HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5718
MAAMARמאמר
הַשָּׂם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים
« Celui qui a maintenu nos âmes en vie »
Chabbat Kora'h, 3 Tamouz 5718 [1958]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתשח"י · 1958
MAAMARמאמר

הַשָּׂם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים

« Celui qui a maintenu nos âmes en vie »

Chabbat Kora'h, 3 Tamouz 5718 [1958]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5718. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5718. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Avec l’aide du Ciel. Chabbat de la paracha Kora'h, 3 Tamouz 5718 [1958]. « Qui a placé notre âme dans la vie et n’a pas laissé chanceler notre pied. »
בס"ד. ש"פ קֹרַח, ג' תַּמּוּז ה'תשח"י .הַשָּׂם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים וְלֹא נִתַּן לַמּוֹט רַגְלֵנוּ
Sa Sainteté mon beau-père l’Admour explique, dans son maamar commençant par « Qui a placé notre âme dans la vie et n’a pas laissé chanceler notre pied », de cette fête de la guéoula du 12 Tamouz [le début de la guéoula ayant eu lieu le 3 Tamouz], que la vie dans laquelle Il a placé notre âme est une vie plus élevée que la vie de l’âme (de par elle-même).
וּמְבֹאָר כ"ק מו"ח אדמו"ר בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה זֶה דְּחַג, 1הַשָּׂם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים וְלֹא נִתַּן לַמּוֹט רַגְלֵנוּ דְּהַחַיִּים שֶׁבָּהֶם שֵׁם נַפְשֵׁנוּ הֵם חַיִּים,] [שֶׁהַתְחָלַת הַגְּאוּלָה הָיְתָה בג' תַּמּוּזהַגְּאוּלָה י"ב תַּמּוּז .)נַעֲלִים יוֹתֵר מֵחַיֵּי הַנֶּפֶשׁ (מִצַּד עַצְמָהּ
Car la vie de l’âme est limitée. Certes, l’âme est vivante par essence (au-delà de l’épanchement de la vitalité qui fait vivre le corps, et non seulement de la vitalité particulière, mais aussi de la vitalité générale). Néanmoins, si l’âme est vivante par essence, c’est parce que HaKadoch Barou'h Hou a imprimé en elle cette nature (d’être vivante par essence) ; c’est pourquoi cette vitalité elle-même (celle du degré de « vivant par essence ») est limitée. Alors que la vie dans laquelle Il a placé notre âme est au-dessus de la nature.
' דַּהֲגַם שֶׁהַנֶּפֶשׁ הוּא חַי בְּעֶצֶם (שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְפַּשְּׁטוּת הַחַיּוּת שִׂמְחִי,דְּחַיֵּי הַנֶּפֶשׁ הֵם מוּגְבָּלִים כִּיוֵּן דְּזֶה שֶׁהַנֶּפֶשׁ הוּא חַי,מ"מ, 4) וְלֹא רַק מֵחַיּוּת הַפְּרָטִי אֶלָּא גַּם מֵחַיּוּת הַכְּלָלִי,אֵת הַגּוּף גַּם חַיּוּת זֶה, לָכֵן,)בְּעֶצֶם הוּא מִפְּנֵי שהקב"ה הִטְבִּיעַ בְּהַנֶּפֶשׁ טֶבַע זֶה (שיהי' חַי בְּעֶצֶם . 5 וְהַחַיִּים שֶׁבָּהֶם שֵׁם נַפְשֵׁנוּ הֵם לְמָעְלָה מֵהַטֶּבַע,(דִּבְחִינַת חַי בְּעֶצֶם) הוּא בְּהַגְבָּלָה
Tel est le sens de « Qui a placé notre âme dans la vie et n’a pas laissé chanceler notre pied » : la force qui empêche nos pieds de chanceler vient précisément de la vie qui est au-dessus de la nature.
שֶׁהַכֹּחַ עַל זֶה שֶׁרַגְלֵנוּ לֹא יִהְיוּ לַמּוֹט הוּא דַּוְקָא,וְזֶהוּ הַשַּׁ ם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים וְלֹא נִתַּן לַמּוֹט רַגְלֵנוּ .מֵהַחַיִּים שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע
2) Pour comprendre pourquoi, du côté de la vie de l’âme elle-même, même au degré de « vivant par essence », il se peut que notre pied chancelle, et pourquoi la force qui empêche notre pied de chanceler vient précisément de la vie qui est au-dessus de la nature ; et aussi pour comprendre le lien entre ce thème et la guéoula du 12 Tamouz, il faut d’abord rappeler ce qui est dit au début de notre paracha : « Kora'h prit » [vayika'h Kora'h]. Onkelos traduit : « Kora'h se sépara » [veitpeleg Kora'h]. Partout où il est dit vayika'h [« il prit »], il traduit venassev, et ici il traduit veitpeleg.
אֶפְשָׁר לִהְיוֹת, גַּם מִצַּד בְּחִינַת חַי בְּעֶצֶם,ב) וּלְהָבִין הַטַּעַם עַל זֶה שֶׁמִּצַּד חַיֵּי הַנֶּפֶשׁ עַצְמָהּ וְגַם, וְהַכֹּחַ עַל זֶה שֶׁלֹּא יהי' לַמּוֹט רַגְלֵנוּ הוּא דַּוְקָא מֵהַחַיִּים שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע,לַמּוֹט רַגְלֵנוּ וַיִּקַּח קֹרַח יֵשׁ לְהַקְדִּים מ"ש בְּרֵישׁ פַּרְשָׁתֵנוּ,לְהָבִין הַשַּׁיָּיכוּת דְּעִנְיַן זֶה לְהַגְּאוּלָה די"ב תַּמּוּז . דבכ"מ שֶׁנֶּאֱמַר וַיִּקַּח תִּרְגֵּם ונסב וְכַאן תִּרְגֵּם וְאִתְפְּלֵג.וְתִרְגֵּם אוּנְקְלוֹס וְאִתְפְּלֵג קֹרַח
Il est rapporté dans le livre Noam Elimelekh que veitpeleg (Kora'h) est à l’image du « firmament qui sépare les eaux des eaux ». Le Tséma'h Tsédek explique que cette interprétation (veitpeleg Kora'h est à l’image du firmament qui sépare) repose sur ce qui est rapporté dans le Zohar : le firmament qui sépare fut une dispute de la gauche contre la droite, etc. ; « de la même manière, la dispute de Kora'h contre Aharon ».
וּמְבֹאָר. דִּוְאִתְפַּלַּג (קֹרַח) הוּא ע"ד רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל בֵּין מַיִם לָמָיִםוְאִיתָא בְּסֵפֶר נוֹעַם אֱלִימֶלֶךְ דְּפֵרוּשׁ זֶה (שִׁוְאֶתִּפְלַג קֹרַח הוּא ע"ד רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל) הוּא ע"פ מַה דאיתא, 8הצ"צ . דְּרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל הֲוָה מַחֲלֹקֶת שמאלא בְּיַמִּינָא כו' כגוונא דָּא מַחֲלֹקֶת קֹרַח בְּאַהֲרֹןבַּזֹּהַר
On en déduit que le lien entre veitpeleg Kora'h et le firmament qui sépare ne tient pas seulement à ce que la racine de la dispute (quelle qu’elle soit) se trouve dans le firmament qui sépare, comme le rapporte le Midrach : « Pourquoi n’est-il pas écrit au deuxième jour “que c’était bien” ? [...] Parce qu’en ce jour fut créée la dispute, ainsi qu’il est dit : “et qu’il sépare les eaux des eaux”. » Cette dispute-ci en particulier, la dispute de Kora'h contre Aharon, est aussi l’image (et elle en tire sa racine) de la dispute du firmament qui sépare. De même que la dispute du firmament qui sépare est une dispute de la gauche contre la droite, ainsi la dispute de Kora'h contre Aharon : Aharon se situe sur la ligne du 'Hessed, la droite, tandis que Kora'h, qui était lévite, relevait des guevourot, la gauche.
שֶׁהַשַּׁיָּכוּת דִּוְאִתְפַּלֵּג קֹרַח לָרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל הִיא לֹא רַק מִפְּנֵי שֶׁהַשֹּׁרֶשׁ דְּמַחֲלֹקֶת,דְּמִזֶּה מוּבָן לָמָּה אֵין כְּתִיב בִּשְׁנֵי כִּי טוֹב כִּדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ,(אֵיזוֹ מַחֲלֹקֶת שתהי') הִיא מֵרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל , אֶלָּא שֶׁגַּם מַחֲלֹקֶת זוֹ בִּפְרָט, וִיהִי מַבְדִּיל בֵּין מַיִם לָמָיִםכו' שֶׁבּוֹ נִבְרֵאת מַחֲלֹקֶת שֶׁנֶּאֱמַר דִּכְמוֹ. הִיא דּוּגְמַת (וְשָׁרְשָׁהּ הִיא) הַמַּחֲלוֹקֶת דְּרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל,מַחֲלֹקֶת קֹרַח בְּאַהֲרֹן , עד"ז הִיא מַחֲלֹקֶת קֹרַח בְּאַהֲרֹן,שֶׁהַמַּחֲלֹקֶת דְּרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל הִיא מַחֲלֹקֶת שמאלא בְּיַמִּינָא . שְׂמֹאל, וְקֹרַח שהי' לֵוִי הי' מִבְּחִינַת גְּבוּרוֹת, יָמִין,דְאַהֲרֹן הוּא בְּקַו הַחֶסֶד
On peut ajouter que les deux éléments contenus dans veitpeleg Kora'h (la dispute, et le fait qu’il s’opposa à Aharon) sont liés l’un à l’autre.
וְזֶה שֶׁחֵלֶק עַל אַהֲרֹן) שַׁיָּכִים זֶה, דִּשְׁנֵי עִנְיָנִים אֵלּוּ שֶׁבְּוֶאִתְפַּלֵּג קֹרַח (מַחֲלֹקֶת,וְיֵשׁ לְהוֹסִיף .לָזֶה
En effet, si la création de la dispute (le firmament qui sépare) eut lieu précisément au deuxième jour, c’est que le premier jour correspond à l’attribut du 'Hessed (la droite), et le deuxième jour à l’attribut de la rigueur [Guevoura] (la gauche) ; or c’est du côté de la Guevoura que la dispute trouve sa place. Comme le rapporte le Zohar au même endroit : « La droite est la perfection de tout, etc. ; d’elle dépend toute perfection. Quand la gauche s’éveille, la dispute s’éveille. »
כִּי יוֹם הָרִאשׁוֹן,דְּהִנֵּה זֶה שֶׁבְּרִיאַת הַמַּחֲלוֹקֶת (רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל) הָיְתָה בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי דַּוְקָא הוּא וּמִצַּד הַגְּבוּרָה יֵשׁ נְתִינַת מָקוֹם,)הוּא מִדַּת הַחֶסֶד (יָמִין) וְיוֹם הַשֵּׁנִי הוּא מִדַּת הַגְּבוּרָה (שְׂמֹאל כַּד,וְכִדְאִיתָא בַּזֹּהַר שֵׁם יַמִּינָא אִיהוּ שלימא דְכוֹלָא כו' בי' תליא כָּל שְׁלִימוּ. 12לְמַחֲלֹקֶת .אתער שמאלא אתער מַחֲלֹקֶת
Dès lors, on peut dire que l’essentiel de ce qui caractérise Kora'h est la dispute [comme on le comprend aussi de cet enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Quiconque persiste dans une dispute transgresse un interdit [lav], ainsi qu’il est dit : “Et qu’il ne soit pas comme Kora'h et son assemblée.” » Puisque celui qui persiste dans une dispute (quelle qu’elle soit) est comme Kora'h et son assemblée, il est démontré que l’essentiel de ce qui caractérise Kora'h est la dispute]. S’il s’opposa à Aharon ('Hessed) et voulut faire des guevourot l’essentiel, c’était pour renforcer ainsi la dispute.
כָּל הַמַּחֲזִיק שֶׁעִקַּר עִנְיָנוֹ שֶׁל קֹרַח הוּא מַחֲלֹקֶת [כַּמּוּבָן גַּם מִזֶּה שארז"ל,ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר דְּמִזֶּה שֶׁהַמַּחֲזִיק בְּמַחֲלֹקֶת (אֵיזוֹ, וְלֹא יהי' כְקֹרַח וְכַעֲדָתוֹ שֶׁנֶּאֱמַרבְּמַחֲלֹקֶת עוֹבֵר בְּלַאו וְזֶה שֶׁחֵלֶק,] שֶׁעִקַּר עִנְיָנוֹ שֶׁל קֹרַח הוּא מַחֲלֹקֶת, מוּכָח,מַחֲלֹקֶת שתהי') הוּא כְקֹרַח וַעֲדָתוֹ .הוּא שעי"ז יהי' חִיזּוּק לְמַחֲלֹקֶת, 16עַל אַהֲרֹן (חֶסֶד) וְרָצָה לַעֲשׂוֹת הַגְּבוּרוֹת עִקָּר
Il faut cependant comprendre : Kora'h était avisé, et il est logique de dire que sa contestation de la kehouna [fonction de kohen] d’Aharon venait de ce qu’il s’était trompé sur les voies du service. On ne comprend donc pas pourquoi il voulait la dispute.
וּמִסְתַּבֵּר לוֹמַר שֶׁהַמַּחֲלֹקֶת שֶׁלּוֹ עַל כְּהוּנַּת אַהֲרֹן הָיְתָה,17' הֲרֵי קֹרַח פִּקֵּחַ הֵי,וְצָרִיךְ לְהָבִין . לָמָּה רָצָה בְּמַחֲלֹקֶת,וְאֵינוֹ מוּבָן, 18מִפְּנֵי שֶׁטָּעָה בְּדַרְכֵי הָעֲבוֹדָה
Qu’il se soit opposé à Aharon, on peut l’expliquer : Kora'h estimait que la avoda [service de D.ieu] devait se faire sur la ligne de la Guevoura, et c’est pourquoi il s’opposa à Aharon, dont le service se situait sur la ligne du 'Hessed. Mais selon ce qui a été dit plus haut, si Kora'h voulait faire des guevourot l’essentiel, c’était pour renforcer la dispute ; on ne comprend donc pas comment Kora'h a pu penser que la dispute soit une voie dans la avoda.
וְלָכֵן, שֶׁקֹּרַח סָבַר שֶׁעֲבוֹדַת ה' צְרִיכָה לִהְיוֹת בְּקַו הַגְּבוּרָה, אֶפְשָׁר לְבָאֵר,דְּזֶה שֶׁחֵלֶק עַל אַהֲרֹן אֲבָל לְפִי הנ"ל דְּזֶה שֶׁקֹּרַח רָצָה לַעֲשׂוֹת הַגְּבוּרוֹת.חֵלֶק עַל אַהֲרֹן שֶׁהָיְתָה עֲבוֹדָתוֹ בְּקַו הַחֶסֶד הַאֵיךְ חָשַׁב קֹרַח שֶׁמַּחֲלֹקֶת הוּא דֶּרֶךְ, אֵינוֹ מוּבָן,עִקָּר הוּא בִּכְדֵי שיהי' חִיזּוּק לְמַחֲלֹקֶת .'בַּעֲבוֹדַת ה
Il reste aussi à comprendre pourquoi il rend « Kora'h prit » par « veitpeleg Kora'h », ce dernier étant à l’image du firmament qui sépare. À première vue, en effet, le nom même de Kora'h fait déjà allusion au firmament qui sépare, comme l’écrit le Tséma'h Tsédek sur le verset [passouk] « Kora'h prit » : Kora'h fait allusion au firmament qui sépare, comme le dit le passouk : « un firmament semblable à la glace [kéra'h] ». Qu’apporte donc de plus veitpeleg Kora'h ?
הֲרֵי גַּם, דְּלִכְאוֹרָה, דִּוְאַתְפַּלֵּג הוּא ע"ד רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל,וְגַם צלה"ב מַה שֶׁמְּתַרְגֵּם וְאִתְפְּלֵג קֹרַח כמ"ש הצ"צ עה"פ וַיִּקַּח קֹרַח שֶׁקֹּרַח רוֹמֵז עַל, 19שְׁמוֹ שֶׁל קֹרַח עַצְמוֹ רוֹמֵז עַל רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל . וּמַהִי הַהוֹסָפָה דִּוְאִתְפַּלֵּג קֹרַח, רָקִיעַ כְּעֵין הַקֶּרַחרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל כמ"ש
3) Pour le comprendre, rappelons d’abord ce que l’on sait du firmament qui sépare les eaux des eaux : les eaux sont le délice [taanoug]. Si les eaux font croître toutes sortes de délices, c’est parce qu’elles contiennent la dimension du délice.
דְּזֶה,דָּמִים הֵם תַּעֲנוּג, 21ג) וְיוּבַן זֶה בְּהַקְדִּים הַיָּדוּעַ בְּעִנְיַן רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל בֵּין מַיִם לָמָיִם .23 הוּא לְפִי שֶׁבָּהֶם יֵשׁ עִנְיָן הַתַּעֲנוּגשֶׁהַמַּיִם מַצְמִיחִים כָּל מִינֵי תַּעֲנוּג
Et le firmament [rakia] qui sépare les eaux supérieures des eaux inférieures est l'écran [parsa] par lequel s'opère la séparation entre les délices [taanouguim] que procurent les choses spirituelles (les eaux supérieures) et les délices de ce monde (les eaux inférieures).
וְהָרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל בֵּין מַיִם עֶלְיוֹנִים לָמָיִם תַּחְתּוֹנִים הִיא הַפַּרְסָא שֶׁעַל יָדָהּ נַעֲשֵׂית הַהַבְדָּלָה בֵּין הַתַּעֲנוּגִים בְּעִנְיָנִים הָרוּחָנִיִּים (מַיִם עֶלְיוֹנִים) וְתַעֲנוּגֵי עוה"ז (מַיִם תַּחְתּוֹנִים).
Et l'intention du firmament qui sépare les eaux supérieures des eaux inférieures est que, par ce moyen, les eaux inférieures s'élèvent plus haut qu'elles n'étaient avant leur descente. Car leur descente en bas fait naître en elles le désir et la soif de monter en haut : « les eaux inférieures pleurent : "Nous voulons être devant le Roi" ». Par là, elles s'élèvent plus haut qu'elles n'étaient avant leur descente, et plus haut même que les eaux supérieures.
וְהַכַּוָּנָה בָּרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל בֵּין מַיִם עֶלְיוֹנִים לָמָיִם תַּחְתּוֹנִים הִיא בִּכְדֵי שעי"ז יִתְעַלּוּ מַיִם הַתַּחְתּוֹנִים לְמָעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ קוֹדֵם יְרִידָתָם. דע"י יְרִידָתָם לְמַטָּה, נַעֲשֶׂה בָּהֶם הַתְּשׁוּקָה וְהַצִּמָּאוֹן לַעֲלוֹת לְמָעְלָה, מַיִם תַּחְתּוֹנִים בּוּכִין אֲנַן בָּעֵינַן לְמֶהֱוֵי קמי' מַלְכָּא, ועי"ז הֵם מִתְעַלִּים לְמָעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ קוֹדֵם יְרִידָתָם, וּלְמַעְלָה יוֹתֵר גַּם מִמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים.
C'est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : au troisième jour, il est dit deux fois « que c'était bien » [ki tov] : une fois pour l'œuvre des eaux et une fois pour l'œuvre de ce jour. Or, à première vue, l'œuvre des eaux relève de la dissension [ma'hloket] : comment peut-on dire à son sujet « que c'était bien » ?
וְזֶהוּ מַה שארז"ל דְּזֶה שֶׁבְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי נֶאֱמַר שֵׁנִי פְּעָמִים כִּי טוֹב הוּא אַחַד לִמְלֶאכֶת הַמַּיִם וְאֶחָד לִמְלַאכְתּוֹ שֶׁל יוֹם, דְּלִכְאוֹרָה, הֲרֵי מְלֶאכֶת הַמַּיִם הו"ע שֶׁל מַחֲלֹקֶת וְאֵיךְ נֶאֱמַר עַל זֶה כִּי טוֹב.
L'explication est la suivante : c'est par le service de l'homme que s'opèrent le birour [tri qui dégage le bien] et l'élévation des eaux inférieures. C'est pourquoi, au troisième jour, lorsque s'accomplit « Que les eaux qui sont sous les cieux se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre sèche » (car la terre sèche est le lieu de l'homme), l'intention de l'œuvre des eaux fut achevée : séparées des eaux supérieures et descendues en bas, les eaux inférieures s'élèvent plus haut qu'elles n'étaient avant leur descente. Alors (une fois que cette élévation est devenue possible), l'œuvre des eaux elle aussi est « bien ».
וְהַבִּיאוּר בָּזֶה, שע"י עֲבוֹדַת הָאָדָם נַעֲשֶׂה הַבֵּירוּר והעלי' דָּמִים הַתַּחְתּוֹנִים, וְלָכֵן, בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי כשהי' יִקָּווּ הַמַּיִם מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם אֶל מָקוֹם אַחַד וְתֵרָאֶה הַיַּבָּשָׁה, דְּיַבָּשָׁה הִיא מְקוֹמוֹ שֶׁל הָאָדָם, נִשְׁלְמָה הַכַּוָּונָה דִּמְלֶאכֶת הַמַּיִם, שע"י הַבְדָּלַת מַיִם הַתַּחְתּוֹנִים מִמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים וִירִידָתָם לְמַטָּה הֵם מִתְעַלִּים לְמָעְלָה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיוּ קוֹדֵם יְרִידָתָם, וְאָז (לְאַחֲרֵי שֶׁנַּעֲשֵׂית הָאֶפְשָׁרִיּוּת דעלי' זוֹ), גַּם מְלֶאכֶת הַמַּיִם הִיא טוֹב.
« Qui maintient notre âme en vie et n'a pas laissé chanceler notre pied »
הַשֵּׁם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים וְלֹא נִתַּן לַמּוֹט רַגְלֵנוּ
« Kora'h prit » / « Et Kora'h se divisa » / « Et il prit »
וַיִּקַּח קֹרַח / וְאִתְפְּלֵג קֹרַח / ונסב
Sur cette base, on comprendra ce que Kora'h recherchait par la discorde. Kora'h pensait que l'intention, dans le fait que les eaux inférieures se sont séparées des eaux supérieures et sont descendues en bas, tenait à la qualité que recèlent les plaisirs matériels eux-mêmes : la racine de la matérialité est en effet plus haute que la racine de la spiritualité. [C'est dans la ligne de ce qui est expliqué dans le Torah Or : à propos des mondes supérieurs, il est dit « Que Tes œuvres sont grandes », tandis que « Que Tes œuvres sont nombreuses » concerne précisément les mondes inférieurs ; or la multiplicité indique la perfection de l'Ein Sof [l'Infini] qui, tout en étant unique, porte aussi une multiplicité de détails.]
ד) ועפ"ז יוּבַן מַה שֶׁקֹּרַח רָצָה בְּמַחֲלֹקֶת, כִּי קֹרַח חָשַׁב שֶׁהַכַּוָּונָה בָּזֶה שָׁמַיִם הַתַּחְתּוֹנִים נִבְדְּלוּ מִמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים וַיֵּרְדוּ לְמַטָּה הוּא בִּשְׁבִיל הַמַּעֲלָה שֶׁיֶּשְׁנָהּ בְּהַתַּעֲנוּגִים הַגַּשְׁמִיִּים עַצְמָם, דְּשֹׁרֶשׁ הַגַּשְׁמִיּוּת הוּא לְמָעְלָה יוֹתֵר מִשֹּׁרֶשׁ הָרוּחָנִיּוֹת. [וע"ד הַמְבוֹאָר בתו"א דְּבָעוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים נֶאֱמַר מַה גָּדְלוּ מַעֲשֶׂיךָ, וְעִנְיָן מַה רַבּוֹ מַעֲשֶׂיךָ הוּא בְּעוֹלָמוֹת הַתַּחְתּוֹנִים דַּוְקָא, וְעִנְיָן הָרִבּוּי מוֹרֶה עַל הַשְּׁלֵימוּת דא"ס, שֶׁעִם הֱיוֹתוֹ יָחִיד, הוּא נוֹשֵׂא גַּם רִיבּוּי פְּרָטִים.]
C'est pourquoi il voulait que les rigueurs [guevourot] soient l'essentiel. Car si les eaux inférieures pleurent : « Nous voulons être devant le Roi », c'est qu'elles ressentent la supériorité des dévoilements ('Hessed, la droite) ; et comme les dévoilements se trouvent principalement dans les mondes supérieurs, les eaux inférieures (qui sont dépourvues de dévoilements) veulent sortir de leur existence et monter en haut. Mais selon l'erreur de Kora'h, pour qui l'intention réside dans les plaisirs matériels eux-mêmes, afin que s'y révèle la racine de la matérialité, c'est au contraire dans les contractions [tsimtsoumim] et les guevourot, dont procèdent les choses matérielles, que se trouve la véritable grandeur.
וְלָכֵן רָצָה שֶׁהַגְּבוּרוֹת יִהְיוּ הָעִיקָּר, כִּי זֶה שָׁמַיִם הַתַּחְתּוֹנִים בּוּכִין אֲנַן בָּעֵינַן לְמֶהֱוֵי קמי' מַלְכָּא הוּא מִפְּנֵי שֶׁנִּרְגָּשׁ בָּהֶם הָעִילּוּי דְּעִנְיַן הַגִּילּוּיִים (חֶסֶד, יָמִין), וְכֵיוָן שֶׁהַגִּלּוּיִים הֵם בְּעִיקָר בְּעוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים, לָכֵן מַיִם הַתַּחְתּוֹנִים (שֶׁאֵין בָּהֶם גִּילּוּיִים) רוֹצִים לְצֵאת מִמְּצִיאוּתָם וְלַעֲלוֹת לְמָעְלָה. אֲבָל לְפִי טָעוּתוֹ שֶׁל קֹרַח שֶׁהַכַּוָּונָה הִיא בְּתַּעֲנוּגִים הַגַּשְׁמִיִּים עַצְמָם, שֶׁיִּתְגַּלֶּה בָּהֶם שֹׁרֶשׁ הַגַּשְׁמִיּוּת, הֲרֵי אַדְּרַבָּא, עִקַּר הַמַּעֲלָה הִיא בְּהַצִּמְצוּמִים וְהַגְּבוּרוֹת, שֶׁמֵּהֶם מִתְהַוִּים הַדְּבָרִים הַגַּשְׁמִיִּים.
Mais Kora'h s'est trompé en cela. Le dévoilement de la racine des eaux inférieures (matérielles) elles-mêmes n'aura lieu qu'à l'avenir. Et pour que se produise ce dévoilement de la racine des eaux inférieures elles-mêmes, il faut d'abord qu'elles ressentent la supériorité des dévoilements : c'est ce ressenti qui fait naître en elles la soif et le désir de monter en haut, et c'est par là que se produira le dévoilement de la racine des eaux inférieures elles-mêmes.
אֲבָל קֹרַח טָעָה בָּזֶה, כִּי גִּילּוּי הַשֹּׁרֶשׁ דָּמִים הַתַּחְתּוֹנִים (גַּשְׁמִיִּים) עַצְמָם יהי' לע"ל, וּבִכְדֵי שיהי' גִּילּוּי הַשֹּׁרֶשׁ דָּמִים הַתַּחְתּוֹנִים עַצְמָם, צָרִיךְ לִהְיוֹת בָּהֶם תְּחִלָּה הַהֶרְגֵּשׁ דְּמַעֲלַת הַגִּילּוּיִים, שע"י הֶרְגֵּשׁ זֶה יֵשׁ בָּהֶם הַצִּמָּאוֹן וְהַתְּשׁוּקָה לַעֲלוֹת לְמָעְלָה, ועי"ז יהי' גִּילּוּי הַשֹּׁרֶשׁ דָּמִים הַתַּחְתּוֹנִים עַצְמָם.
Voilà pourquoi « que c'était bien » n'est pas dit de l'œuvre des eaux avant le troisième jour. L'œuvre des eaux, telle qu'elle s'est faite le deuxième jour, a pourtant elle aussi une supériorité : les eaux inférieures se sont séparées des eaux supérieures et sont descendues en bas. Mais le dévoilement de cette supériorité n'aura lieu qu'à l'avenir ; pour l'heure, l'intention de la descente des eaux en bas est qu'elles montent en haut (comme on l'a vu plus haut), ce qui se fait précisément le troisième jour.
וְזֶהוּ שֶׁלֹּא נֶאֱמַר כִּי טוֹב בִּמְלֶאכֶת הַמַּיִם עַד לְיוֹם הַשְּׁלִישִׁי, אַף שֶׁיֶּשְׁנָהּ מַעְלָה גַּם בִּמְלֶאכֶת הַמַּיִם כְּמוֹ שֶׁהָיְתָה בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי, בָּזֶה שֶׁנִּבְדְּלוּ מַיִם הַתַּחְתּוֹנִים מִמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים וַיֵּרְדוּ לְמַטָּה, כִּי הַגִּילּוּי דְּמַעְלָה זוֹ יהי' רַק לע"ל, וְעַכְשָׁיו, הַכַּוָּונָה בִּירִידַת הַמַּיִם לְמַטָּה הִיא בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲלוּ לְמָעְלָה (כנ"ל), דְּעִנְיַן זֶה נַעֲשֶׂה בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי דַּוְקָא.
Il en va de même de la notion générale de dévoilement (racine du 'Hessed) et de tsimtsoum (racine de la Guevoura) : la supériorité du tsimtsoum lui-même ne se révélera qu'à l'avenir, et l'intention du tsimtsoum, tel qu'il est maintenant, est le dévoilement.
ועד"ז הוּא בִּכְלָלוּת הָעִנְיָן דְּגִלּוּי (שֹׁרֶשׁ הַחֶסֶד) וְצִמְצוּם (שֹׁרֶשׁ הַגְּבוּרָה), דְּהַמַּעֲלָה שֶׁבְּהַצִּמְצוּם עַצְמוֹ יִתְגַּלֶּה רַק לע"ל, וְהַכַּוָּנָה בְּהַצִּמְצוּם כְּמוֹ שֶׁהוּא עַכְשָׁיו הוּא בִּשְׁבִיל הַגִּילּוּי.
« Que toutes tes actions soient au nom du Ciel [et sans intérêts personnels] » / « Dans toutes tes voies, connais-Le »
כָּל מַעֲשֶׂיךָ יִהְיוּ לְשָׁם שָׁמַיִם / בְּכָל דְּרָכֶיךָ דָּעֵהוּ
Il en va de même dans le service de l'homme. Le service de « Dans toutes tes voies, connais-Le » a certes un avantage sur le service de la Torah et des mitsvot : par lui, la connaissance de la Divinité s'étend aussi aux affaires du monde (« dans toutes tes voies »). Néanmoins, pour que son occupation des choses permises [divrei harechout] (« tes voies ») se fasse sans que les affaires du monde ne produisent en lui une descente, à D.ieu ne plaise, et qu'au contraire il voie en elles-mêmes la hachga'ha pratit [l'attention que D.ieu porte à chaque détail de la création] (« connais-Le »), il faut passer par le service de « Que toutes tes actions soient au nom du Ciel » : s'il s'occupe des choses permises, c'est dans l'intention de pouvoir, par là, s'occuper de la Torah et des mitsvot. [Et puisque toute son occupation des affaires du monde a pour but l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, il la réduit autant que possible et ne s'en occupe que dans la mesure du nécessaire.] Alors, même lorsqu'il s'occupe des affaires du monde, il y voit le dévoilement de la Divinité : « connais-Le ».
ה) ועד"ז הוּא בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם, שֶׁהֲגַם שֶׁיֵּשׁ יִתְרוֹן בְּהָעֲבוֹדָה דִּבְכָל דְּרָכֶיךָ דָּעֵהוּ עַל הָעֲבוֹדָה דְּתוֹרָה וּמִצְווֹת, שע"י הָעֲבוֹדָה דִּבְכָל דְּרָכֶיךָ דָּעֵהוּ יְדִיעַת אֱלֹקוּת הִיא גַּם בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם (בְּכָל דְּרָכֶיךָ), מ"מ, בִּכְדֵי שֶׁעָסְקוּ בְּדִבְרֵי הָרְשׁוּת (דְּרָכֶיךָ) יהי' בְּאֹפֶן שֶׁעִנְיְנֵי הָעוֹלָם לֹא יִפְעֲלוּ בּוֹ יְרִידָה ח"ו וְאַדְּרַבָּא בָּהֶם עַצְמָם יִרְאָה הַשְׁגָּחָה פְּרָטִית (דָּעֵהוּ), הוּא ע"י הָעֲבוֹדָה דְּכָל מַעֲשֶׂיךָ יִהְיוּ לְשָׁם שָׁמַיִם, שֶׁכַּוָּונָתוֹ בָּזֶה שֶׁעוֹסֵק בְּעִנְיְנֵי הָרְשׁוּת הִיא בִּכְדֵי שעי"ז יוּכַל לַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה וּמִצְווֹת [וּמִכֵּיוָן שֶׁכָּל עָסְקוֹ בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם הוּא בִּשְׁבִיל קִיּוּם התומ"צ לָכֵן הוּא מְמַעֵט בָּהֶם כְּכָל הָאֶפְשָׁרִי וְעוֹסֵק בָּהֶם רַק עַד כַּמָּה שֶׁמֻּכְרָח], וְאָז גַּם כְּשֶׁעוֹסֵק בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם, הוּא רוֹאֶה בָּהֶם גִּילּוּי אֱלֹקוּת, דָּעֵהוּ.
D’après ce qui précède, on comprendra aussi la précision du langage de nos Sages, de mémoire bénie : « on ne persiste pas [ein ma'hazikin] dans la discorde [ma'hloket] ». Ils disent bien « persister ». Car l’existence même de la discorde, le fait que les eaux inférieures se soient séparées des eaux supérieures, est une création, créée par HaKadoch Barou'h Hou. La faute de Kora'h fut de persister dans la discorde : il voulait que la séparation se maintienne (que les eaux inférieures restent en bas, sans éprouver la soif de monter vers le haut).
ו) וע"פ הנ"ל יוּבַן גַּם דִּיּוּק לְשׁוֹן רז"ל שֶׁאֵין מַחֲזִיקִין בַּמַּחֲלֹקֶת, מַחֲזִיקִין דַּיְקָא, דִּמְצִיאוּת הַמַּחֲלוֹקֶת עַצְמָהּ, זֶה שָׁמַיִם הַתַּחְתּוֹנִים נִבְדְּלוּ מִמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים, הִיא בְּרִיאָה שֶׁנִּבְרְאָה ע"י הקב"ה. וְחֶטְאוֹ שֶׁל קֹרַח הי' שֶׁהֶחֱזִיק בַּמַּחֲלֹקֶת, שֶׁרָצָה שֶׁתִּתְקַיֵּם הַהַבְדָּלָה (שָׁמַיִם הַתַּחְתּוֹנִים יִשָּׁאֲרוּ לְמַטָּה וְלֹא יהי' בָּהֶם הַצִּמָּאוֹן לַעֲלוֹת לְמָעְלָה).
On peut ajouter ceci. Le deuxième jour, la discorde (le firmament qui sépare [rakia hamavdil]) a été créée dans l’intention que s’en opère le birour [clarification] le troisième jour, où le firmament qui sépare devient bon lui aussi. Il en va de même pour la discorde de Kora'h : l’intention (telle qu’elle était du côté d’En-Haut) était qu’il en résulte une paix d’un degré plus élevé qu’avant la discorde.
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דִּכְמוֹ שֶׁהַכַּוָּונָה בִּבְרִיאַת הַמַּחֲלוֹקֶת (רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל) בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי הִיא בִּכְדֵי שֶׁיִּתְבָּרֵר בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי, שֶׁאָז גַּם הָרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל נַעֲשֶׂה טוֹב, עד"ז הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לַמַּחֲלֹקֶת קֹרַח, שֶׁהַכַּוָּונָה בָּזֶה (כְּמוֹ שהי' מִצַּד לְמָעְלָה) הָיְתָה בִּכְדֵי שעי"ז יהי' שָׁלוֹם בְּאֹפֶן נַעֲלֶה יוֹתֵר מִכְּמוֹ שהי' קוֹדֵם הַמַּחֲלוֹקֶת.
Comme il est expliqué dans les discours 'hassidiques [drouchim], si Moché parla d’abord à Kora'h et à son assemblée, et les recherchait en leur adressant des paroles de paix, c’est qu’il pensait ceci : le troisième jour (Tiféret) a opéré le birour [clarification] de la cloison et de la séparation produites le deuxième jour ; de même, pour Kora'h, Moché [qui était le troisième, Tiféret] opérerait son birour [clarification]. [Mais il n’en fut pas ainsi, car Kora'h n’en voulut pas : sa volonté était de persister dans la discorde.]
וּכַמְבוֹאָר בְּהַדְּרוּשִׁים דְּזֶה שֶׁבַּתְּחִלָּה דִּבֵּר מֹשֶׁה אֶל קֹרַח וְאֶל עֲדָתוֹ והי' מְחַזֵּר אַחֲרֵיהֶם בְּדִבְרֵי שָׁלוֹם, הוּא, כִּי מֹשֶׁה חָשַׁב דִּכְמוֹ שֶׁיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי (ת"ת) בֵּרֵר אֵת הַמְּחִצָּה וְהַהַבְדָּלָה שֶׁנַּעֲשָׂה בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי, עד"ז יהי' גַּם בְּנוֹגֵעַ לְקֹרַח, שֶׁמֹּשֶׁה [שהי' שְׁלִישִׁי, ת"ת] יְבָרֵר אוֹתוֹ. [אֶלָּא שֶׁלֹּא הי' כֵּן, כִּי קֹרַח לֹא רָצָה בָּזֶה, וּרְצוֹנוֹ הי' לְהַחֲזִיק בְּמַחֲלֹקֶת].
D’après cela, on peut expliquer ce qu’ajoute le Targoum : « Kora'h prit » [vayika'h Kora'h] y devient « Kora'h se sépara » [ve'itpeleg Kora'h], à la manière du firmament qui sépare. Pourtant le nom même de Kora'h fait déjà allusion (comme on l’a vu) au firmament qui sépare (« un firmament semblable à la glace [kéra'h] »). C’est que le nom de Kora'h (de karha, qui désigne une division) indique sa nature (il était enclin à la discorde), et cette nature a été créée par HaKadoch Barou'h Hou. « Kora'h prit », en revanche, désigne l’acte de discorde qu’il a accompli par sa volonté et son libre choix.
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר מַה שֶׁמּוֹסִיף הַתַּרְגּוּם שֶׁוִּיָּקַח קֹרַח הוּא וְאִתְפְּלֵג קֹרַח ע"ד רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל, אַף שֶׁשְּׁמוֹ שֶׁל קֹרַח עַצְמוֹ רוֹמֵז (כנ"ל) עַל רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל (רָקִיעַ כְּעֵין הַקֶּרַח), כִּי שְׁמוֹ שֶׁל קֹרַח (מִלְּשׁוֹן קָרְחָה שֶׁעִנְיָנָהּ הוּא פִּילּוּג) מוֹרֶה עַל הַטֶּבַע שֶׁלּוֹ (שהי' נוֹטֶה לְמַחֲלֹקֶת) שֶׁנִּבְרָא ע"י הקב"ה. משא"כ וַיִּקַּח קֹרַח הוּא מַעֲשֵׂה הַמַּחֲלוֹקֶת שֶׁעָשָׂה בִּרְצוֹנוֹ וּבִבְחִירָתוֹ.
Voilà ce qu’apporte de nouveau le Targoum Onkelos en rendant « Kora'h prit » par « Kora'h se sépara », à la manière du firmament qui sépare : même l’acte de discorde de Kora'h, bien qu’il ait relevé de sa volonté et de son libre choix, est à l’image du firmament qui sépare, créé par HaKadoch Barou'h Hou. Le firmament qui sépare a été créé dans l’intention que s’en opère le birour [clarification] le troisième jour ; de même pour « Kora'h se sépara » : l’intention (du côté d’En-Haut) est que s’en opère le birour [clarification] par Moché, comme on l’a vu.
וְזֶהוּ מַה שֶׁמְּחַדֵּשׁ הַתַּרְגּוּם אוּנְקְלוּס דְּוִיֹּקַח קֹרַח הוּא וְאִתְפְּלֵג קֹרַח ע"ד רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל, שֶׁגַּם הַמַּעֲשֶׂה דְּמַחֲלֹקֶת קֹרַח, אַף שֶׁזֶּה הי' בִּרְצוֹנוֹ וּבִבְחִירָתוֹ, הוּא ע"ד רָקִיעַ הַמַּבְדִּיל שֶׁנִּבְרָא ע"י הקב"ה. דִּכְמוֹ שֶׁהַכַּוָּונָה בִּבְרִיאַת הָרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל הִיא בִּכְדֵי שֶׁיִּתְבָּרֵר בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי, עד"ז הוּא גַּם וְאִתְפְּלֵג קֹרַח, שֶׁהַכַּוָּונָה בָּזֶה (מִצַּד לְמָעְלָה) הִיא בִּכְדֵי שֶׁיִּתְבָּרֵר ע"י מֹשֶׁה, כנ"ל.
Et l'on peut dire que si Kora'h s'est trompé et a pensé que l'intention du firmament qui sépare est la séparation elle-même, c'est parce que l'annulation de soi [bitoul] n'existait pas en lui.
ז) וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהַסִּבָּה לָזֶה שֶׁקֹּרַח טָעָה וְחָשַׁב שֶׁהַכַּוָּונָה בָּרָקִיעַ הַמַּבְדִּיל הִיא הַהַבְדָּלָה עַצְמָהּ, הִיא, מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הי' בּוֹ עִנְיָן הַבִּיטּוּל.
Voici l'explication. Il a été dit plus haut (paragraphe 3) que les eaux inférieures ont été séparées des eaux supérieures et sont descendues en bas pour qu'il y ait en elles le désir ardent et la soif de monter vers le haut. Cela relève de l'union et de l'intégration [hitkalelout] de deux attributs opposés. Du point de vue des 'hassadim (la supériorité des révélations), en effet, la supériorité appartient aux eaux supérieures, et il n'y aurait pas eu besoin que les eaux inférieures soient séparées des eaux supérieures et descendent en bas. Du point de vue des guevourot, en revanche, la supériorité réside dans la révélation de la racine des eaux inférieures elles-mêmes, et il n'est pas nécessaire que les eaux inférieures aient le désir ardent et la soif de sortir de leur existence pour monter vers le haut.
וְהָעִנְיָן הוּא, דְּזֶה שנת"ל (סְעִיף ג) שֶׁהַכַּוָּונָה בָּזֶה שָׁמַיִם הַתַּחְתּוֹנִים נִבְדְּלוּ מִמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים וַיֵּרְדוּ לְמַטָּה הִיא בִּכְדֵי שיהי' בָּהֶם הַתְּשׁוּקָה וְהַצִּמָּאוֹן לַעֲלוֹת לְמָעְלָה, הוּא חִיבּוּר וְהִתְכַּלְלוּת דִּשְׁנֵי מִדּוֹת הֲפַכִּיּוֹת. כִּי מִצַּד הַחֲסָדִים (מַעֲלַת הַגִּילּוּיִים) הַמַּעֲלָה הִיא בַּמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים וְלֹא הי' צָרִיךְ שָׁמַיִם הַתַּחְתּוֹנִים יֻבְדְּלוּ מִמַּיִם הָעֶלְיוֹנִים וַיֵּרְדוּ לְמַטָּה, וּמִצַּד הַגְּבוּרוֹת, הַמַּעֲלָה הִיא בְּגִילּוּי הַשֹּׁרֶשׁ דָּמִים הַתַּחְתּוֹנִים עַצְמָם, וְאֵין צָרִיךְ שֶׁבַּמַּיִם הַתַּחְתּוֹנִים יהי' תְּשׁוּקָה וְצִמָּאוֹן לְצֵאת מִמְּצִיאוּתָם וְלַעֲלוֹת לְמָעְלָה.
Or, si la descente des eaux inférieures vers le bas a pour intention qu'il y ait en elles la soif de monter vers le haut, cela procède de Tiféret, la ligne médiane, qui unit les opposés que sont 'Hessed et Guevoura, afin que « la gauche soit intégrée dans la droite ». Et puisque l'intégration procède du bitoul, Kora'h, qui n'était pas dans le bitoul, ne pouvait pas admettre cette notion.
וְזֶה שֶׁהַכַּוָּונָה בְּהַיְרִידָה דָּמִים הַתַּחְתּוֹנִים לְמַטָּה הִיא שיהי' בָּהֶם הַצִּמָּאוֹן לַעֲלוֹת לְמָעְלָה הוּא מִצַּד הת"ת, קַו הָאֶמְצָעִי, שֶׁמְּחַבֵּר הַהֲפָכִים דְּחֶסֶד וּגְבוּרָה, שיהי' לְאִכַּלַּלָא שְׂמָאלָא בְּיַמִּינָא. וְלִהְיוֹת דְּעִנְיַן הַהִתְכַּלְּלוּת הוּא מִצַּד הַבִּיטּוּל, לָכֵן קֹרַח שֶׁלֹּא הי' בְּבִיטּוּל, לֹא הֻנַּח אֶצְלוֹ עִנְיָן זֶה.
Et l'on peut dire qu'il en va de même du service de « que toutes tes actions soient au nom du Ciel [et sans intérêts personnels] ». Bien qu'il connaisse l'immense élévation de « dans toutes tes voies, connais-Le », c'est-à-dire la connaissance de la Divinité dans les choses du monde elles-mêmes, toute son occupation des choses du monde n'est néanmoins qu'un moyen en vue de l'accomplissement de la Torah et des mitsvot ; cela vient du bitoul, qui consiste à accomplir la volonté suprême.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שעד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לְהָעֲבוֹדָה דְּכָל מַעֲשֶׂיךָ לְשָׁם שָׁמַיִם, דְּזֶה שֶׁהֲגַם שֶׁיּוֹדֵעַ גּוֹדֶל הָעִילּוּי דִּבְכָל דְּרָכֶיךָ דָּעֵהוּ, יְדִיעַת אֱלֹקוּת בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם עַצְמָם, ומ"מ יהי' כָּל עָסְקוֹ בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם רַק אֶמְצָעִי בִּשְׁבִיל קִיּוּם התומ"צ, הוּא ע"י הַבִּיטּוּל לְקַיֵּים רְצוֹן הָעֶלְיוֹן.
En effet, son service ne vise pas à étancher sa soif d'une révélation de la Divinité dans son âme. Il est livré et voué à l'accomplissement de la volonté de HaKadoch Barou'h Hou. Peu lui importe donc la révélation qui lui ferait connaître la Divinité (également) dans les choses du monde : tout son désir est d'accomplir la Torah et les mitsvot, d'accomplir la volonté de HaKadoch Barou'h Hou. [Et par là, il aura aussi la révélation de la Divinité présente dans les choses du monde, comme il a été dit plus haut (paragraphe 5) : par le service de « que toutes tes actions soient au nom du Ciel », on parvient à « dans toutes tes voies, connais-Le ».]
דְּמִכֵּיוָן שֶׁעֲבוֹדָתוֹ הִיא לֹא לְרַוּוֹת אֵת צִמְאוֹנוֹ שיהי' גִּילּוּי אֱלֹקוּת בְּנַפְשׁוֹ, אֶלָּא שֶׁהוּא מָסוּר וְנָתוּן לְקַיֵּים רְצוֹן הקב"ה, לָכֵן אֵין נוֹגֵעַ לוֹ הַגִּילּוּי שֶׁיֵּדַע אֱלֹקוּת (גַּם) בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם, וְכָל רְצוֹנוֹ הוּא בְּקִיּוּם התומ"צ, קִיּוּם רְצוֹן הקב"ה. [ועי"ז יהי' לוֹ גַּם הַגִּילּוּי אֱלֹקוּת שֶׁבְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם, וכנ"ל (סְעִיף ה), שע"י הָעֲבוֹדָה דְּכָל מַעֲשֶׂיךָ לְשָׁם שָׁמַיִם מַגִּיעִים לִבְכָל דְּרָכֶיךָ דָּעֵהוּ.]
Tel est le sens de « Qui place notre âme dans la vie et n'a pas laissé chanceler notre pied ». Quand l'homme s'occupe de la Torah et des mitsvot, il se trouve au niveau de la tête ; quand il s'occupe des choses du monde, il se trouve au niveau du pied. La force qui empêche ses pieds (l'occupation des choses du monde) de chanceler vient de la vie dans laquelle Il a placé notre âme : la vie qui est au-dessus de la nature, au-dessus de la vie de l'âme elle-même, et même au-dessus du niveau de « vivant par essence ».
ח) וְזֶהוּ הַשֵּׁם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים וְלֹא נִתַּן לַמּוֹט רַגְלֵנוּ, דִּכְשֶׁהָאָדָם עוֹסֵק בתומ"צ הוּא בִּבְחִינַת רֹאשׁ וּכְשֶׁהוּא עוֹסֵק בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם הוּא בִּבְחִינַת רֶגֶל, וְהַכֹּחַ עַל זֶה שֶׁהָרַגְלַיִם שֶׁלּוֹ (הָעֵסֶק בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם) לֹא יִהְיוּ לַמּוֹט, הוּא מֵהַחַיִּים שֶׁבָּהֶם שֵׁם נַפְשֵׁנוּ, הַחַיִּים שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע, שֶׁלְּמַעְלָה מֵחַיֵּי הַנֶּפֶשׁ עַצְמָהּ, גַּם מִבְּחִינַת חַי בְּעֶצֶם,
Car au degré de la vie de l'âme elle-même (y compris le niveau de « vivant par essence »), il se peut qu'il désire la révélation de la Divinité présente dans les choses du monde. Or, lorsque son occupation des choses du monde a pour but (la révélation présente dans) les choses du monde elles-mêmes, et non le nom du Ciel en vue de l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, ses pieds (son occupation des choses permises [divrei harechout]) chancellent alors,
כִּי מִצַּד הַדַּרְגָּא דְּחַיֵּי הַנֶּפֶשׁ עַצְמָהּ (כּוֹלֵל גַּם בְּחִינַת חַי בְּעֶצֶם), אֶפְשָׁר שֶׁיִּרְצֶה בְּהַגִּילּוּי אֱלֹקוּת שֶׁבְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם, וְכַאֲשֶׁר עָסְקוֹ בְּעִנְיְנֵי הָעוֹלָם יהי' בִּשְׁבִיל (הַגִּילּוּי שב)עִנְיְנֵי הָעוֹלָם עַצְמָם, וְלֹא לְשָׁם שָׁמַיִם בִּשְׁבִיל קִיּוּם התומ"צ, אָז הָרַגְלַיִם שֶׁבּוֹ (הִתְעַסְּקוּתוֹ בְּעִנְיְנֵי הָרְשׁוּת) יִהְיוּ לַמּוֹט,
Et afin que ses pieds ne chancellent pas [lamot], cela se fait par son occupation des choses permises [divrei harechout] au nom du Ciel, comme expliqué plus haut, grâce à la vie qui est au-dessus de la nature (on peut dire que le récipient [keli] de cette vie est l'annulation de soi [bitoul]). Parce qu’elle est au-dessus de toute limitation, cette vie unit les deux contraires que sont 'Hessed et Guevoura. Ainsi, bien qu’il connaisse la supériorité du birour des choses permises, son intention, lorsqu’il accomplit les choses permises, reste néanmoins tournée vers l’accomplissement de la Torah et des mitsvot.
וּבִכְדֵי שֶׁהָרַגְלַיִם שֶׁלּוֹ לֹא יִהְיוּ לַמּוֹט הוּא, ע"י שֶׁעָסְקוּ בְּדִבְרֵי הָרְשׁוּת הוּא לְשָׁם שָׁמַיִם כנ"ל, ע"י הַחַיִּים שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע (די"ל שֶׁהַכְּלִי לָזֶה הוּא הַבִּיטּוּל), שֶׁלִּהְיוֹתָם לְמָעְלָה מֵהַגְבָּלָה הֵם מְחַבְּרִים שֵׁנִי הַהֲפָכִים דְּחֶסֶד וּגְבוּרָה, דַּהֲגַם שֶׁיּוֹדֵעַ הָעִילּוּי שֶׁבַּבֵּרוּר דִּבְרֵי הָרְשׁוּת, מ"מ כַּוָּנָתוֹ בַּעֲשִׂיַּת דִּבְרֵי הָרְשׁוּת הִיא בִּשְׁבִיל קִיּוּם התומ"צ.
Et l’on peut dire que c’est là le lien entre « Qui a placé notre âme dans la vie, etc. » et la guéoula de Youd-Beth Tamouz. Il est connu en effet que la conduite de la nature, qui suit toujours une seule et même manière, révèle la notion de « Je n’ai pas changé » (sauf que cette notion de « Je n’ai pas changé », telle qu’elle se révèle dans la conduite naturelle, est revêtue de la limitation de la nature). Par les miracles, en revanche, est attiré le dévoilement de l’Or Ein Sof [lumière infinie] illimité, qui est au-dessus de tout revêtement dans les mondes.
ט) וְיֵשׁ לוֹמַר שֶׁזֶּהוּ הַקֶּשֶׁר דְּהַשֵּׁם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים גו' עַם הַגְּאוּלָּה די"ב תַּמּוּז, דְּהִנֵּה יָדוּעַ שע"י הַנְהָגַת הַטֶּבַע, שֶׁהִיא תָּמִיד בְּאֹפֶן א', מִתְגַּלֶּה הָעִנְיָן דְּלֹא שָׁנִיתִי (אֶלָּא שֶׁהָעִנְיָן דְּלֹא שָׁנִיתִי כְּמוֹ שֶׁמִּתְגַּלֶּה בְּהַנְהָגָה הַטִּבְעִית הוּא מְלוּבָּשׁ בְּהַגְבָּלַת הַטֶּבַע), וע"י הַנִּסִּים נִמְשָׁךְ גִּילּוּי אוֹר א"ס הַבְּלִי גְּבוּל שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בְּעוֹלָמוֹת.
La racine de ces deux choses, ce sont les 'hassadim et les guevourot. La conduite de la nature (tsimtsoum et limitation) procède des guevourot [et l’on peut dire que, si c’est précisément dans la conduite naturelle que se révèle la notion de « Je n’ai pas changé », c’est parce que la racine des guevourot est plus haute que la racine des 'hassadim]. Les miracles (un dévoilement qui dépasse la limitation de la nature) procèdent des 'hassadim.
וְהַשֹּׁרֶשׁ דב' עִנְיָנִים אֵלּוּ הוּא חֲסָדִים וּגְבוּרוֹת. דְּהַנְהָגַת הַטֶּבַע (צִמְצוּם וְהַגְבָּלָה) הִיא מֵהַגְּבוּרוֹת [וי"ל דְּזֶה שֶׁבְּהַנְהָגָה הַטִּבְעִית דַּוְקָא מִתְגַּלֶּה הָעִנְיָן דְּלֹא שָׁנִיתִי הוּא מִפְּנֵי שֶׁשֹּׁרֶשׁ הַגְּבוּרוֹת הוּא לְמָעְלָה מִשֹּׁרֶשׁ הַחֲסָדִים], וְהַנִּסִּים (גִּילּוּי שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַגְבָּלַת הַטֶּבַע) הֵם מֵהַחֲסָדִים.
La notion d’« inclure la gauche dans la droite » [leikhlala smala biyemina] signifie que le dévoilement de l’Or Ein Sof illimité, qui se fait par les miracles, ne prend pas la forme d’un bouleversement de la nature [chidoud hateva]. La nature demeure dans son existence, et pourtant on voit de façon manifeste qu’il s’agit d’un miracle au-dessus de la nature.
וְעִנְיָן לְאִכַּלַּלָא שְׂמָאלָא בְּיַמִּינָא הוּא, שֶׁהַגִּילּוּי דְּאוֹר א"ס הבל"ג שע"י הַנִּסִּים הוּא לֹא בְּאֹפֶן דְּשִׂדּוּד הַטֶּבַע, אֶלָּא דַּהֲגַם שֶׁהַטֶּבַע נִשְׁאַר בִּמְצִיאוּתוֹ, רוֹאִים בְּגִילּוּי שֶׁהוּא נֵס שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע.
Et peut-être peut-on dire ceci. Le Tanya écrit que la notion de « Il y associa l’attribut de ra'hamim [midat hara'hamim] » est la révélation de la Divinité par les tsadikim, par des signes et des prodiges. Ce qui est visé là, ce sont (principalement) les signes et prodiges [opérés par les tsadikim] qui sont revêtus dans la nature (« Il y associa »). Les signes et prodiges qui sont au-dessus de la nature procèdent des 'hassadim, tandis que la nature (dans laquelle les prodiges sont revêtus) procède des guevourot. C’est pourquoi ces signes et prodiges relèvent de l’attribut de ra'hamim, Tiféret, qui unit les deux contraires de 'Hessed et Guevoura.
וְאוּלַי יֵשׁ לוֹמַר, דמ"ש בְּתַנְיָא דְּעִנְיַן שִׁתֵּף בּוֹ מִדַּת רַחֲמִים הוּא הִתְגַּלּוּת אֱלֹקוּת ע"י צַדִּיקִים וְאוֹתוֹת וּמוֹפְתִים, הַכַּוָּונָה בָּזֶה הִיא (בְּעִיקָר) לְהָאוֹתוֹת וּמוֹפְתִים [שע"י הַצַּדִּיקִים] הַמְלוּבָּשִׁים בְּטֶבַע (שִׁתֵּף בּוֹ), שֶׁהָאוֹתוֹת וְהַמּוֹפְתִים שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע הֵם מֵהַחֲסָדִים, וְהַטֶּבַע (שֶׁבּוֹ מְלוּבָּשִׁים הַמּוֹפְתִים) הוּא מֵהַגְּבוּרוֹת, וְלָכֵן אוֹתוֹת וּמוֹפְתִים אֵלּוּ הֵם מִמִּדַּת הָרַחֲמִים, ת"ת, שֶׁמְּחַבֶּרֶת שֵׁנִי הַהֲפָכִים דחו"ג.
Tel est le rapport entre « Qui a placé notre âme dans la vie, etc. » et la guéoula de Youd-Beth Tamouz. La guéoula de Youd-Beth Tamouz (y compris le début de la guéoula, survenu le Guimel Tamouz) fut un miracle manifeste, au-dessus de la nature. Et pourtant, elle ne prit pas la forme d’un bouleversement et d’une annulation de la nature : la nature demeura dans son existence. Plus encore, les adversaires eux-mêmes restèrent alors dans toute leur force, et ils furent néanmoins contraints de concourir (et par leur force même) à la libération et à la guéoula. Par là fut abolie la cloison entre les inférieurs et les supérieurs, selon « inclure la gauche dans la droite ».
וְזוֹהִי הַשַּׁיָּיכוּת דְּהַשֵּׁם נַפְשֵׁנוּ בַּחַיִּים גו' לְהַגְּאוּלָה די"ב תַּמּוּז, כִּי הַגְּאוּלָּה די"ב תַּמּוּז (כּוֹלֵל גַּם הַתְחָלַת הַגְּאוּלָּה שֶׁהָיְתָה בג' תַּמּוּז) הָיְתָה נֵס גָּלוּי שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע, ואעפ"כ לֹא הי' זֶה בְּאֹפֶן דְּשִׂדּוּד וּבִיטּוּל הַטֶּבַע, אֶלָּא שֶׁהַטֶּבַע נִשְׁאַר בִּמְצִיאוּתוֹ, וִיתֵירָה מִזּוֹ שֶׁגַּם הַמְנַגְּדִים נִשְׁאֲרוּ אָז בְּתָקְפָּם, ומ"מ הֻכְרְחוּ לְסַיֵּעַ (וע"י הַתּוֹקֶף שֶׁלָּהֶם) בְּהַשִּׁחְרוּר וְהַגְּאוּלָּה. ועי"ז נִתְבַּטְּלָה הַמְּחִצָּה בֵּין הַתַּחְתּוֹנִים לָעֶלְיוֹנִים, לְאִכַּלַּלָא שְׂמָאלָא בְּיַמִּינָא.
Et par là, chacun en Israël reçut ensuite la force d’abolir la cloison entre l’occupation des choses permises et l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, de sorte que la lumière de la Torah et des mitsvot éclaire aussi les affaires permises. Cela devient une préparation proche à l’accomplissement de la promesse : « La gloire de Hachem se révélera, et toute chair ensemble verra que la bouche de Hachem a parlé », c’est-à-dire que même la chair matérielle verra la Divinité. Tout cela se fait par les signes et prodiges opérés par les tsadikim, qui attirent dans la nature un dévoilement de Divinité au-dessus de la nature, comme il en fut « en ces jours-là, en ce temps-ci ».
ועי"ז נִתַּן לאח"ז הַכֹּחַ לכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל לְבַטֵּל הַמְּחִצָּה בֵּין עֵסֶק בְּדִבְרֵי הָרְשׁוּת לְקִיּוּם התומ"צ, שֶׁגַּם בְּעִנְיְנֵי הָרְשׁוּת יָאִיר אוֹר הַתּוֹרָה וְהַמִּצְווֹת, וְזֶה נַעֲשֶׂה הֲכָנָה קְרוֹבָה לְקִיּוּם הַיִּעוּד וְנִגְלֶה כְּבוֹד הוי' וְרָאוּ כָּל בָּשָׂר יַחְדָּיו כִּי פִּי הוי' דִּבֵּר, שֶׁגַּם הַבָּשָׂר הַגַּשְׁמִי יִרְאָה אֱלֹקוּת. וְכָל זֶה נַעֲשֶׂה ע"י הָאוֹתוֹת וּמוֹפְתִים שע"י הַצַּדִּיקִים, שֶּׁמַּמְשִׁיכִים בְּהַטֶּבַע גִּילּוּי אֱלֹקוּת שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַטֶּבַע, כְּמוֹ שהי' בַּיָּמִים הָהֵם בִּזְמַן הַזֶּה.
Et le service de « Dans toutes tes voies, connais-Le » découle de la prise de conscience que, dans la contraction, occultation [tsimtsoum] lui-même, se révèle Sa perfection, qu'Il soit béni : Il possède aussi le koa'h [la faculté d'accomplir] dans le limité.
וְהָעֲבוֹדָה ד"בכל דְּרָכֶיךָ דָּעֵהוּ" בָּאָה מִצַּד הַהַכָּרָה שֶׁבְּהַצִּמְצוּם עַצְמוֹ מִתְגַּלֶּה שֶׁלֵּמוּתוּ ית' ,שֶׁיֵּשׁ לוֹ כֹּחַ גַּם בִּגְבוּל.