HASSIDUITÉב״ה
Maamarim du Rabbi5732
MAAMARמאמר
בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי הִקְרִיב
« Le deuxième jour, il offrit »
Chabbat Nasso, 14 Sivan 5732 [1972]
Hébreu
texte intégral, vocalisé
Français
traduction littérale en regard
Explications
encadrés explicatifs et synthèse
hassiduite.com

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Maamarim du Rabbiתשל"ב · 1972
MAAMARמאמר

בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי הִקְרִיב

« Le deuxième jour, il offrit »

Chabbat Nasso, 14 Sivan 5732 [1972]

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Texte hébreu intégral vocalisé, traduction française en vis-à-vis, explications et récapitulatifs du traducteur.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ נשא, י"ד סיון ה'תשל"ב. Traduction française littérale en regard.

Hassiduité — traduction et vocalisation assistées par intelligence artificielle, relues par une seconde intelligence artificielle. Texte hébreu : Séfer HaMaamarim Meloukat, éditions Kehot. Le Rabbi a dit ce maamar : ש"פ נשא, י"ד סיון ה'תשל"ב. Traduction française littérale en regard.

Chapitre 1 · Pourquoi Issakhar passe deuxièmeא

Le deuxième jour, « Netanel ben Tsouar, nassi [chef de tribu] d'Issakhar, offrit ; il offrit son offrande, etc. ». Et Rachi explique : « Pourquoi est-il dit "il offrit, il offrit" deux fois ? Parce qu'en raison de deux choses, il eut le mérite d'offrir le deuxième parmi les tribus. L'une : ils étaient connaisseurs de la Torah, ainsi qu'il est dit : "Et des enfants d'Issakhar, des hommes doués d'intelligence pour [connaître] les temps". L'autre : ce sont eux qui conseillèrent aux nessiim d'apporter de leur plein gré ces offrandes [korbanot]. » Or il faut comprendre : en vertu de ces deux raisons, il aurait apparemment convenu qu'il offre le premier parmi les tribus. Et c'est encore moins compréhensible, car il est rapporté dans le Midrach : « Pourquoi est-il dit à son sujet "il offrit", etc. ? Parce qu'il eut le mérite du conseil donné aux nessiim, le passouk le lui compte comme s'il avait offert le premier. » D'après cela, il faut comprendre plus encore la raison pour laquelle, dans les faits, Yehouda offrit le premier, et Issakhar le deuxième jour. Il faut également comprendre ce qui est écrit : « Netanel ben Tsouar, nassi d'Issakhar ». Le passouk fait précéder son nom (Netanel ben Tsouar) avant de dire qu'il était le nassi d'Issakhar. Apparemment, puisqu'il offrit son offrande parce qu'il était le nassi d'Issakhar, il aurait fallu dire « le nassi d'Issakhar, (puis) Netanel ben Tsouar », comme il est écrit au sujet des autres nessiim, qui offrirent après le deuxième jour : il est d'abord dit « le nassi des enfants de…, etc. », et ensuite est donné le nom du nassi. De même, au sujet du nassi qui offrit le premier jour, il est dit : « Na'hchon ben Aminadav, de la tribu de Yehouda » : d'abord « Na'hchon ben Aminadav », et ensuite « de la tribu de Yehouda ».
בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי הִקְרִיב נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר נְשִׂיא יִשָּׂשכָר הִקְרִיב אֶת קָרְבָּנוֹ וְגוֹמֵר, וּפֵירוּשׁ רש"י מַהוּ הִקְרִיב הִקְרִיב ב' פְּעָמִים שֶׁבִּשְׁבִיל שְׁנֵי דְּבָרִים זָכָה לְהַקְרִיב שֵׁנִי לַשְּׁבָטִים, אַחַת שֶׁהָיוּ יוֹדְעִים בַּתּוֹרָה שֶׁנֶּאֱמַר וּמִבְּנֵי יִשָּׂשכָר יוֹדְעֵי בִינָה לַעִתִּים וְאַחַת שֶׁהֵם נָתְנוּ עֵצָה לַנְּשִׂיאִים לְהִתְנַדֵּב קָרְבָּנוֹת הַלָּלוּ, וְצָרִיךְ לְהָבִין, דְּמִצַּד שְׁנֵי טְעָמִים אֵלּוּ הָיָה רָאוּי לִכְאוֹרָה שֶׁיַּקְרִיב רִאשׁוֹן לַשְּׁבָטִים. וּבְיוֹתֵר אֵינוֹ מוּבָן, דאיתא בַּמִּדְרָשׁ, לָמָּה נֶאֱמַר בּוֹ הִקְרִיב וְכוּלֵּי לְפִי שֶּׁזָּכָה בַּעֲצַת נְשִׂיאִים הֶעֱלָה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ הוּא הִקְרִיב תְּחִלָּה. וְעַל פִּי זֶה צָרִיךְ לְהָבִין עוֹד יוֹתֵר הַטַּעַם עַל זֶה שֶׁבְּפוֹעֵל הִקְרִיב יְהוּדָה תְּחִלָּה וְיִשָּׂשכָר הִקְרִיב בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי. גַּם צָרִיךְ לְהָבִין מַה שֶׁכָּתוּב נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר נְשִׂיא יִשָּׂשכָר, שֶׁמַּקְדִּים אֶת שְׁמוֹ (נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר) לִפְנֵי שֶׁאוֹמֵר שֶׁהָיָה נְשִׂיא יִשָּׂשכָר, דְּלִכְאוֹרָה, מִכֵּיוָן דְּזֶה שֶׁהִקְרִיב אֶת קָרְבָּנוֹ הוּא לְפִי שֶׁהָיָה נָשִׂיא יִשָּׂשכָר, הָיָה צָרִיךְ לוֹמַר נָשִׂיא יִשָּׂשכָר (וְאַחַר כָּךְ) נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב גַּבֵּי שְׁאָר הַנְּשִׂיאִים שֶׁהִקְרִיבוּ לְאַחֲרֵי יוֹם הַשֵּׁנִי שֶׁבַּתְּחִלָּה נֶאֱמַר נָשִׂיא לִבְנֵי וְגוֹמֵר וְאַחַר כָּךְ נֶאֱמַר שְׁמוֹ שֶׁל הַנָּשִׂיא. וְכֵן בְּהַנָּשִׂיא שֶׁהִקְרִיב בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן נֶאֱמַר נַחְשׁוֹן בֶּן עַמִּינָדָב לְמַטֵּה יְהוּדָה, בַּתְּחִלָּה נַחְשׁוֹן בֶּן עַמִּינָדָב וְאַחַר כָּךְ לְמַטֵּה יְהוּדָה.

Chapitre 2 · Le mérite caché dans le nomב

On peut l'expliquer d'après ce qui est rapporté dans le Midrach sur le passouk « Na'hchon ben Aminadav, de la tribu de Yehouda » : « Pourquoi fut-il appelé Na'hchon ? Parce qu'il descendit le premier dans les flots [na'hchol] de la mer, etc. Celui qui a sanctifié Mon Nom à la mer, c'est lui qui offrira le premier. » On peut dire que si le Midrach relève avec précision « pourquoi fut-il appelé Na'hchon » (ce qu'il ne relève pas pour les autres nessiim), c'est qu'il ressort de la formulation du passouk, « Na'hchon ben Aminadav, de la tribu de Yehouda » (et non « nassi de Yehouda »), qu'il fut celui qui offrit le premier jour (non seulement en raison de la qualité de la tribu de Yehouda, mais aussi) en raison de sa qualité propre. Et puisque le nom d'un homme fait allusion à ce qu'il est (et à sa qualité), le Midrach relève : pourquoi fut-il appelé Na'hchon ? Il explique alors que la qualité de Na'hchon (à laquelle son nom fait allusion) est d'avoir « sanctifié Mon Nom » (celui de HaKadoch Barou'h Hou) ; c'est pourquoi il offrit le premier. On peut dire de même au sujet de « Netanel ben Tsouar, nassi d'Issakhar » : si le passouk fait précéder « Netanel ben Tsouar » à « nassi d'Issakhar », c'est pour faire allusion au fait que s'il offrit le deuxième jour (immédiatement après Yehouda), et plus encore, si le passouk le lui compte comme s'il avait offert le premier (avant Yehouda), c'est en raison de la qualité qui est en lui, à laquelle son nom fait allusion. Certes, il est dit à son sujet « nassi d'Issakhar » [à la différence de Na'hchon, à propos duquel il est dit « de la tribu de Yehouda »], ce qui prouve que s'il offrit le deuxième jour [et aussi si le passouk le lui compte comme s'il avait offert le premier], c'est en raison de la qualité de la tribu d'Issakhar. Néanmoins, il est dit « Netanel ben Tsouar » avant « nassi d'Issakhar », car cette qualité de la tribu d'Issakhar [en raison de laquelle il offrit le deuxième jour, et comme s'il avait offert le premier] est évoquée par allusion dans le nom Netanel ben Tsouar.
ב) וְיֵשׁ לְבָאֵר עַל פִּי מַה שאיתא בַּמִּדְרָשׁ עַל הַפָּסוּק נַחְשׁוֹן בֶּן עַמִּינָדָב לְמַטֵּה יְהוּדָה, לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ נַחְשׁוֹן עַל שֵׁם שֶׁיָּרַד תְּחִלָּה לַנַּחְשׁוֹל שֶׁבַּיָּם וְכוּלֵּי מִי שֶׁקִּדֵּשׁ אֶת שְׁמִי בַּיָּם הוּא יַקְרִיב תְּחִלָּה. וְיֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁמְּדַיֵּק בַּמִּדְרָשׁ לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ נַחְשׁוֹן (שֶׁאֵינוֹ מְדַיֵּיק כֵּן בִּשְׁאָר הַנְּשִׂיאִים), הוּא, כִּי מִלְּשׁוֹן הַכָּתוּב נַחְשׁוֹן בֶּן עַמִּינָדָב לְמַטֵּה יְהוּדָה (וְלֹא נָשִׂיא יְהוּדָה) מַשְׁמַע דְּזֶה שֶׁהוּא הָיָה הַמַּקְרִיב בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן הוּא (לֹא רַק מִפְּנֵי הַמַּעֲלָה דְּשֵׁבֶט יְהוּדָה, אֶלָּא גַּם) מִצַּד מַעֲלַת עַצְמוֹ, וְכֵיוָן שֶׁשְּׁמוֹ שֶׁל אָדָם רוֹמֵז עַל עִנְיָנוֹ (וּמַעֲלָתוֹ), לָכֵן מְדַיֵּיק לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ נַחְשׁוֹן. וּמְבָאֵר דְּמַעֲלָתוֹ שֶׁל נַחְשׁוֹן (הַמְרֻמֶּזֶת בִּשְׁמוֹ) הִיא שֶׁקִּדֵּשׁ אֶת שְׁמִי (שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא) וְלָכֵן הִקְרִיב תְּחִלָּה. וְיֵשׁ לוֹמַר עַל דֶּרֶךְ זֶה בְּנוֹגֵעַ נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר נְשִׂיא יִשָּׂשכָר, שֶׁהַכָּתוּב מַקְדִּים נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר לִפְנֵי נָשִׂיא יִשָּׂשכָר, הוּא, לְרַמֵּז, דְּזֶה שֶׁהִקְרִיב בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי (מִיָּד לְאַחֲרֵי יְהוּדָה), וְיִתִּירַהֲמָזָהּ שֶׁהֶעֱלָה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ הוּא הִקְרִיב תְּחִלָּה (לִפְנֵי יְהוּדָה), הוּא מִפְּנֵי הַמַּעֲלָה שֶׁבּוֹ הַמְרֻמֶּזֶת בִּשְׁמוֹ. וַהֲגַם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ נְשִׂיא יִשָּׂשכָר [דלא כְּנַחְשׁוֹן שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ לְמַטֵּה יְהוּדָה] שֶׁמִּזֶּה מוּכָח דְּזֶה שֶׁהִקְרִיב בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי [וְגַם זֶה שֶׁהֶעֱלָה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ הוּא הִקְרִיב תְּחִלָּה] הוּא מִצַּד הַמַּעֲלָה דְּשֵׁבֶט יִשָּׂשכָר, מִכָּל מָקוֹם נֶאֱמַר נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר לִפְנֵי נְשִׂיא יִשָּׂשכָר, כִּי מַעֲלָה זוֹ דְּשֵׁבֶט יִשָּׂשכָר [שֶׁבִּשְׁבִילָהּ הִקְרִיב בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי וּכְאִלּוּ הוּא הִקְרִיב תְּחִלָּה] מְרֻמֶּזֶת בְּהַשֵּׁם נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר.
Il est expliqué dans les discours de 'Hassidout que le lien de Na'hchon et de Netanel avec Yehouda et Issakhar est le suivant. Yehouda, c'est la notion d'annulation de soi [bitoul] [c'est pourquoi il fut appelé du nom de Yehouda, d'après « Cette fois, je louerai Hachem »] ; aussi le nassi de la tribu de Yehouda fut-il Na'hchon, qui descendit le premier dans les flots de la mer : la notion de mesirout néfech, de bitoul. Issakhar, c'est la notion de la Torah (comme mentionné plus haut) ; aussi le nassi d'Issakhar fut-il Netanel, qui a les lettres de « natan E-l » [D.ieu a donné], car la Torah est un don. Quant à « ben Tsouar », Tsouar ayant le sens de mits'ar [peu de chose], c'est que le récipient [keli] de la Torah est le bitoul. C'est pourquoi Yehouda offrit avant Issakhar : la notion de bitoul précède (et dépasse) l'étude de la Torah. Car la racine de la Torah est dans la 'Hokhma [sagesse], puisque « la Torah émane de la 'Hokhma », tandis que le bitoul attire l'épanchement de la couronne [Kéter], qui est au-dessus de la 'Hokhma. Il reste à comprendre : d'après ce qui est expliqué dans les discours de 'Hassidout, que Yehouda est dans le Kéter et Issakhar dans la 'Hokhma, pourquoi le passouk compte-t-il à Issakhar comme s'il avait offert le premier (le premier même par rapport à Yehouda) ?
וּמְבוֹאָר בְּהַדְּרוּשִׁים, דְּהַשַּׁיָּכוּת שֶׁל נַחְשׁוֹן וּנְתַנְאֵל לִיהוּדָה וְיִשָּׂשכָר הוּא, כִּי יְהוּדָה הוּא עִנְיַן הַבִּיטּוּל [שֶׁלָּכֵן נִקְרָא בְּשֵׁם יְהוּדָה עַל שֵׁם הַפַּעַם אוֹדֶה אֶת ה'], וְלָכֵן הַנָּשִׂיא דְּשֵׁבֶט יְהוּדָה הָיָה נַחְשׁוֹן שֶׁיָּרַד תְּחִלָּה לַנַּחְשׁוֹל שֶׁבַּיָּם, עִנְיַן הַמְּסִירוּת נֶפֶשׁ בִּיטּוּל. וְיִשָּׂשכָר הוּא עִנְיַן הַתּוֹרָה (כַּנִּזְכָּר לְעֵיל). וְלָכֵן הַנָּשִׂיא דְּיִשָּׂשׂכָר הָיָה נְתַנְאֵל, אוֹתִיּוֹת נָתַן א-ל, כִּי הַתּוֹרָה הִיא מַתָּנָה. וְעִנְיַן בֶּן צוּעָר, צוּעָר מִלְּשׁוֹן מִצְעָר, הוּא, כִּי הַכְּלִי לַתּוֹרָה הוּא בִּיטּוּל. וְזֶהוּ שֶׁיְּהוּדָה הִקְרִיב לִפְנֵי יִשָּׂשכָר, כִּי עִנְיַן הַבִּיטּוּל הוּא לִפְנֵי (וּלְמַעְלָה מ)עֵסֶק הַתּוֹרָה. דְּשֹׁרֶשׁ הַתּוֹרָה הוּא בְּחָכְמָה, דאורייתא מֵחָכְמָה נָפְקַת, וְעַל יְדֵי הַבִּיטּוּל הוּא הַמְשָׁכַת הַכֶּתֶר שֶׁלְּמַעְלָה מֵחָכְמָה. וְצָרִיךְ לְהָבִין, דְּעַל פִּי הַמְבוֹאָר בְּהַדְּרוּשִׁים שֶׁיְּהוּדָה הוּא בְּכֶתֶר וְיִשָּׂשכָר בְּחָכְמָה, לָמָּה הֶעֱלָה הַכָּתוּב עַל יִשָּׂשכָר כְּאִלּוּ הוּא הִקְרִיב תְּחִלָּה (תְּחִלָּה גַּם לִיהוּדָה).

Chapitre 3 · L'étude est grande, l'action passe avantג

Or, il est connu que Yehouda représente l'action (comme il est dit dans les discours qui expliquent le thème de l'approche de Yehouda vers Yossef). Dès lors, Issakhar et Yehouda représentent l'étude et l'action. Il est expliqué ailleurs que, bien que les Sages aient voté et conclu que « l'étude est plus grande », néanmoins, puisque la raison pour laquelle l'étude est plus grande est que « l'étude conduit à l'action », cela même prouve que l'action est l'essentiel [car la racine de l'action est plus élevée que la racine de l'étude ; c'est pourquoi, dans le futur, l'action sera plus grande]. On peut donc dire ceci : si le passouk considère le prince d'Issakhar comme s'il avait offert le premier (le premier, même avant Yehouda), cela relève de « l'étude est plus grande » ; et si, dans les faits, Yehouda offrit le premier, c'est parce que l'action est l'essentiel. Ajoutons que l'érection du Michkan et le Matan Torah sont liés l'un à l'autre. On le comprend des midrachim de nos Sages sur le passouk « Je suis venu dans Mon jardin » [Bati LeGani] : l'épanchement et la descente de l'essentiel de la Chekhina en bas, sur terre, commencèrent lors du Matan Torah, et l'essentiel de l'épanchement eut lieu quand le Michkan fut érigé. On peut donc dire que, de même que le Matan Torah eut lieu parce qu'ils firent précéder « nous ferons » [naassé] à « nous entendrons » [nichma], mise en relief de la supériorité de l'action sur l'étude et la compréhension (nichma ayant le sens de compréhension), au point de faire précéder « nous ferons » à « nous entendrons » [car après le Matan Torah, bien que l'action soit l'essentiel et que l'étude ne soit plus grande que parce qu'elle conduit à l'action, l'étude reste néanmoins plus grande, et l'étude précède l'action. Mais pour que l'épanchement du Matan Torah ait lieu, il fallait la préparation consistant à faire précéder « nous ferons » à « nous entendrons »], il en va de même pour l'épanchement qui eut lieu lors de l'érection du Michkan. C'est pourquoi, à l'inauguration du Michkan, Yehouda (l'action) offrit avant Issakhar (l'étude).
ג) וְהִנֵּה יָדוּעַ דִּיהוּדָה הוּא עִנְיַן הַמַּעֲשֶׂה (כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב בְּהַדְּרוּשִׁים הַמְבָאֲרִים עִנְיַן הַגָּשַׁת יְהוּדָה וְיוֹסֵף), וְעַל פִּי זֶה, יִשָּׂשכָר וִיהוּדָה הוּא עִנְיַן תַּלְמוּד וּמַעֲשֶׂה. וּמְבוֹאָר בְּמָקוֹם אַחֵר דַּהֲגַם שֶׁנִּמְנוּ וְגָמְרוּ שֶׁתַּלְמוּד גָּדוֹל, מִכָּל מָקוֹם, מִכֵּיוָן שֶׁהַטַּעַם עַל זֶה שֶׁתַּלְמוּד גָּדוֹל הוּא לְפִי שֶׁתַּלְמוּד מֵבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה, הֲרֵי מִזֶּה עַצְמוֹ מוּכָח שֶׁהַמַּעֲשֶׂה הוּא הָעִיקָּר [כִּי שׁוֹרֶשׁ הַמַּעֲשֶׂה הוּא לְמַעְלָה מִשֹּׁרֶשׁ הַתַּלְמוּד וְלָכֵן לֶעָתִיד לָבוֹא יִהְיֶה מַעֲשֶׂה גָּדוֹל]. וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לוֹמַר, דְּזֶה שֶׁנְּשִׂיא יִשָּׂשכָר הֶעֱלָה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ הוּא הִקְרִיב תְּחִלָּה (תְּחִלָּה גַּם לִיהוּדָה) הוּא עַל דֶּרֶךְ תַּלְמוּד גָּדוֹל, וְזֶה שֶׁבְּפוֹעֵל הִקְרִיב יְהוּדָה תְּחִלָּה הוּא לְפִי שֶׁהַמַּעֲשֶׂה הוּא הָעִיקָּר. וּלְהוֹסִיף, דַּהֲקָמַת הַמִּשְׁכָּן וּמַתַּן תּוֹרָה שַׁיָּכִים זֶה לָזֶה. וְכַמּוּבָן מִמִּדְרְשֵׁי חֲכָמֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה עַל הַפָּסוּק בָּאתִי לְגַנִּי, שֶׁהַמְשָׁכַת וִירִידַת עִיקַּר שְׁכִינָה לְמַטָּה בְּאַרְץָהוֹתְחָלָה בִּשְׁעַת מַתַּן תּוֹרָה, וְעִיקַּר הַהַמְשָׁכָה הָיָה כְּשֶׁהוּקַם הַמִּשְׁכָּן. וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לוֹמַר, דִּכְמוֹ שֶׁמַּתַּן תּוֹרָה הָיָה עַל יְדֵי שֶׁהִקְדִּימוּ נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע, הַדְגָּשַׁת מַעֲלַת הַמַּעֲשֶׂה עַל הַלִּימּוּד וְהַהֲבָנָה (נִשְׁמָע מִלְּשׁוֹן הֲבָנָה) וּבְאוֹפֶן שֶׁהִקְדִּימוּ נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע [דִּלְאַחֲרֵי מַתַּן תּוֹרָה, הֲגַם שֶׁהַמַּעֲשֶׂה הוּא הָעִיקָּר וְהַטַּעַם שֶׁתַּלְמוּד גָּדוֹל הוּא מִפְּנֵי שֶׁמֵּבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה מִכָּל מָקוֹם תַּלְמוּד גָּדוֹל, וְלִימּוּד קוֹדֵם לְמַעֲשֶׂה. אֲבָל בִּכְדֵי שֶׁתִּהְיֶה הַהַמְשָׁכָה דְּמַתַּן תּוֹרָה הָיָה צָרִיךְ לִהְיוֹת הַהֲכָנָה דְּהַקְדָּמַת נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע], עַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא בְּנוֹגֵעַ לְהַהַמְשָׁכָה שֶׁהָיְתָה בַּהֲקָמַת הַמִּשְׁכָּן. וְלָכֵן, בַּחֲנוּכַּת הַמִּשְׁכָּן הִקְרִיב יְהוּדָה (מַעֲשֶׂה) לִפְנֵי יִשָּׂשכָר (תַּלְמוּד).

Chapitre 4 · Le pauvre qui reçoit de bon cœurד

Il faut comprendre ceci. Même la supériorité de l'étude vient de ce qu'elle conduit à l'action, et l'action est l'essentiel. Quelle est alors la différence entre les deux cas : en règle générale, l'étude précède l'action [elle la précède dans le temps, et la précède aussi en importance : « l'étude est plus grande »], alors qu'au Matan Torah, et de même à l'inauguration du Michkan, l'action vint en premier ? Le point central de l'explication est le suivant. Si l'action est l'essentiel [bien que l'action soit la dernière des facultés, et que de même, en haut, l'action soit la fin de l'enchaînement des mondes [hichtalchelout]], c'est parce que « leur commencement est fiché dans leur fin, et leur fin dans leur commencement », et aussi parce que « la fin de l'action est, dans la pensée, au commencement ». L'Admour (Rachab), que son âme repose en Éden, explique dans le Hemchekh 5672 [1911-1912] la différence entre ces deux notions. « Leur fin » est l'achèvement ultime de l'épanchement, et ce degré est fiché dans « leur commencement », le tout début et l'origine de l'épanchement. Il y est donné pour illustration l'influence accordée sous forme de tsédaka à un pauvre. Le commencement (de l'influence), c'est qu'on s'éveille à la compassion pour le pauvre. De là naît ensuite la volonté de faire du bien au pauvre [la compassion est la raison de la volonté]. Puis la volonté est attirée dans l'intellect, dans les attributs affectifs [midot], etc., jusqu'à parvenir à l'acte effectif : on donne la tsédaka au pauvre. « Leur fin est fichée dans leur commencement » signifie que le but essentiel de l'éveil de la compassion (« leur commencement ») est que l'influence soit effective (« leur fin »). Si l'influence n'est pas effective [même si la compassion a éveillé toutes les facultés élevées de la personne, volonté, intellect et midot, et même si sa volonté de faire du bien au pauvre se révèle en paroles (elle adresse au pauvre des paroles d'apaisement), sans parvenir à l'acte effectif], l'essentiel manque. Et parce que « leur fin est fichée dans leur commencement », l'intention (qui y est fichée) dans l'éveil de la compassion (« leur commencement ») étant que l'acte soit effectif (« leur fin »), il en découle que « leur commencement est fiché dans leur fin » : la force du degré du commencement se révèle précisément à la fin de l'influence, dans l'acte effectif. Quant à « la fin de l'action est, dans la pensée, au commencement », c'est une notion plus élevée que « leur commencement est fiché dans leur fin, et leur fin dans leur commencement ». Car « la fin de l'action » désigne (non la fin du faire lui-même, de l'action de l'homme, mais) le résultat [maassé] produit par le faire et l'agir de l'homme. Dans l'influence de la bonté ['Hessed], « la fin de l'action » est la réception de l'influence : le pauvre la reçoit de bon cœur et en tire plaisir. Cela (la manière dont le pauvre reçoit l'influence) ne dépend pas de celui qui donne, mais de celui qui reçoit. Et cela atteint « la pensée au commencement », c'est-à-dire le commencement qui précède le début de la pensée, au-delà de la racine de l'influence. En effet, la racine de l'influence (l'éveil à faire le bien) est le début de la pensée, et elle se révèle à la fin de l'influence : « leur commencement est fiché dans leur fin ». La supériorité de « la fin de l'action » (la réception de l'influence) est qu'elle atteint le commencement qui précède le début de la pensée, au-delà de la racine de l'influence. C'est pourquoi le délice [taanoug] que celui qui dispense l'influence tire de sa réception (de ce que le pauvre l'a reçue de bon cœur) est un délice plus grand que celui qui réside dans l'influence elle-même.
ד) וְצָרִיךְ לְהָבִין, דְּכֵיוָן שֶׁגַּם זֶה שֶׁתַּלְמוּד גָּדוֹל הוּא מִפְּנֵי שֶׁמֵּבִיא לְמַעֲשֶׂה וְהַמַּעֲשֶׂה הוּא הָעִיקָּר, מַהוּ הַחִילּוּק בֵּין שְׁנֵי הָעִנְיָנִים, שֶׁבְּדֶרֶךְ כְּלָל הַתַּלְמוּד הוּא קוֹדֵם לְמַעֲשֶׂה [קוֹדֵם בִּזְמַן, וְגַם קֹדֶם בְּמַעֲלָה, תַּלְמוּד גָּדוֹל], וּבְמַתַּן תּוֹרָה וְכֵן בַּחֲנוּכַּת הַמִּשְׁכָּן הָיָה מַעֲשֶׂה קֹדֶם. וּנְקֻדַּת הַבֵּיאוּר בָּזֶה, דְּזֶה שֶׁהַמַּעֲשֶׂה הוּא הָעִיקָּר [אַף שֶׁמַּעֲשֶׂה הוּא כֹּחַ הַיּוֹתֵר אַחֲרוֹן, וְעַל דֶּרֶךְ זֶה לְמַעְלָה הַמַּעֲשֶׂה הוּא סוֹף הַהִשְׁתַּלְשְׁלוּת], הוּא כִּי נָעוּץ תְּחִלָּתָן בְּסוֹפָן וְסוֹפָן בִּתְחִלָּתָן, וְגַם כִּי סוֹף מַעֲשֶׂה בְּמַחֲשָׁבָה תְּחִלָּה. וּמְבָאֵר אדמו"ר (מֵהוֹרַבִּי שָׁלוֹם בֶּער) נִשְׁמָתוֹ עֵדֶן בְּהֶמְשֵׁךְ תער"ב, הַחִילּוּק דִּשְׁנֵי הָעִנְיָנִים, דְּסוֹפָן הוּא גְּמַר סִיּוּם הַהַמְשָׁכָה. וּבְחִינָה זוֹ נְעוּצָה בִּתְחִלָּתָן תְּחִלַּת וְרֵאשִׁית הַהַמְשָׁכָה. וּכְמוּבָא שָׁם מָשָׁל לָזֶה מֵהַשְׁפָּעַת צְדָקָה לְעָנִי, שֶׁהִתְחִילָה (שֶׁל הַהַשְׁפָּעָה) הוּא שֶׁמִּתְעוֹרֵר בְּרַחֲמִים עַל הֶעָנִי, וּמִזֶּה נַעֲשֶׂה אֶצְלוֹ אַחַר כָּךְ רָצוֹן לְהֵטִיב לְהֶעָנִי [דְּהָרַחֲמִים הֵם הַטַּעַם דְּהָרָצוֹן], וְאַחַר כָּךְ נִמְשָׁךְ הָרָצוֹן בְּשֵׂכֶל וּבְמִדּוֹת וְכוּלֵּי עַד שֶׁבָּא בְּמַעֲשֶׂה בְּפוֹעַל, שֶׁנּוֹתֵן צְדָקָה לְהֶעָנִי. וְעִנְיַן נָעוּץ סוֹפָן בִּתְחִלָּתָן הוּא, שֶׁעִקַּר הַמְכֻוָּן בְּהִתְעוֹרְרוּת הָרַחֲמִים (תְּחִלָּתָן) הוּא שֶׁתִּהְיֶה הַהַשְׁפָּעָה בְּפוֹעַל (סוֹפָן). וּבְאִם לֹא תִּהְיֶה הַהַשְׁפָּעָה בְּפוֹעַל [הֲגַם שֶׁעַל יְדֵי הָרַחֲמִים נַעֲשֶׂה הַהִתְעוֹרְרוּת דְּכָל כֹּחוֹת הַנַּעֲלִים שֶׁבּוֹ, רָצוֹן שֵׂכֶל וּמִדּוֹת, וַאֲפִילוּ כְּשֶׁהָרָצוֹן שֶׁלּוֹ לְהֵטִיב לְהֶעָנִי מִתְגַּלֶּה בְּדִיבּוּר (שֶׁמְּדַבֵּר דִּבְרֵי פִיּוּס לְהֶעָנִי) אֲבָל לֹא בָּא בְּמַעֲשֶׂה בְּפוֹעַל], חָסֵר הָעִיקָּר. וּלְפִי שֶׁנָּעוּץ סוֹפָן בִּתְחִלָּתָן, שֶׁהַכַּוָּונָה (הַנְּעוּצָה) בְּהִתְעוֹרְרוּת הָרַחֲמִים (תְּחִלָּתָן) הוּא שֶׁיִּהְיֶה הַמַּעֲשֶׂה בְּפוֹעַל (סוֹפָן), לָכֵן נָעוּץ תְּחִלָּתָן בְּסוֹפָן, שֶׁגִּילּוּי הַכֹּחַ דִּבְחִינַת תְּחִלָּה הוּא דַּוְקָא בְּסוֹף הַהַשְׁפָּעָה, בְּהַמַּעֲשֶׂה בְּפוֹעַל. וְעִנְיַן סוֹף מַעֲשֶׂה בְּמַחֲשָׁבָה תְּחִלָּה הוּא לְמַעְלָה מֵעִנְיַן נָעוּץ תְּחִלָּתָן בְּסוֹפָן וְסוֹפַןְבְּתָחְלָתָן. דְּפֵירוּשׁ סוֹף מַעֲשֶׂה הוּא (לֹא סוֹף הָעֲשִׂיָּה עַצְמָהּ, עֲשִׂיַּית הָאָדָם, אֶלָּא) הַמַּעֲשֶׂה הַבָּאָה עַל יְדֵי עֲשִׂיַּית וּפְעֻלַּת הָאָדָם. דִּבְהַשְׁפָּעַת הַחֶסֶד, עִנְיַן סוֹף מַעֲשֶׂה הוּא קַבָּלַת הַהַשְׁפָּעָה, שֶׁהֶעָנִי מְקַבֵּל אֶת הַהַשְׁפָּעָה בְּטוֹב וְנֶהֱנֶה מִזֶּה. דְּעִנְיָן זֶה (בְּאֵיזֶה אוֹפֶן מְקַבֵּל הֶעָנִי אֶת הַהַשְׁפָּעָה) אֵינוֹ תָּלוּי בְּהַנּוֹתֵן אֶלָּא בְּהַמְקַבֵּל. וְזֶה מַגִּיעַ בְּמַחֲשָׁבָה תְּחִלָּה, הַיְנוּ בְּהַתְּחִלָּה שֶׁלִּפְנֵי תְּחִלַּת הַמַּחֲשָׁבָה, לְמַעְלָה מִשֹּׁרֶשׁ הַהַשְׁפָּעָה. דְּשֹׁרֶשׁ הַהַשְׁפָּעָה (הַהִתְעוֹרְרוּת לְהֵטִיב) הוּא תְּחִלַּת הַמַּחֲשָׁבָה, וְגִילּוּי עִנְיָן זֶה הוּא בְּסוֹף הַהַשְׁפָּעָה – נָעוּץ תְּחִלָּתָן בְּסוֹפָן, וְהַמַּעֲלָה דְּסוֹף מַעֲשֶׂה (קַבָּלַת הַהַשְׁפָּעָה) הִיא שֶׁסּוֹף מַעֲשֶׂה מַגִּיעַ בְּהַתְּחִלָּה שֶׁלִּפְנֵי תְּחִלַּת הַמַּחֲשָׁבָה, לְמַעְלָה מִשֹּׁרֶשׁ הַהַשְׁפָּעָה. וְלָכֵן הַתַּעֲנוּג שֶׁיֵּשׁ לְהַמַּשְׁפִּיעַ מִקַּבָּלַת הַהַשְׁפָּעָה (מִזֶּה שֶׁהֶעָנִי קִבֵּל הַהַשְׁפָּעָה בְּטוֹב) הוּא תַּעֲנוּג גָּדוֹל יוֹתֵר מֵהַתַּעֲנוּג שֶׁבַּהַהֲשָׁפָעָה עַצְמָהּ.
Et de même31 qu'il en est de l'influence, il en est de toute action. « Leur fin » est le faire lui-même, le faire et l'agir de l'homme. On l'appelle « leur fin » parce que la faculté d'agir est la dernière des facultés, et que l'acte vient aussi à la fin. Au commencement il y a le délice ; de lui découlent la volonté, l'intellect et les midot ; les midot se revêtent de la pensée et de la parole ; et ensuite vient l'action. « Leur fin est fichée dans leur commencement, et leur commencement dans leur fin » : la racine de l'action est dans le délice, qui est le « commencement », la cause de la volonté et des autres facultés. De même, « leur commencement est fiché dans leur fin » : le délice se révèle précisément dans l'action. « La fin de l'action », elle, est (non le faire lui-même, mais) le résultat produit par le faire et l'agir de l'homme. L'essentiel de « la fin de l'action » réside dans le résultat de son faire qui ne dépend pas de la volonté de l'homme. Ainsi de l'artisan qui exécute un ouvrage : l'artisan ne peut pas s'engager à ce que l'ouvrage réussisse [car cela ne dépend pas de l'artisan, comme il a été expliqué plus haut au sujet de la réception de l'influence, qui dépend de celui qui reçoit et non de celui qui donne]. Et « la fin de l'action est, dans la pensée, au commencement » : le délice que l'artisan éprouve de ce que l'ouvrage a été exécuté avec une élégance et une beauté parfaites (de manière réussie) est un délice plus élevé que celui qu'il trouve à exécuter l'ouvrage. Le délice d'exécuter l'ouvrage est en effet un délice composé (le délice tiré de l'exécution de l'ouvrage) ; mais lorsqu'il voit que l'ouvrage a été exécuté avec élégance et beauté, le délice simple se révèle (comme il est expliqué dans le Hemchekh précité).
וּכְמוֹ שֶׁהוּא בְּעִנְיַן הַהַשְׁפָּעָה עַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא בְּכָל עֲשִׂיָּה, דְּסוֹפָן הוּא הָעֲשִׂיָּה עַצְמָהּ, עֲשִׂיַּית וּפְעֻלַּת הָאָדָם, וְנִקְרֵאת בְּשֵׁם סוֹפָן, כִּי כֹּחַ הַמַּעֲשֶׂה הוּא כֹּחַ הַיּוֹתֵר אַחֲרוֹן, וְגַם פְּעוּלַת הַמַּעֲשֶׂה בָּאָה בְּסוֹף. דְּבַתְּחִלָּה הוּא הַתַּעֲנוּג, וּמִזֶּה נִמְשָׁכִים הָרָצוֹן וְהַשֵּׂכֶל וְהַמִּדּוֹת, וְהַמִּדּוֹת מִתְלַבְּשִׁים בְּמַחֲשָׁבָה וְדִיבּוּר, וּלְאַחַר זֶה בָּאָה הַמַּעֲשֶׂה. וְנָעוּץ סוֹפָן בִּתְחִלָּתָן וּתְחִלָּתָן בְּסוֹפָן, דְּשֹׁרֶשׁ הַמַּעֲשֶׂה הוּא בְּהַתַּעֲנוּג, שֶׁהוּא ה"תחילה", סִיבַּת הָרָצוֹן וּשְׁאָר הַכֹּחוֹת. וְכֵן נָעוּץ תְּחִלָּתָן בְּסוֹפָן, שֶׁגִּילּוּי הַתַּעֲנוּג הוּא בְּהַמַּעֲשֶׂה דַּוְקָא. וְסוֹף מַעֲשֶׂה הוּא (לֹא הָעֲשִׂיָּה עַצְמָהּ, אֶלָּא) הַמַּעֲשֶׂה שֶׁנֶּעֶשְׂתָה עַל יְדֵי עֲשִׂיַּית וּפְעֻלַּת הָאָדָם. וְעִיקַּר עִנְיַן סוֹף מַעֲשֶׂה הוּא בְּהַמַּעֲשֶׂה הַבָּאָה עַל יְדֵי עֲשִׂיָּתוֹ שֶׁאֵינָהּ תְּלוּיָה בִּרְצוֹן הָאָדָם. וּכְמוֹ אֻמָּן הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה, דְּזֶה שֶׁהָאֻמָּן אֵינוֹ יָכוֹל לְקַבֵּל עַל עַצְמוֹ שֶׁהַמְּלָאכָה תִּהְיֶה בְּהַצְלָחָה [דְּעִנְיָן זֶה אֵינוֹ תָּלוּי בְּהָאֻמָּן. וְעַל דֶּרֶךְ הַמְבוֹאָר לְעֵיל בְּעִנְיַן קַבָּלַת הַהַשְׁפָּעָה, שֶׁזֶּה תָּלוּי בְּהַמְקַבֵּל וְלֹא בְּהַנּוֹתֵן]. וְסוֹף מַעֲשֶׂה בְּמַחֲשָׁבָה תְּחִלָּה, שֶׁהַתַּעֲנוּג שֶׁל הָאֻמָּן מִזֶּה שֶׁהַמְּלָאכָה נֶעֶשְׂתָה בְּתַכְלִית הַהִדּוּר וְהַיֹּפִי (בְּאוֹפֶן דְּהַצְלָחָה) הוּא תַּעֲנוּג נַעֲלֶה יוֹתֵר מֵהַתַּעֲנוּג שֶׁבַּעֲשִׂיַּת הַמְּלָאכָה. דְּהַתַּעֲנוּג שֶׁנַּעֲשֵׂית הַמְּלָאכָה הוּא תַּעֲנוּג הַמֻּרְכָּב (תַּעֲנוּג מֵעֲשִׂיַּת הַמְּלָאכָה), וְעַל יְדֵי שֶׁרוֹאֶה שֶׁהַמְּלָאכָה נֶעֶשְׂתָה בְּהִידּוּר וּבְיֹפִי, מִתְגַּלֶּה תַּעֲנוּג הַפָּשׁוּט (כַּמְבוֹאָר בְּהֶמְשֵׁךְ הַנִּזְכָּר לְעֵיל).

Chapitre 5 · L'action vient de l'essence de l'âmeה

Or, il est connu que la supériorité de l'homme commence par sa faculté de parole (alors que l'action, elle, existe aussi chez l'animal). Sur cette base, on peut dire que les deux aspects de l'action se retrouvent (sous une forme analogue) dans l'action de l'homme lui-même : d'une part le faire et l'agir de l'homme (« leur fin » [sofan]), d'autre part l'acte qui résulte de son faire (« la fin de l'action » [sof maassé]). En effet, quand les facultés de l'homme (intellect et attributs affectifs de l'âme, pensée et parole) sont attirées et se revêtent dans l'action, cela correspond au faire et à l'agir de l'homme. Et l'action elle-même (telle qu'elle est séparée des facultés qui lui sont supérieures, lesquelles sont l'essentiel de l'homme) correspond à l'acte (extérieur à l'homme) accompli par le faire et l'agir de l'homme. Voici ce qui distingue ces deux aspects dans leur racine au sein de l'âme. La racine de l'action en tant qu'elle se rattache aux facultés qui lui sont supérieures (c'est-à-dire le revêtement des facultés dans l'action) relève de l'aspect de révélation de l'âme. Autrement dit, la racine de cet aspect de l'action se trouve, elle aussi, dans l'âme qui est au-dessus des facultés. Car les facultés, par elles-mêmes, sont séparées : elles n'ont pas la capacité de descendre si bas et de se revêtir dans l'action. Si elles peuvent descendre et se revêtir dans l'action, c'est parce que quelque chose de l'âme (qui est au-dessus des facultés) est attiré en elles ; or l'âme est présente de manière égale dans toutes les facultés et dans tous les membres. Mais cet aspect de l'âme (sa capacité à descendre tout en bas) est son aspect de révélation. Il en va comme dans « leur fin est plantée dans leur commencement » : la racine de « leur fin » (le faire de l'homme) se trouve dans le « commencement », la racine de l'influence. Quant à la racine de l'action elle-même (telle qu'elle est séparée des facultés qui lui sont supérieures), elle se trouve dans l'essence de l'âme. Il en va comme dans « la fin de l'action est première dans la pensée » : la racine de la fin de l'action (extérieure à l'homme) se trouve dans le commencement qui précède le début de la pensée, au-dessus de la racine de l'influence.
ה) וְהִנֵּה יָדוּעַ שֶׁמַּעֲלַת הָאָדָם מַתְחִילָה מִכֹּחַ הַדִּיבּוּר שֶׁבּוֹ (מַה שֶׁאֵין כֵּן מַעֲשֶׂה יֶשְׁנוֹ גַּם בְּבַעַל חַיִּים). וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לוֹמַר, דִּשְׁנֵי הָעִנְיָנִים שֶׁבְּמַעֲשֶׂה – עֲשִׂיַּית וּפְעֻלַּת הָאָדָם (סוֹפָן), וְהַמַּעֲשֶׂה הַבָּאָה עַל יְדֵי הָעֲשִׂיָּה שֶׁלּוֹ (סוֹף מַעֲשֶׂה) – יֵשׁ (דוּגְמָתָם) גַּם בְּהָעֲשִׂיָּה דְּהָאָדָם. דְּזֶה שֶׁהַכֹּחוֹת דְּהָאָדָם (שֵׂכֶל וּמִדּוֹת מַחֲשָׁבָה וְדִיבּוּר) נִמְשָׁכִים וּמִתְלַבְּשִׁים בְּהַמַּעֲשֶׂה, הוּא עַל דֶּרֶךְ עֲשִׂיַּית וּפְעֻלַּת הָאָדָם, וְהַמַּעֲשֶׂה עַצְמָהּ (כְּמוֹ שֶׁהִיא נִבְדֶּלֶת מֵהַכֹּחוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מִמֶּנָּה, שֶׁהֵם עִיקַּר הָאָדָם) הוּא עַל דֶּרֶךְ הַמַּעֲשֶׂה (שֶׁמִּחוּץ לְהָאָדָם) שֶׁנַּעֲשָׂה עַל יְדֵי עֲשִׂיַּית וּפְעֻלַּת הָאָדָם. וְהַחִילוּק דִּשְׁנֵי הָעִנְיָנִים בְּשָׁרְשָׁם בְּנֶפֶשׁ הוּא, דְּשֹׁרֶשׁ הַמַּעֲשֶׂה שֶׁשַּׁיָּךְ לְהַכֹּחוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מִמֶּנּוּ (הַיְנוּ הַהִתְלַבְּשׁוּת דְּהַכֹּחוֹת בְּהַמַּעֲשֶׂה)הוּא בִּבְחִינַת הַגִּילּוּי דְּהַנֶּפֶשׁ. וְהַיְינוּ, שֶׁגַּם הַשֹּׁרֶשׁ דְּעִנְיָן זֶה שֶׁבְּמַעֲשֶׂה הוּא בְּהַנֶּפֶשׁ שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַכֹּחוֹת. כִּי הַכֹּחוֹת מִצַּד עַצְמָם הֵם מֻבְדָּלִים וְאֵין בִּיכָלְתָּם לֵירֵד לְמַטָּה כָּל כָּךְ וּלְהִתְלַבֵּשׁ בְּמַעֲשֶׂה, וְזֶה שֶׁאֶפְשָׁר לָהֶם לֵירֵד וּלְהִתְלַבֵּשׁ בְּמַעֲשֶׂה הוּא עַל יְדֵי שֶׁנִּמְשַׁךְ בָּהֶם מֵהַנֶּפֶשׁ (שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַכֹּחוֹת), שֶׁהִיא נִמְצֵאת בְּכָל הַכֹּחוֹת וְהָאֵיבָרִים בְּשָׁוֶה. אֲבָל עִנְיָן זֶה שֶׁבַּנֶּפֶשׁ (שֶׁבִּיכָלְתָּהּ לֵירֵד לְמַטָּה מַטָּה) הוּא בְּחִינַת הַגִּילּוּי שֶׁלָּהּ – עַל דֶּרֶךְ נָעוּץ סוֹפָן בִּתְחִלָּתָן, שֶׁהַשֹּׁרֶשׁ דְּסוֹפָן (עֲשִׂיַּית הָאָדָם) הוּא בה"תחילה", שׁוֹרֶשׁ הַהַשְׁפָּעָה. וְהַשֹּׁרֶשׁ דְּהַמַּעֲשֶׂה עַצְמוֹ (כְּמוֹ שֶׁהוּא נִבְדָּל מֵהַכֹּחוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מִמֶּנּוּ) הוּא בְּעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ – עַל דֶּרֶךְ סוֹף מַעֲשֶׂה בְּמַחֲשָׁבָה תְּחִלָּה, שֶׁהַשֹּׁרֶשׁ דְּסוֹף מַעֲשֶׂה (שֶׁמִּחוּץ לְהָאָדָם) הוּא בְּהַתְּחִלָּה שֶׁלִּפְנֵי תְּחִלַּת הַמַּחֲשָׁבָה, לְמַעְלָה מִשֹּׁרֶשׁ הַהַשְׁפָּעָה.
On peut dire que, dans la supériorité de l'action qui consiste à révéler l'illimité [bli gvoul] de l'âme, au-dessus des facultés, l'intellect, les midot, etc. viennent avant [et au-dessus de] l'action. En effet, puisque la révélation de l'illimité de l'âme consiste en ce que l'intellect et les midot sont attirés et se revêtent dans l'action, l'intellect et les midot précèdent l'action. Ils sont aussi au-dessus d'elle, puisque la supériorité de l'action (à ce niveau) ne tient pas à l'action elle-même, mais au fait que l'intellect et les midot se revêtent en elle. [Cela permet d'expliquer l'enseignement de nos Sages : « l'étude est plus grande, car elle amène à l'action ». À première vue, le fait même que la grandeur de l'étude soit d'amener à l'action prouve que l'action est l'essentiel ; et pourtant, l'étude est plus grande que l'action. C'est que, à ce niveau, l'avantage de l'action sur l'étude tient à ce que l'étude amène à l'action (et si l'étude amène à l'action, c'est parce que l'illimité, qui est au-dessus de l'étude elle-même, est attiré en elle) ; c'est pourquoi l'étude est plus grande.] En revanche, dans la supériorité de l'action qui vient de ce que la racine de l'action elle-même se trouve dans l'essence de l'âme, l'action est (avant et au-dessus de) toutes les facultés. C'est pourquoi, avant Matan Torah, ils ont fait passer « nous ferons » avant « nous entendrons ». De même, lors de l'inauguration du Michkan, Yehouda (l'action) a offert avant Issakhar (l'étude). Car à Matan Torah et lors de l'érection du Michkan, il y eut l'épanchement de l'essence [Atsmout] ; et là, l'action précède l'étude.
וְיֵשׁ לוֹמַר, דִּבְמַעֲלַת הַמַּעֲשֶׂה בָּזֶה שֶׁעַל יָדָהּ מִתְגַּלֶּה הַבְּלִי גְּבוּל דְּהַנֶּפֶשׁ שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַכֹּחוֹת – הַשֵּׂכֶל וְהַמִּדּוֹת וְכוּלֵּי הֵם לִפְנֵי [וּלְמַעְלָה מ]הַמַּעֲשֶׂה. דְּכֵיוָן שֶׁגִּילּוּי הַבְּלִי גְּבוּל דְּהַנֶּפֶשׁ הוּא שֶׁהַשֵּׂכֶל וְהַמִּדּוֹת נִמְשָׁכִים וּמִתְלַבְּשִׁים בְּהַמַּעֲשֶׂה, הֲרֵי הַשֵּׂכֶל וְהַמִּדּוֹת קוֹדְמִים לְהַמַּעֲשֶׂה. וְגַם לְמַעְלָה מֵהַמַּעֲשֶׂה. שֶׁהֲרֵי הַמַּעֲלָה דְּמַעֲשֶׂה (בִּבְחִינָה זוֹ) הִיא לֹא בְּהַמַּעֲשֶׂה עַצְמוֹ אֶלָּא בָּזֶה שֶׁהַשֵּׂכֶל וְהַמִּדּוֹת מִתְלַבְּשִׁים בְּהַמַּעֲשֶׂה [וְעַל פִּי זֶה יֵשׁ לְבָאֵר מַה שֶׁאָמְרוּ תַּלְמוּד גָּדוֹל שֶׁמֵּבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה (דְּלִכְאוֹרָה, מִזֶּה עַצְמוֹ שֶׁהַגַּדְלוּת דְּתַלְמוּד הוּא שֶׁמֵּבִיא לְמַעֲשֶׂה מוּכָח שֶׁהַמַּעֲשֶׂה הוּא הָעִיקָּר, וְאַף עַל פִּי כֵן תַּלְמוּד גָּדוֹל מִמַּעֲשֶׂה), כִּי הַיִּתְרוֹן דְּמַעֲשֶׂה לְגַבֵּי תַּלְמוּד בְּדַרְגָּא זוֹ הִיא שֶׁהַתַּלְמוּד מֵבִיא לְמַעֲשֶׂה (דְּזֶה שֶׁהַתַּלְמוּד מֵבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה הוּא עַל יְדֵי שֶׁנִּמְשַׁךְ בּוֹ עִנְיָן הַבְּלִי גְּבוּל שֶׁלְּמַעְלָה מֵהַתַּלְמוּד עַצְמוֹ), וְלָכֵן תַּלְמוּד גָּדוֹל]. וּבְמַעֲלַת הַמַּעֲשֶׂה מִצַּד זֶה שֶׁשֹּׁרֶשׁ הַמַּעֲשֶׂה עַצְמוֹ הוּא בְּעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ – הַמַּעֲשֶׂה הוּא (לִפְנֵי וּלְמַעְלָה מ)כָּל הַכֹּחוֹת, וְזֶהוּ שֶׁלִּפְנֵי מַתַּן תּוֹרָה הִקְדִּימוּ נַעֲשֶׂה לְנִשְׁמָע, וְעַל דֶּרֶךְ זֶה בַּחֲנוּכַּת הַמִּשְׁכָּן הִקְרִיב יְהוּדָה (מַעֲשֶׂה) לִפְנֵי יִשָּׂשכָר (תַּלְמוּד), כִּי בְּמַתַּן תּוֹרָה וּבַהֲקָמַת הַמִּשְׁכָּן הָיְתָה הַמְשָׁכַת הָעַצְמוּת, וְשָׁם – הַמַּעֲשֶׂה קוֹדֵם לַתַּלְמוּד.

Chapitre 6 · Le geste simple s'efface entièrementו

On peut relier cette explication [selon laquelle Yehouda a offert le premier en raison de la supériorité de l'action] à celle qui a été citée plus haut (paragraphe 2), selon laquelle Yehouda a offert le premier parce qu'il incarne l'annulation de soi : c'est que le bitoul réside dans l'action. En effet, les facultés supérieures à l'action ont pour nature la supériorité et la perfection, comme on l'a dit plus haut (paragraphe 5) : la supériorité de l'homme commence par sa faculté de parole. Leur bitoul envers l'âme n'est donc pas un bitoul absolu. Seule la faculté d'action, qui ne fait pas partie de la supériorité de l'homme, a envers l'âme un bitoul absolu. [Et dans l'action elle-même, le bitoul réside avant tout au niveau de l'action telle qu'elle est séparée des facultés qui lui sont supérieures. Car le niveau de l'action dans lequel se revêtent les facultés supérieures possède l'élévation par laquelle se révèle l'illimité de l'âme ; c'est pourquoi il est une « existence » [metsiout]. Le bitoul réside avant tout dans l'action elle-même (séparée des facultés qui lui sont supérieures) : comme elle n'a aucune élévation, on y ressent que toute son existence vient uniquement de l'âme.]
ו) וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר בֵּיאוּר זֶה [דְּזֶה שֶׁיְּהוּדָה הִקְרִיב הָרִאשׁוֹן הוּא מִצַּד מַעֲלַת הַמַּעֲשֶׂה] עִם הַבֵּיאוּר (הוּבָא לְעֵיל סְעִיף ב) דְּזֶה שֶׁיְּהוּדָה הִקְרִיב רִאשׁוֹן הוּא כִּי יְהוּדָה הוּא בְּחִינַת בִּיטּוּל, כִּי עִנְיַן הַבִּיטּוּל הוּא בְּמַעֲשֶׂה. דְּהַכֹּחוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מִמַּעֲשֶׂה, כֵּיוָן שֶׁעִנְיָנָם הוּא מַעֲלָה וּשְׁלֵימוּת, וְכַנִּזְכָּר לְעֵיל (סְעִיף ה) שֶׁהַתְחָלַת מַעֲלַת הָאָדָם הוּא כֹּחַ הַדִּיבּוּר שֶׁבּוֹ, הַבִּיטּוּל שֶׁלָּהֶם לְהַנֶּפֶשׁ אֵינוֹ בִּיטּוּל בְּתַכְלִית, וְדַוְקָא כֹּחַ הַמַּעֲשֶׂה שֶׁאֵינוֹ מִמַּעֲלַת הָאָדָם, הַבִּיטּוּל שֶׁלּוֹ לְהַנֶּפֶשׁ הוּא בִּיטּוּל בְּתַכְלִית [וּבְמַעֲשֶׂה עַצְמוֹ, עִיקַּר הַבִּיטּוּל הוּא בְּהַדַּרְגָּא דְּמַעֲשֶׂה כְּמוֹ שֶׁהוּא מוּבְדָּל מֵהַכֹּחוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מִמֶּנּוּ. דִּבְדַרְגַּת הַמַּעֲשֶׂה שֶׁבּוֹ מִתְלַבְּשִׁים הַכֹּחוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מִמֶּנּוּ, יֵשׁ בּוֹ הָעִילּוּי שֶׁעַל יָדוֹ נִתְגַּלָּה הַבְּלִי גְּבוּל דְּהַנֶּפֶשׁ, וְלָכֵן הוּא "מְצִיאוּת". וְעִיקַּר הַבִּיטּוּל הוּא בְּהַמַּעֲשֶׂה עַצְמוֹ (שֶׁנִּבְדָּל מֵהַכֹּחוֹת שֶׁלְּמַעְלָה מִמֶּנּוּ), דְּכֵיוָן שֶׁאֵין בּוֹ עִילּוּי, לָכֵן נִרְגָּשׁ בּוֹ שֶׁכָּל מְצִיאוּתוֹ הוּא רַק מִצַּד הַנֶּפֶשׁ].
On peut rattacher cela au fait que la racine de l'action se trouve dans l'essence de l'âme. Car dans l'essence de l'âme, il n'y a pas de place pour une existence extérieure à l'âme. On en comprend que, si la racine de l'action se trouve dans l'essence de l'âme, c'est parce que toute son existence ne procède que de l'essence de l'âme. Il en va de même en haut (dans la distinction entre la Torah et les mitsvot). Si la Volonté relative aux mitsvot porte sur leur accomplissement concret (et sur des objets matériels), bien que l'action n'ait aucune valeur, c'est parce que la racine des mitsvot se trouve dans l'Essence divine. C'est pourquoi l'essentiel du bitoul réside dans l'accomplissement concret des mitsvot. On peut dire que la volonté portant sur l'intention des mitsvot, elle aussi, ne tient pas à la supériorité de cette intention, mais à ce que telle a été Sa volonté, béni soit-Il. Seulement, cela se révèle dans l'accomplissement concret des mitsvot, et par là il apparaît qu'il en est de même pour l'intention des mitsvot. Il en va de même pour la Torah. Bien que la Torah soit sagesse [et en haut aussi, la Torah est la sagesse de HaKadoch Barou'h Hou], le fait que « la Torah et HaKadoch Barou'h Hou ne font qu'un » ne tient pas à la supériorité de la Torah, mais à ce que telle a été Sa volonté, béni soit-Il. Seulement, cela se révèle dans les mitsvot, et c'est par les mitsvot qu'il apparaît qu'il en est de même pour la Torah.
וְיֵשׁ לְקַשֵּׁר זֶה עִם זֶה שֶׁשֹּׁרֶשׁ הַמַּעֲשֶׂה הוּא בְּעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ, דִּבְעֶצֶם הַנֶּפֶשׁ אֵין נְתִינַת מָקוֹם לִמְצִיאוּת שֶׁמִּחוּץ לְהַנֶּפֶשׁ. וּמִזֶּה מוּבָן, דְּזֶה שֶׁשֹּׁרֶשׁ הַמַּעֲשֶׂה הוּא בְּעַצְםָהַנְפָּשׁ הוּא לְפִי שֶׁכָּל מְצִיאוּתוֹ הִיא רַק מִצַּד עֶצֶם הַנֶּפֶשׁ. וְעַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא לְמַעְלָה (בְּהַחִילּוּק בֵּין תּוֹרָה וּמִצְווֹת), דְּזֶה שֶׁהָרָצוֹן דְּמִצְווֹת הוּא בְּמַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת (וּבִדְבָרִים גַּשְׁמִיִּים), אַף שֶׁהַמַּעֲשֶׂה אֵין לוֹ עֵרֶךְ, הוּא לְפִי שֶׁשֹּׁרֶשׁ הַמִּצְווֹת הוּא בְּהָעַצְמוּת, וְלָכֵן, עִיקַּר הַבִּיטּוּל הוּא בְּמַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת. וְיֵשׁ לוֹמַר, שֶׁגַּם הָרָצוֹן בְּכַוָּנַת הַמִּצְווֹת, הוּא לֹא מִצַּד הַמַּעֲלָה שֶׁבְּכַוָּנַת הַמִּצְווֹת אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁכֵּן עָלָה בִּרְצוֹנוֹ יִתְבָּרֵךְ. אֶלָּא שֶׁגִּילּוּי עִנְיָן זֶה הוּא בְּמַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת, וְעַל יְדֵי זֶה מִתְגַּלֶּה שֶׁכֵּן הוּא גַּם בְּכַוָּנַת הַמִּצְווֹת. וְעַל דֶּרֶךְ זֶה הוּא בַּתּוֹרָה, דַּהֲגַם שֶׁהַתּוֹרָה הִיא חָכְמָה [וְגַם לְמַעְלָה, הַתּוֹרָה הִיא חָכְמָתוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא], זֶה שאוריתא וקדשא בְּרִיךְ הוּא כּוֹלָּא חַד הוּא לֹא מִצַּד מַעֲלַת הַתּוֹרָה אֶלָּא לְפִי שֶׁכֵּן עָלָה בִּרְצוֹנוֹ יִתְבָּרֵךְ. אֶלָּא שֶׁגִּילּוּי עִנְיָן זֶה הוּא בַּמִּצְווֹת וְעַל יְדֵי הַמִּצְווֹת מִתְגַּלֶּה שֶׁכֵּן הוּא גַּם בַּתּוֹרָה.

Chapitre 7 · Se faire petit dans l'étudeז

Tel est le sens de « le deuxième jour, Netanel fils de Tsouar offrit ». Tsouar est de la même racine que mitsar [petite chose]. En effet, après le bitoul de Yehouda dans le domaine des mitsvot, Netanel fils de Tsouar attira ce bitoul également dans l'étude de la Torah. C'est pourquoi le passouk le lui compte comme s'il avait offert au commencement [te'hila] [bien que Yehouda soit au-dessus de Yissakhar, comme on l'a dit plus haut (section 2) : Yehouda se situe dans Kéter et Yissakhar dans 'Hokhma]. Car « il offrit au commencement » signifie qu'il attira le bitoul de Kéter (le niveau de « commencement ») dans 'Hokhma. On peut dire que l'expression « comme s'il avait offert au commencement » (et non « comme s'il avait offert le premier jour ») fait aussi allusion au bitoul qui procède du niveau de « commencement » : un commencement antérieur au commencement de la pensée, où est monté l'aboutissement de l'action (l'accomplissement concret des mitsvot). Et Netanel attira ce bitoul aussi dans la Torah [on peut aussi dire que « comme s'il avait offert au commencement » signifie : avant Yehouda. Car attirer le bitoul dans la Torah est une nouveauté plus grande, et donc plus élevée que le bitoul présent dans l'accomplissement concret des mitsvot]. Et c'est par le bitoul de Tsouar qui était en lui qu'il devint Netanel, formé des lettres de natan E-l [D.ieu a donné] : la Torah lui fut donnée en cadeau.
ז) וְזֶהוּ בַּיּוֹם הַשֵּׁנִי הִקְרִיב נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר לְשׁוֹן מִצְעָר, דִּלְאַחֲרֵי הַבִּיטּוּל דִּיהוּדָה בְּעִנְיַן הַמִּצְווֹת הִמְשִׁיךְ נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר בִּיטּוּל זֶה גַּם בְּעֵסֶק הַתּוֹרָה. וְלָכֵן הֶעֱלָה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ הוּא הִקְרִיב תְּחִלָּה [אַף שֶׁיְּהוּדָה הוּא לְמַעְלָה מִיִּשָּׂשׂכָר, וְכַנִּזְכָּר לְעֵיל (סְעִיף ב) שֶׁיְּהוּדָה הוּא בְּכֶתֶר וְיִשָּׂשכָר הוּא בְּחָכְמָה], דְּעִנְיַן הִקְרִיב תְּחִלָּה הוּא שֶׁהִמְשִׁיךְ הַבִּיטּוּל דְּכֶתֶר (בְּחִינַת תְּחִלָּה) בְּחָכְמָה. וְיֵשׁ לוֹמַר דְּבַהַלָּשׁוֹן כְּאִלּוּ הִקְרִיב תְּחִלָּה (וְלֹא כְּאִלּוּ הִקְרִיב בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן) מְרוּמָּז גַּם הַבִּיטּוּל שֶׁמִּצַּד בְּחִינַת תְּחִלָּה – תְּחִלָּה שֶׁלִּפְנֵי תְּחִלַּת הַמַּחֲשָׁבָה, שֶׁבּוֹ עָלָה סוֹף מַעֲשֶׂה (מַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת) וּנְתַנְאֵל הִמְשִׁיךְ בִּיטּוּל זֶה גַּם בַּתּוֹרָה [גַּם יֵשׁ לוֹמַר דְּפֵירוּשׁ כְּאִלּוּ הִקְרִיב תְּחִלָּה הוּא תְּחִלָּה לִפְנֵי יְהוּדָה. כִּי הַמְשָׁכַת הַבִּיטּוּל בַּתּוֹרָה הוּא חִידּוּשׁ גָּדוֹל יוֹתֵר וּבְמֵילָא נַעֲלֶה יוֹתֵר מֵהַבִּטּוּל שֶׁבְּמַעֲשֶׂה הַמִּצְווֹת]. וְעַל יְדֵי הַבִּיטּוּל דְּצוּעָר שֶׁהָיָה בּוֹ נַעֲשֶׂה נְתַנְאֵל, אוֹתִיּוֹת נָתַן א-ל, שֶׁנִּתְּנָה לוֹ הַתּוֹרָה בְּמַתָּנָה.