HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5720
MAAMARמאמר
לְךָ אָמַר לִבִּי
« Pour Toi, mon cœur dit »
Nuit du mardi de la semaine des Seli'hot 5720 [1959]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתש"כ · 1960
MAAMARמאמר

לְךָ אָמַר לִבִּי

« Pour Toi, mon cœur dit »

Nuit du mardi de la semaine des Seli'hot 5720 [1959]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5720. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5720. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Pour Toi, mon cœur a dit : « Recherchez Ma face » ; Ta face, Hachem, je la rechercherai.
לְךָ אָמַר לִבִּי בַּקְּשׁוּ פָנָי אֶת פָּנֶיךָ ה' אֲבַקֵּשׁ
Pour Toi [lekha], mon cœur a dit : « Recherchez Ma face », etc. Dans son maamar qui commence par les mots « Voici l’explication de Rachi sur ce passouk », Sa Sainteté mon beau-père l’Admour cite le commentaire de Rachi sur ce verset [passouk] : lekha a deux sens, « pour Toi, en tant que Ton envoyé » et « à Ta place ».
לְךָ אָמַר לִבִּי בַּקְּשׁוּ פָנָי גו', וּמֵבִיא כ"ק מו"ח אדמו"ר בְּמַאֲמָרוֹ ד"ה זֶה פֵּירוּשׁ רש"י עה"פ, דִּבְלְךָ שְׁנֵי פֵּירוּשִׁים. בִּשְׁבִילְךָ בִּשְׁלִיחוּתְךָ וּבִמְקוֹמְךָ.
Le maamar poursuit : « recherchez Ma face » [bakchou fanaï] a lui aussi deux sens. Bakchou peut désigner la demande et la supplication, ou la demande et la recherche.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, שֶׁגַּם בְּבִקְשׁוּ פָנָי שְׁנֵי פֵּירוּשִׁים. שֶׁבִּקְּשׁוּ הוּא בַּקָּשָׁה וּתְחִנָּה, וְשֶׁבַּקְּשׁוּ הוּא בַּקָּשָׁה וְחִפּוּשׂ.
Il explique que ces deux aspects (demande et supplication, recherche et quête) relèvent tous deux de la prière. La prière est demande et supplication ; et ce que l’on demande, c’est de réussir dans son service à chercher et à trouver les voies de réparation [tikoun] dans tout ce qui le concerne.
וּמְבֹאָר, דִּשְׁנֵי עִנְיָנִים אֵלֶּה (בַּקָּשָׁה וּתְחִנָּה, בַּקָּשָׁה וְחִפּוּשׂ) הֵם בִּתְפִלָּה. דִּתְפִלָּה הִיא בַּקָּשָׁה וּתְחִנָּה, וְהַבַּקָּשָׁה הִיא שֶׁיַּצְלִיחַ בַּעֲבוֹדָתוֹ לְחַפֵּשׂ וְלִמְצוֹא דַּרְכֵי הַתִּיקּוּן בְּכָל עִנְיָנָיו.
Tel est le sens de ce qui est dit : « Pour Toi, mon cœur a dit : "Recherchez Ma face" » (précisément « mon cœur ») : les deux aspects de « recherchez Ma face » relèvent de la prière (comme on l’a vu), et la prière est le service du cœur.
וְזֶהוּ מ"ש לְךָ אָמַר לִבִּי בַּקְּשׁוּ פָנָי (לִבִּי דַּוְקָא), כִּי שְׁנֵי הָעִנְיָנִים דְּבַקְּשׁוּ פָנָי הֵם בִּתְפִלָּה (כנ"ל), וּתְפִלָּה הִיא עֲבוֹדָה שֶׁבַּלֵּב.
Le maamar ajoute que le service du cœur comporte deux aspects : à l’intérieur du cœur, et avec le cœur.
וּמוֹסִיף בְּהַמַּאֲמָר, דְּבַעֲבוֹדָה שֶׁבַּלֵּב שְׁנֵי עִנְיָנִים. בְּתוֹךְ הַלֵּב וְעִם הַלֵּב.
On peut dire que ces deux aspects correspondent aux deux sens de « recherchez Ma face » (vus plus haut). La demande et la supplication de la prière viennent par le service à l’intérieur du cœur : pour que sa demande et sa supplication soient véritables, il doit éveiller son cœur, un service dans le cœur lui-même. La recherche propre à la prière (comment réparer tout ce qui le concerne) est, elle, un service avec le cœur : le service porte (non sur le cœur, mais) sur tout ce qui le concerne, seulement il s’accomplit au moyen du cœur.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דִּשְׁנֵי עִנְיָנִים אֵלֶּה הֵם בְּהֶתְאֵם לִשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים (דלעיל) בְּבִקְשׁוּ פָנָי. דְּהַבַּקָּשָׁה וּתְחִנָּה שֶׁבִּתְפִלָּה בָּאָה ע"י הָעֲבוֹדָה בְּתוֹךְ הַלֵּב, שֶׁבִּכְדֵי שֶׁהַבַּקָּשָׁה וְהַתְּחִנָּה שֶׁלּוֹ תהי' בֶּאֱמֶת, הוּא ע"י שֶׁמְּעוֹרֵר אֶת לִבּוֹ, עֲבוֹדָה בְּהַלֵּב עַצְמוֹ. וְהַחִפּוּשׂ שֶׁבִּתְפִלָּה (אֵיךְ לְתַקֵּן כָּל עִנְיָנָיו) הוּא עֲבוֹדָה עִם הַלֵּב. הַיְנוּ, שֶׁהָעֲבוֹדָה הִיא (לֹא בְּהַלֵּב, אֶלָּא) בְּכָל עִנְיָנָיו, אֶלָּא שֶׁעֲבוֹדָה זוֹ הִיא ע"י הַלֵּב.
Pour l’expliquer, le maamar part de ce qui est dit : « Et de ma chair je contemplerai D.ieu [Eloka] ». Il faut comprendre : l’essentiel est l’âme ; pourquoi dire alors « de ma chair je contemplerai » ?
ב) וּלְבָאֵר זֶה, מַקְדִּים בְּהַמַּאֲמָר מ"ש וּמִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה, דְּצָרִיךְ לְהָבִין הֲרֵי הָעִיקָּר הוּא הַנֶּפֶשׁ וְלָמָּה אוֹמֵר וּמִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה.
Il explique que la vision est de deux sortes : la vision intellectuelle et la vision sensible. La vision intellectuelle se rapporte davantage à l’âme ; la vision sensible, davantage au corps.
וּמְבֹאָר, דבראי' יֶשְׁנָם שְׁנֵי אוֹפַנִּים, ראי' שִׂכְלִית וראי' מוּחָשִׁית. דראי' שִׂכְלִית מִתְיַחֶסֶת יוֹתֵר אֶל הַנֶּפֶשׁ, וראי' מוּחָשִׁית מִתְיַחֶסֶת יוֹתֵר אֶל הַגּוּף.
Cette distinction vaut aussi pour la chose vue. Toute chose a un corps et une âme : les choses matérielles ont, elles aussi, leur âme, et les choses spirituelles ont, elles aussi, leur corps. C’est pourquoi il est dit : « Et de ma chair je contemplerai D.ieu ». « Je contemplerai D.ieu » désigne en effet une vision sensible de la Divinité : certaines réalités de la Divinité, comme la hachga'ha pratit [l’attention que D.ieu porte à chaque détail de la création], peuvent se voir de manière sensible.
וְחִילּוּק זֶה הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לְהַדָּבָר הַנִּרְאֶה. דִּבְכָל דָּבָר יֵשׁ גּוּף וְנֶפֶשׁ. שֶׁגַּם בִּדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים יֵשׁ הַנֶּפֶשׁ שֶׁבָּהֶם, וְגַם בִּדְבָרִים רוּחָנִיִּים יֵשׁ הַגּוּף שֶׁבָּהֶם. וְלָכֵן אוֹמֵר וּמִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה, כִּי הַכַּוָּונָה בַּאֶחֱזֶה אֱלוֹקַה הִיא לראי' מוּחָשִׁית בֶּאֱלֹקוּת, דִּשְׁנָם עִנְיְנֵי אֱלֹקוּת, כְּמוֹ הַשְׁגָּחָה פְּרָטִית, שֶׁאֶפְשָׁר לִרְאוֹתָם בְּמוּחָשׁ.
Le maamar poursuit l’explication du passouk « Et de ma chair je contemplerai D.ieu » : les facultés de l’âme humaine découlent des attributs divins [séfirot] d’en haut, comme il est dit : « Faisons l’homme à Notre image, selon Notre ressemblance ». C’est pourquoi, à partir des facultés de l’âme humaine, on peut comprendre les séfirot d’en haut.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר בְּפֵירוּשׁ הַכָּתוּב וּמִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה, דְּכֹחוֹת נֶפֶשׁ הָאָדָם מִשְׁתַּלְשְׁלוֹת מֵהַסְּפִירוֹת שֶׁלְּמַעְלָה כמ"ש נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ, וְלָכֵן, מִכֹּחוֹת נֶפֶשׁ הָאָדָם אֶפְשָׁר לְהָבִין הַסְּפִירוֹת שֶׁלְּמַעְלָה.
Le maamar poursuit (après avoir longuement expliqué le thème de « de ma chair je contemplerai D.ieu ») : pour que les attributs affectifs de l’âme [midot] du cœur s’éveillent, il faut une préparation. Certes, l’éveil des midot du cœur se fait par la méditation [hitbonenout] ; néanmoins, pour que la lumière de l’intellect [or hamo'hin] éclaire son cœur et y éveille les midot, il faut aussi une préparation du côté du cœur.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר (לְאַחֲרֵי שֶׁמְּבֹאָר בַּאֲרִיכוּת הָעִנְיָן דְּמִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה), שֶׁבִּכְדֵי שתהי' הִתְעוֹרְרוּת הַמִּדּוֹת שֶׁבַּלֵּב, צְרִיכָה לִהְיוֹת הֲכָנָה לָזֶה. דַּהֲגַם שֶׁהִתְעוֹרְרוּת הַמִּדּוֹת שֶׁבַּלֵּב הִיא ע"י הִתְבּוֹנְנוּת, מ"מ, בִּכְדֵי שֶׁאוֹר הַמּוֹחִין יָאִיר בְּלִבּוֹ לְעוֹרֵר אֶת הַמִּדּוֹת, צָרִיךְ לִהְיוֹת הֲכָנָה לָזֶה גַּם מִצַּד הַלֵּב.
Cette préparation, c’est l’amertume qui précède la prière. Il médite sur le but de la descente de son âme ici-bas : c’est une descente en vue d’une élévation, car par son service dans la Torah et les mitsvot, elle s’élèvera à un degré plus haut que celui où elle se trouvait avant de descendre. Puis il considère sa conduite réelle : non seulement il ne s’occupe pas de la Torah et des mitsvot comme il le faudrait (si bien que l’élévation que l’âme doit tirer de sa descente n’est pas complète), mais par ses actes indésirables il fait descendre son âme plus bas encore. En méditant ainsi, et surtout en méditant sur la parabole de celui qui saisit la tête du roi, etc., il en viendra à une grande amertume. Cette amertume laboure le sol de son cœur : il devient prêt pour un éveil véritable (par la méditation) des midot du cœur.
וְהַהֲכָנָה לָזֶה הִיא הַמְּרִירוּת שֶׁקּוֹדֶם הַתְּפִלָּה. דע"י שֶׁמִּתְבּוֹנֵן בְּתַכְלִית יְרִידַת נִשְׁמָתוֹ לְמַטָּה שֶׁהִיא יְרִידָה צוֹרֶךְ עלי', שע"י עֲבוֹדָתָהּ בתומ"צ תִּתְעַלֶּה לְמַדְרֵיגָה נַעֲלֵית יוֹתֵר מִכְּמוֹ שֶׁהָיְתָה קֹדֶם יְרִידָתָהּ, וְאֵיךְ שֶׁהוּא מִתְנַהֵג בְּפוֹעַל, דְּלֹא זוֹ בִּלְבָד שֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק בתומ"צ כִּדְבָעֵי (שֶׁלָּכֵן העלי' דְּהַנְּשָׁמָה שע"י הַיְרִידָה אֵינָהּ בִּשְׁלֵימוּת), הִנֵּה ע"י מַעֲשָׂיו הַבִּלְתִּי רְצוּיִים הוּא מוֹרִיד אֶת נִשְׁמָתוֹ לְמַטָּה עוֹד יוֹתֵר, וּבִפְרָט כְּשֶׁמִּתְבּוֹנֵן בְּהַמְשֵׁל דְּהָאוֹחֵז רֹאשׁוֹ שֶׁל מֶלֶךְ כו', יָבוֹא לִמְרִירוּת גְּדוֹלָה. וע"י מְרִירוּת זוֹ נַעֲשֶׂה הַחֲרִישָׁה בְּקַרְקַע לְבָבוֹ, שֶׁנַּעֲשָׂה מוּכָן לְהִתְעוֹרְרוּת (ע"י הִתְבּוֹנְנוּת) אֲמִיתִּית בְּמִדּוֹת שֶׁבַּלֵּב.
Le maamar poursuit : tout cela vaut pour tous les jours de l’année, et plus encore pour le mois d’Eloul, temps où se révèlent les treize attributs de miséricorde. Cette révélation des treize attributs de miséricorde au mois d’Eloul s’adresse à tous, même aux plus éloignés. C’est la parabole du roi aux champs : quiconque le désire a alors la permission et la possibilité d’aller à sa rencontre (et de lui présenter ses requêtes), et il les accueille tous avec affabilité et montre à tous un visage souriant.
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר, דכ"ז הוּא גַּם בְּכָל יְמוֹת הַשָּׁנָה, וּבִפְרָט בַּחוֹדֶשׁ אֱלוּל שֶׁהוּא זְמַן הִתְגַּלּוּת י"ג מִדּוֹת הָרַחֲמִים, וְהַגִּילּוּי די"ג מִדּוֹת הָרַחֲמִים דְּחֹדֶשׁ אֱלוּל הוּא לַכֹּל, גַּם לְהָרְחוֹקִים בְּיוֹתֵר. וּכְהַמָּשָׁל דְּמֶלֶךְ בַּשָּׂדֶה שֶׁאָז רַשָּׁאִים וִיכוֹלִים כָּל מִי שֶׁרוֹצֶה לְהַקְבִּיל פָּנָיו (וְלִמְסֹר לוֹ אֶת בַּקָּשׁוֹתֵיהֶם), וְהוּא מְקַבֵּל אֶת כֻּלָּם בְּסֵבֶר פָּנִים יָפוֹת וּמַרְאֶה פָּנִים שׂוֹחֲקוֹת לְכֻלָּם.
[On peut ajouter ceci. Dans le maamar, l’explication de la qualité du mois d’Eloul vient certes dans le prolongement du thème de l’amertume : puisqu’en Eloul les treize attributs de miséricorde se révèlent même aux plus éloignés, c’est le temps le plus propice pour labourer le sol de son cœur par l’amertume. Mais la révélation des treize attributs de miséricorde en Eloul doit aussi accroître la joie. Puisqu’en Eloul le roi montre à tous un visage souriant, cela doit éveiller (« comme dans l’eau le visage répond au visage ») un surcroît de joie dans le service du roi.]
[וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דַּהֲגַם שֶׁהַבֵּאוּר (בְּהַמַּאֲמָר) בְּהַמַּעֲלָה דְּחֹדֶשׁ אֱלוּל בָּא בְּהֶמְשֵׁךְ לְעִנְיַן הַמְּרִירוּת, דְּכֵיוָן שֶׁבֶּאֱלוּל הוּא הַגִּילּוּי די"ג מִדּוֹת הָרַחֲמִים גַּם לְהָרְחוֹקִים לָכֵן הוּא זְמַן מְסוּגָּל בְּיוֹתֵר לַעֲשׂוֹת חֲרִישָׁה בְּקַרְקַע לְבָבוֹ ע"י הַמְּרִירוּת, הַגִּילּוּי די"ג מִדּוֹת הָרַחֲמִים שֶׁבֶּאֱלוּל צָרִיךְ לְהוֹסִיף גַּם בְּעִנְיַן הַשִּׂמְחָה. דְּמִכֵּיוָן שֶׁבֶּאֱלוּל מַרְאֶה הַמֶּלֶךְ פָּנִים שׂוֹחֲקוֹת לְכֻלָּם, ה"ז צָרִיךְ לְעוֹרֵר (כַּמַּיִם הַפָּנִים לַפָּנִים) תּוֹסְפוֹת שִׂמְחָה בַּעֲבוֹדַת הַמֶּלֶךְ].
Le maamar conclut : lire « Pour Toi, mon cœur a dit » au sens de « pour Toi et en tant que Ton envoyé » signifie que le cœur est pour Lui, béni soit-Il, afin d’accomplir Sa volonté, béni soit-Il : faire de l’ici-bas une demeure pour Lui, béni soit-Il. Le lire au sens de « à Ta place » désigne le point de la judéité [nekoudat hayahadout], présent en chaque Juif et attaché à l’essence [Atsmout].
וּמְסַיֵּם בְּהַמַּאֲמָר, דְּהַפֵּרוּשׁ לְךָ אָמַר לִבִּי בִּשְׁבִילְךָ וּבִשְׁלִיחוּתְךָ, הוּא, שֶׁהַלֵּב הוּא בִּשְׁבִילוֹ ית' לְהַשְׁלִים רְצוֹנוֹ ית' לַעֲשׂוֹת אֶת הַמַּטָּה דִּירָה לוֹ ית', וְהַפֵּרוּשׁ לְךָ אָמַר לִבִּי בִּמְקוֹמְךָ הוּא עִנְיַן נְקוּדַּת הַיַּהֲדוּת שֶׁיֶּשְׁנָהּ בכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁמְּקֻשֶּׁרֶת בְּהָעַצְמוּת.
Le maamar conclut ainsi. « Pour Toi, mon cœur a dit » [lekha amar libi] signifie d'abord « pour Toi et en tant que Ton émissaire » : le cœur est pour Lui, béni soit-Il, afin d'accomplir la volonté de D.ieu, béni soit-Il : faire de ce qui est en bas une demeure pour Lui, béni soit-Il. « Lekha amar libi » signifie aussi « à Ta place » : c'est le point de judaïté [nekoudat hayahadout] qui se trouve en chacun d'Israël et qui est lié à l'essence.
וּמְסַיֵּם בְּהַמַּאֲמָר, דְּהַפֵּרוּשׁ לְךָ אָמַר לִבִּי בִּשְׁבִילְךָ וּבִשְׁלִיחוּתְךָ, הוּא, שֶׁהַלֵּב הוּא בִּשְׁבִילוֹ ית' לְהַשְׁלִים רְצוֹנוֹ ית' לַעֲשׂוֹת אֶת הַמַּטָּה דִּירָה לוֹ ית', וְהַפֵּרוּשׁ לְךָ אָמַר לִבִּי בִּמְקוֹמְךָ הוּא עִנְיַן נְקוּדַּת הַיַּהֲדוּת שֶׁיֶּשְׁנָהּ בכאו"א מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁמְּקֻשֶּׁרֶת בְּהָעַצְמוּת.
Pour comprendre ces deux interprétations de « lekha amar libi » et leur rapport aux notions expliquées dans le maamar [la notion de « De ma chair, je contemplerai D.ieu », et le fait que l'éveil des attributs affectifs de l'âme [midot] du cœur demande une préparation, etc.], il faut d'abord rappeler ce qu'a écrit le Rav, le Maguid, au nom du Baal Chem Tov : chacun des mots de la prière comporte trois niveaux, les mondes, les âmes et la Divinité. D'après cela, on peut dire qu'il en va de même pour « Recherchez Ma face », puisque le service de « Recherchez Ma face » s'accomplit dans la prière, qui comporte ces trois niveaux.
ג) וּלְהָבִין הַבֵּיאוּר בִּשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים בְּלֵךְ אָמַר לִבִּי, וְהַשַּׁיָּיכוּת שֶׁלָּהֶם לְהָעִנְיָנִים הַמְבוֹאָרִים בְּהַמַּאֲמָר [הָעִנְיָן דְּמִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה, וְשֶׁבִּכְדֵי שתהי'הִתְעוֹרְרוּת מִדּוֹת שֶׁבַּלֵּב צְרִיכָה לִהְיוֹת הֲכָנָה לָזֶה, וכו'] יֵשׁ לְהַקְדִּים מ"ש הָרַב הַמַּגִּיד בְּשֵׁם הבעש"ט שֶׁבְּכָל תֵּיבָה מִתֵּבוֹת הַתְּפִלָּה יֶשְׁנָם ג' בְּחִינוֹת, עוֹלָמוֹת נְשָׁמוֹת וֶאֱלֹקוּת. ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר גַּם בְּנוֹגֵעַ לְבַקְּשׁוּ פָּנַי, שֶׁהָעֲבוֹדָה דְּבַקְּשׁוּ פָּנַי הִיא בִּתְפִלָּה, שֶׁהִיא בג' בְּחִינוֹת אֵלּוּ.
En effet, le mot « Ma face » [panaï] (dans ce verset [passouk]) reçoit trois interprétations. Selon Rachi, « lekha amar libi » veut dire que le cœur parle en émissaire de HaKadoch Barou'h Hou, ou à Sa place : « Ma face » désigne alors la face de D.ieu, béni soit-Il, l'intériorité de la Divinité. L'Admour Hazakène explique que lorsque le cœur dit « Recherchez Ma face », il s'agit de sa propre intériorité, l'intériorité du cœur, l'intériorité des âmes. Une autre interprétation encore : « Ma face » désigne Émanation [Atsilout]. Car les quatre degrés, face et dos, droite et gauche, sont les quatre mondes Atsilout-Beria-Yetsira-Assia [le dos : Assia ; la gauche : Yetsira ; la droite : Beria ; la face : Atsilout] : il s'agit alors de l'intériorité des mondes.
דְּבְתֵבַת פָּנַי (שֶׁבַּפָּסוּק זֶה), ג' פֵּירוּשִׁים. דִּלְפֵרוּשׁ רש"י בְּלֵךְ אָמַר לִבִּי, שֶׁהַלֵּב אוֹמֵר בִּשְׁלִיחוּתוֹ אוֹ בִּמְקוֹמוֹ שֶׁל הקב"ה, פָּנַי קאי עַל פָּנָיו ית', פְּנִימִיּוּת דְּאֱלֹקוּת. ואדמו"ר הַזָּקֵן מְפָרֵשׁ, דְּזֶה שֶׁהַלֵּב אוֹמֵר בִּקְשׁוּ פָּנַי קאי עַל הַפְּנִימִיּוּת שֶׁלּוֹ, פְּנִימִיּוּת הַלֵּב, הַפְּנִימִיּוּת דִּנְשָׁמוֹת. וְעוֹד פֵּירוּשׁ בְּבִקְשׁוּ פָּנַי, שֶׁפָּנַי קאי עַל אֲצִילוּת, כִּי ד' הַמַּדְרֵיגוֹת פָּנִים וְאָחוֹר יָמִין וּשְׂמֹאל הֵם ד' הָעוֹלָמוֹת אבי"ע [אָחוֹר – עשי', שְׂמֹאל – יְצִירָה, יָמִין – בְּרִיאָה, וּפָנִים – אֲצִילוּת], פְּנִימִיּוּת הָעוֹלָמוֹת.
Or, dans la notion de « Ma face », chacun de ces trois niveaux comporte, de manière générale, deux degrés : une intériorité qui a un rapport avec l'extériorité, et une intériorité véritable, séparée de l'extériorité.
ד) וְהִנֵּה בְּהָעִנְיָן דְּפָנַי, בְּכָל אַחַת מג' בְּחִינוֹת אֵלֶּה, יֵשׁ ב' מַדְרֵיגוֹת, בִּכְלָלוּת. פְּנִימִיּוּת שֶׁיֵּשׁ לָהּ שַׁיָּכוּת לְהַחִיצוֹנִיּוּת, וּפְנִימִיּוּת מַמָּשׁ שֶׁמֻּבְדֶּלֶת מֵהַחִיצוֹנִיּוּת.
Dans le domaine des mondes, ce sont Atsilout et ce qui est au-dessus d'Atsilout. C'est ce qu'écrit le Tséma'h Tsédek pour expliquer le passouk « Recherchez Ma face ; Ta face, Havayé, je la rechercherai » : « Recherchez Ma face », c'est attirer la 'Hokhma, Atsilout ; « Ta face, Havayé, je la rechercherai », c'est attirer la face de Havayé, les lumières d'Arikh et d'Atik [le degré le plus intérieur du Kéter]. Voici la différence entre Atsilout et ce qui est au-dessus d'Atsilout : Atsilout fait partie des quatre mondes, il en est seulement la « face », une intériorité qui a rapport à l'extériorité ; ce qui est au-dessus d'Atsilout est au-dessus des mondes, une intériorité séparée de l'extériorité.
דִּבְעִנְיַן הָעוֹלָמוֹת הוּא אֲצִילוּת וּלְמַעְלָה מֵאֲצִילוּת. וכמ"ש הצ"צ בְּפֵירוּשׁ הַכָּתוּב בַּקְּשׁוּ פָּנַי אֶת פָּנֶיךָ הוי' אֲבַקֵּשׁ, דְּבַקְּשׁוּ פָּנַי הוּא לְהַמְשִׁיךְ הַחָכְמָה, אֲצִילוּת, וְאֶת פָּנֶיךָ הוי' אֲבַקֵּשׁ הוּא לְהַמְשִׁיךְ הַפָּנִים שֶׁל הוי', הָאוֹרוֹת דאריך וְעַתִּיק. דְּהַחִלּוּק בֵּין אֲצִילוּת וּלְמַעְלָה מֵאֲצִילוּת הוּא, דַּאֲצִילוּת הוּא בִּכְלָל ד' הָעוֹלָמוֹת אֶלָּא שֶׁהוּא ה"פנים" שֶׁלָּהֶם, פְּנִימִיּוּת שֶׁשַּׁיָּךְ לְחִיצוֹנִיּוּת, וּלְמַעְלָה מֵאֲצִילוּת הוּא לְמַעְלָה מֵעוֹלָמוֹת, פְּנִימִיּוּת שֶׁמֻּבְדָּל מֵחִיצוֹנִיּוּת.
De même pour l'intériorité du cœur, la face des âmes : on y trouve l'équivalent de ces deux degrés. Comme l'explique Likouteï Torah, dans le maamar qui commence par « Quand tu sortiras en guerre contre tes ennemis », l'intériorité du cœur comporte deux degrés, le rayonnement du point du cœur et l'essence du point du cœur. Tous deux proviennent d'Atsilout [telle est en effet la différence entre l'extériorité du cœur et l'intériorité du cœur : l'extériorité du cœur provient de Beria-Yetsira-Assia, l'intériorité du cœur, d'Atsilout. C'est pourquoi l'extériorité du cœur suit la raison et l'entendement, tandis que l'intériorité du cœur est au-dessus de la raison et de l'entendement. Car en Beria se trouve la compréhension, « Ima niche dans le Trône », alors qu'Atsilout en général est 'Hokhma, et la 'Hokhma véritable est au-dessus de l'intellect]. Seulement, le rayonnement du point du cœur provient de l'Atsilout qui est à l'intérieur de Beria-Yetsira-Assia, tandis que l'essence du point du cœur provient d'Atsilout lui-même. En haut, le niveau d'Atsilout présent dans Beria-Yetsira-Assia n'est que le rayonnement d'Atsilout ; de même, dans l'âme de l'homme, ce niveau n'est que le rayonnement du point du cœur. Il en ressort que le rayonnement du point du cœur est ce qui éclaire depuis l'intériorité du cœur vers l'extériorité du cœur (à l'image du rayonnement d'Atsilout dans Beria-Yetsira-Assia), et que l'essence du point du cœur est l'intériorité telle qu'elle est en son lieu.
ועד"ז הוּא בִּפְנִימִיּוּת הַלֵּב, פָּנִים דְּהַנְּשָׁמוֹת, שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דּוּגְמַת ב' מַדְרֵיגוֹת אֵלֶּה. וְכַמְבוֹאָר בלקו"ת ד"ה כִּי תֵּצֵא לַמִּלְחָמָה עַל אוֹיְבֶיךָ, דְּבִפְנִימִיּוּת הַלֵּב יֵשׁ שְׁתֵּי מַדְרֵיגוֹת, הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב וַעֲצָמוֹת נְקוּדַּת הַלֵּב, דִּשְׁתֵּי הַמַּדְרֵיגוֹת הֵם מֵאֲצִילוּת [דְּזֶהוּ הַחִילּוּק שֶׁבֵּין חִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב לִפְנִימִיּוּת הַלֵּב, שֶׁחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב הוּא מבי"ע וּפְנִימִיּוּת הַלֵּב הוּא מֵאֲצִילוּת. וְזֶהוּ מַה שֶׁחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב הוּא ע"פ טַעַם וָדַעַת וּפְנִימִיּוּת הַלֵּב הוּא לְמַעְלָה מִטַּעַם וָדַעַת, כִּי בִּבְרִיאָה הוּא עִנְיַן הַהַשָּׂגָה, אמא מקננא בכרסיא, וַאֲצִילוּת בִּכְלָל הוּא חָכְמָה, דַּאֲמִיתִּית עִנְיַן הַחָכְמָה הוּא לְמַעְלָה מֵהַשֵּׂכֶל], אֶלָּא שֶׁהֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב הִיא מֵאֲצִילוּת שֶׁבִּפְנִימִיּוּת בי"ע וַעֲצָמוֹת נְקוּדַּת הַלֵּב הִיא מֵאֲצִילוּת עַצְמוֹ. וּכְמוֹ שֶׁלְּמַעְלָה, בְּחִינַת הָאֲצִילוּת שבבי"ע הִיא רַק הֶאָרַת הָאֲצִילוּת, עד"ז הוּא בְּנִשְׁמַת הָאָדָם, שֶׁבְּחִינָה זוֹ הִיא רַק הֶאָרַת נְקֻדְתַּהְלֶב. וְנִמְצָא, שֶׁהֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב הוּא מַה שֶׁמֵּאִיר מִפְּנִימִיּוּת הַלֵּב לְחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב (ע"ד הֶאָרַת הָאֲצִילוּת בבי"ע), וַעֲצָמוֹת נְקוּדַּת הַלֵּב הוּא הַפְּנִימִיּוּת כְּמוֹ שֶׁהוּא בִּמְקוֹמוֹ.
Il en va ainsi également de l'intériorité de la Divinité : on y trouve l'équivalent des deux degrés mentionnés plus haut. On le comprendra d'après ce qu'écrit le Tanya au sujet des deux Noms Havayé et Elokim : Elokim est l'extériorité, Havayé est l'intériorité.
ועד"ז הוּא גַּם בְּהַפְּנִימִיּוּת דְּאֱלֹקוּת, שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דּוּגְמַת ב' מַדְרֵיגוֹת הנ"ל. וְיוּבַן זֶה ע"פ מ"ש בְּתַנְיָא בְּעִנְיַן ב' הַשֵּׁמוֹת הוי' וֶאֱלֹקִים, דְּאֱלֹקִים הוּא חִיצוֹנִיּוּת והוי' הוּא פְּנִימִיּוּת.
[On peut relier cela à ce qu'explique Likouteï Torah au même endroit : l'amour de l'extériorité du cœur naît de la méditation sur la lumière qui remplit [Or haMemalé], tandis que l'amour de l'intériorité du cœur (le désir du cœur, re'outa deliba, qui est au-dessus de la raison et de l'entendement) est attiré de la lumière qui entoure [Or haSovev]. Car Havayé et Elokim sont (en règle générale) Sovev et Memalé. C'est pourquoi la lumière qui remplit (Elokim), l'extériorité, est la racine de l'amour de l'extériorité du cœur, et la lumière qui entoure (Havayé), l'intériorité, est la racine de l'amour de l'intériorité du cœur.]
[וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם הַמְבוֹאָר בלקו"ת שָׁם, דְּהָאַהֲבָה שֶׁבְּחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב בָּאָה ע"י הַהִתְבּוֹנְנוּת בְּאוֹר הַמְמַלֵּא, וְהָאַהֲבָה (רעו"ד שֶׁלְּמַעְלָה מטו"ד) שֶׁבִּפְנִימִיּוּת הַלֵּב נִמְשֶׁכֶת מֵאוֹר הַסּוֹבֵב, כִּי הוי' וֶאֱלֹקִים הֵם (בד"כ) סוֹבֵב וּמְמַלֵּא. וְלָכֵן, אוֹר הַמְמַלֵּא (אֱלֹקִים), חִיצוֹנִיּוּת, הוּא שֹׁרֶשׁ לְהָאַהֲבָה דְּחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב, וְאוֹר הַסּוֹבֵב (הוי'), פְּנִימִיּוּת, הוּא שֹׁרֶשׁ לְהָאַהֲבָה דִּפְנִימִיּוּת הַלֵּב].
Dès lors, on peut dire que « Ta face, Havayé » désigne l'essence de Havayé, qui est au-dessus du revêtement dans Elokim. Car Havayé (en général) est l'intériorité même après s'être revêtu dans Elokim, alors que « Ta face, Havayé » est l'essence de Havayé, au-dessus du revêtement dans Elokim.
ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר, דְּפֵרוּשׁ פָּנֶיךָ הוי' הוּא הָעֶצֶם דהוי' שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בֵּאלֹקִים. דְּזֶה שהוי' (בִּכְלָל) הוּא פְּנִימִיּוּת, הוּא גַּם לְאַחֲרֵי שֶׁמִּתְלַבֵּשׁ בֵּאלֹקִים. וּפָנֶיךָ הוי' הוּא הָעֶצֶם דהוי' שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בֵּאלֹקִים.
On peut dire que le degré de « Ta face, Havayé » [panékha Havayé], c'est-à-dire l'intériorité de Havayé, se situe plus haut même que le Havayé qui transcende le revêtement dans Elokim.
ה) וְיֵשׁ לוֹמַר דִּבְחִינַת פָּנֶיךָ הוי', הַפְּנִימִיּוּת דהוי', הוּא לְמַעְלָה גַּם מהוי' שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בֵּאלֹקִים.
[Dans le même sens que ce qui est expliqué ailleurs sur le passouk « Et la vérité de Havayé est pour l'éternité » : même le Nom Havayé qui transcende le revêtement dans Elokim n'est que « Havayé » (tout court), alors que « la vérité de Havayé » (ce qui est véritablement Havayé) est l'Essence de l'Or Ein Sof, qui transcende le Nom Havayé, plus haut même que le Havayé qui transcende le revêtement dans Elokim.]
[וע"ד הַמְבוֹאָר בְּמָקוֹם אַחֵר בְּפֵירוּשׁ הַכָּתוּב וֶאֱמֶת הוי' לְעוֹלָם, דְּגַם שָׁם הוי' שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בֵּאלֹקִים הוּא הוי' (סְתָם), וֶאֱמֶת הוי' (הָאֲמִיתִּית דהוי') הוּא עַצְמוּת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מִשֵּׁם הוי', לְמַעְלָה גַּם מהוי' שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בֵּאלֹקִים].
Cela se comprendra à la lumière d'un principe connu : l'intériorité de toute chose est la chose elle-même, tandis que le fait qu'elle soit la source d'une autre réalité relève de son extériorité.
וְיוּבַן זֶה ע"פ הַיָּדוּעַ דְּהַפְּנִימִיּוּת שֶׁל כָּל דָּבָר הוּא הַדָּבָר עַצְמוֹ, וְזֶה שֶׁהוּא מָקוֹר לְאֵיזֶה עִנְיָן אַחֵר, הוּא הַחִיצוֹנִיּוּת שֶׁלּוֹ.
Sur cette base, on peut expliquer la différence entre les deux degrés de l'intériorité d'En-Haut (Havayé, et l'Or Ein Sof [lumière infinie] qui transcende Havayé). Havayé signifie « Celui qui fait exister » [méhavé], mais la mise à l'existence qui procède du Nom Havayé se fait de manière spontanée [bederekh mimeila]. On sait en effet que la mise à l'existence qui procède du Nom Elokim se fait par voie de revêtement (« Au commencement, Elokim créa »), alors que celle qui procède du Nom Havayé se fait de manière spontanée (« Qu'ils louent le Nom de Havayé, car Il ordonna et ils furent créés »). C'est pourquoi, globalement, le Nom Havayé est intériorité : que la mise à l'existence procède de lui de manière spontanée indique qu'il est retiré [moufla] de la question de la mise à l'existence (et qu'il n'en est pas véritablement la source). Mais dans le détail, si la mise à l'existence procède du Nom Havayé, c'est parce qu'il en est la source. C'est pourquoi l'intériorité, en son sens essentiel, réside dans l'Essence de l'Or Ein Sof, qui transcende Havayé.
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר הַחִילּוּק בֵּין שְׁתֵּי הַדַּרְגּוֹת בְּהַפְּנִימִיּוּת שֶׁלְּמַעְלָה (הוי' ואוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי'), דהוי' הוּא לְשׁוֹן מְהַוֶּה, אֶלָּא שֶׁהַהִתְהַוּוּת שֶׁמִּשֵּׁם הוי' הִיא בְּאֹפֶן דִּבְדֶרֶךְ מִמֵּילָא. וְכַיָּדוּעַ דְּהַהִתְהַוּוּת שֶׁמִּשֵּׁם אֱלֹקִים הִיא בְּדֶרֶךְ הִתְלַבְּשׁוּת (בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹקִים), וְהַהִתְהַוּוּת מִשֵּׁם הוי' הִיא בְּאֹפֶן דִּבְדֶרֶךְ מִמֵּילָא (יְהַלְלוּ אֶת שֵׁם הוי' כִּי הוּא צִוָּה וְנִבְרָאוּ). וְלָכֵן, בִּכְלָלוּת, שֵׁם הוי' הוּא פְּנִימִיּוּת, כִּי זֶה שֶׁהַהִתְהַוּוּת מִמֶּנּוּ הִיא בְּאֹפֶן דִּבְדֶרֶךְ מִמֵּילָא, מוֹרֶה עַל זֶה שֶׁהוּא מֻפְלָא מֵעִנְיַן הַהִתְהַוּוּת (וְאֵינוֹ מָקוֹר מַמָּשׁ). אֲבָל בִּפְרָטִיּוּת, זֶה שֶׁמִּשֵּׁם הוי' נַעֲשֶׂה הַהִתְהַוּוּת, הוּא מִפְּנֵי שֶׁהוּא מָקוֹר לְהַהִתְהַוּוּת, וְלָכֵן, עִקַּר עִנְיַן הַפְּנִימִיּוּת הוּא בְּעַצְמוּת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי'.
Sur cette base, on peut dire qu'il en va de même pour les deux degrés de l'intériorité du cœur. L'illumination du point du cœur [héarat nekoudat halev] n'est pas une intériorité au même titre que l'intériorité de l'essence du point du cœur [atsmout nekoudat halev], et cela vaut même pour cette illumination telle qu'elle est en elle-même, avant qu'elle n'éclaire l'extériorité du cœur. En effet, du fait qu'à partir d'elle est attiré de quoi éclairer l'extériorité du cœur, il est prouvé qu'elle n'est pas la véritable intériorité. La véritable intériorité réside dans l'essence du point du cœur, qui est séparée de l'extériorité du cœur. Il en va comme de ce qui a été expliqué plus haut (fin du paragraphe 4) au sujet de « Ta face, Havayé », qui se situe plus haut même que le Havayé qui transcende le revêtement dans Elokim.
ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר שעד"ז הוּא בִּשְׁתֵּי הַמַּדְרֵיגוֹת דִּפְנִימִיּוּת הַלֵּב, דְּזֶה שֶׁהֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב אֵינָהּ בִּבְחִינַת פְּנִימִיּוּת כ"כ כְּהַפְּנִימִיּוּת דְּעַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב הוּא גַּם כְּמוֹ שֶׁהִיא בְּעַצְמוּתָהּ, לִפְנֵי שֶׁהִיא מְאִירָה בְּחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב. דְּמִזֶּה שֶׁמִּמֶּנָּה נִמְשָׁךְ לְהָאִיר בְּחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב, מוּכָח, שֶׁאֵינָהּ אֲמִיתִּית עִנְיַן הַפְּנִימִיּוּת. וַאֲמִתִּית עִנְיַן הַפְּנִימִיּוּת הוּא בְּעַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב שֶׁהִיא מֻבְדֶּלֶת מֵחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב. וע"ד שנת"ל (סוֹף סְעִיף ד) בְּעִנְיַן פָּנֶיךָ הוי', שֶׁהוּא לְמַעְלָה גַּם מהוי' שֶׁלְּמַעְלָה מֵהִתְלַבְּשׁוּת בֵּאלֹקִים.
On peut ajouter une explication sur le lien entre les deux degrés de l'intériorité du cœur (l'illumination du point du cœur et l'essence du point du cœur) et les deux degrés de l'intériorité d'En-Haut (Havayé, et l'Or Ein Sof qui transcende Havayé), d'après ce qui est expliqué dans le Likouteï Torah, au même endroit, sur le passouk « Quand tu sortiras en guerre contre tes ennemis » [al oyvékha]. « Quand tu sortiras en guerre » se rapporte à la guerre de l'âme divine contre l'âme animale. Cette guerre se livre dans les facultés de l'âme revêtues dans le corps (l'intellect et les attributs affectifs de l'âme [midot]). L'intériorité du cœur (l'illumination du point du cœur), en revanche, est « al oyvékha », au-dessus de tes ennemis : là, l'ennemi n'a ni emprise ni prise. Et par la révélation de l'illumination du point du cœur, « al oyvékha », s'accomplit « et tu feras captifs ses captifs » : le mal est transformé en bien.
ו) וְיֵשׁ לְהוֹסִיף בֵּיאוּר בְּהַשַּׁיָּיכוּת דִּשְׁתֵּי הַדַּרְגּוֹת שֶׁבִּפְנִימִיּוּת הַלֵּב (הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב וְעַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב) לִשְׁתֵּי הַדַּרְגּוֹת בְּהַפְּנִימִיּוּת שֶׁלְּמַעְלָה (הוי' ואוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי'), ע"פ הַמְבוֹאָר בלקו"ת שָׁם בְּפֵירוּשׁ הַכָּתוּב כִּי תֵּצֵא לַמִּלְחָמָה עַל אוֹיְבֶיךָ, דְּכִי תֵּצֵא לַמִּלְחָמָה קאי עַל מִלְחֶמֶת נֶפֶשׁ הָאֱלֹקִית עִם נֶפֶשׁ הַבַּהֲמִית, דְּמִלְחָמָה זוֹ הִיא בְּכֹחוֹת הַנְּשָׁמָה הַמְלוּבָּשִׁים בַּגּוּף (שֵׂכֶל וּמִדּוֹת), משא"כ פְּנִימִיּוּת הַלֵּב (הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב) הוּא עַל אוֹיְבֶיךָ, לְמַעְלָה מֵאוֹיְבֶיךָ, שֶׁאֵין לְהָאוֹיֵב שְׁלִיטָה וַאֲחִיזָה שָׁם. וע"י הַגִּילּוּי דְּהֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב, עַל אוֹיְבֶיךָ, עי"ז וְשָׁבִיתָ שִׁבְיוֹ, שֶׁנֶּהְפַּךְ הָרַע לְטוֹב.
Toutefois, la transformation du mal en bien qu'opère la révélation de l'illumination du point du cœur ne touche que les vêtements : pensée, parole et action. Pour transformer les midot du mal au bien, il faut la révélation de l'essence du point du cœur. C'est le sens de « et tu verras parmi les captifs une femme de belle apparence » : la femme de belle apparence est l'âme revêtue dans le corps, et pour la faire sortir [elle-même, son essence et sa nature, c'est-à-dire son intellect et ses midot] de la captivité, il faut la révélation de l'essence du point du cœur.
אֶלָּא שֶׁהֲפִיכַת הָרַע לְטוֹב שע"י גִּילּוּי הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב הוּא רַק בְּהַלְּבוּשִׁים מַחֲשָׁבָה דִּבּוּר וּמַעֲשֶׂה, וּבִכְדֵי לַהֲפוֹךְ הַמִּדּוֹת מֵרָע לְטוֹב הוּא ע"י גִּילּוּי עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב. וְזֶהוּ וְרָאִיתָ בשבי' אֵשֶׁת יְפַת תּוֹאַר, אֵשֶׁת יְפַת תּוֹאַר הִיא הַנְּשָׁמָה הַמְלוּבֶּשֶׁת בַּגּוּף, וּבִכְדֵי לְהוֹצִיא אוֹתָהּ [אֶת עַצְמוּתָהּ וּמַהוּתָהּ, הַיְנוּ הַשֵּׂכֶל וְהַמִּדּוֹת שֶׁלָּהּ] מהשבי', הוּא ע"י גִּילּוּי עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב.
On peut dire ceci : pour la transformation des vêtements (par la révélation de l'illumination du point du cœur), le passouk dit « et tu feras captifs ses captifs », alors que pour la transformation des midot (par la révélation de l'essence du point du cœur), il dit « et tu verras parmi les captifs », etc. La raison en est qu'à l'égard de l'illumination du point du cœur, il existe un opposant. C'est pourquoi, à propos de ce degré, le passouk dit « al oyvékha » : à l'égard de l'illumination du point du cœur, l'ennemi a une existence, mais sur le mode de « al oyvékha », au-dessus de tes ennemis, l'ennemi n'ayant ni emprise ni prise. Aussi la sortie de captivité des réalités de sainteté (la pensée, la parole et l'action de l'âme), qu'opère la révélation de l'illumination du point du cœur, se fait-elle sur le mode d'une action : « et tu feras captifs ses captifs » [à ceci près que cette action ne prend pas la forme d'une guerre, puisqu'à l'égard de ce degré l'ennemi n'a pas d'emprise].
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁבְּנוֹגֵעַ לַהֲפִיכַת הַלְּבוּשִׁים (שע"י גִּילּוּי הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב) כְּתִיב וְשָׁבִיתָ שִׁבְיוֹ, וּבְנוֹגֵעַ לַהֲפִיכַת הַמִּדּוֹת (שע"י גִּילּוּי עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב) כְּתִיב וְרָאִיתָ בשבי' וגו', הוּא, כִּי לְגַבֵּי הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב יֶשְׁנוֹ מְנַגֵּד. וְזֶהוּ שֶׁבְּנוֹגֵעַ לְדַרְגָּא זוֹ כְּתִיב עַל אוֹיְבֶיךָ, כִּי לְגַבֵּי הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב יֶשְׁנוֹ מְצִיאוּת הָאוֹיֵב, אֶלָּא שֶׁהוּא בְּאֹפֶן דְּעַל אוֹיְבֶיךָ, לְמַעְלָה מֵאוֹיְבֶיךָ, שֶׁאֵין לְהָאוֹיֵב שְׁלִיטָה וַאֲחִיזָה. וְלָכֵן, הוֹצָאַת הָעִנְיָנִים דִקְדוּשָּׁה (מַחֲשָׁבָה דִּבּוּר וּמַעֲשֶׂה דְּהַנְּשָׁמָה) מהשבי', שע"י גִּילּוּי הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב, הִיא בְּאֹפֶן שֶׁל פְּעוּלָּה, וְשָׁבִיתָ שִׁבְיוֹ [אֶלָּא שֶׁהַפְּעוּלָּה אֵינָהּ בְּאֹפֶן דְּמִלְחָמָה, כִּי לְגַבֵּי דַּרְגָּא זוֹ אֵין לְהָאוֹיֵב שְׁלִיטָה].
Il n'en va pas de même de l'essence du point du cœur. Elle relève du niveau de le niveau le plus essentiel de l'âme [Yé'hida], qui n'a pas d'équivalent dans le côté opposé [lé'oumat zé] : « un reflet de reflet, ils n'en ont pas ». C'est pourquoi l'annulation [bitoul] du côté opposé qu'opère la révélation de l'essence du point du cœur ne signifie pas que la révélation de l'essence du point du cœur produit l'annulation du côté opposé. Elle signifie que, par cette révélation, l'existence du côté opposé n'a d'emblée aucune place. C'est le sens de « et tu verras en captivité [bachivya] une femme belle de forme » : quand l'essence du point du cœur est révélée, le degré de l'âme (la « femme belle de forme »), qui se trouvait d'abord en captivité, se révèle d'elle-même, « et tu verras » (il n'est pas nécessaire de la faire sortir de captivité).
משא"כ עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב הוּא בְּחִינַת הַיְחִידָה שֶׁאֵין כְּנֶגְדָּהּ לְעוּמַּת זֶה, בָּבוּאָה דבבואה לית להו. וְלָכֵן הַבִּיטּוּל דלעו"ז שע"י גִּילּוּי עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב הוּא (לֹא שע"י גִּילּוּי עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב נַעֲשֶׂה בִּיטּוּל הלעו"ז, כִּי אִם) שע"י גִּילּוּי זֶה, אֵין מָקוֹם מִלְּכַתְּחִלָּה לְהַמְּצִיאוּת דלעו"ז. וְזֶהוּ וְרָאִיתָ בשבי' אֵשֶׁת יְפַת תּוֹאַר, דְּכַאֲשֶׁר יֶשְׁנוֹ הַגִּילּוּי דְּעַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב, אֲזַי הַדַּרְגָּא דְּהַנְּשָׁמָה (אֵשֶׁת יְפַת תּוֹאַר) שֶׁהָיְתָה תְּחִלָּה בשבי', מִתְגַּלֵּית מֵעַצְמָהּ, וְרָאִיתָ (וְאֵין צָרִיךְ לְהוֹצִיא אוֹתָהּ מהשבי').
Il en va de même en haut. Par le Nom Elokim, les forces extérieures ['hitsonim] peuvent (au moyen de nombreuses contractions [tsimtsoumim]) tirer leur subsistance [yenika], et cela jusqu'à « d'autres dieux ». Il est expliqué en plusieurs endroits que le Nom Elokim n'est pas seulement le bouclier et le fourreau qui voile et occulte la lumière du Nom Havayé. La lumière du Nom Havayé elle-même, telle qu'elle est attirée et contractée par le Nom Elokim pour devenir la source des créatures, et qui est, globalement, la lumière qui remplit [Or memalé], est elle aussi appelée Elokim. Sur cette base, on peut dire qu'il en va de même de la lumière qui remplit. En effet, la venue à l'existence à partir du Nom Elokim (la lumière qui remplit) se fait par voie de revêtement. Les créatures qui en sont issues occupent donc une place, et leur annulation n'est qu'une annulation de l'être [bitoul hayech]. C'est pourquoi il peut en découler, par voie d'enchaînement, une véritable existence propre [yechout], jusqu'à l'existence propre de l'idolâtrie [avoda zara] (« d'autres dieux »).
ועד"ז הוּא לְמַעְלָה, דִּבְשֵׁם אֱלֹקִים אֶפְשָׁר לִהְיוֹת (ע"י רִיבּוּי צִמְצוּמִים) יְנִיקָה לַחִיצוֹנִים, וְעַד לֵאלֹקִים אֲחֵרִים. וע"פ הַמְבוֹאָר בכ"מ דְּשֵׁם אֱלֹקִים הוּא לֹא רַק הַמָּגֵן וְנַרְתֵּק שֶׁמַּעֲלִים וּמַסְתִּיר עַל הָאוֹר דְּשֵׁם הוי', אֶלָּא שֶׁגַּם הָאוֹר דְּשֵׁם הוי' כְּמוֹ שֶׁנִּמְשַׁךְ וּמִתְצַמְצֵם ע"י שֵׁם אֱלֹקִים לִהְיוֹת מָקוֹר לְנִבְרָאִים, שֶׁבִּכְלָלוּת הוּא אוֹר הַמְמַלֵּא, נִקְרָא אֱלֹקִים, יֵשׁ לוֹמַר שעד"ז הוּא בְּאוֹר הַמְמַלֵּא. דְּמִכֵּיוָן שֶׁהַהִתְהַוּוּת מִשֵּׁם אֱלֹקִים (אוֹר הַמְמַלֵּא) הִיא בְּדֶרֶךְ הִתְלַבְּשׁוּת, הַנִּבְרָאִים שֶׁמִּתְהַוִּים מִמֶּנּוּ הֵם תּוֹפְסִים מָקוֹם, וְהַבִּטּוּל שֶׁלָּהֶם הוּא רַק בִּיטּוּל הַיֵּשׁ, וְלָכֵן אֶפְשָׁר לְהִשְׁתַּלְשֵׁל מִזֶּה יֵשׁוּת מַמָּשׁ, וְעַד לְהַיֵּשׁוּת דע"ז (אֱלֹקִים אֲחֵרִים).
Pour qu'aucune place ne soit laissée à l'existence propre et au côté opposé, il faut précisément la révélation du Nom Havayé (la lumière qui englobe [Or sovev]). La venue à l'existence à partir de lui se fait d'elle-même [bederekh mimeila], et, par rapport à lui, les créatures n'occupent aucune place : c'est l'annulation dans l'existence même [bitoul bimetsiout].
וּבִכְדֵי שֶׁלֹּא יהי' נְתִינַת מָקוֹם לְיֵשׁוּת ולעו"ז, הוּא דַּוְקָא ע"י הַגִּילּוּי דְּשֵׁם הוי' (אוֹר הַסּוֹבֵב), שֶׁהַהִתְהַוּוּת מִמֶּנּוּ הִיא בְּאֹפֶן דִּבְדֶרֶךְ מִמֵּילָא, וְהַנִּבְרָאִים אֵינָם תּוֹפְסִים מָקוֹם לגבי', בִּיטּוּל בִּמְצִיאוּת.
Or, il a été expliqué plus haut (section 5) que le Nom Havayé, lui aussi, est une source de venue à l'existence. Il faut donc nécessairement que, même par rapport au Nom Havayé, les créatures occupent une certaine place. La véritable annulation n'existe que par rapport à l'essence de l'Or Ein Sof [lumière infinie], qui est au-dessus de Havayé et n'entre pas dans la catégorie de source des mondes. Sur cette base, on peut dire que, pour exclure absolument qu'une place soit laissée à l'existence propre, il faut précisément la révélation de l'essence de l'Or Ein Sof, au-dessus de Havayé. C'est le sens de ce qui est écrit : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant Ma face [al panaï] ». Pour qu'aucune place ne soit laissée à « d'autres dieux », il faut « devant Ma face », car ce que désigne véritablement « Ma face » [panaï], c'est l'essence de l'Or Ein Sof, au-dessus de Havayé.
וע"פ הַמְבוֹאָר לְעֵיל (סְעִיף ה) שֶׁגַּם שֵׁם הוי' הוּא מָקוֹר לְהִתְהַוּוֹת, בְּהֶכְרֵחַ שֶׁגַּם לְגַבֵּי שֵׁם הוי' יֵשׁ אֵיזֶה תְּפִיסַת מָקוֹם לְהַנִּבְרָאִים, וַאֲמִתִּית הַבִּיטּוּל הוּא דַּוְקָא לְגַבֵּי עַצְמוּת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי' שֶׁאֵינוֹ בְּגֶדֶר מָקוֹר לְעוֹלָמוֹת. ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר שֶׁבִּכְדֵי לִשְׁלוֹל בְּתַכְלִית שֶׁלֹּא תהי' נְתִינַת מָקוֹם לְיֵשׁוּת, הוּא דַּוְקָא ע"י הַגִּילּוּי דְּעַצְמוּת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי'. וְזֶהוּ מ"ש לֹא יהי' לְךָ אֱלֹקִים אֲחֵרִים עַל פָּנַי, שֶׁבִּכְדֵי שֶׁלֹּא יהי' שׁוּם נְתִינַת מָקוֹם לֵאלֹקִים אֲחֵרִים הוּא ע"י עַל פָּנַי, דַּאֲמִיתִּית הָעִנְיָן דְּפָנַי הוּא עַצְמוּת אוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי'.
On peut dire que les deux explications de « Pour Toi [lekha], mon cœur a dit : Recherchez Ma face [bakchou fanaï] » (lekha signifiant « pour Toi et en Ta mission », ou bien lekha signifiant « à Ta place »), ainsi que les deux explications (données dans le maamar) de bakchou (« requête et supplication », ou « demande et recherche »), correspondent aux deux degrés de « Ma face ».
ז) וְיֵשׁ לוֹמַר, דִּשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים בְּלְךָ אָמַר לִבִּי בַּקְּשׁוּ פָּנַי (שֶׁלְּךָ הוּא בִּשְׁבִילְךָ וּבִשְׁלִיחוּתְךָ, וְשֶׁלְּךָ הוּא בִּמְקוֹמְךָ), וְגַם שְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים (בְּהַמַּאֲמָר) בְּבִקְּשׁוּ (בַּקָּשָׁה וּתְחִנָּה, בַּקָּשָׁה וְחִפּוּשׂ), הֵם בְּהֶתְאֵם לִשְׁתֵּי הַדַּרְגּוֹת בְּפָנַי.
En effet, au degré de l'intériorité du Nom Havayé (qui est une dimension d'intériorité par rapport au Nom Elokim), dont l'équivalent chez l'homme est l'illumination du point du cœur, lekha signifie « pour Toi et en Ta mission ». Autrement dit, le cœur est l'émissaire de HaKadoch Barou'h Hou, puisque le propre d'un émissaire est d'être envoyé pour accomplir une chose. La mission propre à ce degré, celui de l'intériorité du cœur, est d'illuminer l'extériorité du cœur pour remporter la guerre contre l'âme animale [Néfech habahamit]. La victoire (qu'opère la révélation de ce degré) se joue avant tout dans les vêtements que sont la pensée, la parole et l'action. Seulement, pour que la pensée, la parole et l'action soient accomplies pleinement, il faut passer par les attributs affectifs de l'âme [midot] qui sont dans le cœur : c'est un service avec le cœur. Dès lors, bakchou fanaï signifie « demande et recherche » : chercher dans toutes ses affaires qu'elles soient conformes à la dimension de « Ma face » (la face de Havayé).
דִּבְהַפְנִימִיּוּת דְּשֵׁם הוי' (שֶׁהוּא בחי' פְּנִימִיּוּת לְגַבֵּי שֵׁם אֱלֹקִים), שֶׁדֻּגְמָתוֹ בָּאָדָם הוּא הֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב, פֵּירוּשׁ לְךָ הוּא בִּשְׁבִילְךָ וּבִשְׁלִיחוּתְךָ. הַיְנוּ שֶׁהַלֵּב הוּא שְׁלוּחוֹ שֶׁל הקב"ה, דְּעִנְיָנוֹ שֶׁל שָׁלִיחַ הוּא שֶׁשּׁוֹלְחִים אוֹתוֹ לַעֲשׂוֹת אֵיזֶה דָּבָר. וְהַשְּׁלִיחוּת שֶׁבְּדַרְגָּא זוֹ שֶׁבִּפְנִימִיּוּת הַלֵּב הוּא לְהָאִיר בְּחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב כְּדֵי לְנַצֵּחַ הַמִּלְחָמָה עִם הַנֶּפֶשׁ הַבַּהֲמִית, דְּעִיקַּר הַנִּצָּחוֹן (שע"י גִּילּוּי דַּרְגָּא זוֹ) הוּא בְּהַלְּבוּשִׁים מַחֲשָׁבָה דִּבּוּר וּמַעֲשֶׂה, אֶלָּא שֶׁבִּכְדֵי שֶׁהַמַּחֲשָׁבָה דִּבּוּר וּמַעֲשֶׂה יִהְיוּ בִּשְׁלֵימוּת הוּא ע"י הַמִּדּוֹת שֶׁבַּלֵּב, עֲבוֹדָה עִם הַלֵּב. ועפ"ז פֵּירוּשׁ בִּקְשׁוּ פָּנַי הוּא בַּקָּשָׁה וְחִפּוּשׂ, לְחַפֵּשׂ בְּכָל עִנְיָנָיו שֶׁיִּהְיוּ בְּהֶתְאֵם לבחי' פָּנַי (פָּנַי הוי').
Au degré de l'intériorité de l'Or Ein Sof, au-dessus de Havayé, dont l'équivalent chez l'homme est l'essence du point du cœur, lekha signifie « à Ta place ». C'est ce qui a été cité plus haut (fin de la section 2) du maamar : il s'agit du point de judéité [nekoudat hayahadout] présent en chaque membre d'Israël, qui est attaché à l'essence (« à Ta place »). À ce degré, la notion de mission n'a pas lieu d'être, car le point de judéité n'est pas un moyen en vue d'autre chose (l'accomplissement de la mission) : la finalité est en lui-même. Le service relatif à ce degré porte sur le cœur lui-même, afin qu'il soit révélé. En effet, l'intériorité du cœur, telle qu'elle est en elle-même, est voilée, et le service à son égard consiste à l'éveiller pour qu'elle soit révélée. Dès lors, bakchou fanaï signifie « requête et supplication », car la requête et la supplication se font (selon l'expression du maamar) « avec un grand éveil ».
וּבְהַפְּנִימִיּוּת דאוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי', שֶׁדֻּגְמָתוֹ בָּאָדָם הִיא עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב, פֵּירוּשׁ לְךָ הוּא בִּמְקוֹמְךָ, וּכְמוּבָא לְעֵיל (סוֹף סְעִיף ב) מֵהַמַּאֲמָר שֶׁהוּא נְקוּדַּת הַיַּהֲדוּת שֶׁבְּכָל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁמְּקֻשֶּׁרֶת בְּהָעַצְמוּת (בִּמְקוֹמְךָ). דִּבְדַרְגָּא זוֹ אֵין שַׁיָּךְ עִנְיָן הַשְּׁלִיחוּת, כִּי נְקוּדַּת הַיַּהֲדוּת אֵינָהּ אֶמְצָעִי לְעִנְיָן אַחֵר (מִילּוּי הַשְּׁלִיחוּת), וְהַתַּכְלִית הוּא בָּהּ עַצְמָהּ. וְהָעֲבוֹדָה בְּנוֹגֵעַ לְדַרְגָּא זוֹ הִיא – עֲבוֹדָה בְּהַלֵּב עַצְמוֹ, שיהי' בְּגִילּוּי. דִּפְנִימִיּוּת הַלֵּב כְּמוֹ שֶׁהוּא מִצַּד עַצְמוֹ הוּא בְּהֶעְלֵם, וְהָעֲבוֹדָה בּוֹ הִיא לְעוֹרֵר אוֹתוֹ שיהי' בְּגִילּוּי. ועפ"ז פֵּירוּשׁ בִּקְשׁוּ פָּנַי הוּא בַּקָּשָׁה וּתְחִנָּה, דְּבַקָּשָׁה וּתְחִנָּה הִיא (כְּהַלָּשׁוֹן בְּהַמַּאֲמָר) בְּהִתְעוֹרְרוּת גְּדוֹלָה.
Or, il est expliqué ailleurs que l'élévation que la Nechama obtient par sa descente ici-bas comporte deux choses. La première : même lorsqu'elle est revêtue d'un corps et de l'âme animale [Néfech habehemit], elle sert Hachem, et cela révèle la force de son attachement [hitkachrout] à HaKadoch Barou'h Hou. Même le voilement et l'occultation du corps et de l'âme animale ne peuvent amoindrir son attachement. La seconde : son service ici-bas produit une chose nouvelle, le birour [tri, clarification] et l'affinement [zikoukh] du corps, de l'âme animale et de sa part dans le monde.
ח) וְהִנֵּה מְבוּאָר במק"א, שבהעלי' דְּהַנְּשָׁמָה שע"י יְרִידָתָהּ לְמַטָּה, שְׁנֵי עִנְיָנִים. שע"י שֶׁגַּם בִּהְיוֹתָהּ מְלוּבֶּשֶׁת בַּגּוּף ונה"ב הִיא עוֹבֶדֶת אֶת ה', מִתְגַּלֶּה תּוֹקֶף הַהִתְקַשְּׁרוּת שֶׁלָּהּ עִם הקב"ה, שֶׁגַּם הַהֶעְלֵם וְהַהֶסְתֵּר דְּהַגּוּף ונה"ב אֵינוֹ יָכוֹל לַעֲשׂוֹת גֵּרָעוֹן בְּהַהִתְקַשְּׁרוּת שֶׁלָּהּ. ושע"י עֲבוֹדָתָהּ לְמַטָּה נַעֲשֶׂה עִנְיָן חָדָשׁ, הַבֵּירוּר וְהַזִּכּוּךְ דְּהַגּוּף ונה"ב וְחֶלְקוֹ בָּעוֹלָם.
Et puisque cette chose (le birour [tri du bien et du mal] et l'affinement du corps, etc.) est une innovation [hit'hadchout] (et non le dévoilement de ce qui était voilé), elle est plus élevée que le dévoilement de la force de l'attachement de l'âme. Comme on le sait que le birour [tri du bien et du mal] et l'affinement du corps et de l'âme animale (but pour lequel l'âme est descendue ici-bas) se font précisément par l'amour et la crainte qui se manifestent dans le cœur, dans son aspect extérieur. On peut donc dire que la mission [chli'hout] d'illuminer l'extériorité du cœur par le point du cœur l'emporte sur le service qui consiste à dévoiler le point du judaïsme [nekoudat hayahadout].
וְכֵיוָן שֶׁעִנְיָן זֶה (הַבֵּירוּר וְהַזִּכּוּךְ דְּהַגּוּף וכו') הוּא הִתְחַדְּשׁוּת (וְלֹא גִּילּוּי הַהֶעְלֵם), הוּא נַעֲלֶה יוֹתֵר מִגִּילּוּי תּוֹקֶף הַהִתְקַשְּׁרוּת דְּהַנְּשָׁמָה. וע"פ הַיָּדוּעַ שֶׁבֵּירוּר וְזִיכּוּךְ הַגּוּף ונה"ב (שֶׁבִּשְׁבִיל זֶה יָרְדָה הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה) הוּא דַּוְקָא ע"י אַהֲבָה וְיִרְאָה שֶׁבְּהִתְגַּלּוּת הַלֵּב, חִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב, יֵשׁ לוֹמַר, שֶׁיֵּשׁ יִתְרוֹן בְּהַשְּׁלִיחוּת דְּהֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב לְחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב, עַל הָעֲבוֹדָה דְּגִלּוּי נְקוּדַּת הַיַּהֲדוּת.
On peut dire que c'est ce qu'explique le maamar à propos de ce qui est écrit : « De ma chair je verrai D.ieu » [mibessari e'hezé Elo-ah]. « De ma chair », précisément : il s'agit d'une vision tangible (de la Divinité), qui se rapporte au corps. Car le but ultime de la descente de la Nechama ici-bas est (non pas que les dimensions de l'âme soient dévoilées tandis qu'elle est revêtue d'un corps, mais) que le corps voie la Divinité.
ט) וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶהוּ שֶׁמְּבֹאָר בְּהַמַּאֲמָר מ"ש מִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה, מִבְּשָׂרִי דַּוְקָא, שֶׁהַכַּוָּונָה בָּזֶה הִיא לראי' מוּחָשִׁית (בֶּאֱלֹקוּת) שֶׁמִּתְיַחֶסֶת לְהַגּוּף, כִּי תַּכְלִית הַכַּוָּונָה דִּירִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה הוּא (לֹא שֶׁעִנְיְנֵי הַנְּשָׁמָה יִהְיוּ בְּגִילּוּי בִּהְיוֹתָהּ מְלוּבֶּשֶׁת בַּגּוּף, כִּי אִם) שֶׁהַגּוּף יִרְאֶה אֱלֹקוּת.
[À noter : il existe une autre explication de « De ma chair je verrai D.ieu » : dans la chair elle-même, on voit la Divinité qu'elle contient. C'est l'enseignement de l'Admour Hazakène sur le passouk « De ma chair je verrai D.ieu » : « il faut récurer la chair pour que l'on puisse apercevoir la Divinité ». Puisqu'il dit qu'il faut récurer la chair (ôter ce qui la recouvre), on comprend que l'on voit ainsi la Divinité qui est dans la chair elle-même.
[וּלְהָעִיר שֶׁיֵּשׁ עוֹד פֵּירוּשׁ בִּמְבַשְּׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה, שֶׁבְּהַבְּשָׂר עַצְמוֹ רוֹאִים אֶת הָאֱלֹקוּת שֶׁבּוֹ. וּכְתוֹרַת אדמו"ר הַזָּקֵן עה"פ מִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיְּיַעֲרֵן דֶעם בָּשָׂר אָז מִי זָאל דערזעהען גֶּעטְלִיכְקְיִיט. דְּמִזֶּה שֶׁאוֹמֵר שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיְּיַעֲרֵן דֶעם בָּשָׂר (הֲסָרַת הַדְּבָרִים הַמְכֻסִּים) מוּבָן שעי"ז רוֹאִים הָאֱלֹקוּת שֶׁבְּהַבָּשָׂר עַצְמוֹ.
On le comprend aussi du maamar de l'Admour (Rachab), que son âme repose en Éden, sur le passouk « De ma chair je verrai D.ieu » : « Ne regarde pas le fait qu'il soit un golem [une matière brute] : ce golem, c'est l'Essence [Atsmout] de l'Ein Sof, béni soit-Il, qui l'a fait exister. » Car Lui seul a la force et le pouvoir de créer l'être à partir du néant [yech méayin] et du rien absolu.
וְכַמּוּבָן גַּם מִמַּאֲמָר אדמו"ר (מהורש"ב) נ"ע עה"פ מִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה, קוּק נִיט ווָאס עֶר אִיז א גּוֹלֶם, דֶעם גּוֹלֶם הָאט מְהַוֶּה גִּוּעַן עַצְמוּת א"ס ב"ה, דְּהוּא לְבַדּוֹ בְּכֹחוֹ וִיכָלְתּוֹ לִבְרוֹא יֵשׁ מֵאַיִן וָאֶפֶס הַמּוּחְלָט.
On peut dire ceci. Le maamar explique que « De ma chair je verrai D.ieu » désigne une vision tangible, alors que voir la Divinité qui est dans la chair elle-même semble, à première vue, plus élevé (surtout selon l'explication de l'Admour, que son âme repose en Éden, qui porte sur la force de l'essence présente dans le corps). C'est que la vision de la Divinité qui est dans la chair (la force de l'essence qu'elle contient) est une vision intellectuelle, qui se rapporte à l'âme [Néfech], tandis que la finalité de l'intention de la descente de l'âme ici-bas est que le corps voie la Divinité].
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁבַּהַמֶּאמָר מְבָאֵר דְּפֵרוּשׁ מִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה הוּא ראי' מוּחָשִׁית, אַף שֶׁרְאִיַּת הָאֱלֹקוּת שֶׁבְּהַבֶּשֶׂר עַצְמוֹ הוּא לִכְאוֹרָה עִנְיָן נַעֲלֶה יוֹתֵר (וּבִפְרָט לְפֵירוּשׁ אדמו"ר נ"ע שֶׁקָּאֵי עַל כֹּחַ הָעַצְמוּת שֶׁבַּהֲגֹף), הוּא, כִּי רְאִיַּית הָאֱלֹקוּת שֶׁבְּהַבָּשָׂר (כֹּחַ הָעַצְמוּת שֶׁבּוֹ) הִיא ראי' שִׂכְלִית שֶׁמִּתְיַחֶסֶת לְהַנֶּפֶשׁ, וְתַכְלִית הַכַּוָּונָה דִּירִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה הוּא שֶׁהַגּוּף יִרְאֶה אֱלֹקוּת].
Or, il est connu que, de même que la descente de l'âme ici-bas a pour but une élévation, il en va de même de la descente de la lumière divine pour faire exister et vivifier les créatures : c'est une descente en vue d'une élévation [yerida tsorekh aliya]. On peut dire, sur cette base, que lorsque le Nom Havayé descend et se revêt du Nom Elokim (pour faire exister et vivifier les créatures), il se produit dans la lumière une élévation qui la porte plus haut encore que ce qu'elle est dans sa racine, dans l'Or Ein Sof [lumière infinie] qui est au-dessus de Havayé.
יו"ד) וְהִנֵּה יָדוּעַ, דִּכְמוֹ שֶׁיְּרִידַת הַנְּשָׁמָה לְמַטָּה הִיא לְצוֹרֶךְ עלי', כמו"כ הוּא גַּם בְּנוֹגֵעַ לִירִידַת הָאוֹר הָאֱלֹקִי לְהַוּוֹת וּלְהַחֲיוֹת אֶת הַנִּבְרָאִים, שֶׁהִיא יְרִידָה צוֹרֶךְ עלי'. ועפ"ז יֵשׁ לוֹמַר, שע"י שֶׁשֵּׁם הוי' יוֹרֵד וּמִתְלַבֵּשׁ בְּשֵׁם אֱלֹקִים (בִּכְדֵי לְהַוּוֹת וּלְהַחֲיוֹת אֶת הַנִּבְרָאִים), נַעֲשָׂה עלי' בְּהָאוֹר, לְמַעְלָה יוֹתֵר גַּם מִכְּמוֹ שֶׁהוּא בְּשָׁרְשׁוֹ באוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי'.
Cette élévation consiste en ce qu'une chose nouvelle s'y produit : le dévoilement de la Divinité dans ce monde matériel. Comme on l'a cité plus haut (section 2) du maamar, certaines manifestations de la Divinité, telle la hachga'ha pratit [l'attention que D.ieu porte à chaque détail de la création], sont réellement dévoilées, au point qu'on peut les voir de manière tangible.
והעלי' הִיא, שֶׁנַּעֲשָׂה בּוֹ עִנְיָן חָדָשׁ – גִּילּוּי אֱלֹקוּת בעוה"ז הַגַּשְׁמִי. וּכְמוּבָא לְעֵיל (סְעִיף ב) מֵהַמַּאֲמָר, דִּשְׁנָם עִנְיְנֵי אֱלֹקוּת, כְּמוֹ הַשְׁגָּחָה פְּרָטִית, שֶׁהֵם בְּגִילּוּי מַמָּשׁ, עַד שֶׁאֶפְשָׁר לִרְאוֹתָם בְּמוּחָשׁ.
On peut dire que c'est ce qu'écrit le maamar : si la vision tangible se rapporte au corps, cela vaut aussi bien pour l'homme qui voit que pour la chose vue. L'avantage de l'intériorité liée à l'extériorité, et de sa descente dans l'extériorité, concerne en effet à la fois l'homme, puisque le corps voit la Divinité (comme on l'a dit plus haut, section 9), et la lumière d'en haut, dont le dévoilement se fait dans ce monde matériel.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶהוּ מ"ש בְּהַמַּאֲמָר דְּזֶה שראי' מוּחָשִׁית מִתְיַחֶסֶת לְהַגּוּף הוּא הֵן בְּנוֹגֵעַ לְהָאָדָם הָרוֹאֶה וְהֵן בְּנוֹגֵעַ לְהַדָּבָר הַנִּרְאֶה, שֶׁהַיִּתְרוֹן בְּהַפְּנִימִיּוּת הַשַּׁיֶּיכֶת לְחִיצוֹנִיּוּת וִירִידָתָהּ בְּחִיצוֹנִיּוּת הוּא הֵן בְּנוֹגֵעַ לְהָאָדָם, שֶׁהַגּוּף רוֹאֶה אֱלֹקוּת (כנ"ל סְעִיף ט), וְהֵן בְּנוֹגֵעַ לְהָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה, שֶׁהַגִּילּוּי שֶׁלּוֹ הוּא בעוה"ז הַגַּשְׁמִי.
Ce que dit le maamar, à savoir que la vision sensible se rapporte au corps, vaut aussi bien pour l'homme qui voit que pour la chose vue. La supériorité de l'intériorité liée à l'extériorité, et de sa descente dans l'extériorité, concerne à la fois l'homme, puisque c'est le corps qui voit la Divinité (comme on l'a dit plus haut, section 9), et la lumière d'en haut, dont la révélation se produit dans ce monde-ci, matériel.
הַמַּאֲמָר דְּזֶה שראי' מוּחָשִׁית מִתְיַחֶסֶת לְהַגּוּף הוּא הֵן בְּנוֹגֵעַ לְהָאָדָם הָרוֹאֶה וְהֵן בְּנוֹגֵעַ לְהַדָּבָר הַנִּרְאֶה, שֶׁהַיִּתְרוֹן בְּהַפְּנִימִיּוּת הַשַּׁיֶּיכֶת לְחִיצוֹנִיּוּת וִירִידָתָהּ בְּחִיצוֹנִיּוּת הוּא הֵן בְּנוֹגֵעַ לְהָאָדָם, שֶׁהַגּוּף רוֹאֶה אֱלֹקוּת (כנ"ל סְעִיף ט), וְהֵן בְּנוֹגֵעַ לְהָאוֹר שֶׁלְּמַעְלָה, שֶׁהַגִּילּוּי שֶׁלּוֹ הוּא בעוה"ז הַגַּשְׁמִי.
Or, il en va de même dans le service de l'homme. Quand l'intellect [mo'hin] descend [il est ce qu'il y a de plus élevé en l'homme, car la nature de l'intellect est de s'élever vers le haut] dans les attributs affectifs de l'âme [midot] [ils sont ce qu'il y a de plus bas en l'homme, car la nature des midot est de descendre vers le bas], cette descente produit une élévation de l'intellect. Et l'essentiel de cette élévation n'est pas que la lumière de l'intellect éclaire aussi le cœur : c'est que, par là, se produit une chose nouvelle, l'éveil des midot.
יָא) וְהִנֵּה עד"ז הוּא בַּעֲבוֹדַת הָאָדָם, שֶׁעַל יְדֵי יְרִידַת הַמּוֹחִין [הָעֶלְיוֹן שֶׁבָּאָדָם, דְּטֶבַע הַמּוֹחִין הוּא עלי' לְמַעְלָה] בְּהַמִּדּוֹת [הַתַּחְתּוֹן שֶׁבָּאָדָם, דְּטֶבַע הַמִּדּוֹת הוּא יְרִידָה לְמַטָּה], נַעֲשָׂה עלי' בְּהַמּוֹחִין. וְעִיקָּר העלי' הוּא לֹא זֶה שֶׁאוֹר הַשֵּׂכֶל מֵאִיר גַּם בְּלֵב, אֶלָּא שעי"ז נַעֲשֶׂה עִנְיָן חָדָשׁ – הִתְעוֹרְרוּת הַמִּדּוֹת.
On peut dire que c'est pour cette raison que l'éveil des midot du cœur exige une préparation venue aussi du cœur. En effet, la véritable nouveauté de l'éveil des midot se produit lorsque cet éveil procède (aussi) des midot elles-mêmes.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁזֶּהוּ הַטַּעַם עַל זֶה שֶׁבִּכְדֵי שתהי' הִתְעוֹרְרוּת הַמִּדּוֹת שֶׁבַּלֵּב צְרִיכָה לִהְיוֹת הֲכָנָה גַּם מִצַּד הַלֵּב, כִּי עִקָּר הַחִדּוּשׁ שֶׁבְּהִתְעוֹרְרוּת הַמִּדּוֹת הוּא כְּשֶׁהַהִתְעוֹרְרוּת הִיא (גַּם) מִצַּד עִנְיָן הַמִּדּוֹת.
On peut dire qu'il en va de même du roi aux champs (Eloul). Être aux champs est certes une descente par rapport à sa présence dans son palais royal (Roch Hachana et Yom Kippour) : dans son palais royal, il porte la couronne et les vêtements royaux, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il est aux champs. Pourtant, cette descente produit pour ainsi dire une élévation du roi lui-même. Car sa descente aux champs fait naître une chose nouvelle : même les plus éloignés viennent l'accueillir.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שעד"ז הוּא בְּנוֹגֵעַ לְמֶלֶךְ בַּשָּׂדֶה (אֱלוּל), דַּהֲגַם שֶׁזּוֹהִי יְרִידָה לְגַבֵּי כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּהֵיכַל מַלְכוּתוֹ (ר"ה ויוהכ"פ), דְּבִהְיוֹתוֹ בְּהֵיכַל מַלְכוּתוֹ הוּא בְּכֶתֶר מַלְכוּת וּלְבוּשֵׁי מַלְכוּת משא"כ בִּהְיוֹתוֹ בַּשָּׂדֶה, הִנֵּה עי"ז נַעֲשָׂה עלי' כִּבְיָכוֹל בְּהַמֶּלֶךְ, כִּי ע"י יְרִידָתוֹ לַשָּׂדֶה נַעֲשָׂה עִנְיָן חָדָשׁ, שֶׁגַּם הָרְחוֹקִים בְּיוֹתֵר בָּאִים לְהַקְבִּיל אֶת פָּנָיו.
Toutefois, sur le plan des révélations, se trouver aux champs reste une descente par rapport à sa présence dans son palais royal. C'est pourquoi le service aux champs doit se faire de manière à suivre (ensuite) le roi jusqu'à son palais royal. Le maamar le dit d'ailleurs : le service d'Eloul est une préparation au service de Roch Hachana et de Yom Kippour.
אֶלָּא שאעפ"כ, מִכֵּיוָן שֶׁבְּעִנְיָן הַגִּילּוּיִים, זֶה שֶׁנִּמְצָא בַּשָּׂדֶה הוּא יְרִידָה לְגַבֵּי כְּמוֹ שֶׁהוּא בְּהֵיכַל מַלְכוּתוֹ, צְרִיכָה לִהְיוֹת הָעֲבוֹדָה בַּשָּׂדֶה בְּאֹפֶן דְּלָלֶכֶת (אח"כ) אַחֲרֵי הַמֶּלֶךְ לַהֵיכָל מַלְכוּתוֹ, וכמ"ש בְּהַמַּאֲמָר שֶׁהָעֲבוֹדָה דְּאֱלוּל הִיא הַקְדָּמָה לְהָעֲבוֹדָה דר"ה ויוהכ"פ.
Tel est aussi le lien entre les deux explications de « לך אמר לבי בקשו פני » [« Pour Toi, mon cœur a dit : Recherchez Ma face »]. Selon la première, « לך » signifie « pour Toi », c'est-à-dire en Ta mission : accomplir Sa volonté, béni soit-Il, de faire de l'ici-bas une demeure pour Lui, béni soit-Il. Le service de « Pour Toi, mon cœur a dit » ainsi compris doit être accompli de manière à mener à la seconde explication, selon laquelle « לך » signifie « à Ta place » : la révélation du point de judéité [nekoudat hayahadout], qui est lié à l'essence.
וְזֶהוּ גַּם הַקֶּשֶׁר דִּשְׁנֵי הַפֵּירוּשִׁים בְּלֵךְ אָמַר לִבִּי בַּקְּשׁוּ פָּנָי, שֶׁהָעֲבוֹדָה דלך אָמַר לִבִּי לְהַפֵּרוּשׁ שֶׁלְּךָ הוּא בִּשְׁבִילְךָ בִּשְׁלִיחוּתְךָ, לְהַשְׁלִים רְצוֹנוֹ ית' לַעֲשׂוֹת אֶת הַמַּטָּה דִּירָה לוֹ ית', צְרִיכָה לִהְיוֹת בְּאֹפֶן שעי"ז יַגִּיעוּ לְהַפֵּרוּשׁ שֶׁלְּךָ הוּא בִּמְקוֹמְךָ, גִּילּוּי נְקוּדַּת הַיַּהֲדוּת שֶׁמְּקֻשֶּׁרֶת בְּהָעַצְמוּת.
Le maamar poursuit (dans sa conclusion, qui le scelle) : par l'éveil du point du cœur, on devient un récipient [keli] pur, apte à recevoir l'abondance de bénédiction pour toute l'année. On peut dire que les deux qualités s'y trouvent réunies : celle de « לך » au sens de « en Ta mission », et celle de « לך » au sens de « à Ta place ».
יב) וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָר (בְּסִיּוּם וְחוֹתָם הַמַּאֲמָר), שע"י הִתְעוֹרְרוּת נְקוּדַּת הַלֵּב נַעֲשֶׂה כְּלִי טְהוֹרָה לְקַבֵּל הַשֶּׁפַע בְּרָכָה עַל כָּל הַשָּׁנָה. וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁבָּזֶה יֶשְׁנָם ב' הַמַּעֲלוֹת, הַמַּעֲלָה דלך בִּשְׁלִיחוּתְךָ וְהַמַּעֲלָה דלך בִּמְקוֹמְךָ.
En effet, lorsque l'influence s'épanche selon l'ordre naturel de la création [héb. hichtalchelout], on examine son cas pour savoir s'il en est digne, et des accusateurs se lèvent pour dire qu'il ne l'est pas. On peut dire qu'il en va ainsi même lorsque l'épanchement provient du Nom Havayé (car le Nom Havayé est lui aussi source de l'existence, comme on l'a dit plus haut, section 5). Il est écrit en effet : « Les fils de D.ieu [benei haElokim] vinrent se présenter devant Havayé ».
דְּכַאֲשֶׁר הַמְשָׁכַת הַשֶּׁפַע הוּא ע"פ סֵדֶר הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת, מְעַיְּנִים בְּדִינוֹ אִם הוּא רָאוּי לָזֶה, וְיֶשְׁנָם מְקַטְרִיגִים שֶׁמְּקַטְרְגִים וְאוֹמְרִים שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לָזֶה. וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּעִנְיָן זֶה הוּא גַּם כְּשֶׁהַהַמְשָׁכָה הִיא מִשֵּׁם הוי' (כֵּיוָן שֶׁגַּם שֵׁם הוי' הוּא מָקוֹר לְהִתְהַוּוֹת, כנ"ל סְעִיף ה), כמ"ש וְיָבוֹאוּ בְּנֵי הָאֱלֹקִים לְהִתְיַצֵּב עַל הוי'.
L'influence de bénédiction s'épanche (et en une profusion extraordinaire) parce que la révélation de l'essence du point du cœur fait venir l'épanchement de la lumière infinie [Or Ein Sof], qui est au-delà de Havayé. Là, l'accusation des fils d'Elokim n'a pas de prise (comme on l'a dit plus haut, à la fin de la section 6, en expliquant le verset [passouk] « לא יהיה לך אלקים אחרים על פני » [« Tu n'auras pas d'autres dieux devant Ma face »]). Bien plus, il n'y a pas là non plus les mesures et les limitations du Nom Elokim (celui de la sainteté). C'est pourquoi l'influence qui s'épanche de là est d'une profusion extraordinaire.
וְזֶה שֶׁנִּמְשַׁךְ שֶׁפַע בְּרָכָה (בְּרִיבּוּי מֻפְלָג) הוּא לְפִי שע"י גִּילּוּי עַצְמוּת נְקוּדַּת הַלֵּב הַהַמְשָׁכָה הִיא מאוא"ס שֶׁלְּמַעְלָה מהוי', וְאֵין שַׁיָּךְ שָׁם הַקִּטְרוּג דִּבְנֵי הָאֱלֹקִים (וכנ"ל סוֹף סְעִיף ו בְּפֵירוּשׁ הַכָּתוּב לֹא יהי' לְךָ אֱלֹקִים אֲחֵרִים עַל פָּנָי), וִיתֵירָה מִזּוֹ, שֶׁאֵין שָׁם גַּם הַמְּדִידוֹת וְהַהַגְבָּלוֹת דְּשֵׁם אֱלֹקִים (דְּקְדוּשָּׁה), וְלָכֵן הַשֶּׁפַע שֶׁנִּמְשַׁךְ מִשָּׁם הוּא בְּרִיבּוּי מֻפְלָג.
Et si l'influence s'épanche dans des choses matérielles, et à plus forte raison si cet épanchement ne vient pas seulement d'en haut mais si l'homme lui-même (comme on l'a vu plus haut dans le maamar) devient un récipient approprié pour recevoir l'influence, c'est pour la raison suivante. Par le service qui consiste à illuminer le point du cœur et l'extériorité du cœur afin de faire de l'ici-bas une demeure pour Lui, béni soit-Il, on ressent la supériorité de la matérialité (comme on l'a dit plus haut, section 10, à propos de « מבשרי אחזה אלוקה » [« De ma chair je contemplerai D.ieu »]), ainsi que la supériorité d'Israël, qui construit cette demeure.
וְזֶה שֶׁהַמְשָׁכַת הַשֶּׁפַע הוּא בְּעִנְיָנִים גַּשְׁמִיִּים, ומכש"כ זֶה שֶׁהַמְשָׁכַת הַשֶּׁפַע הוּא לֹא רַק מִצַּד לְמַעְלָה אֶלָּא (כנ"ל מֵהַמַּאֲמָר) שֶׁהָאָדָם נַעֲשֶׂה כְּלִי מַתְאִימָה לְקַבֵּל הַשֶּׁפַע, הוּא לְפִי שע"י הָעֲבוֹדָה בְּהֶאָרַת נְקוּדַּת הַלֵּב וְחִיצוֹנִיּוּת הַלֵּב לַעֲשׂוֹת אֶת הַמַּטָּה דִּירָה לוֹ ית', נִרְגָּשׁ מַעֲלַת הַגַּשְׁמִיּוּת (כנ"ל סְעִיף י בְּעִנְיָן מִבְּשָׂרִי אֶחֱזֶה אֱלוֹקַה) וּמַעֲלָתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל הָעוֹשִׂים אֶת הַדִּירָה.
Et puisque le service d'Eloul comporte ces deux aspects (le service [lui-même] se fait aux champs, et de manière à suivre le roi jusqu'à son palais royal, comme on l'a dit plus haut, section 11), l'épanchement de l'influence les comporte lui aussi. Est attiré un bien abondant, au-delà de toute mesure et de toute limite, et il vient sous la forme d'un bien visible et révélé, (aussi) dans les choses matérielles : une année bonne et douce, en enfants, en vie et en parnassa [subsistance], au sens simple, et en tout cela, en abondance.
וּמִכֵּיוָן שֶׁבְּהָעֲבוֹדָה דְּאֱלוּל יֶשְׁנָם שְׁנֵי הָעִנְיָנִים, שֶׁהָעֲבוֹדָה (עַצְמָהּ) הִיא בַּשָּׂדֶה וּבְאוֹפֶן דְּלָלֶכֶת אַחֲרֵי הַמֶּלֶךְ לַהֵיכָל מַלְכוּתוֹ (כנ"ל סְעִיף יָא), לָכֵן, גַּם בְּהַמְשָׁכַת הַשֶּׁפַע שְׁנֵי הָעִנְיָנִים, שֶׁנִּמְשַׁךְ רַב טוֹב (בְּמִלּוּפָם) שֶׁלְּמַעְלָה מִמְּדִידָה וְהַגְבָּלָה, וְזֶה בָּא בַּטּוֹב הַנִּרְאֶה וְהַנִּגְלֶה (גַּם) בְּעִנְיָנִים הַגַּשְׁמִיִּים, לְשָׁנָה טוֹבָה וּמְתוּקָה, בִּבְנֵי חַיֵּי וּמְזוֹנֵי כִּפְשׁוּטָם, וּבְכֻלָּם – רויחי.
Eloul réunit les deux aspects : le service (lui-même) s'accomplit aux champs, et consiste à suivre le roi jusqu'au palais de sa royauté (comme indiqué plus haut, section 11). C'est pourquoi l'épanchement de l'influence comporte lui aussi les deux aspects. Une grande bonté [rav touv] (dans sa plénitude), au-delà de toute mesure et de toute limite, est attirée, et elle se manifeste en un bien visible et révélé, (également) dans les choses matérielles : pour une année bonne et douce, en enfants, en vie et en subsistance [bané, 'hayé oumezoné], au sens simple, et en tout cela, avec largesse [révi'hé].
אֱלוּל יֶשְׁנָם שְׁנֵי הָעִנְיָנִים, שֶׁהָעֲבוֹדָה (עַצְמָהּ) הִיא בַּשָּׂדֶה וּבְאוֹפֶן דְּלָלֶכֶת אַחֲרֵי הַמֶּלֶךְ לַהֵיכָל מַלְכוּתוֹ (כנ"ל סְעִיף יָא), לָכֵן, גַּם בְּהַמְשָׁכַת הַשֶּׁפַע שְׁנֵי הָעִנְיָנִים, שֶׁנִּמְשַׁךְ רַב טוֹב (בְּמִלּוּפָם) שֶׁלְּמַעְלָה מִמְּדִידָה וְהַגְבָּלָה, וְזֶה בָּא בַּטּוֹב הַנִּרְאֶה וְהַנִּגְלֶה (גַּם) בְּעִנְיָנִים הַגַּשְׁמִיִּים, לְשָׁנָה טוֹבָה וּמְתוּקָה, בִּבְנֵי חַיֵּי וּמְזוֹנֵי כִּפְשׁוּטָם, וּבְכֻלָּם – רויחי.
Avec l'aide de D.ieu Pour l'élévation de l'âme de le rav, le 'hassid, le rav, le tamim, homme craignant D.ieu, digne de confiance et honorable, dévoué aux besoins de la communauté, Rav Daniel Yits'hak, que la paix soit sur lui, fils de Rav Ephraïm, qu'il soit distingué pour une longue et bonne vie, qu'il vive de longs et bons jours, amen, Moskowitz, chalia'h de Sa Sainteté l'Admour, que son mérite nous protège, pour l'État de l'Illinois, rappelé à sa demeure éternelle le 2 Adar Chéni 5774 [2014]. Que son âme soit liée au faisceau de la vie.
ב"ה לע"נ הרה"ח הרה"ת אי"א נו"נ עוֹסֵק בצ"צ ר' דָּנִיֵּאל יִצְחָק ע"ה בֶּן יבלחט"א ר' אֶפְרַיִם שליט"א מַאסְקָאוויץ שָׁלִיחַ כ"ק אדמו"ר זי"ע לִמְדִינַת אִילִינוֹי נלב"ע ב' אֲדָר שֵׁנִי ה'תשע"ד ת.נ.צ.ב.ה
« Et moi, Daniel, je fus épuisé… puis je me levai et j'accomplis l'œuvre du roi. »
וַאֲנִי דָנִיֵּאל נִהְיֵיתִי... וָאָקוּם וָאֶעֱשֶׂה אֶת מְלֶאכֶת הַמֶּלֶךְ