HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5724
MAAMARמאמר
יְהִי ה' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ
« Que Hachem notre D.ieu soit avec nous »
Chabbat Kora'h, 3 Tamouz 5724 [1964]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés adaptés de Simply Chassidus et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתשכ"ד · 1964
MAAMARמאמר

יהי ה' אלוקינו עמנו

« Que Hachem notre D.ieu soit avec nous »

Chabbat Kora'h, 3 Tamouz 5724 [1964]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5724. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : éditions Kehot, via chabad.org. Le Rabbi a dit ce maamar en 5724. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés du travail de Simply Chassidus.

Que Hachem, notre D.ieu, soit avec nous - 5724 [1963-1964] -
יְהִי ה' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ - תשכ"ד-
Avec l’aide du Ciel. Chabbat parachat Kora'h, 3 Tamouz 5724 [1964]. Que Hachem notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères ; qu’Il ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas.
בס"ד. ש"פ קרח, ג' תמוז ה'תשכ"ד יְהִי ה' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הָיָה עִם אֲבֹתֵינוּ, אַל יַעַזְבֵנוּ וְאַל יִטְּשֵׁנוּ.
« Que Hachem notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères ; qu’Il ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas. » On connaît la si'ha que le Baal HaGuéoula prononça le 3 Tamouz 5687 [1927] : « Nous demandons à Hachem, béni soit-Il : "Que Hachem notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères ; qu’Il ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas." Hachem, béni soit-Il, soit avec nous, et Il sera avec nous comme Il a été avec nos pères. »
יְהִי ה' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ אַל יַעַזְבֵנוּ וְאֶל יִטְּשֵׁנוּ, וִידוּעָה הַשִּׂיחָה שֶׁל בַּעַל הַגְּאוּלָּה שֶׁאָמַר בג' תַּמּוּז תרפ"ז, מִיר בְּעֶטֶען בֹּא השי"ת, יְהִי ה' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ אַל יַעַזְבֵנוּ וְאֶל יִטְּשֵׁנוּ, השי"ת זָאָהל זַיְין מִיט אוּנְז, אוּן ווֶעט זַיְין מִיט אוּנְז כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ.
Or, il faut comprendre : une demande et une promesse sont des choses différentes (et même, semble-t-il, opposées). Pourtant, il dit : « Nous demandons à Hachem, béni soit-Il, etc., qu’Il soit avec nous [zol zayn mit undz], et Il sera avec nous [vet zayn mit undz]. » La demande porte donc (non seulement sur « qu’Il soit avec nous », mais aussi) sur « Il sera avec nous ».
וְצָרִיךְ לְהָבִין הֲרֵי בַּקָּשָׁה וְהַבְטָחָה הֵם עִנְיָנִים שׁוֹנִים (וְלִכְאוֹרָה גַּם הֲפָכִים), ואעפ"כ אוֹמֵר מִיר בֶּעטֶען בֹּא השי"ת כו' זָאל זַיְין מִיט אוּנְז אוּן ווֶעט זַיְין מִיט אוּנְז, שֶׁהַבַּקָּשָׁה הִיא (לֹא רַק זָאל זַיְין מִיט אוּנְז אֶלָּא גַּם) ווֶעט זַיְין מִיט אוּנְז.
Certes, le mot yehi exprime à la fois une demande et une promesse. Mais ce sont là, semble-t-il, deux sens (deux notions) différents, alors que la si'ha réunit les deux notions ensemble.
והֲגַם שֶׁתֵּבַת יְהִי הִיא לְשׁוֹן בַּקָּשָׁה וְגַם לְשׁוֹן הַבְטָחָה, הֲרֵי הֵם לִכְאוֹרָה פֵּירוּשִׁים (עִנְיָנִים) שׁוֹנִים, וּבְהַשִּׂיחָה כּוֹלֵל שֵׁנִי הָעִנְיָנִים יַחַד.
La si'ha poursuit : « Que Hachem notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères » (yehi au sens d’une demande et aussi d’une promesse), et ce, bien que « nous ne soyons pourtant pas semblables à nos pères » [mir zaynen dokh nit glaykh tsu avoteinou].
וּמַמְשִׁיךְ בְּהַשִּׂיחָה, דְּזֶה שֶׁיְּהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ (יְהִי בִּלְשׁוֹן בַּקָּשָׁה וְגַם בִּלְשׁוֹן הַבְטָחָה) הוּא הֲגַם מִיר זאיינען דָאךְ נִיט גְלַיְיךְ צו אֲבוֹתֵינוּ.
On peut proposer que la source de cette explication soit ce que rapporte le Midrach : « Et de même Chlomo dit devant HaKadoch Barou'h Hou : un roi engage des ouvriers, ceux-ci font bien leur travail et il leur donne leur salaire : quelle louange en revient au roi ? Quand mérite-t-il la louange ? Lorsqu’il engage de mauvais ouvriers, qui ne font pas leur travail, et qu’il leur donne leur salaire. Voilà un grand bienfait. Ainsi qu’il est dit : « Que Hachem notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères. » »
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהַמָּקוֹר לְבֵאוּר זֶה הוּא מַה דאיתא בַּמִּדְרָשׁ וְכֵן שְׁלֹמֹה אוֹמֵר לִפְנֵי הקב"ה מֶלֶךְ שֶׁהוּא שׂוֹכֵר פּוֹעֲלִים וְהֵן עוֹשִׂין מְלַאכְתָּן יָפָה וְנוֹתֵן לָהֶם שְׂכָרָן מַה שֶׁבַח יֵשׁ לְמֶלֶךְ, וְאֵימָתַי הוּא מְשֻׁבָּח כְּשֶׁיִּשְׂכֹּר פּוֹעֲלִים רָעִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין מְלַאכְתָּן וְנוֹתֵן לָהֶם שְׂכָרָן וְזוֹ הִיא טוֹבָה גְּדוֹלָה וכה"א יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ.
La si'ha explique que, si nous ne pouvons pas ressembler à nos pères, c’est que nos pères faisaient preuve de don total de soi [mesirout nefech] réellement, en acte, pour la Torah et les mitsvot.
וּמְבֹאָר בְּהַשִּׂיחָה דְּזֶה שֶׁאֵין אָנוּ יְכוֹלִים לְהִדָּמוֹת לַאֲבוֹתֵינוּ הוּא כִּי אֲבוֹתֵינוּ הָיוּ בַּעֲלֵי מס"נ בְּפוֹעַל מַמָּשׁ עַל הַתּוֹרָה וְהַמִּצְווֹת.
Il reste cependant à comprendre. Cette si'ha fut prononcée à l’occasion de son départ pour l’exil de Kostroma. Or cet exil (et, avant lui, l’emprisonnement) était la conséquence de sa mesirout nefech en acte pour la Torah et les mitsvot [bien plus : le fait même de prononcer cette si'ha était une mesirout nefech en acte]. Et pourtant il dit que nous ne ressemblons pas à nos pères, qui faisaient preuve de mesirout nefech.
וְצָרִיךְ לְהָבִין, הֲרֵי אֲמִירַת שִׂיחָה זוֹ הָיְתָה בְּקֶשֶׁר עַם נְסִיעָתוֹ לְגַלּוֹת קַאֲסַטְרָאָמָאָ, שֶׁהַגָּלוּת (וְלִפְנֵי זֶה הַמַּאֲסָר) הי' בִּגְלַל מְסִירַת נַפְשׁוֹ בְּפוֹעַל עַל הַתּוֹרָה וְהַמִּצְווֹת [וִיתֵירָה מִזּוֹ, שֶׁגַּם הָאֲמִירָה דְּשִׂיחָה זוֹ הָיְתָה מס"נ בְּפוֹעַל], ואעפ"כ אוֹמֵר שֶׁאֵין אָנוּ דּוֹמִים לַאֲבוֹתֵינוּ שֶׁהָיוּ בַּעֲלֵי מס"נ.
À première vue, on pourrait répondre ceci : la demande du Baal HaGuéoula, « Que Hachem notre D.ieu soit avec nous », était faite (non seulement pour lui-même, mais aussi) pour tout Israël, y compris pour ceux qui (seulement) « se nomment du nom d’Israël ». C’est pourquoi il a dit qu’ils ne ressemblent pas à nos pères, qui faisaient preuve de mesirout nefech en acte.
וְלִכְאוֹרָה יֵשׁ לוֹמַר, דְּכֵיוָן שֶׁבַּקָּשַׁת בַּעַל הַגְּאוּלָּה יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ הָיְתָה (לֹא רַק עֲבוּר עַצְמוֹ אֶלָּא גַּם) עֲבוּר כָּל יִשְׂרָאֵל, כּוֹלֵל גַּם אֵלּוּ אָשֵׁר בְּשֵׁם יִשְׂרָאֵל (רַק) יְכֻנֶּה, לָכֵן אָמַר שֶׁאֵינָם דּוֹמִים לַאֲבוֹתֵינוּ שֶׁהָיוּ בַּעֲלֵי מס"נ בְּפוֹעַל.
Mais cette explication ne suffit pas : par les mots « nous ne sommes pourtant pas semblables à nos pères », il s’est inclus lui aussi.
אֲבָל בֵּיאוּר זֶה אֵינוֹ מַסְפִּיק, כִּי בְּהַלָּשׁוֹן "מִיר זַיְינֶען דָאךְ נִיט גְלַיְיךְ צו אֲבוֹתֵינוּ" כְּלָל גַּם אֵת עַצְמוֹ.
Et l’on ne peut pas dire qu’il s’est compté par humilité parmi ceux qui ne font pas preuve de mesirout nefech en acte : l’humilité n’a de sens qu’à propos d’une chose qui reste dans les limites d’une comparaison [davar chebe'érekh].
וְאֵין לוֹמַר דְּזֶה שֶׁכְּלָל גַּם אֵת עַצְמוֹ בִּכְלָל אֵלֶּה שֶׁאֵינָם בַּעֲלֵי מס"נ בְּפוֹעַל הוּא בְּדֶרֶךְ עֲנָוָה, כִּי עִנְיָן עֲנָוָה שַׁיָּךְ דַּוְקָא בְּדָבָר שֶׁבְּעֶרֶךְ.
b) Or, outre les précisions que demande la si'ha, l’expression « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous » (dans le verset [passouk] lui-même) doit aussi être expliquée. En effet, une fois que l’on dit « Havayé notre D.ieu », c’est-à-dire qu’Il est notre D.ieu, quel besoin y a-t-il, semble-t-il, de demander qu’Il soit avec nous ? Et la question vaut d’autant plus selon l’explication de la 'Hassidout, pour qui Elokeinou [notre D.ieu] signifie « notre force et notre vitalité ».
ב) וְהִנֵּה נוֹסָף לְהַדִּיּוּקִים שֶׁבְּהַשִּׂיחָה צָרִיךְ בֵּיאוּר בְּהַלָּשׁוֹן יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ (שֶׁבַּהַכְּתוּב עַצְמוֹ), דְּלִכְאוֹרָה, לְאַחֲרֵי שֶׁאוֹמְרִים הוי' אֱלֹקֵינוּ, שֶׁהוּא אֱלוֹקַה שֶׁלָּנוּ, וּבִפְרָט לְהַמְבֹאָר בַּחֲסִידוּת שֶׁאֱלֹקֵינוּ פֵּירוּשׁ כֹּחֵנוּ וְחַיּוּתֵינוּ, מַה צוֹרֶךְ לְבַקָּשָׁה שיהי' עִמָּנוּ.
Il faut aussi comprendre pourquoi il dit « avec nous [imanou], etc., avec [im] nos pères ». Le mot im s’emploie pour une chose accessoire [tafel] par rapport à celle avec laquelle elle se trouve [comme dans « les héritiers du mari partageront avec les héritiers du père », où les héritiers du mari sont accessoires par rapport aux héritiers du père]. Et pourtant il dit « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous, etc., avec nos pères », ce qui fait de Havayé notre D.ieu l’accessoire, par rapport à nous et à nos pères.
גַּם צָרִיךְ לְהָבִין אוֹמְרוֹ עִמָּנוּ גו' עַם אֲבוֹתֵינוּ, דְּלָשׁוֹן עַם נוֹפֵל עַל דָּבָר שֶׁהוּא טָפֵל לְהַדָּבָר שֶׁהוּא עִמּוֹ [כְּמוֹ יַחְלֹקוּ יוֹרְשֵׁי הַבַּעַל עַם יוֹרְשֵׁי הָאָב, שֶׁיּוֹרְשֵׁי הַבַּעַל הֵם טְפֵלִים לְיוֹרְשֵׁי הָאָב], ואעפ"כ אוֹמֵר יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ גו' עַם אֲבוֹתֵינוּ, שהוי' אֱלֹקֵינוּ הוּא טָפֵל אֵלֵינוּ וְלַאֲבוֹתֵינוּ.
On peut l’expliquer à partir d’un enseignement connu : pourquoi la crainte du Ciel est-elle désignée par le mot « trésor » [otsar] ? Parce que le roi ne peut pas se constituer de trésor s’il ne le rassemble pas auprès des autres. De même, la crainte (le trésor du Roi des rois des rois, HaKadoch Barou'h Hou) n’est pas entre les mains du Ciel, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Tout est entre les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel. »
וְיֵשׁ לְבָאֵר זֶה ע"פ הַיָּדוּעַ דְּהַטַּעַם עַל שֶׁבְּיִרְאַת שָׁמַיִם נֶאֱמַר לְשׁוֹן אוֹצָר, הוּא, כִּי כְּמוֹ שֶׁאוֹצַר הַמֶּלֶךְ, אֵין בְּיַד הַמֶּלֶךְ לַעֲשׂוֹת אוֹצָר אִם לֹא יְקַבֵּץ מֵאֲחֵרִים, כֵּן הַיִּרְאָה (אוֹצָרוֹ שֶׁל מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הקב"ה) אֵינָהּ בִּידֵי שָׁמַיִם, כמארז"ל הַכֹּל בִּידֵי שָׁמַיִם חוּץ מִיִּרְאַת שָׁמַיִם.
On peut ajouter ceci. Cette notion (que HaKadoch Barou'h Hou ait, pour ainsi dire, besoin de l’homme) vaut pour toutes les mitsvot ; si le mot « trésor » est pourtant employé précisément pour la crainte, c’est que l’accomplissement des mitsvot tel qu’il se doit passe par l’amour de Hachem ou par la crainte de Hachem. Or l’une des différences entre l’amour et la crainte est la suivante : l’amour de Hachem vient d’une révélation d’Or [lumière] d’en haut, tandis que la crainte de Hachem vient (essentiellement) du service de l’homme.
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דְּהַטַּעַם עַל שֶׁהַלָּשׁוֹן אוֹצָר נֶאֱמַר בְּיִרְאָה דַּוְקָא, הֲגַם שֶׁעִנְיָן זֶה (שהקב"ה צָרִיךְ כִּבְיָכוֹל לְהָאָדָם) הוּא בְּכָל הַמִּצְווֹת, כִּי בִּכְדֵי שיהי' קִיּוּם הַמִּצְווֹת כִּדְבָעֵי הוּא ע"י אַהֲבַת ה' אוֹ ע"י יִרְאַת ה', וּמֵהַחִלּוּקִים בֵּין אַהֲבָה לְיִרְאָה הוּא, דְּאַהֲבַת ה' בָּאָה ע"י גִּילּוּי אוֹר מִלְמַעְלָה, וְיִרְאַת ה' בָּאָה (בְּעִיקָר) ע"י עֲבוֹדַת הָאָדָם.
Il en va de même pour la crainte d’un roi de chair et de sang : si les habitants du pays craignent le roi, c’est qu’ils l’ont accepté pour roi sur eux. L’acceptation de la royauté vient en effet du peuple : « Tu établiras sur toi un roi. »
וע"ד יִרְאַת מֶלֶךְ בו"ד, דְּזֶה שֶׁאַנְשֵׁי הַמְּדִינָה יְרֵאִים מִפְּנֵי הַמֶּלֶךְ הוּא לְפִי שֶׁקִּבְּלוּ אוֹתוֹ לִהְיוֹת מֶלֶךְ עֲלֵיהֶם, דְּקַבָּלַת הַמַּלְכוּת הוּא ע"י הָעָם, שׁוּם תָּשִׂים עָלֶיךָ מֶלֶךְ.
Cela permet d’expliquer l’expression « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères ». Dans la crainte de Hachem (qui est le commencement du service, son essentiel et sa racine), l’essentiel est le service de l’homme ; la révélation d’Or d’en haut (Havayé notre D.ieu) ne fait qu’aider l’homme : elle est « avec nous ».
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר הַלָּשׁוֹן יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ, כִּי בְּיִרְאַת ה' (שֶׁהִיא רֵאשִׁית הָעֲבוֹדָה וְעִקָּרָהּ וְשָׁרְשָׁהּ), הָעִיקָּר הוּא עֲבוֹדַת הָאָדָם, וְהַגִּילּוּי אוֹר מִלְמַעְלָה (הוי' אֱלֹקֵינוּ) הוּא רַק מְסַיֵּיעַ לְהָאָדָם, עִמָּנוּ.
Or, pourquoi la crainte vient-elle principalement par le service de l'homme ? On peut l'expliquer ainsi : la crainte est annulation de soi [bitoul].
ג) וְהִנֵּה הַטַּעַם עַל זֶה שֶׁהַיִּרְאָה בָּאָה בְּעִיקָר ע"י עֲבוֹדַת הָאָדָם, יֵשׁ לוֹמַר, כִּי יִרְאָה הִיא בִּיטּוּל.
C'est le cas en particulier de la crainte du roi : « Tu placeras sur toi un roi », c'est-à-dire « que sa crainte soit sur toi ». Le bitoul propre à cette crainte est lié au fait que l'homme est le serviteur du roi [car il est dans la nature du serviteur que la crainte et l'effroi du maître soient sur lui], et le bitoul du serviteur est un bitoul absolu,
וּבִפְרָט יִרְאַת הַמֶּלֶךְ, שׁוּם תָּשִׂים עָלֶיךָ מֶלֶךְ שֶׁתְּהֵא אֵימָתוֹ עָלֶיךָ, שֶׁהַבִּטּוּל דְּיִרְאָה זוֹ קָשׁוּר עַם זֶה שֶׁהוּא עַבְדּוֹ שֶׁל הַמֶּלֶךְ [דְּטֶבַע הָעֶבֶד הוּא שֶׁאֵימַת וּפַחַד הָאָדוֹן עָלָיו], שֶׁהַבִּטּוּל דְּעֶבֶד הוּא בִּיטּוּל בְּתַכְלִית,
C'est pourquoi elle vient précisément par l'homme. L'effet produit en l'homme par une révélation de lumière d'en haut est comme une chose qui s'ajoute à lui. Aussi le changement qu'elle opère en lui ne touche-t-il que sa configuration [tsiyour], et non l'homme lui-même,
וְלָכֵן הִיא בָּאָה ע"י הָאָדָם דַּוְקָא, כִּי הַפְּעוּלָּה שֶׁנַּעֲשֵׂית בָּאָדָם ע"י גִּילּוּי אוֹר מִלְמַעְלָה הִיא כְּמוֹ דָּבָר נוֹסָף עָלָיו, וְלָכֵן הַשִּׁינּוּי שֶׁנַּעֲשָׂה בּוֹ עי"ז הוּא רַק בְּהַצִּיּוּר שֶׁלּוֹ, אֲבָל לֹא שִׁינּוּי בְּהָאָדָם עַצְמוֹ,
Pour qu'il parvienne à un bitoul absolu, le bitoul du serviteur [car la différence entre l'homme libre et le serviteur tient à son existence même], il faut que l'homme lui-même accepte sur lui d'être le serviteur du roi.
וּבִכְדֵי שֶׁיָּבוֹא לְבִטּוּל בְּתַכְלִית, בִּיטּוּל דְּעֶבֶד [שֶׁהַחִלּוּק בֵּין בֶּן חוֹרִין לְעֶבֶד הוּא בְּעֶצֶם מְצִיאוּתוֹ], הוּא ע"י שֶׁהָאָדָם עַצְמוֹ מְקַבֵּל עָלָיו לִהְיוֹת עַבְדּוֹ שֶׁל הַמֶּלֶךְ.
On peut dire qu'il en va de même de le don total de soi [mesirout nefech]. La mesirout nefech est un bitoul absolu, surtout lorsqu'elle porte sur des choses pour lesquelles, selon la halakha (l'injonction d'en haut), on n'est pas tenu de donner sa vie. C'est pourquoi elle vient (principalement) non d'une révélation de lumière d'en haut, mais de ce que l'homme donne sa vie.
וְיֵשׁ לוֹמַר שעד"ז הוּא במס"נ, דְּכֵיוָן שמס"נ הוּא בִּיטּוּל בְּתַכְלִית, וּבִפְרָט כשהמס"נ הִיא עַל עִנְיָנִים כָּאֵלֶּה שע"פ דִּין (צִיוּוּי דִּלְמַעְלָה) אֵין מְחוּיָיב לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ עֲלֵיהֶם, לָכֵן הִיא (בְּעִיקָר) לֹא ע"י גִּילּוּי אוֹר מִלְמַעְלָה אֶלָּא ע"י שֶׁהָאָדָם מוּסָר אֵת נַפְשׁוֹ.
Cela permet de mieux comprendre encore pourquoi la demande et la prière du baal haguéoula [celui dont on célèbre la délivrance] (dans la si'ha du 3 Tamouz) étaient formulées dans les termes du passouk : « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères. » Il traitait alors du service de la mesirout nefech, et plus précisément de bien des cas où, selon la halakha, on n'est pas tenu de donner sa vie, une mesirout nefech qui vient (principalement) de l'homme lui-même,
ועפ"ז יוּבַן עוֹד יוֹתֵר שֶׁהַבַּקָּשָׁה וְהַתְּפִלָּה דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה (בְּהַשִּׂיחָה דג' תַּמּוּז) הָיְתָה בִּלְשׁוֹן הַכָּתוּב יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ, כִּי דָּבָר אָז בְּעִנְיַן הָעֲבוֹדָה דמס"נ, וּבָזֶה עַצְמוֹ בכו"כ עִנְיָנִים שע"פ דִּין אֵין מְחוּיָיב לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ עֲלֵיהֶם שֶׁבָּאָה (בְּעִיקָר) מֵהָאָדָם עַצְמוֹ,
Et puisque, dans le service de la mesirout nefech, l'essentiel est le service de l'homme, la révélation de lumière d'en haut venant en aide à ce service, il a commencé sa demande et sa prière (dans les termes du passouk) par : « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous. »
וְכֵיוָן שֶׁבְּהָעֲבוֹדָה דמס"נ הָעִיקָּר הוּא עֲבוֹדַת הָאָדָם, וְהַגִּילּוּי אוֹר מִלְמַעְלָה הוּא מְסַיֵּיעַ לַעֲבוֹדַת הָאָדָם, לָכֵן הִתְחִיל בַּקָּשָׁתוֹ וּתְפִלָּתוֹ (בִּלְשׁוֹן הַכָּתוּב) יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ.
Or, le terme im [avec] s'emploie quand il existe une ressemblance entre les deux choses. C'est ainsi que nos Sages, de mémoire bénie, commentent le passouk « Ils se tiendront là avec toi [imakh] » : « avec toi : semblables à toi ». En effet, même si le terme im désigne une chose secondaire (comme on l'a vu plus haut, section 2), celle-ci présente néanmoins une ressemblance avec l'essentiel.
ד) וְהִנֵּה לְשׁוֹן עַם שַׁיָּךְ כְּשֶׁיֵּשׁ דִּמְיוֹן בֵּין שֵׁנִי הַדְּבָרִים. כִּדְרָשַׁת רז"ל עה"פ וְהִתְיַצְּבוּ שֵׁם עִמָּךְ, עִמָּךְ בְּדוֹמִין לָךְ. דַּהֲגַם שֶׁלָּשׁוֹן עַם מוֹרֶה עַל דָּבָר טָפֵל (כנ"ל סְעִיף ב), מ"מ, יֵשׁ לוֹ דִּמְיוֹן לְהָעִקָּר.
Il en va de même du terme hébreu èt, qui désigne une chose secondaire. Nos Sages, de mémoire bénie, commentent ainsi le passouk « èt bessaro [sa chair] » : « èt : ce qui est accessoire à sa chair ». Pourtant, cette chose est semblable à l'essentiel, comme l'enseignent nos Sages, de mémoire bénie, sur le passouk « Ils porteront avec toi [itekha] » : « avec toi : semblables à toi ».
ועד"ז הוּא בִּלְשׁוֹן אֵת, שֶׁמּוֹרֶה עַל דָּבָר טָפֵל כִּדְרָשַׁת רז"ל עה"פ אֵת בְּשָׂרוֹ אֵת הַטָּפֵל לִבְשָׂרוֹ, ומ"מ הוּא בְּדוֹמֶה לְהָעִקָּר, כִּדְרָשַׁת רז"ל עה"פ וְנָשְׂאוּ אִתְּךָ, אִתְּךָ בְּדוֹמִין לָךְ.
Les ouvrages de grammaire expliquent que la chose secondaire évoquée par le terme èt est plus secondaire que celle qu'exprime le terme im. Dès lors, avec èt, l'accent porte surtout sur le fait que la chose (à propos de laquelle on dit èt) n'est que secondaire. Avec im, il porte surtout sur la ressemblance entre les deux choses.
וּמְבֹאָר בְּסִפְרֵי דִּקְדּוּק, דְּהַטָּפֵל הַמְרֻמָּז בִּלְשׁוֹן אֵת הוּא טָפֵל יוֹתֵר מֵהַטָּפֵל שֶׁבִּלְשׁוֹן עַם. ועפ"ז, בִּלְשׁוֹן אֵת עִקַּר הַהַדְגָּשָׁה הוּא שֶׁהַדָּבָר (שֶׁאוֹמְרִים עָלָיו אֵת) הוּא רַק טָפֵל, וּבִלְשׁוֹן עַם עִקַּר הַהַדְגָּשָׁה הוּא עַל הַדִּמְיוֹן דִּשְׁנֵי הַדְּבָרִים.
On comprend par là que, dans « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous [imanou] », l'accent ne porte pas d'abord sur le fait que Havayé notre D.ieu serait, pour ainsi dire, secondaire par rapport à l'homme, mais sur la ressemblance, pour ainsi dire, qui existe entre eux.
וּמִזֶּה מוּבָן, שֶׁעִקַּר הַהַדְגָּשָׁה בִּיהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ הוּא לֹא שהוי' אֱלֹקֵינוּ הוּא טָפֵל כִּבְיָכוֹל לְהָאָדָם, אֶלָּא הַדִּמְיוֹן כִּבְיָכוֹל שֶׁבֵּינֵיהֶם.
On peut dire que leur ressemblance porte sur la notion même d'essentiel et de secondaire. La perfection du service de l'homme est atteinte lorsqu'il sert par ses propres forces, et c'est pourquoi Havayé notre D.ieu est, pour ainsi dire, secondaire par rapport à l'homme (comme on l'a vu plus haut, section 2). De même, à l'inverse, la perfection du service de l'homme est atteinte lorsque son service [aussi bien le service par ses propres forces que le service de la mesirout nefech, y compris la mesirout nefech pour des choses pour lesquelles, selon la halakha, on n'est pas tenu de donner sa vie] ne procède pas de ce qu'il veut servir D.ieu, mais de ce qu'il est batel [annulé] à la Divinité.
וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁהַדִּמְיוֹן שֶׁבֵּינֵיהֶם הוּא בְּהָעִנְיָן דְּעִיקַּר וְטָפֵל. דִּכְמוֹ שֶׁהַשְּׁלֵמוּת דַּעֲבוֹדַת הָאָדָם הִיא כְּשֶׁהָעֲבוֹדָה שֶׁלּוֹ הִיא בְּכֹחַ עַצְמוֹ, שֶׁלָּכֵן הוי' אֱלֹקֵינוּ הוּא טָפֵל כִּבְיָכוֹל לְהָאָדָם (כנ"ל סְעִיף ב), עד"ז הוּא לְאִידָךְ, שֶׁהַשְּׁלֵמוּת דַּעֲבוֹדַת הָאָדָם הִיא כְּשֶׁעֲבוֹדָתוֹ [גַּם הָעֲבוֹדָה בְּכֹחַ עַצְמוֹ, וְגַם הָעֲבוֹדָה דמס"נ, כּוֹלֵל גַּם המס"נ עַל עִנְיָנִים שע"פ דִּין אֵין מְחוּיָיב לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ עֲלֵיהֶם] הִיא לֹא מִפְּנֵי שֶׁהוּא רוֹצֶה לַעֲבוֹד אֵת ה' אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁהוּא בִּטֵּל לָאֱלֹקוּת.
En effet, son bitoul envers HaKadoch Barou'h Hou est un bitoul absolu. Chaque mitsva (même lorsque, selon la halakha, on n'est pas tenu de donner sa vie pour elle) est donc pour lui telle qu'il est absolument inconcevable de ne pas l'accomplir, même si son accomplissement exige la mesirout nefech.
דְּכֵיוָן שֶׁבִּטּוּלוֹ להקב"ה הוּא בִּיטּוּל בְּתַכְלִית, לָכֵן, כָּל מִצְוָה וּמִצְוָה (גַּם כשע"פ דִּין אֵין מְחוּיָיב לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ עַל זֶה) הִיא אֶצְלוֹ בְּאֹפֶן שֶׁאֵין שַׁיָּךְ כְּלָל שֶׁלֹּא לְקַיְּימָהּ, אֲפִילוּ כְּשֶׁקִּיּוּמָהּ הוּא ע"י מס"נ.
On peut ajouter que le bitoul à la Divinité apporte aussi un surcroît à la mesirout nefech. Lorsque sa mesirout nefech vient de ce qu'il veut et a résolu d'accomplir l'injonction de HaKadoch Barou'h Hou, même quand il faut pour cela la mesirout nefech, il admet qu'il pourrait en être autrement Le fait que, concrètement, il fasse preuve de mesirout nefech tient seulement à sa décision.
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דע"י הַבִּיטּוּל לָאֱלֹקוּת, מִיתּוֹסֵף גַּם בהמס"נ. דְּכַאֲשֶׁר המס"נ שֶׁלּוֹ הִיא מִפְּנֵי שֶׁהוּא רוֹצֶה וְהֶחְלִיט לְקַיֵּים צִיוּוּי הקב"ה גַּם כְּשֶׁצָּרִיךְ לָזֶה מס"נ, הֲרֵי יֵשׁ אֶצְלוֹ נְתִינַת מָקוֹם שֶׁאֶפְשָׁר לִהְיוֹת גַּם בְּאֹפֶן אַחֵר, וְזֶה שֶׁבְּפוֹעֵל הוּא עוֹמֵד במס"נ הוּא רַק מִפְּנֵי שֶׁהֶחְלִיט כֵּן.
Il n'en va pas de même lorsque sa mesirout nefech procède de son bitoul envers HaKadoch Barou'h Hou. Toute mitsva qu'a ordonnée HaKadoch Barou'h Hou est alors pour lui telle qu'il est absolument inconcevable de ne pas l'accomplir, et il ne reste plus aucune place pour qu'il en soit autrement.
משא"כ כשהמס"נ שֶׁלּוֹ הִיא מִפְּנֵי בִּיטּוּלוֹ להקב"ה, שֶׁלָּכֵן כָּל מִצְוָה שֶׁצִּוָּה הקב"ה הִיא אֶצְלוֹ בְּאֹפֶן שֶׁאֵין שַׁיָּךְ כְּלָל שֶׁלֹּא לְקַיְּימָהּ, הֲרֵי אָז אֵין נְתִינַת מָקוֹם כְּלָל שיהי' בְּאֹפֶן אַחֵר.
5. Tel est le sens de « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères » : dans le service des Patriarches, les deux points mentionnés plus haut sont mis en relief. Ils ont accompli toute la Torah avant même qu’elle ne soit donnée. Cela montre que leur service venait (non pas de l’ordre d’en haut, mais) de leur propre force. Malgré cela, ils étaient dans un annulation de soi [bitoul] absolu, car « les Patriarches sont eux-mêmes la merkava [char divin] ».
ה) וְזֶהוּ יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ, דְּבַעֲבוֹדַת הָאָבוֹת מֻדְגָּשִׁים שֵׁנִי עִנְיָנִים הנ"ל. שֶׁקִּיְּמוּ כָּל הַתּוֹרָה עַד שֶׁלֹּא נִיתְּנָה, דִּבְזֶה מוּדְגָּשׁ שֶׁעֲבוֹדָתָם הָיְתָה (לֹא מִפְּנֵי הַצִּיוּוּי מִלְמַעְלָה, אֶלָּא) בְּכֹחַ עַצְמָם. ואעפ"כ הָיוּ בְּתַכְלִית הַבִּיטּוּל, דְּהָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה.
Or le bitoul du char envers celui qui le monte est un bitoul absolu. En effet, ce bitoul ne vient pas de la volonté du char (qui voudrait être batel [annulé] envers celui qui le monte et lui servir de char), mais de celui qui le monte.
וּבִיטּוּל הַמֶּרְכָּבָה לְהָרוֹכֵב הוּא בִּיטּוּל בְּתַכְלִית. דְּבִטּוּל הַמֶּרְכָּבָה לְהָרוֹכֵב הוּא לֹא מִצַּד הָרָצוֹן דְּהַמֶּרְכָּבָה (שֶׁרוֹצֶה לִהְיוֹת בְּטֵלָה לְהָרוֹכֵב וּמֶרְכָּבָה אֵלָיו), אֶלָּא מִצַּד הָרוֹכֵב.
Et comme le bitoul comporte de très nombreux degrés, on demande : « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères ». On demande que « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous », c’est-à-dire notre bitoul envers la Divinité, soit « comme Il a été avec nos pères » : un bitoul de merkava.
וְכֵיוָן שֶׁבְּבִטּוּל יֵשׁ כו"כ דְּרָגוֹת, לָכֵן, מְבַקְּשִׁים יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ, שֶׁהָעִנְיָן דְּיֶהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ, הַבִּיטּוּל שֶׁלָּנוּ לָאֱלֹקוּת, יהי' כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ, בִּיטּוּל דְּמֶרְכָּבָה.
6. Cela permet d’expliquer la parole du Baal HaGuéoula : « Nous ne sommes tout de même pas semblables à nos pères, qui pratiquaient effectivement la mesirout néfech [don total de soi]. » Il s’y est inclus lui-même. Car la mesirout néfech, dans sa vérité, est celle qui vient du bitoul (comme expliqué plus haut, § 4). Et comme le bitoul comporte de très nombreux degrés (comme expliqué plus haut, § 5), il peut dire de lui-même (par humilité) qu’il lui manque quelque chose en matière de mesirout néfech.
ו) ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר מַה שֶׁאָמַר בַּעַל הַגְּאוּלָּה "מִיר זאיינען דָאךְ נִיט גְלַיְיךְ צו אֲבוֹתֵינוּ, ווֶעלְכֶע זַיְינֶען גֶעווֶען בַּעֲלֵי מס"נ בְּפוֹעַל", שֶׁכְּלָל גַּם עַצְמוֹ בָּזֶה, כִּי אֲמִיתִּית הָעִנְיָן דמס"נ הוּא כשהמס"נ הוּא מִצַּד הַבִּיטּוּל (כנ"ל סְעִיף ד), וְכֵיוָן שֶׁבְּבִטּוּל יֵשׁ כו"כ דְּרָגוֹת (כנ"ל סְעִיף ה), לָכֵן, שַׁיָּךְ שֶׁיֹּאמַר עַל עַצְמוֹ (מִצַּד עֲנָוָה) שֶׁחָסֵר לוֹ בְּעִנְיַן המס"נ.
Cela permet d’expliquer aussi ce qu’il dit dans la si’ha : la demande « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous » inclut aussi l’interprétation selon laquelle yehi est un terme de promesse (« Il sera avec nous »). Si la prière (la demande) et la promesse sont deux choses différentes, c’est que la prière est la demande de l’homme, alors que la promesse vient d’en haut,
ועפ"ז יֵשׁ לְבָאֵר גַּם מַה שֶׁאוֹמֵר בְּהַשִּׂיחָה שֶׁבְּהַבִּקְשָׁה יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ נִכְלָל גַּם הַפֵּרוּשׁ דִּיהִי לְשׁוֹן הַבְטָחָה (ווֶעט זַיְין מִיט אוּנְז), כִּי זֶה שֶׁתְּפִלָּה (בַּקָּשָׁה) וְהַבְטָחָה הֵם שֵׁנִי עִנְיָנִים שׁוֹנִים הוּא כִּי תְּפִלָּה הִיא בַּקָּשַׁת הָאָדָם וְהַבְטָחָה הִיא מִלְמַעְלָה,
Et même chez les tsadikim, tant qu’ils sont une existence propre [metsiout] (fût-ce de manière subtile), prière et promesse sont deux choses distinctes. La promesse du tsadik se fait en tant qu’envoyé de HaKadoch Barou’h Hou, alors que la prière du tsadik est la demande du tsadik lui-même.
וְגַם בַּצַּדִּיקִים, כַּאֲשֶׁר הֵם מְצִיאוּת (בְּדַקּוּת עכ"פ), תְּפִלָּה וְהַבְטָחָה הֵם שֵׁנִי עִנְיָנִים. דְּהַבְטָחַת הַצַּדִּיק הִיא בִּשְׁלִיחוּתוֹ שֶׁל הקב"ה, וּתְפִלַּת הַצַּדִּיק הִיא בַּקָּשַׁת הַצַּדִּיק עַצְמוֹ.
Il en va autrement quand le tsadik est tel que même son service accompli par sa propre force (qui est, semble-t-il, une « existence ») se trouve dans un bitoul absolu. Alors sa prière (sa demande) porte elle aussi la dimension de la promesse.
משא"כ כְּשֶׁהַצַּדִּיק הוּא בְּאֹפֶן שֶׁגַּם הָעֲבוֹדָה שֶׁלּוֹ בְּכֹחַ עַצְמוֹ (שֶׁהִיא לִכְאוֹרָה "מְצִיאוּת") הִיא בְּתַכְלִית הַבִּיטּוּל, אֲזַי גַּם בְּהַתְּפִלָּה (בַּקָּשָׁה) שֶׁלּוֹ יֵשׁ גַּם עִנְיָן הַהַבְטָחָה.
On peut ajouter qu’il a attiré quelque chose de semblable (le fait que l’existence elle-même soit dans le bitoul) sur ceux qui lui sont liés et rattachés à lui. Il a enraciné en eux la mesirout néfech même pour des choses pour lesquelles, selon la loi (l’ordre d’en haut), on n’est pas tenu de donner sa vie (mesirout néfech venant de l’homme). Et il a fait que, même pour ces choses, la mesirout néfech soit telle qu’il ne puisse absolument pas en être autrement (mesirout néfech venant de la Divinité).
וְיֵשׁ לְהוֹסִיף, דְּמֵעֵין זֶה (שֶׁגַּם הַמְּצִיאוּת הִיא בְּבִיטּוּל) הִמְשִׁיךְ גַּם בְּהַמְקֻשָּׁרִים וְשַׁיָּכִים אֵלָיו. ע"י שֶׁהִשְׁרִישׁ בָּהֶם מס"נ גַּם עַל עִנְיָנִים שע"פ דִּין (צִיוּוּי דִּלְמַעְלָה) אֵין מְחוּיָיב לִמְסוֹר נַפְשׁוֹ עֲלֵיהֶם (מס"נ מִצַּד הָאָדָם) וְשֶׁגַּם המס"נ עַל עִנְיָנִים אֵלּוּ תהי' בְּאֹפֶן שֶׁאֵין שַׁיָּךְ כְּלָל בְּאֹפֶן אַחֵר (מס"נ מִצַּד הָאֱלֹקוּת).
C’est pourquoi, si la demande du Baal HaGuéoula inclut aussi la dimension de la promesse, cela vient aussi de ceux qui reçoivent.
וְלָכֵן זֶה שֶׁבְּהַבִּקְשָׁה דְּבַעַל הַגְּאוּלָּה כָּלוּל גַּם עִנְיָן הַהַבְטָחָה הוּא גַּם מִצַּד הַמְקַבְּלִים.
Et que s’accomplisse la promesse : « Que Havayé notre D.ieu soit avec nous comme Il a été avec nos pères, qu’Il ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas. » Et que tous les enfants d’Israël aient la lumière, dans le spirituel comme dans le matériel.
וּתְקֻיַּם הַהַבְטָחָה יְהִי הוי' אֱלֹקֵינוּ עִמָּנוּ כַּאֲשֶׁר הי' עַם אֲבוֹתֵינוּ אֶל יַעַזְבֵנוּ וְאֶל יִטְּשֵׁנוּ, וּלְכָל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל יהי' אוֹר בְּרוּחָנִיּוּת וּבְגַשְׁמִיּוּת.
Avec l’aide de D.ieu Pour l’élévation de la Nechama de l’éminent ’hassid, le Rav, le Tamim, homme craignant D.ieu, honorable et distingué, qui se dévouait aux besoins de la communauté, Rabbi Daniel Yits’hak, de mémoire bénie, fils de Rabbi Ephraïm - qu’il vive de longues et bonnes années - chlita Moscowitz, chalia’h de Sa Sainteté l’Admour - que son mérite nous protège - dans l’État de l’Illinois, qui a quitté ce monde le 2 Adar II 5774 [2014]. Que son âme soit liée au faisceau de la vie.
ב"ה לע"נ הרה"ח הרה"ת אי"א נו"נ עוֹסֵק בצ"צ ר' דָּנִיֵּאל יִצְחָק ע"ה בֵּן יבלחט''א ר' אֶפְרַיִם שליט''א מַאסְקָאוויץ שָׁלִיחַ כ"ק אדמו"ר זי"ע לִמְדִינַת אִילִינוֹי נלב"ע ב' אֲדָר שֵׁנִי ה'תשע"ד ת.נ.צ.ב.ה