HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5748
MAAMARמאמר
שִׁיר הַמַּעֲלוֹת מִמַּעֲמַקִּים
« Cantique des degrés. Des profondeurs… »
Chabbat Haazinou, Chabbat Chouva 5748 [1987]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
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Maamarim du Rabbiתשמ"ח · 1987
MAAMARמאמר

שִׁיר הַמַּעֲלוֹת מִמַּעֲמַקִּים

« Cantique des degrés. Des profondeurs… »

Chabbat Haazinou, Chabbat Chouva 5748 [1987]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ האזינו, שבת שובה ה'תשמ"ח. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ האזינו, שבת שובה ה'תשמ"ח. Traduction française littérale en regard.

« Cantique des degrés. Des profondeurs [mimaamakim], je T’ai appelé, Havayé. » Ce psaume a été institué pour être récité chaque jour des dix jours de téchouva, à partir de Roch Hachana (qui est le premier des dix jours de téchouva), et plusieurs discours [droushim] de Roch Hachana commencent par ce verset [passouk]. Ces discours rapportent à ce sujet que le Zohar présente deux opinions sur l’explication de « mimaamakim », celle de Rabbi Yits'hak et celle de Rabbi Abba. Rabbi Yits'hak l’explique comme les profondeurs de l’homme : cette prière jaillit des profondeurs de l’âme de l’homme, des profondeurs de l’âme de David HaMélekh, et de même de chacun d’Israël qui récite ce psaume. Rabbi Abba l’explique comme les profondeurs d’en haut : « c’est un lieu caché, en haut, etc. » Les maamarim poursuivent : « mimaamakim » désigne deux profondeurs, ce qui correspond aux deux opinions citées. Ils en tirent que, selon Rabbi Yits'hak, la profondeur à l’intérieur de la profondeur est la profondeur du cœur [omka deliba], et que, selon Rabbi Abba, c’est la profondeur des profondeurs [amika deamikta] dans les degrés d’en haut. Ils poursuivent encore : l’explication principale est que le passouk se rapporte aux degrés d’en haut. Autrement dit, par « je T’ai appelé », on parvient au niveau d’une profondeur à l’intérieur de la profondeur [litt. : intérieure à la profondeur], jusqu’à s’élever à une profondeur telle qu’elle se trouve au-dessus de toute division en degrés. Et de là, « je T’ai appelé » : Havayé est attiré. Le lien entre les deux explications (car « l’un dit une chose et l’autre dit une chose, et ils ne sont pas en désaccord ») est le suivant : la capacité d’attirer depuis ce niveau de profondeur, qui est au-dessus de toute limite de division, vient du niveau de la profondeur du cœur, et celle-ci naît du service de la téchouva, comme l’expliquent les maamarim. On comprend d’ailleurs simplement que tel est le contenu de ce psaume (« Cantique des degrés. Des profondeurs… ») : la prière de la téchouva.
שִׁיר הַמַּעֲלוֹת מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ הוי', הִנֵּה מִזְמוֹר זֶה נִתְקַן לְאוֹמְרוֹ בְּכָל יוֹם מֵעֲשֶׂרֶת יְמֵי תְּשׁוּבָה, מַתְחִיל מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה (שֶׁהוּא הַיּוֹם הָרִאשׁוֹן דעשי"ת), וְכַמָּה דְּרוּשֵׁי רֹאשׁ הַשָּׁנָה מַתְחִילִים בַּפָּסוּק זֶה. וּמוּבָא ע"ז בְּהַדְּרוּשִׁים, דִּבְפֵרוּשׁ מִמַּעֲמַקִּים יֵשׁ שְׁתֵּי דֵּיעוֹת בַּזֹּהַר ר' יִצְחָק ור' אַבָּא, דר"י מְפָרֵשׁ מִמַּעֲמַקִּים שֶׁל הָאָדָם, שֶׁהַתְּפִלָּה הנ"ל הִיא מִמַּעֲמַקֵּי נַפְשׁוֹ שֶׁל הָאָדָם, מִמַּעֲמַקֵּי הַנֶּפֶשׁ שֶׁל דָּוִד הַמֶּלֶךְ וְכֵן שֶׁל כאו"א מִיִּשְׂרָאֵל הָאוֹמֵר מִזְמוֹר זֶה, ור"א מְפָרֵשׁ מִמַּעֲמַקִּים שֶׁל לְמַעְלָה אתר גָּנוּז הוּא לעילא כו'. וּמַמְשִׁיךְ בְּהַמַּאֲמָרִים, וְהִנֵּה פֵּירוּשׁ מִמַּעֲמַקִּים הוּא ב' עֳמָקִים, דְּזֶהוּ לְפִי שְׁתֵּי הַדֵּיעוֹת הנ"ל, וע"פ זֶה מְבָאֵר דִּלְדַעַת ר"י הִנֵּה הָעֹמֶק לִפְנִים מֵעֹמֶק הוּא עֻמְקָא דלבא וּלְדַעַת ר"א הֲרֵי זֶה עמיקא דעמיקתא בְּהַמַּדְרֵיגוֹת שֶׁלְּמַעְלָה. וּמַמְשִׁיךְ דְּעִיקַּר הַפֵּרוּשׁ הוּא דקאי עַל הַמַּדְרֵיגוֹת שֶׁלְּמַעְלָה, דְּהַיְינוּ שע"י קְרָאתִיךָ מַגִּיעִים בבחי' עוֹמֶק לִפְנִים מֵעֹמֶק, עַד שֶׁעוֹלִים לבחי' עוֹמֶק כָּזֶה שֶׁהוּא לְמַעְלָה מֵהִתְחַלְּקוּת שֶׁל דְּרָגוֹת, וּמִשָּׁם קְרָאתִיךָ – נִמְשָׁךְ – הוי'. וְהַקֶּשֶׁר דב' הַפֵּירוּשִׁים (דמר אָמַר חדא ומר אָמַר חדא ולא פליגי) הוּא, כִּי הַיְּכֹלֶת לְהַמְשִׁיךְ מבחי' עוֹמֶק זֶה שֶׁהוּא לְמַעְלָה מִכָּל גֶּדֶר הִתְחַלְּקוּת הוּא ע"י בחי' עֻמְקָא דלבא, שֶׁבָּא ע"י עֲבוֹדַת הַתְּשׁוּבָה, כַּמְבוֹאָר בְּהַמַּאֲמָרִים, וְכַמּוּבָן בְּפַשְׁטוּת שֶׁזֶּהוּ תּוֹכֶן מִזְמוֹר זֶה (שִׁיר הַמַּעֲלוֹת מִמַּעֲמַקִּים), תְּפִלַּת הַתְּשׁוּבָה.
Pour comprendre cela - comment le service de la téchouva permet d’attirer depuis le niveau de la profondeur au-delà de la profondeur d’en haut -, il faut d’abord rappeler ce qu’explique le hemchekh [série de maamarim] de Roch Hachana 5698 [1937] (il y a cinquante ans) : il existe deux degrés dans la téchouva, l’aspect [inyan] de la téchouva et l’essence [mehout] de la téchouva. L’aspect de la téchouva, c’est la téchouva qui porte sur des points particuliers, ou même sur des points généraux. Même lorsque cette téchouva ne porte pas sur une faute ['hèt], une iniquité [avon] ou une transgression [pécha], elle consiste à s’élever dans son service au sein même du bien : on ajoute sans cesse à la perfection de son service, jusqu’à ce que tel service particulier soit comme il se doit et comme il est requis, et jusqu’à ce que, tous les points particuliers étant complétés, l’ensemble de son service soit comme il est requis. L’essence de la téchouva, en revanche, c’est que, depuis l’endroit où l’on se tient, dans sa situation et son état spirituels, on s’élève (er shtelt zikh iber [litt. : on se place ailleurs]) vers un endroit plus élevé : une situation et un état nouveaux, au point d’être sans aucune commune mesure avec l’état antérieur. Autrement dit, on s’élève à un état supérieur sans aucune commune mesure, au point qu’on ne peut même pas lui appliquer le terme et la catégorie de supérieur et d’inférieur. Le terme « supérieur » indique en effet qu’il existe un inférieur, et qu’il en est le supérieur à sa mesure. L’essence de la téchouva, au contraire, se situe à un degré qui n’entre pas dans la catégorie et la mesure du supérieur et de l’inférieur, et qui n’a aucun rapport avec l’état antérieur (dans le sens de l’élévation), au point qu’on devient une existence nouvelle, faite véritablement à partir du néant et du rien. Et parce qu’on se tient dans une situation et un état sans aucune commune mesure, cela agit sur tous les détails du service et sur tous les détails des détails, de sorte que tout soit rectifié comme il se doit. En effet, puisqu’on se trouve dans une situation et un état nouveaux, tous les actes qu’on accomplit sont bons. C’est l’expression de nos Sages, de mémoire bénie, avec la précision de l’ordre qu’ils y observent : « la téchouva et les actes bons [maasim tovim] ». Par la téchouva, il y aura la perfection ultime dans les actes, la perfection ultime dans le bien, et la perfection ultime en Israël, qui accomplit les actes bons.
וּלְהָבִין זֶה, אֵיךְ עַל יְדֵי עֲבוֹדַת הַתְּשׁוּבָה מַמְשִׁיכִים מִבְּחִינַת הָעֹמֶק לִפְנִים מֵעֹמֶק שֶׁלְּמַעְלָה, יֵשׁ לְהַקְדִּים תְּחִילָּה מַה שֶׁמְּבֹאָר בְּהֶמְשֵׁךְ רֹאשׁ הַשָּׁנָה תרח"ץ (לִפְנֵי חֲמִישִּׁים שָׁנָה), שֶׁיֵּשׁ שְׁתֵּי מַדְרֵיגוֹת בִּתְשׁוּבָה, עִנְיַן הַתְּשׁוּבָה וּמַהוּת הַתְּשׁוּבָה. דְּעִנְיַן הַתְּשׁוּבָה הִיא הַתְּשׁוּבָה עַל עִנְיָנִים פְּרָטִיִּים אוֹ אֲפִילוּ עַל עִנְיָנִים כְּלָלִיִּים, אֲבָל אַף שֶׁהַתְּשׁוּבָה אֵינָהּ עַל חֵטְא וְעָוֹן וָפֶשַׁע מ"מ עִנְיָנָהּ הוּא שֶׁעוֹלֶה בַּעֲבוֹדָתוֹ בְּטוֹבְעַצְמוֹ, שֶׁהוֹלֵךְ וּמוֹסִיף בִּשְׁלֵימוּת עֲבוֹדָתוֹ עַד שֶׁעֲבוֹדָה פְּרָטִית זוֹ הִיא כִּדְבָעֵי וְכִדְרוּשׁ, וְעַד שע"י שֶׁמַּשְׁלִים כָּל הָעִנְיָנִים הַפְּרָטִיִּים הֲרֵי כְּלָלוּת עֲבוֹדָתוֹ הִיא כִּדְרוּשׁ. אָמְנָם מַהוּת הַתְּשׁוּבָה הוּא שֶׁמִּמָּקוֹם שֶׁהוּא עוֹמֵד בּוֹ בְּמַעֲמָדוֹ וּמַצָּבוֹ הָרוּחָנִי הוּא עוֹלֶה (עֶר שְׁטֶעלְט זִיךְ אִיבֶּער) לְמָקוֹם נַעֲלֶה יוֹתֵר, שֶׁהוּא מַעֲמָד וּמַצָּב חָדָשׁ וְעַד שֶׁאֵינוֹ בְּעֶרֶךְ כְּלָל לְמַצָּבוֹ לפנ"ז. וְהַיְינוּ שֶׁעוֹלֶה לְמַצָּב עֶלְיוֹן שֶׁלֹּא בְּעֶרֶךְ כְּלָל עַד שֶׁאֵין לוֹמַר עָלָיו לְשׁוֹן וְגֶדֶר עֶלְיוֹן וְתַחְתּוֹן, דְּלָשׁוֹן עֶלְיוֹן מוֹרֶה שֶׁיֶּשְׁנוֹ תַּחְתּוֹן וְהוּא הָעֶלְיוֹן בְּעֶרְכּוֹ, משא"כ מַהוּת הַתְּשׁוּבָה הִיא בְּדַרְגָּא כָּזוֹ שֶׁאֵינָהּ בְּגֶדֶר וְעֵרֶךְ דְּעֶלְיוֹן וְתַחְתּוֹן, שֶׁאֵינוֹ שַׁיָּךְ כְּלָל לְהַמַּצָּב שלפנ"ז (למעליותא), עַד שֶׁנַּעֲשָׂה מְצִיאוּת חֲדָשָׁה שֶׁנַּעֲשֵׂית מֵאַיִן וָאֶפֶס מַמָּשׁ. וע"י שֶׁעוֹמֵד בְּמַעֲמָד וּמַצָּב שֶׁאֵינוֹ בְּעֶרֶךְ כְּלָל, ה"ז פּוֹעֵל עַל כָּל פְּרָטֵי הָעֲבוֹדוֹת וְכָל הַפְּרָטֵי פְּרָטִים, שֶׁהַכֹּל יהי' נִתְקַן כִּדְבָעֵי. הַיְנוּ שֶׁמִּכֵּיוָן שֶׁהוּא בְּמַעֲמָד וּמַצָּב חָדָשׁ בְּאֹפֶן שֶׁכָּל הַמַּעֲשִׂים שֶׁעוֹשֶׂה הֵם טוֹבִים, וְכִלְשׁוֹן רז"ל וְדִיּוּק הַסֵּדֶר בָּזֶה: תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים, שע"י הַתְּשׁוּבָה תהי' תַּכְלִית הַשְּׁלֵימוּת בְּהַמַּעֲשִׂים וְתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת בְּהַטּוֹב וְתַכְלִית הַשְּׁלֵימוּת בְּיִשְׂרָאֵל עוֹשֵׂי הַמַּעֲשִׂים טוֹבִים.
Et c’est le sens de « Cantique des degrés. Des profondeurs, je T’ai appelé, Havayé » : par une téchouva issue de la profondeur du cœur, profondeur à l’intérieur de la profondeur, qui est l’essence de la téchouva, on appelle et on attire d’en haut depuis le niveau de la profondeur des profondeurs, jusqu’à une profondeur telle qu’elle n’entre pas du tout dans la catégorie des degrés. Ainsi s’accomplissent concrètement toutes les prières de ce psaume. La profondeur supérieure, celle d’en haut, est attirée : c’est la profondeur au-dessus de « mimaamakim », terme au pluriel, jusqu’à transcender toute catégorie de profondeur. Il descend jusqu’au plus bas, de façon véritablement révélée, et véritablement aussi dans le temps, aussitôt et immédiatement. Il y aura alors l’annulation de toutes les limites et la révélation de l’Ein Sof véritable ici-bas. Bien plus : en Lui, béni soit-Il, la catégorie du haut et du bas n’a pas lieu d’être, tout est un. Cela se fonde et s’accomplit du fait que la profondeur d’Israël et la profondeur d’en haut deviennent une seule chose : « Des profondeurs, je T’ai appelé », afin qu’Israël et HaKadoch Barou'h Hou ne fassent qu’un [koula 'had].
וְזֶהוּ שִׁיר הַמַּעֲלוֹת מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ הוי', דע"י תְּשׁוּבָה מעומקא דלבא, עוֹמֶק לִפְנִים מֵעֹמֶק, שֶׁהִיא מַהוּת הַתְּשׁוּבָה, עי"ז קוֹרְאִים וּמַמְשִׁיכִים מִלְמַעְלָה מבחי' עמיקא דעמיקתא, וְעַד לְעֹמֶק כָּזֶה שֶׁאֵינוֹ בְּגֶדֶר דְּרָגוֹת כְּלָל. ועי"ז מִתְקַיְּמִים בְּפַשְׁטוּת כָּל הַתְּפִלּוֹת שֶׁבְּמִזְמוֹר זֶה, שֶׁנִּמְשַׁךְ בחי' הָעֹמֶק הָעֶלְיוֹן שֶׁלְּמַעְלָה, בחי' הָעֹמֶק שֶׁלְּמַעְלָה מִמַּעֲמַקִּים לְשׁוֹן רַבִּים, עַד שֶׁהוּא לְמַעְלָה מִכָּל גֶּדֶר עוֹמֶק, וְיוֹרֵד עַד לְמַטָּה מַטָּה וּבְגָלוּי מַמָּשׁ, מַמָּשׁ גַּם בִּזְמַן, תֵּיכֶף וּמִיָּד, ויהי' בִּיטּוּל כָּל הַהַגְבָּלוֹת וְגִילּוּי א"ס הָאֲמִיתִּי לְמַטָּה, וִיתֵירָה מִזּוֹ, שֶׁהֲרֵי לֹא שַׁיָּךְ בּוֹ ית' גֶּדֶר מַעְלָה וּמַטָּה אֶלָּא הַכֹּל אֶחָד, וְזֶה מְיוּסָּד וְנַעֲשָׂה ע"י שֶׁהָעֹמֶק דְּיִשְׂרָאֵל וְהָעֹמֶק שֶׁלְּמַעְלָה נַעֲשִׂים דָּבָר אֶחָד, מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ שיהי' יִשְׂרָאֵל וקוב"ה כּוֹלָּא חד.