Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, encadrés explicatifs et synthèse.
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Torah Or de l'Admour HaZaken, paracha נח, bibliothèque Torah Texts de chabad.org, vocalisé par Hassiduité. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés de « Lessons in Torah Or / Likutei Torah » d'Avraham Katz (ChassidutBehirah).
Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Torah Or de l'Admour HaZaken, paracha נח, bibliothèque Torah Texts de chabad.org, vocalisé par Hassiduité. Traduction française littérale en regard ; les encadrés explicatifs sont adaptés de « Lessons in Torah Or / Likutei Torah » d'Avraham Katz (ChassidutBehirah).
« Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, et les fleuves ne le submergeront pas ; si un homme donnait toute la fortune de sa maison pour l'amour, on n'aurait pour lui que mépris. » Les grandes eaux, ce sont tous les tracas de la parnassa [subsistance] et les pensées qui portent sur les affaires de ce monde, etc. Et pourtant elles ne pourront éteindre l'amour. Il s'agit de l'amour caché, présent par nature en toute âme d'Israël et qui provient de l'âme divine. La nature de cette âme est de monter et de se fondre toujours dans les hauteurs, comme la flamme qui monte d'elle-même. C'est ce qui est écrit juste avant : « Ses étincelles sont des étincelles de feu, une flamme de Ya-H », c'est-à-dire une flamme qui vient d'en haut. Cette flamme est l'âme divine : avant de se revêtir du corps matériel, elle jouissait de l'éclat de la Chekhina et elle était unie d'une union parfaite à l'Ein Sof, béni soit-Il. C'est pourquoi, même après s'être revêtue du corps matériel pour s'occuper d'affaires matérielles, celles qu'on appelle « grandes eaux », ces eaux ne pourront pas l'éteindre ni l'empêcher d'être toujours dans un amour et un désir prodigieux de monter et de se fondre dans les hauteurs. Bien au contraire : parce qu'elle s'est revêtue de ces grandes eaux, elle peut atteindre un degré plus élevé qu'avant sa descente en ce monde, comme on l'expliquera.
Or, ces grandes eaux dont on a parlé s'appellent « les eaux de Noa'h ». Il est écrit en effet (Yechayahou 54) : « De même que J'ai juré que les eaux de Noa'h ne passeraient plus sur la terre, de même J'ai juré de ne plus M'irriter contre toi ni te menacer » (voir le livre Ir Guiborim). Noa'h, en effet, c'est le repos de l'esprit [nay'ha derou'ha], c'est-à-dire la cessation, comme un homme qui cesse son travail. Ainsi est-il écrit : « Et Il cessa [vayichbot] le septième jour », ce que le Targoum rend par : « Et Il se reposa [vena'h] le septième jour », etc. Quant au nom « Noa'h, Noa'h », écrit deux fois, il désigne le repos supérieur et le repos inférieur, c'est-à-dire le chabbat inférieur et le chabbat supérieur. Ce dernier aura lieu dans le futur, et on l'appelle « le jour qui est tout entier Chabbat », alors que le Chabbat inférieur n'est pas tout entier Chabbat, comme on l'expliquera. À première vue, en effet, le déluge reste incompréhensible. S'il ne s'agissait que de faire disparaître et de détruire les hommes fautifs, pourquoi fallait-il un si grand bouleversement ? Hachem avait bien le pouvoir de les faire disparaître en un instant, même sans déluge ! Mais en vérité, le déluge vint purifier la terre, ainsi qu'il est dit : « car la terre est remplie de violence ». Elle s'était extrêmement corrompue et il fallait la purifier. C'est pourquoi vint précisément le déluge, qui relève de l'eau, afin de purifier les impurs. C'est à l'image du mikvé de quarante séa, qui purifie celui qui est impur : de même, le déluge vint purifier toute la terre, ainsi qu'il est écrit (Ye'hezkel 36) : « Je répandrai sur vous des eaux pures et vous serez purifiés », etc. C'est pourquoi on les appelle « eaux de Noa'h » : il en résulte le repos de l'esprit, etc.
Or, l'asservissement [chiboud] de la parnassa s'appelle lui aussi « eaux de Noa'h ». Nos Sages, de mémoire bénie, enseignent en effet qu'Avraham, notre père, choisit pour lui l'asservissement face au Guéhinam. L'âme ne peut entrer au Gan Éden pour jouir de l'éclat de la Chekhina sans être d'abord descendue au Guéhinam. C'est ce qu'on a dit à propos d'A'her : « Mieux vaut qu'on le juge et qu'il entre dans le monde futur. » Elle doit aussi se plonger dans le fleuve de Dinour, comme on l'a expliqué ailleurs. De même, par l'asservissement, on peut s'élever toujours plus haut, jusqu'au degré le plus élevé. L'asservissement ne désigne pas le fait qu'un roi règne aujourd'hui sur nous et nous prélève un impôt. Du temps du Beth HaMikdach aussi, en effet, un roi d'Israël régnait sur nous, et l'impôt était plus lourd encore, comme on le sait, puisque chacun devait donner la dixième partie. Le sens est plutôt le suivant. Tant que le Beth HaMikdach existait, s'épanchaient une bénédiction et une influence immenses, au point que la terre d'Israël était « une terre ruisselante de lait et de miel », etc., d'une manière qui ne suivait en rien l'ordre naturel, comme le rapporte la Guemara à la fin du traité Ketouvot. Il n'y avait alors aucun souci ni aucun tracas de la parnassa. Aujourd'hui, au contraire, chacun connaît les efforts et les tracas de la parnassa, pour s'occuper des affaires de ce monde matériel. Ce sont les grandes eaux dont on a parlé, appelées « eaux de Noa'h », c'est-à-dire le repos de l'esprit. Par ces grandes eaux, en effet, l'âme s'élève à un degré plus élevé qu'avant de se revêtir, etc., quand elle ne faisait que jouir de l'éclat de la Chekhina, etc. Nos Sages, de mémoire bénie, l'ont dit : « Une seule heure de téchouva et de bonnes actions en ce monde vaut mieux que toute la vie du monde futur. » Il s'agit en effet de la supériorité de la lumière qui provient précisément de l'obscurité, c'est-à-dire itkafia sitra a'hra [la soumission de l'« autre côté »] et transformation [it'hapkha] de l'obscurité, etc. Toute la journée, l'homme s'occupe d'affaires matérielles, dans les tracas de la parnassa, qu'on appelle « obscurité ». Puis il médite pendant la prière sur ceci : « il n'est pas une herbe en bas qui n'ait un mazal [astre] en haut », etc. Ce sont les mazalot, qui épanchent la vitalité de tout ce monde, ainsi qu'il est écrit (Devarim 33) : « et des délices des produits du soleil, et des délices de ce que fait éclore », etc. Les mazalot reçoivent des soixante-dix princes, les princes reçoivent des gardiens des ofanim, et ceux-ci reçoivent des anges, et ainsi de suite, de plus haut en plus haut, jusqu'à ce que tous reçoivent de Sa royauté [Malkhout], béni soit-Il. Ainsi est-il écrit : « Ta royauté est la royauté de tous les mondes. » Cette royauté fait exister tous les mondes, véritablement, du néant à l'être. Et elle n'est que l'éclat de la Chekhina, rien de plus qu'un éclat et un simple rayonnement au regard de Son être et de Son essence, béni soit-Il, pour ainsi dire. Lui est véritablement infini : Il était, Il est et Il sera, sans aucun changement, selon la parole : « Tu es Lui avant la création, et Tu es Lui après la création », etc.
Et après avoir médité tout ce qui a été dit plus haut dans la profondeur de la connaissance [Daat], son âme s'éveillera à un amour et à un désir prodigieux, pareils à des flammes de feu, pour sortir de cette obscurité et de ce voilement matériel, et seulement s'attacher à Lui, béni soit-Il. Comme il est écrit (Tehilim 73) : « מי לי בשמים ועמך לא חפצתי, Qui ai-je dans les cieux ? Et avec Toi je ne désire rien [sur la terre] », etc. : il ne désirera nullement ni le Gan Eden inférieur ni le Gan Eden supérieur, qui ne sont qu'un éclat et une illumination, rien de plus. Ainsi que l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Les tsadikim sont assis, etc., et jouissent de l'éclat de la Chekhina. » Il ne désirera que s'attacher à Lui, béni soit-Il, être inclus dans Son être et Son essence, béni soit-Il, ce que le saint Zohar appelle « être absorbé dans le corps du Roi », etc. Cet amour est appelé téchouva, qui se déploie avec une force accrue [be'héila yatir], car il vient précisément de l'obscurité où l'homme ne s'occupait que de choses matérielles et des vanités du monde. En effet, l'avantage de la lumière vient précisément de l'obscurité. Cet amour est appelé « de tout ton pouvoir » [bekhol meodekha], c'est-à-dire réellement sans limite, car il vient précisément de l'opposé, qui est l'obscurité. Comme il est dit : « טוב, "bon" : c'est l'ange de la vie ; (טוב) מאד, "très [bon]" : c'est l'ange de la mort. » C'est par l'opposé et par l'obscurité précisément, c'est-à-dire l'âme animale, que l'on peut parvenir à l'amour « de tout ton pouvoir », qui est réellement sans limite.
Cela s'explique ainsi : dans sa racine, tout en haut, la racine de l'âme animale est plus élevée que l'âme divine. Comme il est écrit (Berechit 36) : « ואלה המלכים אשר מלכו, Voici les rois qui régnèrent, etc., avant qu'un roi ne règne sur les enfants d'Israël », ce roi étant l'âme divine. Seulement, par la brisure des récipients [chevirat hakelim], ils sont tombés tout en bas, comme il est écrit : « Il régna et il mourut », etc. Mais dans leur racine, ils sont bien au-dessus de l'âme divine. C'est pourquoi, même dans leur chute, ils l'emportent sur l'âme divine, car leur racine procède de la royauté, qui est élévation de soi [hitnasseout], etc. De même, l'homme reçoit sa vitalité des animaux et des aliments, et sans eux il ne peut vivre ; les aliments, en revanche, n'ont pas besoin de l'homme. Tout cela vient de ce que, dans la racine de leur racine, en haut, ils sont bien plus élevés que les âmes [nechamot]. C'est pourquoi c'est précisément en descendant et en se revêtant dans l'âme animale, pour être absorbée par les préoccupations et les pensées de parnassa [subsistance] liées aux choses matérielles, ce qu'on appelle les « grandes eaux » mentionnées plus haut, que l'âme divine peut parvenir à l'amour « de tout ton pouvoir ».
Cet amour est sans limite, comme on l'a dit plus haut : c'est un degré plus élevé que celui où elle se trouvait avant sa descente dans le corps, quand elle ne faisait que jouir de l'éclat de la Chekhina, etc. Et cela se fait précisément par l'itkafia [soumission] et l'it'hapkha [transformation] de l'obscurité, c'est-à-dire l'avantage de la lumière qui vient de l'obscurité, comme on l'a dit plus haut. Car leur racine, en haut, est plus élevée que le degré de l'âme divine, comme on l'a dit, seulement ils sont tombés en bas, comme il est écrit : « Il régna et il mourut », etc. Et par l'itkafia s'accomplit la résurrection des morts.
Et c'est là le sens de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Mieux vaut une heure de téchouva et de bonnes actions [maassim tovim] dans ce monde-ci que toute la vie du monde à venir », comme on l'a dit plus haut. C'est pourquoi les « grandes eaux » dont il a été question sont appelées « les eaux de Noa'h » : car c'est grâce au nay'ha de-rou'ha [contentement de l'esprit] qui en résulte que se forme l'arche [téva] de Noa'h, qui correspond aux mots [tévot] de la prière, ainsi qu'il est dit : « Viens, toi et toute ta maison, dans l'arche [téva] », etc. C'est aussi le sens de : « Les eaux grossirent extrêmement », etc., « quinze coudées au-dessus grossirent les eaux », etc. Il s'agit de l'emprise [tigboret] de l'âme animale sur l'âme divine dans l'occupation de la parnassa [subsistance] et des choses matérielles. Mais c'est justement par là que se produit ensuite un surcroît de lumière [yitron or], etc., comme on l'a dit plus haut. C'est le sens de : « L'arche allait à la surface des eaux », précisément, et « l'arche s'éleva », etc. : c'est précisément par les eaux que s'élèvent les mots de la prière, et ils montent très haut, comme on l'a dit plus haut. Voilà l'erreur des hommes d'affaires, qui pensent ne pas pouvoir prier autant que ceux qui demeurent sous la tente [yochvei ohalim]. C'est au contraire tout l'inverse : ils peuvent prier davantage, car le surcroît de lumière vient précisément de l'obscurité, etc.
Et c'est pourquoi on les appelle « eaux de Noa'h », nay'ha de-rou'ha : c'est le degré du chabbat, ainsi qu'il est dit : « Car en lui Il cessa toute Son œuvre », etc. Les six jours de l'action [yemei hamaassé] sont en effet l'expansion et l'épanchement de Sa royauté, béni soit-Il, vers le bas. Ainsi, au premier jour, il est dit : « D.ieu dit : Que la lumière soit », etc., puis « Qu'il y ait un firmament », « Que la terre produise de l'herbe », etc. C'est pourquoi on les appelle les jours de l'action. Le chabbat, lui, est la cessation du travail et le nay'ha de-rou'ha, c'est-à-dire l'élévation des mondes vers le haut, comme un homme qui cesse de travailler et se repose. Il en va de même de l'agitation et de l'occupation de la parnassa dans les choses matérielles, appelées « grandes eaux » : lorsqu'elles se transforment et s'élèvent ensuite vers la Divinité par la prière, comme on l'a dit plus haut, ce degré est appelé nay'ha de-rou'ha, qui est le degré du chabbat, comme on l'a dit. On sait en effet que toute prière des six jours de l'action est un rayonnement du chabbat, comme on l'a dit plus haut. Mais tout cela est le chabbat inférieur [chabbat tataa]. Il existe encore un chabbat supérieur [chabbat ilaa] : ce qui sera dans le futur, appelé « le jour qui est tout entier chabbat ». C'est le sens de : « De même que J'ai juré que les eaux de Noa'h ne passeraient plus sur la terre ».
Car en effet, bien qu'elles soient venues pour purifier, on n'a pas besoin en tout temps d'une telle purification. « Ainsi ai-Je juré de ne plus M'irriter contre toi ni te réprimander. » Il a été expliqué plus haut que c'est par les « grandes eaux » que se produit un surcroît de lumière, etc., qui est l'amour « de tout ton pouvoir » [bekhol méodékha], comme on l'a dit. Il existe néanmoins encore un « grand amour » [ahava raba] qui vient d'en haut, et qui se situe bien au-dessus même de l'amour suscité par les grandes eaux. C'est ce qui est dit : « et Sa droite m'enlace », etc. Cet amour se révélera dans le futur, ainsi qu'il est dit (Yechayahou 54) : « Car les montagnes s'écarteront et les collines chancelleront, mais Ma bonté ne s'écartera pas de toi, et Mon alliance de paix ne chancellera pas », etc. C'est le 'Hessed supérieur [bonté, 'Hessed elyon] et le grand amour qui vient d'en haut, pour que s'accomplisse « et Sa droite m'enlace ». (Et c'est le sens de) (ibid. 52) : « et il sera très [méod] élevé » : le degré de « de tout ton pouvoir » [méodékha] procédera d'un niveau plus élevé, etc.