Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5741. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5741. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Avec l'aide du Ciel. Chabbat de la paracha Devarim, Chabbat 'Hazon, veille du 9 Av 5741 [1981]
« Tsion sera délivrée par le jugement, et ceux qui y reviennent [vechavéha] par la tsédaka »
« Tsion sera délivrée par le jugement, et ses chavéha par la tsédaka. » L'Admour Rachab, que son âme repose en Éden, relève une précision dans son maamar qui commence par ces mots, de l'année 5674 [1914] : ici, Tsion ne désigne pas la ville de Tsion [en particulier], mais [l'ensemble d']Israël. Pourquoi le verset [passouk] dit-il alors « Tsion » ?
Il relève aussi ce qui est dit : « et ses chavéha », etc. Qui sont ses chavéha ?
וְגַם מְדַיֵּיק מ"ש ושבי' גו', מִי הֵם שבי'.
[On peut dire que cette précision aussi (qui sont ses chavéha) découle de ce qu'il a dit juste avant : Tsion désigne ici l'ensemble d'Israël. En effet, certains commentateurs expliquent que Tsion se rapporte à la ville de Tsion, et chavéha à Israël. Mais selon l'explication (du maamar), où Tsion se rapporte à Israël, quelles sont les deux catégories, Tsion et chavéha ?]
2. Le point central de l'explication (d'après ce qui est exposé dans les Réchimot du Tséma'h Tsédek sur ce passouk et dans le maamar précité) est le suivant : Tsion désigne Israël, ceux qui s'adonnent à la Torah et aux mitsvot. Ils sont appelés du nom de Tsion parce qu'ils sont distingués [metsouyanim] dans la Torah et les mitsvot.
[Comme on le trouve dans le Yerouchalmi sur le passouk « J'ai mis Mes paroles dans ta bouche, Je t'ai abrité à l'ombre de Ma main, pour planter les cieux, fonder la terre et dire à Tsion : “Tu es Mon peuple” » : « Nous avons parcouru tout le Mikra [le texte du Tanakh], et nous n'avons trouvé Israël appelé Tsion qu'ici (où il est dit) : “et dire à Tsion : Tu es Mon peuple”. »
L'explication en est connue : ce passouk parle des trois choses sur lesquelles le monde repose, la Torah, la avoda [service de D.ieu] et les actes de bonté [guemilout 'hassadim]. « J'ai mis Mes paroles dans ta bouche », c'est la Torah. « Je t'ai abrité à l'ombre de Ma main », ce sont les actes de bonté. « Pour planter les cieux et fonder la terre », ce sont les offrandes [korbanot] (comme on le trouve dans le Yerouchalmi, au même endroit). D'où les mots « nous n'avons trouvé Israël appelé Tsion qu'ici » : si Israël porte le nom de Tsion, c'est parce qu'il s'adonne à la Torah, au service et aux actes de bonté, qui constituent l'ensemble de la Torah et des mitsvot.]
Les chavéha, eux, sont ceux qui ne s'adonnent pas à la Torah. Ils sont véritablement en captivité [chavéha vient de chévi, captivité], dans le corps et le Néfech habéhémit.
Tel est le sens de « Tsion sera délivrée par le jugement, et ses chavéha par la tsédaka » : la délivrance de ceux qui s'adonnent à la Torah se fait par le jugement, selon la stricte règle du droit, alors que la délivrance des chavéha se fait au titre de la tsédaka.
Certes, ceux qui sont captifs du corps et de l'âme animale seront eux aussi délivrés par la téchouva, car « Israël n'est délivré que par la téchouva », et « la Torah a promis qu'Israël finira par faire téchouva à la fin de son exil, et (de ce fait) ils sont aussitôt délivrés »
[On peut dire que c'est là le lien entre l'explication de chavéha au sens de chévi [captivité] et celle qui voit dans chavéha ceux qui font téchouva (chavéha au sens de téchouva) : les chavéha, au sens de captifs, sont délivrés parce qu'ils feront téchouva],
Et pourtant, la délivrance des chavéha est supérieure à celle de Tsion. En effet, le jugement relève de la mesure et de la limitation, alors que la tsédaka est au-delà de toute limitation.
Comme l'explique le maamar, le jugement est la lumière qui reste dans les limites des récipients [kelim], et la tsédaka est la lumière séparée [or chébéhavdala], qui ne vient que sous forme de tsédaka. C'est pourquoi la lumière attirée vers les tsadikim, dont la délivrance se fait par le jugement, est la lumière qui reste dans les limites des récipients.
[Autrement dit, le fait que leur délivrance se fasse par le jugement comporte deux aspects. Premièrement, ils n'ont pas besoin de tsédaka, puisque cela leur revient en droit. Deuxièmement, le jugement en lui-même exclut la tsédaka, comme le dit le passouk : « Vous ne ferez pas acception de personnes dans le jugement », ce que Rachi explique ainsi : « que tu ne dises pas : celui-ci est pauvre, etc., et c'est une mitsva de subvenir à ses besoins »].
3. Or, il existe encore une autre explication de vechavéha : chavéha vient de hachava [le fait de ramener], le retour depuis le lieu de l'exil [gola]. En effet, le terme hachava [surtout juxtaposé au mot tipadé qui le précède] indique que, même avant ce retour, la personne n'est pas en exil [galout] : elle se trouve seulement dans un autre lieu (le lieu de la gola), et doit revenir et retourner à sa place.
Dans ce sens, les chavéha sont plus élevés que ceux dont il est dit tipadé [« sera délivrée »]. Car le terme de délivrance [pediya] s'applique à celui qui est en galout (ce qui n'est pas le cas de celui qui se trouve seulement au lieu de la gola), et qui a besoin d'être délivré de la galout.
Il faut alors comprendre : comment est-il possible que la délivrance de ceux qui sont en galout se fasse par le jugement (selon la stricte règle du droit), et que le retour de ceux qui se trouvent seulement au lieu de la gola (et qui sont plus élevés) se fasse par la tsédaka ?
Il faut aussi comprendre qui sont les deux catégories désignées par tipadé et chavéha. Car tipadé est dit de Tsion, qui se rapporte (comme on l'a vu plus haut) à Israël, ceux qui s'adonnent à la Torah et aux mitsvot. Ils sont pourtant en galout et ont besoin d'être délivrés. Quel est donc le mérite de ceux qu'on appelle chavéha, qui ne sont pas en galout ?
En galout, est « par le jugement » (selon la stricte rigueur de la loi), tandis que le retour [hachava] de ceux qui se trouvent seulement au lieu de l'exil (et qui sont plus élevés) se fait « par la tsédaka ». Il faut aussi comprendre qui sont les deux catégories dont il est dit « sera délivrée » [tipadé] et « ceux qui y reviennent » [vechavéha]. En effet, « sera délivrée » est dit à propos de Tsion, qui désigne (comme on l'a vu plus haut) Israël qui s'occupe de la Torah et des mitsvot. Malgré cela, ils sont en galout et ont besoin de délivrance [pediya]. Quel est alors le mérite de ceux qui portent le nom de « ceux qui y reviennent » [chavéha], qui ne sont pas en galout ?
On le comprendra à la lumière de ce qui est expliqué dans le maamar : la notion de galout et de captivité [chivya] ne concerne précisément que les récipients [kelim], parce qu'ils sont au niveau d'« existence d'une chose » [metsiout davar]. Il n'en va pas de même de la lumière : elle est au niveau de « néant » [ayin], et la galout ne s'applique pas à elle.
Ce point (que la galout ne s'applique pas à la lumière) se comprend aussi au sens simple. Car « un peu de lumière repousse beaucoup d'obscurité ». Autrement dit, même après la descente et l'épanchement de la lumière au niveau de la mesure et de la limitation, même alors elle repousse l'obscurité, au point que même un peu de lumière repousse beaucoup d'obscurité.
Bien plus : l'obscurité est repoussée d'elle-même devant la lumière. [Au commencement de la création, en effet, la lumière et l'obscurité servaient pêle-mêle ; mais après que « D.ieu sépara la lumière de l'obscurité », l'obscurité est repoussée devant la lumière.] On comprend aussi par là, au sens simple, que la notion de galout ne s'applique pas à la lumière, car l'obscurité (de la galout) est repoussée devant la lumière.
Or, il en va de même de l'âme [Nechama] et du corps, qui sont à l'image de la lumière et du récipient. On connaît d'ailleurs la parole de Sa Sainteté mon beau-père l'Admour : seul le corps est en galout, et non l'âme.
Autrement dit, bien que l'âme soit revêtue d'un corps et que le corps soit en galout, cela ne constitue pas un exil pour l'âme. Simplement, du fait que le corps est en galout, l'âme qui y est revêtue se trouve hors de sa place et a besoin d'un retour. C'est ce que disent nos Sages, de mémoire bénie : « Je dors en galout, mais mon cœur est éveillé » : même quand « je dors en galout », l'âme (« mon cœur ») est éveillée.
Car l'âme est « véritablement [mamach] une partie de D.ieu d'en haut ». Même lorsqu'elle est sur le mode de « mamach » au sens de « matérialité » [mamachout], c'est-à-dire revêtue d'un corps physique, elle est une partie de D.ieu d'en haut. Or on connaît la parole du Baal Chem Tov : quand on saisit une partie de l'essence, on la saisit tout entière. C'est pourquoi, même après sa descente et son revêtement dans le corps par la force de Celui qui « agit de façon merveilleuse », et même au temps de la galout, elle n'est pas en galout, etc.
Sur cette base, on peut dire que l'expression « et ceux qui y reviennent » [vechavéha] ne désigne pas seulement une catégorie particulière au sein d'Israël, mais aussi l'âme de chacun d'Israël. Puisque l'âme n'est pas en galout, le terme de « délivrance » [pediya] ne s'applique pas à elle. Elle a pourtant besoin d'un retour : l'âme est revêtue dans le corps, au point d'être affectée par ce qui arrive au corps ; dès lors, par la galout du corps, l'âme aussi se trouve au lieu de la galout. C'est pourquoi elle a besoin d'un retour.
Or, on sait que la descente de la galout a pour but une élévation [aliya]. C'est précisément par le service accompli au temps de la galout que viendra la révélation du futur, plus élevée que la révélation qui existait au temps du Beth HaMikdach. C'est « la supériorité de la lumière [qui vient] de l'obscurité » : par l'obscurité naît une supériorité dans la lumière, qui devient plus élevée qu'elle ne l'était auparavant. Plus la descente (l'obscurité) est basse, plus l'élévation (la supériorité de la lumière) qu'elle produit est haute. On en comprend que, puisque la descente de la galout touche principalement le corps (comme on l'a vu plus haut, section 4), l'élévation du futur (produite par la descente de la galout) qui aura lieu dans le corps est plus haute que l'élévation qui aura lieu dans l'âme.
Cela se comprendra d'après ce qui est expliqué ailleurs sur l'élévation de l'âme produite par sa descente en bas : il y a là deux aspects. Premièrement, même lorsqu'elle est en bas, revêtue d'un corps et d'une âme animale [Néfech habahamit], elle sert Hachem ; par là se révèle la force de son attachement [hitkachrout] à HaKadoch Barou'h Hou, que même le voilement et l'occultation du corps et de l'âme animale ne peuvent annuler, à D.ieu ne plaise, ni même amoindrir. Deuxièmement, par le service de l'âme en bas s'accomplissent le birour [tri qui dégage le bien] et l'affinement [zikoukh] du corps, de l'âme animale et de sa part dans le monde.
La différence entre ces deux aspects est la suivante. Dans le premier aspect, la supériorité de la lumière vient par l'obscurité : par l'obscurité se révèle la force de la lumière, que même la plus grande obscurité ne voile pas. Dans le second aspect, en revanche, la supériorité de la lumière est aussi dans l'obscurité elle-même : l'obscurité (du corps, de l'âme animale et du monde) se transforme en lumière. Ici, la supériorité tient à ce que transformer l'obscurité en lumière relève de la force de l'essence [Atsmout], qui est au-delà des définitions de lumière et d'obscurité ; par la transformation de l'obscurité en lumière se révèle la force de l'essence.
Bien plus, c'est précisément par là que s'accomplit l'intention pour laquelle HaKadoch Barou'h Hou a désiré avoir, Lui béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim] [car le désir (nitava) relève de Son Essence même, béni soit-Il]. Comme l'explique le Tanya, l'intention de la descente de l'âme ici-bas n'est pas pour l'âme elle-même : elle vise à rectifier le corps, l'âme animale et sa part dans le monde. C'est en effet précisément par là que s'accomplit l'intention de la dira betachtonim.
Et de même que pour l'élévation que produit la descente de l'âme ici-bas, l'essentiel de l'élévation est le birour [tri et clarification] et l'affinement [zikoukh] du corps, etc., il en va ainsi de l'élévation des temps futurs, produite par la descente de la galout : l'essentiel de l'élévation se situe dans le corps.
Car l'avantage que l'obscurité de la galout confère à l'âme est la révélation de la force de son attachement [hitkachrout] : bien qu'elle soit revêtue d'un corps, et que le corps soit en galout, même alors l'âme n'est pas en galout. Et l'avantage conféré au corps est que l'obscurité du corps tel qu'il est en galout (obscurité plus grande que celle du corps tel qu'il est par lui-même) se transforme en lumière [Or]. Bien plus : du fait que même son obscurité telle qu'elle est en galout se transforme en Or, l'intention de la dira betachtonim s'accomplit, dans le monde le plus bas qui soit.
[…] est en galout, néanmoins, même alors, l'âme n'est pas en galout. L'avantage qui se produit dans le corps est le suivant : l'obscurité du corps, telle qu'elle est en galout (une obscurité plus grande que sa propre obscurité, telle qu'elle est par elle-même), se transforme en lumière [Or]. Plus encore : du fait que même son obscurité telle qu'elle est en galout se transforme en lumière, l'intention divine de la demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim] s'accomplit pleinement, dans l'inférieur au-dessous duquel il n'en est pas de plus bas.
Or, il est connu que l'âme se nourrira du corps dans l'avenir. On peut dire, d'après cela, que dans le futur l'âme possédera (non seulement l'avantage qui se produit par l'obscurité, mais) aussi l'avantage qui provient de l'obscurité elle-même. En effet, bien que cet avantage doive se trouver (principalement) dans le corps, l'âme aussi le recevra du corps.
Il en va comme de ce que l'on sait de l'élévation qui se produit dans l'âme du fait de sa descente ici-bas, dans le corps et l'âme animale. Le voilement et l'occultation du corps et de l'âme animale éveillent et révèlent les forces cachées de l'âme (qui existaient déjà avant sa descente). Mais en outre, parce que l'âme opère le birour [clarification] du corps et de l'âme animale et les affine [zikoukh], il se produit aussi en elle un avantage et un ajout.
Comme il est dit : « Entraîne-moi, nous courrons après toi. » L'âme divine fait en sorte que l'âme animale, elle aussi, ait l'amour de D.ieu (et l'amour de l'âme animale est sur le mode de la course) ; par là, « nous courrons » [naroutsa] se produit aussi dans l'âme divine : « nous courrons après toi », au pluriel.
Seulement, à présent, puisque c'est l'âme qui influe [machpia] et le corps qui reçoit [mekabel], cet avantage de l'âme (qu'elle reçoit du corps) n'est pas en sa plénitude. Cet avantage atteindra sa plénitude dans l'avenir, car alors l'âme se nourrira du corps.
Tel est le sens de « Tsion sera rachetée par le jugement, et ceux qui y retournent par la tsédaka ». Si Israël est appelé du nom de Tsion, c'est parce qu'ils s'occupent de la Torah, du service et d'actes de bonté [guemilout 'hassadim], qui englobent l'ensemble de la Torah et des mitsvot. Ils deviennent ainsi « Tsion » au sens de « signe » [tsiyoun] : même lorsqu'ils se trouvent en galout, ils ne se perdent pas parmi les nations, à D.ieu ne plaise (comme un objet qui porte un signe au sens propre : grâce à ce signe, on le restitue à son propriétaire).
Plus encore : par leur service dans la Torah et les mitsvot au temps de la galout, il se produit en eux un avantage et une élévation qui les portent plus haut qu'ils n'étaient au temps du Beth HaMikdach. Cet avantage tient en deux choses. La première : le service au temps de la galout révèle (comme indiqué plus haut, section 5) la puissance et l'illimité [beli gvoul] de la lumière, que même l'obscurité la plus grande (l'obscurité de la galout, y compris l'obscurité redoublée et multipliée de la génération du talon de Machia'h) ne voile pas. Globalement, c'est la lumière qui est au-dessus des récipients [kelim] (la lumière qui demeure séparée), laquelle est sans limite ; néanmoins, elle reste définie dans le cadre de la lumière. La seconde : la transformation de l'obscurité en lumière révèle l'essence [Atsmout], qui est au-dessus des définitions de lumière et d'obscurité (comme indiqué plus haut).
Or, ce passouk, qui conclut et scelle la haftara « 'Hazon Yechayahou », [car le propos de Yechayahou est (comme son nom l'indique) la yechoua, jusqu'à la yechoua véritable qu'est la guéoula complète, après laquelle il n'est plus de galout ; c'est aussi ce que dit la suite du texte : « qu'il vit, etc., aux jours de, etc., 'Hizkiyahou », car HaKadoch Barou'h Hou voulut faire de 'Hizkiyahou le Machia'h], parle de l'élévation qui sera dans la guéoula future, et, en cela même, de la seconde élévation, qui est la finalité essentielle de la galout. C'est pourquoi il dit « sera rachetée » et « ceux qui y retournent » : cette élévation concerne à la fois le corps, qui sera racheté de la galout (« sera rachetée »), et l'âme, qui reviendra du lieu de l'exil [makom hagola] (« ceux qui y retournent »).
C'est aussi le sens de « rachetée par le jugement, et ceux qui y retournent par la tsédaka ». L'élévation qui sera dans le corps (« sera rachetée ») est « par le jugement » : le corps a été en galout véritable et c'est en lui que s'est produite la transformation de l'obscurité en lumière ; l'avantage et l'élévation qui en résultent lui reviennent donc selon la stricte règle du droit, « par le jugement ». Mais l'âme ne se trouvait que dans le lieu de l'exil (« ceux qui y retournent ») : qu'elle s'élève à ce niveau se fait (non selon la stricte règle du droit, mais) « par la tsédaka ».
« Et ses captifs »). Tel est aussi le sens de « sera rachetée par le droit [michpat], et ses captifs par la tsédaka ». L'élévation qui surviendra au corps (« sera rachetée ») se fait « par le droit ». Le corps, en effet, se trouvait véritablement en galout, et c'est en lui que s'est opérée la transformation de l'obscurité en lumière. C'est pourquoi l'avantage et l'élévation qui en résultent lui reviennent selon la stricte mesure du droit : « par le droit ». En revanche, que la néchama, qui se trouvait seulement dans le lieu de la galout (« et ses captifs »), s'élève à ce degré, cela se fait (non selon la stricte mesure du droit, mais) « par la tsédaka ».
Il semble que l'on puisse ajouter ceci : sur un point précis, l'élévation de la néchama l'emporte sur celle du corps. L'élévation du corps, qui se fait « par le droit » (c'est-à-dire selon un calcul de raison et de compréhension), comporte une certaine mesure et une certaine limite. L'élévation de la néchama, au contraire, qui se fait « par la tsédaka », est au-dessus de toute mesure et de toute limite.
Or, « un passouk ne sort pas de son pchat [sens littéral] ». Bien plus : c'est précisément par l'étude du pchat que se révèle l'essence de la Torah. Le pchat relève en effet du monde d'Assia [Action], et c'est précisément là que s'accomplit l'intention d'une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim]. Il semble que l'on puisse dire que c'est aussi la raison (dans la dimension intérieure des choses) pour laquelle l'étude avec les jeunes écoliers [tinokot chel beit raban], « le souffle où il n'y a pas de faute », se fait précisément selon le pchat.
On peut dire qu'il en va de même pour notre sujet, le passouk « Sion sera rachetée par le droit, et ses captifs par la tsédaka » : l'essentiel y est l'explication du passouk selon son sens simple. Il s'agit du rachat et de la sortie de la galout au sens propre, dans la guéoula véritable et complète, par Machia'h, notre juste, véritablement bientôt et rapidement, de nos jours.