Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5727. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5727. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.
5727 [1966-1967], maamar commençant par les mots « Vehaya ékev tichmeoun » [« Et il arrivera que, puisque vous aurez écouté »]
תשכ"ז, ד"ה והי' עֵקֶב תִּשְׁמְעוּן
Av [premier maamar] 5727 [1967] - 20 Mena'hem [Av], Chabbat de la paracha Ékev
אָב [מַאֲמָר א'] ה'תשכ"ז- כ"ף מְנַחֵם,ש"פ עֵקֶב
Avec l’aide du Ciel. Chabbat de la paracha Ekev, 20 Mena'hem-Av 5727 [1967]. Et il arrivera que, parce que [ekev] vous écouterez ces lois [michpatim], les garderez et les accomplirez, Hachem ton D.ieu gardera pour toi l’alliance et la bonté [ha'hessed] qu’Il a jurées à tes pères.
« Et il adviendra, parce que [ekev] vous écouterez etc., que vous les garderez et les accomplirez etc. » La question qui se pose ici est bien connue : L’accomplissement de la Torah et des mitsvot dépend du libre choix de l’homme. Il aurait donc fallu dire : « Et il adviendra, si [im] vous écoutez » [comme dans « Si vous marchez dans Mes lois » ou « Et il adviendra, si vous écoutez attentivement »]. Pourquoi est-il dit « Et il adviendra, parce que [ekev] vous écouterez », une expression qui signifie : vous écouterez assurément ?
L’Admour le Tséma'h Tsédek explique qu’ekev désigne l’époque d’ikveta diMechi'ha [litt. : « les talons de Machia'h »]. C’est le sens de « Et il adviendra, parce que [ekev] vous écouterez » : vous écouterez assurément. La Torah a en effet promis qu’Israël finira par faire téchouva à la fin de son galout, et qu’il sera aussitôt délivré.
Il poursuit dans le maamar : les trois expressions « vous écouterez », « vous garderez » et « vous accomplirez » correspondent à la pensée, à la parole et à l’action. « Vous écouterez », c’est la pensée, car l’écoute se fait avant tout dans la pensée (l’oreille n’est qu’un récipient [keli] par lequel le son pénètre dans la pensée de l’homme). « Vous garderez », c’est la parole, car garder se fait avant tout par la bouche, comme il est écrit : « ordonnée en tout et gardée ». « Vous accomplirez », c’est l’action.
Sur ce point, il poursuit en disant : « Hachem ton D.ieu te gardera l’alliance et la bonté qu’Il a jurées » etc. L’alliance, la bonté et le serment correspondent à la pensée, à la parole et à l’action (comme l’explique longuement le maamar à cet endroit). Par « vous écouterez », « vous garderez » et « vous accomplirez », c’est-à-dire par la avoda [service de D.ieu] de l’homme en pensée, en parole et en action, la pensée, la parole et l’action d’en haut sont attirées vers lui : « l’alliance et la bonté qu’Il a jurées ».
Cependant, cela (que la pensée, la parole et l’action d’en haut soient attirées vers l’homme) ne suffit pas encore. Même avant de descendre ici-bas, l’âme se trouvait en effet au plus haut de ces degrés, dans la pensée d’en haut : « Israël est monté dans la pensée ». La descente de l’âme ici-bas a pour but une ascension : par sa avoda ici-bas, elle doit s’élever à un degré plus haut que celui qu’elle occupait avant la descente, jusqu’au niveau de « et Toi, Tu la gardes en moi » (qui dépasse même le niveau de « elle est pure »).
C’est ce qui est écrit : « Il gardera etc. l’alliance et la bonté qu’Il a jurées » etc. « Ekev, vous écouterez, vous garderez et vous accomplirez » renvoie à la avoda en pensée, en parole et en action dans le « talon » [ekev] de l’âme, c’est-à-dire l’âme telle qu’elle est dans le corps, et en particulier à l’époque d’ikveta diMechi'ha [un surcroît dans la descente, et par conséquent aussi dans l’ascension que produit la descente]. Du fait de sa descente dans le corps et dans l’âme animale [Néfech habehemit] (et en particulier en galout), la avoda de l’âme en pensée, en parole et en action se fait avec un désir du cœur [re'outa deliba] et sur le mode de le don total de soi [mesirout nefech] (au-delà de l’hichtalchelout [enchaînement des mondes]). Par là s’accomplira « Il gardera etc. l’alliance et la bonté qu’Il a jurées » etc. (précisément « Il gardera » [ve-chamar]) : la pensée, la parole et l’action d’en haut recevront la révélation de « et Toi, Tu la gardes [mechamrah] en moi », qui est, d’une manière générale, la révélation de l’essence [Atsmout].
Or, l’explication citée plus haut (celle de l’Admour le Tséma'h Tsédek) de « Et il adviendra, parce que [ekev] vous écouterez » (ekev a le sens de « fin » et désigne la fin des jours) peut être rattachée à ce que dit le Midrach sur ce passouk : « HaKadoch Barou'h Hou leur dit, etc. : sa récompense (la récompense des mitsvot), Je vous la donne à la fin [ba-ekev], etc. (comme il est dit :) "Et il adviendra, parce que [ekev] vous écouterez" ».
À ceci près que, selon le Midrach, qui parle de la récompense des mitsvot, ekev (la fin des jours) désigne l’époque qui suivra la venue de Machia'h. Selon le sens simple du passage, qui parle de l’accomplissement des mitsvot (« vous écouterez etc., vous les garderez et les accomplirez »), ekev (la fin des jours) désigne la fin du temps du galout : ikveta diMechi'ha.
Le lien entre les deux explications est le suivant. La récompense des mitsvot, qui viendra à la « fin » [ekev] (dans le futur à venir), consiste en ce qu’il y aura alors la révélation de l’essence, comme l’explique le Tanya. Or cette révélation est produite par la avoda (de la Torah et des mitsvot, accomplie sur le mode) de la mesirout nefech (comme on l’a vu plus haut). C’est pourquoi « ekev, vous écouterez », selon l’explication du Tséma'h Tsédek, c’est-à-dire la avoda à l’époque d’ikveta diMechi'ha, où la mesirout nefech est la plus grande, produira la révélation du futur à venir : « à la fin [ba-ekev] Je vous la donne ».
On le comprendra en partant de ce qu’écrit le Tanya : la perfection ultime de l’époque de Machia'h et de la résurrection des morts dépend de nos actes et de notre avoda pendant toute la durée du galout. Mon père, mon maître et mon enseignant, le baal hahiloula, a écrit dans ses annotations en marge de son exemplaire du Tanya (qui resta captif plusieurs années ; récemment, ils ont été délivrés de captivité (son Tanya, avec d’autres livres lui appartenant) et sont arrivés ici) que le sens des deux expressions, « nos actes » et « notre avoda », se comprend d’après ce qui est écrit plus loin, dans l’Iguéret HaKodech, chapitre 12, à partir des mots « Et l’acte de la tsédaka sera » etc. ; voir là-bas. Il poursuit ensuite : on peut dire que « nos actes » se rapporte à l’époque de Machia'h, et « notre avoda » à la résurrection des morts.
Or, lorsque le maître de la hilloula renvoie à l'Iguéret HaKodech, chapitre 12, au passage commençant par « Et l'œuvre de la tsédaka, etc. », son intention vise apparemment ce qui est expliqué à cet endroit de l'Iguéret HaKodech : la différence entre « œuvre » [maassé] et « service » [avoda]. « Car le terme maassé s'applique à une chose déjà faite, ou qui se fait constamment d'elle-même : c'est une chose courante et toujours habituelle, etc. (Il n'en va pas de même pour) le terme avoda, qui ne s'applique qu'à une chose que l'homme fait au prix d'un effort considérable, contre la nature de son âme, simplement parce qu'il annule sa nature et sa volonté devant la Volonté suprême, béni soit-Il. »
On comprend ainsi que tel est aussi le sens des deux termes « nos œuvres » [maassénou] et « notre service » [avodaténou] qui figurent ici dans le Tanya. « Nos œuvres » se rapporte à l'accomplissement de la Torah et des mitsvot selon la nature et l'habitude ; « notre service », à l'effort fourni dans la Torah et les mitsvot au-delà de la nature et de l'habitude.
Cependant, il écrit que les deux termes (« nos œuvres » et « notre service ») se comprendront d'après ce qui est écrit dans l'Iguéret HaKodech, chapitre 12, et il conclut (après avoir renvoyé à cette Iguéret HaKodech) par « voir là-bas ». Il en ressort qu'en renvoyant à cette Iguéret HaKodech, son intention vise aussi (outre la différence entre œuvre et service en général) ce qui y est expliqué au sujet de l'œuvre de la tsédaka : en l'étudiant (« voir là-bas »), on comprendra plus profondément la distinction entre nos œuvres et notre service.
En effet, l'Iguéret HaKodech explique à cet endroit, au sujet de l'œuvre de la tsédaka, que « le fait qu'Israël soit par nature compatissant et pratique des actes de bonté provient de ce que leurs âmes sont issues de Ses attributs, béni soit-Il, dans lesquels la bonté ['Hessed] l'emporte sur l'attribut de rigueur, etc. C'est pourquoi l'âme est appelée "fille de kohen" » (le kohen est l'homme du 'Hessed).
Il y explique que « la tsédaka qui procède de ce niveau est appelée "œuvre de la tsédaka", car le terme maassé s'applique à une chose courante et toujours habituelle, (puisque) l'attribut de 'Hessed et de compassion a été imprimé depuis longtemps dans les âmes de toute la maison d'Israël, dès le moment de leur création et de leur enchaînement des mondes [hichtalchelout] à partir de Ses attributs, béni soit-Il ». Autrement dit : bien que sa nature de 'Hessed provienne (non de son âme animale, mais) de son âme divine, la tsédaka qu'il fait en vertu de cette nature n'en est pas moins appelée « œuvre de la tsédaka ». Le « service de la tsédaka », lui, c'est quand son don de tsédaka dépasse même la nature de son âme divine.
On en comprend donc en quoi consiste la distinction entre nos œuvres et notre service (dans l'ensemble de la Torah et des mitsvot). Même lorsque son âme animale occulte la nature de l'âme divine, et qu'il doit s'efforcer d'ôter le recouvrement et l'occultation de l'âme animale pour révéler la nature de l'âme divine, cela relève néanmoins de « nos œuvres », puisque son effort vise seulement à révéler la nature de son âme divine. « Notre service », c'est quand son effort dépasse même la nature de son âme divine.
[…]tinou (dans l'ensemble de la Torah et des mitsvot) consiste en ceci : même quand sa Néfech habéhamit occulte la nature de la Néfech haélokit, et qu'il doit se donner de la peine pour ôter la couverture et l'occultation de l'âme animale et révéler la nature de l'âme divine, cela relève néanmoins de « nos actes » [maassénou]. En effet, sa peine ne vise qu'à révéler la nature de son âme divine. « Notre service » [avodaténou], en revanche, c'est que sa peine dépasse même la nature de son âme divine.
4) Cela se comprendra à la lumière de ce qui est expliqué ailleurs : la supériorité des ceux qui reviennent vers Hachem [baalei téchouva] sur les tsadikim parfaits comporte deux aspects.
Premièrement, la téchouva révèle la force du lien qui attache son âme [Nechama] à HaKadoch Barou'h Hou. Même la séparation que produisent les fautes (« vos fautes séparent ») ne porte que sur les révélations, et non sur l'essence de l'âme. C'est pourquoi, même après les fautes, etc., « en un seul instant et en un seul moment », il devient un tsadik parfait. Cette supériorité du baal téchouva sur le tsadik consiste donc en ceci : chez le baal téchouva se révèle la force du lien de l'âme, lien qui existe aussi chez le tsadik (mais de manière voilée).
Et deuxièmement, par une téchouva telle que « les fautes délibérées se changent en mérites », il acquiert une supériorité nouvelle, qui n'existe pas chez les tsadikim, pas même de manière voilée. On sait en effet que ces mérites-là sont plus élevés que les mérites des tsadikim.
Il en va de même de la supériorité de la téchouva que l'âme acquiert par sa descente ici-bas. On sait en effet qu'avant leur descente ici-bas, les âmes sont au niveau de tsadikim parfaits. L'avantage qu'elles acquièrent en descendant dans le corps est de devenir des baalei téchouva. On retrouve là l'équivalent des deux aspects mentionnés plus haut.
Premièrement : parce que le corps et l'âme animale voilent et occultent la lumière de l'âme, ses forces cachées s'éveillent, et cela jusqu'aux forces essentielles, qui sont au-dessus même des forces cachées. Deuxièmement : le service de l'âme ici-bas produit une chose nouvelle, le birour [tri et élévation] et l'affinement [zikoukh] du corps, de l'âme animale et de sa part dans le monde.
Car cette chose, étant une innovation (et non la révélation de ce qui était voilé), est plus élevée que la révélation des forces voilées de l'âme [sans compter que c'est précisément par elle (le birour [tri et élévation] et l'affinement du corps, etc.) que s'accomplit l'intention de la descente de l'âme ici-bas, et celle de la dira betachtonim (demeure dans les mondes inférieurs)]. Et puisque cette supériorité-là aussi (l'innovation que constitue l'affinement du corps, de l'âme animale et de sa part dans le monde) est l'œuvre du service de l'âme, l'élévation que l'âme acquiert par son service ici-bas se fait elle aussi sur le mode de l'innovation (et pas seulement par la révélation de ses forces intérieures et essentielles).
Comme il est expliqué en plusieurs endroits au sujet de l'avantage de l'amour de D.ieu que l'âme divine suscite dans l'âme animale, par rapport à l'amour de l'âme divine elle-même : l'amour de l'âme divine reste au niveau de l'existence [metsiout]. L'âme désire certes s'attacher à sa racine et à sa source, fût-ce pour y devenir néant et nullité et s'y annuler entièrement dans son existence. Mais même cet amour, puisque ce désir procède de sa nature, ne rend pas sa forme essentielle batel [annulée].
Il n'en va pas ainsi de l'amour de l'âme animale. Par nature, elle est attirée par les choses matérielles, et l'amour de la Divinité est contraire à sa nature. Aussi l'amour de la Divinité (apparu en elle, comme une chose nouvelle, par le service de l'âme divine) défait-il sa forme, qui devient entièrement batel [annulée] : c'est l'annulation de soi [bitoul] de l'existence. Et cela produit aussi le bitoul de la forme de l'âme divine : son amour devient un amour sur le mode du bitoul, issu non de la nature et de l'existence de celui qui aime (l'âme), mais de l'aimé (la Divinité).
Il en va de même du birour [élévation des étincelles] et de l'affinement [zikoukh] de sa part dans le monde. Ils font des réalités du monde des récipients [kelim] pour la Divinité : c'est donc une innovation, contraire à la nature du monde [olam], mot apparenté à « voilement » [héèlem], et qui évoque aussi l'occultation. Dès lors, cela (que le monde devienne un récipient pour la Divinité) ne procède pas du monde, mais de la Divinité : de ce que Son unité, béni soit-Il, ne connaît aucune limite, au point que même l'existence du monde est unie à Lui, béni soit-Il. Et par là, chez l'homme aussi (celui qui a accompli le birour [élévation des étincelles] et l'affinement de sa part dans le monde), le service envers son Créateur devient un bitoul absolu, à partir non plus seulement de l'existence de l'homme, mais de la Divinité.
D'après ce qui précède, on peut aussi expliquer la grandeur de l'élévation de ceux qui ont eu le mérite d'accomplir, réellement et en acte, le don total de soi [mesirout néfech] pour la sanctification du Nom divin. [Il faut mentionner ici ce qui est connu de tous : mon père, mon maître et mon enseignant, dont on célèbre la hilloula, fut arrêté et exilé dans une bourgade reculée d'un pays lointain, à cause de son action pour le maintien et la diffusion du judaïsme. Il y endura (en prison, puis pendant son exil) des souffrances et de dures tortures, etc., etc., au point que ces souffrances et ces tortures causèrent (selon la nature) sa disparition avant son temps.] À première vue, la chose demande examen. La mesirout néfech est en effet naturelle chez chaque Juif : il lui est absolument impossible de renier le D.ieu Un, il est prêt à donner sa vie pour cela, et l'on endure des tortures, etc. (Et si certains n'ont pas eu de mesirout néfech effective, c'est qu'ils n'en ont pas eu besoin.) En quoi consiste donc une si grande élévation chez ceux qui ont eu une mesirout néfech effective ?
Plus difficile encore est ce que dit Rabbi Akiva : « Toute ma vie, j'ai été affligé au sujet de ce verset [passouk] : "de toute ton âme", etc. Quand me sera-t-il donné de l'accomplir ? » À première vue, le fait même que toute sa vie il ait réellement aspiré à accomplir ce passouk est déjà la révélation de sa force de mesirout néfech, qui brillait en lui. Que manquait-il donc tant à sa mesirout néfech (tant qu'elle n'était pas passée à l'acte, pour une raison qui ne dépendait pas de lui), au point qu'il en fût affligé ?
On peut l'expliquer ainsi. Si chaque Juif est prêt à donner sa vie pour ne pas renier, à D.ieu ne plaise, cela provient de la Nechama. Et même lorsqu'il éveille sa force de mesirout néfech de manière révélée (de sorte que, s'il le fallait, à D.ieu ne plaise, il donnerait effectivement sa vie), c'est la force de mesirout néfech de la Nechama qui se révèle. Or la mesirout néfech de la Nechama vient de sa nature : il n'y a là rien de nouveau.
Il en va autrement de la mesirout néfech réelle et en acte : il s'y produit une chose nouvelle, qui n'existait pas auparavant. D'abord, elle survient à travers le voilement, l'occultation et l'opposition de ceux qui le contraignent à renier, à D.ieu ne plaise. En donnant sa vie et en acceptant de souffrir de leur part, il extrait les étincelles qui se trouvent en eux et les élève vers la sainteté, et cela (l'élévation d'étincelles tombées si bas) est une nouveauté. Mais en outre, la nouveauté de la mesirout néfech effective concerne aussi l'homme qui se tient dans la mesirout néfech. Car lorsqu'il donne réellement sa vie, la mesirout néfech se trouve (aussi) dans le Néfech naturel. Non seulement celui-ci n'y fait pas obstacle, mais il veut lui-même se donner, réellement et en acte. Et puisque le Néfech naturel (par lui-même) veut vivre, la mesirout néfech produite en lui (par le Néfech divin) est une nouveauté, contraire à la nature du Néfech naturel.
Telle est la grandeur de l'élévation propre à la mesirout néfech effective et réelle, précisément. La mesirout néfech qui provient de la Nechama vient de sa nature : elle relève donc du niveau de l'existence propre [metsiout]. Il en va autrement de la mesirout néfech réelle et en acte. Elle est contraire à la nature du Néfech naturel, si bien que par sa mesirout néfech, celui-ci s'annule dans son existence. Par là, une élévation se produit aussi dans le Néfech divin (qui a suscité la mesirout néfech dans le Néfech naturel) : sa propre mesirout néfech, elle aussi, devient de l'ordre de l'annulation de soi [bitoul].
Et l'on peut dire qu'il en va de même, pour ainsi dire, de la descente du premier contraction [tsimtsoum] (le commencement de la descente dans l'ensemble de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout]). L'intention du tsimtsoum est en vue de la révélation [et c'est ainsi que toutes les descentes, qui sont en vue d'une élévation, procèdent de cette intention], et l'on y trouve l'équivalent des deux aspects mentionnés plus haut.
Premièrement : le tsimtsoum introduit une nouveauté, à savoir que la révélation de l'Or Ein Sof [lumière infinie] se trouvera aussi dans les mondes. Avant le tsimtsoum, en effet, lorsque « l'Or Ein Sof remplissait l'espace du vide, il n'y avait pas de place (de possibilité) pour l'existence des mondes », et par conséquent la révélation n'était pas dans les mondes. Le tsimtsoum introduit donc cette nouveauté : la révélation de l'Or Ein Sof sera dans les mondes. La nouveauté ne concerne toutefois que les mondes, non la lumière : dans les degrés qui précèdent le tsimtsoum, cette lumière était déjà auparavant à découvert.
Deuxièmement : par le service des birourim [tri des étincelles], se révélera une lumière nouvelle, qui n'éclairait pas avant le tsimtsoum. Cette révélation dépasse non seulement l'expansion de la lumière, qui relève du plan de la révélation, mais aussi l'essence de la lumière, et elle va jusqu'à la révélation du voilement essentiel [héélem ha'atsmi].
Or, il est connu que ces deux aspects, la révélation de l'Or Ein Sof qui éclairait aussi avant le tsimtsoum et la révélation du voilement essentiel, auront lieu dans le temps à venir, mais qu'il y aura alors deux époques.
Et c'est là l'explication des midrachim qui divergent au sujet du futur à venir : on a dit « HaKadoch Barou'h Hou fera à l'avenir un festin pour les tsadikim », et l'on a dit « dans le monde à venir, il n'y a ni nourriture ni boisson »,
L'explication en est connue : ces deux propos se rapportent à des temps différents. D'abord viendra la révélation du délice [taanoug] perceptible (le festin), c'est-à-dire la révélation de l'Or Ein Sof qui éclairait aussi auparavant. Ensuite viendra la révélation du délice imperceptible, et jusqu'à la révélation du voilement essentiel. De manière générale, c'est la différence entre les jours de Machia'h et la résurrection des morts. Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit en effet : « Tous les prophètes sans exception n'ont prophétisé que pour les jours de Machia'h ; mais pour le monde à venir, "nul œil ne l'a vu, ô D.ieu, hormis Toi" ». On peut dire qu'aux jours de Machia'h aura lieu la révélation de l'Or Ein Sof qui éclairait à découvert aussi avant le tsimtsoum, et que dans le monde à venir (à la résurrection des morts) aura lieu la révélation du degré d'Éden, dont il est dit « nul œil ne l'a vu » : le voilement essentiel.
Sur cette base, on peut dire que, dans le détail, la révélation des jours de Machia'h dépend de « nos actes » [maasénou] et la révélation de la résurrection des morts de « notre service » [avodaténou]. Puisque ce qui produit la récompense de la mitsva est la mitsva elle-même, la mitsva (le service) doit être à l'image de la récompense (de l'épanchement qu'elle fait advenir). C'est pourquoi l'épanchement de la révélation de l'Or Ein Sof, qui éclairait aussi auparavant, se fait par l'effort pour révéler la nature de l'âme [néchama], qui existait aussi auparavant : « nos actes ». Et l'épanchement de la révélation du voilement essentiel, lumière nouvelle, se fait par l'effort qui dépasse la nature, même celle du Néfech divin (par quoi se produit chez l'homme une chose nouvelle, qui n'existait pas même du côté de son âme [néchama]) : « notre service ».
Tel est le sens de « Et ce sera, parce que [ékev] vous écouterez… » : « vous écouterez », assurément. C'est en effet une chose certaine que s'accomplira l'intention pour laquelle HaKadoch Barou'h Hou a désiré avoir, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs [dira betachtonim], selon les deux aspects mentionnés : la révélation de l'Or Ein Sof qui éclairait aussi avant le tsimtsoum (la révélation des jours de Machia'h), comme la révélation du voilement essentiel (la révélation de la résurrection des morts). Ces révélations dépendent certes de nos actes et de notre service, et la liberté est donnée à tout homme. Mais il nous a été promis à ce sujet que « nul banni ne restera banni loin de Lui » : chaque Juif accomplira l'intention par « nos actes », l'effort dans la Torah et les mitsvot au-delà de la nature du Néfech animal, et aussi par « notre service », l'effort dans la Torah et les mitsvot au-delà même de la nature du Néfech divin.
Et c'est ce que signifie « Et ce sera, parce que [ékev] vous écouterez » : ékev se rapporte (comme on l'a vu) aux « talons de Machia'h » [ikveta dimechi'ha]. Car (outre qu'alors s'accomplit la promesse « vous écouterez, assurément ») la perfection de « notre service » (l'ajout d'une chose nouvelle même par rapport à l'âme divine) s'obtient (principalement) par le birour [tri et affinement] de l'obscurité de la galout, et en particulier de l'obscurité des talons de Machia'h. [Et ce, d'autant plus selon ce qu'écrit le Tséma'h Tsédek : « Et ce sera ékev » relève de « et sa main tenait le talon [ékev] d'Essav », et il explique (dans sa première interprétation) que cela se rapporte au talon d'Essav au sens propre.]
Et même chez les tsadikim, pour qui l'obscurité de la galout n'obscurcit pas tant, et a fortiori chez qui n'existe pas le service qui transforme les fautes délibérées en mérites, et chez qui l'élévation produite par le birour [tri du bien et du mal] et l'affinement [zikoukh] du Néfech animal n'a pas non plus une telle force (car leur Néfech animal n'est pas aussi matériel, même avant le service), voici que par les épreuves, et en particulier par la mesirout néfech [don total de soi] effective, sont triées aussi les étincelles qui se trouvent dans les trois klipot [écorces] impures, comme on l'a vu plus haut.
Et même chez les tsadikim, pour qui l'obscurité de la galout n'obscurcit pas tellement, et chez qui, à plus forte raison, le service qui consiste à transformer les fautes délibérées en mérites n'existe pas, et chez qui l'élévation que produisent le birour [tri] et l'affinement [zikoukh] de l'âme animale n'a pas non plus une telle force (car leur âme animale n'est pas si matérielle, même avant le service), par les épreuves, et en particulier par le don total de soi [mesirout nefech] dans les faits, les étincelles sont triées, y compris celles qui se trouvent dans les trois klipot [écorces, forces d'occultation] impures, comme on l'a dit plus haut.
Et après que chez de très nombreux tsadikim il y a eu aussi l'élévation du birour [élévation des étincelles] qui se trouvent dans les trois klipot impures, par leur mesirout nefech, cette élévation est attirée aussi sur leurs enfants [comme il est écrit : « Hachem, ton D.ieu, gardera pour toi… qu'Il a juré à tes pères »], y compris ces enfants que sont les disciples qui ont étudié la Torah de ces tsadikim. C'est pourquoi ils n'ont plus besoin d'épreuves, et à plus forte raison pas de mesirout nefech au sens littéral, mais seulement du don de la volonté [mesirat haratson]. Chez eux et chez tous les enfants d'Israël, « nos actions et notre service » se feront dans le repos et l'aisance, au sens simple et véritable, « dans la joie et le contentement du cœur ». Et s'accomplira la prophétie : « Réveillez-vous et chantez, vous qui reposez dans la poussière », et le Baal HaHiloula [celui dont on célèbre la hiloula] parmi eux. Et nous irons tous bientôt, « la tête haute », vers notre terre, à la venue de Machia'h, notre juste, promptement et de nos jours, réellement.