Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5737. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5737. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
« Et maintenant, Israël, que [ma] Hachem, ton D.ieu, te demande-t-Il, sinon de craindre… » Il est rapporté dans la Guemara : « On a enseigné : Rabbi Méïr disait : l'homme est tenu de réciter cent bénédictions chaque jour, ainsi qu'il est dit : "Et maintenant, Israël, que [ma] demande de toi Hachem, ton D.ieu" ; ne lis pas ma [que], mais méa [cent]. »
On peut dire qu'ils ont interprété « ne lis pas ma… » pour la raison suivante. Selon le sens simple, une explication s'impose : pourquoi le verset [passouk] énonce-t-il cette idée (que Hachem, ton D.ieu, ne demande de toi que de craindre…) sous la forme d'une question et d'une réponse ? Apparemment, il aurait dû dire : « Hachem, ton D.ieu, ne demande de toi rien d'autre que de craindre… » C'est pourquoi ils ont interprété : ne lis pas ma, mais méa.
Or, on connaît, parmi les règles de l'interprétation « ne lis pas », le principe suivant : elle n'exclut pas le sens du texte tel qu'il se lit, elle y ajoute une autre explication, et les deux explications sont liées l'une à l'autre.
D'autant plus que la différence entre les deux explications porte (non seulement sur ce mot lui-même, mais) aussi sur l'ensemble du passouk. Selon son sens simple, [D.ieu] ne demande rien d'autre que de craindre, alors que selon l'explication de la Guemara, ma (les cent bénédictions) est précisément la chose que Hachem, ton D.ieu, demande de toi.
Or, il est expliqué en plusieurs endroits, au sujet de l'interprétation « ne lis pas », que le sens simple se réalise par le moyen du contenu de l'interprétation qu'en ont donnée nos Sages, de mémoire bénie.
Cela permet de comprendre l'expression « ne lis pas », qui laisse entendre qu'elle écarte le sens simple. L'intention est la suivante : ce sens ne peut exister que par le moyen du sens tiré de l'interprétation.
Il reste à comprendre : le mot ma indique que la chose (dont il est question) est petite, une milta zoutarti [chose mineure] selon l'expression de la Guemara. Méa, au contraire, est un grand nombre, et même la plénitude du nombre ; or, pour atteindre la plénitude, il faut un service considérable [de même pour les cent bénédictions au sens simple : pour réciter cent bénédictions chaque jour, y compris le Chabbat et le Yom Tov (et de même un jour de jeûne), un effort particulier est nécessaire]. Comment peut-on dire alors que, pour parvenir à ma (une chose mineure), il faut passer précisément par méa (la plénitude, qui s'obtient par le service) ?
Cela se comprendra à la lumière de ce que rapporte le Midrach Tehilim sur le passouk « J'ai demandé une chose [a'hat] à Hachem… ». HaKadoch Barou'h Hou dit à David : « Au début, tu dis : "J'ai demandé une chose (…) : demeurer dans la maison de Hachem", et ensuite tu formules plusieurs demandes : "contempler la douceur de Hachem et visiter Son palais", etc. » David répondit : « C'est de Toi que j'ai appris. Au début, Tu ne m'as abordé qu'avec une seule chose, ainsi qu'il est dit : "Et maintenant, Israël, que demande de toi Hachem, ton D.ieu, sinon de craindre", et ensuite Tu nous as ouvert de nombreuses mitsvot, ainsi qu'il est dit : "marcher dans toutes Ses voies et s'attacher à Lui…". »
Il faut comprendre : apparemment, la réponse de David, « c'est de Toi que j'ai appris », ne justifie pas ce qu'il a dit (« j'ai demandé une chose »). Elle dit seulement que la question porte sur HaKadoch Barou'h Hou, qui dit d'abord « sinon de craindre », puis ouvre de nombreuses mitsvot.
Le Maguid a expliqué que David n'a demandé qu'une seule chose, car les demandes détaillées (« contempler la douceur de Hachem », etc.) découlent de « demeurer dans la maison de Hachem ».
Il en va de même pour « que demande de toi Hachem, ton D.ieu, sinon de craindre » : les choses détaillées (« marcher dans toutes Ses voies », etc.) découlent de « craindre Hachem, ton D.ieu ».
Mais dès lors, la difficulté se pose en sens inverse : cette idée (qu'il existe des notions générales dont découlent de nombreux détails) se comprend d'elle-même. Pourquoi faudrait-il l'apprendre de HaKadoch Barou'h Hou ?
Le point central de l'explication est le suivant : par « une seule chose », il faut entendre ici le point essentiel [nekouda atsmit], qui se situe au-dessus du général et des détails. C'est ce que dit David : « J'ai demandé une chose [a'hat] ». A'hat, c'est Yé'hida, l'unique par essence, qui n'entre pas dans le cadre d'une division en détails (on connaît la différence entre ya'hid [unique] et e'had [un]).
Il en va de même de « craindre Havayé » [lirot èt Havayé]. « Craindre Havayé » (le mot èt désigne une chose qui n'est qu'accessoire) signifie que l'homme n'a aucune existence propre, et que tout son être consiste seulement à être accessoire et batel [annulé] à Havayé.
Même selon l'explication du Tanya, d'après laquelle « que demande de toi Hachem, ton D.ieu, sinon de craindre Hachem, ton D.ieu » se rapporte à la yira tataa [crainte inférieure], on sait que tous les degrés de la crainte sont liés les uns aux autres. De plus, l'annulation de soi [bitoul] de la crainte inférieure procède lui aussi de l'essence de la Nechama.
On connaît en effet la différence entre la crainte et l'amour : l'amour, parce qu'il est une existence [metsiout], procède des manifestations de la Nechama ; la crainte, parce qu'elle est bitoul, procède de l'essence de la Nechama.
Tel est le sens de « c'est de Toi que j'ai appris » : pour relier les détails au point essentiel, qui se situe au-dessus du général et des détails, il faut un enseignement et un don de force [netinat koa'h] venant de HaKadoch Barou'h Hou.
Le lien entre le point essentiel et les détails se fait de deux manières. Premièrement, de bas en haut : c'est par les détails que l'on parvient au point. C'est ce qui est écrit : « Hachem nous a ordonné d'accomplir toutes ces lois, pour craindre Havayé ». Par l'accomplissement des mitsvot (les six cent treize mitsvot particulières), on parvient à la crainte de Havayé. Deuxièmement, de haut en bas : du point sont attirés et se ramifient des détails. Et cela de telle sorte que, même une fois les détails attirés, le point essentiel, qui est au-delà de la source des détails, continue de les illuminer.
4) D'après cela, on peut expliquer ce qu'ont dit nos Sages : « Ne lis pas ma [quoi], mais mea [cent] ». Le ma est l'annulation de soi [bitoul], comme dans « et nous, que sommes-nous [ve-na'hnou ma] » [On peut dire que c'est pour cette raison que le terme ma exprime la petitesse de la chose (comme on l'a vu plus haut, au paragraphe 2) : c'est à l'image de ce qui est écrit, « vous êtes les moins nombreux de tous les peuples », car ils se font petits eux-mêmes]. C'est le bitoul essentiel, qui procède de l'essence de l'âme.
Le sens de « Que [ma] Hachem ton D.ieu demande-t-Il de toi ? » est donc : Hachem ton D.ieu demande de toi le bitoul du ma. Et de ce bitoul se ramifient ensuite tous les détails énumérés dans la suite du verset [passouk], y compris « craindre Havayé ».
Bien que le bitoul de la crainte procède lui aussi de l'essence de l'âme, et que ce bitoul soit le point essentiel d'où se ramifient les détails qui viennent après lui (« marcher dans toutes Ses voies », etc.), néanmoins, ce bitoul prend la forme [tsiour] de la crainte, et la crainte consiste (comme toutes les attributs affectifs de l'âme [midot]) dans le sentiment que l'on éprouve d'être craintif. Il fait donc partie des dévoilements de l'âme. Le bitoul du ma, en revanche, est un bitoul dans l'essence.
Tel est le bitoul de le don total de soi [mesirout nefech] présent en chacun d'Israël, du fait du ma qui est en lui. Il transcende toutes les facultés, y compris la faculté de la volonté. En effet, s'il fait don de sa vie, ce n'est pas du fait de sa volonté, mais parce qu'il ne peut pas être séparé, à D.ieu ne plaise, de Son unité, béni soit-Il.
C'est le sens de « Ma Havayé Elokékha » [Que… Havayé ton D.ieu] : le bitoul du ma vient de ce que Havayé (est) ton D.ieu [Elokékha], c'est-à-dire ta force et ta vitalité. La Divinité étant sa vitalité, il est absolument inconcevable qu'il soit séparé, à D.ieu ne plaise, de la Divinité.
Cependant, l'annulation de soi [bitoul] de « Ma » [litt. : « quoi »] qui se trouve en chacun d'Israël est à l'état de voilement. Ce voilement ne vient pas seulement de l'âme animale, qui le voile et l'occulte : il est aussi voilé de par lui-même, parce qu'il se situe au-delà de la révélation.
Et pour qu'il soit révélé, nos Sages ont dit : « Ne lis pas Ma [quoi], mais Méa [cent]. » Ma et Méa sont en effet deux extrêmes. Ma est un point essentiel, au-delà du cadre des détails ; Méa est la multiplicité des détails, jusqu'à la multiplicité la plus grande. Dans l'âme de l'homme, ce sont les dix facultés, chacune d'elles étant elle-même composée de dix. Par le travail des facultés particulières (Méa), le point de Ma s'éveille et se révèle.
Tel est le sens de « Ne lis pas Ma, mais Méa » : Ma, en lui-même, est au-delà de la révélation, d'où « ne lis pas » (la lecture [kri] est une révélation), et sa révélation se fait par le service de Méa.
Plus encore, la révélation de Ma (produite par le service de Méa) se fait de manière générale, et elle est aussi ressentie dans les facultés particulières.
On peut dire que cela aussi est suggéré dans « Ne lis pas Ma, mais Méa ». En effet, lorsque la révélation de Ma n'est que générale, elle ne concerne que Ma (qui était d'abord voilé, puis s'est dégagé de son voilement). D'où « Ne lis pas Ma, mais Méa » : la lecture et la révélation de Ma doivent concerner non seulement Ma lui-même, mais aussi les facultés particulières, Méa.
On le comprendra en partant de ce qui est dit (au début du passouk) : « Et maintenant, Israël », précisément « et maintenant ». Le Tséma'h Tsédek explique que « maintenant » désigne les jours de nos années dans ce monde-ci. Il en va de même de ce qui est dit à la fin de la paracha précédente : « que Je te commande aujourd'hui de les accomplir », et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Aujourd'hui pour les accomplir, et non demain pour les accomplir. »
Certes, les mitsvot seront accomplies aussi aux jours de Machia'h (et c'est même précisément alors qu'elles le seront « selon la mitsva de Ta volonté »). Néanmoins, accomplir les mitsvot sur le mode de « les accomplir » [laassotam], où assiya [action] a le sens de kefiya [contrainte], n'appartient qu'à aujourd'hui. Car dans le futur s'accomplira « Et l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre », et il n'y aura donc plus le service d'itkafia [soumission du mal].
Tel est le sens de « Et maintenant, Israël ». Israël tient son nom de « car tu as lutté [sarita] avec Elokim » : la domination sur tous les voilements et toutes les occultations qui découlent du Nom Elokim, jusqu'aux voilements et occultations de l'âme animale et du yétser hara [mauvais penchant], qui incitent l'homme à faire le contraire, à D.ieu ne plaise. Le propre d'Israël est de dominer les volontés de l'âme animale, jusqu'à « et tu as vaincu ».
Au début, en effet, elles s'opposent à lui et il les domine (itkafia) ; ensuite vient « et tu as vaincu » : il en triomphe (transformation [it'hapkha]).
Tel est le sens de « Et maintenant, Israël » : c'est précisément maintenant, alors qu'existe la sitra a'hra [l'autre côté], qu'ils portent le nom d'Israël, d'après « car tu as lutté [sarita] avec Elokim, etc., et tu as vaincu » : itkafia de la sitra a'hra et it'hapkha de la sitra a'hra. Il n'en sera pas ainsi dans le futur : puisque « l'esprit d'impureté, Je le ferai disparaître de la terre », ils ne porteront plus le nom d'Israël (sarita), mais celui de Yechouroun, ou un (autre) nom « que la bouche de Hachem désignera », comme cela est longuement expliqué dans les discours du Tséma'h Tsédek.
Le passouk dit : « Et maintenant, Israël, que [ma] ». Même maintenant, alors qu'existe la sitra a'hra, au temps de la galout et même au temps des talons de Machia'h [ikveta deMechi'ha] (maintenant même), tout Juif peut dominer tous les obstacles et toutes les entraves, et d'en triompher (« tu as lutté [sarita] avec Elokim, etc., et tu as vaincu »). Ce pouvoir lui vient de Ma qui est en lui, le degré de Yé'hida. En effet, le degré de Yé'hida n'a pas de contrepartie dans le camp opposé. C'est pourquoi, en éveillant la Yé'hida qui est en lui, il a maintenant le pouvoir de dominer tous les opposants et d'en triompher.
C'est là le sens de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Israël, bien qu'il ait fauté, est Israël ». [Il n'est pas seulement Yaakov, il est aussi Israël, le nom qui dit son élévation.] En effet, en chaque Juif, même quand il a fauté, la Yé'hida reste entière. [C'est ce qu'énonce la décision bien connue du Rambam : chaque Juif, même quand son yétser le domine au point de l'empêcher d'accomplir une mitsva (au point qu'il faille le contraindre par l'intermédiaire de non-Juifs pour qu'il l'accomplisse), veut accomplir toutes les mitsvot.] C'est pourquoi il est Israël : il a la force d'être « car tu as lutté [sarita]… et tu as vaincu ».
Quant à ce qu'ils ont dit : « Qui est un fou ? Celui qui perd ce [ma] qu'on lui donne », et selon Likouteï Torah, cela se rapporte au ma [מ"ה] de l'âme [parce qu'il est fou, il ne combat pas l'esprit de folie qui est entré en lui, et il perd, à D.ieu ne plaise, le ma qui est en lui],
Cela signifie que le ma qui est en lui se trouve dans un voilement extrême. On le comprend aussi par la formulation même : « Qui est un fou ? Celui qui perd, etc. ». Il en va comme d'un objet perdu : même après avoir été perdu, il reste entier, il faut seulement le retrouver. Et si on le cherche comme il se doit, on le retrouvera assurément.
C'est le sens de « Que [ma] Hachem ton D.ieu demande-t-Il de toi » : Hachem ton D.ieu demande et requiert de toi (de chaque Juif) que le ma qui est en lui soit révélé. Il ne doit pas perdre, à D.ieu ne plaise, le ma qu'on lui donne. Et même s'il l'a perdu, à D.ieu ne plaise, il doit chercher jusqu'à révéler ce ma, en faisant téchouva.
Le passouk précise « de toi » : la révélation du ma doit venir précisément de son propre service. L'éveil à la téchouva peut certes venir des proclamations faites d'en haut, ou des causes diverses que l'on suscite à cet effet, comme le dit le passouk : « Il forme des desseins pour que nul ne reste rejeté loin de Lui ». Mais ce n'est là que la préparation à la téchouva. La téchouva elle-même s'accomplit précisément par son propre service : « de toi ».
Or « ce que Hachem ton D.ieu demande de toi » vaut précisément pour maintenant (« aujourd'hui, pour les accomplir »), alors que l'accomplissement parfait des mitsvot (« selon la mitsva de Ta volonté ») n'aura lieu qu'aux jours de Machia'h. La raison en est qu'il faut le service d'itkafia sitra a'hra [soumission de l'autre côté] et d'it'hapkha sitra a'hra [transformation de l'autre côté] (le sens du nom Israël). C'est précisément ainsi que s'accomplit l'intention : HaKadoch Barou'h Hou a désiré avoir, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim].
Et même si la perfection ultime n'aura lieu que dans le futur (comme dit plus haut), cette perfection ultime du futur consistera en ceci : l'Essence de l'Or Ein Sof [lumière infinie] se révélera alors dans ce monde matériel, l'inférieur au-dessous duquel il n'y a rien de plus bas. Or cette perfection se construit par nos actes et notre service maintenant, par le birour [tri et élévation] et l'affinement [zikoukh] du monde, précisément tel qu'il est maintenant.
C'est pour cela que la Nechama est descendue ici-bas. L'intention principale de cette descente n'est pas l'élévation que la Nechama en retire, mais le birour [tri et élévation] et l'affinement du corps, du niveau de l'âme animale [Néfech habéhémit] et de la part du monde qui revient à chacun. C'est ainsi que se fera la révélation dans ce monde matériel et que s'accomplira l'intention d'une demeure dans les mondes inférieurs, comme tout cela est longuement expliqué dans le Tanya.
Or, puisque l’âme descend ici-bas dans le but de faire du monde une demeure pour Lui, béni soit-Il, on comprend que cette tâche (faire une demeure pour Lui, béni soit-Il) est essentielle à son rang et à son état. Si, à D.ieu ne plaise, elle ne remplit pas sa mission et sa fonction, il lui manque l’essentiel, même quand elle bénéficie des révélations les plus élevées. À l’inverse, quand elle accomplit le dessein de la demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim], elle connaît une élévation immense et merveilleuse, sans limite.
Cela permet de comprendre pourquoi le service de « cent » [mea], qui opère la révélation du mah, consiste en cent bénédictions, lesquelles relèvent du birour [tri et élévation] et de l’affinement du monde (comme on le verra plus loin). Pourtant, la révélation pourrait apparemment s’opérer aussi par le service accompli dans chacune des facultés de l’âme, « marcher dans toutes Ses voies », etc. Mais la perfection de l’âme, y compris celle du mah qui est en elle, ne s’obtient précisément qu’en remplissant sa fonction et sa mission.
Tel est le sens de « Et maintenant, Israël, qu’est-ce [mah]… ». Par le mah de l’âme, l’homme accomplit maintenant le service propre à Israël (l’itkafia [soumission] de l’autre côté [sitra a’hra] et l’it’hapkha [transformation] de l’autre côté) et remplit ainsi le dessein pour lequel il a été créé. C’est précisément par là que (même) le mah qui est en lui atteint l’élévation ultime.
Tel est le sens de « L’homme est tenu de réciter cent bénédictions chaque jour ». Une bénédiction consiste à attirer la révélation de la Divinité non seulement en Israël, mais aussi, par leur intermédiaire, dans le monde. C’est ce que nous disons dans la formule des bénédictions : « Béni sois-Tu, Havayé, notre D.ieu, Roi du monde ». Que soit attirée (« Béni ») la révélation de Havayé en Israël (« notre D.ieu »), et que par là la révélation soit attirée dans le monde (« Roi du monde »).
Et parmi les mondes eux-mêmes, l’épanchement opéré par les bénédictions concerne (principalement) les mondes inférieurs. Le verset [passouk] le dit : « Béni soit Havayé, le D.ieu d’Israël, depuis le monde jusqu’au monde » : que cet épanchement soit attiré du monde voilé [alma deitkassia] vers le monde révélé [alma deitgalia].
Le monde voilé, ce sont les mondes supérieurs : ils sont batel [annulés] devant la Divinité, comme les poissons de la mer, recouverts par les eaux et annulés devant elles. Le monde révélé, ce sont les mondes inférieurs, et en particulier ce monde-ci matériel, qui se présentent comme une existence [yech] et une chose séparée. La bénédiction consiste à attirer la révélation de la Divinité aussi dans les mondes inférieurs, jusque dans ce monde-ci matériel.
Et puisque, « de tout ce que HaKadoch Barou’h Hou a créé dans Son monde, Il n’a pas créé une seule chose en vain », et que « tout ce que HaKadoch Barou’h Hou a créé dans Son monde, Il ne l’a créé que pour Sa gloire », il faut attirer la révélation de la Divinité en toute chose du monde, afin qu’on y ressente, de manière révélée, qu’elle a été créée pour Sa gloire, béni soit-Il.
Tel est le sens des cent bénédictions. Cent représente la multiplicité maximale [comme on le sait, l’ensemble des lettres se répartit en trois catégories : unités, dizaines et centaines], et la multiplicité correspond aux détails. Les cent bénédictions consistent à attirer la révélation de la Divinité dans tous les détails du monde.
On peut ajouter un point à ce sujet, à partir de ce que l’on sait des nombres (unités, dizaines, centaines). Il est parfois expliqué que le nombre le plus grand se trouve en haut et qu’à mesure qu’on descend, le nombre diminue (les centaines dans le Kéter, les unités dans la Malkhout). Ailleurs, il est expliqué qu’en haut se trouvent les unités et qu’à mesure qu’on descend, le nombre augmente (les unités dans le Kéter, les centaines dans la Malkhout).
L’explication en est connue : ces deux modes concernent l’un les lumières [orot], l’autre les récipients [kelim]. Dans les lumières, le nombre le plus grand se trouve en haut ; dans les récipients, il se trouve en bas.
Cela permet d’expliquer davantage le nombre des cent bénédictions. L’une des différences entre le monde voilé et le monde révélé est en effet que, dans le monde voilé, l’essentiel, ce sont les lumières, alors que dans le monde révélé, ce sont les récipients.
Or, puisque les bénédictions sont l’épanchement du monde voilé vers le monde révélé (comme on l’a vu plus haut), c’est-à-dire que les réalités du monde voilé (les lumières) doivent être révélées aussi dans le monde révélé (les récipients), il faut réciter cent bénédictions, pour attirer la multiplicité des lumières du monde voilé dans les récipients du monde révélé.
Et ce, jusqu’à ce que cela soit attiré dans la multitude des créatures de ce monde-ci matériel. Car « Que Tes œuvres sont nombreuses, Havayé ! » (la division en une multitude de détails) se réalise principalement, et précisément, dans ce monde-ci matériel.
C'est là le sens de « Et maintenant, Israël, que [ma] Hachem, ton D.ieu, demande-t-il de toi ? » : ne lis pas ma [que] mais méa [cent]. Pour que puisse avoir lieu le service des cent bénédictions, c'est-à-dire attirer la multiplicité des lumières d'en haut (une multiplicité en qualité) dans la multiplicité des créatures d'en bas (leur démultiplication en détails), il faut passer par le ma de l'âme. Car le ma est un point essentiel, au-delà de la limite du nombre (la notion de multiplicité ne s'y applique pas, pas même celle d'une multiplicité en qualité).
Bien plus : la descente de l'âme ici-bas, y compris la descente du ma de l'âme, a pour but d'attirer une révélation de Divinité dans le monde [tel qu'il est à présent, « maintenant » (ata), par le service d'Israël, nommé ainsi d'après « car tu as lutté… et tu as vaincu »]. C'est pourquoi, lorsque l'homme remplit sa tâche et sa mission, le ma qui est en lui connaît, lui aussi, une élévation.
Et puisque nous nous trouvons déjà à la fin du temps de la galout, et que chacun d'Israël a déjà achevé le service d'« aujourd'hui, pour les accomplir », or la Torah a promis qu'« Israël finira par faire téchouva à la fin de sa galout » : « aussitôt ils sont délivrés », par la guéoula véritable et complète, par Machia'h, notre juste. Alors s'accomplira l'intention de la demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim] : que la Divinité se révèle dans ce monde-ci, matériel, et dans tous ses détails. Et Israël [qui a attiré la révélation dans le monde] sera à un degré plus élevé encore. Et tout cela, très bientôt, promptement et de nos jours.