Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ שלח, כ"ח סיון, מבה"ח תמוז, ה'תשל"ו. Traduction française littérale en regard.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ שלח, כ"ח סיון, מבה"ח תמוז, ה'תשל"ו. Traduction française littérale en regard.
Chapitre 1 · Deux envois d'explorateursא
« Yéhochoua envoya [...] deux hommes comme explorateurs [...] ». Le Likouteï Torah (dans le maamar commençant par « Zé ») explique la différence entre les explorateurs qu'envoya Yéhochoua et ceux qu'envoya Moché. Pour les explorateurs envoyés par Moché, on lit : « Envoie pour toi » : selon ton propre jugement, Moi, Je ne te l'ordonne pas. L'envoi des explorateurs par Yéhochoua, en revanche, ne vint pas de sa propre initiative : il se fit sur l'ordre de Hachem. Il y a une autre différence. Les explorateurs envoyés par Yéhochoua allèrent seulement à Yeri'ho, le verrou de la terre d'Israël, et par là ils explorèrent tout le pays. Ceux qu'envoya Moché, au contraire, parcoururent tout le pays, dans sa longueur et dans sa largeur.
Chapitre 2 · Yeri'ho, nos actes ; le pays, nos sentimentsב
Voici le fond de l'explication. L'ordre de conquérir le pays (sur le plan spirituel) est, comme tous les ordres de la Torah, une chose éternelle, valable en chaque génération. Chacun en Israël doit conquérir toutes les forces et toutes les dimensions de son corps et de son âme animale (le pays de Kenaan), et en faire des récipients [kelim] pour la Divinité (la terre d'Israël). Dans l'âme de l'homme, la différence entre Yeri'ho et l'ensemble du pays est la suivante. Yeri'ho, ce sont les trois vêtements : pensée, parole et action [car Yeri'ho vient du mot réa'h, « odeur », et les vêtements se rattachent à l'odeur, comme le suggère l'expression du Zohar : « par l'odeur de leurs vêtements »]. L'ensemble du pays (le pays des sept nations), ce sont les attributs affectifs de l'âme [midot] de l'homme. Voilà pourquoi l'ordre donné à Yéhochoua d'envoyer des explorateurs prescrivait qu'ils aillent (seulement) à Yeri'ho. La pensée, la parole et l'action sont au pouvoir de l'homme ; aussi chacun reçoit-il l'ordre d'explorer et d'examiner sa pensée, sa parole et son action, pour qu'elles soient toutes consacrées à Havayé. Les midot du cœur, en revanche, ne sont pas au pouvoir de tout homme : ce sont précisément les tsadikim dont le cœur est en leur pouvoir. C'est pourquoi, au sujet des explorateurs qu'envoya Moché pour explorer tout le pays (examiner les midot, pour qu'elles soient toutes consacrées à Havayé), on lit : « Envoie pour toi » : selon ton propre jugement, Moi, Je ne te l'ordonne pas. Car le service qui consiste à conquérir pleinement les midot passe précisément par la révélation du niveau de Moché, et il n'est pas à la portée de toute âme.
Or, la Torah est éternelle. On en comprend que, si la Torah raconte (aussi) l'envoi des explorateurs de Moché pour explorer tout le pays, c'est un enseignement éternel pour chacun en Israël. Pour le comprendre, rappelons d'abord ce qu'explique le Tanya au sujet des tsadikim et des beinonim [hommes intermédiaires]. Le service des beinonim porte (principalement) sur les vêtements de l'âme : pensée, parole et action. C'est pourquoi le degré du beinoni est à la mesure de tout homme. Même quand le cœur convoite et désire quelque chose, l'homme a la capacité de se retenir et de dominer l'esprit du désir qui est dans son cœur. Il peut ne pas le réaliser en acte, en parole ni en pensée (ne pas y penser volontairement), au point de pouvoir en détourner complètement son esprit. Le service des tsadikim, en revanche, porte principalement sur les midot du cœur (l'amour et la crainte), et tout homme n'a pas le mérite d'y parvenir. Car, dans ce qui est confié au cœur, l'homme n'a pas à ce point le libre choix. Et pourtant, on fait prêter serment (à chacun en Israël) : « Sois tsadik ». Chacun doit donc s'efforcer aussi dans le service des tsadikim, comme le Tanya l'explique longuement.
On peut dire que c'est la raison pour laquelle l'ordre de tuer les sept nations et de conquérir leur pays est éternel, valable en chaque génération. Certes, la conquête du pays des sept nations, c'est la transformation des sept attributs affectifs de l'âme de l'âme animale en sainteté ; or cela relève des tsadikim, et tout homme n'a pas le mérite d'y parvenir. car chaque Juif doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour accomplir le serment qu'on lui fait prêter : « Sois un tsadik ». C'est aussi pourquoi le récit de l'envoi des explorateurs (par Moché) pour parcourir tout le pays est écrit dans la Torah (terme qui vient de horaa, « enseignement ») : chaque Juif doit parcourir et examiner ses propres midot, afin qu'elles soient toutes vouées à Havayé. Néanmoins, à propos des explorateurs de Moché, il est écrit : « Envoie pour toi » : selon ton propre jugement ; Moi, Je ne te l'ordonne pas. Car l'ordre porte essentiellement sur la pensée, la parole et l'action (la conquête de Jéricho), domaines dans lesquels (précisément) le libre choix est donné à tout homme, ce qui n'est pas le cas des midot du cœur.
Or, la raison de cela (que la pensée, la parole et l'action sont au pouvoir de l'homme, ce qui n'est pas le cas des midot du cœur) est que la pensée, la parole et l'action sont les vêtements de l'âme. Prenons les vêtements du corps : l'homme a certes besoin de vêtements [par pudeur, puisqu'ils éprouvent de la honte, et aussi pour se protéger du froid et de la chaleur], et pourtant il peut les ôter ; à plus forte raison n'est-il pas lié à ces vêtements-là (ceux qu'il porte maintenant), et il peut les échanger contre d'autres. Il en va de même des vêtements de l'âme : les vêtements de la parole et de l'action peuvent être ôtés, et même la pensée, qui est permanente, se remplace par une autre pensée. En revanche, l'intellect et les midot sont l'essence même de l'âme. C'est pourquoi, pour les changer, il faut un effort, et jusqu'à une force particulière accordée d'en haut.
On peut dire que ce point (que la pensée, la parole et l'action sont des vêtements) est aussi l'une des raisons pour lesquelles la pensée, la parole et l'action importent davantage que les midot. Autrement dit, si ce que l'on exige avant tout de chacun est le service dans la pensée, la parole et l'action, c'est (non seulement parce qu'elles sont en son pouvoir, comme on l'a vu, mais aussi) parce que cela importe davantage.
Pour le comprendre, rappelons d'abord ce qui est expliqué en plusieurs endroits au sujet des vêtements : la racine des vêtements est plus haute que la racine de l'homme qui s'en revêt. Et cette supériorité, qu'ils tiennent de leur racine, se manifeste en eux même après qu'ils ont été attirés ici-bas. C'est pourquoi les vêtements enveloppent l'homme de l'extérieur [makifim] et lui ajoutent beauté et splendeur (Rabbi Yo'hanan appelait ses vêtements « ceux qui m'honorent ») : dans leur racine, ils sont au-dessus de l'homme.
Il en va de même des vêtements de l'âme, pensée, parole et action : la racine des vêtements est au-dessus de l'âme. C'est pourquoi, par la pensée, la parole et l'action des six cent treize mitsvot, qui sont les vêtements de l'âme divine, l'âme connaît une élévation, plus haut qu'elle n'est par elle-même [c'est aussi pourquoi les mitsvot sont pour l'âme des vêtements grâce auxquels, précisément, elle peut jouir de l'éclat de la Chekhina, comme il est expliqué longuement en plusieurs endroits, et aussi dans Likouteï Torah, dans le maamar qui commence par « Zé »]. À l'inverse, par la pensée, la parole et l'action consacrées aux choses du monde qui ne sont pas au nom du Ciel [et sans intérêts personnels], qui sont les vêtements de l'âme animale, l'âme animale connaît une descente, plus bas qu'elle n'est par elle-même. Et puisque l'âme divine est revêtue dans l'âme animale, la descente de l'âme animale entraîne aussi une descente de l'âme divine : l'âme animale fait descendre avec elle l'âme divine (qui est revêtue en elle) tout en bas.
C'est pourquoi le service de l'homme consiste avant tout à « s'écarter du mal et faire le bien » concrètement, en acte, dans la pensée, la parole et l'action. Car le but de la descente de l'âme ici-bas est que, par son service ici-bas, elle s'élève plus haut qu'elle n'est par elle-même (telle qu'elle était avant sa descente). Et cette élévation se fait précisément par le service dans les vêtements de la pensée, de la parole et de l'action, à l'image des vêtements au sens propre, grâce auxquels précisément s'ajoutent beauté et splendeur à l'homme qui les porte, etc.
Et c'est là aussi la raison pour laquelle Jéricho est le « verrou de la terre d'Israël ». Par le service de « s'écarter du mal et faire le bien » en pensée, en parole et en action [et à plus forte raison lorsqu'il y a aussi le service de l'envoi des explorateurs à Jéricho, pour explorer et examiner la pensée, la parole et l'action, afin qu'elles soient toutes pour Havayé], on parvient au birour [tri et affinement] et à la transformation des attributs affectifs de l'âme. C'est la conquête du pays des sept nations. On parvient même jusqu'à « Hachem, ton D.ieu, élargira ton territoire », la conquête aussi du pays du Kéni, du Kenizi et du Kadmoni, c'est-à-dire les trois mo'hin [facultés intellectuelles]. Cela aura lieu à la venue de Machia'h Tsidkénou, très bientôt.