזֶּה שֶׁהָיָה מֵטִיב עִמּוֹ הִנֵּה לֹא זוֹ בִּלְבַד שֶׁלֹּא הָיָה כְּלָל בְּסוּג שֶׁל חֲבֵרְךָ בְּתוֹרָה וּמִצְוֹת אֶלָּא שֶׁהָיָה שֶׁלֹּא בְּעֶרְכּוֹ כְּלָל.

Chapitre 7 · Démolir pour bâtir plus hautז

Or, par l'itkafia et l'it'hapkha en folie de sainteté, on accomplit l'intention de la création, qui est qu'il y ait pour Lui, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs. Et cette demeure dans les mondes inférieurs, édifiée par l'itkafia et l'it'hapkha, « Je suis venu dans Mon jardin [Bati LeGani] », se situe à un niveau plus élevé qu'avant la faute. Car de même que, lorsqu'on démolit un édifice antérieur afin de construire, il va de soi que le nouvel édifice doit être d'un niveau plus élevé que le précédent, de même faut-il nécessairement dire que la demeure édifiée par l'itkafia et l'it'hapkha est d'un niveau plus élevé. C'est ce qu'explique le maamar : par l'itkafia de l'autre côté, « la gloire du Saint, béni soit-Il, s'est élevée [istalek] dans tous les mondes », c'est-à-dire la lumière qui se trouve dans tous les mondes de manière égale. Et bien que le maamar emploie l'expression « la lumière qui entoure tous les mondes », on ne peut pourtant pas dire qu'il s'agisse d'attirer une lumière qui relève de la catégorie des mondes, mais qui les entoure et les enveloppe : il s'agit d'attirer une lumière élevée, qui ne relève en rien de la catégorie des mondes. C'est pourquoi il nomme la révélation de cette lumière « istalek ». Et c'est pourquoi aussi le décès des tsadikim est appelé histalkout : la histalkout est la révélation d'une lumière extrêmement élevée. Il y a en effet, dans l'Iguéret HaKodech, deux lettres qui expliquent la notion de histalkout. Dans la seconde, la histalkout est expliquée en lien avec la vache expiatoire [parat 'hatat]. Les choses accomplies à l'intérieur ne peuvent opérer le birour [tri et purification] des trois klipot [écorces, forces d'occultation] impures ; seul le peut ce qui est accompli précisément à l'extérieur : la vache, qui était préparée à l'extérieur. Et c'est à cela qu'on compare la mort des tsadikim. Or aujourd'hui, il n'y a pas de vache rousse, car « à cause de nos fautes », il a fallu précisément que « nous soyons exilés de notre terre » ; mais il est survenu le décès des tsadikim. Au sujet du décès des tsadikim, nos Sages ont deux enseignements : « La mort des tsadikim équivaut à l'incendie de la Maison de notre D.ieu » ; « Le décès des tsadikim est plus pénible que la destruction du Beth HaMikdach ». Par tout cela, « la gloire du Saint, béni soit-Il, s'est élevée ». Et le sens du mot histalkout, tous les Rebbeïm l'ont expliqué, Sa Sainteté l'Admour Hazakène, Sa Sainteté l'Admour HaEmtsaï, Sa Sainteté l'Admour le Tséma'h Tsédek, Sa Sainteté l'Admour Maharach, Sa Sainteté l'Admour, que son âme repose en Éden, et Sa Sainteté mon beau-père l'Admour : le mot histalkout ne signifie pas une montée vers le haut, à D.ieu ne plaise, mais que le tsadik se trouve en bas, quoique dans un état d'élévation [romemout]. Et voici ce qu'on exige de nous, la septième génération depuis Sa Sainteté l'Admour Hazakène, et « tous les septièmes sont chéris » : bien qu'on ne l'ait ni mérité ni gagné à la sueur de son front, « tous les septièmes sont chéris » néanmoins, et le service de la septième génération est d'attirer la Chekhina en bas, réellement en bas. Il s'agit de transformer la folie de l'âme animale, dont chacun sait en lui-même qu'il la porte, ainsi que la ferveur de l'âme animale qu'il porte et par laquelle il peut parfois tomber plus bas encore, pour la transformer et en faire une folie de sainteté.
וְהִנֵּה עַל יְדֵי אִתְכַּפְיָא וְאִתְהַפְּכָא לִשְׁטוּת דִּקְדֻשָּׁה עַל יְדֵי זֶה מְמַלְּאִים כַּוָּנַת הַבְּרִיאָה, שֶׁהִיא לִהְיוֹת לוֹ יִתְבָּרֵךְ דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים, וְזֶה שֶׁעַל יְדֵי אִתְכַּפְיָא וְאִתְהַפְּכָא נַעֲשֵׂית דִּירָה בַּתַּחְתּוֹנִים, "בָּאתִי לְגַנִּי", הוּא בְּמַדְרֵגָה יוֹתֵר נַעֲלֵית מִקֹּדֶם הַחֵטְא. דִּכְמוֹ בְּסוֹתֵר בִּנְיָן הַקּוֹדֵם עַל מְנָת לִבְנוֹת, הֲרֵי פְּשִׁיטָא שֶׁבִּנְיָן הֶחָדָשׁ צָרִיךְ לִהְיוֹת בְּמַדְרֵגָה יוֹתֵר נַעֲלֵית מִבִּנְיָן הַקּוֹדֵם, כְּמוֹ כֵן מֻכְרָח לוֹמַר שֶׁעַל יְדֵי אִתְכַּפְיָא וְאִתְהַפְּכָא נַעֲשֵׂית דִּירָה בְּמַדְרֵגָה יוֹתֵר נַעֲלֵית, וְכַמְּבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר דְּעַל יְדֵי דְּאִתְכַּפְיָא סִטְרָא אַחֲרָא, אִסְתַּלַּק יְקָרָא דְּקֻדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּכוּלְּהוּ עָלְמִין, הַיְינוּ הָאוֹר שֶׁהוּא בְּכוּלְּהוּ עָלְמִין בְּשָׁוֶה. וְאַף שֶׁהַלָּשׁוֹן בְּהַמַּאֲמָר הוּא אוֹר הַסּוֹבֵב כָּל עָלְמִין, מִכָּל מָקוֹם אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁהַכַּוָּנָה הוּא שֶׁנִּמְשָׁךְ אוֹר שֶׁהוּא בְּגֶדֶר הָעוֹלָמוֹת אֶלָּא שֶׁהוּא סוֹבֵב וּמַקִּיף עֲלֵיהֶם, אֶלָּא הַכַּוָּנָה שֶׁנִּמְשָׁךְ אוֹר נַעֲלֶה שֶׁאֵינוֹ בְּגֶדֶר עוֹלָמוֹת כְּלָל. וְלָכֵן קוֹרֵא לְגִלּוּי אוֹר זֶה בְּשֵׁם אִסְתַּלַּק. וְלָכֵן גַּם פְּטִירַת צַדִּיקִים נִקְרָא בְּשֵׁם הִסְתַּלְּקוּת, כִּי הִסְתַּלְּקוּת הוּא גִּלּוּי אוֹר נַעֲלֶה בְּיוֹתֵר. דְּהִנֵּה יֵשׁ ב' אִגְּרוֹת בְּאִגֶּרֶת הַקֹּדֶשׁ שֶׁמְּבָאֲרִים עִנְיַן הַהִסְתַּלְּקוּת. וּבָאִגֶּרֶת הַב' עִנְיַן הַהִסְתַּלְּקוּת מְבֹאָר שָׁם בְּעִנְיַן פָּרַת חַטָּאת. דְּהָעִנְיָנִים הַנַּעֲשִׂים בִּפְנִים אֵין יְכוֹלִים לְבָרֵר שָׁלֹשׁ קְלִפּוֹת הַטְּמֵאוֹת, כִּי אִם עִנְיָן הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ דַּוְקָא, פָּרָה הַנַּעֲשֵׂית בַּחוּץ. וְלָזֶה מְדַמִּין מִיתָתָם שֶׁל צַדִּיקִים. וְהִנֵּה עַתָּה אֵין פָּרָה אֲדֻמָּה כִּי מִפְּנֵי חֲטָאֵינוּ הָיָה צָרִיךְ לִהְיוֹת דַּוְקָא גָּלִינוּ מֵאַרְצֵנוּ, אֲבָל אֵרַע סִלּוּקָן שֶׁל צַדִּיקִים. וְהִנֵּה בְּעִנְיַן סִלּוּקָן שֶׁל צַדִּיקִים יֵשׁ בָּזֶה ב' מַאֲמָרֵי רַזַ"ל: שְׁקוּלָה מִיתָתָן שֶׁל צַדִּיקִים כִּשְׂרֵפַת בֵּית אֱלֹקֵינוּ. קָשֶׁה סִלּוּקָן שֶׁל צַדִּיקִים יוֹתֵר מֵחֻרְבַּן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ. אֲשֶׁר עַל יְדֵי כָּל זֶה אִסְתַּלַּק יְקָרָא דְּקֻדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וּפֵרוּשׁ עִנְיַן הִסְתַּלְּקוּת פֵּרְשׁוּ כָּל הָרֶבֵּיִים כ"ק אַדְמוֹ"ר הַזָּקֵן, כ"ק אַדְמוֹ"ר הָאֶמְצָעִי, כ"ק אַדְמוֹ"ר הַצֶּמַח צֶדֶק, כ"ק אַדְמוֹ"ר מהר"ש, כ"ק אַדְמוֹ"ר נ"ע וכ"ק מו"ח אַדְמוֹ"ר, שֶׁאֵין הַכַּוָּנָה בְּפֵרוּשׁ תֵּבַת הִסְתַּלְּקוּת שֶׁהוּא עֲלִיָּה לְמַעְלָה חַס וְשָׁלוֹם, כִּי אִם הַכַּוָּנָה שֶׁהוּא נִמְצָא לְמַטָּה אֶלָּא שֶׁהוּא בִּבְחִינַת רוֹמְמוּת. וְזֶה תּוֹבְעִים מֵאִתָּנוּ, דּוֹר הַשְּׁבִיעִי לכ"ק אַדְמוֹ"ר הַזָּקֵן, וְכָל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין, אַז הֲגַם אַז מְ'הָאט דָאס נִיט פַארְדִינְט אוּן נִיט אוֹיסְגֶעהָארֶעווֶעט, מִכָּל מָקוֹם כָּל הַשְּׁבִיעִין חֲבִיבִין וְהָעֲבוֹדָה דְּדוֹר הַשְּׁבִיעִי הוּא לְהַמְשִׁיךְ הַשְּׁכִינָה לְמַטָּה מַמָּשׁ. לַהֲפֹךְ הַשְּׁטוּת דְּנֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית, אֲשֶׁר יָדַע אֱינָשׁ בְּנַפְשֵׁיהּ אַז עֶר הָאט דָאס, אוּן דֶעם קָאךְ פוּן נֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית ווָאס עֶר הָאט דָאס אוּן אֶפְשָׁר אַמָאל נָאךְ נִידֶערִיקֶער, לַעֲשׂוֹת מִזֶּה וְלַהֲפֹךְ אֶת זֶה לִשְׁטוּת דִּקְדֻשָּׁה.

Chapitre 9 · Le départ du tsadik, et la suite pour nousט

Et c'est là le sens de « le tsadik qui a quitté [ce monde] » : bien qu'il y ait déjà eu bien des voilements et des occultations, bien des questions et des choses incompréhensibles, tout cela n'a pas suffi. Pour que « la gloire de HaKadoch Barou'h Hou s'élève [istalek] dans tous les mondes », il a fallu aussi le départ des tsadikim, qui est difficile non seulement comme la destruction, mais plus encore qu'elle. Et le but visé par là est que, de cette manière, la gloire de HaKadoch Barou'h Hou s'élève. Ce que l'on exige de chacun d'entre nous, c'est de savoir que nous nous trouvons dans la septième génération. Or, tout ce qui fait la valeur du septième, c'est d'être le septième à partir du premier. La conduite du premier était de ne rien chercher pour lui-même, pas même la mesirout néfech, car il savait que toute sa mission était celle que dit le passouk : « Et il proclama là le Nom de Havayé, D.ieu-monde [El olam] ». Voici quelle était la conduite d'Avraham, notre père : il arrivait dans des endroits où l'on ne savait rien de la Divinité, rien du judaïsme, pas même l'alef-beth, et une fois là, il se mettait lui-même de côté. Et « ne lis pas vayikra [il proclama] mais vayakri [il fit proclamer] ». On sait que, dans l'enseignement fondé sur le procédé du « ne lis pas », les deux lectures restent valables. Ici aussi, la Torah écrite dit explicitement vayikra. Néanmoins, il faut savoir que s'il veut que le vayikra pénètre en lui, il faut le vayakri. Il te faut faire en sorte que l'autre ne se contente pas de savoir, mais qu'il proclame aussi. Même si jusqu'à présent il ne savait absolument rien, il te faut maintenant faire en sorte qu'il crie « El olam », et non « El ha-olam ». Il ne s'agit pas de dire que la Divinité est une réalité à part et le monde une autre, et que la Divinité règne et domine simplement sur le monde : le monde et la Divinité ne font qu'un [koula 'had]. Et bien que « qui est-il, et où est-il, celui dont le cœur oserait » dire : « J'accomplirai le service d'Avraham, notre père » ? Néanmoins, une infime parcelle en revient à chacun, et chacun y est tenu. Les forces nécessaires lui ont été données par la conduite que nous a montrée le premier, puis par toutes celles qui ont suivi jusqu'à celle que nous a montrée Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, celle-ci comprise. Ce sont eux qui ont frayé la voie et nous en ont donné les forces. C'est précisément ce qui rend la septième génération si chère : bien des forces ont été données et révélées pour nous. Grâce à un service mené de cette manière, l'essentiel de la Chekhina sera attiré en bas, dans ce monde-ci, physique et matériel. Et ce sera à un degré plus élevé encore qu'avant la faute, comme il est dit au sujet du Machia'h : « et il sera très élevé », plus qu'Adam, le premier homme, même tel qu'il était avant la faute. Sa Sainteté mon beau-père l'Admour, lui qui « a porté nos maladies et s'est chargé de nos douleurs », lui qui « a été meurtri à cause de nos transgressions, écrasé à cause de nos fautes », de même qu'il a vu notre détresse, ainsi, bientôt, de nos jours et sans tarder, il délivrera « le troupeau de son pâturage » de la galout spirituelle comme de la galout physique, et nous dressera dans un rayon de lumière. Mais tout cela n'est encore que révélations. Plus encore : il nous reliera et nous unira à l'Être et à l'Essence de l'Ein Sof, béni soit-Il. C'est là l'intention intérieure de la descente des mondes et de leur enchaînement, de la faute et de sa réparation, et du départ des tsadikim : par tout cela, la gloire de HaKadoch Barou'h Hou s'élèvera. Et lorsqu'il nous fera sortir de la galout « la main haute », « pour tous les enfants d'Israël il y aura de la lumière dans leurs demeures ». Alors « Moché et les enfants d'Israël chanteront » etc. : « Havayé régnera pour toujours et à jamais » (ainsi que le dit le texte de la prière), et aussi dans la langue du Targoum : « Havayé, Sa royauté subsiste pour toujours et pour l'éternité des éternités ». La prière se conclut ensuite par « Havayé sera roi » etc. « Havayé sera Un et Son Nom sera Un » : il n'y aura plus de distinction entre Havayé et Son Nom. Tout cela s'accomplit par le départ des tsadikim, plus difficile encore que la destruction du Beth HaMikdach. Nous avons déjà traversé toutes ces choses : désormais, la chose ne dépend plus que de nous, la septième génération. Puissions-nous avoir le mérite de voir le Rabbi et de nous retrouver avec lui ici-bas, dans un corps, plus bas que dix téfa'him [palmes], et il nous délivrera.
וְזֶהוּ עִנְיַן צַדִּיקָא דְּאִתְפְּטַר, דְאַף שֶׁכְּבָר הָיוּ כַּמָּה הַעֲלָמוֹת וְהֶסְתֵּרִים וְכַמָּה קֻשְׁיוֹת וְעִנְיָנִים בִּלְתִּי מוּבָנִים, הִנֵּה כָּל זֶה לֹא הִסְפִּיק. וּבִכְדֵי שֶׁיִּהְיֶה אִסְתַּלַּק יְקָרָא דְּקֻדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּכוּלְּהוּ עָלְמִין, הָיָה גַּם כֵּן עִנְיַן סִלּוּקָן שֶׁל צַדִּיקִים, שֶׁזֶּה קָשֶׁה לֹא רַק כַּחֻרְבָּן כִּי אִם יוֹתֵר מֵהַחֻרְבָּן. וְתַכְלִית הַכַּוָּנָה בָּזֶה הוּא שֶׁעַל יְדֵי זֶה יִהְיֶה אִסְתַּלַּק יְקָרָא דְּקֻדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וְזֶה תּוֹבְעִים מִכָּל אֶחָד מֵאִתָּנוּ שֶׁיֵּדְעוּ אַז מְ'גֶעפִינְט זִיךְ אִין דּוֹר הַשְּׁבִיעִי, שֶׁכָּל מַעֲלַת הַשְּׁבִיעִי הוּא שֶׁהוּא שְׁבִיעִי לָרִאשׁוֹן, שֶׁהַנְהָגַת הָרִאשׁוֹן הָיָה שֶׁלֹּא חִפֵּשׂ לְעַצְמוֹ כְּלוּם וַאֲפִלּוּ לֹא מְסִירוּת נֶפֶשׁ. כִּי יָדַע שֶׁכָּל עִנְיָנוֹ הוּא כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב "וַיִּקְרָא שָׁם בְּשֵׁם הֲוָיָ׳ אֵ-ל עוֹלָם". וְדֻגְמַת הַנְהָגַת אַבְרָהָם אָבִינוּ שֶׁהוּא – גֶעקוּמֶען אִין אַזֶעלְכֶע עֶרְטֶער ווָאס מְ'הָאט דָארְטְן נִיט גֶעוואוּסְט פוּן גֶ-טְלִיכְקַיְיט, נִיט גֶעוואוּסְט פוּן אִידִישְׁקַיְיט אוּן נִיט גֶעוואוּסְט אֲפִילוּ פוּן אַלֶף בֵּית אוּן זַייְעֶנְדִיק דָארְטְן הָאט מֶען זִיךְ אָפְּגִילֵייגְט אָן אַ זַיְיט אוּן אַל תִּקְרָא וַיִּקְרָא אֶלָּא וַיַּקְרִיא, וְיָדוּעַ שֶׁבְּהַלִּמּוּד בְּמִדַּת אַל תִּקְרָא, שְׁתֵּי הַקְּרִיאוֹת קַיָּמוֹת. וְגַם בָּזֶה הֲרֵי מְפֹרָשׁ בַּתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב "וַיִּקְרָא". מִכָּל מָקוֹם צָרִיךְ לֵידַע אַז אוֹיבּ עֶר ווִיל אִים זָאל אַיְינְגֵיין דֶער וַיִּקְרָא, מוּז זַיְין דֶער וַיַּקְרִיא. דַארְפְסְטוּ זֶעהן אַז יֶענֶער זָאל נִיט נָאר ווִיסְן נָאר אוֹיךְ אוֹיסְרוּפֶען. הֲגַם אַז בִּיז אִיצְט הָאט יֶענֶער נִיט גֶעוואוּסְט פוּן גָארְנִיט, אָבֶּער אִיצְט דַארְפְסְטוּ זֶעהן אַז עֶר זָאל שְׁרַיְיעֶן אֵ-ל עוֹלָם נִיט אֵ-ל הָעוֹלָם, הַיְינוּ שֶׁאֱלֹקוּת הוּא עִנְיָן בִּפְנֵי עַצְמוֹ, וְעוֹלָם עִנְיָן בִּפְנֵי עַצְמוֹ, אֶלָּא שֶׁאֱלֹקוּת מוֹשֵׁל וְשׁוֹלֵט עַל הָעוֹלָם, כִּי אִם שֶׁעוֹלָם וֵאלֹקוּת הוּא כּוּלָּא חַד. וְאַף כִּי מִי הוּא זֶה וְאֵיזֶהוּ אֲשֶׁר עָרַב לִבּוֹ לֵאמֹר, אֶעֱבֹד עֲבוֹדַת אַבְרָהָם אָבִינוּ, מִכָּל מָקוֹם אֶפֶס קָצֵהוּ שַׁיָּךְ לְכָל אֶחָד וְאֶחָד וּמְחֻיָּב בָּזֶה וְנִתְּנוּ לוֹ הַכֹּחוֹת עַל זֶה עַל יְדֵי הַהַנְהָגָה שֶׁהֶרְאָנוּ הָרִאשׁוֹן וּמִמֶּנּוּ וָאֵילָךְ עַד, וְעַד בִּכְלָל, הַהַנְהָגָה שֶׁהֶרְאָנוּ כ"ק מו"ח אַדְמוֹ"ר, שֶׁהֵם סָלְלוּ אֶת הַדֶּרֶךְ וְנָתְנוּ לָנוּ כֹּחוֹת עַל זֶה. וְזֶהוּ גּוּפָא הַחֲבִיבוּת דְּדוֹר הַשְּׁבִיעִי שֶׁכַּמָּה כֹּחוֹת נִתְּנוּ וְנִתְגַּלּוּ בִּשְׁבִילֵנוּ. וְעַל יְדֵי הָעֲבוֹדָה בְּאֹפֶן כָּזֶה יֻמְשַׁךְ עִיקַּר שְׁכִינָה לְמַטָּה בָּעוֹלָם הַזֶּה הַגַּשְׁמִי וְהַחָמְרִי, וְיִהְיֶה עוֹד בְּמַדְרֵגָה נַעֲלֵית יוֹתֵר גַּם מִקֹּדֶם הַחֵטְא, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב בַּמָּשִׁיחַ "וְנִשָּׂא... מְאֹד" יוֹתֵר מֵאָדָם הָרִאשׁוֹן וַאֲפִלּוּ כְּמוֹ שֶׁהָיָה קֹדֶם הַחֵטְא. וכ"ק מו"ח אדמו"ר אֲשֶׁר אֶת חֳלָיֵנוּ הוּא נָשָׂא וּמַכְאֹבֵינוּ סְבָלָם, וְהוּא מְחֹלָל מִפְּשָׁעֵנוּ מְדֻכָּא מֵעֲוֹנֹתֵינוּ, הֲרֵי כְּשֵׁם שֶׁרָאָה בְּצָרָתֵנוּ, הִנֵּה בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ וּבַעֲגָלָא דִּידַן יִגְאַל צֹאן מַרְעִיתוֹ מִגָּלוּת הָרוּחָנִי וְגָלוּת הַגַּשְׁמִי גַּם יַחְדָּיו, וְיַעֲמִידֵנוּ בְּקֶרֶן אוֹרָה. אֲבָל כָּל זֶה הוּא עֲדַיִן רַק גִּלּוּיִם, וְעוֹד יוֹתֵר – שֶׁיְּקַשֵּׁר וִיאַחֵד אוֹתָנוּ בְּמַהוּת וְעַצְמוּת אֵין סוֹף בָּרוּךְ הוּא. וְזֶהוּ פְּנִימִיּוּת הַכַּוָּנָה שֶׁל יְרִידַת וְהִשְׁתַּלְשְׁלוּת הָעוֹלָמוֹת וְעִנְיַן הַחֵטְא וְתִקּוּנוֹ וְעִנְיַן סִלּוּקָן שֶׁל צַדִּיקִים שֶׁעַל יְדֵי זֶה יִהְיֶה אִסְתַּלַּק יְקָרָא דְּקֻדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא. וּכְשֶׁיּוֹצִיאֵנוּ מֵהַגָּלוּת בְּיָד רָמָה וּלְכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל יִהְיֶה אוֹר בְּמוֹשְׁבוֹתָם יִהְיֶה אָז יָשִׁיר מֹשֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל גוֹ' הֲוָיָ׳ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד, (וּכְמוֹ שֶׁהוּא בְּנֻסַּח הַתְּפִלָּה) וְגַם בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם הֲוָיָ׳ מַלְכוּתֵיהּ קָאֵים לְעָלַם וּלְעָלְמֵי עָלְמַיָּא. וּמְסַיְּמִים וְהָיָה הֲוָיָ׳ לְמֶלֶךְ וְגוֹ' הֲוָיָ׳ אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד, שֶׁלֹּא יִהְיֶה חִלּוּק בֵּין הֲוָיָ׳ וּשְׁמוֹ, שֶׁכָּל זֶה נַעֲשֶׂה עַל יְדֵי סִלּוּקָן שֶׁל צַדִּיקִים, שֶׁקָּשֶׁה יוֹתֵר גַּם מֵחֻרְבַּן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ. וְכֵיוָן אַז מְ'אִיז שׁוֹין דִי אַלֶע עִנְיָנִים דוּרְכְגֶעגַאנְגֶען, הִנֵּה עַכְשָׁו אֵין הַדָּבָר תָּלוּי אֶלָּא בָּנוּ – דּוֹר הַשְּׁבִיעִי. וְנִזְכֶּה זֶעהן זִיךְ מִיטְ'ן רֶבִּי'ן דָא לְמַטָּה אִין אַ גּוּף וּלְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים, וְהוּא יִגְאָלֵנוּ.